• Le vieillissement

    Grâce à un logiciel de retouche d’image, il vieillit sa face de dix, de vingt, de trente ans... Quand il atteignit l’âge de quatre-vingts ans, un bug survint. Impossible de visualiser ses traits d’octogénaire. Comprenant qu’il avait cerné l’âge de sa mort, il fit une crise cardiaque et mourut à l'instant avec son visage de vingt ans. 

  • Le trajet

    Pendant son trajet, il croisa des véhicules avec au volant successivement sa femme, un voisin, un collègue, son père, sa mère, son premier employeur, son directeur de thèse, un professeur du lycée, sa grand-mère, un ami d’enfance, son institutrice d’école gardienne, sa nounou, Léopold III... Quand au bout d’une heure et demie de route, il croisa Napoléon, il comprit qu’il avait s’était trompé de taxi et n’était pas monté dans celui pour le futur. Mais il n’était plus possible à cette étape de son voyage de faire machine avant. 

  • Radiojulos.com

    images?q=tbn:ANd9GcQ9inalQ_0RsNoe2-aZiCbtcNdpNjnqUkTBH_bLyif343d8LsmGuARadiojulos.com est née !

    Une radio qui ne passe que du Julos, qu'on se le dise!

    Voilà, c'est dit. Tous à l'écoute!

    http://www.radiojulos.com/

    Le blog de Julos

    http://julosland.skynetblogs.be/

  • Portrait d'auteurs

    Cet éditeur avait un violon d’Ingres, la peinture. Il aimait à portraiturer ses auteurs, à les immobiliser longtemps devant son chevalet pour en tirer des portraits graves ou cocasses, carrément farfelus ou consternants, selon son humeur. À ceux qui osaient se plaindre de ses trop longues séances de pose, l’éditeur leur rétorquait que c’était un moment propice à la réflexion, au surgissement d’idées nouvelles. La muse assurément, leur disait-il, flottait durant ce temps au-dessus de la toile. Proust, Joyce, Kafka, Céline ne s’étaient-ils pas infligé de pareilles séances pour l’avancement de leur œuvre ? Non, bien sûr. Mais la plupart des auteurs qui ignoraient tout de l’histoire littéraire, croyant sur image leur éditeur, opinaient à l’idée d’un grand auteur portraituré pour la gloire. Beaucoup prirent ensuite plaisir à poser ici et là, chez des acteurs ou des banquiers se mêlant de la chose artistique, si bien qu’ils devinrent modèle professionnel et ne donnèrent plus aucun livre de qualité (mais en avaient-ils jamais donnés ?). Peu importe, l’éditeur finit par publier un livre de peinture, livre qui connut un succès certain et, qui, même, lança définitivement sa carrière de peintre d’auteurs. 

  • VU AU CINE DE MA RUE "HABEMUS PAPAM" de Nanni MORETTI


    369422_1424082850_695073978_n.jpgpar Philippe Leuckx

    Autant "Il Caimano" m'avait paru quelconque et finalement trop peu satirique dans le cadre du sujet donné (dénoncer Berlusconi et son régime) , autant sa dernière réalisation me fait renouer avec le cinéma de l'auteur de "La Chambredu fils".

    Le sujet tient en quelques lignes. Il faut élire un nouveau pape. Après quelques tours de scrutin blancs (et de fumée noire au-dessus des appartements), le cardinal Melvil est élu. Mais, catastrophe, au moment où il doit apparaître au balcon, la foule nombreuse surla Place Saint-Pierre entend un cri d'horreur.

    Il faut dépêcher un psychanalyste (joué avec brio par le cinéaste lui-même)  pour "soigner" le nouveau Pape appelé à régner et qui ne veut pas de la nouvelle fonction...

    La mise en scène cerne avec lenteur, humour, réalisme les préparatifs  du vote dans la Chapelle Sixtine, les déambulations et activités des cardinaux électeurs dans le palais, les mille et une surprises dans un Vatican plus vrai que nature.

    Dans le rôle du nouveau pape, un Michel Piccoli magistral, lourd, à la diction étouffée par la dépression qui s'est emparée de lui, à peine le vote connu. Le comédien est admirable de bout en bout, il donne créance, poids et humanité à un Pontife dépassé par l'ampleur de la tâche.

    Il ne faudrait pas  croire que l'oeuvre de Moretti ne joue que de la gravité, elle multiplie les scènes cocasses, légèrement satiriques, dévoile les facettes très quotidiennes de personnages souvent vus de loin, avec moult clichés. Ici, le cinéaste de la Sacherproduction a dégraissé les poncifs pour ne s'intéresser qu'au souverain, débordé...

    On retrouve le talent de celui qui, jadis, tourna "La messe est finie", sur le destin d'un prêtre de la périphérie. Les couleurs, la sûreté de la mise en place des micro-événements, l'utilisation exemplaire des décors somptueux, couloirs, stucs, lambris, lourdes tentures, cours et jardins font de "Habemus papam" une réflexion vivante, concrète, philosophique sur une Cité souvent trop caricaturée. Même les Gardes Suisses participent de la vision nouvelle qu'en a le réalisateur à la voix de stentor!

    Rome, la ville, en sort aussi grandie, par ses échappées, les escapades...nous n'en dirons pas plus, puisque, film et fiction faisant, "Habemus Papam" est aussi un suspense urbain!

    A voir et à revoir!

    P.L.


     

  • La vérité sur Jean-Philippe Toussaint

    100px-Br%C3%A9sil-Fairelamour-2005.jpgJean-Philippe Toussaint qui sortira deux nouveaux livres en mars et aura carte100px-Pays-Bas-Fairel'amou-2004.jpg blanche au Louvre (du 8 mars au 11 juin) possède un nouveau site axé autour de sa trilogie japonaise: Faire l'amour, Fuir, La vérité sur Marie.

    On y trouve divers états des textes, des plans, brouillons, revues de presse, vidéos, couvertures de ses livres traduits...

    http://www.jptoussaint.com/index.html

     

    J.-P. Toussaint parle de son prochain livre, L'urgence et la patience, à paraître en mars chez Minuit 

  • Éric Chevillard, L'autofictif

    Éric Chevillard, tient depuis trois ans un blog sous la forme d'un triple billet journalier de textes courts, aphorismes, (simili) haïkus. 

    1499 (mardi 21 février 2012)

    - C'est qu'il faut en coudre, des paupières, pour se faire un bon pyjama!

    Voici tout ce que le tueur en série Frankie Pâtisson, dit le Dormeur, a trouvé à dire pour justifier ses six cent vingt-trois meurtres.

     

    bêtement cloué sur la piste

    l'avaleur de sabre

    contorsionniste

     

    (Nous apprenons à l'instant l'évasion de Frankie Pâtisson, dit le Dormeur. L'homme est dangereux, il lui reste à faire les manches.)

     

    1498 (lundi 20 février 2012)

    Il avait la certitude que la postérité rendrait justice à son oeuvre et cela l'aidait à supporter l'insuccès de ses livres et l'indifférence qui accueillait chacune de ses publications. Enfin, il mourut. Et, cinq ans après sa mort, son éditeur pilonna le stock de ses livres jusqu'au dernier exemplaire. L'espoir d'une réhabilitation posthume était nul désormais. Or, à sa grande surprise, il devait admettre qu'il s'en foutait.

     

    je voulais un hamster

    tchac tchac

    pas un lapin

     

    Cette vierge facile se refuse à tous les hommes sans exception!

     

    Le blog d'Éric Chevillard:

    http://l-autofictif.over-blog.com/

     

    La littérature à la hussarde (à propos de Mufle d'Éric Neuhoff), par E. Chevillard:

    http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/02/16/la-litterature-a-la-hussarde_1643995_3260.html

     

    Un génie est mon ami, par Pierre Jourde

    http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/eric-chevillard/

     

    Démolir Chevillard, par Frédéric Beigbeder

    http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/02/26/01006-20110226ARTFIG00583-demollir-chevillard.php


  • Chaque matin / Thomas Vinau

    2530037337.jpg

    ROUGIER V. éd, collection Ficelle 

    http://www.rougier-atelier.com/actualite.php?num=8

    40 pages, 9 €  ISBN: 2-913040-83-7

    Le blog de Thomas Vinau

    http://etc-iste.blogspot.com/

    EXTRAITS

    J'attends l'orage. La grande bassine de ciel. Le coup de vent. J'attends l'orage. Je ne bougerai pas. Je ne sortirai pas du lit. Je n'essaierai pas de me redresser. Il faudra la lumière et le vent. Il faudra que le jour me crache.

    ***

     L'hiver fredonne sur le carrelage sale. Hier s'enroule dans le lierre. Demain goutte à goutte du toit. La minute d'après ne vaut rien. Le soleil ne se lève pas. Dans la cuisine sombre, les objets inanimés se moquent de ma force molle. De mon visage. De mes gestes nerveux. De cette façon d'arriver pour n'aller nulle part.  

  • Keith Richards & Norah Jones

    Love hurts 

  • Poésie Art de l'Insurrection / Ferlinghetti

    Si tu veux être un grand poète, expérimente toutes sortes de poétiques, grammaires érotiques barbares, religions extatiques, épanchements païens glossolaliques, et l’emphase des discours publics, les gribouillis automatiques, les perceptions surréalistes, les flots de conscience, sons trouvés, cris et récriminations – et crée ta voix limbique, ta voix sous-jacente, ta voix, la tienne.

    Si tu te dis poète, ne reste pas bêtement sur ta chaise. La poésie n’est ni une activité sédentaire, ni un fauteuil à prendre. Lève-toi et montre-leur ce que tu sais faire.

    Cultive une vision ample, que chacun de tes regards embrasse le monde. Exprime la vaste clarté du monde extérieur, le soleil qui nous voit tous, la lune qui nous jonche de ses ombres, les étangs calmes dans les jardins, les saules où chantent des grives cachées, le crépuscule tombant au fil de l’eau et les grands espaces qui s’ouvrent sur la mer… marée haute et le cri du héron… Et les gens, les gens, oui, tout autour du monde, qui parlent les langues de Babel. Donne-leur une voix à tous.

    Tu devras décider si les cris des oiseaux sont d’extase ou de désespoir. Alors tu sauras si tu es poète tragique ou poète lyrique.

    Si tu te veux poète, découvre une nouvelle manière pour les mortels d’habiter sur Terre.

    Si tu te veux poète, invente un nouveau langage que chacun puisse comprendre.

    Si tu te veux poète, prononce des vérités nouvelles que le monde ne pourra pas nier.

    Si tu veux être un grand poète, efforce-toi de transcrire la conscience de la race.

    Par l’art, crée l’ordre à partir du chaos vital.

    Rends les nouvelles neuves.

    Écris au-delà du temps.

    Réinvente l’idée de la vérité.

    Réinvente l’idée de la beauté.

    Aux premières lueurs, ose l’emphase poétique. La nuit, l’emphase tragique. 

    Écoute le chuintement des feuilles et le clapotis de la pluie.

    Pose l’oreille sur le sol et entends la Terre tourner, la mer déferler, les animaux mourants se lamenter.

    Conçois l’amour par-delà le sexe.

    Mets tout et tout le monde en question, même Socrate, qui questionnait tout.
    (...)

    Lawrence FERLINGHETTI

    Traduction: Marianne Costa

    à paraître chez maelstrÖm ReEvolution

    http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/home.asp

  • Austra 2x

    Spellwork

    Clip non censuré de Beat and the pulse

    http://www.dailymotion.com/video/xgxeyq_austra-beat-and-the-pulse_music

  • À la bibliothèque de Binche

    Toute l’année, à la bibliothèque de Binche, le personnel perfore les nouveaux livres pour en faire des confettis.  

  • La tête de l'emploi

    Cet homme qui n’avait pas les moyens artistiques pour devenir écrivain se fit, au prix d’une transformation totale de la face, la tête d’écrivains morts depuis longtemps : Baudelaire, Flaubert, Maupassant et même Georges Sand (au prix d’une pénible vaginoplastie). Il eût été ridicule de copier la physionomie d’écrivains vivants tels que Jean D’Ormesson, Max Gallo ou Erik Orsenna, dont on sait qu’ils sont immortels. Régulièrement il était invité dans le public de telle émission littéraire pour, comme qui dirait, encadrer les prestations des écrivains du moment, apporter une couleur locale. Ou à  telle foire du livre, tel marché de la poésie pour trôner sur tel stand de telle revue littéraire... Il termina sa carrière avec la tête de Marguerite Duras et une redoutable hypertrophie de l’ego qui ne se lisait toutefois pas trop sur ses traits.

  • Pony pony run run

    Just a song

  • La voix des poussières

    Samedi soir, j'ai tourné le dos à toutes les poussières et j’ai écouté leur chant. Quand il me plaisait, je buzzais avec l’aspirateur. À la fin de l’audition, tout l’appart’ était propre et je pus préparer avec mon coach en ramassage d’ordures les duels avec les sacs poubelles du lundi matin.

  • Sur les pas de Lee Hazlewood & Nancy Sinatra...

    JAMES LEVY & THE BLOOD RED ROSE

    Sneak into my room

    Pray to be free

    BonusGive me happiness

    http://www.youtube.com/watch?v=ztBJsFARNWk

    Ecoutez l'album, Pray to be free, sur Deezer:

    http://www.deezer.com/partners/inrocks/?aid=1492207 

  • L'innocence assassinée

     

    images?q=tbn:ANd9GcSmD07-e_arUmivyRmFodXJJtGLaUGD1P6L0daQ7nVKsM0LMn_n

    par Denis BILLAMBOZ

    Etonnant comme la littérature nous ramène sans cesse à l’abominable guerre qui a meurtri le XX° siècle. On ne peut même pas dire que c’est une obsession personnelle puisque je n’ai pas choisi ces deux lectures, elles figuraient dans la sélection du concours littéraire de CritiqueLibres.com, l’une en 2009, l’autre en 2010. Ce n’est pas particulièrement la guerre qui m’a incité à faire ce rapprochement mais plutôt le projet des deux auteurs qui ont voulu raconter l’horreur à travers le regard de deux enfants qui ne comprennent à peu près rien à ce qui se passe mais qui voient bien que des événements monstrueux affectent leur famille, leurs amis, leurs voisins et leur environnement en général. Cette approche ne me parait pas innocente, Ursula Hegi, Américaine d’origine allemande,  fait partie de cette génération, née juste après la guerre, qui ne sait pas très bien ce que ses parents ont fait pendant le conflit ; Markus Zusak, Australien d’origines austro-allemandes, est né, lui, beaucoup plus tard mais il n’a pas appris beaucoup plus de la bouche de la génération qui ne savait pas. Ces deux écrivains sont un peu comme leur héros des victimes innocentes de ce conflit atroce, ils disent ainsi leur désarroi et interpellent ceux qui savent et qui ne disent pas toujours. Souvenons-nous des aveux bien tardifs de Gunther Grass.

     

    51VUJwa5beL._SL500_AA300_.jpgLa voleuse de livres

    Markus Zusak (1975 - ….)

    « On était en janvier 1939. Elle avait neuf ans, presque dix. Son frère était mort. » Liesel arrive dans une famille d’accueil en Bavière, près de Munich, sous les fumées de Dachau, où elle est accueillie par un couple à la tendresse un peu rude même si le nouveau papa éprouve une réelle tendresse pour cette pauvre gamine égarée loin des siens qui n’avaient pas la chance de penser comme il le fallait à cette époque. Le voyage avait été sévère, dans un train glacial où le petit frère ne résista pas et fut emporté par la mort qui fit ainsi connaissance avec Liesel et la retrouvera deux fois encore pour réunir les trois couleurs du drapeau maudit : le blanc dans la neige où fut enterré le petit frère, le noir de la carlingue d’un avion écrasé au sol et le rouge du ciel Munich en feu. Et ce dernier jour la mort trouvera le cahier que la fille avait écrit pour raconter son étrange histoire.

    Cette petite Saumensch comme l’appelait sa maman de remplacement, mène en Bavière la vie de n’importe quelle gamine de dix ans, vive, dégourdie et même un peu têtue. Elle ne sait pas lire et son nouveau papa qui vient la consoler la nuit quand le cauchemar récurrent de la mort du petit frère vient mouiller ses draps, déploie des trésors de patience et d’imagination pour lui faire apprendre les mots qu’elle sait mettre sur les choses mais qu’elle ne comprend pas forcément, elle sait bien, par exemple, que « kommunist » est un mot lourd qui peut faire mal et qui a peut-être fait souffrir son père. Les mots deviennent ainsi progressivement images, outils, remèdes, armes, ils prennent une certaine matérialité, une concrétude qui les rend actifs, utiles et même dangereux mais aussi indispensables pour dire, raconter, apprendre et surtout transmettre pour ne pas oublier. La fillette devient vite amoureuse des mots qu’elle trouve dans les livres, elle a déjà ramassé un livre lors de l’inhumation de son petit frère, elle en subtilise un autre lors d’un autodafé mais il lui en faut d’autres encore qu’elle trouvera en catimini dans une bibliothèque privée.

    Liesel traverse ainsi son adolescence en compagnie de son ami Rudy, ce Saukerl, avec lequel elle accomplit toutes les aventures initiatiques qui les conduisent vers l’âge adulte sans jamais dévoiler qu’un jour un boxeur juif est venu frapper à la porte de sa nouvelle maison. Ce boxeur changera sensiblement la vie de cette Saumensch en lui ouvrant une autre fenêtre sur le monde qui les entoure au son de l’accordéon de papa que le boxeur connaissait car cet accordéon avait déjà vécu une autre guerre.

    Cette histoire pourrait ressembler à de multiples histoires racontées par ceux qui ont vécu la montée du nazisme dans les petites villes, comme Martin Walser sur le Bodensee, mais Zusak a mis en œuvre un processus littéraire très adroit en faisant raconter cette histoire par la mort, pas celle qui se promène comme un squelette recouvert d’un manteau noir et armé d’une faux, non, celle qui vient délicatement ramasser les âmes quand les hommes les font sortir des corps. « J’ai parcouru la planète comme d’habitude et déposé des âmes sur le tapis roulant de l’éternité. » Elle raconte la vie de ces deux adolescents en dix parties portant chacune le titre d’un des livres que Liesel a trouvés, volés ou reçus. C’est un moyen de mettre en scène la montée du nazisme dans ces contrées éloignées du pouvoir avec tous les poncifs que nous connaissons désormais parfaitement. Mais, c’est surtout un moyen de confronter l’humanité avec toutes ses tares, sa vanité, sa veulerie, son ambition mesquine, son immense bêtise, sa cruauté bestiale, … « Parfois ça me tue la façon dont les gens meurent. » peut dire la mort. Soixante ans après Fallada, Zusak nous fait comme une piqure de rappel pour que nous n’oubliions pas que tous les Allemands n’étaient pas des nazis, qu’il y avait parmi eux des justes et que tous les peintres en bâtiment ne sont pas forcément des monstres sanguinaires.

    Ce livre, bourré de tendresse, d’amour de son prochain et d’humanité, a manifestement été écrit pour des adolescents mais il faut absolument le mettre dans les mains des adultes pour qu’ils puissent, comme les plus jeunes lecteurs, mettre des images sur les mots qui ont été colportés depuis plus d’un demi-siècle maintenant. Pour qu’ils puissent mesurer l’immense désespoir qui s’est emparé des jeunes qui ont vécu ces événements sinistres et dramatiques, même sans jamais pénétrer au cœur de l’horreur. « Désormais, je ne peux plus espérer. Je ne peux plus prier pour que Max soit sain et sauf. Ni Alex Steiner. Parce que le monde ne les mérite pas. » Pour qu’ils puissent aussi ouvrir une petite lucarne sur un avenir possible pour passer au-delà de la douleur qui semble être la seule récompense possible pour expier la faute de tout un peuple ou presque. Pour qu’ils puissent enfin penser que cette histoire, racontée par la mort, « fait partie de celles, aussi extraordinaires qu’innombrables que je transporte. Chacune est une tentative, un effort gigantesque, pour me prouver que vous et votre existence humaine valez encore le coup. » Pour que certains de ceux qui habitaient la rue Himmel, qui n’était pas le Paradis, puissent accéder au Ciel ! Ceux dont on peut dire il était « «tout juste un homme » … un homme juste !

    « Même la mort a du cœur ! »

     

    41c1CMBy2OL._SL500_AA300_.jpgTrudi la naine

    Ursula Hegi (1946 - ….)

    « C’était l’été 1915, et la ville appartenait aux femmes. » Leur mari se battait depuis un an sur le front oriental, et le couple Montag accueillait, à Burgdorf petite ville près de Düsseldorf,  leur premier enfant, Trudi, qui hélas était naine. Ainsi Ursula Hegi crée un personnage, son crabe-tambour, qui lui permet de raconter l’histoire de l’Allemagne nazie depuis ses origines jusqu’à ses derniers soubresauts quand la chape de plomb vient tout écraser sous l’énorme poids de son silence. Comme Gunther Grass, elle a inventé un personnage hors norme qui lui permet de prendre suffisamment de distance avec les événements pour pouvoir les rapporter à sa façon et essayer de les comprendre.

    Elle va ainsi enlacer l’histoire, bien réelle, de son pays d’origine avec celle, tout à fait fictive, de cette naine qu’elle a inventée pour les besoins de son projet littéraire. Pour compenser son handicap physique, Trudi a un réel don pour percevoir et comprendre ce que les adultes pensent et notamment sur ce qu’ils pensent d’elle. Elle est aussi capable d’apprendre très vite ce dont elle a besoin pour lutter contre les persécutions, le rejet, la condescendance, la pitié et les frustrations, même sentimentales, dont elle est la victime.

    Son père est revenu blessé du front russe et sa mère est devenue folle quand elle constaté qu’elle avait mis au monde un enfant différent. Elle fait des fugues, se cachent et finit internée dans un asile où elle décède rapidement laissant Trudi seule avec son père qui loue des livres dans la petite ville. Aux obsèques de la mère, la foule réunie compose un bel échantillon de ce qu’est l’Allemagne nazie en gestation : les forts en gueule revanchards, les idéalistes, les catholiques intégristes, les nationalistes, les xénophobes, les faibles suiveurs, les juifs fatalistes ou optimistes, les communistes et ceux qui sont déjà des justes mais ne le savent pas encore et ne le sauront probablement jamais. Comme son père sage parmi les sages.

    Trudi passe son enfance parmi les livres en essayant par tous les moyens de grandir pour être comme les autres qui la rejettent ou la terrorisent mais même ses prières, ses exercices et ses régimes n’y peuvent rien, elle grossit mais ne grandit point. Et, comme sur les bords du Bodensee où Martin Walser nous a montré, dans « Une source vive », comment le nazisme c’est insidieusement  glissé dans les couches populaires avec son arsenal de démagogie et de brutalités, Burgdorf connait, elle aussi, la montée de ce nouveau fléau. Quand la situation devient de plus en plus difficile, que les juifs sont persécutés puis emmenés, Trudi et son père résistent en silence mais non sans efficacité avec tous les risques que cela comporte.

    Elle comprend mieux alors le problème da la différence auquel elle est confrontée et qui ne s’applique désormais plus à elle seule mais, avec plus de cruauté encore, à d’autres : les juifs, les homosexuels, les tziganes, les handicapés, … Et, quand le conflit éclate et que la solution finale touche les petites villes, c’est sur les traces d’Hans Fallada, et de « Seul dans Berlin », qu’Ursula Hegi emmène Trudi et son père, dans une résistance active et très risquée aux agissements cruels des nazis. Dans l’action, devant le danger, la naine oublie un peu son handicap et parvient à se prouver qu’elle peut, elle aussi, jouer un rôle dans la société.

    Quand l’Allemagne écrasée, exsangue, châtiée, cessa les hostilités,  les misères ne se dissipèrent point et les populations subirent encore longtemps la faim, le froid et les privations en tout genre. Et, «muets, écrasés par des secrets auxquels ils s’interdisaient eux-mêmes de penser, les hommes de Burgdorf revinrent. » Alors, il fallut affronter de nouveaux problèmes : les absents, les blessés, les détraqués, les coupables, l’épuration plus ou moins juste, le silence, l’oubli, l’ignorance du parcours de chacun. Et, sur les traces d’Ernst Wiechert cherchant le pardon et l’absolution dans « Missa sine domine », l’auteur cherche à comprendre comment est né ce régime, pourquoi il a pu s’implanter et comment il y a pu commettre de telles exactions dans un pays à la culture aussi riche.

    A travers ce lourd pavé, Ursula Hegi semble, comme nombre d’Allemands de cette génération, chercher elle- même à comprendre son passé, ou plutôt le passé de ses parents, dans cette période si trouble où « les familles retrouvèrent maris et fils sans oser leur poser de questions sur la guerre. » On pourrait penser qu’elle a écrit ce livre pour exorciser un vide dans sa propre histoire. « Pour ces enfants, … , le silence était une chose normale : ils grandissaient avec. « Normal » : le mot était terrible, quand on y pensait. La plupart d’entre eux connaissaient l’existence de la guerre, … , mais ils avaient très vite appris qu’il n’était pas bon d’en parler, … »

    Alors pour que cet exorcisme soit possible, il faut essayer de comprendre les origines de cette barbarie sans omettre le rôle prépondérant que l’auteur attribue à l’église catholique qu’il stigmatise fortement, l’accablant de bien des tares : suppôt du nazisme, pédophilie, intégrisme suicidaire. Il semble avoir un compte personnel à régler avec cette institution. Il faut aussi qu’il y ait des responsables mais ne pas, pour autant, rendre tout le monde coupable, «… nombre d’Américains considéraient tous les Allemands comme des nazis. Or, Trudi savait déjà ce que c’était que d’être perçu comme un ennemi dans son propre pays parce qu’on s’opposait aux nazis… » Et quand la culpabilité est établie et jugée, il faut encore marcher sur le chemin de la rédemption et pour cela il faut accepter mais tous ont-ils compris et accepté ?

    « Tu ne dois pas avoir honte d’être allemande.

    C’est pour moi un poids que d’être allemande. Comme pour nous tous.

    ….

    Non, non, Trudi. Toute cette malchance est tombée sur nous à cause d’une personne, une seule, et c’est très regrettable. Mais ça n’a pas souillé toute la nation. »

    Et maintenant, comme le fait Ursula Hegi avec ce livre, il faut lutter contre l’oubli car Trudi l’avait déjà bien senti : « Elle n’en revenait pas de cette capacité qu’avaient les gens d’oublier, du jour au lendemain, qu’ils avaient soutenu les nazis, de nier tout ce qui venait de se passer dans leur pays, … » « Leur allégeance à un chef puissant et unique devenait maintenant leur excuse : puisqu’ils n’avaient rien décidé mais simplement obéi aux ordres, rien ne pouvait leur être reproché. »

    Ce livre où les mots du récit, de la narration, de l’invention, de l’affabulation, du mensonge, de l’imagination pour masquer la cruauté de la réalité et contourner tout ce qu’on ne peut pas dire et nommer, ont tellement d’importance, n’apporte rien de nouveau au débat, il permet seulement de mieux comprendre qu’une génération d’Allemands, principalement, cherche encore une partie de son histoire et qu’il faudra toujours remettre l’ouvrage sur le métier pour que la mémoire collective se souvienne.

    D.B.

     

     

     

  • La République des Lettres numériques

    Cet auteur s'est déclaré candidat à la présidence de la République des Lettres numériques. L'ennui, c'est qu'il n'a pas d'e-lecteurs.

  • Les volumes

    Cette bibliothèque voyait le nombre de ses livres diminuer sans que la différence soit compensée par le chiffre des prêts. Il fallut plusieurs mois d’enquête administrative et la fermeture de l'endroit pour cause de raréfaction de livres avant de connaître le fin mot de l’histoire. C’était la bibliothécaire, atteinte d’une forme aigue de pica, qui dévorait les livres. Il faut dire qu’elle avait considérablement gonflé depuis sa prise de fonction, à tel point que, après son forfait avéré et au moment de son arrestation, il fut impossible de la sortir de la bibliothèque où elle s’était cloîtrée. On dut abattre deux cloisons et faire appel à une grue. Des experts en ingestion de papier révélèrent, et ce fut un grand soulagement pour l’industrie du livre et les malades du pica, que ce n’était pas le papier qui l’avait fait grossir mais les diverses sauces avec lesquelles elle les avait mangés. Dans les études qui ont été menées, on apprend que les livres de certains auteurs, parmi les moins bons évidemment, font plus grossir que les autres. Nous tairons ici leurs noms afin que le volume de leurs ventes en librairie n’en soit pas affecté. 

  • La dictature de la critique

    Aholf Ditler, critique féroce, ne trouva la paix dans son bureau bunkerisé qu’après avoir éliminé de la surface de la terre littéraire tous les écrivains vifs.

  • Un rêve de lecteur

    Cette femme répondait à tout ce qu’il cherchait chez une personne de l’autre sexe. Chacune de ses particularités était unique et la réunion de tous les éléments en un seul ensemble produisait un effet ardent, comme une déchirure.

    Puis, il y avait les livres autour d’elle, des milliers de livres neufs, qui n’avaient jamais été touchés, tout en ne demandant qu’à l’être. Encre et papier, peau des couvertures, chemins de chair, course des pages... Autant d’histoires recelant leur part d’imaginaire, des mots par milliers de milliers, autant que la dette du monde entier en dollars, se déroulant suivant les règles d’un récit, d’une narration simple ou touffue.

    La question qui se posa à notre lecteur ébahi et, pour tout dire, déconcerté, fut celle-ci: « Comment emporter tout cela, réaliser l’impossible équation de la beauté féminine et de l’attrait des livres, de tous les livres ? » Soudain, il trouva. Comme Archimède ou Picasso, et tant d’autres chercheurs émerveillés de leur trouvaille subite et pourtant évidente comme de l’Eau de parfum d’Yves Rocher entre les seins - naturels - d’une naïade.

    D’un geste, il décomposa l’apparition en autant de fragments qu’il pouvait énumérer et il les plaça entre les pages d’un livre, chacun venant augmenter l’univers romanesque ou poétique d’un auteur. Cet acte posé, il acheta les livres élus pour enlever toutes les parties de sa belle et il sortit, l’air de rien, avec l’élégance d’un Arsène Rupin après le fric-frac de chez Dexia. Chez lui, il n’eut plus qu’à reconstituer parfaitement le puzzle (fort comme Perec) et proposer à l’aimable lectrice égarée dans la librairie de partager sa vie de lecteur installé depuis toujours au Pays des livres.

  • L'éditeur de sa vie [conte cruel]

    Quand il le rencontra, ce fut le coup de foudre. Cet auteur sut tout de suite que c’était l’éditeur de sa vie. Grand, beau et riche comme il l’avait rêvé. Avec une belle maison d’édition et plein d’auteurs qui le courtisaient. Mais s’il voulait garder la main, obtenir un maximum d’avantages, notre heureux auteur ne devait pas lui accorder, comme lui avait conseillé son coach en publication, son bon à tirer tout de suite. Non, il devait faire lanterner le convoitant, faire durer le désir. Les mouvements d’approche durèrent cinq jours, après quoi, par un mail cinglant, l’éditeur déclara qu’il en avait assez de ses façons, de ses tergiversations, et qu’il mettait fin à leurs relations. Perdu, décontenancé, déçu, comme floué, notre auteur se tourna, par dépit, vers un moche et petit éditeur. Il lui donna son livre dans une crise de larmes et de rage, pestant comme un hystérique contre le grand et bel éditeur. Le crapoteux et courtaud éditeur qui n’avait plus d’argent demanda à l’auteur de payer pour l’impression de son livre. L’auteur se retrouva vite aussi seul qu’avant dans le monde impitoyable de l’édition. Son  livre imprimé sur les bras. Invendable. 

  • Malia & Melody Gardot en noir & blanc

    My baby just cares for me / Malia (2012)

    Baby I'm a fool / Melody Gardot (2009) - cliquer 2x pour voir la vidéo


  • La neige est blanche

    A force de se regarder,
    Ne pas comprendre, ne pas s'aimer,
    Vraiment, le temps nous est compté,
    Vraiment, le temps nous est compté.

    Alors, puisque le mal est fait
    Que le trou grandit, le lit défait,
    Chacun se regarde, chacun se tait,
    Chacun se regarde, chacun se tait.

    C'est un homme dont le corps se penche.
    Comme un arbre mort, il tend ses branches
    Mais le froid est là, la neige est blanche,
    Mais le froid est là, la neige est blanche,
    La neige est blanche...

    Gérard Manset

  • En ce jour

    En ce jour qui pèse à peine

    son lot de neige

    je cherche à respirer

    la lumière et son manque

    et je respire le peu

    qui me vient d'aube

    derrière le rideau tiré

    la ville est là toute chose dite

    avec ses veines ses rues

    les ruses d'hiver

    qu'écrire semble dérisoire

    sous le vernis la glace

    on relaie les déveines du monde

    on essuie quelques yeux désappris

    quelques cris

    on reste là assis

    sur de pénibles

    incertitudes

    dans une pénombre d'âme

    un escalier

    perdu

     

    Philippe Leuckx, 11.02.12


    Dernier ouvrage paru:

    D'enfances, aux éditions Le coudrier

    http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2012/01/29/d-enfances-de-philippe-leuckx.html

  • IRENE PHILIPS ET PHILIPPE MATHY SUR LE "CHEMIN DU VENT"

    369422_1424082850_695073978_q.jpgpar Philippe LEUCKX

     

     

     

    Gémellité, quand tu nous tiens! Philippe Mathy, après avoir collaboré étroitement avec des artistes, Ruelle, Vandycke, entre autres, propose ici ses poèmes de "vent" à la lecture d'une graphiste coloriste, spécialiste en ciels parme et tout de lavis orientaux, Irène Philips.


    Travailler ensemble suppose contraintes et connivences. Ce que d'autres compères ont exploré dans le domaine musico-poétique, Lucien Noullez et son ami Marc Dugardin, le même Noullez entreprenant avec Virginie De Lutis une découverte photographique...


    Les contraintes (tout art ne naît-il pas de contraintes, comme le rappelait Tarkovski) : treize textes en vers libres, en prose qui s'acheminent, le vent au dos.images?q=tbn:ANd9GcRP6AslPAMKy5lC1wwHVUJNvwB63Mb6P6SyUe_8c2uHd9UhvEyy


    Nous connaissons la démarche du poète, moins celle de ce peintre qui donne au moindre ciel des instances d'aquarelle.


    Le poète de Guignies, en Picardie belge, sait que la lumière héberge un rien de poésie et lui donne raison de vivre, tel l'oiseau qu'il serait sans problème, passant "d'une rive l'autre. Il le dit en réponse à cette interrogation toute simple : "pourquoi écris-tu?".


    La réponse appelle des connivences, des réseaux de sens. Entre les poèmes tissés de vent, de souplesse vers le ciel d'Irène, il y a cet "ange" qui traverse notre lecture, il y a ce "ciel d'octobre", puisque cette saison est chez lui préférence.


    Chaque poète a les siennes : nous retrouvons ici, en terre de connivence, les douces correspondances d'une voix attelée à dire l'essentiel. La beauté fruit d'un rien. Cette lumière qui change et qui semble déjà d'hiver. L'hiver, en secret redouté.


    Les grands espaces d'Irène - où les couleurs sont hommages à de Staël - ces parmes - aux flamboyants couchers de soleil d'Hopper, aux franges orientales d'Hokusaï, ...- et des bleus à se fondre dans ces toiles, tableaux bleus que ne renierait pas un Poussin. Il suffit de se reporter aux pages 18 et 47, où un air d'Arcadie s'échancre sous nos yeux.


    A ce propos, n'oubliez pas d'aller voir les quelque vingt autres illustrations, maîtrisées, avec la reprise d'un motif, une espèce de clôture libre, de "piquets" silhouettes, qui frangent les oeuvres aux trois-quarts de leur hauteur. C'est très fin, subtil...Enfin, des "piquets" sans fil, libres comme ...le vent.


    A parler d'images , venons-en à la beauté de celles-ci et lisons, sous la plume française de Philippe, ou sous la langue de Christoph, le néerlandais, ces vers :

    "Le temps n'est pas aux réponses mais au temps qui va"

    "Octobre en nous quittant nous offre l'écume d'une beauté"


    La marche, pourvoyeuse de tant de textes, nous vaut ceci :

    "Nous avançons plus forts, / sans même savoir que, / au plus profond de nous, / un visage/ nous a fait don de disparaître".


    Nous sommes heureux de retrouver la voix d'un poète, au-delà des dernières barques qu'il s'est données, pour oeuvrer sur "le chemin du poème" comme il le dit si bien.


    Ed. MEDUSA, 2012 (trad. Christoph Bruneel)

  • Lacrimosa de Preisner dans The tree of life

    Le Lacrimosa du Requiem for my friend (écrit en mémoire de Kieslowski) de Zbigniew Preisner chanté par Elzbieta Towarnicka.

    Ce chant fait partie de la b.o. de The tree of life de Terrence Malik. Après un quart d'heure de film, vient une séquence de près de vingt minutes d'images de création de l'univers (réalisées pour une partie d'entre elles dans un laboratoire avec un bain chimique, un plateau tournant etc., ce ne sont pas des images de synthèse). Puis le film retrouve un cours plus normal mais qui reste typique du style du réalisateur.

     

    Le film raconte de façon impressioniste l'histoire d'une famille ordinaire américaine de la seconde moitié des années 50. Avec un père sévère, qui veut donner le sens du combat, de la survie, à ses trois fils (il incarne la nature), et une mère taiseuse et aimante (elle incarne la grâce). Dix ans plus tard environ (le film commence par là), la mère apprend le décès d'un de ses fils à la guerre. Mais c'est le parcours de l'aîné (entre adolescence et âge adulte) qu'on suivra, appelé à choisir entre la philosophie du père et celle de la mère... Avec Brad Pitt (le père), Jessica Chastain (la mère), Sean Penn (le fis aîné à l'âge adulte). 

  • Écrivain pour pub

    Après une brillante carrière littéraire, cet écrivain fut appelé à jouer dans une pub pour un soda. C’était ce qu’il avait toujours voulu. Son rêve accompli, il abandonna l’écriture et se consacra à la culture de betteraves. Au fil des ans, il visionnait de moins en moins le film publicitaire qui avait fait son bonheur. Il finit par oublier sa prestation et mourut d’une crise cardiaque en voulant déterrant une racine particulièrement tenace. Sur la scène de son travail, comme Molière ou Johnny Guitar Watson. Quant à ses trente-sept livres, personne ne les lit plus depuis longtemps. Sinon un seul, son plus personnel, Le jus de betterave dure trois jours.

  • L'homme à la Chimay bleue

    couverture-de-l-hcb.jpg?fx=r_550_550"C’est un roman qui a été publié en 2006, chez l’éditeur Chloé des Lys.

    L’ouvrage avait été bien accueilli, il avait suscité de la curiosité, de l’intérêt et de l’inquiétude chez ceux qui voyaient dans ce récit la volonté de son auteur de se suicider en buvant de la Chimay bleue jusqu’à en crever !

    Après avoir publié les titres suivants: Mijn vader is groot ou  Comment je suis devenu un con qui ne parle pas le néerlandais de Dominique Watrin, La saga Maigros d’Éric Dejaeger, Des capiteuses pensées de J-P Querton…

    Pour inaugurer l’année 2012 du Cactus Inébranlable, Jean-Philippe Querton réédite L’homme à la Chimay bleue dans un nouvel habillage beaucoup plus élégant, un look charmeur qui augure d’une ambiance bien noire.

    Ce titre est d’ailleurs le premier de la collection « Cactus Noir » !"

    Pour offrir une « fleur » à ceux qui souhaitent soutenir le Cactus, sachez que l’ouvrage est proposé à 12 € au lieu de 15 jusqu’à la fin février.

    Pour commander, envoyez un mail à cactus.inebranlable@gmail.com ou téléphonez au 0497/76.35.55