• Pourquoi un écrivain écrit-il? Les 7 raisons.

    Jean C. Baudet distingue 7 raisons et cite Rousseau, Balzac, Onfray, Nothomb, Beigbeder, Simenon, Zola, Sartre et le degré zozo de la littérature. Réjouissant!

    A lire sur le blog de Jean C. Baudet sous le titre: Qu'est-ce qu'un écrivain?

    http://jeanbaudet.over-blog.com/article-qu-est-ce-qu-un-ecrivain-89674324.html

    Jean C. Baudet à propos de son livre: Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique (Jourdan).
    Avec un excellente conclusion.

  • Sébastien Ayreault sur tous les fronts et à Bruxelles

    Sébastien Ayreault lira des extraits de son roman SOUS LES TOITS à la librairie 100 papiers, 23 avenue Louis Bertrand à Scharbeek le 2 décembre de 18 h à 20 heures. Exposition des illustrations de Noémie Barsolle.

    Votez avant le 30 novembre (il suffit de cliquer sur J'aime) pour Sébastien au concours des Inrocks pour une participation à l'émission LES AFFRANCHIS d'Isabelle Giordano sur FRANCE INTER:

    http://www.lesinrocks.com/lesinrockslab/concours-les-affranchis/?tx_obladyconcourvideo_pi1%5BvideoId%5D=7389&tx_obladyconcourvideo_pi1%5Bconcour%5D=_affranchis&tx_obladyconcourvideo_pi1%5Bpage%5D=7&cHash=96e936b4bb6b0ec0cf5ac9a2138fb352

    Mourir avant la fin

    Dans ma poitrine

    Le site de Sébastien:

    http://soundcloud.com/sebastien-ayreault

  • La Nostalgie du Carillon de Virginie Holaind

    242.2.jpgLe joueur d'accordéon

    Un homme et son accordéon. L’homme est un immigré à Bruxelles. Il chantait, il était dans la joie mais son chant ne lui rapportait rien. Pas assez. Un jour, un homme « aux yeux et visage étroits » lui fait don d’un instrument. Qui peu à peu lui vole le peu de ses souvenirs. Reste le carillon de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule qu’il écoute après s'être arrêté de jouer, le carillon qui retient sa mémoire de tomber dans l’oubli...

    Un récit scandé par le rythme des mots, qui reviennent en boucle comme dans une chanson. "Dans la prose de la vie", les souvenirs en sont le refrain. Un texte à dire où l’accordéon figure l’interface entre l’homme et le monde. Qui, au gré de ses mouvements d’extension-contraction, prend l’air et le libère. Une fable à plusieurs entrées. Sur les affres du déracinement et la perte de repères, sur le déplacement des valeurs, sur les aléas de la mémoire et la conservation du temps... Une fable ouverte, aux multiples correspondances, qui donne lieu à plus d’une interprétation et dont la subtile musique se poursuit bien après la lecture.

    Le joueur d’accordéon. Coupé de son passé et de son être, rendu sourd aux appels de la terre qu’il a quittée, l’accordéon sera l’instrument de sa perte. Seul le son du carillon le relie à un bruit qui fait sens pour lui, le relie à soi, le garde en éveil mais pour combien de temps, et ce mince fil, cette faible lueur suffiront-t-il ?...

    À noter l’excellente couverture de Joachim Regout qui en un dessin stylisé fusionne les éléments du récit, tels cet âne-accordéon dont le souvenir est porté par les sons et ce rouge de la couverture sur laquelle tombent les pièces.

    Virginie Holaind possède un style et un univers qui donneront encore, on n’en doute pas, de nombreuses autres histoires fabuleuses.

    E.A.

    Ed. Maelström, 3 €.

    http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=242&FamigliaID=0

    Instants funambules, le blog de Virginie:

    http://instantsfunambules.blogspot.com/

  • Carine-Laure DESGUIN sur ACTU-tv

    Carine-Laure DESGUIN est l'auteure du mois de l'émission. Elle se promène dans les lieux qui lui sont chers à Charleroi avec Thierry Ries. On la voit à la bibliothèque 'Marguerite Yourcenar' de Marchienne-au-Pont en compagnie de son animateur, Serge Budahazi.


    Le blog de Carine-Laure

    http://carinelauredesguin.over-blog.com/

  • JUS DE BOUCHE et autres nouveautés

    jusdebouche_guillaume_siaudeau.jpgLe nouveau bouquin de Guillaume SIAUDEAU vient de paraître aux éditions Gros Textes

    JUS DE BOUCHE
    60 pages au format 14 x 10
    6 € (+ 1 € de port)
    ISBN : 978-2-35082-170-2

    "Tous les jours elle colle des enveloppes
    Il en faut du courage
    pour coller des enveloppes tous les jours
    Il en faut de l’énergie pour
    après avoir passé la journée entière
    à foutre sa salive sur des enveloppes
    rentrer chez soi et donner ce qu’il reste
    de jus de bouche
    à l’homme qu’on aime
    des éternités de fois plus
    que les enveloppes"


    Pour le commander :
    - Chèque de 7 euros à l'ordre de Gros Textes : 
    Gros Textes
    Fontfourane
    05380 Châteauroux-les-Alpes

    - Ou envoyez-lui directement un mail...

    Le blog de Guillaume SIAUDEAU

    http://lameduseetlerenard.blogspot.com/2011/11/publication-jus-de-bouche-novembre-2011.html

    AUTRES NOUVEAUTÉS chez GROS TEXTES

    + la revue GROS TEXTES ARTS & RESISTANCES n°4

    http://grostextes.over-blog.com/

  • Fais comme chez toi, par Denis Billamboz

    Fais comme chez toi

    Ces deux livres traitent à peu près le même sujet, l’histoire d’une jeune fille qui arrive, pour une raison quelconque, dans un foyer ne comportant que les deux époux et qui s’incruste entre le mari et la femme jusqu’à provoquer l’explosion du couple. Un sujet éminemment banal qui ne vaudra certainement pas le Prix Nobel à Joyce Carol Oates qui lorgne dessus depuis un moment déjà. Elle aussi aurait pu figurer dans ma chronique précédente. Je vous laisse apprécier la façon dont les deux auteurs ont traité le sujet, je vous dirai simplement que l’un et l’autre ne m’ont pas franchement convaincu, ces deux livres ressemblent trop à des livraisons qu’il faut bien effectuer pour honorer la commande d’un éditeur.

    51WibdWI6YL._SL500_AA300_.jpgLa fille tatouée

    Joyce Carol Oates (1938 - ….)

    Je ne suis vraiment pas convaincu que c’est écrivant ce type d’ouvrage que JC Oates pourra prétendre un jour au Prix Nobel de littérature. J’ai l’impression que je viens de lire le récit d’un bon gros fait divers comme l’Amérique nous en envoie un peu trop souvent. En l’occurrence, il s’agit de la narration d’un drame consécutif à la rencontre d’un écrivain qui a connu la gloire quand il était plus jeune et d’une jeune fille paumée qui débarque dans cette petite ville universitaire comme un zombie dans un synode épiscopal.

    L’écrivain, fils d’un juif mort à Dachau, décide d’engager un assistant pour faire face au désordre que sa notoriété a généré dans sa maison mais tous les candidats qui se présentent ont un petit défaut qui déplait à l’employeur. Et c’est dans son bar habituel qu’il croise cette fille paumée, avec un vilain tatouage sur la joue, qu’il embauche surtout par pitié et peut-être aussi pour se donner bonne conscience. Ainsi, se trouve réunis, sous un même toit, deux personnages que tout oppose, un écrivain juif, ou presque, cultivé, raffiné, talentueux et plutôt doux et aimable et cette fille surgie comme de nulle part mais en fait du fond du pays minier où végète une maigre population qui a refusé d’évacuer le village quand les mines ont pris feu et pollué l’atmosphère. C’est l’opposition de deux cultures, de deux histoires, lourdes toutes les deux mais infiniment différentes, de l‘instruction et de l’ignardise, du raffinement et de la rusticité, de la suffisance et de la rancœur.

    Ce huis clos se déroule sur fond d’Eneide et d’Odyssée pour l’écrivain et sur fond de violence et de haine pour la fille qui est antisémite parce que son amant l’est et qu’il faut bien que quelqu’un endosse la responsabilité de la misère qu’elle a connue avant d’échoir dans cette maison. La situation ainsi créée aurait pu donner naissance à un beau roman mais Oates est restée dans le domaine narratif, racontant cette histoire avec force détails en nous entrainant dans le passé des protagonistes mais en ne sachant pas expliquer les mécanismes de la haine qui est le principal ressort de ce roman. Elle ouvre le discours sur de nombreux thèmes, l’holocauste, l’antisémitisme primaire, la culpabilité, le rôle de la famille, le devoir de mémoire, l’incommunicabilité, la rédemption mais ne les explore pas, laissant le lecteur sur sa faim.

    Ce fait divers à l’américaine où le pauvre veut se venger du riche par la violence est d’une grande banalité mais la fin de l’histoire, même si elle est un brin filandreuse, peut laisser entrevoir une autre façon de considérer la vie de ces deux êtres réunis par le hasard. Mais pour que cette histoire devienne un grand roman, il aurait fallu qu’Oates dessine des personnages plus cohérents, son écrivain semble avoir le double de son âge dès les premières lignes du livre et la fille navigue entre un portrait bovin et des allures aguicheuses. Il aurait surtout fallu qu’elle maitrise mieux les ressorts de son histoire, La haine qui anime l’intrigue, semble trop gratuite, on ne voit pas bien comment elle se nourrit, comment elle enfle et comment elle peut aussi, parfois, se rétracter et même s’inverser. Tout comme l’antisémitisme semble un acquis et ne pas s’expliquer, ne pas vivre, ne pas croître et surtout ne pas mourir. Certes, l’auteur nous immerge totalement dans ce huis clos qui semble finalement plutôt banal avec ses sentiments contradictoires assez convenus dont on n’arrive pas à bien comprendre les ressorts qui sont apparemment un peu fatigués.

    Et, si une fois de plus un auteur va chercher des arguments, et l’inspiration, dans la shoah, Oates en l’occurrence, n’apporte rien de nouveau à cette question et aurait pu éviter de ressasser ce problème pour en dire de telles banalités. Les victimes méritent peut-être mieux que cette évocation bien superficielle après tout ce qui a été dit et écrit depuis plus de cinquante ans.

     

    514E50ANDAL._SL500_AA300_.jpgBienvenue parmi nous

    Eric Holder (1960 - ….)

    « Ce fut peu avant la date anniversaire de ses soixante-deux ans que Taillandier prit la décision de se suicider. » Ca fait tout drôle de lire ces deux lignes en introduction d’un livre quand on vient, précisément, de fêter, soi-même, ce même anniversaire. On s’interroge, comment ce peintre célèbre qui, il est vrai, ne peint plus depuis sept ans, a-t-il pu avoir une telle idée ?

    Certes, il souffre du cœur et il estime avoir atteint l’apogée de son art. Un suicide bien mis en scène pourrait donc être une sortie majestueuse, pleine de dignité, qui resterait à jamais dans la légende. Mais, comme toute histoire, celle-ci comporte sa part de hasard et le destin cette fois s’incarne dans la personne d’une fille paumée, comme « La fille tatouée » de JC Oates, que sa compagne prend, un jour, en stop.

    La fille s’installe à la maison et, petit à petit, il s’intéresse à cette adolescente gauche et taciturne jusqu’au jour où elle s’enfuit subrepticement. Il loue alors, en cachette de sa femme, une voiture pour accomplir son suicide mais, finalement, il rejoint la fille sur la route et commence alors un long voyage jusqu’à Coutances où la gamine veut revoir sa mère. Mais, une fois de plus, celle-ci la repousse et le peintre, ne voulant, ne pouvant, pas abandonner cette compagne malheureuse entreprend avec elle une sorte de « road movie » en terre bretonne, jusqu’en Pays nantais.

    Au cours de cette grande vadrouille «une gamine qui n’avait pas de projets, (et) un homme qui n’en avait plus… » trouvent l’une sa personnalité et l’autre une nouvelle envie, raison peut-être, de vivre. Comme un moyen de donner du sens à une vie vide et sans intérêt pour lui et sans lendemain pour elle.

    Ce petit roman minimaliste me rappelle l’atmosphère de ces films « Nouvelle Vague » où la vie se mange au quotidien, sans réel souci du lendemain. Mais, il évoque surtout, pour moi, « La fille tatouée », le roman de JC Oates, avec son artiste riche et désabusé et sa jeune fille pas franchement belle mais réellement paumée. Dans ces deux huis clos qui rassemblent chacun deux protagonistes très différents, l’histoire n’évolue certes pas de la même manière mais on ne peut éviter de comparer ces ceux couples si improbables. Ce parallèle entre les deux romans pourrait être poussé un peu plus loin mais si Oates met l’accent sur la défaillance et la frustration sexuelle, Holder élude très chastement cette question pour laisser ses héros retrouver une certaine forme de pureté originelle qui pourrait être le moteur de leur raison de croire en un avenir possible pour chacun d’eux malgré la solitude pour l’une et la maladie pour l’autre.

    Denis Billamboz

  • Trois façons de dynamiter l'info

    Les "vrais journaux" façon collage surréaliste (voir ci-dessous) sur le blog, Rapports de nuits, d'Hélène Dassavray

    http://helene.dassavray.over-blog.com/categorie-12166051.html

    En 13 lignes, pas une de plus

    http://www.13lignes.be/

    Chaque jour, toute l'actualité du monde en une phrase: revue de pressé par Yann Kukucka

    http://revuedepresse.blogs.liberation.fr/

     

    LE VRAI JOURNAL du Libération du 19/11/2011 par Hélène Dassavray

     

    poeme-rasoir--libe-19-nov-11-copie-1.jpg

     

  • L'appât du sein

    Un passant trouva un sein par terre. A deux pas se trouvait son jumeau. Ils avaient dû tomber. Grâce au nom marqué sur l’un d’eux, il ramena la paire de seins à sa propriétaire non sans les avoir palpés pas mal entre-temps. La femme le remercia, se les rappliqua sur la poitrine puis offrit le mariage à l’homme comme c’était promis dans l’annonce. Mais je ne l’ai pas lue, cette annonce, se rengorgea l’homme. Mes seins ne sont-ils pas désirables ? s’offensa la femme. Là n’est pas la question, répliqua l’homme. La femme d’un geste preste s’enleva les seins et pria l’homme d’aller les remettre à l’endroit où il les avait trouvés. C’est tout ce que je peux faire pour vous, dit la femme.   

  • Vite!

    Il s’endormait vite et plongeait dans un sommeil rapide jusqu’au matin. Plus vite au lit, plus vite levé. Et la journée à cent à l’heure. Dormir, rêver, manger, vivre, aimer. Il faisait tout plus précipitamment que les autres. Ces amours ne duraient jamais plus d’une semaine et il jouissait dans la minute. Il mourut avant tout le monde. Et son enterrement fut vite expédié. Bien sûr il est déjà ressuscité et même s’il est déjà mort plusieurs fois c’est lui que voyez là courir vers la fin des mondes.

  • Conseils et réponse à des demandes de conseils

    " Faut-il punaiser les bébés" m'écrit J.O. Non, je ne répondrai pas à cette question insidieuse. Je ne me sens plus en confiance et ne s'agirait-il que d'un papillon, je ne répondrais pas, quoiqu’il ait un vol singulièrement agaçant, genre : « je viens, je ne viens pas » et, affiché sur l’aile, un art décoratif pour pompiers et midinettes, non, à son sujet non plus on ne me démasquera pas.

    Quant aux bébés, ils sont l’honneur de la nation. Le futur honneur. Et s’ils crient, c’est assez naturel. Cris comme la vague de la mer, avec hauts et bas : c’est qu’ils doivent reprendre souffle, tout enragés qu’ils sont et vous faire connaître en pointe qu’ils ont mal. Cris comme un appel à la lumière : c’est qu’ils espèrent arriver une bonne fois à l’exprimer et à vider leur souffrance.

    Ces mauvais artistes créent. Hélas, et vous assistez à leur création. Elle est grotesque. Trop tôt pour les convaincre de leur déplaisant échec. Dans quelques années, ces ratés, enfin assagis, renonceront à l’expression, pour s’adonner à la mécanique ou à l’agriculture. Mais il est malheureux qu’ils s’obstinent en ce moment.

    J.O. m’écrit encore : « Je les enfarine. Est-ce bien ? Dans une énorme dune de sable je les précipite. Dès lors, plus un cri, plus un souffle, et la journée s’achève comme dans une église. Est-ce bien ? »

    Non, je ne réponds pas à cet homme. La guerre, je pense, a dû l’énerver.

    Je l’excuse, mais qu’il fasse attention.

    Tout le monde ne sera pas aussi compréhensif que moi, peut-être.

    Henri MICHAUX

    in Liberté d'action, 1945

  • Une file indienne (western fantasy)

    - Une file indienne de filles indiennes

    hugh! (au frais)

    fait le tour du feu de camp

    totem

    pendant que je file un mauvais coton

    totem.

    Les cow cow boys sont des garçons mous

    qui se déplacent en bandes apaches de chapeaux

    et font des ouh ouh aux Cochise des prés

    et autres Géronimo de quartier

    totem

    au gros nez en forme de patate

    pour humer le calumet de la paix

    tandis que fatigué comme une squaw

    totem

    qui a monté le tipi toute seule

    je rase le bison comme un seul homme.

    - Totem toi-même!

     

  • Quand Slow Joe rencontre Elvis


    Pour en savoir plus sur Slow Joe

    Slow Joe and the Ginger accident: de Goa à Paris

    http://www.youtube.com/watch?v=orp5PeK9IzU&feature=relmfu

  • MEME MORT – Livre de deuil de Laurent Demoulin, par Philippe Leuckx

    Un poète maghrébin s'interrogeait sur la destination de son texte : "A quoi me sert-il d'écrire si ma mère ne sait me lire?".

    Le poète Demoulin, dans"Même mort", renouvelle la proposition du constat laissé au mitan d'un poème : "je dédie ce poème que tu ne pourras lire".

    En matière de renouvellement sur une trame grave, reprise, réitérée comme le travail de ravaudage d'un tissu dont on veut retrouver la trame sans accroc, Demoulin se permet de revenir tout bonnement à la rime et au poème classique qu'il croise avec des poèmes libres, des proses, des poèmes à la disposition légèrement décalée en deux colonnes de sens...

    Vous avez dit "variété"? Certes. Et ce n'est guère pour en jeter plein la vue. Ici oeuvre un grand intimiste, tout simplement doué, soucieux de ne pas sombrer ni dans la peine ni dans la facilité. Pas de consommation courante donc chez ce critique averti de poésie.

    cover%20demoulin%20deuil%20small.jpgReste le deuil à circonscrire, à plaider presque.

    Voilà la mère, la mater, la maman, celle de quatre enfants, celle dont le mutisme, dont la douleur, dont la mort en hôpital va déclencher le travail de mémoire. Quoiqu'il faille nuancer : on vit cette mère au présent, à l'image du silence qui inaugure le travail de mort.

    Demoulin a la justesse de décrire cet avant-mort, au silence "chargé".

    Il a l'élégance de mettre des mots, des doutes, des hésitations sur les coeurs qui tremblent.

    Tant de voix péremptoires loupent cette gravité. Par assaut de certitudes.

    Laurent vrille jusqu'au plus pur ressassement le temps de la mort en lui, en son coeurps. Il court, il n'en pleut plus de courir, le poème le répète à l'imparfait de la plainte.

    "Et pendant ce temps je courais/ Ma mère venait de/ Et pendant ce temps je/ Mère ma mère venait

    Ne venait pas   ne viendrait plus" (p.27)

    "Pendant ce temps je courais

                                                  éperdu et perdu

    les arbres autour de moi

                                                  bouleau blanc bouleau gris" (p.32)

    Jouant de la petite différence jusqu'à en faire oeuvre de variation, le poète distille, distend sa plainte. Il faut - nécessaire sentiment - creuser jusqu'à la lie ces mots de la souffrance. Et les mots à leur tour caracolent, vrillent en nous.

    Une "même mort" pour tous. Avec les affres qui vont avec. Et la "formidable froideur" de la mort au chevet de ce lit de la mère, méconnaissable. Une "autre mort" puisque l'on ne reconnaît plus celle qui, quelques heures avant, nous "prodiguait" encore tant de choses!

    Le poète, fidèle à un thème, la "filiation" (premier titre), carde et tisse. Tissage né de douleurs dites, parfois avec la solennité du sonnet ;

    dont j'extrais  ce tercet final :

    "Préparé pour la mort : comme une pauvre fleur,

    Ta bouche était fermée au moyen d'un tuteur

    Mais tu gardais ouvert un grand oeil indocile" (p.36)

    L'auteur n'a pas peur de se répéter puisqu'il a déjà tout dit mais autrement.

    Mais qu'importe, qu'on la dise de toutes les façons, de tous les tons - distant, chaleureux, empathique, mater dolorosant -, c'est "Même mort" pour ceux, celles qui la vivent. Pas sortir de là. MEME MORT.

    Beau et grand livre!

    (aux éditions Le Fram, 2011)

    Philippe Leuckx

     

     

  • La voix de Dillon

    "D'une voix cassée, baroudée, usée et pourtant juvénile et espiègle, Dominique Dillon de Byington chante ainsi, à tue-tête ou en chorales sévères, une pop ouatée qui a pris le goût de l'escampette chez Joanna Newsom." JD Beauvallet

  • LA NOSTALGIE DU CARILLON de Virginie HOLAIND

    242.2.jpgBruxelles se conte

    Bookleg #22

    LA NOSTALGIE DU CARILLON de VIRGINIE HOLAIND

    illustration de couverture: Joaquim REGOUT

    3,00 €, 24 pp, format: 12 x 18 cm

    ISBN Maelström: 978-2-87505-090-8

    « Merrrrci. »
    Roulement de « r » rivière qui coule, coule.
    Roulement de tous ces « r »
    qui se souviennent d’Hier mieux que lui.
    Il pourrait vendre des journaux ou faire croire qu’il sourit.
    Il préfère, oui, il préfère, l’accordéon triste.
    Son accordéon vieux et nu. Secret.
    Son accordéon qui se tait quand chante le carillon.
    C’est plus fort que lui.
    Son accordéon mémoire. Famille. Amis.
    Tous ceux qui ont existé un jour et qu’il ne sait plus.
    Plus très bien. Flou perdu.
    Son accordéon qui choisit. Qui parle. Qui l’engloutit.
    Son accordéon.
    .

    Les booklegs Bruxelles se conte: à la suite des booklegs - les livrets de performance poétique -, voici une nouvelle collection qui allie écriture et oralité et rend hommage à une Ville, Bruxelles, par la voix de ses conteurs et auteurs qui en sont les âmes parlantes...

    La collection de booklegs Bruxelles se conte est une initiative de la COCOF-Culture et bénéficie de son soutien.

    Le blog de Virginie:

    http://instantsfunambules.blogspot.com/

    Lien vers la librairie-boutique MaelstrÖm

    http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/boutique_librairie.asp

     
     
     
     

     

  • Bruxelles se conte: 4 nouveaux Booklegs

    373068_122785511164596_929967918_n.jpgLa Boutique MaelstrÖm vous invite à la rencontre avec Edith Soonckindt, Virginie Holaind, Virginie Ducoulombier et David Giannoni pour un après-midi de lectures, thé et biscuits..
    Faites-vous plaisir, venez écouter les histoires choisies par les auteurs des nouveaux Booklegs de la collection "Bruxelles se conte":
    La femme sans nom #21
    La nostalgie du Carillon #22
    Une âme de vagabond #23
    Le laveur d'ombres #24

    À cette occasion, les auteurs des nouveaux titres vous serviront quelques gâteaux de leur préparation ;)

    Adresse:

    364 chaussée de Wavre, Etterbeek
     
    dimanche 20 novembre à 16:30
  • Maman Jeanne au Centre culturel de Boussu

    images?q=tbn:ANd9GcRFVlibrY9z_neqXkxk8d7RbXFkdnVEVu4PPdEqGx0OVJns-tOPLe duo de créateurs formé par Julien Vanbreuseghem, jeune metteur en scène protéiforme montois, et le romancier Daniel Charneux, auteur de Maman Jeanne, nous livre une formidable pièce de théâtre. Lise Diseur, belle et grande comédienne, occupe la troisième pointe du triangle.

    Maman Jeanne, c’est le théâtre comme on aime : beau, sensible, populaire dans le meilleur sens du terme.


    C’est l’histoire toute simple de la grand-mère de l’auteur, qui porte tout entière l’image de la société : celle « d’ici », de la première moitié du 20ème siècle. Terrible vie pour cette femme seule, avec son enfant, devant l’inégalité de la misère, la tristesse mais surtout face à l’immense désir de (sur)vivre, de trouver une place dans l’existence, contre les uns et les autres.

    Aucun misérabilisme dans la flamboyante écriture de Charneux. Son talent dépasse largement le triste fait divers et parvient sans difficultés à nous saisir de la première à la dernière minute. Un spectacle émouvant, générant en fin de compte un moment d’optimisme devant notre miroir.

    maman-jeanne.jpgAvec : Lise Dineur
    Musique :Olivier Douyez
    Mise en scène : Julien Vanbreuseghem

    En coproduction avec L’Axiale boraine (Centre culturel de Boussu, Centre culturel de Colfontaine, Foyer culturel de Saint Ghislain, La Fabrique de Théâtre et la Maison culturelle de Quaregnon)

     

    Boussu, Centre culturel, vendredi 18 novembre à 20h, dimanche 20 novembre à 16h

    Mais aussi: Colfontaine, Centre culturel, mardi 29 novembre à 10h scolaire
    Saint Ghislain, Foyer culturel, samedi 17 mars 2012 à 20h
    La Bouverie, La Fabrique de Théâtre, vendredi 30 et le samedi 31 mars 2012 à 20h

    Le Centre culturel de Boussu

    http://www.ccboussu.be/index.html

    Le site de Daniel Charneux

    http://www.gensheureux.be/site/


  • Lancer de textes

    Cet auteur possédait un moyen infaillible pour décider de la destination d'un texte. Il l’imprimait, le roulait en boule et le lançait. Si, de son bureau, il atteignait la télé, il devait le revoir. S’il franchissait la ligne du porte-journaux, il l’envoyait à un revuiste. S’il atteignait le portemanteau, il l’adressait à un éditeur. S’il finissait dans la poubelle, il était bon pour son blog.

  • Le mur: la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme

    On peut lire sur LeParisien.fr à la date du 15.11.2011 "Trois psychanalystes ont assigné une documentariste lilloise, auteur d'un film militant opposant leur conception sur l'autisme à celle de scientifiques et d'associations de familles, en demandant l'interdiction de sa diffusion.
    "Sophie Robert est assignée en interdiction de diffusion du film "Le Mur", actuellement sur internet et déjà projeté dans quelques cinémas, a indiqué mardi Me Benoît Titran.

    "L'affaire sera jugée sur le fond par le tribunal de grande instance de Lille le 8 décembre, a-t-il précisé. Les trois psychanalystes - Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens - appartiennent à l'Ecole de la cause freudienne. Ils estiment, selon leurs défenseurs, que le documentaire soutenu par l'association Autistes sans frontières constitue un "sabotage" qui a pour objectif de "ridiculiser" la psychanalyse.

    Dans ce documentaire, des psychanalystes expliquent que l'autisme pourrait être la conséquence d'une dépression maternelle, d'une mauvaise relation avec l'enfant, voire d'un refus de l'apport masculin pour la conception. Certains parlent de mère "psychogène", de "stade de folie transitoire" de la mère, voire de "désir incestueux".
    Cette vision est présentée par le film en opposition à des méthodes éducatives et comportementales, appliquées par certaines familles."

    Le documentaire de Sophie Robert est visible sur Youtube: "Fondé sur des entretiens avec des psychanalystes et des rencontres de familles d'enfants autistes, ce documentaire de 52 mn, sous-titré « : la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme » se veut être une véritable démonstration par l'absurde de l'inefficacité de l'approche psychanalytique de l'autisme..."

    Après quelques mintues de vision, on comprend vite que les psychanalystes interviewés, sans souci d'ordre scientifique, se gargarisent de mots, d'une théologie tirée de la bible freudienne. Édifiant et consternant.


    A écouter en complément au film: l'interview de la réalisatrice

    http://www.dailymotion.com/video/xlbjdc_itw-de-sophie-robert-par-autisme-info31_news#rel-page-1

    La réaction de Sophie Robert suite à la plainte déposée

    http://www.dailymotion.com/video/xm3p3i_reaction-de-trois-psychanalystes-sophie-robert-october-28-2011-regional-france-3_news

     

  • Les écrivains nuisent gravement à la littérature

    Cet auteur avait fait imprimer sur le bandeau entourant chaque exemplaire de son livre « Les écrivains nuisent gravement à la littérature », en espérant faire un tabac. Ce fut une erreur commerciale : le lecteur potentiel prit l’avertissement au pied de la lettre.

  • La vocation

    Né pour être poète, ses parents lui donnèrent une éducation sur mesure faite de vers et de rimes, de beaucoup de vers et de beaucoup de rimes. À l’âge de 15 ans, à la faveur d’une farouche crise d’adolescence, il rejeta tout ce qui touchait à la poésie. Alors que son avenir de poète était tout tracé, il s’engagea dans une carrière de romancier au grand dam de sa famille, qui le renia. Il y trouva matière à produire une œuvre remarquable qui lui permit de décrocher le Nobel à l’âge de 72 ans. Sur la fin de sa vie, il put enfin se consacrer à ce pour quoi il se sentait fait depuis toujours: la soudure au chalumeau.

  • Les films d'écrivain

     Il se filmait quand il écrivait. De telle façon toutefois qu’on ne vît jamais ce qu’il écrivait. Pas question qu’on pût lire ses textes sur écran. Des petits films qu’il commença à diffuser sur Youtube et qui connurent un certain succès. A tel point qu’un vidéaste, désoeuvré il est vrai, décida de le filmer au travail. Le docu fut primé dans des festivals et passa même à la télévision. L’auteur bientôt fut convié à des conférences qu’il donnait après la projection. Il y eut d’autres films et d’autres conférences données de par le monde par cet écrivain dont on ne lut jamais une ligne car personne au fond ne souhaitait lire ses textes. Ce qu’on aimait plus que tout, c’était le regarder écrire.

  • Après le livre, pas d'apocalypse

    Intéressante interview de François BON sur l'avenir du livre par Marie Chaudey sur Lavie.fr

    http://www.lavie.fr/culture/livres/francois-bon-apres-le-livre-pas-d-apocalypse-30-09-2011-20428_30.php

     

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    Extraits

    "Pour moi, l'iPad est plus confortable qu'un livre imprimé : il est moins lourd, j'ai mes dictionnaires dedans, je peux prendre de longues notes dessus et les exporter ensuite vers mon site."

    "Nous sommes dans une période de transition. Cela signifie que le livre papier et le livre numérique coexistent. Mais, pas pour longtemps, peut-être 10 ou 15 ans seulement. Les précédentes mutations de l'écrit ont toujours été totales et irréversibles. Il y en a eu très peu : de la tablette d'argile au rouleau, du rouleau au codex (les feuilles reliées en livre), du codex à l'imprimerie, de l'imprimerie à la presse. De plus, la littérature a toujours été liée aux usages privés et utiles de l'écrit. Or, ces usages sont désormais numériques."

    "On nous bassine avec le livre papier comme si c'était une valeur sainte. Pour moi, aucun fétichisme n'y est attaché."

    "On est à la fin d'une ère... La notion de roman, tel que nous le connaissons aujourd'hui, est complètement liée à l'irruption du feuilleton dans la littérature au XIXe siècle. C'est une forme qui s'est standardisée avec le commerce de l'objet livre."

    "Le numérique fait basculer tout ce que nous avons appris, tout ce qui nous a appris à être : le livre, la lecture. Ce qui est à sauver, c'est l'amour de la littérature."

    "Personnellement, je n'ai plus qu'un livre, c'est mon site."

    Le site de François BON

    http://www.tierslivre.net/

     

  • Chroniques d'Asteline

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    Si les éditions Asteline sont provisoirement à l'arrêt, l'équipe continue de donner ses chroniques, de romans et romans jeunesse, BD et BD jeunesse. Plus des dossiers et interviews.

    Dans les dernières chroniques, on y parle de romans de Philip Roth (Le rabaissement, Le complot contre l'Amérique), des aventures d'Hergé, d'Octobre solitaire de Stephen Marlowe sur les derniers jours d'E.A.Poe...

    http://chroniquesdasteline.blogspot.com/2011/07/sommaire.html

  • La Belle-mère dure est de retour

    La Belle-mère dure n°20 est en ligne ici:

    http://storage.canalblog.com/29/17/471513/69999139.pdf

    Vous y trouverez des motstruosités en tous genres, des textes bien ans le ton bellemèredurien signés Nicolas Brûlebois, Éric Dejaeger, John F. Ellyton, Lo, Fabrice Marzuolo et Alain Sagault. 

    Deux extraits (de Nicolas Brûlebois) pour vous donner l'eau à la... goutte.

    Symptôme de basse-cour

    Les poules blondes fluo ont des stabylos coqs dorés.

    Générosité contradictoire

    Les largesses, on n'en a jamais assez... Les kilos, on en a toujours trop.

  • Soupe anglaise, par Denis Billamboz

    Soupe anglaise

    Je ne vais peut-être pas être très gentil avec ces deux plumes de la littérature anglaise actuelle et me faire probablement quelques détracteurs mais je voudrais mettre en évidence, en rapprochant ces deux œuvres, un phénomène éditorial qui ne grandit pas, à mon avis, les lettres contemporaines. Coe et Lodge sont en effet des auteurs connus, reconnus et même adulés par un certain public, ils ont leur lectorat qu’ils partagent probablement pour une bonne partie, et ce lectorat il faut bien l’alimenter, le nourrir et même le gaver pour qu’il ne déserte en s’enfuyant vers d’autres auteurs plus novateurs. Il faut donc chaque année publier un livre nouveau et tout le monde sait que l’écriture sur commande n’est pas forcément celle où l’on exprime le mieux son talent. Voilà, je l’ai dit ces deux livres ne sont pas forcément à la hauteur d’écrivains de cette renommée. Ce n’est qu’un avis, je vous laisse juge avec mon témoignage pour tout bagage.

    51r--wVCmSL._SL500_AA300_.jpgLa vie en sourdine

             David Lodge (1935 - ….)

     « Qu’est-ce qu’il va me rester comme raison de vivre lorsque le commerce social et sexuel aura pris fin lui aussi ? » Voilà bien la question essentielle que semble se poser l’auteur à travers ce livre où il raconte comment, après avoir pris sa retraite de professeur de linguistique, il passe l’essentiel de son temps à lutter contre les effets de la surdité qui l’handicape de plus en plus et à s’occuper de son père dans lequel il peut voir tout ce qui l’attend dans les années prochaines.

    Desmond décide donc d’ouvrir un journal intime le 1° novembre 2006 - qu’il tiendra jusqu’en mars 2007 - pour raconter sa vie, conserver une certaine activité intellectuelle  et ne pas trop perdre le contact avec une vie sociale qui se réduit sous les effets conjugués de sa surdité et de sa retraite. Cette narration des banalités de la vie quotidienne et de tous les pièges que celle-ci tend à ceux qui sont affligés du même handicap que lui, n’a rien de très original même si elle lui permet de montrer avec une réelle finesse dans l’observation et dans l’analyse, le drame de la surdité, l’angoisse et les affres de la vieillesse, la rupture sociale imposée par la retraite, le déclin de la sexualité et son influence sur la vie en couple.

    Même si le discours sur la surdité est très intéressant, pour le reste, Lodge nous convie à partager ses petites misères qui n’ont rien de bien exceptionnel et qui ne nous intéressent pas particulièrement. Un livre bavard, bien trop long, comme il semble nécessaire d’en écrire pour prétendre à certains prix littéraires britanniques. Et, il n’a même pas fait l’effort d’un brin de créativité puisqu’il a choisi de raconter sa vie, au moins pour l’essentiel, « La surdité du narrateur et le personnage de son père ont pour origine ma propre expérience », sous la forme la  plus simpliste du journal intime.

    Pour ma part, j’oublierai beaucoup de choses, surtout cet épisode farfelu avec la jeune et jolie thésarde qui cherche à le manipuler, pour ne conserver que cette angoisse face à la déchéance qu’il ressent de plus en plus, surtout quand il voit son père dans lequel il lit son avenir comme dans un miroir. Et peut-être, aussi, le côté pathétique de son handicap car son ampleur n’est pas appréciée, ni reconnue, par ceux qui n’en sont pas affectés, pour qui la surdité ne semble pas être un handicap réel. « La surdité est toujours comique » et elle n’est pas prise au sérieux, ce qui rend la rend encore plus dramatique.

    41cUrpHX6CL._SL500_AA300_.jpgLe cercle fermé

    Jonathan Coe (1961 - ….)

    Mon Dieu comme il est difficile d’affronter la quarantaine pour les bobos anglais, entre Londres et Birmingham, au tournant du II° millénaire mais c’est encore plus difficile de le raconter et il faut plus de cinq cents pages à Coe pour nous faire comprendre toute la déception, l’amertume et même l’aigreur de ces pauvres quadras qui étaient déjà les acteurs d’un précédent ouvrage, « Bienvenue au club », qui les mettaient en scène dans toute la vigueur de leur jeunesse et avec toutes leurs ambitions dans les années soixante-dix.

    Coe reprend donc cette bande d’amis à peu près vingt ans après les avoir abandonnés, au moment où Claire vient de quitter Stefano en Italie pour rentrer à Birmingham où elle retrouve les frères Trotter, Benjamin toujours aussi taciturne et toujours dans l’espoir de publier le livre qui révolutionnera le monde de l’édition et Paul qui a choisi la politique qu’il exerce sans scrupule mais avec beaucoup d’ambition. Elle retrouve aussi Doug Anderton, le journaliste qui a fait un mariage opportun et son ex-mari Philippe échotier local, désormais remarié avec Carol, qui élève leur fils Patrick.

    Ces quadras vivent dans un confort plutôt douillet, car dans ce roman il n’y a que des gens aisés ayant des jobs valorisant comme dans les « sitcoms » américaines, mais tous sont tout de même en proie à un quelconque mal de vivre qui affecte, en général, les personnes qui n’ont pas assez de problèmes dans leur quotidien. Ils ne trouvent plus une satisfaction suffisante auprès de leur femme qui est devenue mère de famille, ou s’est aigrie en ne le devenant pas, et se trouvent ainsi disponibles pour d’autres aventures avec des femmes plus ou moins consentantes ou même carrément disponibles elles aussi. Mais ce mal de vivre peut également trouver ses origines dans le monde du travail où leur talent n’est pas forcément reconnu comme il pense qu’il devrait l’être, ou encore dans le contexte politique qui les amène à renier leurs idéaux de jeunesse et à accepter des compromissions pour assurer leur statut social et leur avenir.

    En renouant, vingt ans plus tard, les liens qui les avaient réunis, ses amis de jeunesse vont retrouver leurs souvenirs et rechercher les premiers émois qui les ont agités sur les bancs de l’université, sur fond d’espoirs déçus ou d’ambitions avortées dans un contexte de politique réaliste conduite par le parti travailliste qu’ils ont porté au pouvoir et qui les déçoit vivement face à une conjoncture économique de plus en plus tendue. Et, Coe conduira cette petite bande fâchée avec son idéal jusqu’à un happy end final digne d’un bon roman à l’eau de rose où la simplicité et l’humilité sont toujours récompensées par un amour frais comme un premier amour.

    Roman d’une génération qui avait de grandes ambitions et un immense idéal qui ont sombré avec la fin des trente glorieuses, et qui a dû faire face à une conjoncture économique devenue plus difficile et à de nouvelles tensions politiques issues de la déconfiture du bloc communiste et de la montée des intégrismes. Mais roman qui ne va pas assez au fond des choses, qui surfe trop sur la vague des lieux communs et des idées reçues et qui se termine dans un optimisme béat qui ne s’imposait pas forcément au moment où Coe a rédigé ce livre, et nous sommes bien placés pour le savoir aujourd’hui.

    Même si les ambitions de chacun s’effilochent avec le temps, la vie reste belle car toujours l’amour finit par triompher même si Blair ne conduit pas les Anglais vers l’avenir le plus radieux. La réalité prend le pas sur les rêves et nos quadras trouvent vite la solution à leur mal être en révisant leurs ambitions à la baisse pour ne pas galvauder leur idéal et leurs amours de jeunesse. Et, ainsi, toujours le cercle se referme….

    Denis Billamboz

     

  • La saga Maigros à Tournai-la-page

    276996_264955306872218_128207579_n.jpgCactus Inébranlable éditions sera présent à la foire du livre de Tournai ce week-end des 12 et 13 novembre 2011.

    Lieu: La Halle aux Draps, grand-place de Tournai.

    Vous pourrez y rencontrer Jean-Philippe Querton, l'éditeur, et Éric Dejaeger, l'auteur (dimanche après-midi) de La saga Maigros.

    Lire la lettre de Marc Bonetto à Éric à propos de La saga Maigros

    http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2011/11/03/c-est-pas-moi-qui-l-dit.html

    Abonnez-vous à la page Facebook de Cactus Inébranlable éditions

    http://www.facebook.com/groups/264955306872218/?ref=ts

    Le programme de TOURNAI-LA-PAGE

    http://www.lesamisdetournai.be/Tournai-la-Page-2011-Programme_a221.html

    Seront également présents les éditions Chloé des Lys avec, notamment, les livres de Carine-Laure DESGUIN, Jean-Philippe QUERTON, Christine BRUNET, Laurent ROMAN...

    Mais aussi, me souffle Philippe Leuckx (présent lui aussi avec ses livres chez ses différents éditeurs), Les Déjeuners sur l'herbe et ses nouveautés : Mmes Poncin et Bouret, M. Paul André; le Tétras Lyre, et ses nouveautés "La chambre", "Une barque"; Le Taillis Pré, et ses nouveaux : Pirotte, Daine...; Espace Livre : Aubevert, Horguelin, Demoulin (très beau "Même mort"!)...

     

  • On a bien fait d'humilier les Grecs

    par Stéphane GUILLON

    Franchement, on a bien fait d’humilier les Grecs au G20 de Cannes : ces feignants, ces arnaqueurs, ces bouffeurs de feta ! Là-bas, la triche est un sport national, un mode de vie, aussi bien chez les pauvres que chez les riches… Seules 2% des piscines sont déclarées dans les quartiers chics d’Athènes. Truander les institutions est le passe-temps favori des Grecs, une seconde nature. Le gouvernement a ainsi découvert une île sur laquelle 600 «aveugles» touchent une aide pour cécité. Vous vous rendez compte ? 600 Gilbert Montagné. Si ça se trouve, ils couchent ensemble. Le Grec n’est pas seulement tricheur, il est aussi dépravé… Et la plupart du temps homosexuel, c’est connu. Cette année, à Mykonos, les naissances se sont comptées sur les doigts d’une main ! Imaginez une île peuplée de 600 gays non-voyants s’accouplant à nos frais… et c’est nous qui payons !

    Il paraît que même les morts profitent du système. Le gouvernement grec a versé huit milliards d’euros à des retraités déjà décédés. Ici, si on se saigne, si on travaille jusqu’à 62 ans, c’est pour payer la retraite de Grecs morts qui, de leur vivant, faisaient semblant d’être aveugles, se baignaient dans des piscines non déclarées et s’enfilaient du matin au soir, bourrés à l’ouzo. Oui, en plus, le Grec est alcoolique ! Ça ne pouvait plus durer, il fallait réagir.

    Sarko et Merkel ont bien fait d’humilier le président Papandréou, de lui montrer «qui est le chef, qui commande !» (C’est malheureux, mais ils ne comprennent que ça : la discipline !) Georges Papandréou… Franchement, avec un nom pareil, comment voulez-vous être crédible ? Leur ministre des Finances s’est appelé Papaconstantinou. Et leur ministre des Transports? Papamobile ? Quand j’étais petit, notre médecin de famille s’appelait Papayanou, une Grecque bâtie comme undeuxième-ligne. Comme il y avait «papa» dans son nom, pendant des années, je l’ai appelée «monsieur». Du coup, à chaque fois qu’elle m’auscultait, elle demandait à ma mère en roulant les «r» : «Madame Guillon, est-ce qu’il vous rrreconnaît, est-ce qu’il rrreconnaît sa mèrrre ?»

    Georges Papandréou a un petit côté Sean Connery… Un Connery qui les accumule pour le coup ! Monsieur voulait faire un référendum, consulter son peuple, et puis quoi encore ? Les Grecs sont forcément d’accord. Quand on a la chance de se faire dicter sa conduite par Nicolas Sarkozy, sans l’avoir choisi, sans l’avoir élu, on ne peut que se réjouir ! On est quand même bien gentil, nous, les Français, de leur prêter notre Président qu’on aime tant ! Franchement, on aura tout vu. La Grèce représente 2% du PIB de la zone euro, quasiment rien, une chiure de mouche, et Monsieur Papasanlessou la ramène ! Ils ont bien fait de l’humilier Merkel et Sarko ! Le faire attendre deux heures comme un vulgaire laquais. (Tu veux des sous Papasanlessou ? Et bah des clous ! Papadesclous !)

    Le moment le plus cruel, c’est quand Papandréou arrive seul au G20, personne pour l’accueillir. Il fait presque de la peine, on le voit sortir de sa voiture, perdu, incrédule, presque hagard, il a l’air de dire : «Non, c’est pas possible, ils ne m’ont pas fait ça ? Ils n’ont pas osé !» Si, Merkel et Sarko osent tout : 50% du PIB de la zone euro à eux deux, ça donne des droits. Ils auraient pu être encore plus méchants, demander à Nikos Aliagas, son compatriote, de l’accueillir ! «Et bien bienvenue, welcome au G-twenty of Cannes… Georges Papandréou doit-il quitter The Stage International, vous pouvez voter chez vous, twitter at home… Ce soir, une chose est sûre, la Grèce ne va pas kiffer la life !»

    C’est marrant le protocole : en 2007, à l’Elysée, Kadhafi a eu droit au tapis rouge. Quatre ans plus tard, à Cannes, Papandréou n’a le droit à rien, pas la moindre hôtesse. Assassiner des gens est moins grave que faire des chèques en bois. Après le camouflet de l’arrivée, l’opprobre de la conférence de presse. Glaciaux et hautains, Merkel et Sarko ont sermonné Papandréou comme un petit garçon malpropre. Ils se sont bien trouvés ces deux-là. Ils pourraient jouer dans la pub Orangina rouge : «Pourquoi sont-ils si méchants ?» Petits, laids avec le cul évasé… comme la célèbre bouteille. Merkel et Sarko, les Starsky et Hutch du G20, l’Europe du haut qui tance l’Europe du bas. Bientôt, ce sera au tour des Italiens, ces macaronis fourbes et gominés, puis à celui des Portugais : ces portos au goût de chiotte qui mettent un fer à cheval sur la calanque de leur voiture, puis on passera aux Espagnols, ces amateurs de corrida aux grosses cojones, dépravés et bisexuels. L’idée finale est d’arriver à une belle Europe, riche et forte : l’Europe des deux, la France et l’Allemagne.

    Un peu plus tard, au G20, Hu Jintao a fait poireauter Nicolas Sarkozy pendant dix minutes comme un vulgaire portier d’hôtel. Certains ont ri sous cape : l’honneur de Papandréou était lavé. Dix minutes à faire le pied de grue sous l’œil goguenard des caméras du monde entier… Comment Hu Jintao a-t-il pu traiter ainsi notre chef, le chef de la France, un pays à la tête d’un bilan aussi prestigieux : 1 646 milliards de dette, 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 2,756 millions de chômeurs… La France, ce pays humble, accueillant et tourné vers l’autre. A l’heure, où j’écris ces lignes, la conduite de Hu Jintao reste un mystère !

    sur Libération.fr

  • La photo la plus chère du monde

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     Rhein II d'Andreas Gursky

     

    "En mai 2011, Cindy Sherman avait vendu la photo la plus chère de l'histoire avec son Sans titre#96, parti pour 3,89 millions de dollars (2,4 millions d'euros). Mardi, chez Christie's à New-York, Rhein II d'Andreas Gursky s'est vendue à 4,3 millions de dollars (3,1 millions d'euros). La photographie, qui represénte les rives du Rhin, réalisée en 1999, avait été exposée au Musée d'art moderne de New-York (MOMA), ainsi qu'à Munich et à Melbourne.

    Le cliché avait été estimé entre 2,5 et 3,5 millions de dollars, des sommes inférieurs à son prix d'acquisition. Andreas Gurksy, photographe allemand du vertige et de la répétition a maintenant produit deux des trois photographies les plus chères de l'histoire: 99 Cent II Diptych, un cliché de 2001 a été adjugé pour 3,3 millions de dollars dans une vente aux enchères de Sotheby's le 7 février 2007 à Londres .

    L'identité de l'acquéreur n'a pas été révélée." Sur Libération.fr