• Naturisme

    Le vent était nu. Les arbres étaitent nus. La mer était nue. La lumière aussi, et le ciel, et le fond de l’air. La planète entière était-elle devenue un immense terrain pour naturistes ? Et il se dévêtit à son tour, pensant faire comme tout le monde. Avant de remarquer au loin une montagne qui faisait des manières pour enlever son manteau de neige.

  • L'abstraction

    Il savait qu’elle serait à lui. Mais où ? Dans un champ, dans une voiture, dans une chambre, dans le train, dans la mer, dans les dunes ? C’était ce sur quoi il butait. Alors il fit dans ses rêves abstraction de l’endroit où ça se passerait et il y parvint presque. Quand elle se donna à lui, il ferma les yeux et ce fut tout à fait comme il se l’était imaginé.

  • Avant de dormir

    Avant de dormir, il avait besoin de déchirer une femme de papier en petits morceaux. Après, il faisait des beaux rêves de femmes dispersées aux quatre points cardinaux du livre de l’univers. 

     

  • Sun songs (4): Saturday sun / Nick Drake (1948-1974)

    Extrait du premier album, Five Leaves Left (1969), de cet ovni de la musique pop/folk.

    Pour en savoir plus sur Nick Drake:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nick_Drake

     

  • Michaël Jackson et vous

    Star du troisième type, personnage mutant du XXème siècle finissant, Michaël Jackson s'est surtout attiré ces dernières années les sarcasmes à propos de sa vie privée et du blanchiment de sa peau alors que ce qu'il a surtout blanchi, popularisé comme personne, c'est la musique noire confinée avant lui dans un ghetto culturel.

    Stranger in Moscow

    Un montage d'images de Fred Astaire et Cyd Charisse sur Smooth criminal

    M.J. en 10 clips:

    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/michael-jackson-en-10-clips/

    Un choix de clips parodiques:

    http://www.ecrans.fr/Michael-Jackson-de-Thriller-a,7579.html

     

    Vos messages d'affliction ou de soulagement, de nostalgie ou de joie, vos réactions, vos souvenirs black or white liés au personnage,  à ses chansons, à ses clips sont les bienvenus en commentaires.

  • La mélancolie / Jean-Christophe Miossec

    Choisi par Clara qui écrit justement: "Avec des phrases sensibles, Miossec a su exprimer, décrire ce sentiment si particulier qui oscille entre le mal-être et la déprime."

    "La mélancolie
    Qui vient qui coule
    Qui vous enfonce tout doucement
    Qui vous enroule
    Qui vous blottit
    Qui vous protège des ouragans
    La mélancolie qui vient qui cogne
    A la porte si souvent
    Que l’on s’y abandonne
    Que l’on se roule même dedans "
    (...)


    "La mélancolie
    Comme une anomalie
    Qui démolit tout doucement
    Qui vous demande qui vous explique
    Qu’on n’est plus des enfants
    La mélancolie
    Qui coule de source
    Qui colle au corps
    Et qui vous crée des putains d’emmerdements "
    (...)
    "La mélancolie c’est pacifiste
    On ne lui rentre jamais dedans "


    Les blogs de Clara:

    http://fibromaman.skynetblogs.be/

    http://fibromaman.blogspot.com/

     

     

     

  • le poème cardiaque

    on reconnaît le poème cardiaque

    à ses mots

    qui font la file

    au bureau de pontage

  • Mon coeur

    Mon cœur est au départ. Pan, c’est parti !  La piste est bonne Mon coeur fait la course en tête. Il est à la fête. Au premier virage, mon coeur tourne. Badam badam. Dans la descente, mon cœur s’emballe. Badambam ! Il est à la faute. Mon cœur repart de plus belle. Badam badam. Mon cœur refait son retard. Badam. Mon cœur tiendra-t-il la cadence ? Badam. (Mon cœur battra-t-il toujours ? Mon cœur gagnera-t-il ? ) Contre toute attente, il tient la distance. C’est un vieux cœur. Il regarde à droite, à gauche. Badam badam. Voici la ligne droite. Il est à la corde. Mon cœur donne tout ce qu’il a, il joue son va-tout. Mon cœur à nouveau s’emballe. Badambam. On hue mon coeur, il est arrêté. Mon cœur ne courra plus. On en est là !  

  • Sun songs (3): When sunny gets blue / Kenny Rankin

    Le guitariste et chanteur Kenny Rankin est décédé le 7 juin à Los Angeles à l'âge de 69 ans des suites d'un cancer du poumon. Il avait joué avec Bob Dylan et Paul Mc Cartney et a composé entre autres pour Peggy Lee.

     

  • L'arbre à fractures

    L’arbre à fractures duquel je suis tombé avait raboté son cri. De telle sorte que je restai sans voix à son pied gémissant le catalogue de mes cassures. Les secours vinrent vite, alertés par l’appel des racines. On m’installa dans une civière de feuilles et je fus empoté haut, très haut par un vent clément.  

  • Sun songs (2): Sunny weather / Lisa Ekdahl

    Lisa Ekdahl est une chanteuse de jazz suédoise née en 1971. Elle interprète ici une composition de son mari, Salvatore Poe, musicien sud-américain.

    http://www.myspace.com/ekdahllisa

  • Paul Guiot avec SALEGO à Louvain-la-Neuve le 5 juillet

    Le nouveau groupe de Paul GUIOT s'appelle SALEGO.

    Paul nous présente ses amis...


    Mais qui sont les salegosses ? 

     

    Guitare solo : Philémon (également connu sous le nom de P.Renson-mal-en-patience)

    Fender Basse : K-ro (Caroline Van der Poorten est aussi l'ar-triste pinte du groupe)

    Batterie : Maximilien d'Autruche (Max Bauthier)

    Textes, compos, guitare rythmique et chant : Paul Griot... euh... Guiot. 


     

    Leur truc ?   

     

    La chanson française avec des textes tantôt humoristiques, tantôt hum ... érotiques, tantôt dramatiquement castrastropiques, mais surtout et toujours surinfrapoétiques. 

    La musique est jazzy avec des rythmes swing, bossa, manouche, parfois blues et même rock.

     

    L'adresse du jour


    L'étable de la Ferme du Biéreau (place Polyvalente, 1348 Louvain-la-Neuve)

     

     

    Le jour et l'heure

     

    Le dimanche 5 juillet à 20 heures.

     

     

  • La voiture de mes rêves / Sébastien Ayreault

    J’ai toujours rêvé d’avoir une voiture

      Téléguidée. Un truc d’enfer. Qui foncerait à toute bombe à travers les rues de mon village. Crachant le feu, bondissant sur les trottoirs, dérapant dans un nuage de poussière. Debout devant la maison de mes vieux, je voyais ce truc plus vrai que nature et je téléguidais comme un halluciné. Tous terrains ou simple routière, elle se transformait au gré de mes humeurs, elle pouvait même changer de forme en plein virage. Ouais, comme ça. Elle descendait la rue version ras le sol et la remontait en 4x4 hurlant. Putain ! Elle était redoutable. Sauf que, noëls, anniversaires, passage en classes supérieures, arrêts de but…

      RIEN. JAMAIS.

     

       Elle était rouge et noire, elle avait des grosses roues à crampons, et surtout, elle ne coûtait que 200 balles : je l’ai foutue dans le chariot.

    -Euh ?? C’est quoi ? a dit ma femme.

    -Une voiture téléguidée...

    -J’ai vu, oui, mais j’te le dis, Séb, si c’est encore pour un d’tes trucs tordus…

    -Style ?

    -Tu sais très bien d’quoi j’parle !

      En rentrant de la grande surface, j’ai aidé ma femme à ranger les courses et je suis sorti dans le jardin avec l’engin et mes 3 chats. C’était décembre. Le ciel touchait presque le sol tellement qu’y’avait de nuages. Je l’ai posée à terre, le cœur en culotte courte, et j’ai appuyé sur l’accélérateur avec mon pouce. Un grand moment, chérie. Sauf que… Sauf qu’elle ne valait pas une bille. Qu’elle avançait que dalle. Un truc pour nain de jardin ou j’sais pas quoi. Un truc qui renâclait à la moindre bosse, au moindre pli du terrain. Une vraie merde. Au bout de 5 minutes, j’en ai eu le ras le bol et je suis rentré. Claquant la porte à la gueule de mes fauves hilares.

      2 jours se sont écoulés.

      Et puis je me suis quand même décidé à retourner la voir. Elle n’avait pas bougé. Elle était garée juste à côté de l’arbre. Elle n’avait pas l’air intelligente. Elle n’avait pas non plus la gueule d’un chouette rêve. Ni l’allure, ni les bords. Et pour finir, elle puait la pisse à 15 bornes. Une pitié. J’ai regardé mes chats : ils étaient en pleine toilette. J’ai regardé ma femme qui fumait une cigarette roulée à la fenêtre, les yeux dans le vide. J’avais lu dans son journal intime, quelques semaines plus tôt, que je n’avais plus vraiment la tronche du prince charmant.

     

     

     

    Sébastien Ayreault est écrivain et auteur-compositeur-interprète.

    Voir son Myspace:

    http://www.myspace.com/only129

     

     

  • Poèmes jetables (2): les pétales

    au matin

    j'ai collé

    les pétales

    d'une violette

     

    autour d'un point

    de beauté

    qui gisait là

    sur ta peau

     

    tout le jour

    ta chair

    m'a suivi

    en pensée

  • À l'écoute

    Pour mieux être à l'écoute du monde, elle accrochait à ses oreilles tantôt une guitare, tantôt une chapelle ou encore un bouleau, un escargot et, même, un jour, un éléphanteau. L’orchestre qu’elle  porta en boucles lui cassa les oreilles mais le silence de haute montagne qu’elle fit descendre dans ses pavillons faillit bien la rendre sourde. Quand elle sortait, elle voulait ainsi montrer qu’elle était en phase avec l’humanité mais de sérieux soupçons coururent comme quoi ses lobes ne supporteraient pas des charges aussi lourdes de sens.

  • SUN SONGS (1): Here comes the sun / The Beatles

    Inauguration d'une petite série estivale en ce jour de rapprochement maximum avec le soleil.

    On commence par le plus grand groupe pop de tous les temps.

    Wikipedia nous dit tout sur la chanson, composée il y a quarante ans au printemps 69 par Georges Harrison et enregistrée pendant l'été sans la présence de John Lennon se remettant d'un accident de voiture.

    Elle ouvrait la face B de Abbey road.

    George Harrison a composé cette chanson dans le jardin de la propriété de son ami Eric Clapton au printemps 1969, par un après-midi ensoleillé. Il cherchait alors à échapper à l’atmosphère pesante d’un groupe en train de se disloquer.  Ce « rayon de soleil » arrivant après un « long hiver froid et solitaire » fut commenté par Harrison comme « une véritable libération. La chanson est venue toute seule »

    La suite ici:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Here_Comes_the_Sun

    Une version acoustique de 1972 par Georges Harrison

    Pour les amateurs de Coldplay, une version live:

    http://www.youtube.com/watch?v=EWwrhUX3iTM

    Version studio de Nina Simone :

    http://www.youtube.com/watch?v=NJiC6cA3dUA&feature=related

     


     

     

  • Parlers étranges

    Quand elle m’entretient de sa journée au bureau, quand elle me demande d’aller chercher des oignons à la cave, quand elle me donne la liste des commissions, quand elle murmure des mots doux, ma femme parle martien. Une espèce de nasillement venu des confins de l'espace. Je m’en suis confié auprès du psy qui me suit depuis mes premiers balbutiements et il m’a dit je ne sais quoi. Car il parle petit nègre.

  • tombés des muses

    pour un poème connu

    combien de poèmes anonymes

    criant famine

    (aux rimes pauvres, pauvres...)


    pour un poème éveillé

    combien de poèmes dans la lune

    tombés des muses

    (aux vers légers, légers...)


     

  • Le MICROBE des vacances

    Le numéro des vacances de Microbe est déjà disponible et inutile de chercher sur Internet les textes des participants de ce numéro 54, ils sont inédits. Une seule solution, commander le numéro ou abonnez-vous en contactant Éric Dejaeger: ericdejaeger@yahoo.fr

    Au sommaire de ce #54, vous découvrirez des textes inédits Sophie de Bellefroid, Théophile de Giraud, Éric Dejaeger, Didier de Lannoy, John Ellyton, Jean Marc Flahaut, Thomas Grison, Isabelle Herbert, Jean L’Anselme, Serge Maisonnier, Louis Mathoux, Jean-Philippe Querton, Alain Sagault, Robert Serrano, André Stas, Pierre Tréfois et Éric Allard.

    Les illustrations sont de Salvatore Gucciardo.


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    Les abonnés « plus » recevront également le 21e mi(ni)crobe : Trop rien de co errante, dont Microbe est fier de publier la première plaquette « papier ».

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  • pour voir

    le soleil du dire

    irise

    la peau du poème


    on secoue

    les feuilles des mots


    pour voir

    l'invisible

  • les poèmes de la banquise

    les poèmes de la banquise

    manquent de plus en plus

    d'épaisseur

     

    la preuve



  • Didier R. porte plainte contre son tatoueur

    Lundi soir vers vingt-deux heures trente, Didier R. de Liège a déposé plainte contre Jean-Michel J., tatoueur à Amay. Dans la nuit de samedi à dimanche, le premier a demandé au second, au terme d’une fête arrosée au peket violette censée nouer une alliance à venir qu’il lui tatoue un pin maritime sur chaque fesse, plus le  drapeau jamaïcain. Sous l’effet de la fatigue sûrement, Didier R. se serait endormi et le tatoueur aurait abusé de son client en lui dessinant  sur tout le corps une forêt de pins de laquelle surgit la tête de Bob Marley mais aussi celle de sa section rythmique. La police a seulement fait remarquer que le plaignant s'était aperçu longtemps après de la méprise. Didier R. a déclaré que son emploi du temps chargé l’avait empêché de faire l’observation plus tôt.  

     

     

     

    Cela aurait fait une ouverture idéale pour un jt de RTL. L'info qui a eu cet honneur est celle-ci:

    http://www.lanouvellegazette.be/magazines/insolite/2009-06-16/demande-3-etoiles-tatouage-56-708968.shtml

  • ce poème-ci

    j’étais fou amoureux d’un poème

    je le relisais chaque jour

    je le refaisais en mieux

    puis mon poème s’est cassé

    avec un parfait poète inconnu

     

    (c’est vrai que je lui ai pris la tête)

     

    il n’était pas si fameux

    me disais-je pour l’oublier

    mais rien n’y faisait

    alors je m'en suis tiré

    en écrivant ce poème-ci

     

  • Vilaine canaille / Archimède

    Excellente utilisation des vieilles pochettes de disques dans le clip de ces musiciens qui se sont fait d'abord connaître sur la Toile.

  • Une rédaction effondrée

    Dimanche après-midi, un immeuble du centre de Mons s’effondrait, ne provoquant heureusement que des blessés légers. On se rappelle aussi l’effondrement de la présentatrice du jt de RTL, qui ouvrait sur le fait divers, à l’annonce du peu de victimes. Aujourd’hui on apprend que l’intérimaire chargé de provoquer l’éboulis a été congédié. Le syndicat des journalistes, en émoi, négocie actuellement sa réinsertion dans l’équipe en réclamant plutôt pour l’employé inefficace le suivi d’un stage de production artificielle de catastrophes naturelles. Rien à cette heure ne permet de dire si les négociations aboutiront. Il est craindre que l’annonce des nouvelles coalitions dans les éxécutifs régionaux éclipsera ce communiqué.  

     

  • Werner LAMBERSY

    L’étalon du silence

    qu’on mène à la saillie

    du soir

     

    0

     

    Le point de côté

    dans la dernière ligne

    droite du temps

     

    0

     

    Le plus difficile

    est de prendre son bonheur

    en patience

     

    0

     

    L’ennui est la distance de freinage du plaisir.

     

    0

     

    L’humour est la pince à vélo du poème.

     

    0

     

    Écrire, c’est mettre un horizon devant les mots.

     

    0

     

    Je nettoyais le poème

    le coup est parti

     

    0

     

    La bourse

    est la pornographie légale

    de l’argent

     

    0

     

    La mort n’est peut-être qu’une dent de lait du temps

     

     

    0

     

    Battre un blanc d’œuf

    en neige

    rend la vie plus légère

     

     

     

    Extraits de L’éternité est un battement de cils (anthologie personnelle), éd. Actes Sud, 2004

  • Cucurrucucu Paloma / Caetano Veloso

    La version du beau film de Pedro Almodovar, Parle avec elle (2002)