• Ravel & vuvuzela

    Brahms et Ravel à la vuvuzela par trois musiciens du Konzerthausorchester de Berlin

  • Coeur de rein

    Tous les organes étaient rassemblés près du cœur brisé. Qui à tenter de rapprocher les morceaux, qui à essayer de le ranimer. Mais le cœur ne répondait plus, il n’avait plus rien à fiche de quiconque. C’est qu’il ne pouvait pas se remettre, ce cœur-là, de la transplantation du rein qu’il aimait dans un autre corps.

  • L'été cinéma de Yann Tiersen

    Comptine d'un autre été: L'après-midi (Amélie Poulain, 2001)

    Summer 78 (Good bye Lenin, 2003)

  • Chronique de Philippe LEUCKX: Le commerce du père de Patrice Robin

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    LE COMMERCE DU PERE de Patrice Robin (Ed. P.O.L., 2009, 11 euros)

     

    Annie Ernaux peut être fière de ce disciple fidèle, vrai et émouvant, qui s'est nourri, comme tout bon écrivain, de ses lectures en "préférence", dans ce cas précis, des témoignages de l'auteur des "Années" à propos de ses parents, découverts par l'émule brillant dans les années 80 : "La Place", "Une femme".
    Patrice Robin a tiré parti des remarques, conseils de l'"auteure", comme il l'appelle à plusieurs reprises, sans jamais la nommer. pudeur et hommage.
    Le fils du "quincaillier " de ce village des Deux-Sèvre a attendu 46 ans pour être publié, après avoir essuyé nombre de refus, comme tant d'écrivains à leurs débuts.
    Né en 1953, Patrice relate son "commerce" avec le père. Commerce au double sens de profession et de relation. Près de quinze ans après la mort de son père, une tumeur qui s'est généralisée, le fils rend hommage à celui qui n'a pas toujours vu d'un bon oeil qu'il écrive, ne reprenne pas le commerce ou ne s'installe pas comme ses anciens camarades de classe. La réticence, l'incompréhension culturelle ont fait place toutefois à d'autres relations entre le père et le fils, au fil des visites, alors que de nombreuses années durant, les contacts étaient restés assez froids.
    Le livre peut s'achever ainsi sur des notes plus heureuses, et le lecteur, en empathie, emprunte la même voie des confidences partagées, à l'image du fils qui renoue avec son passé par le biais des carnets du père, son "journal de bord" de l'année 1965.
    Le récit, très beau, très sobre, renoue ainsi les fils de la filiation. Comme chez Ernaux, la même acuité pour décrire les failles, les manquements. Et ce ton tissé d'une mélancolie profonde, où se fondent respect, regrets, nostalgie des lieux. Le père. La Vendée. Et comme un signe, cette main du père touchée lorsqu'il est au plus mal. Ou cette mie de pain dégagée par le fils...coquetterie? Non, sensibilité vive camouflée en pudeur.
    En 122 pages, comme "La Place", Patrice Robin, fils de Pierre, signe une oeuvre poignante, sans pathos ni froideur. A la juste place du coeur et de l'écriture.

    Philippe Leuckx

     

  • La soif de connaissances

    Quand il fait chaud, j’ai soif de connaissances. Je peux avaler une plein cubi de savoirs en tout genre. Rien ne me rebute, cela va de la fabrication du vin en Bourgogne à la distillation de l’alcool de riz en Chine du Nord, de la fabrication du whisky en Basse-Ecosse à la consommation du pastis en Haute Provence, de la culture liée à la bière d’abbaye en terre wallonne à la fermentation des boissons à base de céréales dans la vallée du Nil. Au rythme où va le réchauffement de la planète, je pense que je finirai ma vie plus érudit qu’un moine du Moyen Age ou qu’un docteur en œnologie.

  • deux trois idées poire

     

    du fer dans les épinards

    du plomb dans l’elle

    je rouille sur l’or

    marre de la mer

    et de ses nappes

    de peste rose

     

    les pieds en emmenthal

    je compte mes peines

    sur le bout des mes joies 

    puis je plonge

    dans mes pensées

    deux trois idées poire

    histoire de tuer dans l’œuf

    toute velléité d’existence

    &

    de boire

    sans mot d’arrêt d’action

    à tous les verres solitaires

  • Stéphane Guillon / France Inter en burqa

    Sa dernière chronique après son éviction de France Inter

    François Morel dans sa chronique ("Fini de rire") défend Porte et Guillon

  • Le temps dur

    j’ai le temps dur

    pour les souvenirs de toi

    qui font des trous

    dans ma mémoire

     

    pour contrer cela

    je me suis construit

    des présents inaltérables

    en matériau anti futur

     

    seulement parfois

    quand le vent est au passé

    l’air d’hier me ramène

    des espèces de bonheur

     

    en forme de fleurs fanées

  • Anna Calvi / Love won't be leaving

    A la fin d'un de ses concerts, Brian Eno aurait dit qu'il n'avait pas ressenti un tel choc depuis Patti Smith...

    http://www.myspace.com/annacalvi

  • Au ciel!

    J’t’envoie au ciel, lui disait-il, en la bousculant. V’là, vlan, c’est fait, t’es au ciel, c’est comment ? Tu m’as jeté trop loin, imbéciel, criait-elle, je ne sais plus redescendre. Tu m’as mis la tête à l’envers, j’vois tout par-dessous. C’est bien fait pour toi, répliquait-il, t’avais qu’à rester le cul en l’air et les pieds dans la dalle. Et ne pas me dire les mots comme bleu, beau, bien qu’aucune cariatide ne m’avait jamais dits.

  • Ma vuvuzela

    Depuis le début de la Coupe du Monde, je souffle dans ma vuvuzela et ça me fait un bien fou. Ma famille ne peut plus écouter les matches. Mon patron non plus ni mes collègues. Pas plus que mes voisins. Je sais qu’une fatwa a été lancée contre moi par mon entourage et que la curée sera épique. Ma vuvuzela sera réduite en miettes et, si après le passage à tabac dont je ferai les frais, j’ai encore l’usage de ma bouche, j’imiterai le son de la vuvuzela jusque dans les allées du ciel pour empêcher anges et démons de suivre la finale en paix.   

     

  • Nuage brun sur Berlin (la chronique de D. Billamboz)

     

    Nuage brun sur Berlin

    Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un livre qui m’a profondément ému et particulièrement marqué. En effet, depuis ma plus tendre enfance, j’entends parler de cette innommable guerre qui a ravagé l’Europe au cours du siècle dernier et je n’arrive toujours pas à comprendre comment tout un peuple, apparemment civilisé, a pu être complice d’un tel massacre. Mon père a participé à cette infâme boucherie en tant que pauvre soldat sans défense, exposé à la vindicte des assaillants, et emprisonné pendant cinq ans comme de nombreux autres jeunes hommes envoyés au front pour essayer d’endiguer la vague teutonique. Il m’a raconté, raconté, et encore raconté, et j’ai essayé de comprendre ce qui c’était passé et pourquoi ce conflit à pris de telles proportions et une tournure aussi inhumaine. Beaucoup de questions que je me pose toujours sont restées sans réponse et, l’an dernier, en passant par Berlin où une exposition présentait les principaux acteurs de cette guerre, j’ai constaté, avec stupeur, que je connaissais tous les bourreaux et aucune des victimes. L’Allemagne a eu, elle aussi, ses justes mais personnes ne les évoque.

    Ainsi, j’avais de multiples raisons de plonger dans cet ouvrage qui, de plus, a été publié l’année de ma naissance, juste après la fin de cette infâme guerre. Fallada ne répond pas à toutes mes questions mais il nous montre comment les petites gens ont traversé cette période et dans quelles conditions ils ont vécu sous la botte nazie où être d’un avis différent de la majorité était déjà une condamnation à mort.

     

    Seul dans Berlin

    Hans Fallada (1893 – 1947)

    Fascinant, étouffant, époustouflant, terrifiant, bouleversant que dire en sortant de ce livre, exceptionnel témoignage de la vie des petites gens dans l’Allemagne nazie des années de guerre ? Hans Fallada (Rudolf Ditzen pour l’état civil) rédige la chronique de la vie de la petite communauté d’une cage d’escalier constituée par des Allemands moyens qui pourraient représenter la population allemande de l’époque : la commerçante juive cloîtrée chez elle dont le mari est emprisonné parce que les juifs ce sont enrichis en volant les Allemands, la famille nazie dirigée par un père ivrogne et fort en gueule prêt à toutes les combines pour s’enrichir, mais en fait sous l’influence du plus jeune fils qui va intégrer l’école des cadres du parti et qui domine, non seulement son père, mais ses deux frères SS et sa sœur gardienne zélée dans un camp de concentration, le salopard de service, voleur, menteur, manipulateur, délateur, toujours dans le camp du plus fort et du plus avantageux, un brave retraité, très discret mais toujours là pour jouer le rôle du juste et la brave famille Quangel qui vient de perdre son unique fils sur le front russe.  « Mère ! le Führer m’a tué mon fils. » Devant cette douleur insurmontable Anna et Otto Quangel décident de réagir et de lutter contre le régime, mais de lutter seul car personne n’est sûr, «  Ils ont peur, tellement peur…. » et ils veulent pouvoir lutter longtemps tout en connaissant l’issue de leur combat.

    Alors commence un long chemin de croix qui conduira les Quangel vers leur destin final comme des milliers d’Allemands qui n’ont pas plié sous la cravache des nazis. Ceux qui sont peut-être devenus  de vrais martyrs et qui ne seront jamais reconnus comme tels, ni même comme des justes, ils resteront des anonymes dont le combat n’aura servi à  rien ou peut-être pas ?

    «  - … Vous avez résisté au mal, vous et tous ceux qui sont dans cette prison. Et les autres détenus, et les dizaines de milliers des camps de concentration… Tous résistent aujourd’hui et ils résisteront demain.

    -         Oui et ensuite, on nous fera disparaître ! Et à quoi aura servi notre résistance ?

     

    -         A nous, elle aura beaucoup  servi, car nous pourrons nous sentir purs jusqu’à la mort. Et plus encore au peuple, qui sera sauvé à cause de quelques justes, comme il est écrit dans la Bible. Voyez-vous, Quangel, il aurait naturellement été cent fois préférable que nous ayons eu quelqu’un pour nous dire : « Voilà comment vous devez agir. Voilà quel est notre plan. » Mais s’il avait existé en Allemagne un homme capable de dire cela, nous n’aurions pas eu 1933. Il a donc fallu que nous agissions isolément. Mais cela ne signifie pas que nous sommes seuls et nous finirons par vaincre. Rien n’est inutile en ce monde. Et nous finirons par être les vainqueurs, car nous luttons pour le droit contre la force brutale. »

    En quelques lignes Fallada a posé les problèmes essentiels qui nous restent  à résoudre après cette énorme boucherie, ce monument de bestialité, qui a mis en exergue toutes les bassesses dont l’humanité est capable et même au-delà de ce qu’on pouvait imaginer à cette époque.

    -         La culpabilité allemande : qui est coupable ? Jusqu’à qui s’étend cette culpabilité ?

    -         La rédemption : les martyrs peuvent-ils racheter les autres ?

    -         Le pardon : il n’est même pas évoqué tant la faute est ignoble et semble peu pardonnable !

    -         La vie après l’horreur : malgré une certaine morale à la fin de l’ouvrage « Cependant, nous ne voulons pas fermer ce livre sur des images funèbres : c’est à la vie qu’il est dédié, à la vie qui sans cesse triomphe de la honte et des larmes, de la misère et de la mort. » Cette vie sera pourtant bien difficile pour ce jeune, pour ces jeunes, qui devront assumer la vie des pères !

    Ce témoignage est absolument exceptionnel, je ne sais comment Fallada a vécu pendant la guerre mais il a une connaissance très pointue du fonctionnement de la police, du milieu carcéral et du comportement des Allemands qui vivent quotidiennement la trouille au ventre. Il a certes fréquenté les prisons mais c’était avant 1933. La finesse des mécanismes qu’il décrit est absolument hallucinante, les auteurs de polars devraient le relire régulièrement. La logique n’est jamais prise en défaut, le hasard n’intervient que parce qu’il existe et non parce qu’on a besoin de lui. La mécanique du roman est d’une perfection horlogère !

    Mais ce livre n’est pas seulement un témoignage, c’est aussi un très grand roman que Fallada conduit de main (celle qui tient la plume) de maître. Au début, il nous raconte une petite histoire bien linéaire, dans un style tout simple, presque simpliste, qui nous ennuierait vite. Mais progressivement le style s’efface, les mots disparaissent et seule l’émotion, la douleur, la révolte, l’admiration, la compassion, l’incrédulité restent sur les pages et quand on arrive au dénouement le livre est devenu véritablement charnel tant on le sent dans la main comme un membre qui vit encore et dont il falloir se séparer pour rester seul avec les questions qu’il nous pose en ayant le sentiment d’avoir tutoyé les saints.

    J’ai été très long, trop ? Je ne sais ! Ce livre touche à mon enfance et à l’histoire inscrite dans la chaire des parents de ceux ma génération et depuis que je suis en âge de comprendre les choses, j’essaie de pénétrer cette histoire. Matin Walser (Une source vive) a déposé sa plume là ou Fallada l’a trempée dans l’encre et Ernst Wiechert (Missa sine domine) la reprise pour nous demander de pardonner mais Hans Lebert (La peau du loup) a fait revivre les démons qui ont hanté cette période de l’histoire et qui ne sont pas tous mort.

    Denis Billamboz

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  • L'appel du 18 juin typographié

    "C'est dans le cadre d'un projet multimédia pour son Master de l'Université de Rennes que Richard Simon a réalisé cette mise en scène en typographie animée de l'appel du 22 juin 1940 du Général de Gaulle. Appel qui, au contraire de celui du 18 juin, a bien été archivé.

    Emu par ce texte, Richard Simon a tout d'abord «travaillé sur papier afin de réfléchir sur chaque mot de ce discours, et voir comment [il] pourrait les organiser dans l'espace, afin d'en faire ressortir toute sa force, et surtout avec le soucis de ne dénaturer en aucun le propos». Des heures de boulot sur le logiciel After Affects, et voilà le résultat pour une commémoration tout sauf plombante." Source: Libé.fr

     

    Des 18 juin à la pelle! (sur le blog de Pierre Assouline)

    http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/06/18/des-18-juin-a-la-pelle/#comments

    Que reste-t-il de De Gaulle en 2010? (sur LesInrocks.com):

    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/46086/date/2010-06-20/article/de-gaulle-bouffe/

  • L'appel (à textes) du 18 juin: textes "sur" des prénoms

    Dans le cadre d'une petite série estivale, je posterai des textes courts, poèmes, écrits à propos ou autour de prénoms. Avis aux amateurs et amatrices!

    Vous pouvez m'envoyer vos textes ou propositions de textes et chansons sur le même thème à l'adresse suivante: ericallard@brutele.be

    ou directement sur l'adresse du blog.

  • Ray Charles / Georgia on my mind

    Au Festival de Montreux en 1997

  • Philippe Soupault / Georgia

    Je ne dors pas Georgia
    Je lance des flèches dans la nuit Georgia
    j'attends Georgia
    Le feu est comme la neige Georgia
    La nuit est ma voisine Georgia J'écoute les bruits tous sans exception Georgia
    je vois la fumée qui monte et qui fuit Georgia
    je marche à pas de loup dans l'ombre Georgia
    je cours voici la rue les faubourgs Georgia
    Voici une ville qui est la même
    et que je ne connais pas Georgia
    je me hâte voici le vent Georgia
    et le froid et le silence et la peur Georgia
    je fuis Georgia
    je cours Georgia
    Les nuages sont bas il vont tomber Georgia
    j'étends les bras Georgia
    je ne ferme pas les yeux Georgia
    j'appelle Georgia
    je t'appelle Georgia
    Est-ce que tu viendras Georgia
    bientôt Georgia
    Georgia Georgia Georgia
    Georgia
    je ne dors pas Georgia
    je t'attends Georgia


    Philippe Soupault, 1926

  • Scandinavian Songs: The Tallest Man on Earth

    The Tallest Man On Earth sort son troisième album.

    Voir Scandinavian Songs (15):

    http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/post/7624946/scandinav-songs-15-the-tallest-man-on-earth#comments

    The Wild Hunt

    King of Spain

    http://www.myspace.com/thetallestmanonearth

     

     

  • Les lampes

    J’ai peur des lampes, j’ai peur qu’elles me brûlent, qu’elles me sautent au visage. La faute au soleil, qui était absent ! Saletés de lampes, jamais je n’aurais dû les laisser m’approcher quand j’étais enfant. Toujours à m’entourer dès qu’il faisait noir. La faute à mes parents, qui ont permis ça ! J’étais si intimidable. Et elles étaient si nombreuses et si fortes. Que j’ai succombé. La faute à la nuit, qui tombait chaque soir ! Aujourd’hui je suis en thérapie, mon psy me reçoit tous rideaux tirés avec des bougies. La faute à ma phobie, dit-il. Il ne me raccompagne jamais sur le seuil, il a une peur blanche de la lumière naturelle

  • Scandinavian Songs (40): THE RADIO DEPT

    The Radio Dept est un groupe suédois formé en 1995. Ils connaissent leur premier succès en 2003.

    Heaven's on fire

    Pulling our weight (in b.o. du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola)


    http://www.myspace.com/officialradiodept

     

  • Les ornements

    - Je vous l’enveloppe ?

    - Non, c’est un petit mail 

    - C’est plus seyant !

    - Si vous le dites...

    - Je mets un ruban ?

    - Non, simplement un petit clic.

  • Scandinavian Songs (39): EL PERRO DEL MAR

    El Perro Del Mar, de son vrai nom Sarah Assbring, est une chanteuse suédoise. Elle a sorti quelques albums depuis 2004.

    Change of heart

    Glory to the world (live)

    http://www.myspace.com/elperrodelmar

     

  • Guillaume Siaudeau : 3 poèmes

    Ne pas oublier


    Je ne me rappellerai

    pas de tout c'est certain

    mais ton sourire mis à nu

    par l'audace du soleil

    est une des choses

    que je n'oublierai pas


    +++


    Encore combien


    Je me demande si des fleurs

    faneraient dans ses cheveux

    si sa gorge quand elle boit

    ressemble à une cascade

    quel temps il fait derrière

    la peau ronde de son ventre

    combien d'hommes sont arrivés

    au sommet de ses seins

    combien de nuits sont encore

    prisonnières de son coeur


    +++


    Comme une chanson

     

    Tu es comme

    cette vieille chanson

    dont on ne se lasse jamais

    comme cette chanson mélancolique

    que les gens mettent

    dans la playlist

    de leurs funérailles

     

     

    Poèmes de Guillaume Siaudeau.

    +++++

    Le blog de Guillaume Siaudeau: La méduse et le renard

    http://lameduseetlerenard.blogspot.com/

     

     

  • Scandinavian Songs (38): JUNIP

    Junip est un groupe suédois avec José Gonzales. Il vient de sortir son second album.

    Voir Scandinavian Songs (18): José Gonzales

    http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/post/7632843/scandin-songs-18-josE-gonzAlez#comments

    Rope and summit

    At The Doors

    http://www.myspace.com/junip

  • TOUT PRÈS DE CHEZ NOUS! (la chronique de D.Billamboz)

    Tout près de chez nous !

    Il n’est pas toujours nécessaire de partir à l’aventure au grand large pour découvrir des lectures passionnantes, il suffit parfois de contourner les piles de livres trônant à l’entrée des librairies,  de fouiner un peu dans les salons littéraires ou de chercher dans les recoins de la toile. Ainsi en 2008, j’ai eu la chance de trouver deux livres qui m’ont séduit, écrits par deux jeunes femmes pleines de talents, parfaitement méconnues ou presque, à qui je voudrais donner un petit coup de pouce. Il serait parfaitement prétentieux de croire que mon avis puisse intéresser la foule des lecteurs, mais le simple fait de citer ces jeunes auteurs dont on parle trop peu, hélas, est déjà une reconnaissance de leur talent. J’ai trouvé le livre de Joëlle Tiano dont je n’ai trouvé aucun renseignement bibliographiques sur la toile ; si vous en avez, je serai heureux de les lire ; dans ma bibliothèque habituelle et je l’ai emprunté par curiosité et bien m’en a pris. Aude Walker, je l’ai rencontrée au salon du livre local où elle avait obtenu le prix du premier roman et j’ai acheté ce roman par pure curiosité aussi et là encore j’ai été touché par ce récit. Deux premiers romans écrits par deux jeunes femmes qui feront peut-être carrière dans les lettres…

    L’enchanteur et illustrissime gâteau café-café d’Irina Sasson

    Joëlle Tiano (…. - ….)

    Un  régal, un délice, une gourmandise  ce petit livre où les mots dégoulinent comme les notes d’un nocturne de Chopin, ou les phrases coulent comme le grand fleuve tranquille derrière la maison et qui sent bon les grains de cannelle qu’Irina met avec parcimonie et amour dans son fameux gâteau  qui a accompagné toutes les étapes importantes de sa longue vie qu’elle se raconte, la centaine, venue. « C’est à son entrée à San Joao-San Antao qu’Irina prit l’habitude de chaque jour traduire de petites phrases dans les langues de sa destinée pour l’amener à parler. De se réciter des poésies  à haute voix. Pour s’entretenir. Elle finissait toujours par la recette du gâteau café-café. » Le gâteau de sa vie, celui qu’elle fit  dans tous les moments de bonheur et de malheur qu’elle connut au cours de sa longue existence là-bas dans un lointain pays d’Amérique du Sud, loin de ses parents vivant à Paris puis envoyés là-bas vers l’Est pour un voyage dont bien peu sont revenus.

    Ce livre est écrit à deux voix, celle du narrateur et celle d’Irina, où se mêle, parfois, une troisième celle de Susan sa petite-fille venue à son chevet pour accomplir le geste en forme de rite qui bouclera la vie de cette petite femme à la forte personnalité qui forgea son bonheur dans l’exil malgré des conditions peu propices. « Aux yeux d’Adriano je n’existe, je crois, qu’à travers les rôles et les fonctions qu’il m’a dévolus : sa femme, la bru de sa mère, la belle-sœur de ses frères, la maîtresse de sa maison – en second, après sa mère vieillissante -, la gardienne de sa demeure, la mère de ses fils à venir et puis, pour les employés de la Compagnie, l’épouse de l’un des directeurs. ». Irina chante avec une grande sensualité les plaisirs de la vie simple avec ses goûts, ses odeurs, ses images et sa musique mais aussi ses contraintes et ses malheurs : la place de la femme, l’exil, la maladie, la guerre, la déportation, … Mais «  Jusqu’où iras-tu comme ça ?… - Jusqu’où tu m’aimeras. » pour que l’amour toujours triomphe et que la vie soit transmise à travers la recette du fameux gâteau café-café.

    Ce livre est une véritable friandise car ce gâteau c’est ma madeleine à moi, ma mère le faisait aussi, et je l’ai senti et mangé au détour de chaque page mélangeant goulument littérature et gourmandise.

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    Saloon

    Aude Walker (1980 - ….)

    « Ce soir, j’ai croisé ma mère et elle ne m’a pas reconnue. » Lisa, serveuse dans un palace parisien, plaque tout, job, père, copain et dégage, rapide, vers l’Amérique, là-bas près de New-York dans la villa fastueuse et décatie où cette mère dédaigneuse s’apprête à parader devant les reliques de la société huppée qui hantait ce bout de côte de l’Atlantique quand la famille était au zénith de sa gloire et de sa fortune. Ce morceau d’Amérique qui vit aussi un certain Gatsby perdre une bonne partie de sa magnificence.  Avec son frère adulé,  elle retrouve tous les fantômes qui ont peuplé son enfance et son adolescence quand son père a fui devant la folie de sa femme gavée d’alcool et  folle de sexe, et qu’elle y  revenait seule pour les vacances. Elle vient chercher le regard de cette mère qui ne voit que sa propre image, icône encore belle de cette dynastie déchue, un peu d’affection, un peu d’amour et sa personnalité qu’elle n’a pas trouvée dans l’exil parisien que son père peuple de nymphettes à peine déniaisées. Cette quête de son moi pourrait être une parabole de cette Amérique dont le fric est sniffé, bu, avalé, dégueulé par une tribu décadente, issue des grandes familles fondatrices de cette nation, qui flambe, frime et brade les soldes des générations précédentes qui avaient déjà dépassé le cap de celle qui bouffe la baraque, sans laisser le moindre espoir à ses enfants.

    Aude écrit comme Christine Arron court le cent mètres, elle jaillit des starting-block, règle la cadence, hausse la fréquence, décoche la formule qui percute,  sort un raccourci fulgurant, joue de l’allégorie et de l’oxymore pour terminer comme un ouragan qui balaie ce bout de côte et emporte tout sur son passage car la vie n’est pas possible dans ce monde fossilisé et perverti où les êtres n’ont conservé de l’humanité que ce qui les dégrade et les détruit : maladie, accident, suicide, overdose, le frère dresse le glorieux palmarès du cocktail alcool, drogue, mœurs décadents.  Aude parle « djeun » mais son vocabulaire déborde largement du quota de mots affectés à nos hommes politiques pour qu’ils puissent se faire comprendre de leurs électeurs, et son style ferait l’affaire de nombreux écrivains qui nous endorment à longueur de lignes.  Le risque avec cette écriture, c’est d’en faire trop et de tomber dans le piège de la formule pour la formule, de l’effet pour l’effet et de perdre le rythme du texte et la cadence du récit. Mais Aude aime trop la musique ; de Puccini à Chuck Berry au moins, pour succomber au piège!

    La littérature francophone qui désespérait tant de lecteurs avec ses écrivains surmédiatisés qui ont fini par nous saturer de leurs jérémiades et de leurs histoires égotiques, prend soudain un coup de jeune vivifiant avec les Appanah, Taino, Walker, jeunes femmes bourrées de talent, d’audace, d’amour, de tendresse, …, qui nous racontent des histoires merveilleuses, terribles, touchantes, frémissantes ou vibrantes mais des histoires pleine de vie et d’émotion. Ouf, je croyais que c’était un rêve impossible !

    Denis Billamboz


     

  • Scandinavian Songs (37): HJALTALÍN

    Hjaltalin est un groupe islandais composé de 7 musiciens. Ils sortent leur second album.

    Traffic Music

    Stay by your video

    http://www.myspace.com/hjaltalinband

  • Le mal

    Un jour, il observa que son amour grandissait, grandissait. Il consulta. Mais aucun médecin de l’âme, aucun spécialiste ne put guérir le mal. Et ce qui devait arriver arriva : il mourut dans d’affreuses félicités.

  • Scandinavian Songs (36): JÓNSI

    Jónsi est le chanteur et guitariste du groupe Sigur Rós. Il est né en 1975 en Islande. En 1994 il fonde le groupe Sigur Rós...

    Voir Scandinavian Songs (16): Sigur Rós:

    http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/post/7627121/scandin-songs-16-sigur-rOs#comments

    Boy lilikoi

    Go do

    http://www.myspace.com/jonthorbirgisson

     

     

     

  • Patrick Aveline : Le trou des voyelles

    Si aux confins de l’ennui guidé par quelque odyssée sédentaire tu venais à musarder aux vésicules des mots-bile, à barboter au marigot des syllabyrinthes, suspendant ton souffle à la fibule d’une cédille catalane, nouant ficelle à la petite queue d’un ogonek lituanien à l’hirondelle slave d’un chevron. Tentant de modifier une valeur phonétique aux tristes consonnes. Te risquant à  naviguer de bord en bord au gré d’un Z aux caps déroutants, errant sans but, convoité les nuits cinérama par les fosses abyssales. Déploie ta chilienne rayée de vert et blanc même si la nue te semble informe. Abandonne-toi quelques instants et prends alors le temps de lorgner par le trou des voyelles. Attention uniquement par le trou des voyelles. Ne t’aventure pas à laisser traîner un majeur tatillon dans l’espace béant du trou d’un Q ou inexplicablement confiant à tremper tes génitoires échauffées dans le double bidet d’un B chafouin et son eau caraïbe. Le vide sidéral te happerait par le colback ou par autre chose. Condamné à jamais d’un seul vol plané d’un seul à battre la campagne au champ gravitationnel d’un quasar de caserne. Assied-toi donc et attarde-toi plutôt à l’alvéole isocèle du A, jettes-y d’abord tes quinquets. Puis, à peine y auras-tu passé le cou, évitant soigneusement sa guillotine de margarine, que tu sentiras émerger aux fissures des îles arabiques, les fleurs des dragonniers millénaires. Celles-là mêmes qui dégagent à chaque excision des vapeurs orangées laissant vagir sur les hauts plateaux désertiques un écho de brume et leurs sèves rouges. Et si d’aventure la cécité te gagne moins qu’une agonie d’hamada, muse encore quelques instants au bel oblong du O. Caresse le prudemment de ton index gauche, de tes yeux fermés. Puis à peine auras-tu tendu les bras en son travers, esquivant scrupuleusement ses barbelés de soie, qu’un vieil amblyope te prendra la main et t’apprendra à lire sur les lobélias géants des Monts de la Lune. Ses meutes de cathédrales ses obscurités de glace, coiffant de bonne grâce le gigantisme insolite de leur flore bariolée. Les sources légendaires y affleurent de chaque moiteur y sourdent de chaque solitude. Et s’il n’est plus de trou abreuvant les voyelles, de caillou fromage au poing de l’ogre, il y a somme toute échafaudage. Si le jarret est suffisamment en veine, gravis chaque échelon du E et sur la plateforme sommitale, comme sur celle du I, évitant du vertige ses périphrases, enjambe avec une précise obséquiosité le garde-fou. Et observe la bouche édentée du vieux Bochiman te dire lentement le tricot serré du fleuve qui ne rejoint jamais la mer, son canevas, les phases narratives du déroulement de ses tentacules. Dès l’apex du delta ses hésitations qui lui sont fatales. Aucun des deux océans ne connaîtra la couleur de ses eaux. Seuls les sables du désert de la grande soif se gorgeront de leurs sucs. Quant au i grec, voyelle à vapeur, si elle est seule à avoir le courage de ne supporter aucun accent, elle ne peut cependant se targuer d’être exempte de tout diacritique. Si donc le plafond bas de son tréma héroïque te ménage quelque paisible alcôve, adosse-toi à l’une des branches du beau houppier de cet Hellène symétrique et cale tes nu-pieds en éventail. Chausse tes lunettes de glacier, admire le toit du plus vieux continent, son cône étincelant, la polysémie de ses sentiers, la voix brûlante de son ventre d’où les éjaculations rétrogrades stagnent à la surface de ses lacs bleu lait.

    Tu sauras ainsi que regarder par le trou des voyelles est inoffensif si ce n’est que cela crée une dépendance certaine. En outre, et là réside l’essentiel, cela développe cette capacité innée d’inventer un champ personnel que certains nomment imagination.


    Patrick Aveline

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    Patrick a publié un recueil de poésies aux éditions L'orée du château: "Formulaire 36 suivi de Coeurdillière des Anges". A se procurer chez l'auteur:  patrickaveline@free.fr



     

  • Scandinavian Songs (35): MINOR MAJORITY

    Minor Majority est un groupe norvégien de cinq musiciens, né en 2000.

    I drink alone

    Dancing in the backyard


    http://www.myspace.com/minormajority