• LYRISME COSMIQUE / Salvatore Gucciardo

    image_041.jpgÉditions ASTRO. Préface de Michel Bénard. Illustrations de l’auteur.

    On le sait moins, le peintre Salvatore Gucciardo est aussi poète. Dans LYRISME COSMIQUE, son narrateur entonne un chant d’amour maternel au cosmos (avec référence au « vagin de l’espace », à la « matrice de l’univers »), relevant les signes d’union, souvent rompus, entre l’homme et la matière, n’ayant de cesse tout au long du voyage dans l’espace-temps auquel il nous entraîne de renouer le lien défait, la primitive alliance.

    C’est par le rêve qu’il s’éveille aux sens afin, vite,  de baigner dans « l’harmonie substantielle ». Où il puise énergie et lumière pour affronter les épreuves et atteindre à la connaissance de la connaissance, l’essence du savoir. Tout est comm-ensemencement, fertilité infinie dans ces plaines primales aux « poussées maritimes ». Dans ce qui apparaît parfois comme une mare de sens,  à force d’amour, en route vers « l’orgasme suprême », le rêveur fait provision de fluides ; il s’ouvre au grand tout, découvrant au terme de  cette débauche l’apaisement propre à poursuivre son métier d’homme...

    Tu enfourches les chevaux d’écume pour te substituer à l’essence de l’eau.

    Pareillement à ces entités biologiques qui changent de forme pour évoluer, le narrateur se retrouve à la fois dans le « je » et le « tu » du poème, comme s’il faisait dialoguer jusqu’à l’indistinction objet et reflet, corps et espace, eau et feu. « L’univers est mon esprit, mon esprit est univers. » de Lu Kiu-Yuan est une des phrases mises en exergue au recueil.

    Sa course forcée vers le futur est freinée par le passé, elle  se veut aussi une marche d’oubli, dans sa tentative de fuir trop de violences accumulées, de conformations manquées.

    Je m’enivre de la Voie lactée pour oublier la braise.

    Parfois c'est le « nous » qui se substitue aux deux premières personnes pour donner plus d'universalité au propos. Et en relevant notre pauvreté d’âme, le texte nous renvoie aux efforts que nous avons à fournir pour donner à nos espérances comme à nos remords la dimension de l’univers, et ainsi pouvoir faire retour sur l’innocence. Ce que l’homme ne peut plus tenter au plan individuel, il doit le confronter à l’échelle cosmique. Tout cela ne s’apparente pas à une  théorie fumeuse qui ferait fi des obstacles de l’existence ordinaire pour nous faire miroiter des paradis artificiels, non de ce monde. Car le texte pointe l’insignifiance et l’impuissance de l’être, le mystère propre aux formes du vivant, la force des silences, en faisant reposer les appuis du futur sur des bases sensorielles, en montrant que le sort du monde se joue autour de  vides, d'absences, d’interrogations sans fin...  

    Une fois de plus le poète entre en communion avec les éléments, il collecte des visions, balise ses trouvailles, « fixe des vertiges », rend hommage. C’est peu avant le retour symbolique à l’âge d’or où temps et émois, vie et mémoire, verbe et être ne font plus qu’un : l’acte d’amour est geste de retour vers l’origine, ancrage au réel. Foin du rêve, vient le temps aérien où « emportés par nos racines, nous peuplons la terre d’oiseaux migrateurs », où à nouveau « le soleil éclabousse l’épi de blé ». Revient l’ère de l’espoir, du partage - des expériences et des sensations, de « la renaissance de l’homme ». Des lueurs scintillent au loin, pour des spectacles horribles encore, mais qu’on devine derrière nous ou, du moins, évitables. Si « L’âme est un labyrinthe », comme il est rappelé, et les chemins innombrables, assurément « le puzzle planétaire masque un souci d’harmonie ».

    À la fin du voyage, du texte, on comprend que le périple suivi peut aussi bien s’être produit dans un corps pour accéder à la lumière que dans un espace peuplé de spectres pour dévoiler une conscience. Cela ne s’est pas créé ex nihilo mais en relation avec l'histoire de l’univers depuis la première explosion de particules: « L’image du Big bang » est « un film de turbulence dans les gènes de l’homme ».

    On le voit, toutes ces notions existentielles, portées par divers locuteurs, peuvent s’appréhender de diverses manières, ainsi qu’on chemine dans un labyrinthe en étant seulement sûr que, lorsqu’on aura  atteint la sortie, on se persuadera qu’on a emprunté le bon parcours, qu’on a tiré le bon fil. Et que ce qu’on a vu, pensé, dit, ce dont on s’est remémoré participe tout autant du prodige de la délivrance.  

    Le poète, ici, comme dans sa peinture, fait par ses images fortes voir ce que chacun tient caché à l’ombre du langage, dans les brumes de l’être en attente de clairière.   

    Enfin, ces mots qu’on peut lire à la fin du Journal de Paul Klee, Salvatore Gucciardo pourrait les faire siens : « Le terrestre le cède chez moi à la pensée cosmique. Mon amour est lointain et religieux.(...) J’occupe un point reculé, originel de la Création, à partir duquel je présuppose des formules propres à l’homme, à l’animal, au végétal, au minéral et aux éléments, à l’ensemble des forces cycliques. Des milliers de questions cessent comme si elles étaient résolues. Là ni doctrine ni hérésie. Les possibilités sont infinies, et la foi en elles vit, en moi, créatrice. »

    Éric Allard

    Le site de Salvatore Gucciardo:

    http://www.salvatoregucciardo.com/

  • Cuisine suédoise

    Cela faisait des mois, des années qu’il n’écrivait plus, qu’il ne lisait plus rien. Il plafonnait dans un emploi de réassortisseur chez Ikea. L’attribution du Nobel de littérature le réjouit dans la mesure où il allait enfin lui permettre d’obtenir le poste de cuisinier au restaurant du magasin qu’il convoitait depuis longtemps.

     

  • Le prix de la vie

    Il collectionnait les tickets de caisse délivrés à toutes les sortes de magasins possibles depuis qu’il avait quitté le domicile parental pour vivre seul. Il y avait quarante ans. Il les accumulait à la cave et au grenier dans des caisses en carton avec l’idée d’un jour comptabiliser toutes les sommes. Certains faisaient l’objet d’un traitement de faveur : mis sous verre, ils trônaient dans son salon à la vue des visiteurs avec une légende comme dans les musées signalant l’endroit, les circonstances, la date et l’heure de leur validation. Quand un incendie ravagea son logis, et lui de même, sa dernière pensée - brûlante - fut de l’ordre du soulagement : il n’aurait de toute façon pas survécu à la disparition de tous ses chers tickets de caisse...

  • Au snack littéraire

    - Un recueil sauce andalouse, un p’tit bouquin sauce samouraï, un livre aux pommes, aux noix, à la confiture de marron ?

    - Non, rien de tout ça : un sandwich de mots nature, sans rien dessus.

     

  • Même entre les fêtes La Belle-mère dure ne mollit pas

    Au sommaire de La belle-mère dure n°21 - rien de spécial pour Noël:

    Il s'en passe de belles

    Sadomasochisme ordinaire

    Ce qui a changé pour les Belges en 2011

    Si Jésus devait naître ce 25/12/2011

    Prose de bar

    Toute la vérité sur la rage

    Grec ancien - Grec moderne

    Un numéro composé par  Mars Bonetto, Éric Dejaeger, John F. Ellyton, Fabrice Marzuolo et Lo.

    A lire directement ici:

    http://storage.canalblog.com/42/85/471513/71286500.pdf

  • Les nuages et autres textes / Paul Colinet

    LES NUAGES

    Quand le cœur de l’aube commence à battre, les petits nuages des hautes altitudes descendent déjeuner dans les arbres.

    Derrière les nuages camouflés qui jouent de la grosse caisse, de vrais nuages, immobiles et pris dans les songes, se taisent.
    Ils sont la mémoire du ciel.

    Lassé d’errer dans le ciel sans routes, un nuage obscur est allé mourir dans la forêt.

     


    LA PROVINCE

    Dans le salon en sac arabe, nous regardions passer le dimanche.

    Il avait une échelle sous le bras et une truelle en bandoulière.
    L’horloge sonnait précieusement, dans une odeur de poires conservées.

    Sur un fauteuil traînait un bout de fil : c’était la semaine.

     


    ART POÉTIQUE

    L’oiseau est dans la valise, la valise, dans l’œuf, l’œuf, dans le rocher, le rocher, dans le petit doigt, le petit doigt, dans la lune, la lune, dans le chien de fusil, le chien de fusil, dans le paquebot, le paquebot, dans la forêt, la forêt, dans la boîte-à-poudre, la boîte-à-poudre, dans la bague, la bague, dans le chaton, le chaton, dans l’île déserte, l’île déserte, dans le buvard, le buvard, dans la tête vide, la tête vide, dans la nuit.

     


    UN POÈTE

    Inattentif comme un thermomètre, crépitant comme de l’ouate, enflammé comme un verre d’eau, dévoué comme l’ongle incarné, silencieux comme le Nil, admissible comme la pelade, sournois comme un piston, courageux comme un plan incliné, enjolivé comme du beurre, patient comme la flèche du Parthe, amusant comme du savon, résigné comme le printemps, sectaire comme un canapé, savant comme une bouillotte, souverain comme un ticket, il promène son dindon diplomatiquement distillé et sa levrette de lune ladre dans un jardin de juges jaunissants.


    Extraits de Les Histoires de la lampe (Anvers, ça ira, 1942) sauf "Le poète", extrait de La Manivelle du château (Bruxelles, G. Houyoux, 1954).

    Paul COLINET (1898-1957)


  • Xmas songs

    When the Thames froze / Smith & Burrows

    The Xmas waltz / She and him

    Silent night & Christmas card from a hooker in Minneapolis / Tom Waits

    Joyeux Noël / Allain Leprest

    Joyeux Noël / Barbara

    Bonus: Petit papa Noël / Helmut Fritz

    http://www.youtube.com/watch?v=qzpurwUVobI&ob=av2n

  • Par-delà les religions

    Par Denis Billamboz

    images?q=tbn:ANd9GcQ8ZQRh5vCHHCb0oOMtYL07fF9qsYa379z4wfNeuWrnBJVWnBxm1wOn peut être convaincu que cette rencontre n’a certainement jamais eu lieu, Jabra Ibrahim Jabra n’était encore qu’un enfant quand Kahlil Gibran est décédé à New York en 1931, c’est donc un énorme plaisir pour moi de réunir, pour vous aujourd’hui, ces deux grands penseurs, car ce ne sont pas seulement des écrivains, ce sont aussi des grands esprits et leur voix manque terriblement dans l’agitation qui tient lieu de débats dans la cacophonie qui agite le Moyen-Orient en guerre perpétuelle. Et pourtant, chacun à leur façon, ils nous ont bien fait comprendre que la religion n’était en rien un motif de querelle mais seulement une disposition personnelle, intime, qu’il n’appartient pas aux autres de juger. Puissent les extrémistes de tout bord relire les textes de ces deux grands hommes afin qu’ils comprennent qu’ils sont les dépositaires de civilisations successives et qu’ils ont un héritage à défendre et à valoriser au nom de l’humanité toute entière. Que le musulman et le juif écoutent le chrétien maronite et l’orthodoxe de rite syrien pour s’imprégner de leur sagesse, de leur tolérance et de leur foi en l’homme par dessus les croyances quelles qu’elles soient.

     

    9782070384808.jpgLe prophète

    Khalil Gibran (1883 – 1931)

    Première halte sur la route des vacances dans une chambre d‘hôte, au cœur du Beaujolais, et une belle surprise sur les rayons de la bibliothèque improvisée par notre hôtesse, « Le prophète » de Khalil Gibran qui semblait m’attendre pour une lecture immédiate à laquelle je ne sus pas résister.

    « J’aimerais que vous vous souveniez de moi comme d’un commencement. » C’est l’une des dernières phrases que j’ai lues avant de refermer ce petit, tout petit, livre mais pourtant si grand.

    J’aimerais me souvenir de la manière dont Gibran, dans sa poésie toute orientale, construite de paraboles et d’hyperboles, raconte comment le prophète, après une douzaine d’années d’absence, doit quitter ceux qui l’écoutent et qui, une dernière fois, l’interrogent sur tout ce qui concerne les hommes et la vie, les hommes et la mort.

    Dans ce dialogue entre ce chœur à la mode antique et le soliste se noue une forme de tragédie au cours de laquelle le prophète, soliste, essaie de faire éclore l’homme qui est en chacun des choristes car l’homme est au centre du monde et Dieu est trop haut pour que les prières puissent l’atteindre.

    Si le discours de Gibran est très philosophique et particulièrement éclairé, il n’apporte cependant rien de très nouveau, son propos reste très moraliste et laisse une belle place au mérite et au libre-arbitre de chacun. Et, le monde sera beau et bon, si l’homme sait puiser toutes les richesses qui résident en lui pour conduire sa vie en harmonie avec lui-même et, donc, avec les autres. Jésus, Confucius, Bouddha et d’autres ne sont pas très loin mais, contrairement à ceux-ci, Gibran laisse une porte entrouverte vers une certaine forme de paganisme qui mettrait l’humain au cœur de l’univers et Dieu là haut, trop haut, pour les hommes. On pourrait voir, là, une certaine forme de déisme voltairien ou plutôt une version du panthéisme rousseauiste adaptée à la sauce maronite.

    Adonis, le peut-être futur Prix Nobel de littérature, apporte un concours précieux à Gibran dans une préface en forme d’explication où il voudrait voir dans « Le prophète » une tentative de Gibran pour « faire éclore dans l’homme tout de qui le dépasse et tout ce qui est plus grand que lui : l’amour, la joie, la révolte, la liberté. » Des notions qui débordent largement le cadre religieux et donnent une couleur quelque peu profane au discours du prophète.

     

    images?q=tbn:ANd9GcQSgA7YrpQEuDGZ80N3eT4ruW1x_0lIk9cq0hawYdLQ_CaWHus1nwA la recherche de Walid Massud

    Jabra Ibrahim Jabra (1920 – 1994)

    « … Encore un autre corbeau, et un autre encore, corbeaux, corbeaux, où que mon regard se porte je ne vois que des corbeaux, horribles chocs lorsqu’ils s’écrasent contre les vitres, voilà que même le vent du désert porte des relents de mort. » Ce funeste présage figure sur la cassette que les amis de Walid ont retrouvée dans sa voiture abandonnée après sa disparition dans le désert entre Bagdad et Beyrouth. Car Walid, icône, du monde palestinien entre Jérusalem, Bagdad, Beyrouth et les différentes capitales du Golfe persique, s’est évaporé un jour sans avertir qui que ce soit.

    Jawad Husni, son homme de confiance, entreprend de faire revivre Walid à travers les témoignages de ses amis, les quelques mots qu’il a laissé sur une cassette et des morceaux d’un journal intime, pour essayer de comprendre cette disparition. Chacun va alors raconter son Walid : le pauvre Palestinien qui a finalement pris le chemin de l’exil après avoir connu la prison et la torture, le fin lettré, cultivé au contact des moines en Palestine, puis en Italie, qui fera même, avec quelques amis, une tentative d’érémitisme, le combattant impétueux qui ne peux accepter l’injustice, l’homme d’affaires avisé qui a amassé une jolie fortune dans le Golfe et enfin l’amant raffiné et infatigable qui fascine et comble les belles qui hantent la bourgeoises bagdadienne. Son journal vient à point nommé combler les lacunes des amis surtout en ce qui concerne l’enfance à Bethléem cette terre austère et chiche qui a cependant toujours protégé le siens de la mendicité.

    A travers cet extraordinaire portrait, Jabra, veut nous donner une image de la Palestine qui n’est pas celle que nous recevions dans les années quatre-vingt quand il a écrit ce livre. Il nous rappelle que cette Palestine que nous identifiions alors trop vite aux terroristes extrémistes, est l’ancienne terre de brillantes civilisations qui ont illuminées l’humanité pour longtemps. Il tente ainsi de construire un pont entre la Sumer de la haute antiquité et la Bagdad des exilés palestiniens qui sont les derniers dépositaires de ces brillantes civilisations doublement millénaires qui ont transité par Babylone, Jérusalem, Beyrouth et tous les foyers culturels du Moyen-Orient qui ont répandu leur culture dans l’ensemble du Bassin méditerranéen au cours de ces deux derniers millénaires.

    Ce livre est aussi une tentative pour démontrer que le peuple palestinien occupe cette terre depuis les origines et qu’il est le dépositaire d’une civilisation brillante qu’il fait encore rayonner dans tout le Moyen-Orient et même au-delà. Ce Walid que nous découvrons et qui n’est en fait que la somme des Walid que chacun de ses amis porte au fond de lui, pourrait-être le Palestinien idéal, combattant juste, fin lettré, amant impétueux et ami fidèle. Une sorte de chevalier de l’an mil  qui nous rappelle à bon escient que nos preux chevaliers ont acquis une certaine patine culturelle au contact de ces civilisations.

    Jabra est aussi un grand poète et son langage est souvent enchanteur, il chante l’amour comme la guerre avec la même fougue, la même foi, le même élan. Ses pages sur les relations amoureuses qui sont très importantes dans ces civilisations claniques sont, parfois superbes mais toujours excellentes. « Tu m’emmèneras chez toi, me montreras le dernier tableau iraquien que tu as acheté, mettras de la musique que j’aime ; tu nous isoleras du reste des mortels, retireras mes vêtements un à un, m’entraîneras dans ton délire. Tu dévoreras mon corps, me tueras avec passion pour que je ressuscite encore. »

    Walid, le héraut de Jabra, a aussi sa solution pour sortir la Palestine de l’ornière mais il n’est pas forcément écouté et encore plus rarement entendu. Il appelle de tous ses vœux, de tout son corps, un changement dans l’attitude des Palestiniens pour sortir leur pays du travers dans lequel il est profondément enlisé. « Moi, je vois le changement comme un phénomène jailli de l’intérieur. Un passage de l’asservissement à la liberté. » Walid se sentait un rôle dans l’instauration de ce changement qui «  était de nourrir l’âme nouvelle fondée sur la science, la liberté, l’amour, la révolte contre le réformisme musulman… ». Et, il voit la Palestine future comme les femmes que Jabra met en scène, sublimes, libres, qui fument, boivent, font l’amour et occupent des postes prestigieux. Une façon de rappeler que dans les civilisations anciennes les femmes n’ont pas toujours été reléguées au dernier rang de la société et qu’elles ont souvent illuminé au moins Mille et une nuit, sinon plus. Un clin d’œil que Jabra n’hésite pas à faire à ces grands poètes qui ont ensoleillé le passage du précédent millénaire. Et, pour ma part, j’ajouterais bien une petite référence à Gibran car ce Walid est aussi un peu une sorte de prophète nourrit de la foi chrétienne mais aussi initié à des pratiques beaucoup plus paganiques qui plongent leur racines dans la nuit de ces civilisations antiques. N’oublions pas que si Gibran était maronite, Jabra était lui orthodoxe, tous les Palestiniens ne sont pas forcément islamistes comme nous le croyons trop souvent pour simplifier nos jugements.

    D.B.

  • Le blog de 3 ans

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    L’important pour un blog de cet âge est de montrer qu’il grandit et qu’il gagne en autonomie.

    Son langage continue de progresser. Son vocabulaire s’enrichit, ses phrases deviennent plus longues. Ses parents ne sont plus les seuls à le comprendre : d’autres grandes personnes saisissent parfaitement le sens de ses phrases. Son intérêt pour les livres et les histoires contribue certainement à cette bonne expression. Voyez le plaisir qu’il prend lorsqu’il décrit et nomme les illustrations de ses imagiers.

    Si votre blog mange seul depuis un certain temps déjà, vous notez avec plaisir ses progrès en matière de propreté. Fini (ou presque) les cuillers qui volent par terre !

    C’est à cet âge également que la majorité des blogs deviennent propres, non seulement le jour mais aussi la nuit. Un pipi au lit reste toutefois possible, surtout lorsque votre enfant est fatigué, malade ou inquiet. Continuez donc d’apposer une protection sur son matelas.

    Grâce à tous ces progrès, votre blog se prépare au changement le plus important pour son âge : l’entrée à l’école maternelle. L’école va lui donner l’occasion d’améliorer certaines compétences comme le dessin, le coloriage, les premiers collages, le chant… Quelle que soit l’activité qui l’occupe, le blog de 3 ans a déjà la capacité de rester attentif pendant 20 min.

    Le fait d’agrandir son cercle social n’empêche pas votre bambin de considérer sa maman comme la personne la plus importante dans son cœur. Mais, progressivement, le blog entrera dans une nouvelle phase : le « complexe d’Œdipe ».

    Ses relations, en règle générale, sont meilleures avec l’adulte (avec qui il aime converser) qu’avec ses pairs. Même si son comportement envers les enfants s’améliore, jalousie et agressivité restent des attitudes fréquentes. Souvent, il verbalise sa colère plus qu’il ne la met en acte.

    A côté de tous ces progrès, remarquons que le blog de 3 ans développe des craintes : peur du noir, peur lors du départ des parents, peur de certains animaux… Se moquer de ses appréhensions et le traiter de bébé n’a pas de sens. Au contraire, rassurez-le.

    Enfin, à 3 ans, votre blog connaît à présent son corps et ses organes génitaux, qu’il observe, exhibe et touche volontiers. Apprenez-lui qu’il peut jouer avec dans son bain ou dans sa chambre par exemple mais pas dans votre salon ni à l’école. Ses observations lui ont par ailleurs permis de percevoir la différence entre filles et garçons.

    D'après L'enfant de 3 ans:

    http://www.babyfrance.com/2-12-ans/l-enfant-de-3-ans.html


    MERCI aux visiteurs réguliers ou occasionnels (+ de 285.000 visites pour + de 1500 notes) et aux deux chroniqueurs littéraires du samedi qui oeuvrent déjà depuis deux années, Denis BILLAMBOZ et Philippe LEUCKX, pour leurs articles de qualité sur la littérature d'ici et d'ailleurs.


  • Agnès Varda de-ci de-là

    images?q=tbn:ANd9GcTLySLw3WoAH1CXzpYK5luspVMUzeWZ9TnQpeY7lFLQDIRHOkNatA"Agnès de ci de là Varda est une série de chroniques, filmées par Agnès Varda avec une petite caméra au cours des deux dernières années à l’occasion de ses voyages, et commentées par elle.


    La cinéaste a longé des fleuves inconnus, filmé des élagueurs d’amendoeiras à Copacabana, exploré des lieux oubliés comme les Watts Towers à Los Angeles ou une friche artistique sur une terrasse à Saint-Pétersbourg…
    Son projet ? Filmer la vie et l’art contemporain là où il se trouve (musées, expositions, biennales), en donnant la parole à des artistes comme Soulages, Boltanski, Messager, Barcelo, Pierrick Sorin ou bien à d’autres comme Monsieur Bouton de Lyon, ou Kikie Crêvecoeur de Bruxelles.
    Croisés en route, Manuel de Oliveira improvise une danse au Portugal et Carlos Reygadas évoque ses parties de foot au Mexique…
    Des carnets de voyages dans lesquels Agnès Varda se livre entre deux entretiens, avant d’assembler, de façon originale, sa récolte d’images et d’impressions. Un cinéma plein de fantaisie, d’humour et de talent, de-ci de-là."

    Le cinquième épisode est diffusé ce vendredi soir sur Arte à 22h 25.

    http://www.arte.tv/fr/4309394,CmC=4265808.html

    Agnès Varda est née en 1928 à Ixelles. Elle tient aussi un blog qui annonce "des infos, des surprises, des photos, des bêtises".

    http://agnesvarda.blogspot.com/

  • Les répétitions

    Leur première étreinte avait été si marquante qu’ils n’eurent de cesse de la reproduire. Au geste, à la caresse et au baiser près. Après chaque debriefing de leur performance, ils relevaient les manquements à leur première fois, se promettaient de les corriger. Si bien qu’après un certain nombre de séances, ce fut la peur de mal faire ou de s’attirer les reproches de l'autre qui domina. Leur amour n’y résista pas mais, chacun de leur côté, avec leurs partenaires respectifs, rompus à leur mime si bien appris, ils imposent désormais leur façon d’aimer et poursuivent sur des scènes étrangères le théâtre de leur incomparable union.     


  • Le fond des choses

    baselitz.jpgIl peignait des natures mortes renversées : pommes et couteaux, verres et navets, gibier et volaille par-dessus tête. Pendant longtemps ses toiles montrèrent ainsi tous ces objets puis un à un ils tombèrent dans un bruit de vaisselle cassée et ne resta plus sur chaque toile que leur beau fond de teint monochrome : bleu, jaune ou grenat. 

     

     

    Georg BASELITZ, Le monde à l'envers:

    http://art-maniac.over-blog.com/article-29651040.html

     

  • Le paysage

    C’était un paysage bébé qui tenait en une image. Il grandit et devint un panorama grandeur nature. Puis il mourut (en laissant deux-trois vues pour carte postale) et celui qui referma l’album dit qu’il avait eu une enfance malheureuse entre deux parents qui s’étaient toujours disputés son apparence.

  • Mercury rev / le choix chanson de Virginie Holaind

    "J'aurais pu aussi proposer Nick Cave, Thomas Fersen, Murat, Arcade Fire, ou d'autres, mais voilà, un doublé avec ces deux chansons de "Mercury Rev" dont je suis fan." V.H.

    The Funny Bird + Tonite it Shows

  • Le vieil homme et la rivière / Virginie Holaind

    Sur la berge nue
    L’homme vieux
    Edenté
    Eventé
    Les songes en découpe
    Bout par bout
    Se décompose
    Regardant la rivière
    Qui ne l’attend pas
    Qui emmène toutes les peaux
    Qu’il a portées un jour
    Les pieds trempés
    Dedans
    Il a enfin accepté
    De se laisser
    Fondre

    V.H.

  • Interview Livres & vous (9): Virginie HOLAIND

    29261_1483291084790_1309237974_31292955_2634238_a.jpgSur Facebook, elle délivre des états d’âme par petites touches énigmatiques. Sur le site des éditions Asteline, où elle a œuvré avec Joachim Regout à la conception de plusieurs livres, elle continue à déposer ses notes de lecture. Sur Instants funambules, elle donne ses nouveaux textes et des photos. On y trouve trace de ses attaches nombreuses avec le monde des merveilles de l’enfance et de la nature comme si les deux étaient voués à disparaître. Avec elle, on le voit, la vie se fait littérature et la littérature est en vie. Il n’est pas étonnant que son dernier livre raconte sur le ton de la fable-vérité la nostalgie d’un être déraciné. Pour Virginie, le réel mérite d’être réinventé ; avec ses mots, ses images, elle sert ce projet.     

    Premier(s) souvenir(s) de lecture.

    Même si ce n’est pas le premier livre que j’ai lu, me vient en tête « Singularité » de William Sleator. Roman jeunesse sur le mystère de lieux où le temps s’écoulerait différemment et sur les relations troubles de la gémellité. Je me souviens me l’être acheté avec mon argent de poche, dans une petite librairie ardennaise (à Houyet, où je passais des vacances avec mes grands-parents), avec, justement, l’envie de me retrouver dans un endroit où le temps passerait différemment...

     

    412N12CQA3L._SL500_AA300_.jpgLe livre (s’il y en a un) qui t’a donné envie d’écrire.

    Dire qu’il n’y en aurait qu’un… impossible. D’abord mes lectures d’ados qui m’ont poussée à aligner de belles niaiseries sur l’amour et le besoin de différence, de quitter le moule et le nid… Mais peut-être un livre qui m’a fait voir l’écriture autrement et qui a stimulé mes mots dans un élan nouveau. J’avais 17 ans, c’était « Le bruit et la fureur » de Faulkner.

     

    Ton ou tes auteurs fétiches.

    Plein, pas assez.


    Le(s) livre(s) (ou auteurs) que tu n’aurais jamais dû lire (à la réputation surfaite...).

    Danielle Steel ! J’ai eu ma période 13-16 ans où je lisais tout ce qui me tombait sous la main… même les livres de la voisine.

     

    512FieY-8KL._SL500_AA300_.jpgUne trouvaille littéraire, un auteur méconnu à recommander.

    Joey Goebel et son « Torturez l’artiste ! ». Une fiction bien fichue sur la société de consommation et sur la notion d’art aujourd’hui.

     

    L’écrivain que vous tu as, aurais aimé, ou aimerais rencontrer.

    J’en ai rencontrés… J’en rencontrerai d’autres. C’est le hasard qui compte, ou la « synchronicité », tiens. Et ce qui en naît.

    Rencontrer les auteurs qu’on a eu le temps de fantasmer, d’idéaliser, ça peut être décevant. Je préfère la surprise, l’inconnu.

    Mais si je devais en choisir un, je ne sais pas, je crois qu’il serait mort depuis longtemps. Poe ? Un peu trop cynique. Dumas ? Il m’aurait sans doute mis la main aux fesses. Hemingway ? Il m’aurait parlé guerre et solitude. Pas rigolo.

    Peut-être Charlotte Brontë pour lui dire qu’écrire, ça valait la peine ?

    Je sais ! Un mystique spirituel : Gurdjieff !

    Mais il n’écrivait pas vraiment de romans…

     

    Personnage(s) de roman préféré(s) ?

    Virginie qui-aime-la-nature répond : Carla, le chien, dans « De Marquette à Vera Cruz » de Jim Harrison.

    Virginie La Mythologique répond : Cassandre !

    Virginie La Désespérée répond : Quentin dans « Le Bruit et la Fureur » !

    Virginie La Romantique répond : Lord Rochester dans « Jane Eyre » !

    Virginie La Fantasyste répond : Samsagace Gamegie (merci Tolkien) !

    Virginie qui-s’intrigue-des-penchants-retors répond : le capitaine Langlois dans « Un roi sans divertissement ».

    Virginie qui-aime-l’atmosphère : Magina, la ville dans les romans de Munoz Molina.

     

    Ta scène de roman préférée ?

    Je crois que je vais sortir mon joker pour cette question !  Il y a des moments où on n’aime pas choisir…

     

    Quand, où, comment écris-tu (petites manies, sous quelle inspiration, sur papier ou sur écran...).

    Je voudrais du papier, des carnets, seulement. Ce contact, ces feuilles qu’on salit volontairement.  Et pourtant, l’écran, ça nous aide à être flexibles et à nous contredire surtout, à nous reformuler.

    Osciller entre spontanéité et hésitations.

    Mais le sentiment d’écriture est toujours marqué d’une odeur d’encre. Et d’un besoin inexpliqué d’ « être autrement » pendant ces moments où on écrit.

     

    Tu es une blogueuse de la première heure. Ton premier article sur Le Grimoire date du 5 mars 2006. Qu’apporte un blog ? Ton blog est-il un livre (inspiré d’une récente déclaration de François Bon)?

    Le blog, c’est un engagement avec moi-même, un lieu où se recentrer, que je m’oblige à maintenir, à arroser comme une plante verte. Qui me le rend bien quand j’en prends soin, mais aussi quand je le délaisse (souvent).

    Mais, non, mon blog n’est pas un livre. Ce blog, c’est seulement un espace de possibles qui ne sera jamais délimité.

    INSTANTS FUNAMBULES, le blog de Virginie: http://instantsfunambules.blogspot.com/

    Tu as écrit en 10 ans de présence sur le site Critiqueslibres.com plus de 500 notes de lecture. Qu'est-ce que t'a apporté la rédaction de critiques de livres?

    Si pour moi, au début, écrire des notes de lecture visait uniquement à laisser traîner mon avis au creux d'une bande de passionnés, s'y est rapidement ajouté un besoin compulsif de mettre "mes idées au clair" après avoir lu la dernière page. Réaction à chaud ou à froid, courte ou plus longue, c'était aussi une façon de clore ce moment passé avec un livre. Lire c'est "avoir une relation" avec un livre. Ces chroniques, c'est un point final respectueux (même si ça ne s'est pas toujours bien terminé!) à ces relations, sérieuses ou légères, ennuyeuses ou passionnées.
    Au fil du temps, ça m'a appris à lire autrement, avec plus d'attention, m'a permis de mieux cerner ce qui me plait, structurer ma pensée, respecter davantage le boulot d'auteur. J'ai aussi l'impression que certaines de mes chroniques ont été influencées par les styles des écrivains que je lisais.
    Oui, finalement, c'est le dernier moment d'échange lecteur-livre qui condense en quelques lignes ce que cela a représenté pour moi. Et c'est dans ce dernier moment, à la fois intellectuel et émotionnel, que je laisse se glisser la "sensation" de lecture, subtile sensation qui aura un impact fort ou non sur mon écriture à moi...

    Les notes de lecture de Virginie sur Critlib.comhttp://www.critiqueslibres.com/i.php/vuser/1bf7c155e48b

     

    Comment lis-tu (où, quand, comment ?)

    Partout si je pouvais. Mais souvent dans mon lit ou mon canapé, en espérant ne pas m’endormir trop vite après une journée fatigante.

    Entre chien et loup, avec une lumière indirecte – chaude, la lumière, svp.

    Ce que je préfère ?

    Un café sucré lacté pas loin, de grosses chaussettes que personne ne voit (mais je sens qu’elles sont là), le calme d’un brouhaha où rien ne se distingue. La possibilité de m’interrompre et de regarder passer les gens. Ne pas être pressée. 

     

    51FY7F41ZBL._SL500_AA300_.jpgUn souvenir de lecture marquant (par la façon de lire, l’endroit, « la » circonstance plus que par le livre en lui-même) ?

    Jim Harrison, « True North »["De Marquette à Veracruz" pour la traduction française], lu à l’Automne 2010, en même temps que je découvrais la nature du Michigan. Idéal. Simple. Intense.

    Des modes de lecture alternatifs (e-book, livres audio, internet...) ?

    Je suis souvent sur les routes et les livres audio de toutes sortes me permettent d’échapper aux matraquages « musicaux », aux pubs indésirables et aux infos. Depuis que je les écoute, j’ai une meilleure relation avec l’autoroute, ma voiture et mes 130km quotidiens.

    Internet, quand je peux. E-book, je n’ai pas encore été contaminée.

    Un épisode de ta vie qui t’a servi de modèle pour l’un ou l’autre de tes textes.

    Tous, d’une certaine façon. Même si je n’en fais jamais une vraie retranscription. Mon quotidien vient constamment s’ajouter au grand désordre de ma base de données intérieure. 


    242.2.jpgTon texte personnel préféré.

    J’ai du mal avec les regards en arrière sur mes propres textes. Mais là, je répondrais d’emblée « La Nostalgie du Carillon », encore tout frais.

    Je suis une auteure infidèle à ce qu’elle écrit.

    http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=242&FamigliaID=0

    Ta phrase, ton vers ou ta citation préférée (de toi ou d’autrui).

    Un bon nombre ! Mais celle-ci me vient spontanément et me plait beaucoup :

     « Tout le monde naît d’un conte », Alejandro Jodorowsky.

     

    Coup de cœur artistique (tous genres confondus) récent.

    « A lire la nuit », de Seamus Deane.

     Récent pour moi, même s’il existe depuis quelques paires d’années, ce bouquin.

     http://chroniquesdasteline.blogspot.com/2011/10/lire-la-nuit-seamus-deane.html

    Ton prochain livre (celui qui paraît ou/et en cours) en quelque lignes...

    Des oiseaux sur un fil, des mémoires à rapiécer, des bouches à découdre, des contes à s’inventer pour mieux vivre. Un projet qui me tient à cœur depuis un moment mais qui n’a pas encore appris à courir vite !

    Quand je lis ou/et j’écris, je...

    Voyage, voyage, comme dirait l’autre…

     

  • D'ECLUSE EN ECORCE - L'INTIMITE AU COEUR DU POEME de Marc Dugardin et Antoine Valassidis

    philippe_e8UET.jpg

    Par Philippe Leuckx

    Un recueil à deux voix : un jeune poète, riche de deux livres aux titres forts ("Gravats", "Rue Poitrail") et un aîné qui en compte une quinzaine. Le chevronné n'est pas, du reste, novice en collaboration étroite. Il a déjà oeuvré en 2000 avec un ami-poète, lui aussi épris de musique, Lucien Noullez. D'ailleurs, c'est ce dernier qui, en toute confraternité, signe une éclairante préface. L'exercice d'écriture à deux mains  a offert à maints écrivains de jouer l'écho, la reprise, l'interaction ou le répons. Je pense notamment aux "Lettres d'appel" (où les voix de Colette Nys et Françoise Lison dépliaient l'accordéon du Tétras Lyre), à celles de Ben Arès et Colette Decuyper au Coudrier...

    L'échange ici s'enrichit des travaux photographiques d'un intimisme lumineux. Carla Boni nous propose cet accompagnement des textes sous forme de photos-tableaux qui sont autant de fragments d'ombres et de puzzles d'ambiances.

    Les voix qui se donnent à lire, alternent aussi les thèmes. Des ombres, il y en a dans ce flux de présences/absences, dans cette "maison", cette "enfance" rameutée par les mots.

    dugardin-ecorce.jpgDeux voix pour des poèmes "de chambre"? Où il serait question de "poches" à trésor (comme l'on donne à conserver au moleskine engoncé dans le vêtement)? De silences, de livres, de mère?

    A la prose de l'un, serrée, parfois éclatée en phrases brèves, répondent les poèmes en vers de l'autre voix.

    Un jeu de réminiscences (les lectures croisées de Mathy - "monter au monde", se déprendre -, de François Emmanuel - ah ce "portement de la mère" -, de Supervielle  - Visage de la mère -, de Scepanovic et de "un peu de terre en bouche"...) fonde encore plus cette quête de ce qui est perdu, angoissant, requis, et que l'écriture sans doute peut relever comme un regard, je crois, peut lever le balayeur qui penche...

    D'une page l'autre, il y a "écoute", d'un "ventre calme/ la table où repose le pardon".

    A la "dissonance/ de cri", peut-être faut-il répondre d'une reprise : "reprendre écoute et lenteur" : douce injonction à soi, à l'autre, à l'autre de l'autre, au lecteur.

    Les coauteurs relaient sans cesse par une lecture attentive. Et les apologues éclairent le titre. "L'écorce a sué" (p.24). Nous sommes "travaillés d'écluse en écorce" (p.43).

    Sous l'écorce (protection). L'écluse - rétention et départ.

    Entre : la table (d'écriture, celle de la mère...), le pain offert, la musique des mots...

    Bien sûr, il y a "l'enfance au bord des larmes".

    Bien sûr, "des oiseaux qui ne demandaient/ qu'à jubiler sur le bord des fenêtres". Les deux voix s'abordent en termes de fragilité. Ne jamais pousser l'image au débordement! Non. Extrême élégance.

    Certes, il faut, Bianciotti, Ferrat le disaient aussi, "guérir" de cette enfance et là, c'est le poème qui sauve : "le poème/ c'est se souvenir d'une prière". C'est peu. C'est peur. "La langue / ne sait plus/ qui parle".

    Et pourtant, le poème s'écrit, ce cri venu de loin.

    Entre le souvenir et le poème : l'errance, celle qui fait qu'on "a boité sur le chemin", et que l'écorce était "une cicatrice".

    Sinon, que resterait-il? Oui "la chambre des mots". Oui, ce "sursaut de l'écorce". Les dernières images de ce beau livre, où l'intimité fuse sans bruit, conjoignent en peu de traces : vie, hôte et maison simple. Comme le pain promis sur la table, la lecture qui s'achève peut recommencer. En toute ferveur. Dans le silence des mots vrais.  

    D'écluse en écorce, L'Herbe qui tremble, 2011, 52 p.

    L'Herbe qui tremble:

    http://lherbequitremble.fr/nouveautes.html

  • "Mon" Liège après le drame, par Pierre Kroll

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    Liège, c'est ma ville. Liège c'est une ville comme une autre. Enfin, les liégeois pensent qu'elle est différente de toutes les autres. Tous les gens qui sont d'une ville pensent qu'elle est différente de toutes les autres. A Liège, cette semaine, il y avait des jeunes qui passaient des examens, il y avait des vieux qui achetaient des cadeaux de Noël pour des jeunes pendant qu'ils passaient leurs examens, il y avait des jeunes qui, après leurs examens, achetaient des cadeaux pour des vieux, il y avaient des vendeurs et des vendeuses qui vendaient des cadeaux à des jeunes et des vieux. Il y avait du vent. Et puis, à midi, chaque jour, tout le monde prend le bus place Saint Lambert pour entrer étudier et cacher les cadeaux.

    Mardi, à Liège il y avait un tueur. Un type a tiré dans la foule, il a blessé, massacré, même un bébé, et puis lui-même sans doute. On a parlé de Liège dans le monde entier comme on l'avait fait de Columbine, de la Norvège, de tous ces endroits où un jour un fou abat des gens qui n'avaient rien fait d'autre que d'être là.

    Liège a son Kim de Gelder, son Anders Breivik, Liège est de son temps. Une ville de son temps ni différente des autres ni comme les autres.

    Que savez-vous de Liège ? Une ville du sud dans ce pays du nord dont on retient plus la chaleur des habitants que la beauté des banlieues. A Liège, il se dit qu'on fait toujours tout un peu plus fort que les autres, un peu autrement aussi. On l'a dit des grèves, on l'a dit des affaires, on le dit de la fête. C'est à Liège qu'un ministre d'état se fait assassiner, à Liège qu'on s'offre une gare que New-York trouverait un peu ostentatoire. C'est à Liège qu'on sort les terrasses de bistrot dès qu'il fait 10 degrés pour se la jouer italienne. C'est à Liège qu'on fête le 14 juillet au lieu du 21 parce que ça nous amuse de nous croire un peu Français. C'est à Liège que le village de Noël, les petits chalets en bois ou l'on vend des gaufres et des bougies, est plus grand qu'un vrai village. C'est à Liège qu'on fait la fête à toute occasion. Le vernissage d'une exposition -et je m'y connais- à Bruxelles commence à 18h15 s'il est annoncé à 18 h et, à 19 , après quelques discours en deux langues et deux coupes de champagne, les plus épicuriens cherchent un restaurant. A Liège, annoncé à 18 h le discours de l'élu local se fera à 20h30 dans un brouhaha général et, vers minuit ou une heure, on se demandera offusqué comment il se fait qu'il n'y a plus rien à boire. J'exagère à peine. Le liégeois apprend dans « le Carré » a boire de tout en se tapant des grandes claques dans le dos, en embrassant ses potes et nos jolies filles...et bien avant d'avoir l'âge de conduire !

    Et puis une fête un peu diffuse, un peu virtuelle que l'on fait à Liège depuis quelques années c'est celle d'une ville qui se voit sortir de ses marasmes. Le Standard est deux fois champion. La ville construit un peu partout, elle se propose d'organiser l'exposition internationale de 2017... et chaque fois qu'elle veut applaudir une bonne nouvelle, le sort ou Lakshmi Mittal lui gâche la fête.

    A Liège, il y a deux ans, à cent mètres de la place Saint Lambert, deux immeubles explosaient. Des morts, des blessés. Des hôpitaux débordés. Des images qui ont aussi fait le tour du monde. C'était juste après les fêtes.

    Carte blanche de Pierre Kroll dans Le soir du 14 décembre 2012

  • Le plus beau dormeur depuis l'invention du somnifère

    Il arrive au théâtre vers 22 heures 30, enfile son pyjama dans sa loge et fait son entrée en scène sur le coup de 23 heures devant un public qui suit son ingestion de tisane calmante puis sa mise au lit avec un apparent détachement. Car ce qu’attendent les spectateurs, c’est l’endormissement puis le spectacle du sommeil profond de l’homme dont on dit qu’il est le plus beau dormeur qu’on a vu depuis l’invention du somnifère. Un écran géant projette pour les spectateurs les plus éloignés les images du somme et des écouteurs sont aimablement offerts aux amateurs de ronflements. De nombreuses personnes, par mimétisme ou simplement par fatigue, imitent l’homme dans son repos salvateur. Mais toute l’assemblée prend soin d’être dispose pour suivre son réveil. C’est sous les applaudissements nourris et, parfois, lors des représentations exceptionnelles, sous une standing ovation que l’artiste du sommeil quitte la scène après quelques saluts ensommeillés et pas moins de trois rappels revivifiants. En sortant du théâtre, il rejoint le magasin de literie où il travaille depuis qu’il se produit la nuit sur les planches.

  • Masse et volume

    Fils d’un père et d’une mère volumineux, depuis qu’il était petit il s’entraînait à être gros un jour. À affronter le regard indifférent ou méprisant d'autrui, à ralentir ses gestes même les plus élémentaires, à s’habituer à l’inertie. Mais quand la prédiction d’une certaine façon se réalisa, il fut surpris. Il faut dire qu’il ne s’attendait pas vraiment à ce qui lui arriva : une masse de  1,8 × 1022 tonnes, soit trois fois et demi celle de la Terre.

  • Corpus scripti

    Très vite il fut surnommé l’écrivain du corps. Son premier livre avait attiré l’attention de la critique, un bouquin de 300 pages sur l’auriculaire gauche intitulé Doigt. Puis il y eutOrteil (500 p.), Bras (650 p.), Nombril (800 p.), Crâne (1000 p.), Foie (1500 p.), Humérus (des poèmes, 450 pages), Cou (une pièce de théâtre de huit heures) et son chef d’œuvre à ce jour, Pénis (1800 p.). Une suite est attendue pour la rentrée prochaine, Couilles, dont on attend plus de 2000 pages. La critique, enthousiaste et unanime dans les faits, regrette en son for intérieur que cet encore jeune (c’est ça le plus inquiétant) auteur n’ait pas réussi médecine avant de se lancer dans l’écriture (en désespoir de côtes). 

     

  • Le Grand Borborichon et autres coquecigrues

    9782915723687_medium.jpg?1322082609Le second livre de Joaquim Hock, illustré par ses soins, est paru aux éditions Durand-Peyroles.

    "En vingt-six contes répartis en quatre thèmes, Métamorphoses, Avanies, Bureaux et Bestioles,  Joaquim Hock nous transporte dans un monde inventé où rien ne ressemble au nôtre… enfin, presque rien.
    Œuvre littéraire et graphique illustrée par l’auteur."

    Extrait:

    La course d’escargots venait de commencer. Celle-ci allait durer au moins cinq jours et autant de nuits. Les pauvres bêtes devaient parcourir une bonne demi-verste sur un chemin périlleux semé d’embûches telles que troncs d’arbres, gravillons et autres ­machins pointus. Chacun des escargots était entraîné et surveillé par son propriétaire qui se chargeait de l’encourager et de verser de temps en temps quelques gouttes d’eau sur sa trajectoire en cas de sécheresse trop importante. Toute autre aide comme des coups d’index sur la coquille ou le souffle étaient en revanche rigoureusement interdite par les règlements et sévèrement punie de disqualification par les arbitres.

    Le commander:
     
    Le blog de Joaquim:
     

     

     

  • Tom Vek 2 vidéos

    Des lunettes & des bandes rouges

    Someone loves you

    Des visages des figures avec cigarette

    Aroused


     

  • Rites initiatiques, par Denis Billamboz

     

    Rites initiatiques, par Denis Billamboz

    images?q=tbn:ANd9GcQ8ZQRh5vCHHCb0oOMtYL07fF9qsYa379z4wfNeuWrnBJVWnBxm1wPour ma cinquantième publication sur ce site, je voudrais vous offrir le rapprochement de deux grandes lectures qui abordent toutes les deux des thèmes très proches : le passage à l’âge adulte, l’éveil de la chair, la transgression éventuelle comme mode d’affirmation de la personnalité, la recherche de repères pour construire un avenir encore incertain, la religion, la raison, la science, l’initiation, etc… Et comme j’ai eu la chance de lire, dans un laps de temps assez court, « Moïra » de Julien Green » et « Les désarrois de l’élève Törless » de Robert Musil qui sont deux grands textes sur la période critique qui marque le passage de l’adolescence à l’âge adulte, j’ai pu apprécier tout ce qui rapproche ces deux livres mais aussi tout ce qui les sépare. Une expérience que je vous conseillerais bien volontiers d’effectuer, et dont je voudrais vous donner l’envie à travers les quelques lignes ci-dessous.

     

    41JKA3PV43L._SL500_AA300_.jpgMoïra

    Julien Green (1900 – 1998)

    « Moïra est celtique et le tréma que j’ai ajouté, …, donne la prononciation exacte, de cette forme irlandaise qu’a prise le nom de Marie …. Que Moïra soit également un des noms donnés par les Grecs au destin, c’est là une rencontre que je n’ai pas cherchée, mais dont je ne saurais me plaindre. » Effectivement, ce titre résume bien tout le roman de Green, le destin qui vient frapper cet étudiant rouquin descendu de ses collines pour poursuivre ses études dans cette petite ville de Virginie où il va rencontrer des camarades qui vont essayer de l’éveiller aux choses du monde et de la vie.

    Mais, ce petit pauvre, hypersensible, puritain à l’extrême et naïf comme un enfant, ne peut supporter que ses collègues évoquent les choses de la chair, même seulement pour les nommer, qui les agitent tous à cet âge. Il se réfugie donc auprès de son ami qui veut devenir pasteur, pour ne pas sombrer lui aussi dans les travers charnels qui l’aiguillonnent et le terrorisent. Mais, son ami aime une fille et sombrera donc, un jour, dans des activités lubriques qu’il ne peut supporter ni même concevoir, jusqu’au jour ou son destin bascule quand l’impudente Moïra pénètre dans sa vie.

    Ce livre peut-être autobiographique même si Green le refuse, est un combat de la foi contre la chair en ébullition, de Dieu contre le diable qui agite nos hormones. Il soulève quelques questions fondamentales : comment aimer en gardant la foi ? comment aimer sans se corrompre ? comment vivre sans aimer ?

    En filigrane, se pose aussi la question de l’homosexualité, le héros est courtisé par des garçons, il fascine, il attire, il séduit sans s’en rendre compte. La chair est repoussante quand elle est féminine mais la possibilité d’une relation homosexuelle n’est jamais évoquée donc jamais crainte, ni jamais condamnée. Cependant l’homosexualité est toujours très présente même si elle n’est que sous-entendue.

    Le combat à la mort et à la vie de la foi puritaine contre le démon de la chair conduira notre étudiant jusqu’au bout de son fanatisme pour gagner, il l’espère, sa rédemption et garder la certitude de compter parmi ceux qui seront sauvés lors du jugement dernier.

    Un livre simple, clair, peut-être un peu trop démonstratif où la chair n’est pas assez rebelle même si c’est elle qui mène le drame et dénoue la tragédie. Peut-être plus un témoignage qu’une histoire car une histoire ne laisserait pas tant de place à la pudeur et à certaines absences par trop révélatrices. Mais aussi un bel exemple d’obscurantisme religieux.

     

    41PEA1ZZNTL._SL500_AA300_.jpgLes désarrois de l’élève Törless

    Robert Musil (1880 – 1942)

    «  Je ne veux pas faire comprendre, mais faire sentir » annonce Musil dans une lettre mise en préface dans l’édition que j’ai lue. Il veut nous faire sentir tout ce que ressent ce jeune aristocrate autrichien que ses parents place dans une école réservée aux fils de bonnes familles tout là-bas aux confins de l’Autriche, vers l’Est.

    Le jeune Törless débarque dans cette pension où il ne connait rien ni personne et doit faire le deuil de son passé, couper le cordon ombilical avec son pays, sa famille, son enfance et toutes les cajoleries dont il a été l’objet de la part d’un entourage aimant et attentionné. Il doit faire face à une nouvelle vie avec des amis dont beaucoup sont ses aînés, dans une forme de huis clos où il devra trouver sa place en s’affranchissant de son enfance. « Il voulait se débarrasser ainsi de son ancien bagage, comme s’il s’agissait maintenant de porter son attention, libre de toute gêne, sur les pas qui lui permettraient de progresser. » Je n’ai pu, à cet endroit du livre, éviter de penser à Julien Green et au héros de « Moïra » que j’ai lu récemment, qui doit lui aussi s’intégrer dans un monde universitaire qui lui est totalement étranger.

    Et, dans cet univers de jeunes mâles en pleine maturation, Törless découvre des notions et des sensations qui ne faisaient pas partie de sa vie antérieure, la sexualité, l’obscénité, le désir, la tentation, la culpabilité mais aussi la compétition, l’amitié, la tromperie, la trahison, … toutes notions qui contribuent à affirmer sa personnalité et sa place dans la meute où se manifeste un véritable attrait pour la virilité allant jusqu’à la brutalité et même jusqu’au sadisme.

    Ces rites initiatiques qui marquent le passage à l’âge adulte perturbent le jeune étudiant qui ne sait pas ce qu’il va devenir, comment il va le devenir et avec qui il va le devenir. Il a l’impression de ne pas comprendre ce qui lui arrive et de ne pas trouver d’explication aux mécanismes qui règlent la vie. Il manque de repères et s’interroge sur l’éducation qu’on lui prodigue. « De tout ce que nous faisons ici, toute la journée, qu’est-ce donc qui nous mène quelque part ? » Interrogation d’un adolescent qui mute vers l’âge adulte, mais aussi interrogation d’une génération qui a bien conscience d’appartenir à un monde en voie de disparition, à une civilisation qui s’éteint comme on peut le voir dans les œuvres de Schnitzler notamment. 

    Mais, le vrai sujet du roman, à mon sens, réside dans les interrogations de Törless sur l’origine de nos comportements et de ce fait sur ce qui gouverne les êtres et le monde plus généralement. Il ne sait pas interpréter ce qu’il ressent mais il sait que cela contribue à sa prise de conscience des phénomènes qui le dirigent. La sensualité qu’il ressent dans les contacts physiques lui apporte des certitudes que les mathématiques ne peuvent pas démontrer et que même les théories de Kant ne peuvent pas expliquer. « Il y avait des moments où il avait si vivement l’impression d’être une fille qu’il jugeait impossible que ce ne soit pas vrai. » Et, c’est là que siège son désarroi dans cette impression qu’il y a une source de certitude qui ne provient ni de la science, ni de la connaissance, ni de la raison mais d’un ailleurs qui pourrait-être l’âme.

    Alors dans son esprit germe une théorie qui mettrait en opposition un monde extérieur matériel et monde intérieur spirituel, le rationnel et l’irrationnel, la connaissance et le ressenti, l’acquis et l’inné, la raison et la croyance, la  science et la prescience. « Une grande découverte ne s’accomplit que pour une part dans la région éclairée de la conscience : pour l’autre part, elle s’opère dans le sombre humus intime, et elle est avant tout un état d’âme. » C’est la raison pour laquelle, il faut associer l’âme à la raison et ne pas oublier que des initiés, même si Musil n’emploie pas le terme, ont apporté beaucoup à la connaissance du monde et des hommes.

    Dans ce roman dont Musil dit que ses contemporains y on vu comme «l’affirmation d’une « génération » nouvelle ; une contribution essentielle au problème de  l’éducation ; enfin le coup d’essai d’un jeune écrivain dont on pouvait beaucoup attendre», moi, j’ai surtout senti cette explication essentielle sur la complémentarité entre la science et la prescience dans un texte un peu fin de siècle qui traîne encore quelques relents de romantisme. Le malaise, la nausée, l’écœurement font encore très jeunes filles qui défaillent bien que nous soyons au milieu de jeunes mâles en ébullition. Je reviendrai aussi sur les intentions de Musil qui prétend nous faire sentir plutôt que comprendre mais, pour ma part, je trouve que le roman est trop rationnel, trop cérébral, trop intellectuel, pas assez charnel, pas assez sensuel, pas assez sentimental, pour que l’objectif soit pleinement atteint.

    Et malgré tout, je trouve que la transgression comme rituel initiatique donne plus d’humanité à ce roman, « quelque chose en est resté à jamais : la petite dose de poison indispensable pour préserver l’âme d’une santé trop quiète et trop assurée et lui en donner une plus subtile, plus aigüe, plus compréhensive. »

    D.B.

  • L'écrivain précoce

    Il écrivit son premier poème à 3 ans, un conte à 5 ans et son premier roman à 7 ans. A 12 ans, il décrocha le Booker Prize et à 19 ans, le Nobel. Depuis, comme Rimbaud, il se fait oublier comme il peut.

     

  • Café littéraire à Charleroi avec Leonora Miano

    LALI-KF-f9b00.jpgVendredi 9 décembre de 17:30-19:00

    Verre de l'amitié à 20 h

     

    L’Afrique en livres a.s.b.l a le plaisir de vous inviter à son premier café littéraire.

    Lieu: Bibliothèque Marguerite Yourcenar

    Château Cartier – Marchienne au pont.

    Avec Léonora Miano, auteur de Ces âmes chagrines (Plon)


  • Création par les mots à LA BRAISE

    affiche-decembe-2011-la-Braise.jpgCarine-Laure DESGUIN, Jean-Marie FLEMAL, Sophie LEBEAU et David RANDOLET exposent à LA BRAISE ce week-end du 9 au 11 décembre 2012

    21, rue Zénobe Gramme à Charleroi

    Samedi de 14 à 18 h

    Dimanche de 10 à 14 h

    Entrée gratuite

    Vernissage:

    vendredi 9 décembre à 18 h

    (animation musicale + danse orientale)

  • Dernière minute: le prix Grain de sel a été attribué à ...

    Toujours plus fin: après le Rossel et le Gros Sel, voici le prix Grain de sel.

    Le prix Grain de Sel a été attribué à l'unanimité à La première pincée de cannelle de Philippe Poivre d'Arquennes (aux éditions de La Boîte à épices).


    Le prix Rossel revient à Geneviève Damas pour un premier roman: Si tu passes la rivière (éd. Luce Wilquin).

    Prix Rossel des Jeunes: La reine Alice de Lydia Flem (éd. du Seuil).

    Le prix du jury du prix Gros Sel est attribué à Serge Noël pour Exil de nos ivresses (éd. Maeltröm).

  • L'écrivain chanteur

     

    Cet écrivain chantait. Cela n’aurait rien eu de désagréable s’il s’était agi, comme pour beaucoup, de chansonnettes.  Non, il chantait ses romans dans des récitals interminables. Où, de plus, on devait l'écouter sur des chaises de bibliothèque au dossier dur comme un vieux livre, sans compter la poussière de papier qu’on respirait. En guise de tomates, l’assistance mécontente lui envoyait ses bouquins au visage. Je rigole : le public ravi l’écoutait à l’égal d’un André Rieu.

  • MIJN VADER IS GROOT ou Comment je suis devenu un con qui ne parle pas le néerlandais

    safe_image.php?d=AQAZLYADZgmWOoiJ&w=90&h=90&url=http%3A%2F%2Fcactusinebranlableeditions.e-monsite.com%2Fmedias%2Fimages%2Fcover-watrin.jpgLa préface à laquelle vous allez échapper...

    Juste pour dévoiler un peu du mystère qui plane autour de cet ouvrage...

    La Belgique en sursis, l’État belge appelé à disparaître, la nation à l’agonie, en voilà des thèmes à propos desquels bien des poignets déterminés se sont brisés sur le marbre noir des comptoirs de bistrot ! Nous vivons dans un pays qui est entré dans l’Histoire sans devoir baisser la tête  en empruntant le grand portail du ridicule. Nous sommes habitués à tout cela, nous les Belges, nous, les champions du monde du surréalisme, nous les stars du burlesque, nous qui sommes tellement accoutumés à être la cible des sarcasmes internationaux.

    Dans ce pays, on dira à l’écolier francophone qui fréquente une école néerlandophone qu’il deviendra un bon Belge. On insistera :« Un bon Belge, tu seras, m’fi. » On le félicitera, on l’encouragera… on le plaindra, aussi, mais silencieusement.

    Cela fait des années que le constat est lumineux ; les Flamands parlent tous le français, tandis que les Francophones sont réticents à apprendre le néerlandais. Pourtant, qu’est-ce qu’on nous en fait bouffer à l’école,  des cours de néerlandais. On en déguste pendant l’enseignement primaire, prolégomènes au matraquage du secondaire pendant lequel c’est à grande louche qu’on nous le sert. Ne parlons pas de la nouvelle mode ultra tendance : l’enseignement en immersion où l’on y plonge nos enfants en apnée.

    Dans ce livre où beaucoup vont se reconnaître, Dominique Watrin relate ces heures d’école passées (ou perdues) à tenter de maîtriser cette langue qu’il fallait absolument connaître. Pendant des années, il s’est courageusement attelé à intégrer les rots gutturaux de cet idiome dont certains disent qu’on l’aboie plus qu’on ne le parle, c’est pas moi qui l’affirme, c’est Jacques Brel. Et le constat est évident : de toutes ces heures passées à commenter la taille de son père, malgré l’expérimentation de toutes les pédagogies, il est resté un con qui ne parle pas le néerlandais. Pourtant il va bien, merci pour lui !

    Aujourd’hui, au-delà des politiques dont c’est le job, n’importe quel quidam est amené à s’exprimer sur la situation catastrophique de l’État belge. Les pongistes, les chanteurs de variété, les militants simplicitaires, les cruciverbistes, les plongeurs sous-marins et même les pataphysiciens.

    Reconnaissons que dans le lot, il y a peu d’analyses qui nous fassent rire.

    Dominique Watrin apporte sa contribution au débat en réfléchissant à un aspect fondamental : pourquoi, nous Francophones ne parvenons-nous pas à nous dépatouiller dans la plus simple des conversations avec un compatriote néerlandophone ?  

    Que ceux qui pensent que l’enseignement porte une légère responsabilité plongent sans attendre dans ce bouquin.

    Que ceux qui pensent que la Belgique est une erreur de l’histoire, que c’est un pays où cohabitent des cow-boys et des Indiens, c’est-à-dire deux communautés fondamentalement, culturellement, ataviquement différentes fassent de même.

    Jean-Philippe Querton

    Éditeur

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