• TROPIQUE DU SURICATE (extraits) de Pierre TRÉFOIS

     

    Je consacre la meilleure part de mon temps à ne pas écrire.

    Et la pire à me demander pourquoi personne ne me répond.

     

     

    Bienheureux phoques qui ont des paupières aux oreilles !

    Malheureux humains qui ont des œillères aux tympans !

     

     

    Il y a des livres épuisés.

    Je me contente de ne pas me fatiguer

    à en écrire des harassants.

     

     

    Journal intime : psychanalyse didactique, constante et portative.

    On s’y invente des labyrinthes d’où l’on sort plus minus que minotaure.

     

     

    Ma fille Livia joue du violon à contre-cœur ; ma fille Anne joue du violoncelle à contre-cœur.

    J’entends leurs disques de Michaël  Jackson à contre-cœur.

    La musique adoucit peut-être les mœurs mais ne resserre pas les liens familiaux.

     

     

    Marguerite Duras Uivre.

     

     

    La social-démocratie : le « deuxième bureau » de la bourgeoisie.

     

     

    S’endormir avec le sentiment que tout va trop mal pour que ce soit vrai.

    Et que le Père Noël serait bien inspiré d’offrir, aux jeunes générations futures, des jouets de tendance marxiste.

     

                                            (extraits de TROPIQUE DU SURICATE,

                                            à paraître chez Gros Textes en 2012)

                                                               Pierre Tréfois

  • Interview Livres & vous: Pierre TRÉFOIS

    trefois.jpgPierre Tréfois est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages. Grand lecteur, poète rare, peintre et, entre autres, animateur de rencontres culturelles, il excelle dans la pensée aphoristique, qu’elle s’exprime en vers ou en prose. Si on ne devait citer qu’une référence, ce serait Chavée pour la gravité et la dérision, la force de frappe et la réserve, auquel il fait directement penser mais ses admirations sont nombreuses, et dans divers domaines artistiques.cover_trefois1.jpg

    Son dernier ouvrage, Lents bivouacs des nues vient de paraître chez L’arbre à Paroles et le  prochain, Tropique du Suricate, dont il nous livre quelques extraits en primeur sortira chez Gros Texte.

     

    Premier souvenir de lecture

    Les « romans » de la comtesse de Ségur, les aventures du Club des Cinq, Toine Culot, etc. Dans les années 50, en Wallonie profonde, rien d’alternatif pour les p’tits jeunes.

    Lectures néanmoins enthousiastes.

     

    images?q=tbn:ANd9GcSAUtz8UWqBAAP9AZvDvD3XJzZEgmD1yFCgnuX1XL8nJEmTZXAktgAuteurs fétiches

    (Je ne cite que des vivants.)

    En prose : Pierre Autin-Grenier (en photo), Eric Chevillard, François Emmanuel, Gil Jouanard, Jean

                     Rouaud.

    En poésie : André Doms, Jean-Michel Maulpoix, Jean-Louis Rambour.

     

    Livres que je n’aurais jamais dû lire

    Une grande quantité des envois reçus en tant que recenseur dans diverses revues poétiques/politiques. Ce qui m’a conduit à cesser cette activité, qui m’a par ailleurs valu d’excellentes surprises.

     

    Auteurs méconnus à recommander

    En France : Michel Pierre.

    En Belgique : André Beem.

     

    images?q=tbn:ANd9GcR4X3SAagEyArj4ezdUe_qD9QFDdowpuEkwfNFDiPOept1g43w2L’écrivain que j’aurais aimé rencontrer

    Emile Ajar  – mais en l’absence de Romain Gary.

     

    Personnage de roman préféré

    Albertine Simonet (A la recherche du temps perdu).

    Je confesse l’avoir trompée, ces dernières années, à plusieurs reprises, avec Lisbeth Salander

    (Millenium).

     

    Quand, comment, où écrivez-vous ?

    Vu les dimensions minuscules de ce que j’essaie d’immortaliser, c’est n’importe où, n’importe comment et n’importe quand. Pour peu que l’on me cède bout de papier & crayon  si, d’aventure, je me balade les poches vides lorsque l’inspiration surgit rageusement, tel l’albatros hurleur dans la suite Sofitel de sa dulcinée, en période de nidification intensive.

     

    Un épisode de votre vie qui vous a servi de modèle

    L’épisode le plus sombre, transposé dans mon recueil L’ellipsée. Ma discrétion naturelle m’a conduit à être si allusif et crypté que mes proches n’y ont vu que du feu. Et les autres, les cendres de fragments mélancoliques sans mobile apparent.

     

    Un conseil à donner à un jeune auteur

    Sois, comme Joubert, « tourmenté par la maudite ambition de mettre toujours tout un livre dans une page, toute une page dans une phrase et cette phrase dans un mot ».

     

    images?q=tbn:ANd9GcSaQmaLg0zqbiBbXEwnkKDyMjVKyOvb-nvAkE-A5LqaZ5I32lISbgCitation préférée

    « Désormais il va falloir travailler sans citations. » Lénine, en 1917

     

    Coup de cœur artistique récent

    Darbareye Elly (A propos d’Elly), long métrage iranien d’Asghar Farhadi.

     

    Lents bivouacs des nues (L'arbre à Paroles):

    http://maisondelapoesie.com/index.php?page=lents-bivouacs-de-nues---pierre-trefois

     


  • Jean-Louis Murat: nouvel album & propos choisis

    Vendre les prés

    Un titre inédit (tiré des séances d'enregistrement de Grand lièvre):

    http://www.jlmurat.com/spip.php?article9

    Extraits d'une interview à Nord Eclair

    "La chanson française est, elle aussi, une spécialité en voie de disparition."

    "Tous les nouveaux groupes chantent en anglais.
    Dans le fond, je m'en fous. C'est rigolo, ils ont des accents à coucher dehors.
    J'ai des amis musiciens américains qui ont eu des crises de fou rire en écoutant ça. Ils ont trouvé les textes complètement tartes ! L'inverse est aussi de mise. Quand Bowie chante Amsterdam, c'est un sommet. Mais qu'est-ce qu'il raconte ?"

    "Je me supporte beaucoup mieux si je sais qu'à la fin de la journée j'ai écrit une chanson. Je suis plus « léger » comme dirait Strauss-Kahn..."

    "J'écris pour n'importe qui, il suffit qu'on me demande. C'est alimentaire. Tous les ringards de la chanson réclament à Miossec, Dominique A, Beaupain ou moi d'écrire une chanson. On est une grosse dizaine dans la boucle. Il y a une sorte de pédophilie artistique."

    "Parfois, j'ai senti que j'écrivais « THE » chanson mais je me suis toujours démerdé pour la saborder. D'avoir un tube, ça me tuerait."

    http://www.nordeclair.fr/Loisirs/Musique/sorties_disques_-_rencontres/2011/09/25/jean-louis-murat-l-indomptable.shtml

  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Maigros...

    Voici la fiche de présentation de Maigros, histoire de vous faire une idée du personnage avant de vous procurer le récit de 100 de ses pitoyables mais irrésistibles aventures...
    Le premier ouvrage des Cactus Inébranlable éditions. A paraître le 30 septembe 2011 au prix de 15 € (seulement).
    "Nom : Maigros
    ... ... Prénoms : Désiré Prosper Richard Ernest Ghislain
    Nationalité : Belgique
    Date de naissance : 17 décembre 1962
    Lieu de naissance : Dampremy (Charleroi)
    Taille : 1 m 72
    Poids : 117 kg
    Cheveux : bruns, grisonnants, avec calvitie occipitale
    Yeux : bruns
    Un con congénital, Désiré Maigros. Peu après sa naissance sur la table de la cuisine dans une maisonnette pas très proprette de la banlieue carolorégienne, la fée de la bêtise a certainement dû se pencher très longuement sur son espèce de berceau, un vieux bac en bois de feu la Brasserie des Alliés.
    Il a quatre ans quand il réussit à dire « papa » correctement – son géniteur va déserter la soue familiale deux ans plus tard suite à un matraquage maternel. À presque sept ans, il effectue ses premiers pas sans tenir la main de sa môman.
    Deux jours plus tard, s’essayant au sprint sur cinq mètres, il chute lourdement et se casse un bras.
    […] Il obtient son C.E.B. à presque vingt ans et son diplôme d’études secondaires à l’âge de trente-deux ans. Malgré ces avatars, il est heureux : sa mère, poivrote notoire du quartier dit Fond des Piges à Dampremy, l’a initié dès l’âge du biberon aux plaisirs de l’alcool et, quand il a commencé – tardivement, il est vrai – à gonfler de la zigounette, à ceux de l’inceste […]
    À trente-quatre ans, Maigros se retrouve seul. Grâce à son parrain Prosper qui a des accointances avec tous les milieux interlopes de Charleroi, depuis la plus petite pègre jusqu’à la Maison communale, il se fait engager là où les cons sont facilement acceptés : la police."

    Réservez votre ouvrage dès à présent et bénéficiez des frais d'envoi gratuits en Belgique. (offre valable jusqu'au 10 octobre)
    Le livre paraît le 30 septembre et coûte 15 €.
    En savoir plus ?
    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

    cactusinebranlableeditions.e-monsite.com
    L'univers d'une maison d'édition.

  • Le cycle des mots

    Les mots se font eau, aube, ouverture, saillie, faille, puits, pluie. Ils retombent sur la page et la mouille. Petites rigoles des phrases qui se rejoignent dans le texte. Le lecteur aux abois boit, il se saoule de lettres, peu importe le sens pourvu qu’il hèle l’ivresse. Les merveilleux nuages de la page finissent par passer. Le livre refermé, ils peuvent, les rêves de papier, noircir à l’envi la feuille blanche de la nuit car c’est à l’ombre des faits, pliés, repliés dans la lumière cabossée, chiche, chimérique de l’étrangeté, qu’on lit le mieux.

  • Bref: j'ai regardé plein de vidéos de Bref et j'en ai posté une seule car les autres sont la propriété de Canal+. Bref: il faudra désormais les visionner: 1/ en direct sur Canal+ (heureusement c'est gratuit) 2/ sur le site. Bref: j'ai titré un peu long.

    Bref: j'ai recroisé cette fille


    Tous les BREF (le nouveau programme court de Canal+)

    http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3848-c-bref.html?vid=507288

  • Revu "Bubu" de Mauro Bolognini, par Philippe Leuckx

    images?q=tbn:ANd9GcTPUGMTtdmT1AfCMdiujNyLGpJoGzfD2xv4bGSFjITr2kdYtXOn9AFilm de 1970/1971, jamais distribué en France, tiré d'un roman de Charles-Louis Philippe, "Bubu de Montparnasse", librement adapté et transposé de Paris à une ville qui combine des décors réels de Turin, Rome, Milan, "Bubu" est l'une des oeuvres charnières de la deuxième grande époque créatrice de l'auteur qui va de 1969 à 1976, période durant laquelle il multiplia les grandes oeuvres : de "Metello" 1970 à "L'Héritage" 1976. D'un prix de Cannes à un autre prix de Cannes, pour deux de ses interprètes : Ottavio Piccolo et Dominique Sanda. En passant par "Un merveilleux automne", "Per le antiche scale", "La grande bourgeoise", "Libera mio amore".

    Dans sa première phase créatrice, Bolognini avait entre autres adapté des oeuvres de  Brancati, Moravia,  Svevo et Pasolini (auteur de plusieurs scénari) : "Les garçons", "ça s'est passé à Rome", "La viaccia", "Le bel Antonio", "Senilità", "La corruption", "Agostino"...

    "Bubu" relate le parcours hyperréaliste de trois personnages dans une ville populeuse : Berta, blanchisseuse, Gino, boulanger qui deviendra maquereau et pousse sa femme à embrasser la condition de prostituée, un étudiant enfin qui tombe amoureux de Berta...Piero va tout faire pour l'extirper de ce milieu vénal. Gino Martone vole, violente Berta, se retrouve en prison...

    De la scène liminaire - scène à la blanchisserie, séquence fabuleuse de justesse descriptive -,  à la fin, aux bords de la rivière, on suit de très près les protagonistes englués dans la misère, dans la crasse de taudis aux murs écaillés, dans le rejet systématique des prostituées syphillitiques, qu'on soigne en hôpital avec le mercure.

    Le travail de mise en scène de Mauro Bolognini tire ses atouts d'une attention extrême aux costumes plus vrais que nature, aux décors réels ou reconstitués avec les palissades, les murs jaunes et sales...

    Les couleurs rendent hommage aux toiles impressionnistes et la virée à la guinguette relaie cette atmosphère de fête juste avant la tragédie...

    L'interprétation d'Ottavia Piccolo (rôle de Berta) et de Massimo Ranieri (l'étudiant), vibrante, sensible, ajoute aux qualités plastiques de l'ensemble.

    Bolognini soigne ses cadrages comme de vrais tableaux et l'on ne peut oublier toutes les séquences qui mettent en valeur le dénuement de l'héroïne malade. Un naturalisme zolien anime ces scènes ainsi que celles où les prostituées cherchent le client, grimées comme au carnaval. Ce qui annonce le travail sur les masques dans "Per le antiche scale" et "L'héritage"...

    L'art de Bolognini - oeil d'architecte et coeur sensible - magnifie la plastique des couleurs, des robes, des visages et des corps. La crudité des dialogues, le prosaïsme de certains personnages attisent la noirceur du constat : il ne faisait pas bon vivre dans ces miasmes de quartier, entre les assommoirs et la rue, et ces escaliers de désolation.

    Au tout début du film, le spectateur est anéanti par la vision tournoyante d'un immeuble à galeries, laid à souhait, qui décrit mieux qu'un chapitre entier, les dérisoires logements populaires, un ancêtre d'achélème.

    Fabuleuse réussite sociale, psychologique, "Bubu" est sans doute l'un des fleurons de l'art d'un cinéaste qu'il faut placer aux côtés de De Sica, Antonioni,Comencini,  Scola, Amelio, Pasolini, comme l'un des meilleurs imagiers (au sens le plus noble) et l'un des meilleurs moralistes d'un cinéma doué autant pour la critique sociale que pour l'émotion.

    NB Si vous souhaitez en savoir plus sur l'auteur, lisez l'entretien de Jean Gilli avec Mauro Bolognini, repris dans le volume 10/18 "Le cinéma italien", n°1278, 1978, pp.78-118. En outre, une belle étude de Bruno Duval (dans La revue du cinéma - Image et Son n°317 de mai 1977) montre l'importance esthétique de l'auteur et son travail plastique

    Philippe Leuckx

     

    Le film complet (en V.O.)

    http://www.youtube.com/watch?v=QumeusNwlMU&feature=results_video&playnext=1&list=PLA866CA27B62156BC

  • Rétrospective Christian Hocquet au CEME

    Vernissage, ce vendredi 23 septembre 19H - 23 H

    Exposition du 23/09 au 23/10

    Au CEME - Rue des français 147 , 6020 Dampremy (Charleroi)

    CH_Hocquet_diptyque.jpg

    En 1955 Christian Hocquet peint sa première toile : un Don Quichotte à l'aspect brurlesque, en quête d'absolu flanquéd'une barrière pour destrier. D'emblée le ton nous est donné!
    Tout au long de son oeuvre, Christian Hocquet n’aura de cesse d’interroger la condition humaine : dans la force de ses affects mais aussi dans la vérité de ses limites.
    Son œuvre s’achemine comme un combat mené avec ses propres passions, ses doutes, sa soif et son vouloir.
    Désirs d’élévation et vérité de l’instant, éternel féminin et profondeur des abysses, simplicité des gens croqués au coin d’une rue…
    Des sentiments sublimes au réel le plus cru, d’hommages aux anciens maîtres (Rembrant, Goya, Rubens) en scènes du quotidien, Christian Hocquet peint ce qu’il voit, ce qui le hante : l’humain, le réel, la distortion des sentiments… Scènes de bistrot, corps enlacés, gens de la terre, exodes collectifs…
    Rien de systématique dans son œuvre, de préconçu ni de calculé. Christian Hocquet ne s’encombre aucunement : il peint spontanément, comme il respire, en prise avec le réel ; en « corps à corps », en homme de fougue et de passion… De pesanteurs en apesanteurs une sorte de vrille hallucinée… Là la part belle à l’obscur, là aux éclats de lumière…

    En marge de son œuvre peinte, Christian Hocquet est graveur : eau forte, vernis dur, mou, aquatinte ou gravure au sucre, il est un maître incontesté en la matière. Plus de 400 estampes à son actif, une œuvre plus discrète par nature, mais qui gagne à être connue.
    J-Ph. G.

    http://www.ceme.be/spip.php?article133

  • Quelques textes de Géraldine Muller

    J'écris par fidélité envers l'aube manquée du bonheur

    la voix du Visiteur ce regard plus lointain que l'étoile ces pas derrière le Temps

    Une petite lampe brillera-t-elle demain

    au chevet de l'espoir?

    Je suis celle qui fera toujours signe

    à l'Ultime

    .

    Voix pour un cahier

     

    ***

    Qui n'a rêvé d'un jardin

    où le sentier se fait souffle?

     Qui n'a rêvé d'un poème

    déposé sur chaque paupière?

     Ô voix des printemps

    pour mon chagrin semez

     semez vos feuilles

    Que mon sommeil soit

     

                  sans deuil

    Voix pour un cahier

    ***

    Non je n'ai pas perdu ta voix

    Aussi loin que je sois dans mon pays de neige et de nuit

    je t'entends ma Voix Je t'écoute ma Vie

    Il suffirait que mon violon se souvienne de cette note oubliée

    que mon rêve égaré retrouve son nid

    et ta joie se ferait belle en son rire

    Non rien n'est fini

    Entends mon âme Ecoute ma vie

    Même si j'ai froid ici

    même si la mémoire est couleur de neige

    j'allume encore des mots

    que ta Voix comptera après la nuit

    ...

    Poème écrit en hommage au poète allemand Paul Celan (Paul Pessach Antschel), poète originaire de Czernovitz (aujourd'hui région d'Ukraine). Seul survivant d'une famille décimée par les rafles nazies et portant toute sa vie -jusqu'à la folie- le poids de cette culpabilité dit "le complexe du survivant", il considérait que la langue seule demeurait, ultime espoir "au milieu de toutes les pertes".


    Voix pour un cahier

    ***

     

    Pas un souffle Pas une voix Pas même la note lointaine d'un carillon

    Peut-être parfois la visite d'un pigeon qui se pose derrière les persiennes puis s'envole dans un frisson de soie déchirée

    D'un seul geste je convoque toutes les ombres

    Et je rêve que s'ouvre la porte de ta pensée

    sur mon regard oublié

     

    Couleur du Temps

     ***

    Souviens-toi mon ami

     

     

     à l'écart de la ville

     une grille ouverte -la maison de vacances

     le chien tranquille

    les enfants qui jouaient à attraper le soleil

    ...

    Ne dors plus dans le présent

    Veille mon ami

    le doux mal

    de la mémoire

     

    Couleur du Temps

    Géraldine Muller

     

  • Interview Livres & vous: Géraldine MULLER

    275465_100001569815018_1135934164_n.jpgGéraldine Muller est professeur de Lettres Modernes dans un lycée de Nancy. Elle tient un journal et écrit de la poésie depuis l’enfance. « J'attache de l'importance à la progression de chaque jour; à chaque jour sa page, ses mots, sa raison d'être et d'écrire, même si c'est difficile... Chaque jour, un pas dans la bonne direction -vers Soi. » écrit-elle. Elle recueille cette écriture au jour le jour sur deux blogs. Elle se tient, libre, à l’écart de tout clan ou mouvement littéraire, ce qui lui donne toute latitude pour s’ouvrir aux autres, aux livres des autres,  tout en traçant son sillon. « Ma préoccupation est le chemin, plutôt que la destination », écrit-elle.

     

    41nsdNSZvYL._SL500_AA300_.jpgPremier souvenir de lecture. 

    Mon premier souvenir de lecture: tous les livres de la Comtesse de Ségur, quand malade d'une pneumopathie à l'âge de neuf ans, je n'ai pu sortir pendant un mois. Je me suis régalée! La délicieuse impression à cet âge-là que régnait la Justice -les gentils récompensés, les méchants punis... sans m'apercevoir que la plus grande gentillesse cachait la plus terrible cruauté... Je lisais ces récits dans une très belle collection ancienne que m'avait offerte ma grand-mère.

    Le livre qui t'a donné envie d'écrire

    Le Journal d'Anne Franck et ses Contes. J'ai ensuite tenu mon Journal et écrit des récits pendant toute cette période de l'adolescence qui correspond au Journal. Depuis, je tiens mon Journal très régulièrement et j'y consigne ma vie intérieure, mes poèmes, mes pensées, mes réflexions, mes émotions... 

    Le livre que tu n’aurais jamais dû lire

    Anna Gavalda et ses romans. Aucune envie de la relire, à cause du manque de style. Je déteste la littérature-consommation.

    51PuxJNgQOL._SL500_AA300_.jpgUne trouvaille littéraire, un auteur méconnu à recommander

    Les oeuvres du dramaturge Jean-Luc Lagarce, mort du Sida en 1995. Je lis en ce moment les 23 Cahiers de son Journal et je vais faire un petit article dans mon blog-facebook sur le Journal qui correspond à la dernière partie de sa vie. Je ne dévoile donc pas tout ici. Ensuite, je lirai quelques unes de ses pièces comme Derniers remords avant l'oubli. Le cycle Lagarce commence pour moi. Je procède désormais par cycle pour mes lectures.

    L’écrivain que tu aurais aimé rencontrer.

    Le poète Arthur Rimbaud. L'adolescent prodige m'intéresse tout autant que le trafiquant qui se tait à la deuxième moitié de sa vie car il constate très tôt à l'âge de 19 ans qu'il a trop aimé la Beauté et qu'il doit revenir "à la réalité rugueuse": "Je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher" dit-il dans Une Saison en enfer). L'expérience du Voyant tourne pour lui à l'échec car le poète, contraint aux limites du Réel, ne peut étreindre l'"immense corps" de cette aube qu'il a pourtant senti. C'est à mon sens, cet aveu poétique de l'échec qui donne à l'oeuvre rimbaldienne toute sa beauté. Pendant mon adolescence et encore dans un passé récent, les oeuvres de Rimbaud, fulgurantes, me tenaient éveillée une bonne partie de la nuit...

    Comment, quand écris-tu.

    Je m'inspire directement du quotidien: une scène, un regard, une parole, une couleur... et la vision naît, qui enfante un mot, qui lui-même enfante la vision. Le Journal m'aide aussi beaucoup; je l'écris au moment du café de l'après-midi -avec un carré de chocolat à côté -ou au moment du thé -à la bergamote de préférence. J'écris dans d'épais cahiers à spirale -la librairie- papeterie à côté de chez moi me les commande désormais...

    Ton personnage de fiction préféré. Une « scène » de roman ou un poème qui t’a marquée.

    Un poème de Victor Hugo -je ne me souviens pas du titre mais du pathétique de la scène- où des enfants tentent de réveiller leur mère dans un pauvre logis. En exergue, cette citation de Shakespeare extraite de Hamlet: "To die -to sleep". Cela m'a marquée à l'âge de seize ans; cela me marque encore... J'ai beaucoup aimé aussi Le Dernier jour d'un condamné -la Littérature, ce cri qui s'élève très haut contre l'injustice - Victor Hugo en est l'emblème.

    Ta phrase, ton vers ou ta citation préférée?

    "Arrivée de toujours, qui t'en iras partout."d'Arthur Rimbaud -c'est pour moi la définition-même de la Liberté qui transcende tous les temps et tous les espaces. Arthur Rimbaud a passé sa vie à partir -et que  dit-il? Qu'il n'est pas de repos -et qu'il n'est pas non plus d'exil. Le voyage est le seul séjour possible.

    Coup de cœur artistique récent (tous genres confondus)

    Une vie bouleversée d'Etty Hillesaum. Une jeune femme hollandaise écrit son Journal avant son départ pour un camp de concentration hollandais et elle le poursuit jusqu'à sa mort dans le camp. C'est dans la détention la plus funeste qu'elle trouve la liberté intérieure puisque, comme Baudelaire, elle cherche l'or -un rayon de soleil- dans une flaque de boue.

    En quelques lignes, un projet littéraire qui te tient à cœur ...

    J'ai relié deux recueils: Le Regard des mots et Présente jusqu'à la cendre... Je suis en quête d'un éditeur. Le Regard des mots évoque l'envers du signe, le regard caché dans l'anodin, le coeur qui bat derrière chaque silence. Présente jusqu'à la cendre célèbre le désir de durer et d'écrire -à partir du manque, de l'absence, du creux... Une certaine plénitude de la béance... Une solitude qui fait que, parfois, l'on se sent "habité" par l'au-delà des mots...

    En lisant (ou/et) en écrivant, je ... 

    "En lisant, en écrivant" est le titre d'un essai de Julien Gracq. La littérature comme chemin, promenade et détour.

    En lisant, en écrivant, j'emprunte le sentier oublié.

    En lisant, en écrivant, je donne un regard à l'absence.

    en lisant, en écrivant, j' éprouve la nostalgie des terres natales de chacun .

     

    419Pje8tgGL._SL500_AA300_.jpg10 livres préférés

    Poésies ; Une Saison en enfer; Illuminations d'Arthur Rimbaud

    Une vie pour se mettre au monde, essai philosophique de Marie de hennezel et Bertrand Vergely sur nos multiples naissances dans la Vie

    Le Journal d'Anaïs Nin

    L'Evénement d'Annie Ernaux; le récit d'un avortement pour la jeune étudiante qu'est la narratrice -avant la légalisation de l'avortement en France.

    Journal de Katherine Mansfield ou comment transcender la maladie par les mots.

    Les Poésies de Fernando Pessoa

    Les Poésies de Pablo Neruda

    Les Poésies de Nazim Hikmet

    Une Vie de Maupassant; la peinture de la condition féminine au XIXème siècle;

    Un Balcon en forêt, La Presqu'île, Le Roi Cophetua de Julien Gracq; entre veille et rêve, espoir et attente. Si minces sont les frontières géographiques, émotionnelles et spirituelles...

     

    Les blogs de Géraldine



     


  • Body and soul / Tony & Amy


  • Philippe Leuckx à l'Association des Ecrivains Belges

    Marie-Ange Bernard présentera les 3 derniers recueils de Philippe Leuckx

    le mercredi 21 septembre 2011 à 18 h.

    Rome à la place de ton nom (Bleu d'encre)

    Le beau livre des visages (Maelström)

    Le coeur se hausse jusqu'au fruit (Les Déjeuners sur l'herbe)

     

    COUVLEUCKX.jpg

     

     

    Lieu: Association des Ecrivains belges

    Chaussée de Wavre, 150

    1050 Bruxelles

     

  • Roulette russe

    7606569-roulette-russe.jpgCe matin, lors de ma séance, j’ai compati à la détresse de mon psy. Tous ses patients s’étaient tiré... une balle dans la tête. Il menaçait de se suicider. Je lui ai retiré l’arme de la main et je l’ai tournée vers moi. A quoi bon vivre sans mon psy ! Quatre coups de feu ont retenti. Là, il m’a arrêté, il a menacé de sortir du cabinet : il ne voulait pas voir ça une fois de plus. Dans un sursaut salvateur, j’ai décidé d’arrêter ma thérapie et, pour marquer ma décision, j’ai tiré deux fois en l’air. Un portrait de Freud a été touché. En se précipitant pour sauver l’image sainte d’une chute prévisible, mon psy a glissé et s’est rompu le cou. Sa tête a roulé sur le divan, je l’ai ramassée et déposée sur un plateau repas à destination des chiens de Pavlov qui attendaient dans la salle d’attente d’embarquer pour l’espace avec la chienne Laïka. Youri Gagarine a poussé un aboiement terrible qui m’a réveillé.   

    Mon psy s’était endormi quand je lui ai raconté mon rêve. Cela tombait bien car il n’y aurait rien compris.


  • Bonnie & Clyde / Lulu & Scarlett + Serge & Brigitte

    Vous avez lu l'histoire
    De Jesse James
    Comment il vécut
    Comment il est mort
    Ça vous a plus, hein
    Vous en d'mandez encore
    Eh bien
    Ecoutez l'histoire
    De Bonnie and Clyde...

    Lulu Gainsbourg & Scarlett Johansson

    Serge Gainsbourg & Brigitte Bardot

     

     

  • Philip Roth, sans complexe, et autres émissions littéraires

    Philip Roth, ce lundi 19 septembre 2011, à 22 h 05 sur Arte.

    Un film de William Karel (52 min)

    "D'ordinaire, il fuit les entretiens et le laconisme de ses réponses fait désormais partie de sa légende.

    En septembre 2010, Philip Roth a pourtant reçu William Karel et la journaliste Livia Manera pour une interview au long cours dans son appartement de l'Upper West Side à New York et dans sa propriété, au cœur de la forêt du Connecticut"

    Deux extraits à voir

    http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/Philip-Roth--sans-complexe/4120544.html

     

    Livrés à domicile, la nouvelle émission de Thierry Bellefroid, sur la Rtbf

    http://www.rtbf.be/video/v_livres-a-domicile?id=1245323&category=viepratique

    La Grande librairie, l'émission de François Busnel, sur France5

    http://www.france5.fr/la-grande-librairie/

  • Ivre du vain social

    VTJ73.jpgSamedi soir, j’ai apporté une  valisette de vin  au favori pour les élections sociales de l’entreprise. On a éclusé deux bouteilles de merlot et il m’a confié qu’il était allé à l’école maternelle avec le boss, qu’ils en avaient gardé des liens forts. Grands dieux du raisin fait vin, j’étais englué dans les rets de l’amitié et de l’action syndicale pourrie ! Mon candidat ne pourrait jamais soutenir mes agissements obscurs (trafiquoter la machine à café, facebooker tranquille, bécoter la chef de service, siroter mon mojito...) au sein de la boîte et le patron resterait indéboulonnable.  Grands dieux du syndicat des vignerons intègres, j’avais gardé la meilleure bouteille du lot que j’ai partagée avec la famille de Roms qui occupe la place du marché au grand dam des maraîchers et des amateurs de balle pelote du quartier.

     

  • Carine-Laure Desguin, Claire Mathy et Charline Lembourg au Club lecture de la Maison de la Laïcité

    Le mardi 20 septembre prochain se tiendra un club lecture spécial « auteurs de la région » à la Maison de la Laïcité de Charleroi.
    De 14h à 16h, Charline Lembourg, Carine-Laure Desguin et Claire Mathy vous présenteront leur livre.
    Les auteurs liront un passage choisi. Ce sera également l’occasion pour les participants de comprendre le travail d’écriture.
     
    rue%20baraka.jpgVenez (re)découvrir :
     
    « Rendez-moi mes poupées » éditions  Scaillet, de Mme Charline Lembourg 
    « Rue Baraka », éditions Chloé des Lys, de Mme Carine-Laure  Desguin,
    « Dernière pelletée », éditions Memory Press, de Mme Claire Mathy 
     
    Modalités :
     
    Le club lecture est gratuit !
     
    Le 20 septembre de 14h à 16h
     
    à la Maison de la Laïcité
    rue de France, 31
    6000 Charleroi
     

    Les photos de la rencontre (sur le blog de CLD):

    http://carinelauredesguin.over-blog.com/

  • Vivre en Israël, par Denis Billamboz

     

    Vivre en Israël

    Voilà une question bien trop brûlante pour que je m’hasarde moi-même à y répondre, je laisserai donc ce soin aux deux auteurs que j’ai choisis de vous présenter aujourd’hui : Michal Govrin et Ron Leshem. Ces deux auteurs publient actuellement et nous donnent donc une vision contemporaine de ce problème, au moment où leur pays est un peu empêtré dans la question palestinienne. Govrin a écrit son livre au contour de la cinquantaine en essayant de combiner la motivation de son grand-père qui figurait parmi les fondateurs de l’état hébreu, et la cruauté de la situation vécue du côté des Palestiniens.  Leshem fait, lui, partie de ces soldats, du moins son héros principal, qui ont combattu dans la guerre pourrie au Liban et qui se sont sentis lâchés par la population sous la pression des médias internationaux. Deux regards différents que je ne jugerai pas, mais qui montrent bien l’imbroglio existant actuellement au Moyen-Orient.

     

    9782848050614.jpgSur le vif

    Michel Govrin (1950 - ….)

    « Ilana  a trouvé la mort dans un accident sur l’autoroute… », le mari appelle la meilleure amie de son épouse pour mettre de l’ordre dans les nombreux papiers que sa femme a accumulés. Ilana était une jeune mère de famille, brillante architecte qui avait remporté un prix pour construire un monument de la paix à Jérusalem. Ses documents contiennent notamment :

    -         Des fragments d’un journal personnel dans lequel elle relate l’avancement de son projet et tous les ennuis qu’elle rencontre pour le mener à bien mais aussi la fragilité de son couple et ses relations avec son amant arabe, chef de la troupe de théâtre qui devra inaugurer le monument qu’elle va réaliser.

    -         Une longue lettre à son père, un des pionniers fondateurs de l’état d’Israël, dans laquelle elle raconte son parcours personnel à travers ses enfants, ses voyages, son projet mais surtout à travers les événements de la guerre du Golfe qu’elle va vivre avec ses enfants depuis Jérusalem.

    -         Quelques bribes de notes prises au quotidien, « Des instantanés, des respirations murmurées dans le fleuve des routes. »

    Et, le roman est construit avec ses trois niveaux de narration et en quatre lieux différents : le New Jersey, Paris, Jérusalem et à nouveau Paris, ce qui donne un récit assez complexe mais particulièrement riche.

    Cette brillante architecte décide de partir à Jérusalem pour finaliser son projet pendant que son mari dont elle s’éloigne progressivement, part pour Moscou et Kiev étudier des archives particulièrement précieuses dans sa chasse aux anciens nazis et à toutes formes de renaissance d’une telle idéologie. Elle emmène avec elle ses enfants et espère bien retrouver son bel amant arabe à Jérusalem mais la conjoncture internationale en décide autrement. En effet, la guerre du Golfe se fait de plus en plus plausible, dressant les deux communautés l’une contre l’autre. Mais elle décide, tout de même, de maintenir son séjour malgré la pression de son entourage et notamment de son mari. Elle va ainsi vivre l’angoisse et la peur des Israéliens sous la menace des missiles irakiens mais aussi une belle fraternité avec ses voisins et un retour aux sources sur la terre de ses ancêtres dans les pas de son père décédé un an auparavant seulement

    Il lui faudra attendre la fin des hostilités pour espérer à nouveau que son projet verra le jour sur le Mont de la Jachère, ce « projet est sur une Implantation de Cabanes où viendront les gens, seuls ou en groupe. Ils construiront leur cabane et y vivront sept jours. Ils pourront venir du monde entier, sans avoir besoin d’autorisation pour entrer, sans vérifications de la police. Ce sera une zone ouverte. » L’épreuve vécue avec ses enfants, au sein d’une communauté soudée et chaleureuse, là où père avait vécu et lutté, lui permet de mûrir ce projet et de lui donner tout le sens que les écrits sacrés pourraient lui conférer. « Je veux montrer que le lieu où s’exerce l’instinct de propriété par excellence possède une existence au-delà de l’emprise des hommes – comme il est écrit dans le récit biblique : « Et tu laisseras la terre se reposer… »

    Ce livre, c’est, au premier regard, l’exposé du problème fondamental du Moyen-Orient depuis des lustres : une seule terre pour deux peuples, que Michal Govrin essaie de résoudre en réduisant la notion de propriété en une notion de jouissance ouverte à tous. Car, elle a bien conscience que la souffrance et le malheur frappent les deux communautés et que la cessation des combats n’adviendra qu’avec l’extermination de l’une des deux ou avec un modus vivendi acceptable par les deux parties. Son discours est fort intéressant mais, elle insiste trop fortement sur l’épanouissement des juifs sur la terre de leurs ancêtres ce qui pourrait vouloir dire que c’est leur terre et qu’ils sont le peuple élu de cette terre.

    On comprend bien son message de laïcité, d’ouverture, de rejet de l’exode forcené des juifs de Russie, mais on a tout de même le sentiment que les deux communautés ne sont pas considérées de la même façon et qu’elle ne leur accorde pas la même légitimité pour fouler ce sol. On le comprend d’autant mieux quand elle évoque la famille, les pionniers, le sol, le sang, l’épanouissement de ses enfants, tous ces thèmes qui ancrent très fort sa communauté dans le sol d’Israël. On peut ressentir dans son texte de la compassion, de la tolérance mais jamais une réelle volonté d’intégration de l’autre communauté, juste une acceptation. Même son amant arabe ne se comporte finalement que comme le maître d’un harem à sa disposition et fait contraste avec les Israéliens qui l’ont entourée pendant l’épreuve à Jérusalem. Sous les missiles, près des cendres de son père, au sein de sa communauté, elle a redécouvert le sens du sacré et le sacré ne se partage pas. Le sol, expression du domaine sacré par excellence, est donc indivisible et le problème de la légitimité de l’occupation du pays n’est pas résolu et ne le sera pas avant longtemps.

    C’est aussi un livre sur la solidarité familiale et communautaire, Ilana a une relation très forte avec ses fils, même si son couple bat sérieusement de l’aile, ses voisins l’assistent, ses amis la soutiennent, la communauté juive est un creuset ou chacun peut trouver soutien, amitié et réconfort. Et cette solidarité est nécessaire car dans l’épreuve, la peur attise l’instinct de conservation, la fausse compassion et ramène les hommes aux limites de l’animalité.

    Et, il ne faut pas oublier que ce roman est aussi une ode à la liberté de la femme qui peut choisir ses amants comme elle l’entend, conduire ses projets, vivre ses utopies, partir avec ses enfants, transmettre ses valeurs et courir après ses rêves.

    Mais surtout ce livre, même s’il dénonce les solutions violentes, s’il prône le respect, l’ouverture, la laïcité, s’il préconise un retour aux valeurs religieuses et familiales, est, pour moi, avant tout, un livre sur la transgression. Cette bonne mère de famille juive qui donne la meilleure éducation à ses enfants, prend un amant arabe pour le seul plaisir de la chair transgressant ainsi les règles du couple, les mœurs de sa communauté et la morale de sa religion.

    Le sujet est très vaste, le livre est dense, il foisonne d’aventures, d’impressions, de sentiments, de réflexions mais il est aussi un peu long, bavard, verbeux et même un peu mou pour un sujet aussi brûlant. Il embrasse peut-être trop, pour bien étreindre.

     

    41Myg28xPmL._SL500_AA300_.jpgBeaufort

    Ron Leshem (1976 - ….)

    « Si l’enfer existe, c’est à ça qu’il ressemble : la forteresse de Beaufort ! » C’est la première impression d’Erez, car Linaz ça ne fait pas assez viril pour son supérieur hiérarchique,  un jeune soldat israélien qui découvre cette forteresse pendant la guerre du Liban à la fin des années quatre-vingt-dix. Il affronte le froid, la saleté, la puanteur, la promiscuité, la peur, … et la mort de son ami, décapité par un obus.

    Quelques années après, Il revient dans ce fort à la tête d’une section qu’il a formée comme «une machine de guerre » pour combattre pour son pays. Il va transcender ces gamins à peine sortis de l’adolescence, leur inculquant l’esprit de corps, la solidarité, la fraternité, le sens du sacrifice et du devoir envers la patrie. Mais, progressivement, la guerre s’enlise, les combattants se terrent dans leur forteresse, les supérieurs rechignent à se battre, le pays ne croit plus en ses troupes, la guerre perd tout son sens et les soldats se demandent se qu’ils font là et pourquoi ils se feraient tuer pour une cause qui n’existe plus.

    Ce roman, c’est en fait, l’histoire de la déroute des troupes israélienne au Sud Liban au tournant du millénaire. Tsahal qui avait l’habitude de triompher de ses ennemis sans coup férir avec l’appui de tout un peuple mobilisé, se trouve brusquement mis en échec par une guerre qui n’en n’est plus réellement une. Les soldats sont cantonnés dans leurs fortifications et subissent les assauts des ennemis sans pouvoir riposter. La guerre a changé, le combat s’est déplacé sur le front de l’opinion publique et la manipulation de l’information paralyse le pouvoir politique et fragilise les soldats qui se plaignent : « de chasseurs, nous sommes devenus gibiers,…Nous ne sommes plus que des cibles qui encaissent sans riposter, des cibles dans l’attente des coups. »

    Ces soldats abandonnés par les leurs, livrés à la vindicte d’un ennemi mille fois plus motivé et soutenu par le monde entier, pour qui  « la guerre est un rêve, la paix, un cauchemar… ! ». Comme Barbusse en permission à Paris, ils éprouvent cette profonde scission que s’instaure entre le peuple et son armée. « Tout le pays grouille de gens qui n’y comprennent que dalle à l’armée, mais savent mieux que tous ce qu’il faut faire. » Ces soldats qui ne comprennent pas que la guerre ne se gagne plus les armes à la main mais dans les médias, auprès de l’opinion publique et qui ne sont plus que des pantins qu’on manipule pour leurrer les populations. « Ca a bousillé les mômes d’entendre à la radio qu’on ne croit pas à ce qu’ils font. » Et, le retour au pays se fait dans l’incompréhension, l’incrédulité, le déphasage, avec la honte, les séquelles, les gueules cassées, et tout ce qui ne sera pas dit… qu’on ne peut pas dire.

    C’est aussi l’histoire de ces grands adolescents devenus des hommes sous le feu de l’ennemi qui ont tutoyé les limites de l’humanité, approché les frontières de l’enfer et sont devenus des seigneurs de la guerre, des capitaines Conan, frères d’armes qui ne seront jamais compris et qui auront toujours une certaine difficulté à revenir dans le monde civil dont ils ont remis en cause nombre de valeurs y compris la religion. Ces hommes qui ont repoussé les limites de la vie là, où ceux qui n’ont pas combattu n’iront jamais et ne comprendront jamais ce qu’il s’y trouve. Et, « … si la paix n’est pas établie d’ici là, je veux que mon fils connaisse ce que j’ai connu, les défis, les souffrances et la peur. Parce que ça m’a poussé à regarder le monde d’une manière différente, à découvrir les choses les plus essentielles à mes yeux : l’amour de la famille, l’amour de la vie, leur fragilité. » Faut-il vraiment tant de souffrance, de douleur, de morts … pour pouvoir comprendre tout cela ?

    Et la vraie question qui reste en suspens à la fin de ce livre n’est pas de discuter sur l’inutilité de cette guerre mais savoir pourquoi l’auteur la juge inutile. Serait-ce pour nous signifier que la guerre n’apportera jamais une solution pérenne à la cohabitation des peuples dans ce pays ou plus cruellement, pour nous rappeler qu’on n’a pas donné les moyens à l’armée de résoudre le problème comme elle l’aurait pu ? Et, pour ma part, j’ai la triste impression que Leshem fait partie de ceux qu’on appelle les « faucons » ceux qui croient fermement qu’Israël ne peut que détruire ses voisins et ennemis pour assurer sa pérennité et sa sécurité.

    J’aurais préféré refermer ce livre avec une autre impression car c’est un bon livre qui commence comme le crépitement d’une uzzi dans une embuscade mais qui rapidement reprend le rythme de tout bon roman juif, ou presque, expliquant, expliquant encore et encore comme pour être sûr que le lecteur a bien compris le message.

    Denis Billamboz

     

  • Queques momoqueurs / Jean-Philippe Querton

    Chaque année, le 1er janvier, les marxistes prennent de bonnes révolutions. 

     
    En Syrie, ils sont tous menuisiers ? 
     
     
    Il attend sa cousine Elvire au tournant.
     

    Envie de vacances dans le périnée, mais pour l’instant, je me prostate.

    Réflexion: Le mec qui revient du Tour de France avec le maillot du meilleur grimpeur, tu penses qu'il est bien accueilli par sa femme ?
     
     
    La nouvelle du jour, tenez-vous bien ! L'immense auteur, belche de surcroît, d'"Oscar et la dame fanée", de "Tout le monde a des dettes" et autres cornichonneries imposées à la lecture de nos pôvres collégiens, cesse ses activités littéraires en raison du manque de rentabilité. Désormais, il vendra des cuisines, parce que la cuisine, c'est Schmitt !
     
    J’ai acheté un médicament contre la diarrhée, ça coûte la peau du cul !
     
     
    Dans le cadre de la journée mondiale contre la constipation, le gouvernement belge a été mis à l’honneur. Plus d’un an en affaires coulantes, faut le faire !
    Ma femme a une brique dans le ventre, elle n’arrête pas de faire de la gelée de mûres.
     
     
    S’ils jouent avec leur console, c’est parce qu’ils sont tristes ? 
     
    Autrefois, quand un galant homme proche de sa majesté proposait à une dame de l’introduire à la Cour, est-ce que cela voulait dire qu’il souhaitait la sauter dans les chiottes ? 
     
     
    L’image d’une Belgique qui a la rage de gagner, c’est Sandra Kim !
    Décourageant, non ?  

    Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas de navire
     
     
    Vu son état de décomposition, l’inoubliable interprète du lundi au soleil  s’appelle maintenant Glauque François ! 
     
    A la fin de la messe prononcée à l’attention des manchots et cul-de-jatte, il ne manqua pas de lancer à la foule des invalides « Que Dieu vous prothèse ! "
     
     
    Pour le concubinage, contre vents et mariées…
     
    Je ne me souviens pas d’avoir connu un trou de mémoire.
     
    Jean-Philippe Querton

  • Interview Livres & vous: Jean-Philippe QUERTON

    author_cover_jean-philippe_querton_85134_250_350Jean-Philippe Querton est romancier et auteur d’aphorismes. Grand lecteur, écrivain donc, il ne manquait plus à sa palette littéraire que l’activité d’éditeur. Il a franchi le pas en fondant les Cactus Inébranlable Editions : ça va piquer ! Il anime à Tournai un atelier d'écriture... dans l'esprit de la série noire.

     

    Ton livre préféré, le livre qui t’a donné envie d’écrire ? Ton ou tes auteur(s) fétiche(s) ?

     

    Lorsque je me replonge dans mes souvenirs de lecture, je ne peux m’empêcher de repenser à quelques ouvrages lus il y a…. des dizaines d’années. Merde, quoi, on est vieux, on l’assume !

    Mon premier coup de cœur, ce fut « 20.000 lieues sous les mers » de Jules Verne. Je devais avoir dix ans et je me suis englouti  dans ce bouquin durant quelques jours de grippe volés à l’obligation scolaire grâce à la technique du frottage de thermomètre, bien plus efficace que l’oignon sous le bras.

    Les lectures de la fin de mon enfance furent « classiques » : Alexandre Dumas, Théophile Gauthier…

    Un peu plus tard, j’ai découvert Simenon que j’ai dévoré, ce doit être mon côté anthropophage. 

    Puis vinrent les romans noirs (Montalban, Manchette, Daeninckx…), les ouvrages des surréalistes hainuyers (Scutenaire, Chavée…), et un peu plus tard  Boris Vian et Jacques Prévert.

    Aujourd’hui, je dirais que mon auteur fétiche, c’est Jean-Bernard Pouy.

    Pas loin derrière, il y a Fred Vargas, Thierry Jonquet… et dans un autre genre Vladimir Nabokov.

     

    Le livre que tu n’aurais jamais dû lire?

     

    Il y a quelques années, quelqu’un m’a prêté un ouvrage en m’affirmant que c’était génial, bouleversant, extraordinaire, que j’allais aimer… Bref, il fallait que je le lise. J’ai lu une trentaine de pages de ce bouquin, puis, j’ai laissé tomber, trouvant l’histoire nulle et bourrée de ficelles, le style enfantin, le ton un peu ridicule, le vocabulaire simpliste…

    Pas mon truc, quoi !

    J’ai rendu l’ouvrage en haussant les épaules, lâchant juste un « bof », histoire de ne pas vexer la personne en question. L’auteur (avec un petit « a ») de cet ouvrage a fait du chemin. C’était Marc Lévy, et le livre s’appelait « Et si c’était vrai ? ».

     

    Une trouvaille littéraire ? Un auteur méconnu à recommander?

     

    Je me trouve beaucoup trop méconnu et je recommande à tout le monde de me découvrir hâtivement.

     

    images?q=tbn:ANd9GcSKPiyRQRTOJy3qJ5PUtaLcjGwyXYQQW7GelWfkxH6ovB-qWOVhu1ZbOS4L’écrivain que tu as, aurais aimé, ou aimerais rencontrer.

     

    Il ne m’aurait pas déplu de me saouler la gueule avec Charles Bukowski, j’aurais adoré faire un gueuleton chez Jim Harrisson et je passerais volontiers un week-end avec Jean-Bernard Pouy, en compagnie de son pote André Stas.

     

    Comment écris-tu ? (où, quand, conditions ou pas, manies, ressorts de ton inspiration)

     

    Assis, devant mon écran d’ordinateur, un cendrier à portée de main, une cafetière à proximité (le matin), une Chimay bleue pas loin (le soir).

    Avec beaucoup de livres autour de moi, des dictionnaires en particulier et plein de liens disponibles sur le PC.

     

    book_thumb_mortelle_praline_85133_80_120L’épisode de ta vie retranscrit au plus près dans un de tes livres ? Un épisode de ta vie qui t’a servi de modèle ?

     

    La plupart deshistoires que j’ai écrites démarrent à partir de situations que j’ai rencontrées dans ma vie.

    Le Marcel Quinchon de Mortelle Praline et du Poulet aux Olives, c’est un peu moi dans son rapport avec le travail, avec les bistrots, avec les femmes… D’ailleurs, l’histoire de Mortelle Praline démarre dans un hôpital où le 4176PHctdkL._AA160_.jpgdétective est hospitalisé en raison d’un infarctus. Là, des colocataires commencent à décéder frénétiquement! Cette histoire m’est arrivée, et elle m’a inspiré le début d’une « aventure » totalement imaginaire.

    Pronunciamiento, commence par la relation d’un moment que j’aurais aimé vivre et pas mal de lieux évoqués dans ce récit sont inspirés de mon passé, de mes voyages dans le cœur de l’Ardenne belge.

    L’homme à la Chimay bleue, c’est aussi un roman qui démarre à partir de moments vécus, mais l’histoire contenue dans l’ouvrage est totalement du domaine de la création.


    l-homme-a-la-chimay-bleue-105209-100-150.jpgTon livre personnel préféré (ou que tu trouves le plus réussi)?

     

    Mon opinion personnelle concernant mes bouquins, c’est que mon préféré, c’est L’homme à la Chimay bleue, par contre, celui qui m’a valu le plus d’éloges, aussi bien de la part des lecteurs que de la critique, c’est Les Perdants. Curieusement c’est celui qui s’est le moins bien vendu, sans doute en raison du côté sensible du sujet traité, à savoir, un amour qui naît dans l’esprit d’un délinquant sexuel à l’égard d’une très jeune adolescente, certains ont prétendu – à tort – que j’y faisais l’apologie de la pédophilie.

     

    Ta phrase, citation préférée (de toi ou d’autrui)?

     

    J’adore les citations, surtout les miennes, c’est pour cela que je vais en citer une qui n’est pas de moi : « Si tu bois mes paroles, tu ferais mieux d’ouvrir une Chimay bleue ». Cet aphorisme issu en droite ligne du cerveau prolifique d’Éric Dejaeger, je l’ai trouvé dans un petit recueil déniché je ne sais plus où et il m’a donné envie de faire connaissance avec l’auteur. Cette rencontre a eu lieu - devinez ou ? - dans un bistrot. Depuis, on ne se quitte plus.

     

    Coup de cœur artistique récent (tout genre confondu)?

     

    On n’est donc plus dans la littérature avec cette question, alors, je dirais que chaque fois que je glisse un disque de Wim Mertens ou d’Ozark Henry dans le lecteur CD, mon cœur s’emballe d’allégresse.

     

    En quelques lignes, ton prochain livre...


    Mon prochain livre ?

    Difficile à dire, puisque je suis sur deux projets, les deux sont bien avancés.

    Best-seller, dont je publie régulièrement un chapitre sur mon site, sera une fable surréaliste où se croiseront des personnages étrangement ressuscités, des héros n’ayant jamais existés, qui partagent le quotidien d’un auteur qui cherche à écrire LE livre de sa vie, le succès tant attendu, histoire de faire plaisir à sa mère…

    Puis, il y a un autre récit à terminer…

    Une histoire noire sur la mémoire, sur la folie, sur le doute…

     

    Tes 10 livres préférés

     

    Dans le désordre et très spontanément :

     

    images?q=tbn:ANd9GcSqlnbPK0kpMioyBJkyKG1BfOu_HTT19lKuF8CKjdOnLfDkwuhaLe dictionnaire de la langue française d’Émile Littré

    1280 âmes de Jean-Bernard Pouy

    Lolita de Vladimir Nabokov

    Les pensées d’un ortieculteur d’Éric Dejaeger

    Chroniques de la haine ordinaire de Pierre Desproges

    Mes inscriptions de Louis Scutenaire

    Pietr le Letton de Georges Simenon

    Mon Vieux de Thierry Jonquet

    L’hygiène de l’assassin de la mère Nothomb

    Le journal de Jules Renard

     

     

    Le site de Jean-Philippe (son actu, son atelier littéraire, "Best seller", des momoqueurs...)

    http://jeanphilippequerton.e-monsite.com/

     

    Le site des Cactus Inébranlable Éditions

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

     

     

     

  • Tentative de l'impossible / René Magritte - Marcel Peltier

    Il tente l’impossible il fabrique la femme parfaite du moins le croit-il c’est pourquoi il commence par les grands pieds qu’il veut souples et légers la jambe galbée et la cuisse élégante viennent d’un trait dans son élan vertueux il n’oublie ni le sexe ni le ventre chauds tout est facile avec son pinceau Eve ne possède qu’un bras ses deux seins brillent déjà d’un bel éclat ses lèvres mi-closes ne disent rien pourquoi parler du fils de l’homme existe-t-il ce créateur ce dieu talentueux il serait temps de penser à le convoquer pour lui placer des neurones frais dans le cerveau

    Marcel Peltier

    50 épices sur la langue d'un chat noir (éd. Chloé des Lys, 2004)

    Voir la reproduction:

    http://www.blogg.org/blog-75876-billet-rene_magritte___musee_magritte_museum-999862.html

     

  • 6 min 20 de (photos de) Marcel Mariën


  • Thierry Tillier au Vecteur

    Du vendredi 9 septembre 2011 au samedi 29 octobre 2011

    Exposition : Sienna Freeman (Us) Rencontre Thierry Tillier (Be) meets Sienna Freeman

    arton116-a4115.jpg"Sienna Freeman, jeune artiste établie à Philadelphie, traverse l’atlantique pour confronter son univers à celui de Thierry Tillier, collagiste carolo actif depuis plusieurs décennies.

    Au travers du collage, Sienna Freeman tente de recréer le vécu engendré par la nature complexe de la vie contemporaine. Entre l’intellect et les sens, à la croisée du logique et du subconscient, elle cherche la brèche qui la mènera à la profondeur de soi.

    Thierry Tillier pratique lui cette discipline pour éclipser l’enfer, échapper au vortex d’images qui dévore le sens de celles-ci jusqu’à les rendre invisibles. Ces rébus graphiques, esthétiques et complexes, deviennent alors miroir. Un reflet fragile, vulnérable, ouvert au monde."

    Le Vecteur: rue de Marcinelle, 30 à Charleroi.

    le reportage de Télésambre

    http://telesambre.rtc.be/content/view/12340/631/

    le site de Thierry Tillier

    http://www.thierrytillier.com/

    le site de Sienna Freeman

    http://www.siennafreeman.com/

     

  • La Sicari comme on dit La Morante, par Philippe Leuckx

    Sicari3.jpgOn parle trop peu de ce poète italien de première grandeur. Giovanna Sicari. Née en 1954, disparue bien trop tôt en 2003.

    Elle a vécu entre autres à Rome, et a été professeur dans le pénitencier pour femmes de Rebibbia, dans la périphérie.

    Elle est éditée chez Empiria, dans le rione uno (MONTI), dans la belle petite rue via Baccina qui mène de madonna di Monti au Forum de Trajan. (1)

    Elle est aussi publiée chez un autre éditeur romain, Il  Labirinto, où a paru "Roma della vigilia".

    J'ai traduit d'elle quelques poèmes pour la revue de Claude Donnay "Bleu d'encre", dans un numéro SPECIAL POESIE ITALIENNE (n°21, cf. Maison de la poésie de Namur, recension dans la partie POESIE ITALIENNE - revues).(2)

    POESIE (1984-2003), un volume de 288 pages serrées, propose l'ensemble de ses poèmes. Voilà donc seulement cinq ans, puisque les oeuvres complètes datent de 2006, que les lecteurs peuvent prendre la mesure d'une oeuvre.

    Car il y a ici, non seulement un regard, mais une voix, mais un ton, une sensibilité à la justesse extrême.

    De qui, de quoi, d'où parle-t-elle?

    Elle dit sa vie, sa vie nomade, périphérique, les siens, sa Rome, ses craintes, ses amours, ses peurs, son attention subtile à tout, à l'espace, aux autres, aux démunis, à tous ceux qui manquent de mots.

    UNA BRAVA PERSONA, comme dirait l'Italien.

    C'est aussi une poésie terrible, hyperréaliste tout en étant lyrique. Aucune concession dans ces mots qui tombent comme des sentences à soi, comme des leçons pavésiennes de lucidité à travers le corps, le temps, l'autre.

    Poesie_sicari.jpgCe regard PERIPHERIQUE, à plus d'un titre (tourner autour de la réalité fuyante et elle-même périphérique, pasolinienne et borgatesque - tourner tout autour pour épuiser les sens....), perce la réalité, lui donne ce vibrato perceptible sous chaque mot, sous chaque image :

    " Quand je m'endors le passé défile

    et le présent : Marco, Milo, Danilo, Sandra, Lucia

    je vous ai vus debout sur ces escaliers de fer, vous fouillez

    mon âme effilée

    vous cherchez encore en moi

    de petites attentions, des paroles d'amour" /

    (fragment de "Vous cherchez encore en moi des paroles d'amour"

    PARADISO NON SEI QUI! QUI C'è il giorno e la notte/

    la fame e la sete i bisogni vili della terra.

    Qui c'è una vestaglia arabescata, tenere babbucce

    ai piedini malformati dai padri morti, da madri

    incestuose, da fogli incisi da gocce di sesso

    dall'annegare in un bianco che puzza e declama

    la divisione. (...) p.160

    Paradis tu n'es pas ici! Ici c'est le jour et la nuit

    la faim et la soif les besoins vils de la terre.

    Ici ...

    (à poursuivre)

    (1) Giovanna SICARI, POESIE, empiria, Roma, 2006, 288p., 14 euros.

    (2) J'y évoquais entre autres les noms de Magrelli, Bre, Cucchi, Valduga, Rombi, Lolini, Puleo...par le biais d'un, deux ou trois poèmes.

    Philippe Leuckx

  • 10 citations de Max Jacob

    260px-ChristopherWoodPortraitofMaxJacob1930.jpgUne personnalité n'est qu'une erreur persistante.

     

    C'est au moment que l'on triche pour le beau que l'on est artiste.

     

    J'ouvrirai une école de vie intérieure et j'écrirai sur la porte: école d'art.

     

    L'avare se suicide avec un revolver acheté au marché aux Puces.

     

    Le "Qu'est-ce que ça veut dire?" est le reproche que l'on fait au poète qui n'a pas su vous émouvoir.

     

    L'érudition, c'est la mémoire et la mémoire, c'est l'imagination.

     

    Ce qu'on appelle une oeuvre sincère est celle qui est douée d'assez de force pour donner de la réalité à une illusion.

     

    L'art est un jeu. Tant pis pour celui qui s'en fait un devoir!

     

    Un incendie est une rose sur la queue ouverte d'un paon.

     

    La vie est un livre suffisant.

     

     

  • Genre biographique et autres textes

    par Max JACOB

     
     
     
    GENRE BIOGRAPHIQUE

     
    Déjà, à l'âge de trois ans, l'auteur de ces lignes était
    remarquable : il avait fait le portrait de sa concierge en
    passe-boule, couleur terre-cuite, au moment où celle-ci,
    les yeux pleins de larmes, plumait un poulet. Le poulet
    projetait un cou platonique. Or, ce n'était ce passe-boule,
    qu'un passe-temps. En somme, il est remarquable qu'il
    n'eut pas été remarqué: remarquable, mais non regret-
    table, car s'il avait été remarqué, il ne serait pas devenu
    remarquable; il aurait été arrêté dans sa carrière, ce qui
    eût été regrettable. Il est remarquable qu'il eût été
    regretté et regrettable qu'il eût été remarqué. Le poulet
    du passe-boule était une oie.


     
    ÉQUATORIALES SOLITAIRES

     
    Quatre doigts de pied noueux servent de frisures au taureau haut qui n'est qu'un homme et qui combat, bas! Les fourneaux sont des maisons qui ne paient pas d'impôts des portes et fenêtres, naître! langues ou trompes en sortent. Sur les marches qui marchent car ce sont toutes les bêtes errantes de la création, le Bouddha, qui ennoblit une feuille bordée d'or, tient une bourse avec l'intention d'en faire des colliers pour plus tard. Ne vous en effrayez pas! ce n'est qu'une bordure, dure! Mais à double entente. Il a tant plu sur tout cela qu'une épine a poussé là qui leur passe au travers avec une sollicitude insolente ou insolite. Un million de souris... de sourires. 

     

     
    LE CHAPEAU DE PAILLE D'ITALIE

     
    A l'endroit où Alger fait pressentir Constantinople, les épaulettes d'or ne furent plus que des branches d'acacia ou réciproquement. La mode est aux grappes de raisin en celluloïd, les dames les pendent en bijoux partout. Un cheval ayant mangé les boucles d'oreilles d'une de mes belles amies est mort empoisonné, le carmin de son museau et la fuchsine du jus de la treille composant un poison mortel.
     

     
    (extraits de Le cornet à dés, éd. Gallimard)

     

  • Thurston Moore 2x

    Circulation

    Benediction

  • Les corbeaux brûlés d'Éric Allard, par Philippe Leuckx

    corbeaux.jpegLa lecture de mon recueil, Les corbeaux brûlés (éd. du Cygne) par Philippe Leuckx.

    Sur le site de la Maison de la Poésie de Namur.

    http://www.maisondelapoesie.be/chronique/chronique.php?id=338

    D'autres notes de lecture sur Critiqueslibres.com:

    http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/19645

    Pour commander le livre:

    http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-corbeaux-brules.html

    La couverture est tirée d'une oeuvre de Salvatore Gucciardo, L'harmonie sereine.

  • Dury, fils et père

    Baxter Dury / Claire

     

    Ian Dury / Sex & drugs & rock'n roll (live, 1982)

  • Microbe: "la revue à vous faire oublier le étés pourris!"

    1790280029.jpgLe 67e  numéro du Microbe est paru !

    Au sommaire :
    Illustrations de Samantha Barendson
    Textes de
    justin.barrett
    M
    arc Bonetto
    N
    icolas Brulebois
    É
    ric Dejaeger
    F
    abrice Farre
    P
    ascal Feyaerts
    M
    ahrk Gotié
    F
    rédérick Houdaer
    J
    ean-Marc La Frenière
    P
    ierre-Brice Lebrun
    H
    ervé Merlot
    A
    ndré Stas
    M
    arlène Tissot
    F
    lorian Tomasini

    Pour plus de renseignements, envoi de textes et s'abonner (10€),

    contacter Éric Dejaeger via son blog:

    http://courttoujours.hautetfort.com/