• Comme un malade

    Son premier jour d’homme marié, il baisa comme un malade. Le deuxième jour, il baisa comme un malade. Le troisième jour, il baisa comme un malade… Le septième jour, il tomba vraiment malade et put enfin appeler la doctoresse rencontrée le jour de ses noces et dont il était tombé raide dingue.

  • Jacques Bertin / Trois Bouquets

    Trois bouquets de fleurs auprès du lit parmi les livres
    La paix qui s'installe ici à cause de toi
    Le premier bouquet pour l'enfant que nous ne ferons pas
    Le second pour le chant des hommes dont nous sommes séparés
    Le troisième parce que tu m'aimes, des oeillets

    Trois bouquets de fleurs auprès du lit parmi les livres
    Un jour nous cesserons de fuir ô mon enfant
    Un jour nous nous retrouverons, je te dirai : tu as vieilli
    Sur une berge triste dans le limon tu es belle et transie
    Compagnons, recouvrez notre amour de vos voix humaines
    Manteau des révoltes, manteau de laine, celle que j'aime a froid

    http://velen.chez-alice.fr/bertin/index1.htm

  • MIDLAKE / Young bride

    L'interview des Inrocks:

    http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/midlake-le-courage-de-linterview/

  • Les mots ronds

    Les mots ronds font tourner les textes. Sans eux, pas de littérature en marche. Mais s’il suffisait d’en truffer ses textes, tout le monde serait académicien et cela ne ferait pas l’affaire de l’Institut de France qui devrait agrandir inconsidérément ses lieux, détruire des cloisons, en abîmant les oreilles déjà bien altérées des Immortels. Non, les mots ronds sont indétectables, ils ne possèdent aucun signe particulier. Un même mot peut-être plat comme une raie dans un texte A et rond comme une perle dans un texte B. Cela dépend du contexte. Des livres pointus ont été écrits sur le sujet sans, il faut bien le dire, avoir fait avancer la pratique d’un tour. Seulement certains auteurs les sentent qui les font glisser sous leur plume ou leur clavier, et certains lecteurs. Les textes filent sur les roulements à billes des mots ronds et tous les mots sont à fête. Il y en a même qui, pour arroser le bon (dé)roulement, boivent plutôt deux fois qu’une et finissent ronds comme des queues de pelle. Dans le caniveau des Lettres.

     

  • Dernière pelletée / Claire Mathy (Memory Press, 2010)

    Secrets de famille

    Le narrateur du roman est un fossoyeur qui s’apprête à passer le relais à son remplaçant. Au gré de la vie d’un cimetière, sur une période de six mois, il entreprend de lui raconter une histoire singulière, celle de Dame Pétronille et de sa famille.
    Il se fera aider par trois Grâces, en fait les voix de trois sœurs de la Dame, une femme ordinaire, élevée dans le respect des valeurs catholiques, qui sera la victime d’une canaille de mari, seulement préoccupé de ses plaisirs et ne pensant à ses proches qu’en fonction de ses intérêts. C’est au portrait d’un salopard ordinaire que le lecteur est convié. Et au récit de l’existence d’une famille nombreuse. Les différents intervenants ne lui laisseront pas la parole, ils sont un peu comme les membres d’une cour réglant le compte d’un criminel. La parole des uns et des autres est salvatrice, elle permet de laver l’affront d’une vie, et cette méchanceté ordinaire contre laquelle la justice ne peut rien. Reste les mots, l’agencement d’un récit pour rendre compte de l’inexplicable, tenter de trouver un sens à l’insensé, se délivrer du poids d’un réel trop lourd.

    Le lieu fictif choisi (le cimetière), le dispositif romanesque fonctionne très bien et relance sans cesse l’attention du lecteur. Et, par un effet de paradoxe, ce n’est pas la morbidité qui ressort de cette histoire narrée au plus près des tombes et des corps en décomposition mais un sentiment vivifiant. Comme si la mémoire demandait la proximité des corps morts pour se mettre en branle, se curer de tous les souvenirs malsains et faire place nette à une vie neuve, tournée vers l’avenir.

    Un premier roman d’une auteure qui sait soigner ses phrases et la composition de son roman. À découvrir.

    E.A.

    http://www.memory-press.be/index.php/site/ouvrages/59/derniere_pelletee

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  • Le POD du printemps

    Un POD tout 9 vient d’être mis en « consultation gratuite »:

    http://www.calameo.com/read/000023214297a097f02f8


    A sommaire:

    Pieter Cornelisz Van Dyck,Valérie Solanas ,Clément Marot, Claude Chappuys,Heliette de Vivonne, Stéphane Mallarmé , Jan Saenredam, Lucien Wasselin Paul Verlaine, Eloïse,  Joanna Newsom, Li Quingzao, Zhu Shuzhen , Lijon Eknilang , Stanley Fish, B Cendrars, LF Celine, André Theuriet , le Gradus,  Jean Christophe Belleveaux et Robert Desnos

  • La chronique de Ph. Leuckx: LA RAFLE

    La rafle

    Sous l'égide de Klarsfeld, qui cautionne l'authenticité des scènes montrées, "La rafle" évoque cet épisode peu glorieux des 16 et 17 juillet 1942, quand la police française, les gendarmes, sous les ordres d'un Laval haineux et d'un Bousquet fringant, prêt à tout pour séduire l'occupant, "raflèrent" à Paris et en province plus de treize mille Juifs français et étrangers.
    Peu de films ont traité le sujet : Mitrani, d'après un roman de Roger Boussinot, "Les guichets du Louvre", par un épisode le beau "Monsieur Klein" de Losey, deux ans plus tard en 1976...
    Le film de Rose Bosch, avec des interprètes comme Gad Elmaleh, Mélanie Laurent, Sylvie Testud, Jean Réno, se propose de brosser l'arrestation des populations, leur "clôture" effroyable au Vel d'Hiv', puis à Beaune-la-Rollande...et d'en parler sous l'angle d'un regard d'enfant, rescapé de ce camp, Weizman.
    Des scènes, à l'entame du film, dans un Montmartre où l'épicière invective les Juifs et leur étoile, à la fin, assez mélodramatique au Lutetia, autour des listes de personnes rayées à Auschwitz et ailleurs, cette réalisation a différents régimes. Des scènes très poignantes, très intimes dans l'appartement de la famille Weizman, une séquence-choc, lorsque le spectateur découvre effaré l'ampleur de l'ignominie humaine dans un Vel d'Hiv' bourré à craquer, où tout manque, l'hygiène, l'eau, les secours, où les enfants pris comme des rats grimpent les remblais du stade, repris à chaque fois par les policiers retors, indignes...A côté de ça, des scènes presque téléphonées, un peu démonstratives, où le mélo guette plus qu'il ne faut...Le jeu de Mélanie Laurent, interprétant cette infirmière insigne, Annette Monod, qui s'est dévouée corps, âme, santé dans sa défense des enfants meurtris, abîmés par Bousquet et ses sbires, n'est pas en cause. Il y a chez elle, dans la belle séquence du Vel d'Hiv', et dans d'autres séquences une humanité des yeux, du corps. Très belle, sensible, inoubliable.
    Mais beaucoup de clichés sans doute déparent l'ensemble : les scènes montmartroises semblent refluer vers l'univers d'un Robert Sabatier nostalgique; d'autres répètent à l'envi des scènes trop vues (barbelés, wagons plombés...)
    Dommage car l'esprit du film n'est pas à blâmer car il importe que l'histoire défile juste aux yeux des plus jeunes ou des moins avertis. Mais la retenue, un point de vue plus objectif eût sans doute fait gagner une intensité que certaines scènes diluent trop souvent.
    N'y eût-il que cette séquence du Vel d'Hiv avec Frémont (Thierry a cette vertu de sobriété et d'humanité profonde, qui l'a fait interpréter Dreyfus, e.a.) et son équipe de pompiers apportant l'eau comme une providence...on gardera "La rafle" comme un rappel historique méritoire mais non abouti.

    Philippe Leuckx

  • Blood red shoes / 2 titres

    Deux titres de ce duo anglais très rock qui sort son second album.

    Don't ask (2010)

    I wish i was someone better (2007)

    http://www.myspace.com/bloodredshoes

  • L'aberration

    Quand il prenait le temps de s’examiner, il ne voyait en lui qu’aberration, erreur de la nature, monstruosité. On avait beau lui affirmer le contraire, il pensait que c’était pour le consoler, de la pure hypocrisie. Il n’avait rien d’un Apollon, il avait horreur du sport et il était d’une intelligence moyenne même si on lui avait parfois dit le contraire. De plus il n’avait aucun talent, pas la moindre curiosité pour le monde et ses nombreux habitants. Convaincu qu’il ne parviendrait pas à  éliminer ses tares, il tenta de se supprimer. Mais il se rata plusieurs fois. Confirmé dans son idée qu’il ne réussirait jamais rien, il se laissa vivre jusqu’au bout.

  • Nouveaux métiers: éviteur de gros mots

    Les gros mots prolifèrent, dans la bouche des animateurs télé, des hommes politiques et dans celles des tout petits que c’en devient agaçant.
    Mais l’éviteur de gros mots ne pourra pas tout éviter, la première syllabe ne pourra que rarement être sautée. À moins que vous ne soyez passé maître dans l’art de prendre du recul ou ayez passé votre BAC + ZEN. Il vous apprendra à corriger le tir et choisir un mot dit de dérivation. Des exercices pratiques seront proposés.

    Quelques exemples...

    Si votre chef vous fait une remarque désobligeante, vous direz : Il me fait chi…corée.  Si vous renversez le contenu de votre tasse de chicorée sur la chemise de votre chef chicoré, vous direz Mer… credi même si on est un autre jour de la semaine. Mercredi... je devrai m’absenter pour un rendez-vous chez mon dentiste. Si votre épouse vous fait remarquer que décidément vous ne changerez jamais et qu’elle ne vous repassera plus vos jeans taille basse, vous direz : Sa…medi (si vous voulez rester dans le même registre journalier), Sa…nisette, si vous êtes trop énervé. Ou encore Salo…pette (quoique ce mot peut être pris comme un mot-valise). Si votre patron vous refuse le rendez-vous chez le dentiste, vous vous exclamerez, L’en… capuchonné. Ou au pire: L’enfant de salo…pette. S’il vous refuse une augmentation cent fois réclamées, et que vous êtes parti sur une vilaine expression, vous pourrez corriger le tir en route: Le fils de pu…b (ce qui fera plaisir à Jacques Séguéla qui, c’est de notoriété pub-lique, ne voit chez les gens – qui ont des Rolex - que les bonnes choses). Ou Fils de puce, qui n’est pas mal non plus. Puce rabaisse votre interlocuteur fictif sur un ton qui reste plaisant. Si vous n’avez jamais pu encadrer ce mouvement social-rock, vous pouvez dire: Fils de pu…nk. S’ils ont été de vrais punks, il y a peu de chances qu’ils se soient reproduits mais qui sait. Cela nécessite toutefois un bon entraînement car passer du « u » au « un » n’est pas donné à toutes les cordes vocales. L’éviteur de gros mots ne vous évitera pas tout de suite d’avoir des mauvaises pensées (cela nécessite une formation complémentaire), mais il vous mettra sur la voie… de la sagesse. Avec un coaching adéquat, vous serez l’égal d’un Adamo qui, c’est de notoriété publique, n’a jamais proféré un gros mot de sa vie et n’a jamais non plus été punk (sauf erreur de ma part).

    Allez ! À vos cahiers !

     

  • Sébastien Ayreault / Le venin

    Sébastien Ayreault est écrivain et auteur-compositeur-interprète.

    http://www.myspace.com/only129

     

  • La poésie

     

    C’est quoi, la poésie, demande l’enfant. C’est ce que tu regardes et que tu ne vois pas. Il faut faire comment pour voir ? Enlever les lieux communs, le superflu, le vernis des choses. Et c’est comment quand on voit vraiment ? Le monde s’ouvre même si ce qu’on voit est laid. L’esprit s’agrandit à la mesure des choses vues. Cela paraît simple comme tu le dis. Ça l’est. Et poète, ça s’apprend où ? Là où il y a à voir, à ressentir au-delà des expressions ordinaires. C'est-à-dire partout et en tout temps. Merci, dit l’enfant. De rien, répond l’ignare.

  • Absynthe Minded / Envoi

    Absynthe Minded est un groupe belge formé des cinq mêmes musiciens depuis 2001.

    http://www.myspace.com/absynthemindedtheband

  • Guillon fâche Besson

    Guillon fâche Besson, c'était ce matin sur France Inter

    http://www.liberation.fr/politiques/0101626029-guillon-attaque-besson-l-attache-de-presse-du-fn-qui-replique

     

    Stéphane Guillon: "Je ne m'excuse jamais" (sur Rue89.com)

    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/43976/article/stephane-guillon-je-ne-mexcuse-jamais/

  • LE POÈME COURT

    À visiter

    le nouveau blog de l'ami Marcel Peltier consacré au POÈME COURT sous toutes ses formes.

    http://poeme-court.skynetblogs.be/

     


  • Nouveaux métiers: trampoline pour policiers

    Vous êtes SDF, pauvre, gitan esseulé, Sans papier. Vous avez le dos résistant, les côtes en béton. Un nouveau métier s’offre à vous : trampoline pour policiers en manque de sauterie, terrain de  jeux pour gardiens de sécurité. Vous ne craignez pasde subir des (as)sauts répétés, des brimades sans nom, ceci est un métier fait pour vous. Il ne nécessite aucune formation, préformation… Juste quelques malformations peuvent vous aider à obtenir le job. Ne vous attendez toutefois pas à être rémunéré mais, avec un peu de chances, si vous vous particularisez par votre esprit de soumission, vous serez peut-être remarqué par quelque DRH surmené venu s’amuser avec les hommes en bleu. Après ce stage solide, vous pourrez être embauché dans n’importe quelle société  du Grand Capital pour finir, au bout de l’humiliation, en plein burn-out, par vous suicider sur votre lieu de travail, au terme d’un parcours professionnel et civique (vous ferez l’économie d’une pension de retraite à l’Etat) exemplaire et donné en exemple dans les agences d’intérim du pays aux nombreux sans emploi soucieux de se réinsérer dans le circuit du travail.  


  • Rodrigo Leao (et Neil Hanon): Cathy

    Rodrigo Leao & Cinema Ensemble: Cathy (avec la voix de Neil Hanon). Un extrait de l'album: A Mae.

    http://www.myspace.com/rodrigoleo

  • La chronique de D. Billamboz: Quand le rideau était encore tiré

    Quand le rideau était encore tiré

    Pour cette nouvelle lecture, je vous ramène vers les Caraïbes, non seulement parce que le climat y est agréable mais surtout parce que la littérature y est foisonnante, souvent exubérante et toujours attachante. Même si les récits sont souvent tragiques, si les histoires sont presque toutes dramatiques, la langue reste invariablement emplie de soleil et le pessimisme le plus sombre se teinte vite d’un rai d’optimisme qui laisse augurer d’un lendemain possible et même peut-être meilleur. Cette fois, donc, c’est vers Cuba que ma lecture m’a entraîné, Cuba  terre de toutes les misères comme bien des îles de la région, terre aussi de littérature, on dirait que derrière chaque cigare se cache un écrivain prêt à raconter l’histoire la plus extravagante dans le plus pur style littéraire. J’ai puisé largement dans le rayon cubain de ma bibliothèque préférée et j’en ai extrait quelques petits bijoux qui ne sont pas forcément tous des chefs d’œuvre mais, tout de même, dans la plupart des cas des excellentes lectures. A ceux qui aiment la littérature du monde, je n’hésite pas à indiquer la direction de Cuba car le filon est riche et le minerai est de qualité. Juste pour l’exemple, je pourrais citer : Eliseo Alberto, Reinaldo Arenas, Guillermo Cabrera Infante, Eduardo Manet, Zoé Valdès et bien d’autres qui meublent désormais mon précieux cahier de lecture.

    Mais, aujourd’hui, c’est Jesùs Diaz qui retiendra notre attention avec « Les quatre fugues de Manuel », un livre qui m’a joué un drôle de tour. J’avais décidé de commencer mon commentaire avant d’avoir fini totalement ma lecture, il me restait encore quelques pages à lire, et mal m’en a pris car quand j’ai lu les dernières pages ce que je venais d’écrire n’avait plus vraiment de sens. Alors, si vous lisez ce livre, allez jusqu’au bout, jusqu’au point final, n’abandonnez surtout pas, même les derniers mots jouent un rôle importants dans ce roman.

    Un roman qui nous ramène à l’époque où un rideau métallique partageait l’Europe et où il était bien difficile de changer de côté et le pauvre Manuel en a fait la cruelle expérience mais là, je vous laisse avec ma note de lecture pour mieux comprendre ce livre.

     

    Les quatre fugues de Manuel

    Jesùs Diaz (1941 – 2002)

    Déjà Eltsine pointait sous Gorbatchev et Manuel Desdin, jeune Cubain étudiant prodige de l’Institut de physique des basses températures de Karkhov en Ukraine, était rappelé à Cuba d’où il ne pourrait plus ressortir pour poursuivre ses brillantes études et damer le pion aux plus grands physiciens de la planète.

    Ses amis et professeurs le persuadent alors de quitter rapidement l’Union soviétique et lui procurent une invitation pour un colloque en Suisse mais les Suisses refusent d’accueillir ce transfuge et le renvoie vertement à la case départ. Après une petite mise au vert à la campagne, ses amis le convainquent de reprendre la route de l’exil, cette fois, via la Finlande. Cette nouvelle tentative échoue lamentablement mais Manuel parvient tout de même à s’évader du consulat cubain et à rejoindre son amie à Moscou. L’explosion de l’Union soviétique incite son amie à préparer une nouvelle fugue, vers la Pologne cette fois, qui se déroule comme prévue jusqu’à Varsovie mais tourne court quand Manuel demande l’asile à la Suède qui le rejette vers la Pologne. Recherché en Russie, en Ukraine et à Cuba, repoussé par la Suisse et la Suède, le jeune Cubain décide cette fois de tenter sa chance en Allemagne après une expédition rocambolesque avec un énigmatique et inquiétant émigré russe. Arrivé à Berlin, la vie de réfugié commence avec tous ses aléas, toutes ses humiliations et toutes ses tracasseries qui pourrissent son présent et son avenir jusqu’à ce qu’il rencontre un trafiquant qui l’entraîne dans le monde parallèle que les ex suppôts des régimes communistes (militaires et autres apparatchiks) ont organisé pour faire fortune très rapidement. Cette dernière expérience tourne à la catastrophe jusqu’au moment où…, l’épilogue du roman nous dévoile une fin tout à fait inattendue.

    Jesùs Diaz, écrivain cubain raconte ces quatre fugues, sous forme de quatre saisons, qui paraissent bien peu crédibles pour passionner réellement le lecteur. Manifestement, il semble bien mal connaître la vie des fuyards et autres fugueurs et ne sort pas des lieux communs sur le sujet, laissant son héros tomber dans tous les traquenards, mêmes les plus stupides, et son lecteur dans l’ennui tant l’histoire est prévisible à l’avance. On se demande parfois si on n’est pas dans Ponson du Terrail ou « A la poursuite de Cacciato » avec Tim O’Brien. Et pourtant… il faut bien lire le roman jusqu’au point final !

    Heureusement, si le côté romanesque du livre n’est pas très séduisant, son fond est un peu plus intéressant. Diaz a voulu montrer le désarroi de toute une population face à l’effondrement du bloc soviétique « … qu’allaient faire maintenant tous les communistes du monde entier … ? » Pour eux, « L’Histoire est une erreur ! » Et Manuel qui symbolise l’individu face à la machine administrative et politique, « … était paralysé, dépassé par la situation. Il savait, par exemple, que Staline avait été un criminel, qu’Eltsine était une canaille, que Cuba était un désastre ; mais il ne sympathisait pas pour autant avec les Américains et il avait des amis des deux côtés. »

    Et Jesùs Diaz nous livre cette métaphore qui montre l’individu, même le plus brillant, broyé comme un moucheron par la machine de la fortune aux mains des ploutocrates et oligarques de tout genre, communistes ou capitalistes, livré au choix cornélien entre deux maux : « Le socialisme était un zoo qui enfermait les gens derrière les grilles dans l’attente qu’on leur jette leur pitance à travers les barreaux, tandis que le capitalisme était une jungle d’êtres libres qui pouvaient partir tous les jours à la chasse. » Et la morale de cette histoire pourrait résider dans celle d’une fable ukrainienne racontée par un ami de Manuel : « Celui qui vous met dans la merde n’est pas forcément votre ennemi … celui qui vous sort de la merde n’est pas forcément votre ami … quand on est dans la merde, mieux vaut ne pas bouger si on veut sauver ses plumes. »

    Mais l’épilogue du roman nous révèle une autre face de ce récit qui remet en question tout ce qu’on a pu penser avant.

     

    Denis Billamboz

     

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  • Patrick Modiano toujours

    Une chouette interview (en 8 partie) de Modiano par Sylvain Bourmeau pour Mediapart. Voici la partie où il parle de la superposition des temps...

    Voir les autres vidéos de cette série:

    http://www.dailymotion.com/video/xcfyeb_1-8-patrick-modiano-au-moment-ou-pa_news

  • LA FEMME DANS L'OEIL

    J’ai une femme dans l’oeil, plus moyen de me l’enlever. Elle a traversé la barrière des cils. Une femme, quand ça veut... Quand je regarde quelque chose, elle s’interpose, tout prend ses formes. Elle va jusqu’à se superposer à ma légitime. J’ai bien cherché à m’en débarrasser mais les nombreux ophtalmologistes consultés m’ont affirmé qu’une femme n’est pas un grain de poussière  et que le cas ne ressort pas de leurs compétences (les incompétents!).  Je dois en prendre mon parti : elle s’est installée à demeure dans mon champ de vision. De telle sorte que j’ai dû me séparer de la régulière qui peinait à se faire entendre (car je n’entends que ce que je vois). Mais depuis que la femme dans l’oeil est l’unique objet de ma vision, elle a comme la bougeotte. Il arrive souvent qu’elle file se blottir dans un coin de l’oeil. Peut être qu’en pleurant fort, je pourrai la tirer dans le courant des larmes, à moins qu’elle ne prenne d’elle-même cette voie. Une femme, quand ça ne veut plus... 

  • Françoise Hardy / Noir sur blanc

    Un extrait du nouvel album, La pluie sans parapluie, de Françoise Hardy à paraître fin de ce mois.

  • morte sur un coin de table

    morte sur un coin de table

    tu souris encore

     

    à l’idée du vin qu’on a bu

    à l’idée de nos fous-rires

     

    de nos silences

    de nos déveines

     

    de nos manques d’amour

    de nos ventres creux

     

    morte sur un coin de table

    tu reviens à la vie

     

    quand on annonce le repas

    et mille caresses au menu

     

  • Hugues Aufrey / La fille du Nord

    Girl from the North Country est une chanson de Dylan datant de 1963. En 1969, il la chante avec Johnny Cash sur son album country. Hugues Aufrey a signé l'adaptation française.

    Girl from the North Country / Joni Mitchell & Johnny Cash

    Girl from the North Country / Bob Dylan & Johnny Cash

     

  • Philippe Leuckx / L'autre jour à Lyon

    La voix lancinante d'Hollis traversait la neige qui tombait sur la Croix Rousse.
    Le saxo vibrait vers la Saône.
    Les reprises de Mark haletaient comme sous la peau des frissons d'hiver longé.
    Je reprenais souffle.
    Ma voix même rattrapait au lasso des battements de batterie.
    Je sortais d'une expo. L'opéra imposait sa masse noire, ses verres de vie, de ville.
    Des skateurs rayaient les fenêtres, ses reflets.
    Lyon. Rien ne rugissait hors ma ferveur.
    Je revenais des Bonnard, des Bacon vus comme du centre des toiles, dans l'effroi des lumières traversées.
    La Saône pouvait couler, l'huile m'en demeurait insaisissable.
    Vers les places, je croise les visages, les vies qui croissent.
    Seront-ils dans ces vers, inépuisés?

     


     


  • Patrick MODIANO à La Grande librairie

    L'émission littéraire de France5 consacre toute une émission à l'inénarrable Patrick Modiano à l'occasion de la sortie de L'Horizon (Gallimard).

    La vidéo de l'émission est visible ici:

    http://www.france5.fr/la-grande-librairie/index.php?page=article&numsite=1403&id_article=15581&id_rubrique=1406

     

  • Jean Ferrat est décédé

    Jean Ferrat est décédé ce matin à l'âge de 79 ans.

    "Né le 26 décembre 1930 dans une famille juive originaire de Russie, son père est mort à Auschwitz. Le petit Jean Tenenbaum, alors âgé de 11 ans, fut sauvé grâce à des militants communistes, ce qu'il n'oubliera jamais."