Florence Noël / Ici, on manque de ciel

Les montagnes ne vivent que de l'amour des hommes. Là où les habitations, puis les arbres, puis l'herbe s'épuisent, naît le royaume stérile, sauvage, minéral ; cependant, dans sa pauvreté extrême, dans sa nudité totale, il dispense une richesse qui n'a pas de prix : le bonheur que l'on découvre dans les yeux de ceux qui le fréquentent"

Gaston Rébuffat



ici, on manque de ciel

ici, c’est pire encore
on manque de ciel
pour accrocher nos yeux
pendre nos mains en guirlandes
nos lèvres aux guis –
quant aux baisers… -
de primitifs montages de roches
avalent l’horizon


oui, mais
il y a aussi une aura qui ruisselle
des monceaux de pas levés
le regard s’y aperçoit
forant les nébuleuses pierreuses


ici, c’est une ouverture de neige
déferlante en grand draps d’écume
malgré tout on y dîne d’une piécette de givre
de quelques miettes jetées
à bas des pics
pour les erres et leurs paumes
en coupoles


plus tard
- combien plus… -
il faudra de janvier
transpercer le blanc
s’aboucher aux glaciers
là nos noms y reposent
pour un temps encore
leurs blessures d’ailes
et de salives


plus tard,
le meilleur se cueillera
aux reins de la lumière.

 

Florence Noël

http://pantarei.hautetfort.com/

Commentaires

  • Yes.

  • Le meilleur se cueillera au reins de la lumière...j'aime beaucoup:
    Amicalement
    Marcelle

  • Un beau texte, en effet. Et sur le blog de Florence Noël, une superbe photo en prime...

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