• Sheila Changra / Ever so lonely

    http://www.myspace.com/sh31lachandra

    Merci à Joachim Regout pour cette découverte.

    http://louisstjo.hautetfort.com/

     

  • Ordre, calme et volupté

    Il avait caressé son aimée à tort et à travers pendant des mois, des années. Et aujourd’hui qu’il était éloigné d’elle, il eût aimé la revoir ne fut-ce que cinq minutes pour la caresser avec ordre, calme et volupté.

  • Nouveaux métiers: repasseur de phrases

    Vos phrases présentent de méchants plis, des signes de ponctuation, des parenthèses, des incises, des  mots rares, des ventuosités, elles s’allongent inconsidérément (comme celle-ci). Le repasseur de phrases vous l’étale, vous la rend aussi droite qu’une ligne de chemin de fer ou qu’un cheveu de Kate Moss. Contre un prix forfaitaire, il vous repasse un texte en un coup de paume. Il ne vous reste plus pour faire sensation devant la critique boursouflée qu’à présenter vos ouvrages au gala du beau style, au salon du texte d’apparat, au bal des livres bien. Le repasseur de phrases peut aussi, contre une somme outrancière, vous coacher pour entrer à l’Académie, d’ici vingt ou trente ans.   

  • Louis-Ronan Choisy & Isabelle Carré / Le refuge

    Extrait de la b.o. du film de François Ozon

    http://www.francois-ozon.com/

    http://www.myspace.com/louisronanchoisy

  • Le songe

    Quand le songe est tombé sur la ville, toute la vie a ralenti, la lumière freina ses rayons, les avions roulèrent à la vitesse des  voitures et les voitures à celle des vélos. Et moi qui me rendais chez toi, je n’arrivai jamais et je reçus ton message d’adieu au matin, quand le songe était passé.

  • Vincent Delerm sur scène...

    L'heure du thé, au Bataclan (2009)

    Un temps pour tout

  • Philippe Delerm / Il faut le voir sur scène

    On imagine bien à qui est destiné ce jugement que j’entends pleuvoir autour de moi depuis quelques années.  Je l’ai prononcé pour ma part de temps à autre, avec une conviction légèrement différente, car si j’éprouve un grand bonheur à voir le personnage concerné à la Cigale ou à l’Olympia, je l’apprécie autant sur d’autres scènes plus intimes de la vie.

    Mais à force de récurrences, "il faut le voir sur scène" a fini par s’extraire de son contexte originel pour prendre une valeur absolue. Il y a là une forme de vérité imparable, qui me semble s’adresser à chacun. Bien sûr, c’est plus patent pour ceux qui ont des spectateurs dans l’exercice de leur métier. Je pense à telle collègue professeur de lettres, peu chanceuse dans sa vie familiale, embarrassée par un asthme chronique, mais dont j’entendais la voix derrière la cloison quad j’enseignais moi-même. Tout d’un coup, la passion l’animait,, qu’elle fût vouée à l’œuvre de Boris Vian ou à l’exaltation de la subordonnée relative, et je sentais que ça passait, que le public était conquis. Il fallait la voir sur scène.

    Je dirais la même chose de mon boucher, qui a pris sa retraite, et que je croise quelquefois, étonnamment taciturne, lui qui savait distiller des petites phrases d’une sagesse liée au découpage de la bavette ou de l’entrecôte. Plus que la commande de ses clients, il maîtrisait alors le monde, entre le glaive et la balance.

    D’autres scènes sont plus confidentielles encore, un jardin pour greffer des pruniers, une berge pour pêcher à la ligne, un lit pour faire l’amour. Parfois il n’y a pas de spectateurs du tout, parce que le talent de celle-ci, de celui-là réside dans la rêverie mélancolique, la lecture de Jules Renard sous lampe basse en fin d’après-midi, l’écriture d’un roman qui ne trouvera pas d’éditeur, la confection d’un clafoutis quand tout le monde dort encore. Qu’importe le public. Chacun a son théâtre, où il est en accord avec la mise en scène. Et chacun se dédouble alors, conscient d’être au plus près. Certains sont exposés, d’autres seront surpris d’être attendus, un jour. Beaucoup resteront solitaires. Pourtant, il faut les voir sur scène.

     

    Philippe Delerm

     

    extrait de Ma grand-mère avait les mêmes (Les dessous affriolants des petites phrases), éd. Points Seuil

  • Pierre Rapsat / Jardin secret

    Déjà 8 ans que Pierre Rapsat s'en est allé, c'était en avril 2002.

  • Éric Dejaeger / Le seigneur des ânes

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    Ce livre est publié à l’occasion du maelstrÖm reEvolution fiEstival nOmade #4 de bruxelles du 6 au 8 mai 2010


    «...et ces applaudissements sont en fait une manière d’encourager les professeurs : pendant l’interruption de la retransmission, après deux ajournements et une attestation C, sept élèves de suite viennent d’obtenir une attestation A ! Je résume la situation pour les téléspectateurs qui prendraient le reportage en marche : sur 17 élèves délibérés jusqu’ici, on compte dix attestations A, une B, deux C et quatre ajournements, ce qui, finalement, n’est pas mal du tout. Mais ce n’est pas fini puisqu’il reste encore une dizaine de cas à traiter. Comme le suivant qui risque de poser un problème puisque l’élève est soupçonné d’être un dealer...»

    Qui est ce Seigneur des Ânes ? Ronny Serpin, l’élève le plus épouvantable que l’enseignement ait connu et qui se targue d’avoir mis une dizaine de professeurs en dépression ? Charles Dumortier, enseignant retraité qui n’arrive pas vraiment à se dépêtrer de ses trente-sept de tableau noir ? Henri Gelker, qui traîne son feu sacré d’école en école sans vraiment arriver à l’y mettre, le feu ? À moins qu’il ne s’agisse d’une maîtresse des ânes, comme Amélie Dumortier qui doit en faire des vertes et des pas mûres devant ses élèves…

    Après La cité des fleurs fanées et ses gentils héros, Éric Dejaeger revisite ce qu’il reste de l’école, un endroit où tout peut arriver, où le lendemain n’est jamais la prolongation de l’aujourd’hui. L’école, cette entité qui fait fuir la moitié des jeunes enseignants durant leurs cinq premières années de carrière. Il ne faut pas s’enfoncer la tête dans la boîte de craies : durant ces quinze dernières années, le métier de professeur est devenu de plus en plus difficile. L’auteur ne nous raconte pas ici ce qu’il en est aujourd’hui mais bien ce qu’il en sera si les dérives (appelées sournoisement «réformes») telles que les enseignants les connaissent à répétition depuis les dernières grandes grèves de 1995 continuent. Il lui semble d’ailleurs que le futur qu’il décrit dans ce livre se rapproche beaucoup plus vite qu’il l’ait prévu.

    Professeur, le plus beau métier du monde ?
    Pages: 112 pp.
    ISBN Maelström: 978-2-87505-046-5
    Format: 14x21 cm
    Genre: Roman

    Prix: 12 €

    Le site des éditions Maeltröm

    http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/home.asp

    Le blog d'Eric Dejaeger

    http://courttoujours.hautetfort.com/
  • Philippe Leuckx / Le beau livre des visages

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    Bookleg #67 LE BEAU LIVRE DES VISAGES de Philippe Leuckx Prix: 3,00 €

    «Ouvrons le livre des visages tenus au bout des larmes
    Flammes du père de feu mon père
    Lorsque l’alarme sonnait au coeur
    Et que pour franchir la frontière
    Il lui fallait en quarante un vélopasseur
    Ô vous mon père ô vous
    De tous vos visages je prends la triste
    Mesure
    Vos rides me sont entrées toutes
    Au coeur comme blessures»

    http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=192&FamigliaID=0



    Mais aussi:

    Selon le fleuve et la lumière, poésie, Editions Le Coudrier, Mont-Saint-Guibert, 2010

     


  • Chronique de Philippe Leuckx: SUR MA MÈRE de Tahar Ben Jelloun

    SUR MA MERE DE TAHAR BEN JELLOUN

     

    Tahar Ben Jelloun, né à Fez en 1944, prix Goncourt, académicien Goncourt. Poète, essayiste, romancier, propose sa vision de la mère avec cet ouvrage, au titre éloquent « Sur ma mère ».

     

    Un fils et sa mère. Un fils attentif au devenir de la vieille dame qui, plus qu'il ne faut, confond présent, passé, se figure être toujours à Fès, alors qu'elle vit depuis si longtemps à Tanger. La vieillesse joue de ces tours!
    Avec une émotion, qui ne verse jamais dans le pathos, Tahar relate les derniers mois d'une mère, entourée, qui succombe aux excès de suspicion ménagère, se croit volée, dépouillée de ses biens, maltraitée...
    L'écrivain a les mots justes pour décrire cette fatalité qui nous attend tous, cette lente descente en décrépitude, sans qu'aucun jugement moral n'assène l'exposé lyrique. Le poète voit tout, sent tout, use d'une élégance rare pour remuer les parfums du passé.
    Le livre, entre roman et récit, consent à la pure beauté : quel romancier, il est vrai, ose aujourd'hui en tant de pages - nécessaires -, évoquer des matières si intimes sans tomber dans le déballage qui sévit sous tant de plumes?
    Nous sommes ici dans le registre de l'exigence, de la phrase qui restitue une vie, sans les ambages de la préciosité, en une coulée sûre, partageable.
    Ce sont toutes les mères et tous les fils qui sont là, dans cette fiction nourrie d'une réalité pesée, émue.
    Merci, Tahar.
    Ed.Gallimard, 2008.

     

    Philippe Leuckx

     

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  • Sophie Hunger / Le vent nous portera

    http://www.myspace.com/sophiehunger

    Pour les nostalgiques de la version originale (2001):

  • TON NOM

    je caresse ton nom avec ma souris

    avant de lire ton mail

    ton nom c’est ta peau

    je le suce je le lèche je le dis

    lettre après lettre

    puis je l’avale le digère longtemps

    ton nom passe dans mon sang

    je suis ton nom je suis toi

    pour la première fois je m’aime

    à travers toi 

    je lis ton mail

    tu me dis que c’est fini

    finifinifinifinifinifinifinifinifinifini

    que je suis un con

    un nullard élevé au rang d’un zéro

    puis tu m’écris que tu m’aimes

    et toi tu m’aimes encore me demandes-tu

    trop tard j'écris en gommant

    ton nom avec ma souris :

    j’ai ton non en moi

  • CENT EUROS

    Il avait des baisers à revendre et elle n’avait que sa peau. Mais tous les baisers ne tinrent pas sur elle, il en déborda par centaines. On ne put rien pour eux ni pour elle. Elle finit dans une ruelle, un troquet, un pauvre bistrot où elle vend sa peau pour un baiser et cent euros.

     

     

  • Maman Jeanne à Mons

    Maman Jeanne, un projet éditorial, mais aussi un projet théâtral.

    Le livre existe grâce à Luce Wilquin. Il était finaliste du Rossel des Jeunes 2009.

    Le spectacle existera bientôt grâce à Michel Tanner et à la Fabrique de Théâtre. Lise Dineur lui prêtera sa voix dans une mise en scène de Julien Vanbreuseghem.

    La ville de Mons nous propose un avant-goût de ce spectacle le jeudi 22 avril 2010 à 20 heures 30. Dans la superbe salle Saint-Georges (Grand-Place à Mons), Lise Dineur fera vivre Jeanne pour une heure de grâce.

    En savoir plus sur le blog de Daniel Charneux:

    http://www.gensheureux.be/site/


  • Poids plume

    Il suffisait qu’il s’éloigne d’elle pour qu’elle gonfle. Alors, pour qu’elle ne prenne plus de poids, il ne la quittait pas d’un cheveu. Il assurait son équilibre pondéral. Mais il dut la quitter cinq jours et, au retour, il la reconnut à peine et ne sut pas par quelle face la prendre. Il commença par la caresser, c’était le seul moyen de la faire fondre. Et il passa des jours à cette agréable tâche car sa peau était douce douce... Elle lui fit promettre de ne plus jamais la quitter et il demeura le reste de sa vie auprès d’elle. Elle vécut si sereine que, dans ses derniers mois, elle avait le poids d’un oiseau et, le jour de sa mort, celui d’une plume : il lui suffit de souffler sur elle pour qu’elle s’envole.

  • Roger Gilbert-Leconte / La bonne vie

    Je suis né comme un vieux

    Je suis né comme un porc

    Je suis né comme un dieu

    Je suis né comme un mort

    Ou ne valant pas mieux

     

    J’ai joui comme un porc

    J’ai joui comme un vieux

    J’ai joui comme un mort

    J’ai joui comme un dieu

    Sans trouver cela mieux

     

    J’ai souffert comme un porc

    J’ai souffert comme un vieux

    J’ai souffert comme un mort

    J’ai souffert comme un dieu

    Et je n’en suis pas mieux

     

    Je mourrai comme un vieux

    Je mourrai comme un porc

    Je mourrai comme un dieu

    Je mourrai comme un mort

    Et ce sera tant mieux

     

    Roger Gilbert-Leconte, 

    La Vie, l’Amour, la Mort, le Vide et le Vent (1933)

  • 60's: Mick Jagger & Marianne Faithfull

    "A partir de 1965 et jusqu'en 1970, Mick Jagger aura une liaison tumultueuse avec Marianne Faithfull sur fond de drogues. Marianne et Mick seront même arrêtés en 1967 avec Keith Richards à Redlands, dans la maison de Keith, en possession de cannabis. L'influence de Marianne Faithfull, très cultivée, va se faire sentir sur les textes de Mick pendant leur relation. Elle va lui permettre de s'ouvrir aux arts et à la littérature. C'est elle qui lui présente le livre Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov, qui va lui servir à écrire Sympathy for the Devil. Elle inspirera aussi Mick sur les chansons Sister Morphine et Wild Horses. " [Wikipedia]

    As tears go by

    Sister Morphine

  • La pêche aux noyés

    Quand mes parents vont à la pêche aux noyés, ils me laissent à la maison jouer avec mes pendus.

     

  • 60's: Simon & Garfunkel

    The boxer

    April come she will

     

  • La chronique de Denis Billamboz: Aux pays des dictateurs

    Aux pays des dictateurs

    Après un détour par la froide Finlande, nous revenons une fois encore vers l’Amérique latine pour deux lectures qui concernent la dictature qui sévit, hélas,  bien trop souvent dans ces pays où la misère n’a d’égal que la violence de ceux qui s’octroient le pouvoir pour leur plus grand profit.

    Notre première lecture concerne une femme qui est peut-être plus connue pour le nom qu’elle porte que pour son œuvre. En effet, tout le monde connait Allende mais il n’est pas évident que beaucoup de lecteurs connaissent Isabel Allende même si son patronyme lui a valu une certaine notoriété. Isabel est bien Chilienne de nationalité, cousine de Salvador Allende, le président assassiné, mais elle est née au Pérou et a résidé dans plusieurs pays pour faire ses études et tout simplement parce que sa situation était devenue très fragile dans son pays.

    La seconde lecture que je vous propose est l’œuvre d’Alvaro Uribe, un écrivain mexicain qui s’interroge notamment sur la nature du pouvoir et son exercice et c’est l’objet principal du livre que je vous présente ci-dessous.

    J’ai choisi ces deux auteurs pour montrer combien la dictature a pu influencer la création littéraire en Amérique latine et comment les intellectuels ont essayé d’organiser une sorte de front de la résistance en dénonçant, dans leurs créations littéraires, les abus commis par ceux qui s’accaparent régulièrement le pouvoir dans ces contrées.

     

    D’amour et d’ombre

    Isabel Allende (1942 - ….)

    C’est le roman d’un amour pur submergé par la boue et la fange de la dictature d’un pays d’Amérique latine qui pourrait être le Chili ou n’importe quel autre pays vivant sous le régime de l’arbitraire, de la brutalité et de la férocité. C’est un récit qui coule comme un grand fleuve d’Amérique latine charriant le verbe en un flot lourd et bouillonnant où l’épopée le dispute à l’emphase, où les portraits les plus affûtés se heurtent aux truismes, aux clichés, aux incohérences, où les affluents abondent pour gonfler le flot limoneux de leurs courants torrentueux ou de leur cours le plus paisible. Un déferlement de mots qui emporte tout sur son passage pour ne laisser que l’impression d’une agitation désordonnée et de sentiments exacerbés par l’urgence de vivre une vie qui devient de plus en plus hypothétique.

    Isabel Allende a voulu dénoncer ces gouvernements totalitaires qui étouffaient nombre de pays d’Amérique latine lorsqu’elle a rédigé son manuscrit mais l’impétuosité de son roman ne lui donne ni la force, ni la conviction des œuvres d’un Quiroga, d’un Amado, d’un Donoso, d’un Asturias, d’un Arenas et de bien d’autres qui ont dénoncé la dictature et l’oppression avec, peut-être, moins de verbes mais plus de talent.

     

    Dossier de l’attentat

    Alvaro Uribe (1953 - ….)

    Bernard Lavilliers aurait, sans doute, chanté  « c'était une drôle d'affaire pleine de coups d'escopette » mais les protagonistes de cette histoire ont préféré régler le problème à coups de couteaux. En septembre 1897, au Mexique, un ivrogne excité tente d’assassiner, lors d’un défilé, le dictateur président Porfirio Diaz. Il est immédiatement arrêté et embastillé dans les locaux de l’Inspection générale de la police où il est lynché, le soir même, par une bande de sbires dont on ignore la provenance et les motivations réelles. Déshonoré par cet assassinat, l’Inspecteur général de la police ce suicide quelques jours plus tard dans la pièce où il est à son tour détenu.

    Un magistrat va donc devoir décider s’il s’agit :

    -         du geste d’un déséquilibré isolé excité par l’alcool,

    -         d’un complot organisé par une faction opposée au pouvoir,

    -         d’un faux attentat masquant d’autres desseins ?

    Pour ce faire, il dispose « d’un dossier, bien évidemment extra-officiel, contenant les informations, rumeurs, commentaires, hypothèses, divagations et même élucubrations qui découleront de l’attentat. » Et, c’est ce dossier qu’Uribe a ouvert à son tour pour nous donner sa version de ces événements.

    Mais son véritable objectif n’était sans doute pas de raconter ceux-ci, somme toute mineurs du long règne porfiriste, mais plutôt de nous rappeler que l’histoire est un éternel recommencement au Mexique plus qu’ailleurs encore. Et, qu’à travers le filtre de l’histoire on pouvait expliquer des événements plus contemporains et mieux comprendre le fonctionnement du pouvoir et de tous les réseaux parallèles qui animent la vie politique et ses coulisses dans ce pays comme dans toute l’Amérique latine et ailleurs même.

    Ce roman est aussi une réflexion sur le pouvoir, son accaparation, son exercice et sa transmission et surtout sur l’attrait qu’il exerce sur les hommes en général qui en font souvent un usage abusif, nourrissant leurs appétits privés dans la gamelle publique au détriment des plus faibles.

     Denis Billamboz

  • 60's: Sonny & Cher

    The beat goes on

    Medley

  • Géo NORGE / 3 textes courts

    Une question

    La servante aux douces hanches était debout dans la grâce d’exister. Elle ressemblait à une jarre. Oui, ses hanches, son cou, ses cuisses, ressemblaient à une jarre. Et pour la fraîcheur et pour les courbes. Ses cheveux étaient un poids d’ombre et d’odeurs, une forêt sans doute, et cachant quels oiseaux ? On rêvait. Par un certain détour, on pensait : que peut un homme ?

     

    in Les Oignons

     

    La mer

    Il est difficile de peindre la mer, mais il est simple de peindre des vagues. Toutes les couleurs conviennent, elles sont toujours justes, car il existe des vagues de toutes les couleurs. Voilà pourquoi l’artiste dessine beaucoup de vagues, puis il étend des jaunes, des bleus, des verts, des gris, des bruns même. Enfin, il peint le sentiment. C’est le plus important pour la mer.

     

    in La peinture écrite

     

    Les cerveaux brûlés

    Se méfier des idées trop chaudes. Ça ne se voit pas tout de suite : vous en prenez, vous ne faites pas attention. Et ça y est : vous êtes un cerveau brûlé. On continue à vivre, mais il y a des voisins qui ne supportent pas cette odeur de roussi.

     

    in Les cerveaux brûlés

     

     

    extrait de Poésies de Géo Norge 1923-1988, Poésie / Gallimard

  • La marchande d'épices

    C’était une marchande d’épices un peu magicienne sur le marché vespéral. Suite à une rupture des relations commerciales entre l’Est et l’Ouest, la route des Indes fut coupée. Par un tour de force dont elle avait le secret, elle rétablit la communication sur son corps même.

     

  • Ash / Burn Baby Burn