25/05/2013

La fracture

images?q=tbn:ANd9GcThg_y7eWRrHW8xmSnukiA3FgzNZQRd2z25OlmMNOH_SG_Xbm2wfqEAOYYpar Denis BILLAMBOZ

« La France est l’esprit de mon âme. L’Algérie est l’âme de mon esprit. » Combien sont-ils comme Jean Amrouche, grand poète kabyle francophone, frère de Taos que j’ai déjà présentée dans cette rubrique, à avoir rêvé d’une dualité complémentaire entre la France et ses anciennes colonies du Maghreb ? Des milliers au moins, des millions peut-être ? Mais le rêve n’est jamais devenu réalité, la fracture semble irréductible. Au cours des derniers mois, j’ai eu l’occasion de lire un livre de Jules Roy, ami de Jean Amrouche et de Camus, évoquant cette fracture et un livre de Mustapha Tlili, un Tunisien émigré, regrettant lui aussi la fatalité de cette rupture inéluctable, définitive et dommageable pour tous. Avant la fin de sa vie, vers le milieu des années quatre-vingt-dix, Jules Roy a fait un dernier pèlerinage en Algérie pour se recueillir sur la tombe de ses parents et amis, et Mustapha Tlili situe son récit en 1992, ces textes peuvent donc être lus dans la continuité pour constater comment les deux auteurs voyaient la situation à cette époque.

 

1043773_3018325.jpgAdieu ma mère, adieu mon cœur

Jules Roy (1907 – 2000)

C’était un 2 novembre, quand les gens vont fleurir les tombes des leurs, en 1994 ou en 1995 ou une autre année au début de cette décennie, il ne se souvient plus exactement, que Jules Roy, au soir de sa vie, en a eu marre de ne pas pouvoir, lui aussi, fleurir la tombe de sa mère et de tous ceux qu’il a laissés dans des cimetières algériens, il décida donc, sous le coup de la colère, de retourner dans son pays natal malgré tous les dangers que cela représentait à cette époque là.

Et c’est ainsi qu’il retrouve Alger,  Alger la blanche, Alger la putain, transformée par trente années d’indépendance et une guerre civile qui ne voulait pas dire son nom mais bien visible dans les rues envahies de policiers en armes et obstruées de barrages. Le FIS, le GIA, les islamistes, les barbus, les ninjas rivalisaient de violences et de cruauté, massacrant à tours de kalachnikovs des innocents sans raison, pour des raisons futiles et même simplement pour le symbole qu’ils pouvaient représenter à leurs yeux. Les journalistes et tous les représentants de la moindre once de culture occidentale étaient des victimes de choix. Alger et sa région étaient devenus le terrain de jeux mortifères des ninjas et des barbus qui rivalisaient de cruauté et de sadisme.

La première et certainement la dernière fois que Jules Roy a pu se recueillir, sous la protection de la police, sur la tombe de sa mère et des siens après l’indépendance. Un dernier pèlerinage avant la fin de sa vie pour retrouver sa mère, son vrai père, celui qui lui a donné son nom, son frère consanguin, son frère utérin, l’oncle Jules, la grand-mère, la famille, les amis et Meftah celui qu’on n’entendait jamais mais qui était toujours là  quand on avait besoin de quelqu’un. Et surtout des souvenirs, un afflux de souvenirs, issus de l’enfance, de l’adolescence, des événements, de l’indépendance, de la fracture, des erreurs, des honneurs, du deuil jamais fait.

Un océan de nostalgie, un voyage dans le temps où l’Algérie était française, dans la famille de Jules Roy, dans l’histoire des relations franco-algérienne, dans un pays prospère où les colons méprisaient, le plus souvent, les autochtones où un fossé séparait déjà les deux communautés. Camus avait choisi sa mère au détriment de la justice, Jules Roy a choisi la justice, sa mère méprisait les bicots, « les troncs de figuiers », il s’excuse sur sa tombe de lui avoir donné tort mais il ne pouvait pas la suivre dans ces errements, il avait vu la guerre en Indochine et avait alors décidé d’abandonner l’armée sans cependant accabler ses compagnons d’armes. Les Arabes ont participé aux deux grandes guerres mais ont toujours été traités avec condescendance et mépris, la réconciliation et la fraternité n’ont jamais été possibles. Les deux communautés vivaient, et vivent encore, un amour impossible, une passion dévorante, une cohabitation et une séparation tout aussi impossibles. « Elle avait tort, ma mère, d’accabler les Arabes avec les mots qu’on employait dans toute ma famille et chez presque tous les colons d’alors. »

Avec son écriture brève, rapide, précise, juste Jules Roy nous lègue, en héritage, dans ce livre-testament, un bilan synthétique d’un demi-siècle d’histoire franco-algérienne où le peuple algérien ne trouva jamais la paix car, comme disait sa mère : « Ils jouissent de voir le sang couler ». Le testamentaire pense, lui, que la responsabilité de la dégradation du pays incombe prioritairement à la colonisation, aux colons et au pouvoir corrompu qui a pris la suite. Il veut croire en un autre avenir même s’il a vu ces jeux morbides qui dévastent le pays et trouvent leur prolongement dans les violences de nos banlieues. La présence prégnante dans ses souvenirs de Camus, Amrouche et quelques autres intellectuels qu’il a fréquentés, quand il était jeune en Algérie, l’incite à plus d’optimisme. Camus lui a fait découvrir l’homme arabe, il lui a appris qu’« ils ont comme nous… », il disait  « Camus m’a appris la justice, Amrouche m’a appris à écrire. »

Mais voilà, au début des années quatre-vingt-dix, quand Jules Roy accomplissait son pèlerinage, les extrémistes musulmans s’étaient dressés contre le pouvoir corrompu et, ensemble, ils s’étaient livrés à la destruction de ce qui restait du pays après la guerre d’indépendance et les exactions qui en ont découlé. Ce pays qui était un véritable joyau et qui devait devenir un état riche, a été vidé de tout ce que l’Occident lui avait apporté, même l’instruction, les Islamistes ont ajouté les ruines aux ruines, l’obscurantisme à l’ignorance, la cruauté à la violence. « Pour les imams du FIS, les femmes existent pour fabriquer des futurs chômeurs que Dieu emploiera à tuer ceux qui ne se conforment pas aux préceptes de la religion. » Et, un jour « Dieu montrera qu’Il est puissant et le seul Dieu, et les machines volantes, réduites en monceaux de ferrailles brûlantes avec passagers et pilotes carbonisés, chanteront la gloire du Tout-Puissant. »

Un instant tenté par l’OAS afin d’éviter la fracture définitive, Jules Roy a fait le pari de l’humanisme espérant que Français et Algériens pourront un jour proclamer comme Jean Amrouche, le poète : « La France est l’esprit de mon âme. L’Algérie est l’âme de mon esprit. »

 

41l%2BeffH7WL._SL500_AA300_.jpgUn après-midi dans le désert

Mustapha Tlili (1937 - ….)

Un après-midi, en 1992, comme chaque fin de mois, dans un bled aux confins du Sahara, Sam le facteur reçoit le sac de courrier qui apporte des morceaux de vie dans ce trou que le désert ronge lentement mais sûrement, des bouts de vie mais aussi des subsides venus de l’étranger pour faire vivre une population ruinée. Il trie et ouvre les lettres qu’il devra distribuer, et souvent lire, à tous les vieux appauvris vivant encore dans ce coin perdu, abandonné par les Européens (l’instituteur, le facteur, les gendarmes, les légionnaires) et déserté par les jeunes qui vont chercher fortune ailleurs. 

Aujourd’hui, Sam le facteur reçoit une lettre de Petit-Frère, le rebelle qu’on croyait mort, un courrier qui pourrait mettre un point définitif à une histoire qui s’est déroulée en 1957 et qui fait remonter beaucoup de souvenirs à sa mémoire, des souvenirs qu’on lui a racontés, datant d’avant sa naissance, en 1947, après le départ des combattants du désert ; des souvenirs de son enfance avec Petit-Frère, en 1955, avant que celui-ci poursuive ses études dans la capitale puis à l’étranger ; des souvenirs de la vie dans ce village isolé où se nouent des amours, des passions, où se règlent des comptes, où s’écrit un autre avenir pour ses naufragés des confins du désert. Des souvenirs aussi  de l’histoire d’Hafnawi, seul survivant d’une grande famille de bédouins décimée par la famine de 1947, qui s’est imposé par la force aux légionnaires et par la séduction à l’hôtelière et  à toute la colonie européenne ; il est l’acteur principal des événements qui pourraient trouver leur dénouement définitif dans la missive reçue par Sam qui la cache dans son bureau sans l’ouvrir.

 Un roman en forme de parabole de l’histoire de la Tunisie depuis la fin de la dernière guerre mondiale dans un huis clos installé aux confins du désert nord-africain par un auteur ayant lui-même connu l’exil. Un huis clos qui rassemble  tout ce qui composait la Tunisie pendant cette période : les Européens arrogants et méprisants mais vecteurs d’instruction et de modernisation, garants de la paix ; le village de La Source et le douar ; les dictateurs et leurs sicaires, loin là-bas à la capitale ; les frères extrémistes comme Petit-Frère ; les exilés comme l’Américain, frère de Petit-frère, qui a fait le choix de l’instruction à l’étranger (comme l’auteur) ; ceux qui se fossilisent au pays comme Sam le facteur et les femmes veuves ou abandonnées ; le juif ; les affairistes chinois et le seul qui est peut-être à sa place, celui qui affirme la pérennité de l’Afrique désolée, souffrante mais toujours vivante, celle des peuples premiers en osmose avec la nature, le bédouin qui a survécu à la catastrophe, au mépris et aux intrigues des blancs et aux luttes pour le pouvoir. Une parabole de l’affrontement entre les colons et les autochtones, entre les indigènes favorables au pouvoir et les extrémistes révoltés et violents, de l’Afrique livrée aux envahisseurs et de l’Afrique permanente des peuples premiers. Enfin, une parabole de l’Afrique du nord qui s’effrite, rongée par le désert, comme ce village qui se vide par les extrémités, les vieux qui meurent et les jeunes qui partent.

Un morceau de l’histoire d’un pays au nord du Sahara, les lieux ne sont jamais nommés, en Tunisie probablement, terre natale de l’auteur, raconté par un narrateur, lui aussi exilé, qui laisse la parole à Sam le facteur pour évoquer les événements contemporains du récit et à Hafnawi le bédouin pour parler des faits plus anciens.

Une évocation de tous les malheurs qui accablent régulièrement ce pays ; une pointe de nostalgie pour la paix et le calme qui régnaient dans ces villages perdus quand les Européens y apportaient la culture, l’instruction et un certains confort ; une manière de déplorer  les errements des dictateurs et l’obscurantisme des extrémistes qui ont conduit les indigènes à choisir trop souvent entre l’exil, comme l’Américain, et le terrorisme, comme Petit-Frère ; une façon de déplorer la dépendance financière du pays par rapport à l’étranger et finalement un regret très fort de constater que l’affrontement religieux est devenu inéluctable entre musulmans et chrétiens. « Depuis plus d’un demi-siècle, sous nos yeux effarés, un monde meurt inexorablement et un autre naît et n’en finit pas de naître… Et domine… les esprits et les consciences, une violence qui semble sans fin. Comme hier, elle oppose, hélas !, musulmans et chrétiens. Et hier comme aujourd’hui, ce sont des individus innocents qui font les frais de ces vicissitudes de la fortune. »

Finalement un regard  pessimiste sur l’Afrique du Nord, malgré la présence intemporelle des peuples premiers, un regard empreint de désillusion, de résignation, de fatalité et d’acceptation de la catastrophe qui revient sans cesse envahissant même le texte.

24/05/2013

Les yeux & la voix de Marie LAFORÊT





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14:53 Écrit par Éric Allard dans Hé! les filles! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Deux femmes

Femme-yeux
À mesure qu’elle vieillissait, cette femme se dépouillait de tous les traits de son visage. Ne restait que ses yeux. Le bleu intense et un peu douloureux, un peu vide de ses yeux. On découvrait que tout son corps avait été au service de son regard, qu’il n’avait eu pour fonction que mettre ses pupilles à l’avant-plan, qu’après cette apothéose il n’avait plus lieu d’être et pouvait disparaître puisque subsisterait toujours l’éclat admirable et un rien inhumain de ses grands yeux. Comme une mer infinie affranchie de la règle de la terre et des marées.


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Les plus belles épaules *

Ma femme possède les plus belles épaules du monde. C’est pour cela que je l’ai choisie. Deux merveilleuses épaules qui n’encadrent nul corps, nulle tête, et cela n’a rien d’horrible, au contraire. Telle une sculpture d'Arp ou de Brancusi, la forme de ses épaules est si parfaite, leur surface si lisse, qu’elles suffisent à mon bonheur. Plusieurs femmes ont tenté de m’arracher à elles, des femmes-genoux, des femmes-ventre, des femmes-bouche et, même, un jour, une femme-cou. Mais je suis resté attaché à ces demi-globes durs et soyeux. Il faut dire que ma femme cumule d’autres charmes : tapies au creux de ses deux magnifiques demi-lunes sont lovées des aisselles duvetées pareilles à des nids d’oiseau. J’ai beaucoup de chance.


 

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* extrait de Penchants retors, E. Allard, Ed. Gros Textes. 

23/05/2013

Georges Moustaki (1934-2013)





16:57 Écrit par Éric Allard dans Hey, man! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

22/05/2013

La danse de la réalité / Alexandre Jodorowsky

Un bel entretien avec A. Jodorowsky, 84 ans, qui présente son dernier film, La danse de la réalité, à Cannes. On apprend d'ailleurs qu'il en prépare un autre. Il s'explique entre autres choses sur sa filiation avec Fellini...

http://plancreateur.wordpress.com/2013/05/22/jai-mis-pres...

Un article de Télérama:

http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2013/le-grand-r...




11:29 Écrit par Éric Allard dans Les beaux films | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

L'homme au bouquet de fleurs / Maxime Leforestier



11:28 Écrit par Éric Allard dans Hey, man! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

21/05/2013

Le bouquet

images?q=tbn:ANd9GcR8TL0OdREHyf-hLZU4Dk_oPYUE_vfFOmcu_aptpK0gV2dhHHpmbGvVLPoCet ex-fleuriste composait des bouquets d’yeux qu'il vendait, cela va sans dire, à un prix exorbitant. Car combien d'énucléations pour une seule gerbe.

Au début, il pratiquait comme un boucher, retirant la vie à un corps pour deux pauvres mirettes, quel gâchis ! Ensuite, il acquit de l’expérience et de la délicatesse: il parvint à énucléer sans trucider, se contentant d’aveugler. On peut vivre sans voir, quand même ! N'emmagasine-t-on pas assez d'images pour ensuite, si on perd la vue, deviner, imaginer, rêver d’autant mieux qu’on sait qu’on brille ailleurs.

Par ses propres yeux arrangés en bouquets aux iris irisés et aux paupières-pétales dans les bleu cil, vert turquoise ou marron violacé.  Que s'offrent, l’œil ému, humide, à la Fête du Crime des assassins transis, se remémorant toujours avec nostalgie leur premier meurtre. On peut alors se réjouir d’avoir été l’artisan d’une œuvre et d’une entreprise de consolation sans précédent. 


20/05/2013

Une fille rock & glamour...


... & un peu trash


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http://www.findlaymusic.com/

17:09 Écrit par Éric Allard dans Hé! les filles! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Un privé à bas bilan / Éric Dejaeger

On en reparle bien vite!

Pour commander:

http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

Pour participer sur Facebook à l'évènement de la sortie du livre:

 https://www.facebook.com/events/487312311342559/

Un privé à bas bilan, Éric Dejaeger, Cactus Noir #7, 230 pages, ISBN 978-2-930659-12-1, 15 €

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14:55 Écrit par Éric Allard dans Avis de parution | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

19/05/2013

Microbe: "La revue si petite et si légère qu'elle pourrait un jour décoller"

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Entre plage et pluie, un numéro de saison qui réchauffe autant qu'il secoue.

Des aphorismes piquants, se jouant des mots et des pensées toutes faites, de Dr. Lichic ("En hiver j'ai des céphalées. Moralité: Hiémal  à la tête") et de Georges Elliautou ("Dès la fin de la messe, on s'empresse de faire une transfusion sanguine au Christ qui n'arrête pas de donner son sang.")

Des poèmes en vers de Pedini, Garcia, Maine, Vidal, Ellyton, Couvé, Riet, Sanfilippo, Birnbaum et du Canadien anglophone Jason Heroux comme des chansons perverties dont on aurait tordu les sons et le sens.  Deux petites fictions blasphématoires de Louis Mathoux  

Un texte touchant, entre imaginaire et réalité, de Raymond Penblanc autour d'une noyade. Et, pour finir, la confrontation entre un chat à moitié sauvage et un lecteur qui ressemble fort à Éric Dejaeger...

Sans oublier trois collages forcément iconoclastes d'André Stas.

E.A.

Au sommaire du Microbe n° 77, on retrouve donc :

Daniel Birnbaum - Jean-Marc Couvé - Éric Dejaeger - Georges Elliautou - John F. Ellyton - Cathy Garcia - Jason Heroux - Dr.Lichic - Antoine Maine - Louis Mathoux - Jean-Baptiste Pedini - Raymond Penblanc - Morgan Riet - Salvatore Sanfilippo - Philippe Vidal

Les collages sont signés André Stas.

10 # + 5 Mi(ni)crobes pour 17 € (en Belgique) et 22 € pour l'Europe.
Sans les mi(ni)crobes, c'est 5 € moins cher.  

 Si vous êtes intéressé(e), contactez Éric Dejaeger via son blog:

http://courttoujours.hautetfort.com/

15:02 Écrit par Éric Allard dans Avis de parution | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

LOIN DU MONDE de Sébastien AYREAULT (éd. Au Diable Vauvert)

images?q=tbn:ANd9GcQ-EVc8b4MYTqx83QFpb1hs0-Lpqk0j9I3arvSCjZnyaGNj5uSEPasbJiEL’adieu à l’enfance

Loin du monde de son enfance, Sébastien Ayreault (qui vit à Atlanta) signe un premier roman papier* très remarqué par les médias, et non des moindres. Il raconte les dix ans de David Serre à Cholet dans un milieu modeste, entre un père démonstratif et une mère plus avare de sa tendresse.

« On habitait loin du monde. Tellement loin, me semble-t-il, que le monde lui-même ne savait pas qu’on existait. Sûr qu’on n’allait pas devenir grand-chose en restant là, mais sûr aussi qu’on s’en foutait. »

Lui aime Tintin ; son père, Johnny. Il dépeint un milieu social, une région de France et un âge de passage qui, à plus d’un titre, va être particulièrement marquant.  Entre petite sœur à venir et père sur le départ pour la ville en quête d'un nouvel emploi, il découvre en vrac et avec la violence des premières fois la brutalité des copains, l'obsession des filles, que le Père Noël n'existe pas... Cela pourrait être convenu et nous rester étranger si Ayreault ne nous donnait pas à vivre sa vie ou, à tout le moins des éléments, comme étant la nôtre, les nôtres. D’emblée on suit les personnages sans se demander quels rapports véritables ils entretiennent avec l’auteur. Il nous plonge au plus près des émotions, qui vont du rire aux larmes en passant par les frayeurs propres à cette période de l’existence, au moyen d’une écriture souple faite de phrases concises, qui font mouche.

Le roman se termine par un coup d’arrêt brutal. Comme l’enfance quand elle cesse pour chacun d’être vécue comme telle et s’inscrit dans un temps mental qui prendra,  pour certains, la forme d'une nostalgie plombante, pour d’autres, la forme d’une énergie vitale féconde. La fin du récit appelle une suite. Ce sera le cas, apprend-on.  Ce premier roman est donc le volet d’une trilogie qui normalement retracera la vie de David Serre, calquée sur celle d’Ayreault, à intervalles de dix années, et qui paraîtra chez le même éditeur, Au Diable Vauvert. À suivre, donc.

Eric Allard

Quelques liens (parmi de nombreux) vers des critiques du roman:

http://www.lexpress.fr/culture/livre/loin-du-monde_120550...

http://www.lefigaro.fr/livres/2013/01/09/03005-20130109AR...

http://blog.epagine.fr/index.php/2013/02/la-voix-de-sebas...

...

Sébastien Ayreault chez StoryLab:

http://www.storylab.fr/Auteurs/Sebastien-Ayreault


Sébastien est aussi auteur-compositeur et interprète.

Voir son blog =) http://ayreault.blogspot.be/

12:21 Écrit par Éric Allard dans Lu et approuvé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

18/05/2013

Il y a leçon des hauts murs / Philippe Leuckx

I

La maison menacée

L’on a détruit le porche et l’âme

Le cœur pend aux plafonds

Comme des entrailles éventrées

L’escalier meurt

Entre des barreaux

Et je plonge vers les fonds



II

Leçon des hauts murs

Un peu bravaches tout de même

Nos gestes qui courent la lumière

Comme on poudrerait

Le visage d’un mort

Et ce vin d’ombre

Sous le cœur



III

 Je m’efface

C’est le soir

Il reste un peu de nous aux façades

D’écaille

Je consens à l’obscur

Qui nous perdra

Là où se perd l’étoile


 

IV

Et l’air a l’argile

D’une rumeur éparse

On vient coller

Aux portes

Un cœur bien trop grand


 

V

On revient des lisières

Des abris

Des sentes claires

Que n’a-t-on espéré dans le coin

Métissé d’ombres ?

On allait à contre-sang

Noyer nos nœuds et nos chagrins

Et les mots

Cortège à notre doute

 

VI

Avec le soir avance l’espèce de patience

Qui s’ose dès vent tombé à l’heure de la louve

Avec l’herbe encore chaude sous la main

Et le corps placé entre jour et nuit

Dans la caresse des roses

Dans l’instance des pertes

 

 

VII

Il y avait vent et temps au milieu de la sente

On avançait à rebours de l’enfance

Les fleurs au cœur

Mas rien n’épuise autant que le regard qui fouille

On est parfois en retard sur soi

On vit d’ombre



VIII

L’air trempe un bout de chiffon vers le ciel

On n’a rien vu du reste

L’enfance a de claires allées

Qui jardine pousse le vent

Les murs de la ville ont d’étonnants parages

Et les mots ont pour eux l’ombre des arbres



IX

Le bleu dépasse le vert les branches le soir

Décante ce qu’il reste d’air

Les promeneurs ont l’espace devant

L’on sait peu de chose l’on fait peu de cas

De ce qui tombe entre les pans les murs

La vie cède ses ombres à l’heure qui mène


P.L.

(inédits 2013)

Derniers titres de Philippe Leuckx

  • Au plus près, 2012, Ed. du Cygne (F).
  • Déambulations romaines,(en collaboration), 2012, Ed. Didier Devillez.
  • Quelques mains de poèmes, 2012, L'arbre à paroles.
  • Dix fragments de terre commune, 2013, La Porte (F), à paraître.

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17/05/2013

XXIème Cabaret poétique au Périscope à Lyon

306014_10151274135253872_447538968_a.jpgA l'initiative de Frédérick Houdaer (ci-contre), CE DIMANCHE 19 MAI, à 17h, au PÉRISCOPE (13 rue Delandine 69002 LYON, métro Perrache, entre les deux prisons vides ou ce qu’il en reste !), le XXIème Cabaret poétique réunira Éric DEJAEGER (ci-dessous), Michaël GLUCK, Claire RENGADE & Anna de SANDRE.

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Entrée GRATUITE (sous réserve d’une inscription pour l'année au Périscope de 2 €, si vous ne l’avez pas déjà souscrite).


Des photos des Cabarets précédents :
http://houdaer.hautetfort.com/animateur-du-cabaret-poetiq...


Quatre articles consacrés au Cabaret Poétique :
http://laurentcachard.hautetfort.com/archive/2012/01/08/e...
http://houdaer.hautetfort.com/archive/2010/12/13/un-artic...
http://houdaer.hautetfort.com/archive/2011/05/23/la-scene...
http://paulinecatherinot.kazeo.com/external/http://enceph...

Pour participer à l'évènement sur Facebook:

https://www.facebook.com/events/182897651865861/

10:42 Écrit par Éric Allard dans Rendez-vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

La bise au pied

images?q=tbn:ANd9GcSCYlqPiv72SJn2YylBNrrHfwrGqMlvdTEVnCbq5KSMMfUhofnM46ogfNzxCette collègue a de si beaux pieds que, lorsque je la vois, je ne lui fais pas la bise, je lui empoigne les orteils et, si elle veut me serrer la main, je tiens à baiser le dessus de son pied. Ainsi, j’alterne les plaisirs. Cela la fait rire. Sans parler, pour répondre à mon salut amical, de l’excitation à la voir se déchausser bien qu’elle soit toujours légèrement chaussée, même en hiver.

L’embêtant, c’est que ça va vite, très vite. Je ronge mon frein le reste de la journée, à ressasser mon action du matin. Je suis comme un loup en cage jusqu’à ce que je la revoie. Parfois, elle est pressée et, comme à tout le monde, elle me tend une joue distraite. J’enrage. Mais j’ai pris à son insu une courte vidéo de son pied avec mon portable. Onze secondes de pur bonheur, que je me repasse tous les soirs en cachette et qui me porte, vous vous en doutez, aux nues.

Les photos tirées de la vidéo ornent les murs de mon bureau. Habilement exposées parmi celles, nombreuses, des pieds de ma femme qui n’y voit que du feu parmi tous ces clichés, bien semblables pour une profane, quand elle vient me présenter ses nouveaux talons aiguilles. Mais les pieds de ma moitié ne sont plus ce qu’ils étaient. À force d’opérations esthétiques, ses pieds trop tendus ont perdu toute expression. On dirait les pieds d’une statue. Le soir, je ne leur rends plus hommage avec autant d'empressement que jadis. 

16/05/2013

Foot fetish

images?q=tbn:ANd9GcS422wGYcFXoqijmwTfRx8Pj3j_iUojCRcueY0cp54TmgOH_GfN5HQ_5wMa femme pratique le striptease du pied dans une boîte pour monomanes, retraités de la marche, vieux amateurs de Sandie Show. Elle a commencé par travailler chez Bata Shoes: à force de voir les pieds des autres, cela lui a donné l’envie d’exhiber les siens et elle ne s’est plus arrêtée. Mais pas question de lui voir un orteil dès qu’elle est rentrée, elle traîne dans des paires de chaussettes de laine ficelées aux mollets… même quand on fait l’amour. 

Un jour, n’y tenant plus, le menton orné d’une barbe postiche, et chaussé d’une paire de lunettes noires, je me suis rendu sur son lieu de travail. J’ai apprécié son art de l’effeuillage, qui met autant de temps à dévoiler l’objet des convoitises que si elle enlevait tout ; une experte, pour sûr !

Je suis rentré avec une trique du feu de Dieu et, lors de son retour, ça n’a pas manqué, j’ai à toute force voulu voir son pied nu. Elle m’a traité d’obsédé, m’a dit qu’elle ne voulait pas qu’on lui rappelle le boulot à la maison et m’a envoyé me faire voir. Pendant la nuit, j’ai franchi le pas, j’ai déchiré sa chaussette et violé son peton droit. Depuis, elle est en incapacité de travail pour trois mois et me fait une tête de voûte plantaire. M’en fiche, j’ai pris quantité de clichés de son pied sous toutes les coutures avant de passer à l’acte.

Extrait de Penchants retors, Éric Allard, éd. Gros Textes

http://rionsdesoleil.chez-alice.fr/GT-Editions2009.htm

18:37 Écrit par Éric Allard dans Penchants retors | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Un relais

images?q=tbn:ANd9GcTCzzBxUkwvKniDs27VPXZUoV3l7LRea5M9QbTvIVG0d46bq48G63aDUQUn post récent, celui de mes dix petits poèmes, relayé avec bonheur sur le blog de Denys-Louis Colaux avec un texte d'introduction. Merci!

 http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/archive/2013/05/1...

Le blog généreux de Denys-Louis COLAUX, avec ses nombreux coups de coeur littéraires, musicaux et artistiques, toujours richement illustrés. 

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/

17:48 Écrit par Éric Allard dans Blog buster | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Les petites incivilités (liste non exhaustive)

images?q=tbn:ANd9GcSTkqfJkfwGfbIjVb4uTjs_6XifjqCbRm7oargWq2V3XDg7qvWjtw

 

casser une patte à un connard

tordre le clou à un marteau

pisser dans l’œil du cyclone

faire le poirier sur un fraisier

attaquer une petite bielle avec un vilebrequin

se faire prendre en Laurette (en plein congrès du PS)

faire l’aumône dans la nue (et ne récolter que des nuages)

marcher à quatre potes en filles indiennes

rire des endimanchés un lundi aux mains gantées

marquer un but dans sa propre cause

loucher avant d’être marié (avec un(e) opticien(ne))

écraser un moustique de couleur

faire un oeuf coulant avec le blanc cou d’une autruche

manger l’herbe haute d’une girafe

croquer un homme politique sans goût ni tête

craquer une amulette

donner un titre vain à un noble vide

détricoter l’ancien pull marine d’Isabelle Adjani, la lainer

chanter du Léo Ferré avec la voix de Mireille Mathieu, l’aliéner

danser du Jean-Louis Murat avec le déhanché de Christophe Maé, le mater

couper l’auréole à une sainte

copier l’aréole d’un sein 

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femeniser son torse nu d’inscriptions tripales

huiler les mains de son fesseur (et ses doigts au cas où)

solariser les enfants des lointaines galaxies

masquer son plaisir de bien ranger sous des ahanements d’arrangeur bêta.

réunir dans l’évier les instruments d’une sédition contre le lave-vaisselle

peindre avec les pieds le portrait d’un réflexologue plantaire

estomaquer une esthéticienne avec Les Anges de la réalité

aveugler son voyant avec un avenir électrique

augmenter le volume de sa radio des poumons jusqu’à la tumeur

mélenchoniser son auditoire

laisser vallser le PSG sur les Champs Elysées

laisser barjoter les dernières frigides

échanger un livre pour rire du roi de Deborsu contre une météo pourrie de Trullemans

faire le don d’un organe en chocolat à un futur transplanté du foie  

cracher dans la soupe des relations bouillonnes

s’inciviliser sans s’isoler

magnettiser les syndicats

écha(faud)uder l’atmosphère

poétiser dans le désert (culturel)

achever un installateur de panneaux solaires tombé dans le panneau des certificats verts

garder un rire sous le coude pour taper du poing sur le sable avant de rendre la mer responsable de l’absence de goût de l’eau potable

... 

 

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09:40 Écrit par Éric Allard dans Sac à malice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

14/05/2013

DIX PETITS POÈMES

la poésie

parfois la poésie coule de source

loin des fleuves du dire

dans les bocaux de la littérature

les poissons des mots flottent

entre deux phrases

 

parfois la poésie se couvre de prose

c’est qu’il va pleuvoir

toutes sortes de choses

c’est qu’il va falloir

rentrer sa muse

 

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c'est une maladie

c’est une maladie qui se refile

de père en fils

comme une épidémie

 

aucun médecin

aucun traitement

ne peut la contenir

 

sinon la mère

avec le sirop de ses seins

et le lait de sa folie

 

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dans les musées

dans les musées

les visiteurs

ne posent pas de questions

aux femmes explosées

en petits morceaux

de peinture

 

ils lèchent la peau

écaillée

en découvrant

toutes les réponses

que pose la nudité

à la beauté ensanglantée

 

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la piste

le ciel s’allonge dans mon lit

en déposant ses nuages 

sur l’oreiller

 

parfois

des avions légers

atterrissent au milieu de la nuit

 

je ne me lève pas

pour évacuer la piste

des rêves


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la traversée

d’une seule envolée

traverser l’azur

 

puis tomber amoureux

d’une terre sans espace

 

où la vue seule

aurait la vie sauve

 

tandis que court à sa perte

la ligne d’horizon

 

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les égalités

l’homme ne vaut pas le rat

la femme ne vaut pas la souris

à quoi bon alors

toutes ces histoires d’égalité

entre rongeurs ?

 

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ne pas jouir

pour ne pas

sortir

de la volupté

par la petite porte

du plaisir

 

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essais & terreurs

j’ai bien essayé de manger

mon père et ma mère

mais ce sont des légumes

et je suis un indéfectible carnassier

 

j’ai bien essayé de manger

un fantôme

mais c’est bien inconsistant

à part les draps, c’est du vent

 

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à l’enterrement

à l’enterrement

du soleil

 

pas un chat

à la ronde

 

pas une queue

de radis

 

pas une goutte

de pluie

 

on aurait dit

la fin du monde

 

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avant d’écrire

ne te prononce pas

tire au jugé

tue s’il le faut

pousse au crime

en silence

masque ton envie

de commettre un massacre


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12:15 Écrit par Éric Allard dans Avant d'écrire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

12/05/2013

JUNIP: 2 titres

images?q=tbn:ANd9GcSxe1WjdMQ22lKFvHcJwGmpg0Slc4cUXDzZWboA00GD13CJiE7aDLagr0DCnAJunip est le groupe du Suédois José González. Le groupe vient de sortir son second album.

 "(...) C’est probablement là que réside la force de Junip, dans cette façon de sauter avec une cohérence inouïe du baggy au kraut, du folk aride à la pop en arc-enciel. Quand il ne s’agit pas de proposer tout ça à la fois sur un même titre, comme sur l’inaugural et majestueux Line of Fire, qui n’a pas déchaîné les réseaux sociaux pour rien. “Le songwriting reste très frustrant pour moi, conclut González. Il y a toujours un moment dans la chanson où je ne parviens pas à faire ce que je voudrais. Je ne suis jamais pleinement satisfait.” Johanna Seban (Les Inrocks)



http://www.junip.net/

19:19 Écrit par Éric Allard dans Hey, man! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Un homme et une femme, soirée poétique à Cook And book

  • 27158_10200789730801190_1498072712_n.jpgUne soirée rien que pour vous avec des femmes auteures qui assument et assurent leur plume. Carine Geerts, Silvana Minchella et Murielle Lona en mode sensuelle, romantique, révolutionnaire. 

  • Elles seront  accompagnées d'hommes : des poètes Gaëtan Faucer et Éric Allard et des chanteurs : Epolo et Angelo. Cette fois, présence d'une lectrice: Tatiana Marinof. 

  • Soirée à thème, gratuite dans la bonne humeur et les belles rencontres. 

  • "Après nous partageons un verre, nous mangeons ensemble si vous le souhaitez. Nous espèrons de tout coeur vous voir et vous revoir . " Silvana, Carine & Murielle. 

  •  Où? Dans l'espace SERRE, Cook and Book - Avenue Paul Huysmans, 251 - 1200 Bruxelles (Woluwé-Saint-Lambert)

  • Quand? Le mercredi 15 mai à 19 heures.

  • http://www.cookandbook.com/

12:43 Écrit par Éric Allard dans Rendez-vous | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

11/05/2013

Lana Del Rey / Young & beautiful (clip)


16:23 Écrit par Éric Allard dans Hé! les filles! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Tout sur le fiEstival MaelstrÖm ReEvolution (jusqu'au 12 mai)

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Le programme détaillé d'un fiEstival unique!

http://www.fiestival.net/




https://www.facebook.com/maelstrom.414.laboutique?fref=ts

13:48 Écrit par Éric Allard dans Rendez-vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Histoires d'eau noires

images?q=tbn:ANd9GcThg_y7eWRrHW8xmSnukiA3FgzNZQRd2z25OlmMNOH_SG_Xbm2wfqEAOYYpar Denis BILLAMBOZ

Deux auteurs depuis longtemps disparus, deux auteurs presque contemporains mais qui n’avaient rien en commun, sauf peut-être ces deux courts textes qui évoquent des histoires d’eau, des histoires de mer souvent déchaînée, hostile à la gent humaine. Un milieu idéal pour le romancier qui voudrait regarder l’homme aux limites de l’humanité quand presque plus rien ne le relie à ses contemporains, quand son esprit commence à divaguer sous l’effet de la solitude, de l’éloignement, du confinement au milieu d’une étendue sans frontières apparentes.



9782909589022_1_75.jpgLa vague de l’océan

Ambrose Bierce (1842 – 1913)

Ambrose Bierce c’est l’écrivain éponyme qui a donné son titre, « Le vieux gringo », au livre que Carlos Fuentes lui a consacré pour essayer de raconter la vie qu’il aurait pu avoir après avoir disparu en voulant rejoindre les guérilleros mexicains de Pancho Villa. Et j’ai lu ce petit recueil de quatre nouvelles, « La vague de l’océan », juste pour lever un coin du voile recouvrant encore, en ce qui me concerne, la vie et l’œuvre de cet écrivain aventurier qui a participé à la Guerre de Sécession.

Quatre nouvelles, quatre récits de mer, quatre fables loufoques mêlant l’humour le plus noir aux scènes burlesques et macabres : un capitaine jette ses passagers par-dessus bord pour alléger son bateau en train de couler, un équipage tire au sort celui qui empêchera les autres de mourir de faim, … mais trois textes seulement reliés par un personnage récurrent, le Capitaine Abersouth, gros lecteur devant l’éternel privilégiant toujours ses livres aux  navires qu’il fait naviguer entre les pages de ce recueil.

Un texte évidemment daté, fluide et pétillant, empreint de verve, des phrases qui coulent allègrement comme d’amples vagues apaisées qui viennent mourir mollement sur la plage. Des récits qui pourraient trouver leur place dans la correspondance échangée par Louis Sepulveda et Mario Delgado Amparain dans « Les pires contes des frères Grim » ou au voisinage immédiat de l’histoire de phare racontée par Rachilde dans «La tour d’amour ».

Ce recueil est peut-être aussi un aperçu, un raccourci, de la vie qu’Ambrose Bierce a menée, une vie pleine d’aléas ou le hasard gouvernait souvent le sort, où ceux qui décidaient des combats, des guerres, à conduire, du sort des hommes n’étaient pas souvent les plus capables, où finalement le vent de l’aventure poussait inéluctablement le voyageur au gré de son souffle comme il l’a toujours fait et le fera toujours.

 

Rachilde.jpgLa Tour d’amour

Rachilde (1860 – 1953)

« Ho ! Hisse ! Hisse en haut ! » Jean le Maleux est très fier et très heureux, il a été choisi pour seconder le gardien du phare d’Ar-Men, là-bas tout au bout de la Chaussée de Sein, au bout du monde, là où les éléments liquides luttent avec férocité contre les reliquats de roche qui encombrent encore le passage des flots déchaînés. Là où les bateaux viennent se fracasser les nuits d’orage, semant leur cortège de cadavres dans le dédale des récifs.

Et, là, Jean le Maleux découvre son patron, son seul compagnon, un reliquat d’humanité qui se fossilise dans le phare sans jamais retourner à terre, reclus sur ce bout de roc où des bâtisseurs acharnés ont réussi à dresser une tour, ayant rompu a jamais avec les hommes, ayant même perdu son alphabet. Et, Jean, au contact de cet être fruste, découvre la solitude, celle qui peut rendre fou quand le vent chante et hurle dans la lanterne. Même le retour à terre n‘apporte aucune joie, les filles sont trop volages et l’alcool rend malade et fait perdre la tête. Alors, l’homme se retrouve seul face à lui-même et perd progressivement son humanité dans cet univers de violence où les éléments tiennent le sort des vivants dans leur souffle infernal.

« C’est la tour d’amour » qui ne connut jamais les femmes, bien qu’un secret semble peser sur le passé de ce phare ajoutant l’angoisse de l’inconnu à la douloureuse frustration causée par le manque de tendresse et d’amour. « On ne pense plus au péché. On ne songe plus au plaisir. » On ne connaît plus les limites, les mœurs peuvent se déchaîner comme les éléments, de toute façon personne jamais ne saura …

Rachilde nous offre, dans ce court roman, une grande page sur la solitude, la frustration, la limite de l’homme perdu aux confins de l’humanité là où les éléments ont vaincu toute vindicte humaine dans un infernal déluge de vent et d’eau, dans une langue envoutante qui se déchaîne au rythme des éléments, qui chante comme le poète quand la mer se calme et qui jargonne comme un vieux marin un soir de cuite quand il faut évoquer ce reliquat d’humanité qui toujours résiste face aux éléments.

10/05/2013

Come on + I want to be loved

Le 10 mai 1963...

face A

face B

22:38 Écrit par Éric Allard dans Hey, man! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Echelle de Richter de l'écrivain

Petite échelle personnelle de la considération de l'écrivain en tant qu'être social. 

1-     (Micro) Ecrivain pas encore publié

C'est très bien. Formidable. Rien de plus beau... mais va chercher un vrai travail. Aucune reconnaissance à espérer. Dans l'esprit des gens, ne pas être édité est synonyme de n'avoir pas de talent. Vous écrivez? C'est génial! Et vous êtes publié? Non... alors vous faites quoi dans la vie?

2-     (Très mineur) Ecrivain publié à compte d'auteur

Très risqué. Mieux vaut passer directement du 1 au 3 ou rester au 2. Argumenter que Proust et Gracq ont commencé en étant publié à compte d'auteur n'y fera rien. Mépris du monde de l'édition, dédain des libraires... pas grand-chose à attendre de cela.

3-     (Mineur) Ecrivain publié à compte d'éditeur

C'est ce qu'on attend d'un écrivain. Première reconnaissance mais début du parcours de combattant. Vous vaudra toujours le questionnement irrité de votre maman qui ne comprendra pas pourquoi, lorsqu'elle va à la Fnac, les premiers exposés sont Musso et Levy et pas vous !

4-     (Léger) Ecrivain dont on parle dans la presse régionale

Vous vaudra l'estime de vos voisins et un regain d'intérêt de la part de vos proches. Hélas, peu efficace au niveau des ventes, surtout si vous êtes coincé entre l'inauguration d'une foire à la saucisse et une bourse aux vêtements à Pellouailles-les-vignes...

5-      (Modéré) Ecrivain dont on parle à la radio

Vos amis sont surpris et contents de vous avoir entendu au moment où ils trempaient leurs krisprolls beurrés dans leur bol de café. L'estime commence à se muer en quelque chose qui ressemble à de la fierté.

6-     (Fort) Ecrivain passant à la télévision locale

La fierté se transforme en admiration. Les gens vous reconnaissent dans la rue. Sympathique mais toujours pas de file d'attente à vos séances de dédicaces.

7-     (Majeur) Ecrivain dont on parle dans la presse nationale

On vous prend enfin au sérieux. On cesse de vous demander sans cesse si vous vivez de votre plume et si à part ça vous avez un « boulot sérieux ». Début du cercle vertueux. Comme on parle de vous, on a encore plus envie de parler de vous. Début d'une notoriété importante. On commence à acheter vos livres plus par curiosité de découvrir un nouvel écrivain prometteur que pour faire plaisir au fils de la voisine.

8-     (Important) Ecrivain qu'on voit sur les grandes chaînes de télé

Véritable séisme. Peu importe la valeur intrinsèque de votre ouvrage, il va se vendre et vous allez vite devenir le meilleur ami de votre éditeur, de vos libraires et, d'ailleurs, de tout le monde. Vous allez devoir vous mettre sur liste rouge et avoir un deuxième profil sur Facebook où vous utiliserez un pseudo uniquement pour vos amis intimes et les fidèles lecteurs de votre blog.

9-      (Exceptionnel) Ecrivain qu'on a vu à la télé, mais qui vient de mourir

Le top du top, mais curieusement ce sera le seul statut (avec le 2) que vous ne serez pas pressé d'atteindre.

 
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Voir son blog: Journal d'un écrivain

http://www.marclefrancois.net/

 

16:17 Écrit par Éric Allard dans Humour, Partage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

Au suivant / Brel, Scott Walker & Charlie Winston

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15:11 Écrit par Éric Allard dans L'addition des songs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

08/05/2013

Deux histoires de salle d'attente

En attendant

Pour agrémenter l’attente de ses patients, ce praticien avait prévu des attractions. Chanteurs, jongleurs, acrobates... se succédaient pendant le temps des visites. Quand leur tour venait, c’était au médecin d’entrer en scène déguisé en clown ou en dompteur de phoques. Les jours de grande affluence, l'homme faisait disparaître son officine ou, en habit de lumière, encornait un taureau imaginaire. Il n’était pas rare que le patient, ravi, repaie pour un parcours complet. Tout cela n’allait pas sans une augmentation d’honoraires couvrant les prestations des artistes. Mais on ne va pas chez son médecin tous les jours non plus.

 

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Une accueil glacial

La salle d’attente de ce spécialiste était frigorifique. Plusieurs épaisseurs de vêtement n’étaient d’aucun secours; il eût fallu aussi des moufles, un passe-montagne, des écharpes, de la fourrure... Très vite, menacés d’hypothermie, ils oubliaient les maladies reléguées au rang de maux mineurs dont ils souffraient et pour lesquels ils étaient venus consulter.

Enfin, une fois la porte du cabinet franchie, ceux qui avaient bravé le froid étaient immédiatement envoyés en chambre froide pour l’abattage où on les dépeçait, on les découpait avant d’accrocher les bons morceaux à des crocs et de livrer les bas morceaux aux chiens.

Cet homme était un boucher. 

07/05/2013

Les vélos de Bourvil


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Texte de Le vélo, un sketch de Bourvil:

http://www.paroles2chansons.com/paroles-bourvil/paroles-v...



 Bourvil parle du vélo utilisé dans Les cracks d'Alex Joffé (1968)

http://www.ina.fr/video/I06002409

12:59 Écrit par Éric Allard dans Les beaux films | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

À vélo

images?q=tbn:ANd9GcR6usV0227WvDrsxdjumkFuOZISOslxk9uwGkYZ8bZtIuHGs2Jgjn-655JCÀ vélo, je lis, je ris, je vis. À vélo, je vocalise, je chante Montand, Dassin, Bourvil. À vélo, je pianote sur mon Iphone, j’adresse des textos à Philippe Gilbert & Rodrigo Beenkens, je tactilographie. À vélo, je liste mes envies. À vélo, je bouffe des lasagnes bio, je végète, je vététise. À vélo, je ronge mon frein, je développe des virus, j'éternue, je m'éternise. À vélo, je prie Dieu dans les descentes, sur les pavés. À vélo, je me balade, je balaie l’air, j’epoussette le vent, je ventile mes poils. À vélo, je m’enivre, je bois du petit lait, je suis vache, je fais des bouses. Mais ça en gêne certains. En auto, je klaxonne à tout rompre, je fais des queues de poisson rouge. Je dépasse les deux roues en leur faisant un doigt d’honneur. J’écarte plus d’un cycliste sur mon véloce passage, je les envoie dans les bas-côtés, ils font des bonds et de la place. Ainsi, lorsque j’enfourche à nouveau ma bicyclette, la piste cyclable est libre. Je peux rouler comme un Merckx.

 

10:53 Écrit par Éric Allard dans Sac à malice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |

06/05/2013

Noir et blanc / Brigitte Bardot


11:37 Écrit par Éric Allard dans Hé! les filles! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |