• L'écrivain sous la neige

    L'écrivain sous la neige écrit avec des flocons et une ardoise. S'il est Sans papier.

  • L'écrivain en grève

    L’écrivain en grève interrompt sa tournée de dédicaces dans les hypermarchés et les galeries commerciales. Rebelle mais pas casse-cou au point de forcer un piquet de grève posté à l’entrée de ses lieux de travail. 

  • Les éditions GROS TEXTES ont 20 ANS!

    cairns-10.jpgEn tapant sur 

    http://grostextes.over-blog.com/

    vous aurez des infos sur Gros Textes qui a eu 20 ans au solstice d’hiver. Ça vaut bien deux chansons. Manu Galure et Léo Ferré


    L’hiver est proche de la lumière », c’est le magnifique titre de la parution du solstice d’hiver 2011 et dernier ouvrage de l’année, écrit par Denise Destin.


    Et puis nous passons en 2012.

    "Depuis le début de l’année est paru le numéro 10 de la revue Cairns qui colle au thème du printemps des poètes « Enfances ».


    On trouve également sur le blog des infos sur une publication fort originale de Morgan Riet (avec plein de dessins de Matt Mahlen).


    Un bouquin génialement déjanté d’Isabelle Pinçon « on passe à quelque chose » et une suite décoiffante de Vrac (ouvrage publié en 2010) par la truculente Sophie Braganti (« Trac » publié donc en 2012). Et c’est pas fini… Enfin si pour aujourd’hui.

    Braganti.jpgNon, j’ai retrouvé dans un carton quelques bouquins de l’immense Lawrence Ferlinghetti (bon si vous ne connaissez pas tapez son nom sur internet) « Un luna-park dans la tête » que nous avions publié à la fin du siècle dernier (même pas jaunis et tout fringants). Ils coûtaient 50 F (francs pour les jeunes). Si vous êtes passés à côté à l’époque, il est encore temps de se procurer ce petit chef d’œuvre. On les fait à 5 € (si vous ajoutez 1 € pour le port c’est sympa).


    Je viens aussi de refabriquer 100 exemplaires de « huit bouffées de sagesse papaoute », un petit bijou best-seller (à notre niveau) signé Karin Huet, ce petit précis pamphlet ethno imagino philosophico de bon sens qui m’a fait penser à Joseph Delteil quand je l’ai lu et décidé de le publier, coûte 8 €. Il est aussi présenté dans le publication 2010.


    Yves Artufel

    http://www.grostextes.com/



  • D'enfances de Philippe Leuckx

    Leuckx-D_enfance-couverture-fbb3e.jpgD'enfances de Philippe LEUCKX sera présent à la Foire du Livre de Bruxelles
    Exposant : Le Coudrier
    Stand : 114
    Date : samedi 3 mars 2012
    Heure de début : 13 h 30
    Heure de fin : 15 h 30
    Auteur(s) :
    Philippe LEUCKX
    Spécialités :
    Poésie
    Résumé de l'ouvrage :

    Les lèvres ici se font rives désertées pour dire le temps plus durable d’une enfance aussi buissonnière que protégée, son miracle d’insouciance, pour dire l’espace plus ouvert sur lequel s’agrandissent les bras. C’est là le trésor gardé du poète où s’ancre sa nostalgie, tirant à l’angoisse à mesure que s’amincit le temps à l’aune des présences. L’enfance est retrouvée pour être mieux perdue. Elle s’égrène dans le sillage de mots où le sillon se répète jusqu’aux rides, terre nue où le ciel vient battre de l’aile dans l’horizon qui reflue. Demeure l’enfance qui dans l’enfant se sépare, le grain levé des mots dans l’instance d’exister. Demeurent les hautes herbes pour qui sait moissonner le soleil à cœur battant. L’enfance est lourde d’un trésor qui pèse par sa légèreté même ; le bonheur est une tâche où l’adulte peine à l’égaler. Le poète lui tient parole à fleur de peau, quitte à s’écorcher. La tendresse est l’héritage dont il nous témoigne et gratifie, le pesant de rives où la rivière l’a porté avant de serpenter aux étoiles. L’enfance est donnée au poète ; il nous la restitue au bénéfice du chant. J-M Aubevert

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    D'autres ouvrages des éditions LE COUDRIER seront aussi présentés le 3 mars après-midi:


     

     


    L'amour en lettre capitale de Pascal FEYAERTS, Véronique LAURENT et Fred VAN CAMPENHOUT

     

     

     

     

    Les jalousies d'Aphrodite d'Isabelle BIELEKI et Michèle GROSJEAN

     

     

     

     

    Femme abyssale d'Anne-Marie DERESE et Sonia PRÉAT

     

     

     

     

    De lanterne et d'améthyste de Jean-Marie et Joëlle AUBEVERT

     

     

     

     

     

    Impressions new-yorkaises d'Emmanuelle MENARD
     
    LE COUDRIER
    Grand Place, 24 - 1435 Mont Saint-Guibert, Belgique
    Tél.: 0032 10 65 72 83
    email: lecoudrier: lecoudrier2005@scarlet.be
     

  • VU AU CINE DE MA RUE: DEUX SICA POUR LE GAMIN AU VELO OU LA FIGURE DU DOUBLE

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    par Philippe LEUCKX, samedi 10 décembre 2011

    La figure du double - les frères Luc et Jean-Pierre, les deux personnages principaux la belle Samantha coiffeuse de son état et le jeune Cyril toujours près de fuir, le chaud et le froid, le bien, le mal, l'intérieur, l'extérieur, les deux roues de la bicyclette - eh!oui -, inonde ce film, plus serein, non d'y être filmé - un Seraing ténébreux, entre feuillages, avenues, salon de coiffure et appartement confinés, dans un éclairage caravagesque, mais parce que la fin s'ouvre, comme une éclaircie soudain balaie la tempête, l'orage d'été...

    images?q=tbn:ANd9GcSmnWVqi9mwd3hmPQ1Wx5CoiX1bn5lRSE0ykjBbj8w52l0Ki0O8Eh! oui, il y a plus de calme dans cette intranquillité gémellaire, que ces deux-là transmuent en réflexion. Sinon, l'intrigue, presque squelettique - un ado en accueil a les jambes fugueuses et donne bien du fil à retordre à l'accueillante coiffeuse - Cécile de France -, serait de peu. Il y a autre chose : ce travail sur le menu, l'infime. Un regard au travers d'une vitre. Un escalier foireux. Un arbre à cause de quoi on chute.

    Les choses vont mal et finalement s'arrangent : suffit-il d'user d'un vélo, de le redoubler et voilà nos deux personnages en piquenique au bord de la Meuse, dans une lumière digne du Miller de "L'effrontée"...Les réalités peuvent changer et nous, spectateurs, nous en gardons les avatars, comme preuves du réel soumis à nos rétines.

    Les frères créent, certes, mais à la lumière des autres.

    Aussi les réminiscences (Miller, De Sica - le plan final du petit Moret sur son vélo retournant chez la coiffeuse, après avoir été rossé , est la reprise à l'identique d'un plan du Voleur de bicyclette, juste après la scène du mur ensoleillé!) inscrivent-elles l'oeuvre dans la droiture morale d'une réflexion tout à la fois éthique (ni blanc ni noir ni bien ni mal...) et esthétique (le soleil parfois prend le dessus sur la lumière ombrageuse, inquiétante).

    Oeuvre des complicités : on retrouve dans de petits rôles les Gourmet, Rongione et autres Rénier, habituels serviteurs du cinéma social des Dardenne.

    En fidèles analystes des cinéastes qui ont compté, les frères tissent ici toute une philosophie de l'argent destructeur : message doublement pasolinien ou bologninien que "Les garçons" ou "Accatone" jadis ont exprimé en s'en défiant.

    On peut en juger : le néo-réalisme fait encore des petits (sans jeu de mots!), dans la justesse d'une perception d'un milieu (ah! ces achélèmes sérésiens font bien penser à leurs pairs romains!), dans celle d'une lumière qui donne de la réalité une mesure morale, non moralisatrice.

    Figure double, nouvelle? Non, elle faisait partie prenante des autres réalisations : autour des thèmes de la filiation et de la relation (Rosetta et sa mère - Le fils et le professeur - L'enfant d'un couple - La Lorna manipulée par l'autre -....).

    Du bien beau travail de mise en scène , dont on retiendra la pression d'une approche des corps, filmés en lutte; le besoin de camoufler l'enfant effronté derrière le buisson de la nature; la séquence étonnante où Cyril partage pour le meilleur et pour le pire quelques moments avec un présumé dealer, dans un appartement coincé entre la mère grabataire et la chambre; et tant d'autres moments d'intensité. Ainsi, pour dernier exemple, le "mur entre les personnes" (Souchon), entre un père cuisinier et son Cyril de fils, et ce mur que l'ado a si souvent sauté... Hautement symbolique!

    C'est tout un art que de piéger la vie et de s'en remettre au flux de la pellicule pour un dosage subtil , entre constat et espérance!

    CHAPEAU DOUBLE!

    LE GAMIN AU VELO, Belgique, 2011, 1h27.

     

  • Cet écrivain pommé

    Cet écrivain pommé, poiré, pêché, prunié, pistaché, pamplemoussé, orangé, fraisé, raisiné, figué, datté, tomaté et, même, cerisé sur le gâteau, trouvait l’inspiration sous un arbre. Ses histoires infinitésimales de fruits qui s’attirent, se repoussent à coups d’ellipses, d'équations différentielles, de paraboles de pépins, de grandes trajectoires se résorbant en queue de comète firent les choux gras des grosses légumes de l’édition internationale. Il reçut le Nobel de l’agriculture en même temps qu’une pierre sur le caillou qui lui fit sur le cuir littéraire un trou grand comme un cratère de plume.

  • Les livres pour rire

    Chaque année, après les prix, cet écrivain réputé sort son bêtisier. Les phrases où il s’est planté, les passages ratés, les bredouillements et les invraisemblances. Cela fait beaucoup se marrer ses collègues de l’académie Machin et ses lecteurs. On se répéte les chutes en boucle pendant les pauses autour la machine à écrire dans les creative writing classes et les fabriques à textes, sur les forums Lis et terre-toi et tous les réseaux paralittéraires. Des mauvaises langues  disent ne pas constater de différences entre ses livres sérieux et ses livres pour rire.

     

  • Moreau-Mastroiani par Antonioni et Angelopoulos

    La scène finale de La Notte (1960) d'Antonioni quand la femme jouée par Moreau lit une lettre ancienne de l'homme joué par Mastroiani dont il ne se rappelle pas...

    Trois minutes de Théo Angelopoulos, en mémoire de Marcello Mastroiani (2007)

  • UNE BRÈVE HISTOIRE DU ROMAN MACHINAL

    typewriter-585000_960_720.jpgLe souci d’écrire au moyen d'une machine ne date pas d’aujourd’hui. Nous passerons sur les tentatives manquées d’Homère d’utiliser un boulier lettreur ou de Cervantès d’user d'une  corne de taureau emmanchée dans un carré de voile pour faire avancer son Don Quichotte pour nous arrêter au jour du 7 avril de l’an de grâce 1832, quand Charles-François Marie de Lemartin, auteur de nouvelles, met au point une machine à vapeur et à roues dentées qui génère du roman.

    Grâce à son invention, Charles-François Marie entrera à la fois à l’Académie française et à l’Académie des sciences. La machine, qui occupait beaucoup de place et employait beaucoup d’eau, ne pouvait être transportée, si bien qu’aucun écrivain voyageur ne put l’utiliser sans être trempé jusqu’aux os. Il fallut attendre fin 1883 le scripteur à piles sèches portable pour permettre des déplacements sur une distance de plus de 800 mètres.  L' innovation était principalement réservée aux écrivains fantassins (et un peu fantaisistes) les plus musclés (la machine pesait quand même 13, 6 kg et l’écrivain, même voyageur, est souvent de constitution fragile). Elle présentait régulièrement des ratés et nombre de romans machinaux sont restés incomplets, ce qui ne les distingue pas toujours des romans-feuilletons de la même époque.

    Durant l’automne 1854 particulièrement pluvieux, Claude-François Marie de Lemartin, le fils du précédent, met à profit le temps pourri pour perfectionner la machine de son père et l’appella le romanomètre. Il utilisera des cartes perforées et la notation binaire, restée en l’état sur plus de trente pages (ce qui rend la lecture difficile aux non initiés) de son fameux roman, L’homme duel et la femme à la lame. Il sera aussi le premier à utiliser l’électricité en ligne dont il fait un mauvais usage et qui sera à l'origine (par un excès d’humidité) de son décès prématuré à l’âge de 39 ans.

    Nous passerons sur les machines nucléaires de Breton & Curie qui fournirent des romans atomisés, invisibles à l’œil nu même des critiques les plus en vue. Les avancées les plus significatives se produiront à l’ère numérique avec des logiciels adaptés et un langage assembleur spécifique qui produiront des résultats satisfaisants, en tout cas de la plus value chez les éditeurs. La plupart des best sellers de ce début du XXIème siècle sont toujours fabriqués, à quelques variantes près, avec ces programmes.

    Signalons enfin, pour être aussi complet qu’on peut l'être dans une note aussi brève, que les Zoulipares forment une secte de tendance pythagoricienne qui se réclame de Raymond Quenouille, l'initiateur du mouvement, dont les membres, mathématophiles suivis par des psys, ne sont pas dangereux pour le milieu littéraire en place, complotent toujours afin de concurrencer le roman machinal par des moyens manuels. Jusqu’ici aucun d'entre eux n’a réussi à égaler sur un plan commercial les romans des meilleurs écrivains mécanisés. Il est à noter qu'un générateur à poèmes a été inventé dès l’été 1887 par le fils caché de Victor Hugo et de Georges Sand dont le procédé, breveté par l'Internationale des Poètes Industrieux, permet aujourd'hui encore la fabrication, sans la moindre dépense d’énergie créatrice, de poèmes de belle facture pour remporter tous les concours de poésie de par le monde.

    E.A.

  • La poésie de Luc-André Rey

    L’appel du poème est rarement contraignant. Le plus souvent discret, ne dirait-on pas que son premier désir est qu’on veuille bien, tout d’abord, écouter.  

    Andrée Chédid

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    elle ne peut vivre que son trapèze
    les pieds au sol
    elle disparaît

    je ne peux vivre qu’où la terre
    où elle m’effleure
    je disparais

    et là, où nous disparaissons
    nous nous aimons
    nous devenons

    cet arc-en-ciel où l’éphémère
    de nos larmes
    et de nos frissons

    elle ne peut vivre
    je ne peux vivre
    qu’où l’aube évite ce qu’elle est jour


    * * *

    il s’élève de l’absence
    l’absence où nous tentons le recouvrir de chair

    mais de chair
    il n’a pas
    que la nôtre, parfois
    où nous osons
    le ciel
    l’unique chair possible

    et là
    où nous osons
    l’absence
    et dans l’absence

    quelque chose où la mort est un mot inconnu 


    * * * 

    il suffit d’un sourire
    il suffit d’un regard
    d’une main qui se tend
    d’un petit mot murmuré

    mais voilà
    plus le temps

    plus le temps entre nous d’un peu d’éternité

    - nos villes, entres rêves et cannibalisme 


    * * *

    j’oublie les visages
    me reste
    quelque chose
    vos visages
    de cela
    qu’inventent nos visages lorsqu’ils s’osent sourires

    de cela
    qui nous invente visages


    * * * 

    dire,
    et aussitôt se taire

    la parole est une île ouverte à l’océan



    Luc-André Rey

    est né en 1960 à Lausanne. 

    La rue la vérité le vent (éd. Maelström):

    http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=143&FamigliaID=0

    Site consacré à Antonio Porchia

    http://www.antonio-porchia.net/

    Page Facebook

    http://fr-fr.facebook.com/lucandre.rey

    ----------------------------------------------------------------------

    Un nouveau site: 10 OOO poèmes

    http://www.10000-poemes.ch/

    "ce site ?

    un pari
    entre moi et moi
    moi qui écrit et moi qui n'écrit pas

    laisser sur le web, un site, 10'000 poèmes

    laisser
    et m'en aller

    effleurer quelques fleurs qui poussent là où nos cœurs ne savent pas encore ce qu'elles nous sont étoiles

    Vous ne trouverez pas les textes tout bien organisés.

    Par périodes, par thèmes.

    Une page
    Une seule page où tous vous sont offerts au gré de vos visites.

    10'000 textes une page
    une page 10'000 textes"

    Luc André Rey

     


  • Faites vos jeux!

    Faites vos jeux

    par Denis Billamboz

    images?q=tbn:ANd9GcTYoFvu79c_eePKLF4eGg6_gJ7RLEFmuOeHUv4GO2dlCHgAxx5VQuand j’ai lu « Le joueur d’échec », il y a quelques mois, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec « Le joueur » et même s’il y a très peu de points communs entre les deux œuvres, je n’ai pas pu résister au plaisir de vous proposer ces deux textes dans une lecture parallèle. Vous ne le répéterez pas mais j’ai un faible pour l’écriture de Zweig que j’admire particulièrement et que je place très haut dans mon panthéon littéraire même si je ne l’ai pas suffisamment lu pour en parler savamment. Bien sûr, Dostoievski est lui aussi très bien installé dans mon panthéon littéraire mais je n’ai pas encore pris le temps de lire ses grandes œuvres pour le situer à sa juste place, ce qui me contrarie fort. Je me suis contenté de quelques œuvres, non pas mineures, plutôt courtes qui ont suffi à nourrir mon admiration. Malgré mes lacunes, c’est un grand plaisir pour moi de faire figurer ces deux monstres sacrés de la littérature dans cette publication que je livre à votre plaisir, j’en suis sûr !

     

    images?q=tbn:ANd9GcQPovix_C-pzv7iqgB0IAsikADX-0TDWq2ChZcZIVwCjw3EbrzxLe joueur

    Fiodor Dostoievski (1821 – 1881)

    « Ce qu’il y a de sûr, c’est… qu’en un seul tour de roue tout peut changer. » Alexis Ivanovitch, amoureux éperdu de Pauline qui joue avec lui comme le chat avec la souris, en est persuadé et il confie à la fortune de la roulette le soin de déterminer le sort de sa vie. Cette roulette qui est au centre de ce roman, rythme la vie des riches curistes qui fréquentent cette station balnéaire allemande pour chercher la fortune sous diverses formes : héritage, bon parti, argent gagné au jeu, usure, arnaque et même vol, mais elle symbolise aussi la chance, le sort, le risque et la vie qu’il faut provoquer.

    Dostoïevski plonge cette société délétère qui est à la fin son cycle de vie, dans un monde qu’il connaît bien pour l’avoir fréquenté avec une assiduité quelque peu coupable et préjudiciable à ses intérêts. Il confesse l’enfer du jeu « et pourtant avec quelle émotion, quel serrement de cœur je prête l’oreille aux annonces du croupier… ». Le jeu n’est pas seulement la roulette, mais la vie qui tourne et qui donne le sens à notre existence. La vie qu’il faut provoquer car toujours la pente on peut remonter, «j’avais obtenu cela en risquant plus que ma vie, j’avais osé prendre un risque et… je me trouvais de nouveau au nombre des hommes ! »

    Dans ce roman court, linéaire et fluide, Dostoievski fait preuve d’une grande maturité littéraire en dressant des personnages dont il croque le physique avec une grande justesse et une grande finesse et dont il analyse le profil psychologique et moral avec beaucoup d’acuité. Mais aussi, il manipule avec une grande maîtrise la mécanique qui met en rapport tous ces personnages (dont un Des Grieux qui n’aurait pas séduit Manon Lescaut, à coup sur !) qui soumettent leur existence à  la roulette de la fortune.


    images?q=tbn:ANd9GcQuVY6MBEjP2ctspPZB-BeG0kLt3iR2NVmpsmNtMY-033I8x_I4vgLe joueur d’échecs

    Stefan Zweig (1881 – 1942)

    Même si ce livre a été commenté, analysé, décortiqué, critiqué des milliers de fois, je voudrais, moi aussi, avec toute la modestie possible, apporter mon regard sur ce texte dans les limites de mes moyens que je ressens particulièrement devant ce véritable monument littéraire.

    Tout le monde connait l’intrigue, l’histoire de ces deux joueurs d’échecs tout aussi doués l’un que l’autre mais formés à des écoles bien différentes, l’un possédant un talent inné, fondé sur une logique implacable, développée à l’aide de quelques maîtres locaux, l’autre ayant appris ce jeu pour ne pas sombrer dans la folie lors de sa détention par les nazis. Et, ces deux joueurs talentueux, l’un champion du monde, l’autre ne pratiquant plus, vont se retrouver par le plus parfait des hasards sur un bateau naviguant de New York à Buenos Aires, et devoir s’affronter en une joute titanesque avec  trente-deux pièces sur un damier de soixante-quatre cases. L’issue du combat importe peu, ce qui a retenu toute mon attention, lors de cette lecture, c’est cette dualité permanente qui habite le récit.

    Cette dualité qui se matérialise dans les duels qui opposent les deux champions mais aussi le détenu à ses geôliers, et le détenu à lui-même quand il joue seul dans sa geôle ; dualité qui s’affiche également dans le dédoublement de personnalité du détenu dans ce jeu contre lui-même - « Mon atroce situation m’obligeait à tenter ce dédoublement de mon esprit entre un moi blanc et un moi noir, si je ne voulais pas être écrasé par le néant horrible qui me cernait de toutes parts. » - ; dualité également entre le champion fruste et rustre et l’inconnu cultivé et intelligent, entre la logique implacable et le talent passionnel, et entre le bien et le mal, et peut-être … entre le moi autrichien humaniste et le moi membre d’une nation sanguinaire et inacceptable.

    J’ai placé cette dualité freudienne au cœur de mon commentaire comme, il me semble, Zweig l’a placée au centre de sa nouvelle mais évidemment la lecture dévoile bien d‘autres thèmes, la possibilité de lutter et de triompher du nazisme même si, lui, a personnellement plutôt fui devant le problème, la dissociation entre logique et intelligence, la construction de l’être à travers ses expériences, le triomphe de l’humanisme sur la mécanique même quand elle détient la puissance, … Et tous ces thèmes réunis dans ce livre court, écrit peu avant que l’auteur se donne la mort, constituent, il  me semble, une forme de bilan, presque un testament, en tout cas un constat qui ne serait peut-être pas étranger à la fin que Zweig a finalement choisi de mettre à sa vie.

    Le contenu envoûte certes mais la forme contribue grandement à cet envoûtement dans lequel cette nouvelle enferme le lecteur. En effet, dans son style remarquable de fluidité et d’élégance construit avec une écriture d’une grande justesse, Zweig propose un texte qui déroute un peu avant de séduire, de ravir et même d’extasier. L’histoire qui apparait d’abord banale, s’encombre bientôt d’un récit plein de violence qui semble s’inviter subrepticement et qui, brusquement semble devenir le cœur de la nouvelle, mais n’en est finalement qu’un morceau car ce texte est un tout habilement construit pour amener le lecteur au centre de tous ces duels, au cœur de cette schizophrénie incurable qui concerne l’humanité toute entière et qui la conduira au drame, au malheur, … au suicide.

    « Aucune diversion ne s’offrant, excepté ce jeu absurde contre moi-même, ma rage et mon désir de vengeance s’y déversèrent furieusement. »

    D.B.

  • Viktoria Mullova, La Paysanne

    "Viktoria Mullova, née à Moscou, est peut-être la seule violoniste d’envergure internationale à oser s’essayer de manière si totale à tous les répertoires, avec une curiosité sans cesse renouvelée. Jouant tour à tour sur instrument baroque ou moderne, elle s'est déjà illustrée dans des répertoires aussi variés que ceux de Bach, Beethoven, Bartók ou des musiques tziganes.

    Le récent album de la violoniste The Peasant Girl (paru chez Onyx) célèbre cette culture du crossover, et grâce à la participation de musiciens d'autres horizons, aborde l'œuvre de deux grands compositeurs hongrois (Kodaly et Bartók), de la musique tzigane, de Django Rheinhardt immortalisé par la ballade de John Lewis, des standards du jazz arrangés par Matthew Barley, de la musique du groupe Weather Report...

    À la question : « Pourquoi The Peasant Girl ? », Viktoria Mullova a répondu à Diapason : « Il fallait trouver un titre : avec des amis, nous avons bien ri en constatant que, même si j'interprète régulièrement Beethoven, Brahms et Mendelssohn, au fond je suis une paysanne. Ma grand-mère ukrainienne ne savait ni lire ni écrire. » Avec le Matthew Barley Ensemble, Viktoria Mullovan nous propose en direct un programme éclectique déjà acclamé sur les grandes scènes internationales, avec des arrangements de Matthew Barley !" Medici.tv

    Django de John Lewis (Live at the Bimhuis, Amsterdam) 

     Pursuit of the woman with the feathered hat de Weather Report

     

    1er mouvement du duo pour violoncelle et violon de Kodaly

    Enregistrement du cd The Peasant Girl, au studio Abbey Road

     http://www.youtube.com/watch?v=CDdwSqtfBlQ&feature=related



  • Moldavie, le pays des lectrices sexy

    Sur son blog, Journal d'un écrivainhttp://www.marclefrancois.net/article-moldavie-le-pays-des-lectrices-sexy-97250541.html

    Marc Lefrançois nous apprend l'existence de Je lis donc je suis sexy en ces termes:

    Alors qu’en France, pas grand chose ne semble être fait pour donner envie aux gens de se remettre à la lecture, on ne peut qu’apprécier cette astucieuse initiative de deux jeunes et séduisantes Moldaves, Sandra Cojocaru et Ionela Costachi, pour promouvoir la lecture dans leur pays.

    Elles ont donc commencé par créer une page Facebook avec un slogan qui ne peut laisser indifférent aucun roumanophone : « Citesc, deci sunt sexy ! »

    Je lis, donc je suis sexy !

    « En opposition à la perception générale, la lecture n’est pas quelque chose de honteux et lire dans un endroit public est tout à fait normal. Il est temps de changer le comportement des jeunes qui n’apprécient pas la lecture en leur montrant l’exemple. En réunissant nos forces, nous pourrons faire progresser notre société. »

    Ces deux sympathiques lectrices s’efforcent donc de faire quelque peu changer les mentalités. Après avoir lancé leur campagne officielle dans une librairie de Chisinau (la capitale, prononcez « kichinaou »), elles ont organisé plusieurs Flash-mobs qui ont mobilisé plusieurs centaines de personnes et continuent à faire partager leur passion à travers différents médias.

    Une très belle initiative qui ne peut que me toucher et me réjouir, puisque je vais probablement passer une partie de mes vacances dans ce beau pays ! Je pourrais peut-être alors y lancer mon propre mouvement : Scriu, deci sunt sexy ! M.L.

    Le blog:

    http://citescsuntsexy.blogspot.com/

    La page Facebook:

    http://www.facebook.com/groups/128949540449372/


  • La Roumanie Mythes et identités

    1couv_roumanie2.jpgEntre l'essai et le document, privilégiant une approche pluridisciplinaire (ethnologie, folklore, histoire et géographie), cet ouvrage entend décrypter les spécificités religieuses et culturelles des pays roumains et de la Transylvanie en particulier. 
    Des villes ultra-modernes de la Roumanie contemporaine au village traditionnel, que reste-t-il des mythes fondateurs de l'identité roumaine ?
    En abordant notamment le thème de la relation ville-campagne, celui de la perception de la mort chez les Roumains et les figures qui hantent leur représentation de l'au-delà, en convoquant les grandes figures de l'histoire roumaine (Dracula, Ceausescu), c'est toute l'âme roumaine qui se dévoile pudiquement ici.
    Aujourd'hui encore, une grande partie du peuple roumain, à travers ses traditions, ses croyances, ses rites funéraires (que nous aurions tort de réduire à des arriérations ou à des anachronismes), résiste à l'avancée inéluctable d'une modernité drainant avec elle son matérialisme froid.
    Ce livre s'adresse assurément à ceux qui n'ont toujours pas cédé au cynisme et à cette volonté de désenchanter le monde.

    ISBN : 978-2-84924-258-2 -14 x 21 cm - 192 pages - 19,00 €

    http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-roumanie-mythes-identites.html

  • Musique tzigane= Taraf de Haidouks, Bireli Lagrene...

    Taraf de Haidouks + Kocani Orkestar Band

    Didier Lockwood + Bireli Lagrene.... filmés par Tony Gatlif

  • TSIGANES, ROMS, GITANS, GENS DU VOYAGE… ENTRE MYTHES ET RÉALITÉS

    Vagabonds, voleurs de poules ou d’enfants, diseuses de bonne aventure, mendiants effrontés, rois de la débrouille, gitanes lascives, musiciens virtuoses, derniers êtres humains libres comme le vent, seul peuple qui n’ait jamais fait la guerre… Ces stéréotypes qui ont la vie dure s’appliquent indifféremment aux Tsiganes, Roms, Gitans, Manouches et Gens du voyage, alors qu’il s’agit de groupes humains qui ont des histoires et des cultures bien différentes.… La stigmatisation dont tous sont l’objet a permis à Nicolas Sarkozy, à l’été 2010, d’expulser de France dans une violence extrême des Roms et des Gens du voyage, non seulement dans le non-respect des droits humains élémentaires mais en contradiction avec les législations nationales et internationales. Car les Roms en question étaient pour la plupart ressortissants de pays européens et auraient dû comme tels bénéficier d’une liberté de mouvement identique à celle de tout citoyen européen en Europe. Quant aux Gens du voyage, ils étaient tout simplement français et auraient dû dès lors jouir des mêmes droits que tout citoyen sédentaire de la République. A peu près à la même période, en Belgique, la Commune de Dour adoptait une politique tout aussi discriminatoire. Alors que des dizaines de milliers d’amateurs de musiques rock venaient de démonter leurs tentes et d’abandonner leurs déchets sur les hectares consacrés au Festival, l’annonce de l’arrivée de quelques caravanes suscitait une réaction radicale de la part des autorités publiques : nos terrains communaux ne sont pas équipés pour accueillir dignement les voyageurs itinérants. L’envie nous a pris de comprendre : car si la misère, la discrimination et la mise au ban de la société ne sont pas l’apanage des Roms et des Gitans, le rejet et les préjugés à leur égard se concrétisent souvent avec une intensité haineuse particulière. Pourquoi cette haine ? De quelles constructions idéologiques est-elle le fruit ? D’où vient cette confusion entre Roms et Gens du voyage, ces amalgames aux conséquences néfastes pour tous, sédentaires, Voyageurs et nomades malgré eux ?

    Voilà pourquoi la Maison du Livre a senti la nécessité de mettre sur pied, en partenariat avec de nombreuses associations, un événement multidisciplinaire consacré aux représentations — essentiellement littéraires et picturales — des Tsiganes, Roms, Gitans et Gens du voyage, ainsi qu’aux stéréotypes et aux discriminations dont ils sont victimes. Dans ce voyage exploratoire entre mythes et réalités, nous avons voulu montrer la diversité de ces peuples qui font partie intégrante de notre histoire depuis des siècles, de même que la richesse de leurs cultures.

    Joëlle Baumerder

    Voir le programme complet du 19 janvier au 31 mars 2012

    http://www.lamaisondulivre.be/spip.php?article57

    La Maison du Livre rue de Rome 28 à 1060 Bruxelles

    Tél.  : 02 / 543.12.20 - Fax  : 02 / 543.12.30 - Mail  : info(at)lamaisondulivre.be 

  • Penser maillée de Murièle Modély

    D1couv_modely.jpgans le foisonnement ou le manque, dans la mémoire qui file, dans l'île qui se dérobe, la langue explore, fouaille, cherche l'identité métissée…
    Comment remplir les blancs, combler le noir ?

    Tu t'épelles comme la première lettre
    Tu bazardes en morceaux ton corps par la fenêtre
    Tu recrées l'alphabet sur l'arête du ciel
    […]
    Voilà mis
    Bout à bout
    Des pores, des pigments
    Voilà dans le karaï
    Tes épices fragments


    Comment penser le mot, mailler le mot, tous les mots...

    ISBN : 978-2-84924-263-6

    13 x 20 cm

     88 pages

     12,00 €

    Murièle MODÉLY est née à Saint-Denis, île de la Réunion. Installée à Toulouse depuis une vingtaine d'années, elle écrit depuis toujours, essentiellement de la poésie. Elle présente un penchant fort pour les regards de côté, elle cherche encore et toujours la mer, elle guette sous la lettre le noir / le blanc... Elle a participé par ailleurs à des revues poétiques ou sites : Nouveaux Délits, Microbe, Traction Brabant, L'Autobus, FPDV, etc.

    editions-du-cygne-muriele-modely.html

  • Concours Bret Easton Ellis

    9782264010957.JPG"CONCOURS Bret Easton ELLIS, c'est parti!
    Vous avez jusqu'à lundi matin pour poster ici même [sur la page Facebook des éditions, voir le lien ci-dessous], en commentaire, votre citation préférée extraite d'un des livres de l'auteur. 4 d'entre vous pourront remporter "Moins que zéro" et "Suites impériales" dans leur nouvelle édition!
    Pour cela, il faudra que votre citation soit parmi les + "aimées" donc n'hésitez pas à faire appel à vos amis! Et n'oubliez pas de remplir le formulaire d'inscription (bouton "concours" dans la colonne de gauche de notre page) pour valider votre participation.

    Si vous n'avez pas de citation à proposer, Vous pouvez simplement "aimer" votre extrait favori parmi ceux postés ici puis inscrire vos coordonnées dans le formulaire "concours". Nous tirerons au sort l'un des votants qui pourra également remporter le lot des 2 titres!

    C'est le moment de replonger dans l’œuvre de BEE! Bonne chance à toutes et tous!"

    La page Facebook des éditions 10/18

    http://www.facebook.com/pages/Editions-10-18/156764574341459

    Le site des éditions 10/18

    http://www.10-18.fr/site/bret_easton_ellis_auteur_culte_&401&50.html

  • Moins que zéro [Plus froid que Brr...et Glaçon Ellis !]

    Cet auteur n’écrivait génialement qu’au-dessous de zéro degré centigrade. Tout le travail de son éditeur consistait à le maintenir sous ce seuil de température. Le coût dépensé en frigidaires dernière génération avec bureau et pc assortis pesait aussi lourd dans son budget dépenses que le poste d’achat de foie de morue. Par mimétisme avec son auteur fétiche, on ne voyait jamais l’éditeur autrement qu’emmitouflé comme un explorateur des pôles, si bien que beaucoup le prenaient davantage pour un moniteur de ski que pour un commerçant en livres. En cas de remontée soudaine du thermomètre, il n’était pas rare que l’éditeur doive recourir pour son poulain à l’emploi d’antigel sous la forme d’alcool blanc. Mais tout roula sur des patins  pendant cinq livres bien frappés. Après quoi notre auteur, quoique fréquentant, sur l’avis de son conseiller en glaciation, des escort girls inuites prit goût de plus en plus à toutes les formes de chaleur. Si son sang bouillait davantage, la qualité littéraire de ses productions, elle, gela bien vite et l’éditeur vit le chiffre de ses ventes dégringoler. Depuis, notre auteur vit très modestement des quelques rééditions de ses chefs d’œuvre sur une île du Pacifique avec deux vahinés qui posent pour un peintre local d’inspiration gaughienne. Quant à l’éditeur déconfit, on raconte qu’il s’est reconverti avec fruit - glacé - dans le trafic de surgelés.   


  • Dominique Watrin à 50 degrés Nord

    1045465446.jpgC'était jeudi 12 janvier, Dominique Watrin était l'invité de l'émission d'ARTE-Belgique, en compagnie de Guy Gilbert.

    Il a eu l'occasion de bien parler de son livre, MIJN VADER IS GROOT, qui pointe un fait de société belgo-belge mais, au-delà, il pose la question de l'apprentissage des langues modernes. Même si, avant tout, c'est un livre d'humour et de nostalgie.

    On peut revoir l'émission (D.W est le premier invité):

    http://www.rtbf.be/laune/programme-tv/detail_cinquante-degres-nord?uid=98595051668&idshedule=fc781eded6ffb829555cd8ac2eacfd21

    Commander sur le site de Cactus Inébranlable éditions:

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

    En vente avec les deux autres livres du catalogue:

    LA SAGA MAIGROS d'Éric DEJAEGER

    Les 100 aventures du flic le plus nul de Charleroi, donc de l'histoire du polar. Du jamais lu!

    DES CAPITEUSES PENSÉES de Jean-Philippe QUERTON

    Des centaines d'aphorismes piquants d'un maître du genre.

    La Louvière:  L'Écrivain Public, rue de Brouckère 45

    Ath: Librairie Littérath, grand-place  

    Mons:  Libraire Scientia, passage du Centre 9

    Tournai:  Librairie Decallone, grand-place 18 et Médialivres, rue du Cygne 19

     Ellezelles: Librairie des Collines, rue d'Audenarde

     Écaussinnes: Librairie Le Kiosque (Chez Maurice), rue Maurice Canon

     Namur: Librairie Agora, rue Cuvelier 55-57 et à la librairie "Point Virgule", rue Lelièvre, 1

     Charleroi: Librairie Molière, boulevard Tirou, 68

     Binche: Librairie de la Reine, grand-place, 9

      Wavre: Librairie Calligrammes, rue Charles Sambon, 7

    Liège: Théma Librairie, route du Condroz, 48 (Boncelles) et Librairie Pax, place Cockerill, 4

    Bastogne: Librairie Croisy, rue du Sablon, 131

     

  • Bientôt les jonquilles de Marcelle PÂQUES

    Le premier recueil de poésie de Marcelle PÂQUES est paru chez Chloé des Lys

    "C'est un recueil de poésie, le titre, "Bientôt les jonquilles".

    Une quête, un parcours parfois hors des sentiers battus, de la légèreté avec un brin d'humour." M.P.

    Lire l'interview de Marcelle Pâques:

    http://www.bandbsa.be/contes/interview/paques-interview.htm

    Son blog:

    http://marcellepaques.skynetblogs.be/archive/2012/01/index.html

    Pour commander:

    http://www.editionschloedeslys.be/livres.html

    3368653767.jpg

  • MICROBE: La revue que vous sucez jusqu'à l'arête!

    3582279484.jpg

    Microbe, le meilleur du texte court, et moins cher qu'un médicament!

    Microbe n°69 est paru! 

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    Au sommaire:

    Stéphane BERNARD - Georges CATHALO - Jean-Marc COUVÉ - Hélène DASSAVRAY - Georges ELLIAUTOU - Pascal FEYAERTS - Georges FRIEDENKRAFT - Pascal MAGEREN - David MARSAC - Murièle MODÉLY - Jany PINEAU - Alain SAGAULT - Pierre SOLETTI - Didier TRUMEAU et Jasmine VIGUIER. Les illustrations sont de Gabrielle PLUET.

    Les abonnés "+" reçoivent égalent le 32ème Mi(ni)crobe signé Cathy GARCIA: PURGATOIRE DU QUOTIDIEN.

    Pour vous abonner (ou demander à lire un numéro), contacter Éric DEJAEGER via son blog:

    http://courttoujours.hautetfort.com/  

  • l'orage l'au revoir

    Un texte de moi sur Aloys

    http://www.aloys.me/

    Merci à Christine Brunet,

    et à Carine-Laure Desguin.

  • Toutes les interviews Livres & vous

    Retrouvez les 10 première interviews Livres & vous

    1. Philippe LEUCKX

    2. Daniel CHARNEUX

    3. Éric DEJAEGER

    4. Nathalie Erica COUSIN

    5. Jean-Philippe QUERTON

    6. Géraldine MULLER

    7. Pierre TREFOIS

    8. Carine-Laure DESGUIN

    9. Virginie HOLAIND

    10. Denis BILLAMBOZ

     http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/livres-vous/

  • Le choix chanson de Denis Billamboz: Ferré, Baez, Ray Charles

    Léo Ferré / C'est extra

    Joan Baez / Que sont mes amis devenus 

    Ray Charles / Mess around

  • Interview Livres & vous (10): Denis BILLAMBOZ

    billamboz.jpegDenis BILAMBOZ est un fouineur qui ne fait pas dans l’attendu, qui n’a pas de marottes: il ne joue pas une littérature contre une autre mais pense certainement que ce ne sont pas les frontières ou la langue qui délimitent le talent d’un auteur mais la façon dont il transforme, par le prisme des mots et de la construction narrative, une réalité en une histoire. Il ne se contente pas de caresser dans le sens du poil ras les vaches sacrées de la littérature, il va y voir de près et jauge la bête à l’aune de ce qu’elle produit et non pas en fonction de sa réputation. Sur Critiqueslibres d’abord, dès 2008 puis sur deux autres blogs (voir liens ci-dessous) et sur Les Belles Phrases, il confie ses chroniques qui cartographient les littératures du monde entier. Il livre ici son parcours de grand lecteur, ses coups de cœur et nous parle de la façon dont il rédige ses critiques mais aussi de son premier livre en tant, cette fois, qu'écrivain.

    Je n’ai pas d’auteurs fétiches, j’ai surtout une énorme curiosité, une envie incontrôlable de découvrir, de connaître (...) un maximum d’auteurs dans les pays les plus divers."

    Premier(s) souvenir(s) de lecture.

    C’est un souvenir très précis, non pas à cause du livre que j’ai lu mais parce qu’à cette occasion on m’avait ouvert les portes de la bibliothèque de l’école communale que je fréquentais et que j’entrais ainsi dans le monde des grands, le monde de ceux qui avaient le droit d’emprunter tous ces livres que je regardais déjà avec envie. Je n’avais que sept ans, le livre était bleu, il parlait d’une petite fille qui cultivait des fleurs sur son balcon, il s’intitulait « Le jardin suspendu ». Je n’oublierai jamais celui-là alors que j’ai oublié la plupart de ceux qui ont suivi à un rythme très régulier. Et, comme j’ai fréquenté la communale jusqu’à quatorze ans, l’instituteur a fini par me concéder le poste de responsable de la bibliothèque que j’assumais de toute façon sans son avis. Je crois que j’étais tombé dans le chaudron même avant de savoir lire.


    Le livre qui t’a donné envie d’écrire. Ton ou tes auteurs fétiche(s).

    Je ne crois pas qu’un auteur m’ait, un jour, donné envie d’écrire, je me suis toujours senti trop petit à côté de tous ces gens capables de nous proposer de si belles histoire. J’ai attendu 2011 pour oser, pour franchir le pas, pour vaincre une espèce de pudibonderie, pour occulter la peur de mal faire, et enfin écrire quelque chose qui ressemble réellement à un livre qui verra peut-être le jour en 2012 (c’est un scoop, peu sont au courant). De même, je n’ai pas d’auteurs fétiches, j’ai surtout une énorme curiosité, une envie incontrôlable de découvrir, de connaître, de savoir qui m’a incité à aller à la rencontre d’un maximum d’auteurs dans les pays les plus divers. Quand j’étais jeune, je n’avais pas la possibilité de voyager et les livres ont été pour moi un moyen exceptionnel de partir à la découverte du monde.

     

    Le(s) livre(s) que tu n’aurais jamais dû lire.

    Je ne regrette aucune lecture même les mauvaises affinent le goût et la perspicacité. Par contre, j’ai lu un certain nombre de livres à la réputation surfaite, je pense que beaucoup de lecteurs sont comme moi enthousiasmés par un ou deux romans d’un auteur débutant et puis déçus et même très déçus par les productions qui suivent car il faut bien justifier les avances à valoir perçues et alors, au moment de rendre la copie, on bâcle, on pioche dans les ébauches qui dorment dans les tiroirs, on écrit des banalités. J’ai eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet dans la rubrique qu’Eric m’a gentiment confiée sur ce blog. Je ne voudrais citer pas un nom parmi d’autres mais méfiez-vous des livres qui sont entassés en grandes piles dans tous les lieux de vente où il y a des livres. Je ne regrette pas non plus d’avoir lu le livre d’un ami ou d’un débutant quelconque qui cherche une confirmation au talent qu’il n’a pas, je ne dis pas tout ce que je pense mais je ne cache pas non plus toute la vérité en l’incitant à continuer mais en faisant mieux, en travaillant encore et encore.


    Une trouvaille littéraire, un auteur méconnu à recommander.

    images?q=tbn:ANd9GcT0zETGKdNoZJhDcvR9wt8wYmQlH_byZTevFLjr7vaUQC8CRzptQuestion piège, je ne voudrais pas être celui qui cire les pompes donc je ne parlerai pas de la rencontre avec « Les corbeaux brûlés », je l’ai écrite ailleurs. Je vais plutôt parler des découvertes que j’ai faites en 2011 car remonter plus loin risquerait de m’emmener dans un délire insupportable et illisible. Je voudrais tout d’abord parler de la littérature polynésienne que nous occultons totalement en France métropolitaine et pourtant ces gens écrivent remarquablement, ils sont passés de l’oralité totale à l’écriture littéraire en un temps record et avec une maestria incroyable. Je voudrais surtout parler de deux livres que j’ai achetés l’an dernier au Salon du livre de Paris, sur le stand de l’Océanie, : «L’’île des rêves écrasés » de Chantal T. Spitz qui était sur le stand et qui m’a dédicacé son roman et de « Arioi » de Vairaumati no Ra'iatea, une femme bien mystérieuse qui se cache derrière le nom de l’atoll qu’elle habite (vous les découvrirez bientôt dans ma rubrique sur ce site). Deux vrais petits bijoux qui raviront les amoureux des belles lettres et des romans courts. Et quelques autres noms : Sonya Hartnett, une australienne, Valentine Goby dont j’aime bien l’écriture et j’ai eu l’occasion et le plaisir de le lui dire, Johannes Bobrowski un écrivain allemand à peu près oublié qui pourrait évoquer Arno Schmidt, Stefanno Benni, un nouvelliste italien qui m’a bien amusé, Pierre Jourde dans « La présence » mais moins dans « La cantatrice avariée », Olive Senior qu’il faut déguster dans ses savoureuses nouvelles jamaïcaines, Adolfo Caminha, un auteur brésilien très ancien déjà mais que j’ai découvert l’année passée, qui écrit de véritables tragédies grecques images?q=tbn:ANd9GcTbf6XMdfCTcQlQ5vPTv4mdkL5kIi6GbocfaRkpv9erbrT99yzYAwaux accents carioca, Katrina Kalda une jeune Estonienne qui vit en France et écrit en français et j’ajouterai Leïla Sebbar qui m’a emballé dans une récente lecture. Et un petit clin d’œil à ces auteurs français qui ne défraient pas la chronique et qui, pourtant, ne manquent de talent : Jean Frémon, Jacques Bertin, Jacques Josse et Arnaud Friedmann. Voilà déjà une bien riche moisson pour une seule année.

                      


    L’écrivain que vous tu as, aurais aimé, ou aimerais rencontrer.

    images?q=tbn:ANd9GcQ6x1dhug2V6exLULtR0QiyYMqO6_Ndbk5leZjtYxuCyDFctWoy3QEric Allard bien sûr, nous avons tant de lectures à évoquer ! Mais aussi Umberto Eco [en photo], Mario Vargas Llosa, Jacques Kerouac, Rohinton Mistry, Amitav Ghosh, Leonora Miano, …, je cite des noms comme ça, ceux qui me viennent à l’esprit mais il y en a tant. J’aurais tellement aimé parler de la guerre avec Hans Fallada, des Balkans avec Ivo Andric ou Anton Dontchev, de l’Afrique avec Ken Saro-Wiwa, Achebe, etc…, etc… Et pourquoi pas une rencontre impossible mais tellement excitante : boire le thé avec les trois sœurs Brontë quel fantasme !

     


    Personnage(s) de roman préféré(s) ? Ta scène de roman préférée ?


    images?q=tbn:ANd9GcQWZOb45cUwah97Y74v9c695EGtixP7zIMgoSDNduPWBBD-_LjKJe ne retiens pas les personnages que je mélange très rapidement mais je penserais à Quangel (j’ai déjà oublié l’orthographe de ce nom) dans « Seul dans Berlin » de Fallada, Paradise chez Kerouac, les deux pauvres tisseurs dans « L’équilibre du monde » de Mistry, et d’autres bien sûr. La scène qui m’a le plus marqué dans mon enfance c’est celle au cours de laquelle Michel Strogoff recouvre la vue, quel soulagement, quelle délectation, je crois que je ne l’oublierai jamais comme certaines scènes qui évoquent la musique que je crois entendre en lisant : la scène dans « De l’autre côté du paradis » de Dawn Turner Trice quand un pauvre vieux noir chante un vieux blues pour oublier le malheur devant les clients du bistrot réunis dans un silence religieux, celle où Paradise tombe en admiration devant un vieux joueur de trompette dans un trou perdu au cours d’une étape « Sur la route », etc…

     

    Où, quand, comment lis-tu?

    N’importe comment mais de préférence vautré sur un canapé, sur un lit, mais pas mal dans le train, dans les cafés en attendant le train, assis par terre dans un hall de gare. Je peux lire partout, je peux construire très facilement ma bulle et m’embarquer dans mon livre même s’il y a un bruit infernal autour de moi. La lecture m’emporte, rien ne lui résiste. Quand j’étais plus jeune, je pouvais même lire en regardant un film.

     

    Un souvenir de lecture marquant ? Des modes de lecture alternatifs (e-book, livres audio, internet...) ? 

    images?q=tbn:ANd9GcQIv-GX_2GZYVzSrscbRTJ_cU6ETAsPYZlzqRZwtM-3fj-zpPVe4g« Les fictions de Borges » dans le hall de la Gare de Lyon, « Histoire d’O » dans un compartiment bien peuplé d’un vieux train à l’époque où ce livre n’encombrait pas les librairies, un roman islandais de Gunnarsson dans l’avion pour la Réunion…

    Je n’ai pas encore essayé les moyens de lecture alternatifs, j’ai très vite mal aux yeux quand je lis sur écran, je n’ai jamais testé le livre audio, j’y serai peut-être contraint un jour et je ne suis pas très attiré par les tablettes de lecture mais s’il fallait s’y résoudre ça ne me poserait aucun problème, a priori car j’ai les yeux fragiles et fatigués et je les sollicite beaucoup.

     

    Tu as écrit depuis quelques années plus de 300 notes de lecture sur le site Critiqueslibres.com. Sur d'autres blogs (voir liens ci-dessous) et ici même. Qu'est-ce que t'apporte la critique de livres?

    La rencontre avec CritiquesLibres a été essentielle pour moi j’y pensais depuis très longtemps, j’ai découvert Internet dans mon travail au début des années quatre-vingt-dix (93/94) : 

    -         La critique de livres me permet de communiquer avec ceux qui partagent la même passion et éventuellement de les rencontrer autour de cette passion.

    -         La critique m’oblige à formuler clairement, au moins le plus clairement possible, ce que la lecture m’a apporté, les émotions, impressions, sentiments que j’ai éprouvés.

    -         La rédaction de critiques m’oblige à soigner ma rédaction pour être compris des autres et ainsi à améliorer mon écriture.

    -         La rédaction de critiques a amélioré mes lectures, je lis plus attentivement pour percer les intentions de l’auteur afin de ne pas risquer de le trahir.

    -         Et surtout peut-être la critique de livre m’a fait rencontrer beaucoup d’amis en Belgique, au Québec et un peu partout en France. J’ai notoirement élargi le cercle de mes amis et c’est un plaisir immense, des découvertes enthousiasmantes, des rencontres inoubliables !

    -         Je confesserai enfin que si je n’avais jamais rédigé une critique, je n’aurais jamais écrit le long texte qui est actuellement chez ma correctrice préférée.

    Comme vous pouvez le voir, c’est un élément essentiel de la partie de vie que j’ai entamée avec mon départ à la retraite, ça fait partie de la construction de cette nouvelle vie, c’en est même le pilier central, la poutre maîtresse, l’axe autour duquel tourne beaucoup d’autres choses.

    http://www.critiqueslibres.com/i.php/vuser/bbc20573c75a


    Ta phrase, ton vers ou ta citation préférée.

    images?q=tbn:ANd9GcTk9__OUAZ7op2SEVg1D2qOoUOncmIGdgcamh2Ji89hZ521KcnV9ADans ma jeunesse studieuse, elle a bien existée, j’avais commencé un cahier de citations que j’ai essayé de reprendre quand la lecture a pris une place plus importante dans ma vie mais comme je lisais un peu n’importe où et que je n’avais pas toujours mon cahier avec moi, j’ai laissé tomber. Extraire une phrase du tas livre que j’ai lu est une gageure, je me tournerais plutôt vers le cinéma et certainement vers Michel Audiard [en photo] ou Antoine Blondin. J’adore les raccourcis foudroyants qu’ils sont capables d’inventer l’un et l’autre. Mais pour la circonstance, je me contenterai de cette maxime : « carpe diem », à mon âge ça s’impose et trop l’oublie.

    Coup de cœur artistique récent.

    Je reviens à la littérature polynésienne car je ne m’attendais vraiment pas à une telle émotion artistique quand j’ai lu ces deux livres.

    Tu viens d’écrire un roman. Peux-tu en parler en quelques lignes...

    images?q=tbn:ANd9GcRx3gT60K0Q3aSxIDjDh1t9ECoW4asWaF80yelN4NyCosACBY2SaAJe voulais me confronter avec la page blanche depuis très longtemps mais je voulais trouver un sujet assez original pour ne pas tomber dans les « marronniers » de librairie, ni dans la rubrique « vécus-témoignages » des bibliothèques et surtout pas impliquer quiconque de ma connaissance dans un écrit publié, pudeur toujours.

    Et un jour cette idée m’est venue comme si je l’avais toujours eue en moi : écrire les rêves d’un homme qui cesse ses activités professionnelles, qui ne croit plus guère en ses contemporains, qui voit le monde partir à vau l’eau mais qui ne veut pas se résigner à finir sa vie dans la morosité et médiocrité ambiantes et qui décide donc de se réfugier dans ses livres qui deviennent le carburant qui alimente ses rêves récurrents. Il s’embarque alors avec les héros de ses lectures, rencontre les auteurs, partage leur vie, les fait se rencontrer, …. Toute une fantasmagorie qu’il vit en parallèle avec une petite vie tranquille qui n’est que le confort matériel de sa vie car sa vie émotionnelle, artistique, … est dans un autre monde, dans d’autres mondes où il s’embarque à la moindre occasion.

    Un livre à plusieurs entrées : 

    -         La sinistrose ambiante n’est pas une fatalité pour ceux qui savent vivre autrement,

    -         La vie a encore un sens même vers sa fin mais il faut savoir le trouver,

    -         La lecture est un moyen de transport incomparable pour voyager dans l’espace, le temps, les idées, les émotions, etc…

    -         Notre monde ne se réduit à la dimension matérielle que nous connaissons, on peut trouver le bonheur ailleurs, il suffit de chercher, dans les livres peut-être ?

    -         J’ai poussé le bouchon jusqu’à faire faire un tour du monde par les livres à mon héros !

    -         Certains y trouveraient d’autres choses, je le conçois aisément.

    Si un éditeur lit ça …

     

    Comment l’as-tu écrit, composé ? Malgré le fait que tu t’inspires en partie de personnages de fiction, as-tu intégré des faits vécus ?

    Mon projet devait dès le départ prendre en compte le volume du texte (600 000 caractères avec les blancs à l’arrivée), j’ai donc choisi, pour conserver un rythme soutenu, d’alterner la narration et le dialogue et je crois que j’ai trouvé un équilibre qui n’est pas trop mauvais.

    J’ai choisi aussi d’articuler mon récit autour d’allers et retours permanents entre les divers mondes (une bière commander dans le monde réel peut être bue dans un rêve) dans lesquels vit mon héros : le monde pragmatique qui lui permet de manger, de vivre au quotidien, le monde des livres dans lesquels il construit ses rêves et d’autres mondes mis en abyme : voyage dans le voyage, rêve dans le rêve, etc…

    J’avais pour guide le Tour du monde littéraire que je publie chez une amie de la toile. Ainsi le héros vit des histoires que j’ai réellement lues, construit des situations en mélangeant les auteurs et les héros des livres que j’ai lus, organise des rencontres absolument improbables entre des auteurs et des héros des livres que j’ai lus et ce toujours en suivant mon tour du monde littéraire.

    Tout ça parait bien compliqué mais quand vous l’aurez lu vous comprendrez mieux. Faudrait-il encore qu’un éditeur accepte le manuscrit ce qui n’est guère probable dans la conjoncture actuelle et je ne peux même pas me présenter comme un jeune auteur. Mais l’essentiel était pour moi d’arriver au bout de ce projet, les deux premiers lecteurs, ma cousine et mon frère, ont plutôt bien reçu ce texte. Ma cousine m’a accompagné pendant la deuxième partie de la rédaction donc elle pouvait m’alerter sur mes choix et me glisser quelques avis qui m’ont permis de valider certaines situations que j’avais du mal à évaluer.

     

    Quand je lis ou/et j’écris, je...

    Suis aux abonnés absents, je suis en général complètement impliqué dans le texte et je vis dedans.

     

    Liens vers les chroniques littéraires de Denis Billamboz

    Critiques libres.com

    http://www.critiqueslibres.com/i.php

    Interligne

    http://interligne.over-blog.com/categorie-12118992.html

    Voir

    http://me.voir.ca/membres/denis-billamboz/

    Sa page Facebook

    http://fr-fr.facebook.com/denis.billamboz

     

  • LA POÉSIE? "Parler nu"

    images?q=tbn:ANd9GcTrR1IdxodKYq_LvNF4YinLDzxhfP_wpLlH3p0c7h7LwclgLUKnPApar Philippe LEUCKX


    Cinq petits livres de poésie sous la bannière, un peu facile, du titre de l'un d'entre eux : PARLER NU.

    Cela pourrait figurer le genre par apologue.

    S'il est bien l'un des devoirs de la poésie, c'est de décliner cet effort de vérité nue, sans ambages.

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    9782952586283.gifL'ouvrage de Brigitte Gyr, le beau recueil qu'elle publie chez Lanskine, offre cet effort de vérité que chaque poète accomplit, avec son style propre, avec sa métrique unique, avec ses rythmes et ses vers.

    PARLER NU

    Beau titre pour évoquer le "doute", la reprise, "l'intérieur de soi", quand la langue "si lourde" exige tant!

    Entre non-dit et science sûre de le dire, l'auteure française anime les pulsions de son coeur des vers qui tremblent :

    écoutons avec elle

    "il y a des femmes en crue

    sous le bleu de l'air"

    ou

    "mais demeure

    le je

    qui redouble la marche"

    ou encore

    "on bute sur l'absence"

    On n'écrit pas pour "passer le temps". On écrit, ici, nudité, effort de vivre, métier d'écrire...

    C'est beau. Comme la vérité.


    http://www.editions-lanskine.fr/actualites


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    161960_136407753088263_8236576_n.jpgChangement de registre, sans doute, avec "Gens qui pleurent, toi qui ris" de Roland Counard, chez Bleu d'encre Editions.

    Le poète manie l'humour noir, l'humeur ironique de quelqu'un qui sait, ô combien, comme il est métier de vivre, pour pasticher le cher Cesare!

    En trente pages, une leçon de philosophie à rebours de ce qui est convenu!

    ça n'est pas très gai, en dépit de ce titre tire-bouchon!

    "Et ainsi nous allons d'une branche à l'autre, sans rien imaginer de ce que peut être un long voyage...Ce bol de lait chaud avalé dans l'urgence!"

    "...nous cherchons un sens au devenir, et nous nous perdons dans l'équation qui mène à l'inconnue, à la difficulté d'être?"

    La beauté naît d'une insolente poésie, qui s'appelle vérité existentielle :

    "Pensons à cette étrange hésitation qui, dès la naissance, nous balance d'un point à l'autre, pas à pas, inventant ainsi le mouvement"

    Très beau, très juste, un rien (dés)(in)espéré?

     

    http://fr-fr.facebook.com/pages/Revue-et-Editions-Bleu-dEncre/136407753088263

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    mots-donnent-cover1-rvb.jpgFêtons, avec les Editions Couleur livres et sa collection nouvelle "Carré d'as" , le 1 dévolu au beau recueil du poète CENTENAIRE de 2012, l'excellent et méconnu ARTHUR PRAILLET, né à Nancy, il y a juste cent ans, décédé en Belgique, à Marcourt, en 1992. "Les mots donnent sur le jour".

    C'est un oeil, ce poète! C'est un regard! C'est surtout un IMAGIER de premier ordre.

    Voyez :

    "On ne demande pas à l'eau

    Quelle langue elle vous parle

    Mais de répondre à votre soif"

    "Laisse le mot trouver sa place

    Assurer lui-même son appui

    Dans le poème en train de s'inventer"

    Le beau livret est illustré par Annie Gaukema, dont les images sont elles aussi coeur d'enfance.

    Un dernier jet de poésie?

    "Le soir quand j'éteins ma lampe

    La lumière qui rejoint-elle?"

    Bachelard eût beaucoup aimé cet affûteur de lumière, ce poète des visages ("Aujourd'hui je n'ai pas eu le temps/ De rencontrer un visage/ D'écouter un oiseau.....Aujourd'hui est déjà/ Du lendemain perdu").....TRES BEAU


    http://www.couleurlivres.be/html/presentation.php


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    images?q=tbn:ANd9GcRV2I-eKvLDoWeHk23Lr7An-Hf5G0mb3ES4YuSPvQWmIpSglOHQKA"Demeure ardente" de l'ami Demaude (poète né en Borinage en 1937, installé à Bruxelles avec l'auteure d'encres subtiles Jeanne-Marie Zele) dit pour sûr la ferveur de l'habitation poétique d'un écrivain, qui, après tant de recueils happant le froid du minerai, le bruit des images, les affres et les étoiles de la nuit, s'offre encore, sous le flambeau des poèmes allemands qu'il traduit inlassablement, Heine, Hölderlin, tant d'autres, un domaine où flambe "le feu" dès l'aube, la "fête" des mots qui crissent chez Demaude, comme les galets de houille (du terreau paternel). L'impératif résonne chez notre ami comme une invite à éviter le pire (je ne peux dire mieux) :

    "Ne tardons plus. Chassons le gouffre irréductible. Le plateau nous attend qui, là-haut, recompose les torsions-gisements d'une âme à clarifier"

    On ne sort pas toujours des houillières de l'enfance. On cherche à sortir des gisements. On ne veut pas tarder, l'heure avance!

    La poésie est celle de cette "demeure ardente", "familière", celle encore où "Notre blé, sûrement, récidive la paix".

    Celle où "nous avons déterré la carie des fers".

    Demaude écrit profond, profond, vers la cause des âmes!

    (Chez ORBES, av. Georges-Henri, 1200 Bruxelles)


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    covok.jpgUn jeune auteur chez un jeune éditeur, sous un label connu, en terre de poésie.

    Tom Reisen publié aujourd'hui par le jeune Maxime Coton (né en Hainaut en 1986!), qui mène les destinées d'une maison bien connue pour ses qualités éditoriales (où s'allient poésie, graphisme) : le Tétras Lyre, longtemps cogéré par une équipe solide (Imberechts, Simar, Dacos)...

    Dans l'une des collections-phares de la maison, "Lettrimage", "ETE" du poète luxembourgeois, illustré par un plasticien de Mulhouse, Thomas Diot (1984).

    Tout d'abord, quel bel ouvrage, 36 pages carrées, qui s'ouvrent aux couleurs de l'été, entre jaune bronze et rouge sang, au croisement des images d'un poète de l'énumération, qui aime cataloguer ses sensations, ses émotions, comme qui arpenterait ses voies en déclinant messages et impressions.

    Une langue, somptueuse, les précise :

    "Persiennes. Il n'y a jamais eu de persiennes dans ma chambre. Pourtant, en m'approchant de la fenêtre, cédant à l'appel du dehors, voici que mon regard plonge par les lamelles. C'est peut-être la lumière striée d'un hôtel de Côme, d'une villa de Cimiez ou d'un beach-house californien".

    Les ombres d'une épaule, Balthus, Matisse, le Besson californien et ses Hopper, Nice...voilà comment aux réminiscences d'autres univers le Luxembourgeois répond de ses proses poétiques.

    "Me cloîtrer en été, c'était goûter la volupté du renoncement, réciter le rosaire des impressions les plus remarquables. Revoir plutôt que voir sur le rebord de la vie son agitation en même temps que son accalmie; vie, ville, tell où les images les unes sur les autres s'amoncellent".

    Des litanies de rues défilent, ou d'actions, ou de flashes...

    Un auteur à ....suivre. C'est la bonne orientation.


    http://www.editiontetraslyre.be/


    P.L.

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