• Serge Teyssot-Gay & la fin de Noir Désir

    La fin de Noir Désir

    http://www.france-info.com/chroniques-le-journal-de-la-musique-2010-11-30-la-fin-de-noir-desir-500455-36-38.html

    Serge Teyssot-Gay / Les gens d'ici

    Serge Teyssot-Gay & Khaled AlJaramani / Baïati


    http://sergeteyssot-gay.com/


  • quel iceberg...

    quel iceberg pour relever la tête

    de la mer pleurant sur le sable

    ses chansons de vagues et de vent

     

    sans manteau la neige m’atteint

    par glaciations successives

     

    pendant que les picorements du sel

    font des crêtes blanches à mes souvenirs

     

  • Scandinavian Songs (44): Sambassadeur

    Sambassadeur est un groupe suédois formé en 2003. Ils ont emprunté leur nom à une chanson de Serge Gainsbourg. Ils ont sorti leur troisième album en février 2010.

    Stranded

    Days

    http://www.myspace.com/sambassadeurtheband

  • Mon sauvetage

    Samedi soir je suis descendu à la cave. Et y suis resté pour dépoussiérer mille et une bouteilles de pinard. Je n'étais pas devant ma télé pour On n’est pas couché. Et dimanche matin, à l’heure de la messe, j’étais encore là, près de la chaudière, dans les relents vineux : j’avais ouvert trop de bouteilles sans les refermer. Incapable de  faire un pas droit, j’ai appelé la chef du syndic qui a appelé la tv locale qui est venue et a filmé ma remontée peu glorieuse à la surface à l’aide d’une tracteuse à poivrots. Très noir mais sans suie, j’ai remercié (j’avais une longue liste en tête) le chef de la police et des pompiers,  ma nounou, mon toutou (resté seul là-haut), Bart de Wever (on ne sait jamais, je n’avais pas suivi l’actualité de la nuit), tous mes ascendants (par ordre alphabétique), le président des alcooliques à coliques, pas celui du MR mais celui du FMI et surtout le président des vignobles de France. J’ai fini par remercier la chef du syndic (émue aux larmes) sans qui j’aurais moisi là-bas (le lieu n’a jamais été si bien nommé) jusqu’à lundi matin au pire.   

  • "Dans l'oreille profonde" de Marc Dugardin, par Philippe Leuckx

    Un de nos meilleurs poètes. Discret, sûr de sa langue et fidèle à des thèmes qu'il décline, approfondit : la mémoire, l'enfance, l'écoute d'autrui.

    Les titres antérieurs parlent d'eux-mêmes : « Soupirail d'enfance », « Solitude du choeur », « L'écoute infiniment »...

    Très structuré, le livre est tout à la fois approche des matières humaines et partition musicale en quatre mouvements.

    Les premiers textes, en prose, explorent cette dimension unique de l'échange : qu'est-ce qui peut bien relever un être, si ce n'est une consolation lointaine?

    La mémoire est le noeud de cette exploration : il faut au poète consigner l'indicible, les actes, même les plus atroces pour tenter de comprendre, et qui sait?, s'en libérer : ainsi les massacres de 1968 au Mexique, peut-être trois cents étudiants assassinés pour que l'Etat ne faiblisse pas.

    Et les mots doivent suivre pour relayer l'exact de l'horreur:

     

    les mots! Les mots!

    qu'ils dégoulinent!

    qu'ils éclaboussent!

    qu'ils giclent!

     

    Revenu de l'horreur? Libéré? Le statut du voyageur est bien complexe, lui qui, d'être désarmé, n'est plus lui-même, sinon d'autres facettes de son voyage.

     

    « Huit variations » sur l'étoile, la juive endolorie,  les étoiles à sauvegarder, et peut-être aussi sans berger d'aucune sorte, et peut-être aussi la « secourable » :

     

    ou ce serait

    à son tour de tendre la main

     

    à celui qui remonte à la surface

          qui respire encore

    elle ne demande pas

    quel est son nom

     

    Un important « Cahier d'études » affine encore le propos et analyse les composantes essentielles d'un parcours de poète. Qu'est-ce écrire sinon « recracher le poème/ dans tout ce ballottement/ ce rien que boue »? Comment dicter les « mots » à mettre sur les maux?

    La sensibilité du poète élève le statut de l'auteur à un vigile de la conscience (« ici je n'ai pas honte de mon visage »),  rend force et hommage à la petite Antigone,  aère l'étouffement dont il est prisonnier...

    Des images soufflantes osent héler « l'espérance » : « la nuit vient au veilleur » et, au bout du compte, qu'a-t-on sauvé? Les derniers mots du beau livre, de deuil, de compassion « profonde » signent « l'inépuisable pourtant/ comme quelqu'un  nous écouterait l'écouter ».

    Le livre replié,  le lecteur retient sur sa paume les éclats de souffrance et les mots choisis, au plus près du deuil. Mais qu'en est-il en soi de ce deuil lent? 

     Ed. Le Taillis pré, 2010, 90p., 10 euros

    Philippe Leuckx


  • Scandinavian Songs (43): Olöf Arnalds

     

    Olöf Arnalds est une chanteuse islandaise de 30 ans. Membre du groupe Múm ( http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2010/02/03/scandinavian-songs-20-m%C3%BAm.html), elle sort son premier album en 2007. Le second, Innundir skinni, vient de sortir...

    Crazy car

    Innundir Skinni

    Surrender (avec Björk)

    http://www.youtube.com/watch?v=cbJS2pln0Wg&feature=related

    Myspace

    http://www.myspace.com/olofarnalds

  • Alan Bennett / La Reine des lectrices

    51u78gs7gEL._SL500_AA300_.jpg

    Naissance d'une passion

    Sa Majesté la Reine Elisabeth II découvre la lecture (puis l’écriture) grâce au bibliobus qui dessert la commune de Westminster. Elle y prend vite goût et sa vie s’en trouvera modifiée. Mais, surtout, sa neuve passion va la faire sortir de sa réserve légendaire et générer des petits désordres dans ses activités jusque là très organisées de reine en exercice. Elle trouve dans cette découverte un allié en la personne d’un cuisinier, rencontré dans le bibliobus, qui va devenir son conseiller à la lecture. Cela n’ira pas sans provoquer jalousies et interrogations, jusqu’au cabinet du Premier ministre. Mais la Reine fera face...

    Une fiction savoureuse qui, l’air de rien, suscite une réflexion amusée sur la lecture et, incidemment, sur l’écriture qui en est l’inévitable prolongement. Toutes activités, laisse entendre l’auteur, qui ne peuvent que transformer en profondeur la personne qui s’y adonne, qu’elle soit reine ou valet. E.A.

  • Fan

    Je suis un fan de la première heure d’Eddy Guitar (de son vrai nom, Jules-Edouard Smet). Très vite, j’ai collectionné ses photos, ses autographes, des objets lui ayant appartenu, des anecdotes le concernant. Même si ma dévotion à son endroit a pu parfois l’étonner, il n’a jamais été condescendant. Il ne m’a jamais pris de haut, il s’est toujours montré aimable, pas chiche de son temps quand je lui en réclamais pour le voir, lui parler, lui dire l’immense bien que je pensais de lui, de ses tournées dans mon quartier, de sa dégaine, de ses gants, de ses bottes, de tout son costume de travail de collecteur des ordures ménagères pour le compte de l’entreprise locale de gestion des immondices.

  • Scandinavian Songs (42): Agnes Obel

    Agnes Obel est une Danoise de 29 ans qui vit à Berlin Elle sort son premier album, Philharmonics, en octobre 2010. Une de ses chansons, Just so, a été entendue dans une pub et quelques-unes de ses chansons font partie de la b.o. d'un film de Thomas Vinterberg.

    Riverside

    Brother Sparrow

    Pour en savoir plus

    http://www.lalibre.be/culture/musique/article/614219/agnes-obel-un-ange-passe.html

    http://www.myspace.com/obelmusic

     

     

  • Instruments en bataille

    - Comment tuba ?

    - Comme une trompette.

    - Avec du souffle et des pistons ?

    - Non, avec des cordes et un archet

    - Mélomaniaquement alors ?

    - Violonnellement !

     

  • J'ai sorti mon chien

    Samedi soir j’ai sorti mon chien en discothèque. Danser sur les tubes des années 80 était devenu son idée fixe depuis qu’il avait vu la photo de Desireless imprimée dans sa gamelle à croquettes. Des musiques que tu n’as même pas connues, je lui disais en route. Il ne voulait rien entendre et filait droit vers son but en remuant la queue. Sur place, des gros matous l'ont arrêté, c’était une boîte pour chattes. Il a fait patte blanche et on l'a laissé entrer. Il a fait la fête jusqu’au petit matin parmi les ronronnements et les coups de griffe. Parfois il se retirait dans une niche avec sa partenaire, une belle Angora aux poils roux dressés. Au retour il était fier comme un paon qui aurait joué des plumes devant un parterre de spectateurs éblouis. La semaine prochaine, il a décidé d’aller danser le twist et le madison (son Angora lui avait susurré du Dick Rivers). Des musiques que tu n’as même pas connues, je lui ai disais...

     

    Revoir le clip (1987) signé Bettina Rheims

    Dick Rivers/medley

    http://video.mytaratata.com/video/iLyROoaft-94.html



  • Regarder de l'autre côté, par Denis Billamboz

    Regarder de l’autre côté

    J’ai rassemblé ces deux textes un peu fantastiques, et même pas mal, car tous les deux évoquent cette question tellement angoissante et préoccupante mais tout aussi excitante de l’au-delà. Que  peut-il y avoir derrière le miroir de notre vie ? Jonatham Lethem, un Américain, n’apporte, bien sûr, pas la réponse mais il nous montre comment cette question peut préoccuper, voire inquiéter, même les savants les plus chevronnés. Et, Jacques Tremblay, un Québécois, est, lui, allé voir ce qu’il se passait au pays des artistes disparus dans un livre truculent et jouissif.

    41WEHNRB89L._SL500_AA300_.jpgAlice est montée sur la table

    Jonathan Lethem (1964 - ….)

    « A l’horizon du réel » Alice recherche un nouvel  univers, peut-être son Pays aux Merveilles ? Et, délaisse Philippe, son amoureux,  qui met tout en œuvre pour ne pas perdre la belle et son amour.  Au cours d’une manipulation par laquelle « le Professeur Soft et son équipe comprimaient la matière pour essayer de créer un nouvel univers », une anomalie fait déraper l’opération qui génère alors une brèche vers un nouvel univers, le Lac comme la lacune, qui devient le sujet de toutes les attentions sur le campus. Alice se passionne pour Lac et s’éprend même de lui car Lac a montré qu’il pouvait transporter des objets et des corps dans un autre univers mais qu’il était, aussi, capable de faire des choix qui bizarrement ressemblent à ceux d’Alice. Mais il refuse obstinément de l’emmener dans cette autre dimension et elle en conçoit une forte contrariété qui influe fortement sur son caractère et son comportement. Philippe, alors, développe tous les stratagèmes possibles pour garder son amoureuse avec l’aide de deux aveugles hauts en couleurs dont l’un possède la vision aveugle.

    Philippe, spécialiste des sciences molles, c’est Candide égaré au pays des sciences dures et des convictions inébranlables qui essaie de montrer le chemin de la raison à tous ces scientifiques qui ont perdu le contact avec le monde réel, qui succombent à leur passion et inventent des inventions qu’ils n’ont peut-être que rêvées. C’est aussi le messager de l’auteur qui veut croire que le monde n’est pas si complexe que ça et que les chercheurs sont des gens bien isolés victimes de leur passion et de leur manque de relation avec l’humanité. C’est aussi le témoin anonyme qui trouve que notre monde n’a certainement rien à envier aux autres univers inventés par la science ou autre chose… et que, comme depuis des siècles, « science sans conscience n’est que ruine de l’âme» comme le philosophe nous l’a confié.

    Pour écrire cette mise en garde contre les progrès aveugles de la science et tous les docteurs Folamour de la planète, Lethem, nous propose un ouvrage assez court composé de petits chapitres et de phrases courtes, truffées d’expressions imagées et de formules percutantes qui donnent du rythme et de la vivacité à la lecture de ce bon livre de science fiction.

     

    411%2BSpKfjhL._SL500_AA300_.jpgLe trou dans le mur

    Michel Tremblay (1942 - ….)

    « Il ne voyait pas la porte ! La porte n’existait que pour moi ! » François Laplante qui erre sur la Main, à Montréal, pour meubler un dimanche après-midi d’ennui, remarque pour la première fois une porte dérobée sur la façade du Monument-National et il ne peut résister à la tentation de l’ouvrir et de descendre l’escalier qu’elle dissimule. Au bas de celui-ci, il trouve un étrange tableau composé de tous les anciens traîne-misère qui ont vécu sur la Main à la grande époque où ce quartier était à la mode. A son approche ce tableau s’anime et les personnages lui demandent d’écouter leur confession car sans celle-ci, ils ne pourront pas obtenir la rémission de leurs péchés et accéder à leur paradis, celui des fantômes du théâtre, à l’étage supérieur. Tous veulent y aller car « en haut c’est l’avenir, la vie qui continue » et quitter ce sous-sol «parce que là se trouve la pire punition de ce maudit endroit on y vieillit comme ailleurs, mais sans espoir de jamais mourir. » Et ainsi, il va recevoir la confession d’une chanteuse ratée, d’un joueur de « ruine babines » miséreux, d’un comédien déchu, d’un travesti lamentable et pathétique et de leur cruel bourreau, celui qui les a expédiés dans ce purgatoire avant d’y être lui-même envoyé.

    Avec cet habile procédé littéraire qui mêle fiction et fantastique, Tremblay évoque, à travers ces cinq portraits, le quartier de la Main, à Montréal, à l’époque où la vie y grouillait, animée par tous les marginaux, les « nobodies », de la ville, ceux qui vivaient de tous les trafics possibles y compris de la vente de leurs charmes, ou de celui des autres, que souvent ils n’avaient plus et n’avaient même jamais eus. « Tous des pauvres hères, filles et garçons, qui se sont sauvés de chez eux trop jeunes et qui croient atteindre la liberté en tournant le coin de la Main et de la Catherine, alors que c’est la plupart du temps dans l’esclavage, celui du cul, celui de la drogue, celui de la boisson, qu’y plongent. »

    Ce livre évoque aussi avec adresse le problème de la faute, du péché, du pardon et de la rédemption qui passe nécessairement par la confession. Mais ce livre va un peu plus loin et traite aussi d’une certaine fatalité, comme une forme de déterminisme, qui affecte les plus démunis ou ceux qui n’ont pas reçu le petit coup de pouce de la chance au moment nécessaire et qui basculent dans la marge et tout ce qu’elle implique. Ou ceux qui ont voulu provoquer la chance en cherchant une gloire artificielle comme revanche sur la vie.

    En tout cas, un excellent livre construit avec une grande habilité sur un très bon rythme  et à l’aide d’une langue goûteuse qui fait revivre intensément tout un quartier et toute une époque, on se croirait sur les « Fortifs » à l’époque de Maurice Chevalier, à travers ces cinq scènes qui sont comme cinq petits films en noir et blanc ou en couleur selon qu’on évolue dans la vie réelle ou dans l’autre vie. Et la vie finalement n’est-elle pas un film dont le scénario serait écrit à l’avance et nous échapperait totalement ?

    Denis Billamboz

     

     

  • Scandinavian Songs (41): Fredrika Stahl

    Fredrika Stahl est née en 1984 à Stockholm. Un premier album de jazz sort en 2006. Son troisième album, Sweep me away, est sorti en septembre 2010. Dans le même temps une de ses chansons sert une pub pour Nissan. On la retrouve ici dans des extraits de son concert à La Maroquinerie en juin 2010.

    She & I

    Fading away

    une chanson en français: Pourquoi pas moi?

    http://www.youtube.com/watch?v=tdBCsiMa3nY

    le clip publicitaire pour Nissan

    http://www.youtube.com/watch?v=BqqyXNqtyvc

    site officiel

    http://fredrika-stahl.web.waycom.net/

    __________________________________________________________________

    Toutes les Scandinavian Songs sont ici:

    http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/scandinavian-songs/

     

  • Isabelle et Marie / Robert Desnos

    Isabelle rencontra Marie au bas de l'escalier :
    "Tu n'es qu'une chevelure ! lui dit-elle
    - et toi une main
    - main toi-même, omoplate !
    - omoplate ? c'est trop fort, espèce de sein !
    - Langue ! dent ! pubis !
    - oeil !
    - cils ! aisselle ! rein !
    - gorge !... oreille !
    - Oreille ? moi ? regarde-toi, narine !
    - non mais, vieille gencive !
    - doigt !
    - con !"

     

    (13 mai 1923)

    extrait de Langage cuit

  • Pas de fumée sans cheveux

    Depuis quelque temps mon coiffeur faisait des commentaires peu élogieux, voire carrément humiliant, non seulement sur mon apparence mais aussi sur mon comportement. Je ne comprenais pas! Auparavant, ce n’était pas ainsi. Il m'écoutait avec empathie pendant qu’il me massait le cuir chevelu, comme provoquant par l’entremise du cerveau qu’il activait, mille confidences sur ma vie, mon parcours, mes ambitions... Peu à peu ses offenses répétées eurent raison de ma capacité à me livrer et, me voyant bouleversé, il me proposa l’adresse d’une psy, que j’allai consulter. Un jour, je vis dans les rayons du supermarché ma psy mavec mon coiffeur, main dans la main. J’avais compris, je ne suis pas fou : mon coiffeur et ma psy étaient de mèche.

  • Gilles Durvaux, photographe

    Gilles Durvaux, né en 1962 à Charleroi, photographie entre autres choses les sites industriels désaffectés. Des images en forme de témoignage sauvées de l'oubli pour servir de relais à la mémoire. Une démarche à forte implication sociale qui a ausi quelque chose à voir avec une enfance au Pays Noir...

    Son site, ses photos, ses commentaires:

    http://www.postindustriel.be/

    Ci-dessous, la centrale électrique de L'Arbed, fermée en 1997

    DSC_0263.jpg

     

     

     

     

  • Philippe Brahy, peintre et poète

     Philippe Brahy est un peintre et poète né à Ixelles en 1951.

    Découvrir son univers singulier et lire les articles que lui ont consacré J.-P. Gavard-Perret, Théodore Koenig, Armand Olivennes, Stéphane Rey, Anita Nardon...

    http://www.waibe.fr/sites/philippegbrahy/index.php 

     

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    La main qui dit, Philippe Brahy

     

     

  • Samedi noir

    Samedi, j’ai repeint mon appartement en noir. La chef du syndic est venue m’aider. Ensuite on a vidé une bouteille de rosé. Plus deux trois alcools blancs. On a fini avec une liqueur vert bouteille. On s’est réveillés dimanche midi dans un halo de  vapeurs bleues, elle avait des traînées noires sous les yeux et moi les yeux rouges. Samedi prochain, c’est moi qui irai l’aider à repeindre son studio, elle n’a pas encore choisi la couleur. J’ai dit : Repeins tout en jaune citron, ça changera de tes couleurs  abricot. Entre deux reflux gastriques elle m’a dit : Toi, et tes idées. J’ai oublié de vous dire que depuis qu’on a bossé en ensemble, on se tutoie, la chef du syndic et moi.

  • Disgrâce / John Maxwell Coetzee

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    Transformation intérieure

    David Lurie, qui enseigne la poésie à l’université, est à l’âge où les désirs sexuels se font moins prégnants. Il a cependant avec une étudiante une aventure à moitié consentie. Elle porte plainte contre lui pour harcèlement, il est contraint à la démission. Il rend alors visite à sa fille qui gère une petite exploitation agricole et un refuge pour animaux. Elle aime les femmes, se néglige physiquement. Elle a un proche voisin, Petrus, qui l’aide dans ses travaux ainsi qu’une amie mariée, Bev, au physique ingrat, qui euthanasie les bêtes condamnées. Lurie se fait à cette vie, il accompagne sa fille au marché pour la vente de ses produits, il soigne les animaux, il aura une brève liaison avec cette femme sans attrait qui apaise les souffrances. Un jour, lui et sa fille sont victimes d’un vol doublé d’un viol, celui de sa fille, par trois jeunes Noirs... 

    C’est l’histoire d’une déchéance, de l’acceptation progressive de la vieillesse (David a 52 ans) mais surtout d'un autre système de valeurs. On fonde sa vie sur certaines valeurs, adaptées à soi, sans lesquelles, croit-on, on ne pourrait pas vivre puis, à la faveur d’événements dictés par le cours de l’existence, on est amené à les réviser, à composer avec la réalité, à découvrir sa vraie vérité, celle qu’on ne soupçonnait pas et qui s’accorde mieux à notre nouvelle façon de vivre. 

    Voilà ce que raconte et nous apprend ce livre généreux écrit dans un style très abordable, épousant, même s’il est écrit à la troisième personne, le seul point de vue de son personnage principal, sa transformation intérieure. C’est aussi la radiographie d’une société (celle de l’Afrique du Sud) où ceux qui jadis furent exploités prennent leur revanche et accablent, sans discernement et par esprit de revanche, les descendants des exploiteurs, ceux qui ont la même couleur...   

    E.A.

  • Serge Gainsbourg à la Bwèsse à musique

    Pensées,provocs et autres volutes... le samedi 13 novembre 2010 à 20 h

    Une soirée spéciale consacrée au
    répertoire du grand Serge. Et si le duc joue ? Affirmatif ! Et le Marquis ? No comment !
    Avec également des invités surprises !

    Avec :

    Le Duc (Fabrice Gobessi) : guitare, voix
    Le Marquis (Aurélien Belle) : clavier, voix

    La Bwesse à music

    94, rue Jules Houssière
    Dampremy, Charleroi

    Pour plus d'infos:

    http://www.facebook.com/aurelien.belle?ref=ts#!/event.php...

     

    Serge Gainsbourg chantant Aznavour



     

     

  • Dialogue de lourds

    - Vous avez encore grossi !

    - Vous aussi.

    - A nous deux nous occupons tout l’espace.

    - Il ne reste rien pour les autres...

    - Ou si peu.

    - Les autres n’ont qu’à maigrir.

  • Les mots à plumes

    Pour écrire, j’utilise des mots à plumes. Ce qui donne à mes écrits ce côté lisse, velouté, coulant voire empenné que vous n’avez pas été sans observer. Que n’attaquent pas les intempéries de toutes sortes. De plus, la critique mise en douceur par cette prose froufroutante ne tarit pas d’éloges sur mes ouvrages. Un jour, un critique mal emplumé a cependant eu ce mot : « L’ennui avec cet auteur qui emploie tant de mots à plumes, c’est juste que lui fait défaut une belle plume.» Il m’est aussi arrivé  de rencontrer des lecteurs ornithophobes qui, ayant lu mes publications, me les renvoyèrent par courrier, couvertes de mots d’oiseaux. Mais ils furent une minorité. J’ai été bien inspiré d’acheter ce lot soldé de mots à plumes. Tout autre aurait été mon destin littéraire si j’avais plutôt acheté le pack complet de mots à poils.

  • Les reflets (II)

    A la demande quasi générale, voici la suite de l'épisode I (voir

    http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2010/10/26/les-reflets.html#comments)

     

    Mais il restait l’œil (le droit pour être précis, moins torve que l’autre) du psy dans lequel je réussis, à force de le fixer, à trouver mon image (certes méchamment déformée et miniaturisée) et à la supporter tandis que des mots, enfance... visage... vit sage... rêve... régression... stade... phallus, en captant mon attention d’une façon flottante s’inscrivaient dans mon subconscient, me firent peu à peu réaliser que ce type imbu de son savoir avait une tronche autrement plus désagréable que la mienne et (contre son gré, j’insiste) réussit ainsi à me faire accepter (voire apprécier) la vue de mon reflet. J’étais guéri, je pouvais partir derechef  au boulot (c’est mon boss qui allait être content). En attendant, je dis à l’homme de science qu’il avait une poussière dans l’œil droit et je lui soufflai violemment dans le regard. Il ne fut pas heureux mais préféra me voir partir avant que je ne lui expulse d’entre ses deux canines l’infime morceau de croissant qu’il avait précieusement gardé de son petit déjeuner.      

  • Microbe & Minicrobe

    2723483181.jpgLe 62ème  numéro de Microbe est paru!

    Au sommaire

    Des textes de:
    A
    ndréa Bely
    M
    ichel Bourçon
    A
    lain Crozier
    É
    ric Dejaeger
    O
    livier Dulieu
    G
    eorges Elliautou
    C
    athy Garcia
    C
    atfish McDaris
    C
    armelo Marchetta
    Bonetto - Avant de mourir.jpg
    Jany Pineau
    B
    asile Rouchin
    É
    ric Savina
    A
    ndré Stas

    Marlène Tissot

    Les illustrations sont de Serge Poliart

    Le Minicrobe, Avant de mourir, est signé Marc Bonetto.

    Pour plus de renseignements, contacter Éric Dejaeger (via son blog):http://courttoujours.hautetfort.com/

  • Lettres du Sénégal, par Denis Billamboz

    Lettres du Sénégal

    J’avais été tellement ému après la lecture de la si longue lettre de Mariama Bâ que, lorsque nous l’avons évoquée sur le stand de Présence africaine, à la dernière Foire du Livre de Bruxelles, en mars 2010, je n’ai pas hésité longtemps avant d’acheter le livre que Salla Dieng a écrit, selon l’hôtesse du stand, en hommage à cette grande dame des lettres africaines. Et, je vous propose de lire ci-dessous les impressions que j’ai pu tirer de ces deux lectures et de constater, qu’à mon avis, Salla Dieng, malgré tout le talent qu’elle peut avoir, à encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir être comparée à sa glorieuse devancière.

     

    511M87EBE4L._SL500_AA300_.jpgUne si longue lettre

    Mariama Bâ (1929 – 1981)

    « Modou est bien mort, Aïssatou. » Après le décès de son mari, Modou, Ramatoulaye écrit une longue lettre à sa meilleure amie qui a quitté son mari depuis un certain temps déjà. « Amie, amie, amie ! Je t’appelle trois fois. Hier, tu as divorcé. Aujourd’hui, je suis veuve. » La veuve de Mario dans l’ouvrage  de Miguel Delibes, « Cinq heures avec Mario », dresse le portrait du mari tel qu’elle ne l’a pas connu et fait l’inventaire des erreurs qu’elle a faites, mais Ramatoulaye raconte d’abord comment sa meilleure amie à laisser son mari quand il n’a pas pu, ni su, résister à la demande de sa mère qui lui imposait une nouvelle épouse. Elle raconte ensuite sa propre mésaventure qui a vu son mari s’enticher d’une camarade de sa fille et comment elle a décidé de vivre en marge de cette nouvelle épouse.

    « Privilège de notre génération, charnière entre deux périodes historiques, l’une de domination, l’autre d’indépendance. Nous étions restés jeunes et efficaces, car nous assistions à l’éclosion d’une République, à la naissance d’un hymne et à l’implantation d’un drapeau. » Mais, les traditions sont toujours vivaces en Afrique et les hommes ont bien peu de considération pour les femmes et surtout celles qu’ils ont épousées. C’est un long réquisitoire à l’encontre de ces traditions, des hommes et des femmes qui manipulent les hommes que dresse Mariama, mais aussi un regard lucide qu’elle jette sur cette Afrique qui balance entre modernité et tradition, entre l’Europe et la négritude.

    C’est un texte sombre sans bien peu d’espoir, les enfants seront-ils « fin ou recommencement ? », que livre cet excellent écrivain qui écrit dans une langue remarquable de justesse, de rythme et de vie. Une lettre sans concession pour ces Africains qui n’ont pas délaissé leur mœurs discriminatoires où les castes et les classes ne se mélangent pas, où l’éducation, pour les filles surtout, n’est pas encore une priorité.

    Quand l’Afrique saura-t-elle allier la sagesse africaine à l’instruction des blancs ?

     

    41%2Bjga2YQZL._SL500_AA300_.jpgLa dernière lettre

    Salla Dieng (1987 - …..)

    A la dernière du Foire du Livre de Bruxelles, en mars 2010, sur le stand de Présence africaine, en évoquant Mariama Bâ, l’hôtesse m’a proposé d’acquérir ce livre que Salla Dieng, jeune écrivain sénégalais,  aurait pu écrire en hommage à la grande romancière sénégalaise, elle aussi. Je l’ai acheté et lu et je sais maintenant qu’elle pensait bien à « Une si longue lettre » en écrivant « La dernière lettre »

    Cette dernière lettre est la lettre que son héroïne, Alimatou, écrit à son vieil ami, depuis cinquante ans, au moment où elle va sortir de prison. Elle lui raconte comment la petite léboue de Gorée que le petit Français expatrié sur cette île tellement symbolique avait rencontrée dans son enfance a fini dans une prison méridionale après avoir connu un parcours marqué par trois ruptures profondes et brutales qui ont remis en cause toute sa vie.

    Dans cette lettre rédigée avec une écriture rapide, dépouillée, précise et efficace, bien loin de Mariam Bâ, qui évite à l’intrigue de sombrer dans un pathétisme trop théâtral, Alimatou évoque l’amour et l’amitié, l’amour qui enflamme et peut tout détruire s’opposant à l’amitié sereine qui perdure par delà les épreuves et le temps. Elle évoque bien sûr la ségrégation raciale dont elle est victime en arrivant sur le contient et la violence que les femmes, noires de plus, doivent subir dans de nombreux cas.

    Elle nous raconte aussi comment les paillettes du monde des blancs peuvent cacher bien des épines et que sous les ors du monde de la mode et des mannequins adulés, il y a bien des perversités, de la cupidité et beaucoup de gens mal intentionnés qui veulent profiter des belles africaines.

    Un livre qui reste bien loin de celui de Mariam Bâ qui évoquait elle aussi la femme africaine mais aussi la déception et le désabusement des Africains après la libération durement gagnée par le peuple et galvaudée par des élites corrompues associées à des affairistes européens. Un premier livre encore un peu simpliste qui plante son décor dans un monde qui fait plutôt les choux gras des petites bluettes des collections spécialisées dans les amourettes à deux sous.

    Mais, ce premier essai qui propose un portrait intéressant de la relation entre une mère dominatrice et sa fille un peu ingénue, laisse aussi entrevoir une réflexion plus profonde sur la destinée et la futilité que la vie peut nous faire subir.

    Denis Billamboz

  • Patrick Roegiers / La géométrie des sentiments

    51lViRzuYvL._SL500_AA300_.jpgCouples modèles

    Le livre adopte une forme ternaire de 9 x 9 chapitres. Neuf, écrit l’auteur, « parce que neuf est un nombre néfaste, dernier de la série des chiffres, clos de la boucle, désignant la totalité des trois mondes (le ciel, la terre, les enfers). »

    Chaque partie raconte l’histoire d’un double portrait et du peintre qui l’a réalisé. Cela va de Van Eyck au XVème siècle avec son portrait des époux Arnolfini à David Hockney (qui s’en est d’ailleurs inspiré) pour sa peinture des époux Clark, début des années 70. Dans un style fleuri, dense qui ramasse de nombreuses informations, mais aussi souvent indigeste et répétitif, nous traversons les places financières, commerciales et culturelles qui ont fait l’histoire de l’Europe occidentale depuis six siècles : Bruges avec Van Eyck, Venise avec Titien, Anvers avec Rubens, Amsterdam avec De Hoocht, l’Angleterre de Gainsborough et Wright of Derby, Ostende et Ensor, New York avec Hopper et Londres à nouveau avec Hockney.

    Roegiers décrit avec force expressions imagées (toutes y passent) les coïts (qui sont comme les coulisses des scènes représentées) des différents acteurs de ces tableaux auxquels, souvent, le peintre était lié. Roegiers finit toujours par nous informer du délitement de ces couples qui avaient posé pour la postérité. Ces écarts, ces impossibilités qui iront en s’accentuant, le peintre attentif aux signes donnés lors de la séance de pose, les a détectés puis injectés, à sa manière, dans la composition. Chaque tableau de couple est ainsi comme la chronique d’une séparation annoncée. Comme si seule la toile avait pour mission de garder la trace de leur éphémère union.

    « Le portrait double est un de ses motifs préférés, écrit Roegiers à propos d’Hockney, car il capte la tension qui sévit entre les êtres. »

     Au final, un exercice d’érudition (on croirait lire un morceau d’encyclopédie) et un défilé de mots rares (idéal pour étoffer son vocabulaire) mais l’émotion est rare ou diluée, comme empierrée, dans cet étalement de savoirs. L’univers de Roegiers s’apparente à celui du cinéaste (plusieurs titres de sa bibliographie l’attestent) Peter Greeneway. Comme à son égard, on est en droit de poser le même jugement: intelligent mais trop froid, trop cérébral. Géométrique, pour tout dire, et en cela, le produit fini répond au cahier des charges. Oui, on peut rendre compte des sentiments en termes de lignes, de combinaisons de figures et de couleurs étudiées. Puisqu’au bout du compte les sentiments disparaissent, pris dans le tourbillon du temps et l’espace du quotidien, pour renaître sous d’autres formes, en d’autres temps et latitudes. Ne demeurent, parfois, que les vestiges picturaux de ces hymens déçus. Destinés alors à être ranimés par les mots. E.A.

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    Jan Van Eyck, Portrait de époux Arnolfini, 1434

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    clark-percy.jpgDavid Hockney, Mr & Mrs Clark & Percy, 1971


     


     

     

  • Deux voix du jazz: Youn Sun Nah & Azizah Mustafa Zadeh

    Youn Sun Nah / Breakfast in Bagdad

    http://www.younsunnah.com/

     

    Azizah Mustafa Zadeh / Take Five

    http://www.azizamustafazadeh.de/

     

  • Des figures saintes

    images?q=tbn:ANd9GcSz8sO-EWCLDzO4j0jCoCi1_J1nNUHuDa8ZYAvjWp7HoYVc8Mw&t=1&usg=__t1vRb_HI5_0aJLuuIteGJXWH1s0=Samedi soir, j’ai entarté la photo de Mgr Leonard. Non content de m'être attaqué à son auguste image, je l’ai ensuite abondamment ketchupé, chorizoïsé, huildolifié, vinaigriffé, moutardiné, tartsarisé, béarnisé... façon sans culotte s'en prenant à un membre mal embouché du clergé. Dimanche midi, je l’ai coulument saucifié et, lundi matin, après une ultime jetée de confiture à la groseille (la pauvre, qui a dû perdre plusieurs grains dans ce lancer sacrificiel), le poster dégoulinait tellement que j’ai été contraint, pour abréger le martyre du papier, à le réduire à l’état de bouillie avant que (j’y étais allé un peu fort, cette fois) j’aie pu l’aligner aux côtés des  portraits des Benoît XVI et autres cardinal Danneels qui ornent désavantageusement les murs de mon réduit aux ordures.

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    C'était prévu...

    http://www.laprovince.be/regions/mons/2010-03-26/dour-une-tarte-de-noel-godin-pour-mgr-leonard-770592.shtml

    ... et ça a été (bien) fait.

    http://www.rtbf.be/info/societe/religion/monseigneur-leonard-entarte-lors-de-la-toussaint-272902

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