• Claire Diterzi / La guitare qui tue

    http://www.myspace.com/diterzi

    Claire Diterzi à la Villa Medicis:

    http://www.telerama.fr/musique/claire-diterzi-a-la-villa-medicis,56336.php

  • Arts et résistances n°2

    Sommaire

     

    1  Yves Artufel : Prendre le temps

    2  Anne Poiré : Nathalie Potain 1966-2009

     

    Maquis et Résistances

    5  Claude Vercey : Ode au président S.

    7  Jean-Claude Liaudet : Mythes et légendres de la Sarkozie, l’home africanus, archétype du français moyen

    11 Jean Ganzhorn : Le cocopitalisme ou cacapitalisme

    12 Stéphane Beau : le livre est mort, vive le livre

    16 Jean Klépal : La gauche, une illusion poétique ?

    18 Alain Sagault : La politique, un réalisme illusoire : pour un retour à la morale

    23 Jean-Paul Leroux : Demain la révolution ?

    28 Eric Simon : De la lettre au poème, le poème de la lettre : les lettres de Rimbaud de 1871 à 1872

    29 Fernando Carreira : Si hier laborieusement je vous ai enlevé le bas…

    31 Xavier Dupenlou / François Pecqueur : Les aphorismes de notre temps

     

    Dossiers GT 

    34 Christian Garraud / Angelo Verga : En conversation

    36 Angelo Verga : Eloge pour ce qui reste

     

    En vrac et poésie

    51 Jean-Christophe Belleveau : Eprouver

    53 Hervé Péchoux : Description d’une démarche artistique

    57 Patrick Joquel : Saint-Paul Trois Châteaux

    60 Christian Bulting : Au revoir grand gaillard qui le jour à peine levé…

    61 Stéphane Beau : Ego-graphies

    64 Jean-Claude Touzeil : Parloir

    66 Thomas Vinau : Lettre ouverte au sale goût dans ma bouche

    68 Wallonie chronique, André Stas, petit dossier « découverte » préparé par Eric Dejaeger

    71 Lou Raoul : S’enfuir / s’enfouir

    73 Dominique Forget : Lampes de poche

    75 Marie Monguet : Du nouveau ! Encore du nouveau ! Ça ne change pas !

    77 Raphaële Bruyère : Là donc, un hêtre de 43 mètres…

    81 Anaïs Escot : Ce qui compte n’est pas de compter…

    84 Fabrice Marzuolo : Autoportrait d’un autre… Nous le poètes ratés

    87 Salvatore Sanfilippo : A tous les contrariés…

    88 Mylène Joubert : Quelque part quelqu’un est fragile

     

                En vrac et en chroniques

    93 Dominique Forget : Lectures à ciel-ouvert

    95 Jean Foucault : Le verbe égaliter

    96 Yves Artufel : En vrac et en dentelles

     

     

    Ce numéro de 100 pages est vendu 9 € (+2 € de frais de port).

    L'abonnement simple pour 2 numéros est de 17 €


    En savoir plus sur le blog des éditions Gros Textes:

    http://grostextes.over-blog.com/

  • Les éditions ASTELINE

    Tout sur les éditions Asteline, consacrées aux livres pour enfans, et leurs nouveautés:

    - Dragons oubliés de Belgique (à paraître le 1er juin)

    - La petite chercheuse de rêves

    - Jésus le petit canard

    ...

    Les éditions cherchent des aides occasionnelles pour ventes et animations privées, en petits comité, à domicile, lors de festivités... (voir sur le site si vous êtes intéressé).

    http://www.asteline.be/editions.html

    Sur Facebook:

    http://fr-fr.facebook.com/pages/Editions-Asteline/124762454209470?ref=ts

  • Chronique de Denis Billamboz: Un bon rail de lecture d'inspiration colombienne

     

    Un bon rail de lecture d’inspiration colombienne

    Petit détour en Colombie pour deux lectures qui évoquent ce pays écartelé entre des militaires corrompus, des guérilleros sanguinaires et des narcotrafiquants avides et sans scrupules. Voyage au cœur de la violence la plus brutale, la plus bestiale, qui a engendré une littérature très fortement marquée par cette ambiance de terreur et d’angoisse que Fernando Vallejo a si bien illustrée. Mais pour cette fois, nous nous tournerons vers Ramon Chao qui n’est, évidemment, pas Colombien mais bien Espagnol d’origine, et qui raconte l’aventure de la Mano Negra qui a voulu faire revivre l’espace d’une grande fête un train abandonné au cœur de ce pays terrorisé par toutes les forces essayant de s’accaparer le gâteau de la drogue. Et, pour compléter ce détour au pays de la « blanche », nous accompagnerons Evelio Rosero là où pousse cette plante miraculeuse et satanique qui remplit les proches des plus cruels et des moins scrupuleux et emmène d’autres dans des paradis bien proches de l’enfer, pour découvrir comment de paisibles petits villages deviennent des lieux de martyr et finalement des déserts ou seules les armes peuvent prêcher.

    decoration

     

    Un train de glace et de feu

    Ramon Chao (1935 - ….)

    Ramon Chao c’est le papa de Manu, le Manu de la Mano Negra qui connut le succès sur les scènes rock de France et d’Amérique latine au début des années quatre-vingt-dix et qui, en 1993, accompagna l’épopée de ce groupe et d’une bande de saltimbanques hirsutes, tatoués et percés au cœur de la Colombie.

    A la suite de la tournée « Cargo 92 », un des membres du groupe avait remarqué « Partout je voyais des rails, mais jamais de trains… Les locomotives tournaient. Cependant, depuis 1979, aucune n’avait roulé. Des centaines de villages auparavant desservis par le train vivaient désormais reclus, rackettés à la fois par l’armée, les narcotrafiquants et la guérilla … Alors, pour qu’on parle d’autre chose que de la terreur en Colombie, j’ai imaginé ce train avec un spectacle réconciliant ces deux ennemis héréditaires que sont le feu et la glace. »

    Le projet retient l’attention des autorités et des compagnies ferroviaires qui le favorisent  et essaient de le récupérer  « mais telle n’est pas l’opinion de la centaine d’allumés qu’il (le train) va transporter, Ils se foutent de savoir à qui tout cela peut bien servir. Ils sont là pour le rêve et ses incohérences. »

    Et Ramon, au jour le jour, va tenir la chronique de cette folle aventure entre Bogota et Sant Marta,  sur la mer des Caraïbes, aller et retour, à travers des paysages fabuleux mais aussi au cœur des territoires contrôlés par les narcotrafiquants ou par divers mouvements de la guérilla qui tous comme l’armée régulière rançonnent le pays, avec pour seul protection leur statut d’artistes et leur indépendance politique. Mais, « quelle publicité peut se faire un mouvement de libération en tirant sur des clowns ? » Toutefois, l’aventure, mal préparée, mal organisée, éprouve fort les organismes et les esprits, mais les plus solides et les plus motivés résistent et mènent à bien ce projet fou qui rencontre un  immense succès auprès des populations écrasées par la misère et terrorisées par la violence qui règne dans ce pays depuis les guerres contre les envahisseurs, et pourtant les dieux l’ont  doté d’immenses richesses.

    Cette violence que Fernando Vallejo stigmatise avec virulence dans « Nous irons tous en enfer », harasse et décime les populations qui voient dans ce spectacle, qui vient à leur rencontre, comme l’annonce de jours meilleurs que la candide Marina résume dans sa lettre d’adieu par ces tendres remerciements : «  …, merci de m’avoir donné l’impression d’être aimée … C’est vous qui faites de ce monde un univers de paix et d’amour. »

    Et cette aventure eut lieu dix ans avant qu’Ingrid Betancourt ne soit enlevée par l’un de ces mouvements de libération qui en fait passent leur temps à enfermer les innocents !

     

    Les armées

    Evelio Rosero (1958 - ….)

    Tout semble pourtant bien paisible dans cette petite ville de Colombie noyée au milieu des champs de coca, Ismael, ce vieux professeur respecté, est heureux au-dessus de son échelle à cueillir ses oranges mais surtout à mater la jolie voisine qui s’exhibe toute nue dans son jardin. S’il n’a plus la vitalité, il a pourtant conservé l’envie et il ne peut s’empêcher de contempler les jolies femmes et de les imaginer soumise à leurs désirs et au sien. Et, avec la séduisante voisine, s’instaure un petit jeu, entre le voyeur et l’exhibitionniste, plein d’innocence mais cependant empreint d’un certain raffinement sexuel. « Tout en elle suggère l’intime désir que je la regarde, l’admire, comme la regardent et l’admirent les autres, … Elle a envie que des générations entières la regardent, l’admirent, la poursuivent, l’attrapent, la culbutent, la mordent, la tuent, la ressuscitent et la tuent encore. »

    Et pourtant ce petit monde où les seules tensions sont celles que provoquent les hormones un peu trop agitées chez certains, bascule dans la violence, le cynisme et  l’horreur quand la guerre débarque dans la région puis dans la ville. Les tueurs car, armée et narcotrafiquants, paramilitaires et guérilla, sont tous confondus dans une seule et même troupe qui sème la mort et la peur sur son passage sans que la population sache bien faire la différence entre tous ces « hommes en armes » comme les dénomme Horacio Castellanos Moya.

    Et les massacres commencent, les enlèvements avec demande de  rançon se multiplient, les exactions deviennent courantes et l’horreur est si banale qu’elle finit par faire partie de la vie de ces braves citoyens qui s’enfuient comme ceux qui ont déjà déserté les montagnes avoisinantes.  « Il y a moins de deux ans on comptait près de quatre-vingt-dix familles, mais avec l’arrivée de la guerre – narcotrafic et armée, guérilla et  paramilitaires – seize seulement sont restées. Beaucoup de familles ont été décimées, les autres ont dû partir de force et, depuis, qui sait combien de familles vivent encore là-bas. »

    Et, à son tour, Otilia, la femme d’Ismael,  disparait sans laisser de traces et le vieux professeur part à sa recherche sans grand espoir de la retrouver, comme tout un pays est en quête d’une paix en laquelle il ne croit plus guère. Perdant de plus en plus ses facultés, Ismael divague dans la ville où il ne rencontre que la peur, la mort et bientôt plus rien car il est reste le seul, résistant malgré son apparente folie qui n’est peut-être après tout que la seule arme qui reste à un vieux un peu décati pour résister à sa façon et vivre encore pour attendre Otilia. « Comment puis-je rire alors que je n’ai qu’une envie ; de dormir et ne pas me réveiller ? C’est la peur, cette peur, ce pays que je préfère carrément ignorer en jouant les idiots avec moi-même pour rester vivant, ou avec l’envie apparente de rester vivant, car il est fort possible que je sois mort et bien mort, en enfer, et j’en ris. »

    Tout le drame de ce pays pris entre des forces toutes aussi corrompues et cyniques, n’ayant aucun égard pour les populations qu’elles martyrisent, comme Ramon Chao en a rencontrées lors de son épopée, avec la Mano Negra,  à travers la Colombie qu’il a racontée dans le livre cité ci-dessus. Toute cette violence qui semble tellement fatale qu’elle est devenue quotidienne, banale et inéluctable de quoi rendre encore plus crédible le livre de Fernando Vallejo, « Et nous irons tous en enfer ». L’humanité mériterait sans doute une telle sanction si on la regardait à travers le seul prisme colombien tant l’inhumanité, loin, y a été poussée.

    Denis Billamboz

     decoration

  • Les amours singulières

    -         Vous aimez ?

    -         Oui, plusieurs fois par jour.

    -         C’est une maladie !

    -         Je me soigne.

    -         Comment ?

    -         En cachant tous les miroirs !

  • Le record

    Je suis resté trois minutes quarante-cinq secondes nonante-deux centièmes sans penser à toi. C’est mon record ! Il me reste du travail pour t’oublier complètement mais j’ai le coeur endurci, ça aidera.

     

  • Les taches

    - C’est une tache de vin ?

    - Non !

    - Une tache de café au lait alors ?

    - Non, de datte.

    - Quelle date ?

    - Ma datte de naissance.

  • on s'est

    on s’est frottés

    on s’est marqués

    on s’est marrés

    on s’est mariés

     

    on s’est lavés

    on était sale

    on s’est jetés

    on s’est fait mal

     

    on s’est repris

    on s’est lancés

    on a été loin

    on était bien

     

    on s’est tournés

    on s’est tordus

    on s’est torchés

    on s’est traités

     

    on s’est trouvés

    on s’est trompés

    on sait qu’on s’est

    perdus puis rien

  • Le bec dans l'aube

    Au bout d’une nuit sans nom, à avoir volé de marre en marre comme une oie noire, je me suis retrouvé le bec dans l’aube à picorer des brins de lueur matinale. Mais je n’avais pas payé toutes mes ardoises, et je vis venir à moi un patron de marre un peu renard qui ne me fit pas de quartiers. Je lui donnai mes dernières plumes et il repartit clairdelunisé. Depuis, je sors le jour en veillant à être rentré avant le couchant car si les astres me noyaient je ne pourrais plus jamais être îvre en paix.    

  • Chronique de Philippe Leuckx: Jean-Luc Marion philosophe sous la Coupole

    JEAN-LUC MARION PHILOSOPHE SOUS LA COUPOLE

    Ce n'est pas tous les jours que la philosophie est reçue quai Conti. Il faut remonter à la réception de Michel Serres en 1990, Henri Gouhier en 1978, et avant, bien plus loin, en 1961 quand Jean Guitton fut lui-même élu, et bien avant encore, le grand Bergson, en 1914...
    Ce n'est pas tous les jeudis que dieu fait qu'un évêque d'Angoulême est choisi pour présenter le récipiendaire.
    La rencontre est intéressante : puisque Marion succède à Lustiger, la philosophie, la religion ont mailles à partie, enfin pour parler vite.
    Marion est une fameuse pointure. Il suffit de jeter un coup d'oeil à sa biographie et à sa bibliographie pour se rendre compte qu'on a là un très grand philosophe d'aujourd'hui, reconnu partout, invité prestigieux d'universités parfois lointaines. Né en 1946, successeur d'Alquié à la Sorbonne.
    L'évêque Dagens met en lumière son travail de phénoménologue de la donation. Le sujet aimant et le don sont au coeur de cette philosophie. Dieu, rappelle-t-il, est pour Marion don, pensée du don et, penser ne peut être qu'aimer pour un être qui se donne tout entier par le don. Qui ne tient ni à la puissance, ni à l'infinité. Le sujet aimant est principe suprême de connaissance.

    Marion, dépassant Descartes, désigne l'essentiel besoin d'autrui pour combattre la vanité de l'ego.
    En effet, reprenant la méditation cartésienne, Marion nous dit qu'on aime avant que de penser et replace la primauté de "j'aime, donc je suis".
    Dans le droit fil de l'évêque d'Hippone, Marion reprend cette sagesse heureuse de la connaissance par l'amour.
    L'étant s'inquiète : "M'aime-t-on?" et de cette question métaphysique procède tout le...reste : si j'aime, je suis, si je suis, je pense, si je pense, je peux donner, si je peux donner, je hausse mon intranquille question au rang de la connaissance...

    Philippe Leuckx

     

  • Le grand amour

    Il avait construit un grand amour. Trente ans de travail continu, une attention de tous les instants puis, sans qu’il comprenne pourquoi, tout s’était écroulé en une fraction de seconde, le temps qu'il pense à quelqu'un d'autre.

     

  • Rolling Stones / Exile on main street

    Hier était présenté à Cannes le documentaire sur l'enregistrement de l'album Exile on main street (qui ressort avec 10 titres inédits) des Rolling Stones avec la présence de Mick Jagger qui a déclaré:

    "En 1971, nous étions beaux, jeunes et stupides, aujourd'hui, nous sommes seulement stupides."

    Plundered my soul (un des inédits)

    Bande-annonce du film

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Exile_on_Main_Street

     

  • Le pénis

    J’ai trouvé un pénis dans mon jardin, comme un doigt taché de terre. Je ne sais pas à quelle espèce il appartient. Il semble hors d’état de marche mais, comme j'ai perdu l'usage du mien, j’ai décidé de me l’appliquer après l’avoir bien lavé. Mes amis disent qu’il me va comme un gant, c’est flatteur. Je pourrai l’exhiber lors des diverses fêtes du village et, bientôt, le passer à mes garçons, qui le refileront aux leurs, tout en en prenant grand soin.    

     

  • Charles Cros / Le hareng saur

    Le hareng saur

    Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
    Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
    Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.
     
    Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
    Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
    Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.
     
    Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
    Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
    Tout en haut du grand mur nu - nu, nu, nu.
     
    Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
    Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
    Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.
     
    Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
    L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
    Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.
     
    Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
    Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
    Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.
     
    J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
    Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
    Et amuser les enfants - petits, petits, petit

  • Les provisions

    Avant de voir son amant, elle faisait provision de fer, de fraises, de phrases, de bois, de boue, de hareng saur, de rose, de mauve, de pierres, de perles, de paille et de poutre. Quand c’en était fini de l’amour, elle refermait boîtes à malices, tiroirs à bidouilles, malles aux trésors et commençait à regarder autour d’elle à la recherche d’autres matières, d’autres couleurs, d’autres saveurs propices au plaisir.

  • Chronique de Denis Billamboz: Nuages sur l'Afrique

    Nuages sur l’Afrique

    Nous n’avions pas encore abordé l’Afrique noire que je fréquente pourtant régulièrement au cours de mes lectures car elle propose une littérature riche, nourrie de la culture européenne, francophone et anglophone principalement, mais aussi des traditions ancestrales. Le choc de ces deux cultures qui a souvent provoqué quelques malaises dans les populations, a, en contre partie, généré une littérature originale qui a puisé dans les contes, lavanes et traditions locales son inspiration refondue dans le moule de l’instruction acquise dans les universités européennes ou américaines.

    Pour cette première incursion dans la culture africaine, noire, je vous propose un petit recueil de nouvelles du grand écrivain nigérian, Chinua Achebe, qui avait pris parti pour le Biafra lors de l’horrible guerre qui a ruiné ce pays. Ce recueil est très intéressant car il montre bien comment un jeune Africain, confiant en l’avenir de son pays, perd peu à peu la foi en un avenir meilleur et sombre dans un certain désenchantement qui annonce les heures difficiles que l’Afrique traverse depuis un certain temps maintenant.

    Je vous propose aussi un autre petit livre d’un jeune écrivain togolais, Théo Ananissoh, qui dénonce tous les abus commis par les différents dictateurs qui s’accaparent le pouvoir et les richesses que l’Afrique recèle et qui ne profitent qu’aux usurpateurs locaux et aux trafiquants étrangers.

    A cette occasion, je voudrais souligner comment les élites locales abandonnent trop facilement leur pays livré aux trafiquants et affairistes de tout genre et les populations les plus fragiles livrées à la merci de ces rapaces sans foi ni loi. Ainsi, Chinua Achebe enseigne dans une université américaine et Sylvain Ananissoh a trouvé refuge en Allemagne. Et, si les élites africaines revenaient en Afrique pour tenter de sauver ce continent englué dans la misère, la corruption, le manque d’instruction, l’obscurantisme ancestral ou religieux, … et tous les vices générés par les pouvoirs totalitaires !

     

    Femmes en guerre et autres nouvelles

    Chinua Achebe (1930 - ....)

    Chinua Achebe, l’auteur nigérian célèbre pour son roman « Le monde s’effondre », a écrit quelques nouvelles dont la plupart sont réunies dans ce recueil publié en 1972 mais elles ont été rédigées au cours d’une longue période qui court de 1952 à 1972 et qui couvre donc la guerre qui enflamma le Biafra. Ces nouvelles évoquent,  notamment dans la première période, les difficultés rencontrées par le peuple nigérian pour faire cohabiter la tradition africaine avec les nouvelles valeurs, principalement l’instruction et l’éducation, importées par les colons blancs. Ces premières nouvelles sont souvent moralisatrices, elles dénoncent les principales tares qui affectent l’Afrique de l’époque : l’obscurantisme religieux et culturel, la corruption et la cupidité, le non respect des traditions et surtout le manque d’instruction et d’éducation qui fait l’objet de plusieurs récits. Ces premières nouvelles laissent transpirer l’espoir d’un jeune Africain de voir son pays un jour, après quelques efforts, plus d’application et moins de vices, accéder au rang des pays dits développés. Mais les dernières nouvelles, notamment les trois dernières, sont empreintes de beaucoup plus de pessimisme et montrent  même un certains désenchantement et une réelle résignation devant l’incapacité des hommes à vivre en paix sans se déchirer pour des biens terrestres bien éphémères car « nos parents ne nous ont jamais appris à préférer la richesse aux femmes et aux enfants. »

    Ecrites sur une durée de vingt ans, ces nouvelles montrent combien la situation de l’Afrique s’est dégradée au cours de cette période et comment l’optimisme d’un jeune écrivain talentueux et reconnu a tourné au pessimisme désabusé et fataliste après la guerre du Biafra. C’est toute la tragédie de l’Afrique actuelle qui est écrite en filigrane dans ces nouvelles de Chinua Achebe qui prend ainsi place à mi-chemin entre Wole Soyinka et Ken Saro-Wiwa dans le panthéon des écrivains africains.

    Un reptile par habitant

    Théo Ananissoh (1962 - …)

    Narcisse aime les femmes et c’est dans les bras de Joséphine qu’Edith le trouve pour lui demander ce qu’elle doit faire car elle vient de découvrir l’un de ses amants, militaire de haut rang, assassiné dans son salon. Avec la complicité d’un autre amant, Narcisse fait disparaître le cadavre. Mais, le régime profite de la disparition du militaire assassiné pour entreprendre une vaste campagne d’épuration qui laisse les protagonistes de l’histoire dans un bien grand embarras. Un collègue de travail de Narcisse lui transmet des révélations surprenantes sur l’assassinat du militaire et fomente d’autres projets téméraires « parce que L… a déjà bu le sang de l’enfant que tu auras demain. Il lui a sucé la moelle des os. Quel avenir veux-tu qu’ait un enfant dans un pays comme celui-ci ? »

    Ce tout petit livre réussit en une centaine de pages à montrer comment fonctionnent encore nombre de pays africains qui ne connaissent que des régimes autoritaires qui manipulent des foules très crédules pour conserver le pouvoir et bénéficier des richesses locales et des largesses internationales. Ananissoh en profite au passage pour dénoncer la corruption, la trahison et, de façon plus surprenante dans ce livre, le manque d’hygiène généralisé en Afrique, la sexualité sans sentiment et la condition réservée aux femmes ce qui d’évidence pose le problème du SIDA sur l’ensemble du continent.

    C’est une vision bien pessimiste de l’Afrique que nous livre ce Togolais qui a choisi l’exil en Allemagne.

    Denis Billamboz

    decoration

  • Lonely Drifter Karen / 2 titres live

    Lonely drifter Karen est un groupe formé de quatre membres aux nationalités diverses, entre pop, folk et jazz. La chanteuse est autrichienne et vit aujourd'hui à Bruxelles. Le nom du groupe est inspiré du film Les Idiots de Lars von Trier. Ils viennent de sortir leur deuxième album, Fall of spring, dont voici deux extraits.

    Ready to fall

    A roof of somewhere

    http://www.myspace.com/lonelydrifterkaren

  • Les grands changements

    - Comme elle a changé, je ne l’avais pas reconnue.

    - Le temps passe...
    - Elle a quel âge ?

    - Elle va sur ses quatre-vingt-deux ans.

    - Et elle vit toujours chez vous ?

    - Elle vient de trouver un home.

  • Palmes d'or en musique (II)

    The Mission de Roland Joffé, 1986 (musique: Ennio Morricone)

    La leçon de piano de Jane Campion, 1993 (musique: Michael Nyman)

    Pulp fiction de Quentin Tarentino, 1994 (musique: Chuck Berry)

    Underground d'Emir Kusturica, 1995 (musique: Goran Bregovic)

    Dancer in the dark de Lars von Trier, 2000 (musique: Bjork)

  • Palmes d'or en musique (I)

    Le troisième homme de Carol Reed (1949)

    Anton Karas

    Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy (1964) (musique: Michel Legrand)

    Un homme et une femme de Claude Lelouch (1966) (musique: Francis Lai & Pierre Barouh)

    Samba Saravah

    Apocalypse now de Francis Ford Coppola (1979) (musique: The Doors)

    Paris, Texas de Wim Wenders (1984) (musique: Ry Cooder)


    ------------------------------------------------------------------------

    Le site du festival de Cannes:

    http://www.festival-cannes.com/

  • Après le festival

     

     

    - Tu présentais quoi, à Cannes ?

    - Un chef d’œuvre, et toi ?

    - Une merde !

    - Tiens, comment sais-tu que c’était une merde.

    - J’ai mis un pied et le reste dedans puis les plus belles choses me sont arrivées, notamment la Palme d’or. Et toi, ton chef d’œuvre ?

    - Passé complètement inaperçu.

  • Les Gérard du cinéma français 2010 (le palmarès)

    Gérard du plus mauvais film

    -   Cineman

    Gérard de l’acteur qui vient manger le pain des français

    -   Sergi Lopez dans Partir

    Gérard du film avec des petits chiens ou des grosses chiennes

    -   Coco avant Chanel d’Anne Fontaine avec "Audrey Toutou"

    Gérard de la grosse comédie qui tache comme on en tournait du temps des Charlots avec Paul Préboist et Alice Saprich, sauf qu’on est en 2010

    -   Le baltringue avec Vincent Lagaf’

    Gérard de Madame la Grande Actrice qui va s’encanailler dans une comédie de ploucs pour casser son image de vieille bourgeoise coincée du cul

    -   Carole Bouquet dans Protéger et servir

    Gérard du film pas nul, mais pas bien. Pas nul, hein. Mais pas bien. Mais pas nul pour autant. Mais pas bien non plus. Mais pas nul. Ceci dit, pas bien. Voyez ?

    -   Gainsbourg (vie héroïque)

    Gérard de l’acteur qui a un nom de maladie

    -   Anna Mouglalis

    Gérard du film qui parle d’une meuf qui fait moyennement envie, et du coup le film bah c’est pareil

    -   Mademoiselle Chambon

    Gérard de l’acteur que c’est pas qu’on l’aime pas, mais on en a un peu marre de voir sa gueule part

    -   Kad Merad

    Gérard du titre gay

    -   Ne te retourne pas

    Gérard du film vraisemblablement adapté d’un article de Marie Claire

    -   Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires)

    Gérard de l’acteur dont on espère qu’il aura jamais de premier rôle quand on voit comment il se débrouille avec les seconds

    -   Manu Payet dans R.T.T

    Gérard du réalisateur qui continue à faire des films en toute impunité malgré un CV déjà passablement chargé

    -   Luc Besson avec Arthur et la vengeance de Maltazard (après Angel-A, Le Cinquième élément...)

    Gérard du film que quand tu vas le voir, dans la salle, t’as l’impression d’être dans un wagon du RER D un samedi soir à Villiers-le-Bel

    -   Banlieue 13 - Ultimatum

    Gérard de l’actrice dont le mari s’est tellement couvert de ridicule que ses réseaux ne lui permettent plus le plus petit rôle, pas même un tapin dans le film de Lagaf’

    -   Arielle Dombasle dans rien

    Gérard de l’actrice qui ne bénéficie définitivement pas des réseaux de son beau-frère

    -   Valeria Bruni Tedeschi dans Les regrets

    Gérard du désespoir féminin

    -   Virginie Efira dans Le Siffleur

    Gérard du désespoir masculin

    -   Franck Dubosc dans Cineman

  • Ludéal / Allez l'amour

    Clip réalisé en un seul plan-séquence. Pourriez-vous reconnaître les films illustrés?

    Le making-off

    http://www.youtube.com/watch?v=QIdUfMT2JHQ

    _____________________________________________________

    Les dix films (ou photo) représentés sont:

    1. Le Baiser de l'Hôtel de Ville de Doisneau (photo, 1950)

    2. Lost in translation de Sofia Coppola (2003)

    3. Pretty woman de Gary Marshall (1990)

    4. Ghost de Jerry Zucker (1990)

    5. Le Secret de Brokeback Mountain de Ang Lee (2005)

    6. Sailor et Lula de David Lynch (1990)

    7. Match Point de Woody Allen (2005)

    8. Eternal sunshine of the spotless mind de Michel Gondry (2004)

    9. Les Valseuses de Bertrand Blier (1974)

    10. Autant en emporte le vent de Gustave Fleming (1939)

    Source:

    http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/app_fp/fiche_complete/ludeal_allez_amour.pdf