• Anaïs / J'sais pas

  • Partie

    tu es partie avec

    mon eau de toilette, mes gants de boxe

    ma poésie, mes vers à deux sous

    mes sels de bain, ma baignoire-sabot

    mon chat, l’autel que je t’avais dédié

    ma tasse à thé vert, toutes mes couleurs

    mon café en grains, mon poster de Johnny

    mon sucre semoule, mes boules de billard

    mes moules à gâteau, mon Paris-Brest congelé

    mon plus beau souvenir de toi, la photo de toi bébé

    mon enfance et ma vieillesse réunies, mes mies de pain

    mon livre de chevet, ma petite lampe de bureau

    mon dernier rêve, mes petites cuillers en argent

    mon boulot d’amoureux transi, mon soleil d’hiver

    mon calibre 45, ma canne en ivoire à pommeau en bois de chevreuil

    ma canette de bière brune, mon écorce de bouleau marquée de tes initiales

    mon saucisson préféré, ma collection de terres cuites

    mes autos miniatures, ma panoplie de pirate

    ma boîte à bricolage, ma chaîne du foot

    ma télé et sa couche de poussière d’au moins un centimètre

    mon dentifrice blancheur, mon gobelet en plastique

    ma gourde à whisky, l’idée que je me faisais de l’amour

    tu m’as laissé il est vrai un billet dans lequel tu disais

    je ne t’ai pas tout pris je t’ai laissé une corde et un crochet

  • LES 30 MEILLEURS CLIPS DE 2009...

    ... selon Les Inrocks.

    "2009 a été une année riche en vidéos formidables, drôles, tordues, belles ou étranges..."

    Voir la sélection ici:

    http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/1259251621/article/les-30-meilleurs-clips-de-2009/

     

    En voici deux

    GRIZZLY BEAR / Ready, able

    YACHT / Psychic city

     

  • Les grandes inventions (comment sont nées) (I)

     

    Comment sont nées les grandes inventions et, accessoirement, comment ont disparu certains inventeurs....

     

    L’inventeur du tour de sang n’a pas fait sale veine.

     

    L’inventeur du faux pas a fait une mauvaise chute.

     

     

    On a retrouvé l’inventeur du poil à gratter mort de rire.

     

     

    L’inventeur de la roulette russe n’a pas fait long feu.

     

     

    L’inventeur du nœud papillon* a été pris dans un coupe-gorge.

     

     

    * avant de mourir, il a inventé Elio di Rupo, homme polititique belge et  auxiliaire de (fin de) vie du Parti Socialiste.

     

  • Jean-Pierre Nataf / Plus de sucre

    Extrait du précédent album, Plus de sucre (2004), de Jean-Pierre Nataf.

  • Tendresse pâtissière

          -     Mon chou à la crème

                mon éclair au chocolat

                mon Paris-Brest au praliné

                mon croustillant aux noisettes

                mon sablé fleur de sel

                mon baba au rhum

                ma ronde fouace

                mon millefeuilles aux fraises

                ma tarte tatin à la banane

                ma Tropézienne

           ma Forêt noire

           mon Paradis sucré

           ma religieuse

           ma...

    -      Ouiiiiii ! Quoi, mon amour ?

    -      Oh rien, je pensais juste au dessert...

     

  • AWESOME BLOGGER

    Marcel m’a décerné l’Awesome blogger il y a quelques jours et je n’ai toujours pas trouvé où le mettre parmi mes nombreux autres prix: l’Oscar de la mauvaise conscience, le César du caméléonisme et la Palme de la platitude (entre autres).

     

    Voici les lauréats


    FRAGMENTS AVANT LA NUIT de Marcel Peltier

    L’incessante recherche de la pépite poétique par un poète inlassable

    http://fragments-avant-la-nuit.skynetblogs.be/

     

    COURT TOUJOURS d’Éric Dejaeger

    Le spécialiste du texte court mais pas seulement par un spécialiste de Brautigan (qu'il a traduit), Sternberg, Céline... L’éditeur (avec Paul Guiot) de la plus grande revue de poche (Microbe + Minicrobe).

    http://courttoujours.hautetfort.com/

     

    LE DÉMOTOIR de co errante

    Un titre de blog excellent par une démonteuse des faux-semblants, que le rien des choses fascine.

    http://ledemotoir.blogspot.com/

     

    CHICHINPUI de nekojita

    Le haïku au fil des jours, qui exploite toutes les richesses du genre, qu’elle connaît de l’intérieur. Une singulière photographe aussi.

    http://chichinpuipui.canalblog.com/

     

    ART ET LITTERATURE de Françoise Chatelain

    Des billets érudits et enthousiastes, des découvertes littéraires par une spécialiste de la littérature belge (entre autres).

    http://artetlitterature.blogspot.com/

     

    Le SITE de Salvatore Gucciardo

    Peintre et poète des espaces galactiques, des carcans et grandeurs de l’Homme.

    http://www.salvatoregucciardo.com/

     

    Un  nouveau blog, celui de LOUIS St-JO

    peintre, auteur de bd, éditeur, musicien…

    http://louisstjo.hautetfort.com/

     

    Et, last but not least,

    GENS HEUREUX de Daniel Charneux

    Le blog de Daniel, romancier, poète et haïjin, animateur d’atelier d’écriture et spéicialiste de Perec.

    http://www.gensheureux.be/site/

    A signaler que son précédent roman, Nuage et eau, vient de recevoir deux prix et le dernier, Maman Jeanne, est sélectionné pour le Rossel des lycéens.

     

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    Mes 7 vérités (et combien de mensonges ?)

    1/ Je n’étais pas le 9 novembre 89 à Berlin ; d’ailleurs où étais-je et quelle importance?

    2/ Mes promenades de santé se font dans des allées de livres. Et, de plus en plus, dans un zigzag de pages web.

    3/ Je connais toujours mes tables de multiplication (de 1 à 11); plus loin, faut pas pousser quand même. 

    4/ J’ai (toujours) deux pieds, deux jambes, deux garçons, deux mains mais une seule parole (du moins, j’essaie).

    5/ J’ai moins de regrets que de feuilles mortes dans mon jardin. Mais ai-je eu plus de joies ?

    6/ J’ai dansé le twist à la grande époque du twist (non, il n’y a pas de vidéo !). Depuis, cette séquence obligée (le ronchonnement de Chubby Checker et autres Johnny Halliday nasillard) des animations de mariage m’horripile.  

    7/ J’ai écrit mon nom sur ton front au cas où tu perdrais mon amour. 

     

     

  • Benjamin Biolay et Jeanne Cherhal / Brandt Rhapsodie

    Vie et mort d'un amour raconté à deux voix par les Post-it collés sur un frigo.




     

  • Les textes à tête et les textes à queue

    Quand on y réfléchit, on voit qu'il y a les textes à tête et les textes à queue. Les textes à queue sortent des tripes, ils donnent à ceux qui les écrivent et ceux que les lisent la trique ou des larmes. Les textes à queue, c'est physique. Les textes à tête dissèquent, coupent en tranches ou en lamelles  les chairs d'une matière morte. Les textes à tête, c'est morbide. Il reste les textes sans queue ni tête, qu'on ne sait par quel bout prendre et qui vous filent entre les doigts. Ce ne sont pas forcément les meilleurs. Ni les moins bons d'ailleurs.

     

  • Chanteurs que mon père aimait

    Jacques Brel (La chanson de Jacky)

    Jean Ferrat (Ma France)

    Michel Sardou (avec Garou pour La rivière de notre enfance)

    Julio Iglesias (Tango)

    Mireille Mathieu (Paris en colère, M.Jarre/M.Vidalin)




     

  • Chansons que mon père aimait

    Michel Jonasz / Les vacances au bord de la mer (1975)

     

    Daniel Guichard / Mon vieux (1974)

  • Deux yeux

    Je me suis acheté deux yeux. Deux belles billes un peu molles. Ils m’accompagnent partout. Ils restent immobiles là où on les pose, sur un bord de bureau, sur un appui de fenêtre, sur le téléviseur… Leur regard toujours bienveillant m’est un réconfort de chaque instant. Même la nuit, sur ma table de chevet, ils restent ouverts (je n’ai pas pris l’option paupières), comme veillant sur mon sommeil. Fort de ce bel achat, je me suis mis à en offrir une paire à tous mes amis, qui désormais ne les quitte plus. Quand on se rencontre, nous plaçons tous nos yeux au même endroit, ils commencent par s’adresser des regards en coin puis on ne peut plus les séparer. Pendant ce temps-là au moins, nous pouvons nous amuser, faire les fous, déconner à pleins tubes car quelque chose me dit que, derrière ces yeux-là, il y a peut-être une entité chargée de nous observer, de relever nos mauvaises actions, de pointer nos défaillances, et Dieu sait à quelles fins. Ne riez pas, mes intuitions ne me trompent jamais.

  • Dimanches

    Le premier dimanche. C’est l’après-midi, on a mangé. Dans cette vacance du temps, un cri retentit, celui de ma mère annonçant le retour de mon père en toute hâte ; en effectuant une réparation depuis chez le voisin, il est tombé de l’échelle et a le bras pendant au niveau du poignet. C’est l’irruption du drame dans l’univers familial, jusque là préservé, la fêlure dans un parcours sans faute. La fatalité tant redoutée par ma mère, par notamment des expressions du genre : « Il ne faudrait pas valoir », « Il ne manquerait plus que ça »... qui ont jalonné ma jeunesse. Ensuite je suis amené chez  des amis pendant que ma mère accompagne mon père à l’hôpital. On joue à des jeux de société. En début de soirée, mon père rentrera, apaisé, avec son plâtre et ma mère répétera qu’il a remonté le mur avec le bras cassé, qu’il a eu très mal, qu’il était tout blanc quand le médecin de garde a tiré sur son bras, l’ayant d’ailleurs mal remis.

     

    Le second dimanche. Fin de journée d’un dimanche comme les autres. Mon père a gagné aux pronostics Prior. Une grosse somme pour l’époque (dans les années 60) : 100 000 FB. C’est un peu la contrepartie heureuse de la désolation du bras cassé. Elle nous sort de notre condition. Entraînant, racontera ma mère, des jalousies de son côté. A partir de cette date, mon père continuera à jouer, au tiercé puis au lotto, dans l’espoir de réitérer ce gain sans plus jamais réaliser un profit de cet ordre. A partir de cette date, il se mettra à gérer son argent, en thésaurisant, en se rendant  régulièrement à la banque, à être un peu rentier...

     

    Ces deux dimanches vont me donner pour toujours les deux teintes de la vie selon mes parents. Le malheur, qui s’abat sur les êtres malgré les tentatives de l’exorciser par les petites superstitions, par les rites relevant de la pensée magique. Et la chance, celle qui permet de monter un degré sur l’échelon social. La chute et la grâce du pauvre, je les ai connues un dimanche.

     

    Il y a un an et demi, mon père, déjà victime d’un accident vasculaire, tombe dans la maison, un dimanche au soir après avoir passé l’après-midi au soleil dans son jardin, il sera hospitalisé puis immobilisé de longs mois. Mon père est mort ce dimanche.

  • Les effets de l'amour

    Je t’envoie

    des tonnes d’amour

    que tu entreposes

    à la porte de ton cœur

    Le grand vent des sentiments

    les disperse

    aux quatre coins

    de la ville

     

    Parfois une vagabonde

    aux yeux clairs

    en trouve un fragment

    qu’elle me rapporte

    et que je recompose

    à la lumière de sa nudité

    avec les morceaux de tendresse

    que tu m’as laissés

     

    Puis je la renvoie à ton adresse

    pour lui montrer

    les effets de l’amour

    sur une peau étrangère

     

    Généralement tu ponces

    avec un gant spécial

    la bien-aimée

    avant de la renvoyer à la rue

     

  • Panne de songes

    L’autre nuit, au beau milieu d’un somme, je suis tombé en panne de songes. Pas l’ombre d’une miette d’esprit onirique accrochée à la voûte céleste. Et encore trois bonnes heures de sommeil à tenir. J’ai appelé Rêve Assistance pour qu’on m’envoie un p’tit rêve de secours, de quoi finir la nuit en douceur. La ligne était occupée, elle devait crouler sous les demandes. En dernier recours, angoissé comme jamais à l’idée de passer une fin de nuit blanche, j’ai sonné à mon psy que j’ai sorti d’un cauchemar. Il m’a remercié et m’a envoyé trois pillules-ondes par la voie des airs qui, heureusement, n’était pas aussi encombrée que le Numéro rêve. J’ai dormi comme un trou noir jusqu’au matin où, en me levant, j’ai découvert le cadavre d’un songe écrasé sous un pied du lit. Il avait dû par mégarde se coincer un membre en tombant de ma nuit. Mais il n’était pas mort, non. Il possédait de quoi faire une pensée creuse d'excellente tenue pour les longues heures de veille à venir.    

  • Cônes et cylindres

    Cônes de dune

    et cylindres du temps

    sur la poitrine du couchant

    Deux oranges de vin

    Piétinent

    un vin de table

     

    Une main de sable

    est prise

    dans les filets du vent

     

    Une cerise à chaque oreille

    coiffé d’oreillers blancs

    je lutte contre le sommeil

    je fais un tapage  

    à faire bouillir la nuit

    sur le gril de l’aube

     

    De l’autre côté du soleil

    je chante à tue-tête

    pour faire enrager la lune

     

     

  • Les feuilles mortes de Prévert et Kosma

    Yves Montand, Olympia 1981.

    Frank Sinatra

    Chet Baker + Paul Desmond...

  • Guillaume Apollinaire / Automne malade

    Automne malade et adoré
    Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
    Quand il aura neigé
    Dans les vergers

    Pauvre automne
    Meurs en blancheur et en richesse
    De neige et de fruits mûrs
    Au fond du ciel
    Des éperviers planent
    Sur les fixes nicettes aux cheveux verts et naines
    Qui n’ont jamais aimé

    Aux lisières lointaines
    Les cerfs ont bramé

    Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
    Les fruits tombant sans qu’on les cueille
    Le vent et la forêt qui pleurent
    Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
    Les feuilles
    Qu’on foule
    Un train
    Qui roule
    La vie
    S’écoule

     

     

    extrait de Alcools, 1913

    Alcools de G.A. par Jean-Michel Maulpoix:

    http://www.maulpoix.net/Apollinaire.htm


  • Paul Verlaine / Chanson d'automne

    Les sanglots longs
    Des violons
    De l'automne
    Blessent mon coeur
    D'une langueur
    Monotone.

    Tout suffocant
    Et blême, quand
    Sonne l'heure,
    Je me souviens
    Des jours anciens
    Et je pleure;

    Et je m'en vais
    Au vent mauvais
    Qui m'emporte
    Deçà, delà
    Pareil à la
    Feuille morte.

     

     

     

    Extrait du premier recueil de poèmes de Verlaine, Poèmes saturniens, paru en 1866 et tiré à 491 exemplaires, alors qu'il était âgé de 22 ans. Il regroupait des textes de jeunesse. On apprend que 20 ans plus tard, le tirage n'était toujours pas épuisé.

     

  • Diam's / L'honneur d'un peuple

    Hier sur le plateau du Grand Journal

  • Le temps

    à Caroline Dossogne

     

    C’était un temps à ne pas mettre un chien dehors, un temps tout pourri. On le raccommoda, on l’orna de bouquets de soleil, de fragrances estivales, de tresses de fleurs. Enfin, il fut un temps convenable, on put le sortir par la main dans de longues et enivrantes promenades forestières. Mais il se lassa et se couvrit bientôt de vilaines averses, d’une cape de grisaille et d’un manteau de vent. On le remisa dans un coin du globe où il est désormais impossible d’y mettre les pieds et où il fait une dépression carabinée qui tient à distance les météorologues les plus avertis. M'en fiche, c'est le temps que je préfère.

  • Mickey 3D / 1988



     

  • Tous les 2

    Tous les 2 ne se ressemblent pas. Certains, dans leur graphisme, tendent vers le 1, d’autres tirent vers le 3 et il y en a qui se cassent vers le 7 ou poussent la coquetterie jusqu’à faire le 9. Mais il existe des 2 dont on se dit quand on les voit qu’ils sont de vrais 2, des 2 tout ce qu’il y a d’exemplaire, de deux durs, des deux bien droits. Parmi ceux-là, à bien y regarder, avec un détecteur de chiffre parfait, on remarque qu’il n’y en a jamais 2 semblables.

  • Nick Cave et Les ailes du désir

    Le film de Wim Wenders avec Bruno Ganz et Solveig Dommartin, d'après un scénario de Wenders et de Peter Handke, est sorti en 1987.

    La bande-annonce

     

    Nick Cave est à Berlin de 1984 à 1989, Wenders le filme en concert.

    Le film est en noir et blanc quand il est perçu par les anges, en couleur quand les anges se sont incarnés en humains.

  • Iggy Pop / Lust for life

    De l'exil d'Iggy Pop à Berlin avec Bowie naîtront trois albums, The idiot, Lust for life et Kill city.

    Les deux premiers sont sortis en 1977.