23/11/2014

DIX POÈMES AU PAIN ET À L'EAU

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Sommes-nous la sécheresse
Sommes-nous la romance

 Jean Fauque & Alain Bashung

 

Au pain et à l’eau

 

Tu m’a mis

Au pain et à l’eau

 

J’avais trop de toi

Dans mes manières

Mes façons de penser

 

En me regardant

Tu me voyais

Tel que j’aurais vomi

 

Si j’avais mangé trop

De tes seins de ta peau

 

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Dans mon sirop

 

Tes doigts dans mon sirop

Martyrisent les fruits

De mon abnégation.

 

Vers quel animal cours-tu

Dans la jungle qui défait ses feuilles

Comme un regard se vide ?

 

L’ombre attachée à ton squelette

Rejoint la terre molle

Des apparences.

 

Striée de blanc

Une joue se confond

Avec un amas de silence.

 

Intimement je pénètre

Le mécanisme de tes sucreries.

Le goût des autres me désole.

 

Et je fonds dans les cils

Qui en permanence

Surveillent tes regards

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Matières

 

Dans la valise du mort

Je découvre un passeport

En os de touriste.

 

À la grille du cimetière

Je fais cuire un cuistre

Avec des branches de squelette.

 

Dans l’église sèche

Je marque d’une pierre blanche

L’autel en papier mâché

 

Qu’un croyant désinvolte

En habit de tabac vert

Fume jusqu’à la crémation.

 

Avant de m’envoler

Pour l’autre bout du monde

Sur l’aile d’un abbé prometteur.

 

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Un poisson merveilleux


Quand elle écrase sur ma bouche

Un poisson merveilleux

 

Je rentre dans ma chambre

Où sur les murs j’ai punaisé

 

Des images de mer édentées

Des gâteaux de ses vieux cheveux.

 

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Le noyau

 

Quand le noyau

Coule

Dans le fleuve

 

Le noyé

Avale

La tasse

 

Mais où passent

Le fruit,

Et les secours ?

 

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Les beaux massacres

 

Avec une guerre par heure

Mes journées étaient devenues

Une bénédiction.

 

Ma vie un songe de soldat

Et je comptais les morts

Comme on effeuille les fleurs.

 

En redoutant déjà

La fin des hostilités,

L’armistice et les palmes,

 

Les décorations à la boutonnière,

Les cérémonies de prestige,

Ma place dans la grande histoire.

 

Mais j’avais pris soin de commettre

Quelques beaux massacres

Tout à fait crapuleux

 

Qui m’assureraient, la paix revenue,

L’opprobre de chacun,

Une impunité de chaque instant.

 

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La température

 

Elle faisait bouillir

Dans ma bouche

Des baisers.

 

Elle prenait la température

Avec ses seins

Avec ses doigts de pied.

 

C’est plus chaud qu’un soleil

Qu’une échauffourée,

Disait-elle en grillant.

 

Mais tu vas brûler,

On va s’éteindre

Réciproquement.

 

Alors, c’était l’hiver

Mais les cheminées

Restaient brûlantes.

 

On jouait aux pompiers

Avec nos lances

Avec nos langues encore mouillées.

 

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Quelqu’un

 

Entre elle et lui

Quelqu’un installa

Une ceinture de sel.

 

Ils échangèrent

Par cette voie

Salaisons et baisers.

 

Sur la transaction

Quelqu’un prenait

Une commission.

 

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La maison de ton visage

 

Dans la maison  de ton visage

J’entre par la bouche

Je souffle par le nez

 

Je regarde par les yeux

Je sors par les oreilles

En rappel jusqu’à tes lèvres

 

Puis, du menton,

Je me jette sur tes seins

Je dévale je dévale

 

Je fais halte sur ton nombril

Je triangule et me circonférencie

Fatigué et heureux

 

Tes longues jambes

Me tentent bien

Et l’extrémité de tes pieds

 

Mais il me faut remonter

Pour être, à la fermeture des paupières,

Au chaud dans tes méninges.

 

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Tous mes chats

 

Tous mes chats

Ne réussissent pas à rassasier

De griffes ta peau.

 

Du sang coule en abondance

Des plaies trop étroites

Pour ménager un passage.

 

Alors l’éléphant de la dernière chance

Piétine un miaulement

Dans un éclat de lumière barbare. 

 

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Dans mes nuages


J’ai des choux

Dans mes nuages

Des choux à la crème solaire

 

Que j’étale

Sur la surface du ciel

 Pour le faire pommeler.

 

E.A. 

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18:06 Écrit par Éric Allard dans Avant d'écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

BRUXELLES en chansons

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+

BRUXELLES EST UN VILLAGE de Claude SEMAL

(seulement les paroles, malheureusement)

 

17:29 Écrit par Éric Allard dans L'addition des songs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

BRUXELLES + VOYAGE FUTILE, par Denis BILLAMBOZ

Bruxelles

  

Place de Brouckère

Place Sainte Catherine

Place de la Bourse

Grand-Place

Bruxelles me tends ses places

M’attire dans ses tavernes

Où mes amis m’accueillent

Bière

Moules

Frites

Moules-frites

Bière

Bière encore

Bruxelles chancelle

Les livres attendront

Ce soir c’est fête

Fête à Bruxelles

Faite avec mes amis

 

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Voyage futile

  

Je manquais d’entrain

Je devais mon rompre mon train-train

J’ai pris le train

  

Le TGV pour la capitale

Une évasion vitale

Pour ma santé mentale

 

J’aime les halls de gare

L’odeur du départ

Les voyageurs qui s’égarent

  

J’aime traîner à l’hôtel

Vautré dans la flanelle

Sans penser à la bagatelle

 

J’ai flâné dans les avenues

A perte de vue

J’ai respiré les rues

 

Je n’ai rien fait

Je me suis distrait

J’étais satisfait

 

Voyage inutile

Evasion puérile

Satisfaction futile

 

Petit plaisir de la vie

 

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12:19 Écrit par Éric Allard dans Textes de Denis BILLAMBOZ | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

22/11/2014

ROMANTISME GERMANIQUE

88957_300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

Oui, je sais, ces textes sont d’un autre temps, dépassés, surannés mais mon Dieu comme ils sont beaux, je regrette qu’on n’écrive plus aujourd’hui des textes romantiques qui ne soient pas mièvres, sirupeux ou dégoulinants de bons sentiments bafoués. Je suis allé vers Zweig par curiosité et il est désormais fiché en moi comme l’un des maîtres du panthéon de mes auteurs préférés; plus je le lis, plus je l’apprécie, plus son talent m’enchante et me subjugue, et Keyserling fut une bien belle découverte, je crois que je retournerai vers lui à une prochaine occasion que j’espère pas trop lointaine car ses œuvres n’encombrent plus les rayons des bibliothèques. Quel plaisir de lire cette langue certes un peu vieillie mais tellement belle!

 

9782246098638FS.gifLA PITIÉ DANGEREUSE

Stefan ZWEIG (1881 – 1942)

Dans une ville de garnison, aux confins de l’Autriche et de la Hongrie, un jeune officier désargenté est invité chez un grand bourgeois local, croyant montrer son savoir vivre, il invite la fille de la maison à danser sans savoir qu’elle est infirme des jambes. Mortifié par sa gaffe et sa fuite précipitée du bal, il envoie des fleurs à la jeune paralysée qui lui pardonne cette invitation malencontreuse. Il devient rapidement un habitué de la maison où il apporte un rayon de soleil, la jeune fille l’apprécie beaucoup et le père manifeste de plus en plus d’intérêt à son égard sans qu’il se rende compte que la pitié qu’il éprouve pour la jeune fille et son vieux père l’aspire progressivement dans un piège qui se referme inexorablement sur lui. Croyant bien faire, il laisse abusivement la jeune fille et son père penser qu’elle guérira bientôt mais la frêle enfant ne se contente pas d’une promesse de guérison, elle exige aussi ce qu’il ne veut pas lui donner même s’il fait mine de lui céder.

Ce texte est évidemment une histoire d’amour d’un romantisme exacerbé, digne des amants de Mayerling, d’une tragédie grecque, un regard sur le handicap et le droit à l’amour pour ceux qui sont différents, mais c’est surtout une réflexion profonde sur la pitié et l’art de la prodiguer et plus généralement sur la vérité et l’usage qu’on peut en faire. Que peut-on dire ? A qui ? Quand ? Comment ? Toutes ces questions restent en suspens.

Ce roman est le seul achevé par Stefan Zweig, j’avoue que je préfère ses textes courts malgré la grande qualité de celui-ci, il domine brillamment son sujet même s’il a tendance à chahuter le lecteur en le bousculant trop souvent entre espoir et désespoir absolu. La situation est éclaircie mais non, elle s’assombrit, le processus est trop récurrent et tend à alourdir le récit. Mais quand on lit du Zweig, on ne se lasse pas, on regrette seulement, si comme moi on n’est pas germaniste, de ne pas pouvoir le lire en version originale surtout quand le traducteur utilise des formules qui semblent un peu hasardeuses. Tout dans cette histoire concourt à l’objet du livre qui est une vaste démonstration à facettes multiples, aucun événement ne figure par hasard dans le texte, chacun étaie, explicite, la vison, la théorie, les impressions,… de l’auteur.AVT_Stefan-Zweig_3326.jpeg

Ce texte a une autre dimension, plus large, il a été écrit juste avant la guerre de 1939/1945 - publié en 1939 - et son intrigue se situe juste avant l’autre guerre, celle de 1914/1918, et, bien évidemment, ce n’est nullement un hasard. Stefan Zweig adresse à travers cette histoire d’amour un message prémonitoire annonçant les événements apocalyptiques qui pourraient, selon lui, survenir. La jeune paralytique est à l’image de l’empire autrichien de 1914 englué dans son passé et ses traditions, dirigé par un vieil empereur cacochyme et l’auteur nous laisse penser que l’Autriche de 1939 n’est pas plus apte à faire face à la montée des dangers qui pointent à l’horizon de l’histoire. Le contexte historique de l’écriture du roman, comme le contexte de l’intrigue, l’époque où la psychologie progressait à pas de géants à Vienne, pèse lourdement sur le roman. Les personnages qui gravitent autour de la jeune fille sont presque tous des faibles qui ont cédé à des compromissions de diverses natures pour préserver leur confort, leur avenir, leur image, leur situation… On pourrait voir dans cette histoire d’amour non seulement un message prémonitoire mais aussi une dénonciation de la faiblesse des dirigeants, et de la société en général, qui ont laissé les barbares s’emparer du pouvoir. Les relents antisémites qui empestent le récit, étaient déjà fort nauséabonds en 1914 et l’étaient peut-être encore plus en 1939, Stefan Zweig ne pouvait plus respirer cette odeur, il avait déjà fui ailleurs et songeait peut-être à quitter définitivement ce monde de barbares.

 

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EDUARD VON KEYSERLING (1855 – 1918)

Aux confins de la Prusse et des Pays baltes, en Livonie, au tournant du XIX° et du XX° siècle, le vieux comte Hamilkar Wandl-Dux reçoit son ami le professeur et sa famille au milieu d’une cour de jeunes gens joyeux et plus ou moins amoureux de sa jeune et jolie fille, Billy, âgée de dix-sept ans seulement. Le plus empressé est sans doute le cousin Boris, un aristocrate polonais, qui parvient à convaincre la jeune fille de s’évader du château pour le suivre dans un grand amour. Mais, la belle comprend vite que son amoureux s’abîme dans un romantisme exacerbé et mortifère qui pourrait les conduire à jouer une nouvelle version de la scène funeste interprétée à Mayerling quelques années auparavant par Rodolphe et Marie. Elle parvient à s’échapper et à rejoindre le château où elle doit affronter sa famille et les conséquences de ses actes.

Une belle histoire d’amour champêtre, triste à mourir comme le quatuor à cordes de Schubert : « La jeune fille et la mort », une histoire d’amour empreinte d’un romantisme suranné qui dépeint une société décadente, une civilisation d’un autre temps, un monde en voie de transformation, une classe sociale en cours de disparition. L’auteur connait les événements de son temps et évoque non sans une certaine nostalgie une époque où les princes se tuaient pour l’amour d’une belle, il raconte cette histoire comme on déguste une dernière friandise en finissant le paquet. Le vieux comte a bien compris que son époque était révolue, que la nouvelle génération ne possédait pas les mêmes vertus que la sienne, qu’un temps s’était écoulé et ne reviendrait plus. « Ils sont incapables de vivre. On ne peut pas leur confier cette chose que nous nommons la vie. Une femme de chambre qui se laisse séduire par un palefrenier et s’enfuit avec lui sait ce qu’elle veut, mais ceux que nous élevons, …, sont de petits fantômes ivres qui tremblent du désir de s’échapper et qui, une fois dehors, ne peuvent plus respirer ». Les aristocrates ont capitulé, les masses laborieuses sont prêtes à leur prendre le pouvoir.Keyserling-H-075.JPG

On pourrait croire ce livre triste par ce qu’il raconte une histoire triste mais l’auteur ne sombre pas dans un romantisme désespéré, il croit en un autre monde, « la mort, cher professeur, …, reste pour nous incompréhensible parce que nous la mesurons à l’aune de la vie ». Ce que la belle Billy avait bien compris, elle contemplait « avec des yeux fiévreux le coucher du soleil avec dans son sourire le même impérieux espoir ».

Quel plaisir de pouvoir lire de temps en temps ces vieilles histoires empreintes d’un romantisme germanique débordant et de déguster ces textes écrits dans la belle langue que nous ne trouvons plus très souvent dans les textes qu’on propose à notre lecture. « Le tragique est triste, mais triste comme ses yeux, triste mais magnifique, plus beau que tout ce qui est gai ».

12:21 Écrit par Éric Allard dans Chansons pour les vacances | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | |

LE PREMIER COLLOQUE SINGULIER ENTRE CHARLES MICHEL ET BART DE WEVER

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    Comme chaque samedi depuis la nouvelle législature, le Premier Ministre a rencontré ce samedi 3 janvier 2015 à l’Hôtel de Ville d’Anvers le Président De Wever pour le premier  colloque singulier de l’année. 

    Rien n’est censé filtrer de l’entretien mais ce dont ont parlé les deux hommes est sur toutes les lèvres: 

-         Le transfert des cendres d’Yvan Mayeur  à Anvers après son assassinat par un policier bruxellois ivre durant les fêtes de fin d’année pour leur dispersion dans le port ;

-         Le calendrier de la décapitation de la famille royale, par ordre de succession au trône (pour une fois, Laurent sera privilégié, on parle même d’une grâce qui lui sera accordée en échange de la présidence de la Fondation des Crevettes Ostendaises) ;

-         La programmation des Joyeuses Entrées dans les villes du Pays du couple Jan Jambon & Théo Vrancken, nouveaux bourgmestres de Brussel en alternance.

-         La question de l’exil de Paul Magnette et du gouvernement wallon à Lille ;

-          Jean-Claude Marcourt, toujours en fuite, refoulé à coups de pierre de la Fédération des Entreprises Wallonnes où il n’a pu trouver refuge, blessé et rendu plus dangereux encore ;

-         La destruction par le feu de la forêt ardennaise dans lequel s’est réfugié Benoît Lutgen et une partie de son cabinet ;

-         La nomination de Jean-Marc Nollet au poste de président du protectorat flamand de la région photovoltwallique.

     Autant de sujets sur lesquels, à la sortie de sa rencontre avec le président, Charles Michel s’est montré « serein et résolu », comme à son habitude. À la question de savoir s’il ne craignait pas un changement de premier ministre au cours du trimestre, il a déclaré qu’il avait toute la confiance du président et qu’il conduirait toutes les réformes qu’il avait promis de mener lors du colloque singulier du 24 décembre 2014 à minuit.

     Quand on lui a demandé quel sort il réservait au bouillant Denis Ducarme passé au PTB après avoir été invité, le jour de la Saint Nicolas, pour un lavage de cerveau idéologique déguisé en dégustation de vin bulgare en provenance des caves de Ceaucescu, Charles Michel a déclaré qu’il faisait confiance dans les purges de son Nouveau Pays et que Jean-Charles Luperto, nouveau transfuge du MRVA après avoir été lavé de tout soupçon dans les affaires de mœurs pour lesquels il avait été soupçonné, remplacerait avantageusement le félon dans son rôle de porte-parole.

     C’est avec un large sourire (popularisé avant les fêtes par l’humoriste François Pirette, désormais pitre officiel de la prison de Saint Gilles) qu’il s’est engouffré à l’arrière de son  véhicule après qu’on lui eut retiré les menottes de sécurité (Bart de Wever ne supportant plus la vue de mains libres) qui l’ont hélas empêché de nous donner une poignée de main franche et amicale.

19/11/2014

LES AUTEURS AU SOMMET par Gaëtan FAUCER

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Boileau et La Fontaine ne buvaient pas que de l'eau...

 

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Quelques mots passants sont de bonnes nouvelles 

 

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Jean Racine tes vers tragique

 

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La Bruyère enfumait Malherbe.

 

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La Bruyère avait également la main verte !

 

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Rimbaud, l'infatigable balladeur !

 

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Eric à l'art de mener ses belles phrases.

 

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Stendhal devait aimer le jambon de Parme.

 

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Victor Hugo le boss

 

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Et dire que la Martine ne m'excite pas du tout...

 

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Baudelaire et ses mots dits.

 

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Un mari vaut d'âges...

 

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Les mousquetaires descendent du mât !

 

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Mallarmé était bien armé de maux.

 

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Verlaine et ses vers en soi.

 

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Madelaine proustine sous la dent !

 

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Quelle misère dans ce zoo là !

 

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Balzac était honoré de sa comédie humaine.

 

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Montaigne aimait les vacances à la mer.

 

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L'important c'est d'être constant disait Oscar à Benjamin.

 

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Il se rendait souvent au bal Musset.

 

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Villon n'était pas un crétin de Troyes.

 

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Chateaubriand était peut-être végétatien...

 

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Quand Alfred Jarry eût bu jusqu'à la lie.

 

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"Les Fourberies imaginaires" de Molière

 

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Et Pagnol qui adulait les chiens !

 

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Sartre ne voyait pas grand chose, malgré qu'il aimait Beauvoir !

  

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Jean Marais chantait souvent coq tôt !

  

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Confucius et son compagnon là haut dessus.

  

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Sartre a écrit les Mains sales de ses propres mains.

 

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par Gaëtan FAUCER 

La page Facebook de Gaëtan Faucer

Faucimage

Sa pièce "Sous le pont" sera jouée à la Péniche Fulmar Milleneufcenttreize 

les 11, 12 et 13 décembre.

Avec Jean-Pierre Wallemacq et Amandine Carlier

15:24 Écrit par Éric Allard dans Les beaux aphorismes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | |

16/11/2014

AU SALON DE L'APHORISME

 

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Au Salon de l’Aphorisme, l’invité d’honneur est un auteur de contes brefs.

 

 

Au Salon de l'Aphorisme, les exposants jouent à la courte phrase.

 

 

 Au Salon de l'Aphorisme, rien de textuel.

 

 

Chaque année, le Prix Grain de Sel récompense un auteur d’aphorismes.

 

 

J’ai connu un auteur d’aphorismes qui sla(lo)mait entre les virgules.

 

 

La Nuit de l’Aphorisme sera courte ! *

 

 

L’auteur d’aphorismes policiers ne s’embarrasse pas d’intrigue, il va droit au crime.

 

 

Le grand regret de ce Nobel de littérature est de ne pas avoir réussi à écrire un seul aphorisme.

 

 

L’auteur d’aphorismes policiers ne peut pas piffer l’auteur d'aphorismes de science-fiction, de même que l’auteur d’aphorismes sans queue ni tête fait flipper l’auteur d’aphorismes autotome.

 

 

Cet auteur d’aphorismes de science-fiction situe l'action  de ses micro-récits dans la minute suivante.

 

 

En mathématiques, les aphorismes s’appellent des théorèmes.

 

 

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À l'issue de l’Académie Scutenaire, les vingt participants devront avoir écrit un aphorisme à quarante mains.

 

 

Les aphorismes érotiques peuvent provoquer un frémissement d’érection.

 

 

Quand l’auteur d’aphorismes donne sa langue au chat, il n’est pas loin de commettre un tweet.

 

 

Quand l’auteur d’aphorismes sera grand, il sera romancier. 

 (Attention toutefois aux généralités : un auteur d’aphorismes peut-être romancier à ses heures éperdues.)


 

Les auteurs d’aphorismes qui se la pètent se feront embiscuités

 

 

Le vert absinthe des auteurs d’aphorismes académiques.

 

 

Un aphorisme anarchiste dans le discours royal.

 

 

Un aphorisme noyé dans un roman-fleuve.

 

 

Le jet d'encre du fouteur d'aphorismes tient dans un dé à coudre.

 

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On ne sait pas de quel bon mot vient ni vers quel roman bref va l’auteur d’aphorismes, sa maxime accomplie.

 

 

J’ai vu un auteur d’aphorismes s’abreuver à une sourcelettre.

 

 

César aurait compressé les aphorismes de Picabia en une phrase tarabiscotée.

 

 

Le vers solitaire est-il à l'origine de tous les aphorismes ?

 

 

J’ai fait les poches d’un mot-valise avant son embarquement pour un roman au long cours.

 

 

Je connais plus d’un auteur d'aphorismes qui vous emmène loin avec ses mots-valises.

 

 

Raccourci, l’auteur d’aphorismes donne encore une épitaphe.

 

 

On peut penser que chez certains auteurs d'aphorismes le point final est un coup d'arrêt qu'ils imposent à leur imagination débordante. 

 

 

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Dans cette célèbre lignée d’auteurs d’aphorismes, on trouvait un romancier pendu à une branche pourrie de l’arbre généalogique.  

 

 

Le nègre de l’auteur d’aphorismes n’est tout de même pas clair.

 

 

L’auteur d’aphorismes reverse tous ses droits d’auteur dans le tronc de la petite chapelle où il allume des cierges avec ses phrases de bout de chandelle.

 

 

Cet auteur d’aphorismes attribue à ses écrits des titres plus longs que ses phrases.

 

 

L’auteur d’aphorismes qui, à chaque parution, utilise les services d’un préfacier et d’un postfacier n’en fait-il pas trop ?

 

 

Les pensées médicales de Pierre Doc

 

Les pensées théâtrales de Pierre Dux

 

Les pensées nobles de Pierre Duc

 

 

À l'atelier d'écriture d’aphorismes, il suffit d’un bon mot pour lancer la séance.

 

 

De moins en moins de chercheurs d’aphorismes travaillent dans les mines de crayons ; les nouveaux arpentent le net à l’aide d’un clavier et d’une tablette.

 

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Tous les auteurs d’aphorismes qui usent de mots d'oiseaux ne volent pas dans les plumes des romanciers.

 

 

Lors des lectures publiques, avez-vous remarqué que les auteurs d’aphorismes sont moins mots dits que les auteurs de romans ou de poèmes tholoméens ?

 

 

Il ne faut pas prendre chaque phrase d’un auteur  ordinaire pour aphorisme comptant.

 

 

L’auteur d’aphorismes n’aime pas développer, il est généralement tout d’une pièce.

 

 

Pourquoi l’auteur d’aphorismes roulerait-il forcément en Mini-Morris ? C’est complètement Peugeot comme réflexion. 

 

 

Tous les moteurs d’aphorismes ne baignent pas dans l’huile de virelangue.

 

 

Connaît-on beaucoup d'auteurs d’aphorismes se prénommant Maxime ?

 

 

Il n’y pas d’emphrase chez l’auteur d’aphorismes.

 

 

Chaque soir, l’auteur d’aphorismes lit, pour l’endormir, un apophtegme à son enfant en détachant bien toutes les lettres.

 

 

Un auteur d’aphorismes célèbre : « J’ai peur que mon fils ne tombe dans l’écriture de roman. »

 

 

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Cet auteur d’aphorismes possède des fonds de tiroirs de phrases inachevées.

 

 

J’ai connu plus d’un lecteur d’aphorismes sourd aux appels de sirènes des romanciers.

 

 

Le lecteur d’aphorismes n’est pas obligé de retenir un aphorisme pour comprendre le suivant. 

 

 

J’écris raroman des aphorismes.

 

 

Contrainte oulipienne 1 : écrire un aphorisme avec tous les signes de ponctuation. 

 

Contrainte oulipienne 2: écrire un roman dune seule phrase sans sappeler Beauregard (J’aime), Emond (La danse du fumiste), Enard (Zone), Guyotat (Eden, Eden, Eden & Tombeau pour 500 000 soldats) Hrabal (Cours de danse pour adultes et élèves avancés), Sénécal (Contre Dieu), Simon (L’herbe), Sollers (Paradis)…

 

 Contrainte oulipienne 3 : écrire un seul bon aphorisme.

 

 

L’auteur d’aphorismes est-il un éjaculauteur précoce ?**

 

 

L'auteur d'aphorismes vit un enfer quand il en est réduit à écrire sur des Post-Styx.

 

 

On n’écrit pas impunément des aphorismes, on le paiera un jour d’un roman-fleuve.

 

 

Dans l’écriture d’aphorismes, il n’y a pas que des millimaîtres. *

 

 

Bref, j’ai écrit un aphorisme !

 

 

 Éric ALLARD (jusqu'à preuve du contraire)

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 * D'après une idée et un projet de Jean-Philippe Querton, éditeur de la collection des P'tits Cactus qui propose à petit prix des recueils de maîtres de l'aphorisme contemporains, qu'on retrouve également sur le net (blogosphère & Facebook) dans leur production régulière - voir ci-dessous.

La collection des P'tits Cactus (liens à copier/coller):

http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

Les momoqueurs 2014 de Jean-Philippe QUERTON:

** Dans lesquels on peut lire cet aphorisme dont j'ai dû involontairement m'inspirer après l'avoir lu:  "Les auteurs d’aphorismes sont les éjaculateurs précoces de la pensée. » (JpéQ)

http://jeanphilippequerton.e-monsite.com/pages/momoqueurs/aphorismes-2014.html

Les irréflexions d'Éric DEJAEGER:

La page Facebook de Paul GUIOT:

Edouard NICOLAS

Blog: http://fleursmusicolores.skynetblogs.be/

Page Facebook: https://www.facebook.com/Edouard44?fref=ts

La page Facebook de Jean-Louis MASSOT:

https://www.facebook.com/jeanlouis.massot?fref=ts

La page Facebook de Pierre DESAGRE:

https://www.facebook.com/pierre.desagre.3?pnref=story

La page Facebook de Jean-Philippe GOOSSENS:

https://www.facebook.com/jeanphilippe.goossens?fref=ts

La page Facebook de Massimo BORTOLINI:

https://www.facebook.com/massimo.bortolini

La page Facebook de Georges ELLIAUTOU:

https://www.facebook.com/profile.php?id=100007384306920&fref=ts

L'AUTOFICTIF d'Éric CHEVILLARD qui, sur son site, propose quotidiennement depuis 2007 trois brèves:

http://l-autofictif.over-blog.com/

Et, sur ce blog, les aphorismes de Denis BILLAMBOZ, Gaëtan FAUCER...

15/11/2014

LES AVENTURES DE MORDICUS de Paul EMOND

leuckx-photo.jpgpar Philippe LEUCKX

 

 

 

large.jpgAux inventives éditions MaelstrÖm paraissent les « Aventures de Mordicus » de l’académicien belge, dramaturge et prosateur Paul Emond (1944-).

En petites saynètes et tableaux où l’humour fait des merveilles, le romancier raconte les aventures désopilantes d’un petit personnage, construction de langage, au nez fort long, au physique peu avenant et qui, durant tout le livre, multiplie les quêtes et forcément les échecs.

Ce récit m’a fait penser aux contes de Paul André, par leur habileté langagière, leur caractère ludique et enjoué.

L’écriture tire parti de toute une série d’effets et la narration – Mordicus est le narrateur – sa logique d’un style, tissé de situations prises au pied de la lettre et d’un langage qui génère des surprises et une forme de suspense.

On retrouve là l’intérêt de l’auteur pour les jeux linguistiques et les expériences littéraires : rappelez-vous « La danse du fumiste » (constitué d’une seule phrase).

Les titres des divers épisodes qui constituent le livre donnent assez l’atmosphère déjantée d’un ouvrage, magnifiquement illustré par Maja Polackova, qui pourrait s’adresser aux amateurs de contes dits merveilleux :

Mordicus écoute Madame Tartine

Mordicus va chez la grande-duchesse

Mordicus rêve à l’avenir et danse

Le sous-titre donné par l’auteur correspond parfaitement : Histoires plaisantes et à dormir debout et le lecteur s’y retrouvera avec délectation.

Paul Emond, Les Aventures de Mordicus, 2014, 116p., 13€.

http://www.fiestival.net/menu-principal/tous-les-livres-des-fiestivals/213-les-aventures-de-mordicus-de-paul-emond.html

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15:27 Écrit par Éric Allard dans Chroniques de Philippe LEUCKX | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

13/11/2014

Un selfie du robot Philae

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Un premier selfie du robot Philae qui, à peine débarqué sur la comète67P/Churyumov-Gerasimenko, a trouvé un emploi de pompiste dans une station Total. On attend avec impatience les premières images attestant d'une forme de vie lumpertienne dans la station.

APHORISMES de Denis BILLAMBOZ

Il était heureux

Il était amoureux

Il était amourheurheu

 

 

@@@

 

 

Il travaillait en Allemagne

Il venait en France

Dépenser son argent de Boche

 

 

@@@

 

 

Les partenaires locaux

Ne sont pas forcément

Des associés lowcoast

 

 

@@@

 

 

Il avait perdu la boule

En jouant à la pétanque

Elle avait perdu une poule

En jouant avec l’abbé Tang

Ils étaient perdus dans la foule

Au bord de l’étang

 

 

@@@

 

 

Il était submergé

Il ne pouvait pas émerger

Il se contentait d’émarger

 

 

@@@

 

 

Il faisait des frasques

Dans un zoo du Pays Basque

Le gibbon de Bayonne

 

whitegibbon.jpg

 

 

Le pays était en souffrance

On lui avait administré

Des médiocres

 

 

@@@

 

 

Pour son film muet

Il avait invité Fred Astaire

Juste pour embrasser Esther

 

 

@@@

 

 

Depuis qu’elle était plus corpulente

Elle était encore plus lente

 

 

@@@

 

 

Un assassin sain

N’est pas pour autant un saint

 

 

@@@

 

 

Il achetait du pétrole

De la Mer Noire

A Bakou

Pas cher

 

 

@@@

 

 

Il était smart

Il avait un QI d’endive

Un chic con quoi !

 

 

l-endive-marrante.jpg

 

 

 

Sa bourse était dégonflée

Elle manquait d’air

Plate comme une bouse

 

 

@@@

 

 

Dans un bar échangiste étranger

La langue peut-être un barrage rédhibitoire

 

 

@@@

 

 

Il avait un coup dans l’aile

Il n’obtint rien d’elle

 

 

@@@

 

 

Le pochtron s’installa au fourneau

Cuisina une tarte aux poireaux

Un plat de potirons

Un vrai repas de poivreau

 

 

@@@

 

 

Croire la promesse d’un politicien

Confier ses économies à un banquier

C’est comme laisser une pucelle à un Cauchon

 

 

@@@

 

 

Il voulait visiter l’Ecosse

Elle aimait les Corses

Ils sont partis dans les Causses

 

@@@

 

 

Certains Canadiens

Trouve que la Dion

Elle vole bas !

 

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11:06 Écrit par Éric Allard dans Textes de Denis BILLAMBOZ | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | | |

10/11/2014

PRÉSIDENTS DE TOUS ORDRES

president-groland1.jpgLe président de l’Ordre des Chasseurs de sorcières a posé en photo, un pied sur la dépouille d’Arielle Dombasle.

 

Le président de l’Ordre des Chevaliers serpents tient la rampe.

 

Le président de l’Ordre des Professeurs de gymnastique a accepté de cesser toute activité physique pendant son mandat. Il n’a rien déclaré à propos de la reprise éventuelle de son activité psychique.

 

Le président de l’Ordre des Professeurs de mathématiques a dérivé de sa trajectoire d’homme de Lettres, le jour où il a fait une croix sur Racine et cru aux signes cartésiens.*

 

Le président de l’Ordre des Professeurs d’araméen peine toujours à se faire comprendre.

 

Le président de l’Ordre des Écrivains humoristiques n’a pas besoin d’écrire pour être drôle.


Le président de l’Ordre de l’Alphabet a fait son b.a-ba.

Le président de l’Ordre des Acteurs pornographiques de la Vie Politique accepte les pires humiliations de la population.

 

Le président de l’Ordre des Médecins serait mort d’INAMItion.

 

Le président (pressenti) de l’Ordre des Timides n’a pas osé poser sa candidature.

 

Le président de l’Ordre des Gilles orange a pris le melon.

 

Le président de l’Ordre des Retardataires n’est toujours pas arrivé !

 

Le président de l’Ordre des Grands Abstèmes n’est pas encore aviné.

 

Le président de l’Ordre des Pédophiles en culottes fourbes à a déposé une gerbe au pied du Manneken Pis.

 

Le président de l’Ordre des Créateurs de régimes amaigrissants a serré trop de minces pendant sa campagne…

 

Le président de l’Ordre des Fossoyeurs a promis de creuser la question de sa propre crémation.

 

Le président de l'Ordre des exhibitionnistes conteste avoir été président de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

La présidente de l’ordre des Épilées a dû montrer chatte blanche pour entrer au club échangiste.

 

 

Le président de l’ordre des Invertébrés a déclaré vouloir le démantèlement de l’ordre des Vertébrés.

 

Le président de l’Ordre des Chauffeurs de salles de spectacle lançait trop de pétards Pirette.

 

Le président de l’ordre des Présidents de CPAS deviendra-t-il Président du PS ?

Le président de l’Ordre des Mouvements Réformateurs Féodaux siège-t-il dans un c(h)astel ?

 

Pourquoi le président de l’Ordre des SDF refuge-t-il un toit ?

 

Le président de l’Ordre des Électeurs anonymes n’a plus voté depuis mille neuf cent quatre vins.

 

Le président de l’Ordre des Nains aphones n’a pas récolté une voix.

 

Le président de l’Ordre des Roteurs professionnels tourne à trois cents rots à la minute.

 

Le président de l’Ordre des Routiers lympha(tiques) roule en tracteur.

  

Le président de l’Ordre des Violeurs diminués possède une prothèse pénienne.

 

Le président de l’Ordre des Chauvelus , bien qu’il vienne de fusionner deux mouvements, ne crâne pas.

 

Le président de l’Ordre des Carnivores a été jeté au Lion de Waterloo par des végétaliens anti-jeux du cirque.

 

Le président de l’Ordre des Végétaliens est au centre d’un double scandale : on a découvert des coquilles d’œuf cuit dur dans sa poubelle en peau de vache.

 

Le président de l’Ordre des Amnésiques est toujours en campagne.

 

Le président de l’Ordre des Obèses a promis de désobèsir.

 

Le président de l'Ordre des Amoureux dans le pré était une vache à lait.

 

Le président de l’Ordre des Polygames contribuera aux mesures d’économie du gouvernement en se séparant de son épouse la plus ancienne.

 

Le président de l’Ordre des Hémophiles anonymes a arrêté de saigner pour montrer l’exangue.

 

Le Président de l’Ordre des Écrivains sirupeux a reçu le Prix Groseille.

Le président de l’Ordre des Écrivains qui écrivent avec leurs pieds a reçu le prix Gros Orteil.

Le président de l’Ordre des Écrivains m’as-tu-lu a reçu le Prix Gros Œil.

Le président de l’Ordre des Écrivains vampiriques a reçu le Prix Gros Ail.

 

Le président de l'Ordre des Écrivains empiriques a obtenu un Prix à l'essai. 

 

Le candidat à la présidence l’Ordre des Auteurs de pensées a été prié de passer son Dac d’abord.

 

 E.A.

pierredac.jpg

* Règle des signes de Descartes pour estimer le nombre de racines réelles positives d'un polynôme (copier/coller le lien): http://ljk.imag.fr/membres/Bernard.Ycart/mel/pf/node19.html

 

14:45 Écrit par Éric Allard dans Les seules phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

09/11/2014

L'ENTERREMENT / Paul VERLAINE & Paul GUIOT


L’enterrement

Je ne sais rien de gai comme un enterrement !

Le fossoyeur qui chante et sa pioche qui brille,
La cloche, au loin, dans l’air, lançant son svelte trille,
Le prêtre en blanc surplis, qui prie allègrement,

L’enfant de chœur avec sa voix fraîche de fille,
Et quand, au fond du trou, bien chaud, douillettement,
S’installe le cercueil, le mol éboulement
De la terre, édredon du défunt, heureux drille,

Tout cela me paraît charmant, en vérité !
Et puis, tout rondelets, sous leur frac écourté,
Les croque-morts au nez rougi par les pourboires,

Et puis les beaux discours concis, mais pleins de sens,
Et puis, cœurs élargis, fronts où flotte une gloire,
Les héritiers resplendissants !

Paul VERLAINE (1844-1996), Poèmes saturniens (1866)

Musique et interprétation de Paul GUIOT

Les photos sont de Pierre DESAGRE

PaulVerlaine_NewBioImage.jpg?itok=4x9QT5qV 

16:08 Écrit par Éric Allard dans Les beaux textes (poésie) | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

MICROBE n°86 et son MI(NI)CROBE

Le 86e numéro du Microbe est paru ! Il a été concocté par Thierry Roquet.

Au sommaire : 

1843382685.jpgÉric Allard
Hélène Dassavray
François-Xavier Farine
Cathy Garcia
Cécile Glasman
Perrin Langda
LNouille Martienne
Fabrice Marzuolo
Murièle Modély
Patrick Palaquer
Jany Pineau
Jean-Philippe Querton
Thierry Radière
Mark SaFranko
Marlène Tissot
Illustrations : Francesco Pittau

 

199638249.jpg

Les abonnés « + » ont reçu le Mi(ni)crobe 45 signé Jason Heroux : Guide pour garder les poulets en ville (bilingue anglais/français). Traduit par Eric Dejaeger

Pour tous renseignements, contacter Éric Dejaeger via son blog (copier/coller le lien): http://courttoujours.hautetfort.com/

ou Paul Guiot via sa page Facebook.

 

 

 

Le blog de Thierry ROQUET, avec de nombreux textes inédits à découvrir suivant une présentation plaisante (copier/coller le lien):

http://moritchum.blogspot.be/

15:50 Écrit par Éric Allard dans Avis de parution | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

08/11/2014

ÉNIGME SUR TOILE

88957_300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

La lecture de ces deux livres dans la même période m’a incité à choisir le thème de la peinture pour ma chronique de ce jour car je suis toujours très sensible à cet art surtout quand il est utilisé dans la littérature. Je trouve que certains, comme nos deux auteurs, savent très habilement tisser des liens entre oeuvre picturale et fiction littéraire qui se complètent souvent très heureusement. Pour une fois nous suivrons peut-être plus des peintres, Honoré Fragonard et la famille Bruegel en l’occurrence, que des écrivains mais nous n’oublierons cependant pas les deux auteurs qui les ont mis en scène.

 

le-triomphe-de-la-mort-bruegel-gf.jpgLE TRIOMPHE DE LA MORT

Patrick WEILLER ( ? - ….)

Il était joli ce livre, il a attiré mon regard, je l’ai empoigné, la une de couverture évoquait Bruegel, un peintre, en fait une famille de peintres, je l’ai feuilleté, il parlait de la peinture de l’Âge d’or de la Flandre, il avait donc beaucoup d’arguments pour me séduire, alors je l’ai choisi et je l’ai lu très vite, dès le lendemain. Je n’ai été ni déçu ni comblé. Le livre est présenté comme un polar qui se déroule dans le milieu de l’art et plus spécialement dans le milieu restreint des marchands de tableaux qui s’intéressent aux petits maîtres flamands mais l’intrigue policière se résume à très peu de choses, même pas le tiers du livre, donc ceux qui aiment les belles enquêtes avec des limiers rompus à toutes les combines pour déjouer les assassins les plus retors seront certainement déçus. Moi, je me suis consolé avec tout ce que j’ai appris sur la vaste famille Bruegel, j’en connaissais deux ou trois qui avaient magné le pinceau avec agilité mais le récit en dénombre au moins cinq qui sont présentés dans un arbre généalogique bien pratique pour comprendre le fonctionnement de cette large phratrie. J’ai aussi voyagé avec le héros dans les plus grands musées d’Europe et chez les galeristes les plus célèbres même s’ils sont purement fictifs, leurs affaires ressemblent certainement à celles des marchands d’art des grandes capitales européennes.p1030202.jpg?PHPSESSID=4fc2877335f7e3f04722e5d64da81fbd

Ainsi j’ai accompagné le héros, contacté par la police après l’assassinat d’un marchand d’art parisien bientôt suivi par le meurtre d’un autre marchand à Londres et d’un troisième à nouveau à Paris, qui remarque que ces meurtres figurent tous les trois dans un tableau attribué à un Bruegel et recopié en plusieurs exemplaires par ce même Bruegel et même par un autre membre de la famille. La police, évidemment, ne veut pas suivre l’artiste dans son hypothèse pas assez cartésienne mais le héros, marchand d’art avisé tout comme les trois victimes, a l’œil affuté, peut-être encore plus affuté que le nez des policiers chargés de l’enquête à Londres, Paris et Stockholm.

Un moment de détente agréable seulement troublé par l’usage un peu agaçant de formules toutes faites, de mots du jargon déjà beaucoup trop utilisés, d’un vocabulaire un peu trop banal pour parler d’art et surtout des maîtres flamands.

 

470-355-10256476_758295404236277_7017642108187345719_n.jpg?no_crop=1LE VERROU

Laetitia KERMEL ( ? - ….)

Elle était jeune, elle était belle, elle était riche, un peu libertine, « à vingt cinq ans, elle avait déjà tout ce qu’on peut espérer de la vie » mais il y avait quelque chose qui clochait, « elle n’aimait rien tant que la solitude et la pluie, elle qui était toujours si entourée, et sous le plus ensoleillé des ciels ». Elle avait fait de sa passion, le tatouage, un métier, un art qui lui valait une réputation flatteuse. Mais elle restait en suspens entre mélancolie et euphorie, elle avait parfois l’impression d’être affectée de schizophrénie, elle ressentait toujours l’absence de sa famille, anéantie dans une catastrophe aérienne, malgré la bienveillance et l’amour complice de sa grand-mère qui l’avait recueillie et partageait toujours sa vie dans une grande maison des environs d’Aix-en-Provence.

Un jour, une rencontre avec un homme encore séduisant transforme radicalement cette vie hésitant entre solitude et frénésie en l’entraînant dans une folle cavale parsemée de cadavres de plus en plus horribles. L’inconnu lui demande de lui tatouer le dos, un dos qui a été sévèrement marqué par le fouet, la jeune fille voit dans les stigmates de la flagellation des lignes qui lui rappellent une œuvre de d’Honoré Fragonard dont elle possède une gravure, « Le verrou ». Elle décide alors d’orner à jamais le dos de cet homme d’une copie de cette œuvre mais ce projet n’aboutira jamais, sa maison est incendiée et sa grand-mère se consume dans le brasier. Elle comprend vite qu’il ne s’agit pas d’un accident mais d’un meurtre lié vraisemblablement à la gravure qu’elle voulait tatouer. Elle fuit alors vers Paris mais les cadavres jonchent son parcours et ses poursuivants la cernent de plus en plus près. Elle comprend avec l’aide de son ami Berlinois qu’elle a pêché dans une boîte branchée de la capitale allemande, que la solution de cette aventure se trouve sur le tableau lui-même et dans l’histoire de ce tableau.

Avec cet opus, Laetitia Kermel livre un polar historique haletant, l’intrigue qui implique aussi bien Louis XV et la du Barry que Fragonard et Choiseul et que les milieux libertins de l’époque, est tout à fait crédible. La culture générale de l’auteure est assez complète pour retenir les lecteurs férus d’histoire et de peinture mais aussi ceux qui se délectent dans le dénouement des conjurations les plus inextricables. J’ajouterai que ce livre montre bien que l’histoire se construit aussi avec des personnages qui n’en avaient parfois pas plus l’ambition que la vocation et qu’elle peut s’écrire de différentes façons.

Un bon moment de lecture sur la plage ou à l’ombre d’un arbre bien feuillu pour meubler quelques heures de vacances tout en étoffant sa culture générale.

 

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11:41 Écrit par Éric Allard dans Chroniques de Denis BILLAMBOZ | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

05/11/2014

L'ASPIRATEUR DE MES RÊVES

767707_9.jpgMon vieil aspirateur résistait. Il était d’avant l’époque de l’obsolescence programmée. Alors, je le maltraitais, je lui faisais subir les pires outrages dans l’espoir qu’il passât de vie bruyante à trépas silencieux, qu’il me fichât la paix et me permît d’acheter le Dyson cinetic de mes rêves.

Comme mon vœu ne se réalisait pas, j’allai un jour d’automne le remiser au fond du jardin près de la cabane aux outils, une longue affection m’empêchant d’aller le conduire au parc à conteneurs. (Je n’imaginais pas le moment de la séparation, à moins de l’avoir préparée pendant des heures avec mon psy.)

Cela faisait trois jours que je m’en étais éloigné quand j’appris, un matin très tôt, à la radio, que toute ma région voire davantage avait disparu de Google Earth, sans qu’on en connût la cause exacte, un des effets sans doute du réchauffement climatique, déclara le speaker avant de se réjouir du temps exceptionnel qu’il faisait pour la saison. Une catastrophe sans précédent.

Je n’avais rien entendu, rien remarqué pendant mon sommeil profond! Je regardai dehors pour constater le désert environnant, l’absence de tout repère habituel.

Pris d’un pressentiment, j’avisai mon aspirateur au bord du cratère. Son sac était énorme, et c’était  peu dire. Je me dis que cela prendrait du temps pour tout ressortir et tout remettre en lieu et place. Et mon psy qui ne répondait pas au téléphone, sans doute aussi soufflé que moi par la nouvelle.

11:58 Écrit par Éric Allard dans Des vies minées de songes | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | |

01/11/2014

RELIRE CARCO - LES INNOCENTS

leuckx-photo.jpgpar Philippe LEUCKX 

 

 

 

carco-innocents.jpgDu poète de « Mortefontaine », du romancier populiste et poétique de « Jésus la Caille » ou de l’extraordinaire « L’homme traqué », qui, dès 1922, annonce l’existentialisme, on croit connaître tous les atouts. Voici quelqu’un qui prend plaisir à parler de Paris, de ses Apaches, du petit monde des banlieues, qui décrit avec beaucoup de gouaille et d’à-propos le monde des bars, des fameux zincs où se dessinent les projets interlopes.

Le poète romancier, admiré par Aragon (son fameux poème du lendemain de la mort de Carco, en mai 1958), réussit, sans lourdeur, à évoquer la vie des petites gens dans ce roman de 1916, « Les innocents ».220px-Francis_Carco_Meurisse_c_1923.jpg

On retrouve là tous les ingrédients d’un univers, certes bien oublié, celui des petites frappes, des bandes de voyous des années 10 et 20, les trafics obscurs de personnages encore plus obscurs.

Milord, Melle Savonnette et quelques autres s’appliquent à vivre, mal, petitement. Ils se croisent, se séparent et ne s’oublient pas. Certains restent en province, d’autres s’enferrent dans un Paris brumeux.

Le roman résonne des passions mal contenues, dérisoirement maîtrisées et l’humanisme de Carco colore la grisaille des lieux et de l’intrigue. En descriptions fidèles à un naturalisme zolien, le romancier de « Brumes » et de  « L’homme de minuit » conte les vies toutes simples et la prégnance (dans le droit fil de « L’homme traqué ») des souvenirs impérissables. Il faut coûte que coûte que Milord, ce jeune gars de vingt ans, retrouve cet amour perdu, quitte à rompre toutes les amarres parisiennes.

La modernité de l’écriture, très vive, empreinte de l’argot du milieu, donne à ce roman d’atmosphère la valeur documentaire des premiers films qui traçaient de la « Zone » un portrait très réaliste (ceux de Georges Lacombe, par exemple).

A redécouvrir donc, comme d’autres livres de leur auteur (« L’Equipe », parmi une vingtaine).

16:50 Écrit par Éric Allard dans Chroniques de Philippe LEUCKX | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

31/10/2014

RIVAGES INTIMES de Thierry RADIÈRE & Marc DECROS (éd. Jacques Flament)

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Traité de savoir-écrire à l'usage de ceux qui doutent

Les textes de ce livre parlent d’écriture en train de se faire, d’une communication tissée entre deux êtres qui s’aiment et se servent des mots comme de caresses. (« Mots après mots, nous nous caressons. »)

On n’évite rarement, entre amis, entre amants, cette jalousie qui porte sur les productions artistiques, ce déni face, en l’occurrence, à l’écrit d’autrui qui traduit une part de son invisibilité. Il n’est pas question de ça ici.

« J’ignorais, avant que cela ne m’arrive, que l’on puisse être autant attaché au manuscrit de la femme que l’on aime. »

Et de donner une possible explication à ce sentiment:

« Je crois qu’il était lié au plaisir de lire enfin la prose de tes gestes et paroles. »

 

Le premier texte qui naît, qui lève sous nos yeux, à la faveur d’un printemps, est dirigé vers l’autre, dans une attention de tout instant à autrui qui aboutira, plus tard dans l’année, au texte voulu, rêvé, comme fabriqué ensemble, tel un enfant de papier.

« Il faut que tu écrives toi aussi un livre sur tout ce que tu me dis… » 

Double mouvement de l’écriture qui protège (« en écrivant on se sent moins piétiné ») et fragilise quand  « on sait que l’on va être lu ». Mais on écrit pour « faire de ses émotions des totems à toute épreuve. », pour se rendre moins vulnérable.Même si la partie n’est jamais finie, toujours à recommencer...


Phrase après phrase, un premier texte avance (« À petits pas, nous avançons »), en soutien de la progression de l’autre, comme si la réussite totale ne pouvait être que mutuelle, conjointe. 

« J’essaie de te redonner du courage en m’emboîtant dans ton désespoir. »

Il faut plusieurs fois tomber à deux pour arriver à bon port dans une embarcation commune.

 

Radi%C3%A8re-Thierry-e1406018153430.jpgTraité de savoir-écrire à l’usage de ceux qui doutent, de ceux qui luttent contre le doute, ce livre peut se lire comme un poème en prose, un journal d’écriture, un art poétique.

Le narrateur incite sa compagne à ne pas se poser la question du style, « cette obsession bien française » qui peut rebuter le débutant, mais à poursuivre dans sa voie avec le seul but de l’honnêteté en point de mire.

Ce livre au format carré fait se répondre sur des doubles pages texte et image. Des angles droits pour fixer le cadre où vont se rejoindre dans l’espace du texte mouvements intérieurs et agressions extérieures. Thierry Radière écrit de longues phrases qu’on imagine soumises au tumulte du monde. Elles vont jusqu’au bout de leur respiration contre vents et matières.

 

J’ai fait l’expérience. Après lecture linéaire de l’ouvrage, je suis revenu picorer phrases (à gauche) et image (à droite). Les possibilités de combinaison et de réflexion sont infinies. Ils sont rares, les ouvrages de ce genre, à ménager de tels parcours entre rigueur et escapade.

Les photos, parlons-en, en noir et blanc de rivages prises sur Decros-Marc.jpgdifférentes côtes européennes par Marc Decros sont magnifiques. Elles font, mais subtilement, écho au texte en regard. Mais qu’on les voie avant, pendant ou après la lecture des textes, elles les creusent dans le sens de la rêverie. Elles présentent souvent, dans une nature sauvage, un élément signalant un passage ou une présence vivante, mais non identifiable. Le photographe n’attente pas à l’intimité des personnes qu’il photographie. Comme si les images nous rappelaient, ce qui n’est jamais absent du récit qu’on est en train de lire, à la permanence des choses de la nature dont se nourrit le couple d’écrivains à l’œuvre.

 

« Ecrire, et tu le sens déjà, c’est se rapprocher d’autrui dans une autre dimension que celle où vivre ne suffit pas. »

C’est en ces termes que s'achève ce recueil singulier au titre convenant parfaitement aux deux formes d’expression rassemblées ici, pour un voyage intérieur qui emporte le lecteur dans son périple d’images et de phrases.

Vers la fin, le narrateur note à l’intention de sa compagne: « Tu as écrit un texte atypique et c’est dans ce genre que tu excelles. »

Et on pense que ce qu’on vient de lire, comme les autres écrits de Thierry Radière, est justement cela : atypique. Sans référence aux influences subies, forcément nombreuses, tellement l’auteur a malaxé la langue avec son intérieur pour produire une matière unique. Celle qui fait la marque des écrivains honnêtes au style propre.

Éric Allard

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Thierry Radière sur la page des éditions Jacques Flament (copier/coller le lien):

http://www.jacquesflamenteditions.com/thierry-radiere/

11:56 Écrit par Éric Allard dans Lu et approuvé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

29/10/2014

L'ENFER DE L'APHORISME

enfer-1.jpgMa femme a menacé de me quitter si je n’arrêtais pas d’écrire des aphorismes. Sa vie, notre vie était, selon ses propres dires, devenue un enfer. Je lisais des aphorismes à mes enfants pour les endormir. J’en lisais à mon pharmacien, ma boulangère, à mon coiffeur, au facteur, à mes collègues de travail qui en étaient venus à m’éviter.

À la maison, à tout moment, je me ruais dans mon bureau pour noter une idée en cherchant mes Post-Styx, mon carnet noir. Je déconstruisais chaque vocable, chaque propos lu ou entendu. J’avais la tête pleine de mots en attente d’être accouplés, insérés dans une formule verbale dans le but d’un effet plaisant, surprenant, inédit. Je ne dormais plus.

Quand ma femme a décidé de partir avec un jeune romancier vu dans un jeu de télé-réalité littéraire, j’ai promis d’arrêter, je me suis mis à l’écriture d’un roman, péniblement, longuement... Au bout d’un an, j’avais écrit une nouvelle de deux pages et, dans les marges, au moins deux mille pensées.

Elle a mis sa menace à exécution. Depuis, elle vit avec son romancier qui lit à mes enfants ses écrits. Du coup, mes gosses mettent une éternité à s’endormir. Au matin, ils ont la tête pleine d’histoires...

Je fréquente d’autres anciens auteurs d’aphorismes dans le même état pitoyable réunis dans un collectif. On se raconte nos manques, nos victoires sur le manque. Je revois ma femme depuis peu qui en a marre du roman et m’a avoué que parfois, très raroman, presque jamais, parfois, elle se remémore avec tendresse un de mes aphorismes…

27/10/2014

L'AMOUR DES LIVRES ET LE GOÛT DE MA LISEUSE

Le Premier Prix d’Automne de la littérature-entre-deux-portes sera remis un matin de novembre sur un Seuil venteux, dans un tourbillon de Lettres Mortes.

 

 

On songe éternuement à m’attribuer le Prix Gros Poivre.

 

 

Il se tousse que certains jurés du Prix Craché seraient tuberculeux. 

 

 

Il n’y pas d’exemple de Prix de l’Evasion remis à un poète détenu. 

 

 

Le Prix Dimanche est-il remis en semaine?

 

 

Les jurés du Prix du Meilleur 100ème roman ont peu de livres à lire. 

 

 

Lors des grands deuils littéraires, j’observe toujours une minute de science. 

  

 

Régulièrement cet homme recouvre de ses textes le corps d’une femme avant de le découper en morceaux et de l’envoyer à différents éditeurs de polar. 

 

 

Cet écrivain couru, en vacances d’hiver, écrivait en skiant des phrases bien calligraphiées qu’on pouvait lire des cabines téléphériques remplies d’éditeurs armés d’appareils photographiques à zoom puissant.

 

 

J’ai rêvé d’un écrivain en place qui accepterait en première partie de ses livres des nouvelles de jeunes auteurs et qui, en cas de prix, partagerait avec lui. (Littérature fiction) 

 

 

En parcourant la Foire du livre en tous sens, je ne retrouvai jamais le sens de la lecture.

 

 

 Je retrouve le goût de la lecture quand j’ai bien léché la peau d’écran de ma liseuse.

 

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Tu t’es vu(e) quand t’as lu ! 

 

 

 

J’aime mon libraire avec ses qualités et ses dépôts.

 

 

Mon éditeur aime ma femme plus que mon livre et j’aime mon éditeur plus que ma femme… 

 

 

Quand la maîtresse de l’éditeur est la femme de l’écrivain qui porte la maison, il y a péril en la demeure.

 

 

Ma muse me trompe avec le facteur qui lui apporte ses lettres.

 

 

Pour  faire publier  mon œuvre dramatique, j’ai demandé une aide à l’écriture d’une seule pièce. 

 

 

Le Fonds des Lettres est troué, il laisse échapper les écrivains subsidiés. 

 

 

Les vraies poétesses ne prennent jamais la prose.

 

 

Certains écrivains passent à la postérité sans se soucier du feu vert de l’Académie. 

 

 

Du seul livre publié par un écrivain, doit-on parler d’aubuscule ou de crépuscopuscule?

 

 

Les vers ne sont pas des phrases toutes blettes.

 

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Mon pharmacien est devenu éditeur, il publiera des recueils d’ordonnances. Mon boulanger continuera d’écrire sur la croûte du pain ses aphorismes enfarinés. 

 

 

Certains  auteurs de brûlots ne devraient pas s’étonner d’être descendus au lance-flammes par la critique.

 

 

Un préfacier qui accepte d’écrire une postface plutôt qu’un avant-propos se déconsidère-t-il ?

 

 

C'est le propre de l'écrivain bidon de faire beaucoup de bruit. 

 

 

Et dire que si Tzara avait autrement ouvert son dictionnaire, on parlerait de cacaïsme ou de babaïsme, mouvements qui, soit dit en passant, ont été inventés depuis. 

 

 

On fait tout un fromage avec les films de Jean-Luc Gouda.

Alain Tomme-Grillet a bien tourné L’Edam et après

 

 

Cet écrivain torche à la vitesse de la lumière ses romans étoiles filantes.

 

 

L’écrivain qui prend la mouche de l’édition papier pousse son éditeur dans la toile. 

 

 

Les rats de bibliothèque ont-ils peur des chats pitres?

 

 

L’écrivaine qui prend la bouche de son éditeur est assurée d’un livre-baiser.

 

 

La compagnie des livres l’excitait. Plus il y avait de livres, plus il bandait. À coup sûr, son passage dans une bibliothèque ou une librairie se soldait par une éjaculation féroce.

 

 

Cet auteur marron ne publie que ses chutes de feuilles. 

 

 

Cette Ministre de la culture avait fait intituler avec humour son site de Promotion des Lettres : jehaislesécrivainsvivants.com en pastichant le titre de livre d’un écrivain bien vivant. Ce fut diversement apprécié.

 E.A.

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26/10/2014

QUAND MÈRE LUT + ROUGEUR DU SOIR, par Denis BILLAMBOZ

Quand mère lut

  

Quand mère lut

Que « Mona lisait »

Le marchand livrait

Tous les livres

En bonne lectrice

Elle acheta une lettre triste

Comme le Bateau ivre

Une lettre qu’on délivre

Sous l’emprise du délire

A ceux qui n’aiment pas lire

A ceux qui ne lisent

Que des sottises

Leur carte d’électrice

Ou leur facture d’électricité

 

Elle adressa cette lettre

Avec une odelette

A son amie Odette

Qui ne lisait que des recettes

 

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Rougeur du soir

 

C’était un soir

Accoudée au comptoir

Elle buvait un petit noir

Son regard noir

Disant ses déboires

 

Son désespoir

Faisait peine à voir

Je l’invitai à s’asseoir

Pour avec moi boire

A un nouvel espoir

 

Rouge prête à choir

Elle osa me croire

Elle était en mon pouvoir

 

Rougeur du soir

Espoir !

 

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11:01 Écrit par Éric Allard dans Textes de Denis BILLAMBOZ | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | |

25/10/2014

LES OUBLIÉS

88957_300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

À l’occasion de la sortie du livre de Georges Magnane et de la relecture du recueil de nouvelles de Louis Pergaud, j’ai eu envie de mettre à l’honneur tous ces grands écrivains qui ont participé eux aussi à la construction du patrimoine littéraire français et qui sont désormais enfouis dans les oubliettes de l’histoire. Et pourtant, du talent ils en avaient beaucoup plus que certains qui vendent aujourd’hui des montagnes de livres, n’oublions pas que le recueil que je présente ci-dessous valu le Goncourt à Pergaud en 1910 et que Georges Magnane a été lui aussi sélectionné pour ce prix dans les années quarante quand les critères de sélection n’étaient dictés que par la qualité littéraire des textes.

 

9782253163701-T.jpgDe GOUPIL A MARGOT

Louis PERGAUD (1882 – 1915)

J’ai exhumé ce recueil de nouvelles animalières, ce petit bestiaire, des rayons d’une étagère où il dormait depuis de longues années, j’aime lire la prose de Pergaud et comme il fait partie de la longue liste des écrivains fauchés par l’imbécile boucherie de la Grande Guerre, je voulais, en cette année commémorative, le remettre un peu à l’honneur car il est tombé dans les oubliettes de l’histoire littéraire depuis un bon nombre d’années malgré l’acharnement que certains réalisateurs mettent à massacrer périodiquement ses Gibus et autres garnements.220px-Louis_Pergaud.jpg

Si Hugo nous a fait l’honneur de naître à Besançon et Colette d’y écrire quelques ouvrages, Pergaud est le véritable écrivain comtois de référence, avec ce recueil il a obtenu le Prix Goncourt 1910. Il doit être bien rare que ce prix honore un recueil de nouvelles. Dans celles-ci, l’auteur met en scène les petits animaux de la campagne, ceux qui sont rarement mis à l’honneur dans la littérature, excepté l’incontournable renard, taupe, fouine, écureuil, lièvre, grenouille… les représentants de la faune des plus faibles, ceux qui sont à la merci de nombreux prédateurs. Dans un langage riche, nourri de mots qui a l’époque étaient aussi rares qu’aujourd’hui et de vocables aujourd’hui disparus ou presque, il dépeint le petit monde de la forêt et des taillis qu’il a bien connu quand il était enfant dans un petit village du Haut-Doubs. Il décrit sans complaisance, mais sans concession non plus, la violence de la vie dans la nature, la suprématie inéluctable du fort sur le faible. Il n’y a ni morale, ni sentiment, dans ces récits, il n’y a que l’incontournable loi de la prédation qui régit le monde animal depuis l’origine du monde. Seul l’homme perturbe cet équilibre millénaire en introduisant dans ce monde bien hiérarchisé la cruauté qui semble être sa caractéristique principale.

Quand il a écrit ses lignes, Louis Pergaud ne se doutait pas qu’il serait un jour un de ces petits êtres sans défense à la merci de la cruauté humaine, pris au piège comme Margot, Goupil, Fuseline ou Rana, victime innocente de l’imbécillité humaine.

 

9782842637996.jpgLES HOMMES FORTS

Georges MAGNANE (1909 – 1985)

Belle idée qu’a eue Le Dilettante de réveiller cet auteur profondément endormi dans le cimetière des écrivains oubliés, aujourd’hui, tout le monde ou presque ignore qui était Georges Magnane, un homme de lettres prolifique, un traducteur de romanciers anglophones, un sportif accompli et éclectique, un chercheur au CNRS, un ami des grands intellectuels de son époque. Il a notamment écrit ce roman publié pendant les jours les plus sombres de l’occupation, en 1942, qui raconte la vie parallèle de deux amis qui ont un profil assez semblable au sien : brillant athlète et fin lettré.

Le narrateur qui pourrait-être l’auteur tant il lui ressemble, rencontre au cours des joutes sportives scolaires un rival brillant, fort et beau comme un dieu grec, qui lui fait de l’ombre mais qui finit par devenir son ami. La vie les sépare, la vie les rapproche, chaque fois les retrouvailles se font dans la joie mais cette joie s’altère un peu plus à chaque rencontre depuis que son ami vit avec une jeune et belle femme qui ne laisse pas le narrateur indifférent. Un jour, alors que le huit était en passe de remporter un important championnat national d’aviron, le bel athlète craque et fait perdre son embarcation. Depuis ce jour, à chaque nouvelle rencontre, les deux hommes s’éloignent inéluctablement l’un de l’autre, le narrateur ressentant avec de plus en plus de gêne les signes de faiblesse de son ami qui confinent progressivement à de la lâcheté.AVT_Georges-Magnane_1442.jpeg

Ce récit est un grand roman d’amour impossible, le narrateur ne peut décemment pas courtiser la belle qui le fait fondre car il ne veut pas trahir son ami et, quand la belle comprend que son mari n’est qu’un lâche qui la trompe sans vergogne, il ne peut pas se résoudre à n’être que la roue de secours de celui qu’il a tellement admiré avant de le décevoir à tout jamais. Un roman d’amour sous fond de pratique sportive, une vraie ode aux valeurs sportives à la mode à l’époque où l’hébertisme recommandait de fabriquer des hommes forts, utiles à la patrie. Georges Magnane était lui-même un sportif accompli et le regrettera en mourant dans la douleur d’un corps peut-être trop sollicité. On pourrait aussi se demander quel serait le regard de cet auteur qui a commis un ouvrage de référence sur la sociologie du sport, devant le spectacle offert aujourd’hui par les sportifs professionnels. Lui qui dresse le portrait du sportif humble pratiquant le sport pour le plaisir et la compétition saine en opposition à celui du champion infatué, imbu de sa personne et convaincu de sa prétendue supériorité.

Pour publier en 1942, on se doute bien que l’auteur a dû slalomer entre les chicanes de la censure, il évite donc toutes les questions qui pourraient donner prétexte aux autorités pour rejeter son texte ou même pour lui chercher quelques noises. Toutefois, j’aurais tendance à croire que l’ami couard est un peu à l’image de tous ceux qui se sont couchés devant l’occupant, allant même jusqu’à l’accepter servilement. Quercy, le lâche, pourrait ainsi être la parabole du collabo trouillard caché sous le masque d’un flambeur courtisant les jeunes femmes.

12:12 Écrit par Éric Allard dans Chroniques de Denis BILLAMBOZ | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

23/10/2014

EMILY HOYOS se fait attacher sur les rails pour arrêter un train

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Il était 17 h 32 ce jeudi 23 octobre quand le train Bruxelles-Anvers démarra de la Gare du Nord avec des passagers heureux de rentrer chez eux à l'heure, pour la première fois depuis vingt-sept ans.

C'était sans compter sur la dernière action des Écolos venus sensibiliser les usagers aux économies qui vont toucher la SNCB. La coprésidente était ligotée sur les rails et bloqua la voie pendant une heure et cinquante-deux minutes.

Olivier Deleuze, qui s'était occupé d'attacher sa collègue, demeurait introuvable et les liens résistaient aux pinces coupantes. Les policiers en grève ne voulaient pas intervenir et des heurts survinrent entre passagers pro-Hoyos et passagers pro-mpts à lui rouler dessus.

Finalement, Olivier Deleuze, contacté par GSM, consentit à libérer la captive si on l'assurait du poste de bourgmestre à vie de Watermael-Boitsfort, ce qui lui fut accordé, étant donné la situation qui empirait, par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon qui, en uniforme d'officier nazi, s'apprêtait à rejoindre le souper de l’Amicale des Anciens Kapos de Breendonck.

Bart de Wever, interrogé dans la soirée sur cet incident, reparla de "foutaises francophones".    

22/10/2014

LIVRE COMME L'AIR

livre-banc.jpgC’est un promeneur de livres. Cela fait des années qu’il ne lit plus. Mais il continue d’acheter des bouquins, d'en emprunter en bibliothèque pour les balader. Il ne supporte pas de voir des livres prisonniers d’une étagère, serrés comme des boîtes de conserve, en proie à des quantités d’acariens sans scrupule et sans culture. Quand les trois semaines réglementaires de prêt sont écoulées, plutôt que de les ramener, il préfère les brûler puis disperser leurs cendres...

Il a fait l’acquisition d’une vieille poussette qui lui permet de charger quelques dizaines d’ouvrages. Au parc, il les étale sur un banc, il les ouvre, les feuillette, leur donne de la lumière. Le vent caresse leurs pages...

À la maison, il n’a plus de place pour personne tant il y a de livres. Des voisins étonnés de ne plus voir sa parentèle ont fini par avertir la police qui a dressé le constat suivant : il avait fait disparaître les membres de sa famille qui n’avaient plus supporté sa passion.

En prison, il s’occupe des livres, c’est le bibliothécaire des lieux. Plusieurs fois par jour, aux heures de préau, on le voit pousser sa vieille poussette (qu'on lui a autorisé d’introduire dans l’établissement). Les détenus l’encouragent de leurs cris quand il passe sous la fenêtre de leurs cellules. Il ne tourne pas la tête vers eux, il ne pense qu’aux livres, au bien qu’il leur procure.

20/10/2014

CINQ HISTOIRES-BULLES

Les rêves prémonitoires

Chaque nuit, il rêvait de ce qui se passerait dans la journée suivante. 

Une nuit, il rêva de rien. 

Mais il ne réussit jamais à se réveiller. 

 

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Le bruit de l’eau

J’aime le bruit de l’eau qui fuit.

Mais j’aime davantage le bruit de l’eau que je torture entre mes doigts pour tentative d’évasion. 

 

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La bulle

A quatre-vingt-six ans, cet homme découvrit, en prenant un comprimé effervescent, que ce qu’il aimait boire, ce n’était pas de l’eau pétillante mais de l’eau légèrement pétillante. Heureux comme un égaré qui dans le désert a trouvé une source, il vécut les derniers mois de sa vie comme dans une bulle.

 

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Le départ

Pour retenir son homme, cette femme redessinait les pièces de leur logement à coups de cloisons, repeignait les murs, changeait les installations sanitaire et électrique.

Mais au fond d’elle, elle savait que son homme partirait.

Elle nettoyait, elle récurait, elle faisait polir de la cave au grenier.
Elle corrigeait la décoration du salon du sol au plafond.

Elle ornait les murs de tableaux, de posters, de tapisseries.
Mais elle savait que son homme partirait….

Elle fit aménager une bibliothèque neuve,  un salon de musique, elle déposa un repose-pied devant la télévision, un repose-plat devant l’ordinateur.

Mais elle savait que son homme partirait...

Elle acheta un nouveau lit avec une literie bleue, sa couleur préférée, des peluches en forme de panthère, son animal préféré, et un oreiller ergonomique à ses initiales.

Pendant trente ans elle avait fait toutes les transformations possibles en se fiant à son intuition d'épouse, de femme d'intérieur. 

En sachant qu'un jour son homme partirait avec la maison.

 

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L'infini

Ce jour-là, au comble du bonheur, cette femme afficha un grand, un immense, un infini sourire. Dont, il faut bien dire, on ne vit jamais la fin. 

 

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19/10/2014

PENSÉES COMPOSÉES de Gaëtan FAUCER

Les fossoyeurs sont des techniciens de profondeur.

 

 

Mieux vaut un bon demi qu’un demi bon.

 

 

On ne se souvient pas de son avenir.

 

 

Au musée de la chaise, il n’y avait plus une place pour s’asseoir.

 

 

Notre planète terre est aussi notre planète mère…

 

 

Oser le roser dosé !

 

 

Elle fait des bêtises…la reine des connes.

 

 

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Je préfère l’indifférence à la pitié.

 

 

L’achat n’est pas la femelle du chat.

 

 

Rose est là ?

 

 

La pendule n’est pas la femme du pendu.

 

 

Tous les maux ne s’écrivent pas.

 

 

Mozart a eu très tôt de bonnes notes.

 

 

Il y a souvent un truc qui cloche dans les églises…

 

 

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Le ceinturon est rarement carré.

 

 

C’est bien de jeter un pavé dans la mare…tant qu’on ne vise pas un canard !

 

 

La gastronomie, c’est l’étude de l’univers culinaire.

 

 

Les petites coupures provoquent parfois de grands saignements.

 

 

Le chien est le meilleur ami de l’homme… et l’homme, qui l’aime ?

 

 

Soupe et vin.

 

 

La planète des songes.

 

 

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«La roue tourne.», disait le bourreau à Cartouche.

 

 

Après le nettoyage à sec, il y a les banques à sec.

 

 

Nous les hommes savon pas assez…

 

 

Les pompes à eau ne sont pas toujours des chaussures aquatiques.

 

 

Après avoir écrit le Banquet, Platon eut une indigestion.

 

 

Je préfère le bas tissé…au baptisé.

 

 

Je crois, je crois, je crois…après on s’étonne qu’il termine sur une croix !

 

 

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Vierge Marie…au moins, on connaissait son signe astrologique.

 

 

«La profession de foi.»…Je ne connais pas ce métier.

 

 

La télé est l’autel de la pensée unique.

 

 

Je rêve de voir un arc en ciel gris.

 

 

L’univers est si vaste que même Dieu s’y perd.

 

 

L’actrice narcissique à son réalisateur : «Film et moi.»

 

Mozart prenait pas mal de notes.

 

 

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 Gaëtan FAUCER est dramaturge, poète et nouvelliste. C'est surtout le théâtre qui l'inspire sous toutes ses formes. Plusieurs de ses pièces ont été jouées dans divers lieux théâtraux de Bruxelles.

Sa pièce, Sous le pont, dans une mise en scène d'Amandine Carlier sera jouée à la Péniche Fulmar du jeudi 11 au samedi 13 décembre 2014.

Sa page sur le site de l'AREAW (copier/copier le lien):

http://areaw.org/gaetan-faucer/

11:17 Écrit par Éric Allard dans Auteurs invités | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | |

18/10/2014

DERNIÈRES LECTURES

leuckx-photo.jpgpar Philippe LEUCKX

 

 

 

23022_1277968.jpeg"LE COEUR QUI COGNE" d’Yves NAVARRE (Flammarion, 1974)

Qui parle encore de cet écrivain des années 80, fêté par un Goncourt (« Le jardin d’acclimatation ») et aujourd’hui sérieusement oublié ?Doc-E1-.jpg

Dommage car il y a dans ses romans la vertu de la franchise et l’atout des analyses sociétales. Ici, la bourgeoisie est dépecée, ouverte à vif, au sein d’une famille qui se déglingue tout doucement, dans le jeu des envies, des jalousies, des héritages.

On admire les portraits et « le cœur » cogne vraiment : pourquoi tant de détresse au lieu de la tendresse ?

*

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"TEMPÊTE" de Jean-Marie Gustave LE CLEZIO (Gallimard, 2014) réunit deux clezio_postcard.jpgnouvelles où les femmes sont mises à l’honneur. Ces « femmes de la mer » du Japon qui sont des pêcheuses d’ormeaux et qui plongent, depuis toujours, pour vivre. Les hommes, venus de loin, débouchent sur cet univers, avec les lourdeurs de leur sexe et les inquiétudes inhérentes aux personnages de l’auteur nobélisé.

La description de la nature et des rapports humains, d’une vérité criante, nous plonge dans l’intimité de ces personnages de chair et d’âme.

*

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« ELÉCTRICO W» d’Hervé LE TELLIER (J.C. Lattès, 2011) est l’un de ces romans où Lisbonne éblouit, avec ses personnages en quête du passé et de l’amour. Deux amis, Vincent et Antonio, arpentent le Bairro Alto et d’autres rues de la Baixa, éclusent des sangres, en recherche de confidence. L’enquête est autant psychologique que policière, et nous suivons avec intérêt les déambulations des deux personnages dans cette ville devenue mythique, à force de port, de collines et d’électrico de l’enfance.

14:49 Écrit par Éric Allard dans Chroniques de Philippe LEUCKX | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | |

15/10/2014

MARTIAL SAL de LUTGEN-LA-NEUVE N’A JAMAIS ÉCRIT DE SA VIE !

auclairdelalune.gifMartial Sal, 37 ans, n’écrit pas, il n’a jamais écrit de sa vie. Nous l’avons rencontré chez lui.

 - Nous sommes à Lutgen-la-Neuve en compagnie de Martial ce 15 octobre 2029 dans la périphérie nord de la ville en pleine canicule automnale.

Martial Sal, c’est un pseudonyme, je présume. 

 - Tout à fait. Je ne tiens pas à décliner ma véritable identité, c’est trop difficile à assumer au quotidien.

 - On vous comprend. Depuis quand n’écrivez-vous plus? 

- Je n’ai jamais écrit !

- Jamais ? Pas même une publication ?

-   Aucune ! Pas le moindre aphorisme, le moindre haïku.

-  Nous ne pensions pas que c’était si grave. Votre cas n’en est que plus intéressant. Vous êtes suivi?

- Oui, médicalement et psychologiquement depuis qu’on s’est aperçu que je n’écrirais jamais.

-   Une épreuve pour vos parents? 

-    Oui, terrible. Maman est rentrée au couvent quand elle l’a appris, la veille de la parution de son cent quarante-troisième ouvrage.

- Et votre père?

- Papa avait écrit le premier tome de son autobiographie qui s’arrête à l’âge de ses quinze ans. Il n'a plus pu continuer, il n'imaginait pas relater ma naissance, le traumatisme de mon anomalie... Et il n'était pas doué pour la fiction, ou l'affliction, si vous voulez. Puis il n’a plus écrit que des préfaces : deux mille trois cent quarante-huit. Et une postface malheureuse. De son propre aveu, il n’était pas fait pour l’écriture de postface. De plus, il a tenu à ce que les titres des ouvrages préfacés figurent tous sur sa pierre tombale. Je ne vous dis pas le nombre de pierres tombales qu’il a fallu graver. Toute une allée.

- Des frères et des sœurs?

- Oui, tous poursuivent une brillante carrière littéraire commencée très jeune par des romans bébé. Un d'eux est pressenti pour le Nobelge. Ils ne veulent plus me voir.

- On les comprend. Bien que vos parents n'étaient déjà plus une exception durant votre enfance, ne pensez-vous pas que le fait qu'ils écrivaient a pu vous éloigner de l’Écriture, de l’Art en général ?

- Non, c’est congénital. Une grave maladie. La plupart des cas diagnostiqués dans le monde ont pu être soigné par des Résidences d’écriture au Grand Temple de la Poésie de Mandchourie ou sur la Côte Littérale Sud de Madagascar, des séances d’Atelier d’écriture intensifs avec les animateurs les plus réputés de la planète. J’ai reçu des éditeurs du monde entier qui m’offraient des ponts d’or. J’ai même été en Résidence d’écriture sur la Lune…

- Et? 

-  Même au clair de la Terre, pas le moindre mot au bout de ma plume.

Pour tous nos lecteurs écrivains, pouvez-vous nous raconter la journée-type d’un non écrivain ?

- Je me lève tous les jours à six heures. Je me douche à l’eau Google. Je prends mes deux cafés Clooneysso avec un toast à la gelée d’insectes. Je glisse dans mon bureau où, de 7 heures à 12 heures exactement, je n’écris pas. Les bons jours, après ma sieste, je recommence à ne pas écrire de 15 h à 17 heures. Et parfois, le soir, je n’écris pas aussi.

- Fabuleux!

- Et, de plus, vous n’êtes ni peintre, ni musicien, ni comédien ?

- Non, rien de tout cela. Je n’en tire aucune fierté. C’est ainsi.

- Certains ont pensé que vous étiez au service d’une puissance extra-terrestre, que vous communiquiez avec elle par des moyens supranumériques. Vous avez plusieurs fois été accusé de haute trahison à l’Etat Wallon par Fadila Laanan, la Présidente à vie ?

Oui, j’ai fait douze ans d’internement en camp de redressement poétique.

- Cela vous a fait du bien?

-  Je passais mes journées à recopier les quatre mille sept cent cinquante-trois opuscules de la Grande Fadila.

-  Qui ne vous ont pas guéri...

- Pas du tout.

- Les livres de La Grande Fadila ne sont pas écrits par elle, vous saviez , mais par des écrivains qu’elle soutient par des subventions à l’écriture massives… Au fond, elle est comme moi.

- On ne veut rien savoir!

- À une époque, c’étaient les anticonformistes, les rebelles qui écrivaient... Vous pensez que ce n’est plus le cas?

- Ce n’est plus le cas depuis longtemps. Aujourd’hui, ce sont ceux qui n’écrivent pas, les insoumis.

- Ce propos n’engage que vous. Nous nous désolidarisons d’un pareil propos, vous le comprendrez aisément. Parlons d’autre chose, de vos loisirs... Pendant la période des prix littéraires, que faites-vous ?

Je pars en vacances.

- Vous êtes autorisé à quitter le territoire réel?

- Oui, j’ai un passe-droit depuis que je suis allé sur la Lune. Entre nous, les autorités favorisent la méthode douce en espérant encore… Moi non !

- Vous avez pensé mettre fin à vos jours ?

- Bien des fois.

- Qu’est-ce qui vous a arrêté ?

- L’amour…

-  L’amour  d’un Transgenre, d’un Animal de compagnie, de la Terre-qui-se-meurt, de la Lutte-anti-Soda, de la culture bibliologique ?

- Seulement l’amour de la non-écriture. 

 

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12/10/2014

SQUELETTES AU HARAS de Jean-Philippe QUERTON (Cactus Inébranlable éditions)

squelettes-couverture-26082014.jpg?fx=r_550_550Piquant-fondant

Des aphorismes aux petits oignons qui m’ont fait penser à certains mets qui mêlent les saveurs et les valeurs, le croquant au moelleux... On parlera plutôt ici de piquant-fondant, de cru et de cuite.

De tendresse sous une couche de mordant.

La première partie du livre s’intitule Top chef et on n’oublie pas que Jean-Philippe Querton est l’auteur par ailleurs des Trésors de la cuisine du Hainaut mais aussi de quelques romans au titres alléchants comme Mortelle Praline ou Le poulet aux olives.

Il écrit : En matière de cuisine asiatique, je suis riz thaï et je le reste.

ou

L’amnésique ne mange que des légumes oubliés.

Avec un titre qui donne le ton, et des dessins de squelettes spirituellement légendés, on trouvera forcément du trépas dans ce recueil mais de la mort narguée, considérée plus en partenaire de vie qu’en adversaire.

Je n’ai pas envie de mourir mais cela ne me déplairait pas de crever.

Et des calembours joliment appelés variations homophoniques :

On ne parle pas assez de l’embarras de l’anchois.

Se faire cracher dessus, une déclaration de glaire ?

Sans compter les sections Livrés à domicile, Pipeule ou le Tour du monde en 80 mots qui régaleront  les amateurs d’onomastique:

Steve Jobs est mort. Mauvaise nouvelle pour les chômeurs.

Si l’Empire ottoman, en qui peut-on avoir confiance ?

La réflexion, le sens du monde comme il va infiltrent l’ensemble du bouquin, avec des coups de patte aux politiques et des signes de la main aux réprimés, aux laissés-pour-compte. De façon décalée, car nul pensum ici.

Mais on peut par exemple méditer longtemps sur : Un pauvre, c’est forcément quelqu’un qui a été volé.SDC10029.jpg

Ou sur :

 La faim dans le monde, c’est vraiment un problème de satiété.

Squelette au haras comprend (c'est son côté Scarlett) sa part de sexe mais de sexe habile.  :

En panne décence elle se balade nue.

Quand elle dit qu’elle a des problèmes de pointe, ne jamais regarder ses seins.

Des moments de tendresse aussi, comme des arrêts de suspension des hostilités : J’aimerais pouvoir consoler les saules pleureurs.

Et un lot d'aphorismes désopilants, notamment ceux sur le gille de Binche ou le Mur des Lamentations…  

J’ai aussi apprécié les neuf(s) Contes à la con (qui m’ont fait penser à certains textes de Raymond Roussel) amenant dans un fauteuil des phrases du genre : la traversée de la mangue à la nage, cinquante nuances de craie ou (mon préféré) l’amant d’Arine Napoléon.

Ceux qui pensaient que l’auteur était en retrait derrière l’éditeur (du Cactus Inébranlable) en seront pour leurs frais. Beaucoup de délicatesse dans ce recueil, et des choix assumés : Le cactus pique et ne s’excuse pas.

Pour terminer, il y a cette page touchante de remerciements aux personnes (une cinquantaine) qui feront l'honneur de festoyer le jour de ses funérailles... s'ils sont encore là, précise-t-il. Allez, promis, Jean-Philippe, on se fera semblant. 

Éric Allard 

 90 pages, 7€

Pour en savoir plus sur  ce titre, la collection des P'tits Cactus et les Cactus Inébranlable éditions (copier/coller le lien):  http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/acheter-nos-livres/catalogue/squelettes-au-haras.html

18:14 Écrit par Éric Allard dans Lu et approuvé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

GRAND CRU BIEN COTÉ d'Éric DEJAEGER (Cactus Inébranlable éditions)

grand-cru-couverture-1.jpg?fx=r_550_550Le Dejaeger nouveau est arrivé!

Le Dejaeger nouveau est arrivé. Et c’est un Grand cru bien coté.

Entre mauvais esprit assumé, autodérision (la contrepèterie du titre, par exemple) et coups de griffe salvateurs contre ce qui, pour résumer, (s’)est institutionnalisé, nécrosé, on se dit que l’auteur porte bien et haut ses thèmes de prédilection ainsi que ses irréflexions - comme il les appelle.

C’est lapidaire, rageur mais justifié.

Et on rit souvent, pour ainsi dire une fois par page.  

On applaudit aussi, des deux mains. Et ce n’est pas bien car ça ralentit notre lecture, il faut sortir de ce mauvais pas car on voudrait tourner la page, s’esclaffer à nouveau.

Jugez plutôt.

Hyperactif : fouteur de rien.

Du neuf chez les SM : le fist de pute.

Zoophilie : une bossue amoureuse d’un dromadaire.

Plus j’avance en âge, plus je suis soul âgé.

Oui, j’ai cinquante balais. Ca va encore plus vite pour faire le ménage.

Une page sur deux est consacrée à des listes, qualifiées par ailleurs de potachères. Et j’ai trouvé que dans ce recueil touffu (80 pages bien fournies), couillu mais aussi pointu, Éric prolongeait par ces listes l’art de l’aphorisme.

Les cycloperies (« le cyclope insomniaque ne ferme vraiment pas l’œil de la nuit ») et les animaux-valises valent le détour mais ce sont surtout ses listes de suffixes et préfixes (qu’on devrait faire lire à l’école) qui poussent la langue dans ses retranchements, dans ce qui la sous-tend peut-être, dans ses pulsions, dirait-on si on parlait un peu le Freud ou le Lacan.

Dans ce qu’elle ne peut pas dire et qu’Eric révèle.
Il y a des subtilités, des rémanences d’une liste à l’autre, elles assurent le liant, telles ces particules élémentaires qu’on retrouve avec plaisir d’une liste à l’autre : le nécron (particule disparue avant d’avoir existé), le théon (particule têtue qui tente de se créer sans jamais y parvenir), le cacon (particule irrécupérable), le le procton (particule découverte par un trouduc) et j'en passe.

Quelques exemples d'autres trouvailles:image.jpg?w=620

Fast fucking : coït éclair.

Nécrotte : fèce devenue poussière.

Hydramaturge : auteur de drames à l’eau de rose.

Cacocola : soda imbuvable.

Proctuor : ensemble de huit musiciens pétomanes.

Enfin, une liste à ne pas manquer pour étudiants pressés, la liste de résumés de dix grands classiques de la littérature.

ULYSSE de James Joyce: l’histoire d’un gars qui essaie de rentrer chez lui sans GPS.

DON QUICHOTTE de Miguel de Cervantès: l’histoire d’un gars allergique à la farine.
Il y a aussi MOBY DICK, L’ETRANGER, LES CHANTS DE MALDOROR…

Allez, on essaie avec GRAND CRU BIEN COTÉ d’Éric Dejaeger : l’histoire d’un gars qui ne prend pas au sérieux la vie qu’on veut lui faire croire.

Éric Allard

90 pages, 7€

En savoir plus sur le site des éditions du Cactus Inébranlable (copier/coller le lien):http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

 

15:14 Écrit par Éric Allard dans Lu et approuvé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

KYOTO + 3 SOEURS, par Denis BILLAMBOZ

Kyôto

  

Cerisiers en fleurs

Jeune fille en fleur

Kawabata bonheur

  

Tradition bafouée

Artisanat boudé

Yasunari désabusé

  

Temples rutilants

Forêts luxuriantes

Kawabata exubérant

  

Touristes pressés

Production banalisée

Yasunari excédé

  

Fêtes rituelles

Kimono traditionnel

Kawabata solennel

  

Kyôto est à Kawabata

Kawabata est à Kyôto

Pour l’éternité

 

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Trois soeurs

  

Trois sœurs

Trois cœurs

Trois destins

Trois chagrins

Trois sœurs

Trois malheurs

  

 Trois sirènes

Trois écrivaines

Trois talents

Qui hurlent dans le vent

Trois misères

Pour Jeanne Eyre

 

Trois jeunes fées

Trois proies épiées

Par la mort vorace

Sans pitié pour leur grâce

Trois statues de grès

Pour Agnès Grey

  

Charlotte, Emily, Anne

Divines Brontë

 

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11:36 Écrit par Éric Allard dans Textes de Denis BILLAMBOZ | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |