• Carton rouge

    images?q=tbn:ANd9GcS3TxpF8KV6wFObeBXwD5XeSbtKWDmwhBmcpXFmqxXAkW6UVRAwVQSamedi soir, je regardais la Coupe d’Europe des clubs champions avec mon fils cadet en visite chez moi (auquel j’avais payé le billet d’avion) quand, à la mi-temps, sa mère (qui avait sur le même vol voyagé dans la soute à bagages) déboula en m’apostrophant dans un dialecte chinois, au motif que je lui devais plusieurs millions de yuans, invoquant rageusement Mao ou Hu Jintao. Elle fit valser nos chips, au ketchup, renversa nos cocas zéro et emporta notre fils avant qu’on ait eu le temps de faire vraiment  connaissance. Je me fis un thé vert, don filial, et l’informai par un texto de la victoire du Barça. Puis ma fille est venue pour qu’on regarde ensemble On n’est pas couché (elle aime haïr Zemmour). Je lui demandai si sa mère ne risquait pas de débarquer. Il n’y a pas de danger, me dit-elle, maman est à Cuba chez ses parents. En fin de soirée, je me connectai avec mon aîné à Moscou qui me présenta par webcam son petit dernier. Dans le courant de la conversation, je me souviens qu’il me demanda dans un français approximatif  comment diable j’avais pu être communiste.

     

  • La semaine mythomane de Nicolas Bedos: la dernière


    Revoir La semaine mytho #28 avec... Guy Bedos:

    http://www.youtube.com/watch?v=vgnKqLrMTJ0

  • Ecrits d'aujourd'hui, par Denis Billamboz

    Ecrits d’aujourd’hui

    Nos pérégrinations à travers les littératures du monde, si enrichissantes qu’elles soient,  ne doivent pas pour autant nous détourner des productions littéraires de la jeune édition française qui propose régulièrement des œuvres novatrices dignes, elles aussi, d’un grand intérêt et nous effectuerons donc périodiquement quelques incursions dans cette littérature. Ainsi, cette quinzaine, nous consacrerons notre publication à un jeune écrivain, Didier Da Silva, presque encore un débutant, qui a connu un beau succès avec ce livre proposé ci-dessous, et à Eric Chevillard dont le talent est désormais largement confirmé et reconnu.

     

     

    51QdFOjY0NL._SL500_AA300_.jpgTreize mille jours moins un

    Didier Da Silva (1973 - ….)

    « L’infini mis à part, le monde est trop grand pour Sam ; trop plein de choses et d’êtres et trop divers… ». En se promenant dans sa ville, Marseille, qu’il aime mais qui le dégoûte, Sam butte sur les choses et les êtres et a du mal de se rencontrer lui-même. Il regarde tous ces petits objets sans importance qui constituent sa vie, son univers dans lequel il a du mal à trouver sa place, c’est du moins l’impression que j’ai eu en lisant ce petit récit en forme d’épure où seul le nécessaire figure et même, dans certains cas, est mis entre parenthèses.

    Ce récit d’une journée de Sam, n’importe laquelle, une au hasard, montre un univers vide ou presque, sans relief, sans autre, avec seulement un chat et un piano pour meubler cette journée. Un piano qui lui sert de thérapie mais dont il voudrait tirer des sons parfaits, perfectionniste comme un Arturo Benedetti Michelangeli, mais bizarrement ce n’est pas la musique classique qu’il joue que j’ai entendue mais ces notes suspendues dans le vide que le Monk, Thelonious Monk, sait si bien distiller dans son jazz.

    Sam a des difficultés avec sa conscience d’exister, « … il lui faudra - séance tenante - s’isoler, écouter le bruit de son souffle et se souvenir qui il est, ce qu’il est censé faire là. Là, sur terre. » La balade est donc, pour Sam, un  moyen de se sentir vivre et d’éprouver la sensation de son corps, il arpente Marseille, de la mer à la Bonne Mère, comme un Nizon flânant dans Rome pour en sortir son Canto mais comme un Canto en creux où seules les choses laides et sales seraient décrites. Et, là où les critiques ont vu de la paix et du vide, moi j’ai senti une très forte tension intérieure qui n’est jamais exprimée mais qui bouillonne entre les lignes  « … il se croit formaté pour capter les ondes négatives, celles qui rampent, stagnent, louvoient entre les êtres. » Et, à ce moment, j’ai pensé à la rage de Baudelaire dans « Le spleen de Paris », mais il faudrait que je relise cet ouvrage pour pouvoir trouver des convergences réelles.

    En un jour, en quelques lignes, le monde Sam, la vie de Sam, notre monde, notre vie, une vie de solitude dans un monde sale, dépravé, dégénéré ! Mais peut-être un livre trop bien écrit pour exprimer la vacuité de la vie et la corruption de la matière. « Ca ne voulait rien dire et c’était reposant, de ne rien vouloir dire, de vouloir rien dire et dire rien. » Et, si le livre et la vie se résumaient dans cette phrase ?

     

     

    41bLe%2BUZ2LL._SL500_AA300_.jpgOreille rouge

    Eric Chevillard (1964 - ….)

    « Il est Français comme le Sioux maquillé est Sioux » et pourtant,  on l’invite en résidence d’écriture au Mali. « Il pense tout de suite aux grands animaux de la savane » et à tous les lieux communs  et autres poncifs qui servent à décrire ce continent. Et, il est très fier de faire savoir qu’il va en Afrique et qu’il y rédigera un grand ouvrage qui fera date dans l’histoire du continent. Mais l’Afrique n’est  pas, ou plus, celle des livres, les hippopotames sont invisibles mais les moustiques sont bien présents et très actifs. « L’Afrique tient avec trois bouts de ficelle dont un élastique, et dix points de soudure », l’Afrique part à la dérive victime de la dégradation de son milieu naturel, de la situation sanitaire affectée par l’introduction de médicaments frelatés, de la corruption, des abus des divers pouvoirs, etc… 

    Dans ce petit livre, Chevillard met en scène un Français moyen un peu « beauf » qui pourrait être colon, missionnaire ou coopérant peu importe, et qui croit encore que l’Afrique est le continent de l’aventure avec ses espaces et ses animaux majestueux mais l’Afrique n’est plus que la poubelle des riches. La parabole des moustiques et des hippopotames montre bien que les êtres nobles et emblématiques ne sont plus là mais que ceux qui sucent le sang du peuple sont de plus en plus actifs. « L’or de l’Afrique est dans le rocher ou dans les alluvions de la rivière. Le retard technologique est tel qu’on ne sait pas encore l’extraire des poches. »

    Chevillard a le regard acéré et la formule percutante mais sa plume me semble trop académique, trop policée, ça sent trop l’atelier d’écriture, chaque mot est pesé, chaque phrase est ciselée. L’Afrique y perd sa réalité, son  exubérance et même son immense misère. Chevillard a apaisé les vents de l’épopée, dompté le rythme des tamtams, canalisé l’énergie des danseurs. Et, malgré sa causticité et son ironie, il n’aura jamais la malice ni la débrouillardise du « coiffeur de Kouta » de Diabaté, ni la ruse et  la roublardise de l‘étrange Wrangin d’Hampâté Bâ et, même si son écriture est très étudiée et très recherchée, son Oreille rouge n’aura jamais le charme ni la séduction des « Jambes d’Alice » que Nimrod fait gambader au Tchad, là bas vers l’Est…

    Denis Billamboz

     

     

     

  • Les MOTS pelés (VIII)

    Ping-pong verbal : d’un mot à l’autre, changer de sens.

    * * *

    Quand un poème se couche dans le lit d'une musique, c’est pour rêver d'une chanson.

      * * *

      J'essaie d'arrêter la lecture: je ne lis plus qu'un livre par jour. 

                                                    * * *

     Ta peau me plaît parce qu’elle n’est pas page.

    * * *

     Une phrase de prose, un vers de poésie s’aimaient d’amour tendre. Mais comment s’y prendre...

  • Par les nuits tièdes, et autres textes, par Philippe Leuckx

    Par les nuits tièdes

    Par les nuits tièdes, l'enfant resquille le vent et le lait des arbres. Il fait venir à lui, sur le balcon, les astres et s'entretient avec le ciel. Son chant respire les étoiles. Il est sans espace, à la mesure des rêves. Il ressemble au poète. Sans doute a-t-il moins de chaînes. Il hume la lumière et repousse le noir.

     

    Sur la colline sèche

    Du balcon à la colline, un surplomb d'été. Il va falloir grimper soleil. Et graver dans le bleu ces mots qui frétillent dans les herbes courtes - pierre, vipère, repaire de rapace. Le regard évince le moindre faux pas. La main caresse une chaleur sourde. Toute l'enfance s'assèche dans les bruits émiettés.Parfois la grâce libre d'un oiseau signe l'espace ouvert. L'été couve, intact.

     

    Les talus

    La frontière toute proche. Les talus, avec leurs cargaisons de flèches. L'enfance est un arc tendu. Parfois, elle nous revient , fraudeuse, frondeuse. On a dans les poches des bouts d'herbes sèches. Et l'odeur des poussières au fond des yeux. De quels chemins profonds ne reviendrais-tu pas? De quelle salive de conquête?

    Elle est là. Si loin convoitée. Si sûre. Presque réelle. Là, à la margelle du temps, là où les yeux mouillent comme barques au port.

     

    Philippe Leuckx

    (inédits)

    À lire aussi:

    http://boriseloi.be/revue-re-mue/doigt/page-5.html

     

  • Mathématiques, ma chère terreur

    41UMKJ7xdgL._SL500_AA300_.jpgNous avons tous connu, peu ou prou, des blocages en mathématiques. Anne Siéty montre, que, contrairement à l'idée répandue et une certaine doxa, on fait des mathématiques avec son corps, en y incluant émotions et affects. D’autant plus que le langage mathématique use de mots polysémiques qui résonnent à l’extérieur de la discipline.: limites, identités remarquables, racines, puissances, inconnues... Sans cesse, écrit Anne Siéty, les termes mathématiques réveillent des questionnements des émotions, évoquent des images variées.

    ...

     

     

    La suite sur Espèces de maths:

    http://especesdemaths.skynetblogs.be/archive/2011/05/22/mathematiques-ma-chere-terreur1.html

  • Sophie la girafe

    images?q=tbn:ANd9GcSQH7d47ntC3g8odaGPFtFqrRRTjRqdIpEP-rGcXntbFSUnVFK7Samedi soir, j’ai retrouvé mon premier amour. Qui l’eût cru ? Elle fêtait ses cinquante ans, elle passait à la télé. Que de souvenirs et de sensations ont rejailli. Le goût de sa chair caoutchouteuse, l’odeur de l’hévéa, ses yeux candides, et ces mouchetures brunes sur sa peau blanche, sur son cou élancé. Ce corps que j’avais caressé, trituré de mes petites mains, mordu, mâchouillé entre mes lèvres sans dent. Sans oublier ses couinements, ses cris d’amour transis... Sophie-la-girafe, comme je t’ai chérie ! Immédiatement, j’ai voulu faire ami avec elle sur Facebook, mais la gueuse possède des milliers de soupirants de par le monde. J’aurais dû m’en douter : je ne fus pas son seul amour. J’ai tenté de la retrouver dans le grenier de chez mes parents. Enfin, ma mère s’est résignée à m’a apprendre la terrible vérité, qu’un jour elle l’avait surprise au lit avec mon père. Puis, de jalousie, elle avait jeté mon jouet d’enfant dans le poêle à charbon. J’ai passé un week-end horrible.

  • La vérité

    Il m’arrive parfois de commander les services d’une professionnelle pour satisfaire un besoin impérieux de faire le vide. C’est ainsi que peu avant de prendre mon avion pour la France, je me suis précipité à l’hôtel où, après une bonne douche, l’une de ces professionnelles s'est présentée à moi dans des habits de femmes de chambre, un de mes fantasmes : les amours ancillaires. La provocation y était, la femme était belle et jouait bien son rôle de bonne effarouchée. De mon côté, je ne manquais pas d’ardeur à la soumettre. Il me fallut un certain temps pour me rendre compte de la méprise : celle-ci était réellement une femme de chambre. Profitant de mon désarroi, elle se précipita vers la porte de la chambre et s’engouffra dans les couloirs de l’hôtel. Comment pourrais-je jamais justifier cette horrible méprise ? Pris de panique, oubliant jusqu’à mon portable, je n’avais plus qu’une solution : rejoindre l’aéroport, prendre l’avion et souhaiter que le temps puisse jouer en ma faveur. La fin de l’histoire vous la connaissez. Mais qui me croira ?

    Philippe BRAHY

    http://www.waibe.fr/sites/philippegbrahy/index.php

  • DSK: "C'est peut-être un p'tit viol sympa..."

    Goodbye patron, par La Parisienne Libérée

    C'est peut-être un scénario classique

    Simple troussage de domestique

    Faut être prudent dans ces cas-là

    C'est peut-être un p'tit viol sympa

    C'est peut-être un p'tit viol coquin

    un lutinage, un jeu taquin

    J'te fume la pipe, j'te croque la pomme

    Comme disait l'autre, y a pas mort d'homme

     

    On avait peur de s'ennuyer

    Même plus envie d'aller voter

    Heureusement les Américains

    Ont débarqué avant la fin

    Pour une super production

    Goodbye frenchie

    Goodbye patron

    Non ça n'est pas un exercice

    Dans la chambre 2806

    ...


    Défense de DSK: la gauche pas adroite

    http://www.liberation.fr/politiques/06013686-defense-de-dsk-la-gauche-pas-adroite

    Toutes les chansons sur images de La Parisienne libérée

    http://www.laparisienneliberee.com/

     

     

  • Quelques lectures, par Philipe Leuckx

     

    41Zgz8M7cbL._SL500_AA300_.jpgLAISSE LES HOMMES PLEURER

    Eugène Durif, essentiellement dramaturge, propose ici chez Actes Sud un très beau roman sur l'univers des enfants placés. Le narrateur,  autrefois mis en pensiondans une ferme de la Creuse,  part à la recherche d'un compagnon de galère. De nombreuses années ont passé et les retrouvailles ne sont pas de tout repos. L'enfant des îles s'est mis à boire et sa raison déménage parfois. Toutefois, l'amitié reste.

    Dans une langue où le réalisme sauve les moindres pépites du passé, Durif hisse le récit au niveau des grandes initiations humanistes.

    C'est très sobre, émouvant et d'une documentation de première main.

     

     

    41r4TQXIjCL._SL500_AA300_.jpgSQUARE DE LA COURONNE

    Aux Editions Gallimard, le dernier roman de Christian Giudicelli dresse le portrait de personnages attachants dans une ville qui ressemble à Nîmes. Il y a Mamie Rose, dont s'occupe un petit-fils d'adoption, Mouflon. Il y a le fils, écrivain homosexuel. Et Noëlle, l'infirmière qui vient soigner la vieille dame. Et Tobie, son fiancé, qu'un accident vient de handicaper à vie.

    Le roman tisse d'étonnantes relations entre ces divers personnages, qui s'attirent, se repoussent, s'aiment ou se déchirent. Jusqu'au cruel dénouement, à l'image de la vie, hautaine et insolente.

     

     

    51Shb3SD0AL._SL500_AA300_.jpgA LA VITESSE DE LA LUMIERE

    Javier Cercas (Actes Sud) relate une histoire qui lui est proche. Il est allé aux Etats-Unis comme lecteur d'université et le roman met en scène un assistant étranger, qui se noue d'amitié avec un vétéran de la guerre du Vietnam, collègue à la même université.

    Ici, le registre est grave, puisqu'il consigne les lourds traumatismes que ce vétéran vit au quotidien, dans un repli qui le coupe du monde. L'ami consigne cette histoire ancienne, comme pour s'en dédouaner. Que sait-on jamais des ombres qui traversent votre vie?

    L'univers de Cercas recrée ainsi une période noire de l'Amérique, où les jeunes recrues revenaient déboussolées d'une guerre infernale.

     

     

    4107%2BLDgXwL._SL500_AA300_.jpgL'HOMME QUI M'AIMAIT TOUT BAS

    Eric Fottorino dresse un portrait admirable de son père d'adoption (Ed. Gallimard). Celui-la l'a non seulement pris comme fils mais tout appris de la vie : le sport, l'endurance, la boxe, le vélo.

    Ce père, aujourd'hui disparu, n'était pas très démonstratif et le fils retient de lui toutes les facettes d'un être de partage, ouvert à la vie, volontaire jusqu'à l'excès.

    Ce récit, de toute beauté classique, restitue des émotions uniques et éprouve le lecteur dans ses recoins les plus enfouis. Et pourtant, c'est toujours en évitant le mélodrame et le pathos.

    Admirable.

    Philippe LEUCKX


     

  • Les mots pelés (VII)

     

     

    C’est une phrase mortelle, dit-on parfois. Sans savoir combien de mots ont été sacrifiés pour l’écrire.

    * * *

    Avec tous les mots jetés à la corbeille on pourrait faire une longue phrases sans queue ni texte.

    * * *

    À partir de quelle heure le mot nuit fait-il de l’ombre au mot jour ?

    * * *

    Les mots qui fusent dans les phrases qu’on lance retombent en gouttelettres.

    * * *

    Hors (con)texte, je n’écris rien.

  • La démission

    cinder-chimpanze-nu.jpgMercredi soir, j’ai remis ma démission du FMI (Front Masculin International). J’avais chimpanzément fait l’amour avec la femme de ménage de l’immeuble et elle est allée tout rapporter à la chef de syndic qui m’a passé un de ces savons... pour avoir laissé mon slip à l’entrée des communs ainsi qu'un graffiti obscène signé Laurette O. (mais personne n’y a cru). Des plaintes ont été déposées auprès du secrétaire du CPAS qui est venu constater en personne (et en BMW). Il était accompagné de la Télé locale qui a filmé mon admonestation. Le secrétaire a trouvé Elio très seyant en Premier ministre naturiste et m’a félicité pour mes talents. Je suis néanmoins assigné à résidence, contraint à repeindre en rouge tous les murs du hall et de la cage d’escalier. Il n’y a plus de tolérance au Parti Socialiste !   

  • Elbow

     

    Lippy kids

    One day like this

    http://www.elbow.co.uk/

  • La planche

    images?q=tbn:ANd9GcRmDEksz3faGGUFik4V0qRHwriiEtoT41RmcMHfkzA_65JgKUMoSamedi soir, j’ai planché sur mon w-c, sur mon pc  et sur deux voisines. J’ai même planché sur une colonne de polars. Toute la nuit j’ai planché sur des cadavres de bouteilles. Dimanche je n’ai pas arrêté de plancher sur mon canapé. Lundi matin, j’ai planché sur mon bureau et sur la machine à café. Planché, n’a pas manqué de me lancer la technicienne de surface qui surfaçait. Sur le temps de midi je me suis rendu à la piscine...     

     

    À propos du planking:

    http://www.laprovince.be/magazines/buzz/2011-05-12/une-nouvelle-mode-sur-facebook-poster-des-photos-de-planking-video-872507.shtml

  • Une vie de chien

    Je me couche toujours très tôt et fourbu, et cependant on ne relève aucun travail fatigant dans ma journée.
    Possible qu’on ne relève rien mais moi, ce qui m’étonne, c’est que je puisse tenir bon jusqu’au soir, et que je ne sois pas obligé d’aller me coucher dès les quatre heures de l’après-midi.
    Ce qui me fatigue ainsi, ce sont mes interventions continuelles.
    J’ai déjà dit que dans la rue je me battais avec tout le monde; je gifle l’un, je prends les seins aux femmes, et me servant de mon pied comme d’un tentacule, je mets la panique dans les voitures du Métropolitain.
    Quant aux livres, ils me harassent par-dessus tout. Je ne laisse pas un mot dans son sens ni même dans sa forme.
    Je l’attrape et, après quelques efforts, je le déracine et le détourne définitivement du troupeau de l’auteur.
    Dans un chapitre vous avez tout de suite des milliers de phrases et il faut que je les sabote toutes. Cela m’est nécessaire.
    Parfois, certains mots restent comme des tours. Je dois m’y prendre à plusieurs reprises et, déjà bien avant dans mes dévastations, tout à coup au détour d’une idée, je revois cette tour. Je ne l’avais donc pas assez abattue, je dois revenir en arrière et lui trouver son poison, et je passe ainsi un temps interminable.
    Et le livre lu en entier, je me lamente, car je n’ai rien compris… naturellement. N’ai pu me grossir de rien. Je reste maigre et sec.
    Je pensais, n’est-ce pas , que quand j’aurais tout détruit, j’aurais de l’équilibre. Possible. Mais cela tarde, cela tarde bien.

    Henri Michaux, Mes propriétés (1930), dans La Nuit remue (Poésie Gallimard)


  • Sagas asiatiques, par Denis Billamboz

    Sagas asiatiques

    Peut-être pas de la très grande littérature mais des histoires assez originales et assez peu courantes sur les rayons de nos librairies pour que je consacre une publication à ces deux sagas familiales qui se déroulent en Asie alors que le genre appartient, plutôt, aux littératures nordiques qui regorgent de ces récits familiaux et mythologiques. Catherine Lim nous entraîne en Chine, pays de ses ancêtres, et Mary Ann Mohanraj refait, elle, le voyage de ses pères en reconstituant le chemin qu’ils ont parcouru entre Colombo et Chicago où elle réside désormais sans jamais avoir pu oublier ses racines. Une littérature qui pourrait avoir un bel avenir quand on considère le lectorat potentiel de ce type de livre et tous les événements qui ont agité le sous-continent, portant prétexte à de multiples récits et fictions. Pour le moment, ouvrons donc l’œil … au moins.

     

    41F9v2xvs8L._SL500_AA300_.jpgLa maîtresse de jade

    Catherine Lim (1942 - ….)

    Catherine Lim, écrivain singapourien de la diaspora chinoise, nous emmène sur les sentiers tracés par Pa Kin, célèbre homme de lettre chinois décédé en 2005 à cent ans révolus, pour nous raconter l’histoire d’un amour impossible au cœur du XX° siècle dans cette société chinoise ancestrale et immuable qui n’a pas beaucoup évolué depuis quelques siècles. Un monde où les vivants et les morts, les dieux et les hommes vivent dans une étrange proximité.

    La mère de Han qui n’a pas les moyens d’élever tous les enfants que son homme lui fait et de satisfaire sa passion du jeu, décide de vendre sa fille car c’est l’enfant le plus présentable, à une riche famille qui en fera une servante. La petite Han très volontaire et très dégourdie, après une période de rébellion, comprend rapidement le fonctionnement de cette micro société composée de la famille et ses servantes et devient la compagne de jeu préférée du jeune maître avec lequel elle développe une belle amitié qui se transforme, en ce qui la concerne au moins, l’adolescence venue, en un amour immense et total. Mais, le jeune maître part pour plusieurs années à l’étranger et elle doit attendre patiemment en supportant la mesquinerie de la gent ancillaire et le mépris des membres de la famille. Le retour du jeune maître est l’occasion de la reconquête de cet amour d’enfance qui s’oppose à l’amour officiel, décrété par la famille, avec la fille d’une autre famille encore plus riche. Alors commence les tribulations pathétiques de cette jeune servante pour séduire son jeune maître sous les yeux de sa fiancée. C’est le roman habituel de l’amour impossible où même la violence, la misère et la perfidie sont sirupeuses à souhait. Et cette histoire qui aurait pu être une belle histoire d’amour, comme la littérature en a immortalisé plus d’une, devient un grand délire pathétique qui ne fera frémir que les âmes sensibles.

    Catherine, je trouve dommage que ton livre tourne un peu trop au pathétique qui fait vendre auprès d’un plus large public, selon la formule consacrée, car ce récit comporte des éléments intéressants sur la culture des Chinois de la diaspora que nous ne rencontrons pas si souvent dans les librairies. En effet, ce livre pose clairement la prédominance de l’enfant mâle et les risques qui en découlent, à la naissance, pour les fillettes. Il souligne aussi avec beaucoup de justesse toutes les difficultés que rencontrent les femmes dans cette société patriarcale qui fonctionne autour de trois principes qui constitue comme « … un rempart indestructible fondé sur la naissance, le pouvoir et la richesse. ». Et ces problèmes sont nettement amplifiés lorsqu’il s’agit de femmes servantes puisqu’elles cumulent deux tares qui les relèguent dans les tréfonds de la société comme des esclaves. Il aurait été intéressant que le récit développe plus ces thèmes culturels et sociaux pour que nous comprenions bien que les Chinois d’aujourd’hui n’ont peut-être pas totalement rompu avec la Chine ancestrale et que pour les comprendre il faudrait que nous comprenions mieux leur culture et leur histoire.

    Ce pourrait être un bon livre pour réhabiliter la femme, la fille, la servante et tous les exploités dans cette société patriarcale où il faut être riche et le montrer avec ostentation pour exister. Lisez le en oubliant un peu l’histoire, dans le genre il y a beaucoup mieux dans notre littérature.

     

    51Vr9eWj-hL._SL500_AA300_.jpgColombo Chicago

    Mary Anne Mohanraj (1971 - …..)

    Mary Anne dégringole l’arbre généalogique des Kandiah et des Vallipuram, deux familles ceylanaises  tamoules, même si quelques éléments osent des mariages interethniques avec des Cinghalais ou des blancs, appartenant aux hautes castes, plutôt aisées, cultivées et éduquées comme Sundar. « Il était cultivé, éduqué, riche, solide. Le patriarche d’un clan qui s’épanouissait. » Deux familles qui croiseront leur destin à travers deux mariages et dans les événements qui ont affecté la vie de leur communauté au Sri-lanka.

    Au cours de cette visite de ces deux arbres généalogiques parallèles qui finissent par se rejoindre en certains points, la vie n’est pas très fidèle à la géométrie, l’auteur s’arrête sur le sort des femmes qui composent les diverses branches de cet arbre pour raconter leur destinée saisie à un moment décisif de leur existence. La visite commence vers les années quarante et s’achève au début de ce nouveau millénaire. Mary Anne dresse des portraits d’une de très grande précision, elle décortique ces femmes, les sonde, les analyse jusqu’au plus profond de l’âme pour comprendre comment elles vivent le sort qui leur est réservé.

    Ainsi, à travers toutes ces femmes, elle dresse le portrait de la femme ceylanaise, le portrait de la femme exilée, le portrait de toutes les femmes qui veulent échapper à leur condition de mère pour conquérir le droit à être autre chose, des femmes éduquées, des femmes cultivées, des femmes diplômées, des femmes actives, des femmes reconnues, des femmes aimées, … Mais la vie est bien difficile, la femme ceylanaise doit avant tout assurer la pérennité de la dynastie et l’exode en Amérique ne change pas facilement cette condition. Les femmes de cette histoire, même si elles ont conquis le droit aux savoir et aux carrières prestigieuses, ne rencontrent que désillusion et désenchantement dans des couples qui foirent systématiquement ou presque. A croire que l’auteur est convaincu que la vie à deux est impossible, sauf peut-être pour ce petit couple d’une extrême fragilité qui pourrait trouver une certaine sérénité dans une vie faite de simplicité, d’humilité, sans  grandes attentes ni ambitions.

    Ce livre de la désillusion et du désenchantement se déroule sur fonds d’exil, d’intégration dans un continent très différent mais surtout dans un contexte historique difficile où les événements ont été souvent meurtriers : répression des colons anglais, fin de la colonisation et surtout affrontements entre Tamouls et Cinghalais. Mais il aborde aussi de nombreux autres problèmes comme, l’importance des castes et le poids de la tradition qui se heurtent aux aspirations de la modernité et laissent les jeunes dans une grande incertitude entre des comportements communautaristes et des aventures vers d’autres civilisations, d’autres cultures, d’autres mœurs.

    Une histoire pleine de sensualité, à la limite de l’érotisme que ces femmes revendiquent dans cette galerie de portraits, de destinées plutôt, saisis dans un moment crucial de la vie de chacune, pour peindre un tableau plus général de la femme ceylanaise, de la femme tout court, en assemblant des petites touches et quelques traits comme dans une toile de Soutine. Avec des phrases courtes, efficaces, mais pas trop rapides car très précises et dans un débit très fluide, Mary Anne teste différentes forme de narration : journal, récit sous deux angles simultanés, … pour nous rappeler que ce roman est le fruit d’un travail de recherche qu’elle boucle par une leçon de cuisine tamoule qui sent comme une évocation de la tradition immuable. Car cette histoire ne devrait être que la suite du Ramayama qui conte la légende du roi Rama et de sa princesse qui lui est restée fidèle malgré la tentation.

    Denis BILLAMBOZ

  • 60 jeux de mots qui ont marqué LIBÉRATION

    "A l'occasion des 60 ans des Dictionnaires Le Robert, jouez du 26 au Avril au 20 juin 2011 avec les jeux de mots de "Libération". Unes mythiques, titres marquants: faites votre choix parmi la sélection proposée par la rédaction de Libération.fr et sélectionnez les sept propositions qui ont retenu votre attention.
    Si cette sélection correspond au classement du top 7 des internautes de Libération, vous serez alors retenu pour le tirage au sort permettant de remporter l’un des nombreux lots mis en jeu."

    http://jeurobert.liberation.fr/

    Quelques titres:

    L'Europe fait la fine Bush

    Barthes chauve qui peut

    Cannes fait le Moore pas la guerre

    Le raffarindum

    FN: Le Pen prône la solution filiale

    Manaudou: Sans maître, nage libre

    Congrès: Le râteau de Versailes

    ...

  • Les mots pelés (VI)

    Lors de leur tournée textivale, les mots se produisent à livre ouvert.

    * * *

    C'est uniquement parce qu'il avait le mot au bout de la langue de sa voisine qu'il lui donna un baiser.

    * * *

    Les mots-clés n’ouvrent pas toutes les serrures du langage.

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    La mouche à mots prolifère dans les textes de merde.

    * * *

    Préparons les mots très vieux à reposer au cimetière des langues mortes

     





  • Vous vous appelez Michèle Martin

    41VNqHXEK1L._SL500_AA300_.jpgSuspect, forcément suspect

    Nicole Malinconi, dans ce récit paru en 2008, place le lecteur au cœur des échanges qu’elle a eus avec Michèle Martin à la prison de Namur, de février 2006 à mars 2007. Très vite, ce ne sont plus l’écrivaine et la condamnée qui parlent mais deux femmes qui ferraillent par les mots pour trouver une vérité, un terrain d’entente verbale, une plate-forme commune. Malinconi s’adresse dans ce livre à Michèle Martin à la deuxième personne du pluriel, rétablissant la distance qu’un jour, au cours des entretiens, s’était abolie (elles en étaient venues à se tutoyer) et qui a pu faire croire que la romancière écrirait jusqu’au bout « au nom de » Michèle Martin.

    Relation intense car l’écrivaine, comme toujours à l’écoute, va chercher des choses que Michèle Martin ne tenait pas ou plus à dire. Si celle-ci a fait appel à Nicole Malinconi, sur les conseils de son avocate, c’était d’abord pour trouver les mots qui rendraient compte de sa vie en prison. Même si elle se confie au sujet des crimes commis dans l’ombre, dans la soumission absolue et aveugle (« Moi, j’étais envoûtée, je ne savais plus qui j’étais, je ne pensais plus, je ne voulais plus rien savoir », dit Michèle Martin) à Marc Dutroux (on y lit des passages terribles qui attestent de sa culpabilité dans les morts de Julie et Mélissa), elle se reconnaît coupable mais elle ne souhaitera toutefois pas, à la lecture du texte final, qu’il soit publié.
    Il se fait, commente Malinconi, que la parole de Martin était comme passée chez son interlocutrice qui estime, après mûre réflexion, qu’elle avait le devoir de porter témoignage sur cet échange, de rapporter son propre point de vue qui, sans transiger sur les crimes commis, dépeint une femme faite de chair et de sang pour, dit-elle, poser la question « de l’inhumain dans l’humain, et aussi de l’inverse ».
    « C’est l’obligation de ce livre-là, tel un miroir, pourrait-on dire. Il révélerait alors autre chose qu’un monstre d’indifférence, parce que la monstruosité serait dite. Peut-être même serait-il en quelque sorte un miroir pour qui le lirait, celui d’une capacité commune à tous de ne pas voir ce que l’on voit. il indiquerait peut-être notre possible monstruosité commune. »

    Ce qui étonne, c’est moins ce livre, dans la droite ligne de précédents ouvrages de Malinconi, offrant des lieux de paroles à des exclu(e)s (des femmes qui avortent dans Hôpital silence, des prostituées dans Jardin public) qu’un certain accueil que des hebdomadaires comme Le Soir magazine, sous la plume de J.-F. Deliège, ou Femmes d’aujourd’hui, lui ont réservé à sa sortie en faisant un mauvais procès à l’auteure, l’accusant de connivence avec Martin alors que, régulièrement au cours des entretiens, elle renvoie la détenue à sa culpabilité. Quand Martin se plaint de ses conditions de détention, du sort que lui ont réservé les médias, de son enfance sans père (dont elle a pu se croire coupable de la mort) et sous la férule d’une mère possessive, Malinconi lui rappelle ce qu’elle a fait ou laissé faire dans le cadre des assassinats et détentions d’enfants.
    « Vous préféreriez ne retenir que la connivence, vous auriez comme oublié que nous n’avons pas parlé d’une seule voix. » A tout moment, Malinconi empêche Martin de « relativiser « (« J’entends le mot, relativiser ; il n’est pas à sa place, là où vous le dîtes, il choque. […]. Je pense : rien n’est comparable à la mort des enfants. ») : elle n’entre tout simplement pas dans son je(u). Heureusement Malinconi a reçu plus d’un soutien dont celui de Pierre Mertens ne fut pas le moindre qui a écrit dans le quotidien Le Soir: « Elle mêle sa propre parole à celle qu’en prison elle a entendue proférer par cette singulière interlocutrice. On ne jugera pas prédatrice cette captation d’un témoignage sollicité mais qu’à la lecture, la destinataire n’a pas voulu reconnaître. Le secret de l’œuvre, cependant, c’est qu’on y reconnaît le verbe propre à l’auteur d’Hôpital silence. Quand, sans impudeur mais sans déni, elle traque une vérité partagée par-delà le bien et le mal. Ou quand l’inavouable s’avoue à la frontière de l’humain et du monstrueux. Nulle concession à un quelconque voyeurisme. Cela, la littérature le peut : enfin, une certaine littérature. »

    Il semble que parler, aujourd’hui encore, de Michèle Martin sans emprunter la parole de l’avocat ou de l’expert psychiatre demeure insoutenable et donc, pour paraphraser un propos de Duras à propos de l’affaire Villemin, suspect, forcément suspect...     E. A.

  • Manifeste pour le droit à la nudité et à la sexualité dans l'espace public

    2876343789.jpgAu sommaire du Microbe n°65 qui vient de paraître:

    des collages de Martine Zimmer
    des textes de:
    E
    d Anon
    L
    udovic Arfi
    M
    ichel Bourçon
    N
    icolas Brulebois
    É
    ric Dejaeger
    J
    ean
    Roger Lahu
    D
    enis Martin
    M
    urièle Modély
    J
    any Pineau
    G
    uillaume Siaudeau
    M
    arlene Tissot
    Y
    vette Vasseur
    P
    hilippe Vidal
    L
    ila Widmer

    555032976.jpgLes abonnés « + » recevront également le MANIFESTE POUR LE DROIT À LA NUDITÉ ET À LA SEXUALITÉ DANS L’ESPACE PUBLIC suivi de Un génie de la calligraphie, mi(ni)crobe 29 signé Théophile de Giraud.

    Les détenteurs du manifeste découvriront sur une double page une photo de l'auteur "en érection devant la beauté de la littérature subversive".

    Pour se procurer le tout à un prix très abordable, contacter Éric Dejaeger via son blog:

    http://courttoujours.hautetfort.com/

  • Le fiEstival MaelstrÔm reEvolution

    AffichefiEst5.jpgUne fête, un festival
    Un grand rassemblement
    annuel international
    qui met à l'honneur
    la poésie, la musique
    la performance et d'autres arts...
    à Bruxelles et ailleurs...

    No poetry? No party!

    Tout sur le FiEstival qui se déroule du 8 au 14 mai

    http://www.fiestival.net/

    Le journal du FiEstival

    http://www.fiestival.net/

  • Les aura(it) de BEN LADEN

    images?q=tbn:ANd9GcTyrBf-p8sh_Edxjq2eAShZhX_cznxDBD8Y5EwqDZxOQwyc50mptwBen Laden aurait porté une marinière Jean-Paul Gaultier lors de son exécution car tous ses polos Lacoste étaient au lavage

    Ben Laden aurait chanté du Yusuf Cat Stevens juste avant de mourir (Wild world)

    Ben Laden aurait aimé être Bob l’éponge quand il a été immergé en pleine mer

    Ben Laden aurait mis le feu aux Fagnes

    Ben Laden aurait adhéré à la NVA

    Ben Laden aurait marché dans le PKK

    Ben Laden aurait crié : Obama m’a tuer

    Ben Laden aurait remis 11 x 9 fois sur le feu son couscous royal le 11 septembre 2001 si bien qu’il a cramé et qu’il a dû se contenter d’une galette de riz (il y a des jours sans!)    

    Ben Laden aurait été une allumette dans une autre vie

    Ben Laden aurait explosé la carrière d’Herbert Leonard (pour notre plaisir)

    Mais Ben Laden n’aurait rien pu faire contre l’enregistrement de Ça plane pour moi par le duo Plastic & Lou

    Ben Laden aurait refusé la Ferme célébrités (et proposé Castaldi père)

    Pire, Ben Laden aurait été refusé au CDH, Joëlle Milquet craignant qu'à terme il ne prenne la tête du parti à la place de Benoît Lutgen.

    Mahomet aurait refusé de serrer la main à Ben Laden quand il lui a présenté sa carte d’Al-Qaida

    Ben Laden n’aurait pas été au Coran de ce qui se tramait.

    Ben Laden aurait manqué de soutien sur la fin

    Ben Laden aurait réclamé la vie sauve contre le don de toute sa collection de vinyls de Mireille Mathieu (on comprend la décision des USA)

    Ben Laden aurait été vu au mariage de Kate et William affublé d’un couvre-chef ridicule (il n’était pas le seul !)

    Ben Laden aurait été amoureux d’un petit rat d’Abbottabad

    Ben Laden aurait été chauve jusqu’à trois mois

    Ben Laden aurait tété jusqu’à douze ans (certaines sources laitières prétendent vingt-huit)

    Ben Laden aurait enflammé tous ses gâteaux d’anniversaire

    Ben Laden aurait reçu la note zéro pour son ambiance lors d'Un dîner presque parfait réunissant à la Maison Blanche les Clinton, les Bush père et fils et les Obama par son jeu à la con consistant à envoyer des avions en papier sur des empilements de boîtes d’allumettes

    Ben Laden aurait aimé être Omar Sharif dans Ciel d’enfer de Youssef Chahine

    Ben Laden aurait pensé à kidnapper Sandra Kim avant son passage à l’Eurovision

    Ben Laden aurait été vu ce week-end gueulant Nous sommes tous des Européens à la Fête de l'Iris (rectification faite, il s'agissait du chanteur Arno)

    Ben Laden aurait fait une crise de jalousie en regardant la béatification de Jean-Paul II sur sa télé portative

    Ben Laden aurait aimé se jeter à l’élastique d’une des tours jumelles le 10 septembre 2001

    Ben Laden aurait voté pour Giscard le 10 mai 1981

    Ben Laden aurait eu 100 ans en mars 2057

    Ben Laden aurait voulu présenter ses vidéos familiales au 64ème Festival de Cannes; il effectuait le montage final quand la soldatesque a débarqué ; il aurait hurlé: "A bas Eastwood, vive Godard" dans un ultime élan anti-impérialiste

    Ben Laden aurait été la prochaine victime d'un attentat pâtissier (pas de chance, Noël Godin venait d'obtenir  son visa pour le Pakistan)  

    Ben Laden aurait été cuit

    Ben Laden aurait été cru par certains

    Ben Laden aurait pu échapper aux Américains s’il avait revêtu sa combinaison de Superman pour aller se coucher

    Ben Laden aurait pu passer inaperçu au carnaval d’Islamabad

    Ben Laden aurait pu avoir une barbe de trois jours comme Gainsbourg s’il avait pu chanter Aux armes etc.

    Ben Laden serait vraiment mort la semaine dernière

     

    * liste non exhaustive

  • MATHIAS ENARD, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (par Ph. Leuckx)

    41PxCOze7aL._SL500_AA300_.jpgEpris d'Orient, spécialiste du monde arabe, Mathias Enard relate dans ce très beau et court roman une aventure exceptionnelle, qui a pour cadre la Constantinople de 1506, et pour héros l'architecte, sculpteur Michel-Ange, invité là-bas pour imaginer un pont pour relier La Corne d'or.

    L'événement est attesté et le récit que le jeune romancier français (né en 1972, auteur du très intrigant « Zone ») s'enrichit d'atouts qui tiennent aussi bien à la langue précise qu'au dépaysement lié aux intrigues et aux décors ottomans.

    Hymne à la beauté, le roman agit comme un parfum entêtant, et les descriptions d'Enard nous plongent dans l'époque, dans ces rues sombres, dans ces tavernes où le chant et la poésie enchantent.

    Entouré de personnages qui sont séduits par lui, Michel-Ange, dont l'orgueil n'a d'égal que celui de Jules II, qu'il a quitté pour venir en terre de janissaires, apprend à se déprendre de ses attaches romaines et florentines pour se laisser aller aux charmes orientaux.

    Les préparatifs du plan du pont à soumettre au sultan Bajazet, la découverte de l'amitié pour un poète fou amoureux de lui, Mesihi, l'empreinte d'un corps qu'il n'a pas conquis, ponctuent un séjour de plus d'un mois, au terme duquel il va fuir la ville.

    Et quelle ville, restituée autant dans sa splendeur (la Coupole de Sainte-Sophie) que dans les mirages d'une aventure, qu'il pressent essentielle.

    On entre de plain-pied dans l'univers de l'artiste, assez laid pour convertir toute esquisse en beauté. On partage ses manies, sa crasse (il ne se lavait jamais), ses goûts, ses désirs. Il ne se départit jamais d'une solitude hautaine. On le sent battre à des émotions, on le sent vivre une fièvre de tous les instants. Mais, à trente ans, il ne va pas encore jusqu'au bout de ses ambitions. Sans doute, sa frénésie des corps lui a-t-il fait manquer celui de l'ami amoureux et celui aussi de la chanteuse étrange sous le voile.

    Le style d'Enard, onctueux, sensuel, méticuleux, nous ouvre à toute la magie d'un périple qui ne sera qu'un passage. L'aventure lui doit son lot d'images, inoubliables, soirées sur des coussins à écouter des airs anadalous, à l'époque où toutes les communautés vivent et se mêlent dans Constantinople.

    Merci à Mathias Enard de nous donner cette musique, cette histoire insolite et prenante, gages d'une ouverture à l'autre, au sein de sa culture. Le romancier pétri de culture arabe, sans didactisme aucun,  engage son lecteur à se souvenir de ces périodes de tolérance.

    Un grand livre, récompensé par le Prix Goncourt des lycéens.

    Philippe Leuckx

    Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Actes Sud), 156 pages, 17 €

  • Dark dark dark: beau beau beau

    "Dark dark dark : beau beau beau

    De Beirut à Devotchka, elles sont désormais nombreuses ces vastes fanfares américaines à se souvenir qu’avant le folk il existait le folklore, venu à pieds, en haillons ou en calèche de la vieille Europe, des bals des Balkans.

    Peu, pourtant, résument avec une telle fulgurance, une telle éloquence, la petite musique de ces flux d’hommes et d’instruments qui ont brique par brique bâti la musique américaine. Dark Dark Dark, orchestre de chambre basé à Minneapolis, joue ainsi en toute luxuriance et raffinement une musique de nomade, universelle, fantasmée en leur temps par Charles Ives ou Stephen Foster.

    Soit des torch-songs avec un pied sur Broadway et l’autre dans l’underground. Ces songwriters conscients des héritages et traditions étaient aussi suffisamment visionnaires pour en prévoir l’avenir, les mutations possibles. Ici s’est installé Dark Dark Dark qui, contrairement à ce que son nom avance, n’est que Joie Joie Joie."

    Les Inrocks

    Daydreaming

    Wild go

    Wild goose chase (live)

    Le groupe sera au Botanique le 19/05

  • Le LYRISME COSMIQUE de Salvatore GUCCIARDO

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    Salvatore GUCCIARDO décline son LYRISME COSMIQUE sur deux plans:

    =) une exposition de ses oeuvres récentes : elle se tiendra du 6 mai au 30 juin à l'ESPACE WALLONIE de CHARLEROI - rue de France, 3 à Charleroi.

    Visible (entrée libre) du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h et les samedis 14/05 - 25/06 de 11 h à 15 h.

    Le vernissage aura lieu ce vendredi 6 mai de 19 h à 21 h

    AfficheExpoS.Gucciardo.jpg?size=173&crop=1:1

    =) un recueil de poésie aux éditions Astro, préfacé par Michel Bénard et illustré par l'auteur.

    Voir le bulletin de soucription:

    http://www.artistasalfaix.com/revue/IMG/pdf_Souscription.pdf

    Le site de Salvatore:

    http://www.salvatoregucciardo.com/

     

  • RUE BARAKA de Carine-Laure Desguin

     

    jpg_baraka-86982.jpg

    Une journée particulière

    Tarek, un jeune désoeuvré, de ceux qui peuplent nos villes par centaines, allège, au détour de sa déambulation matinale, d’une caisse un vieil homme. Celui-ci, touché par le geste, l’invite chez lui. Il est peintre, il vit avec une épouse haute en couleurs (et en expressions) et un perroquet nommé Henri (comme Toulouse-Lautrec).

    Tout en peignant une toile (qui s’appellera... lisez le livre pour le savoir !), il délivre sa philosophie au jeune homme, elle-même héritée, on l’apprendra, d’un peintre de ses amis qui a connu l’époque, à Paris,  des artistes maudits de l’entre-deux-guerres. Tu crées ce que tu penses, donc ne pense pas du mauvais pour conformer ton existence future à tes pensées etc. Une philosophie simple que, le nez sur le guidon du quotidien, on n'imagine même pas. ( "Quand les choses sont simples, on ne croit pas qu'elles sont vraies.") Il suffit de penser positivement pour que l’existence se conforme à nos désirs, comme attirée par quelque chose de plus grand qu’elle, car l’existence au fond est bonne fille et s’habille de nos espérances.

    C’est l'histoire d’une transmission, par-delà les générations. La leçon d’une survie par-delà les années : pour infléchir la marche du monde et de leur destinée, les hommes s’inventent des « psychologies ».

    Un beau roman court et généreux, qui se déroule sur une  seule journée, une de ces journées qui nous transforment. À la fin de ce jour de printemps, si on se doute que la vie de Tarek connaîtra  encore des heurts, des revers, on sait par ailleurs qu'il possède les outils pour faire face et réagir, cette confiance en soi et en l’avenir qui lui manquait au matin, une autre vision des choses, de celles qui agrandissent la perspective et nous font avancer vers la lumière au bout de la rue. Tarek peut désormais "s'imaginer la journée de demain, désirant la vivre, la respirer."   E.A.

     

    Le blog de Carine-Laure Desguin:

    http://carinelauredesguin.over-blog.com/

    Le blog des auteurs de chez Chloé des Lys:

    http://www.over-blog.com/com-1182255440/Aloys.html

     

  • Des noces princières

     

    images?q=tbn:ANd9GcRyTlFsBQxs29Ck4FosvryUWCCzVfbkeoYLU2G_zRPwhNUBahsCVendredi, j’ai évité Londres, la télévision, les roturières et les princes, tout ce qui pouvait me rappeler le mariage de Kate & William. Samedi soir, par inadvertance, j’ai vu une image des noces princières et le virus m’a pris. Je me suis précipité chez mon libraire, il était fermé, j’ai brisé la vitre pour me procurer un magazine qui avait résisté à la vente massive et, de retour chez moi, j’ai confectionné un briquet fétiche  à leur image. Les policiers débarquèrent chez moi après (heureusement) Louis la brocante. (Un des flics était un collègue de maternelle et m’avait reconnu sur le film de la caméra de surveillance). Avant minuit, la chef du syndic est venue payer la caution et je suis rentré avec elle, j'ai allumé sa cigarette avec mon briquet et elle a été aux anges. Nous avons passé la nuit ensemble, j’ai trouvé qu’elle avait un faux air de Kate et moi, la calvitie naissante de William. Dimanche, elle a calculé les dépenses des divers locataires ; elle ne m’a fait aucun cadeau. « Je ne mélange pas les affaires et les sentiments », a-t-elle dit. Cela a refroidi mes ardeurs et gâché la fin du week-end. Lundi matin, sachant qu’au boulot on parlerait immanquablement de l’événement people, j’ai pris congé et je suis parti immerger mon corps dans le vert. Comme un bienheureux.   

     

  • 2 "petites fictions" de Baudelaire

    Le miroir

    Un homme épouvantable entre et se regarde dans la glace.
       "- Pourquoi vous regardez-vous au miroir, puisque vous ne pouvez vous y voir qu'avec déplaisir?" L'homme épouvantable me répond: "- Monsieur, d'après les immortels principes de 89, tous les hommes sont égaux en droits; donc je possède le droit de me mirer; avec plaisir ou déplaisir, cela ne regarde que ma conscience."
       Au nom du bon sens, j'avais sans doute raison; mais, au point de vue de la loi, il n'avait pas tort.


    Le galant tireur

     Comme la voiture traversait le bois, il la fit arrêter dans le voisinage d'un tir, disant qu'il lui serait agréable de tirer quelques balles pour tuer le Temps. Tuer ce monstre-là, n'est-ce pas l'occupation la plus ordinaire et la plus légitime de chacun? - Et il offrit galamment la main à sa chère, délicieuse et exécrable femme, à cette mystérieuse femme à laquelle il doit tant de plaisirs, tant de douleurs, et peut-être aussi une grande partie de son génie.
       Plusieurs balles frappèrent loin du but proposé l'une d'elles s'enfonça même dans le plafond; et comme la charmante créature riait follement, se moquant de la maladresse de son époux, celui-ci se tourna brusquement vers elle, et lui dit: "Observez cette poupée, là-bas, à droite, qui porte le nez en l'air et qui a la mine si hautaine. Eh bien! cher ange, je me figure que c'est vous." Et il ferma les yeux et il lâcha la détente. La poupée fut nettement décapitée.
       Alors s'inclinant vers sa chère, sa délicieuse, son exécrable femme, son inévitable et impitoyable Muse, et lui baisant respectueusement la main, il ajouta: "Ah! mon cher ange, combien je vous remercie de mon adresse!"

     

    3183AGP15QL._SL500_AA300_.jpgExtraits de

    Petits Poëmes en prose (Le Spleen de Paris)

    de Charles Baudelaire (Poésie/Gallimard)


    TOUT BAUDELAIRE en ligne:

    http://baudelaire.litteratura.com/