• La muse timide

    Une fois écrit trois-quatre mots, deux ou trois vers, cet auteur ne parvenait pas à faire décoller son texte. A peine avait-elle montré son nez que la muse, trop timide, retournait dans son terrier. Il avait beau taper du pied, colérer, péter un plomb (s’il était tireur à la carabine) ou un câble (s’il était tireur de lignes électriques), faire son De Funès, son Sarkozy en fin de mandat, son Di Rupo en faim de pouvoir, l'écrit restait lettre morte. Alors il rassemblait toutes ses chutes, téléphonait à la Mutuelle, pour déclarer sa muse malade, et à la Communauté Française, pour arrêter les subventions, les honneurs... Puis il mettait ses pieds dans la prose et partait gambader dans l'alittérature comme un romancier ordinaire ou les gens qui écrivent des mails, des rapports ou des procès verbaux.

     

  • Mina Tindle 3x

    Os Argonautas (reprise de Caetano Veloso)

    To carry many small things

    Lovely day

    Interview

    http://www.youtube.com/watch?v=FcUrEeIcp-o

    Site

    http://minatindle.com/

     

  • La damnation du pavot

    images?q=tbn:ANd9GcTTqm_Lr-OxfcpXXMJg4jR_uXgz3sYg5j1WMW0Rz1zCVqzAJQvxQwpar Denis BILLAMBOZ

    Entre l’histoire du déclin d’un puissant clan de l’Est tibétain, penchant plus vers la Chine que vers Lhassa, et la destinée d’une famille noble chinoise obligée de partir pour l’exil, j’ai trouvé le dénominateur commun qui m’a fait réunir ces deux textes : l’introduction d’une agriculture spéculative, la culture du pavot. Dans les deux cas, le cycle infernal du pavot s’inscrit de la même façon dans une société locale encore proche de son état féodal. Dans un premier temps, la richesse comble les familles entreprenantes puis rapidement la drogue gangrène la jeunesse avec son cortège de malheurs : addiction, maladie, débauche, corruption, affaiblissement et finalement accaparation de la richesse et des territoires par des voisins envieux qui veulent mettre la main sur la production magique. Les Hans de Chine coloniseront les clans tibétains et, plus au sud, ceux qui étaient peut-être les ancêtres de Chiew-Siah Tei ont dû fui leur pays pour grossir la Chine de la diaspora en Malaisie.

     

    images?q=tbn:ANd9GcTL79UTRaw_dMcd2fWZmZKtrwRYHgQbAb399O6tdWJKniBvoROTLes pavots rouges

    Alai ( ?  - ….)

    « J’étais juste un passant, venu sur cette terre merveilleuse quand le système des chefs de clan approchait de sa fin.» Il était le second fils du chef du clan des Maichi, là-bas à l’est du Tibet, aux confins de la Chine, où « les chefs de clan avaient toujours préféré l’empire temporel de l’est au pays spirituel de l’ouest. » On le disait idiot… mais l’était-il ? En tout cas, c’est lui qui raconte l’histoire du clan des Maichi, de son expansion, de sa splendeur et de sa déchéance.

    Dans les années trente, dans ces vallées perdues, les chefs de clan disposent d’une pouvoir absolu sur leur territoire et leurs sujets et se livrent des guerres fratricides pour assurer leur hégémonie et accroître leur trésor. Pour vaincre un vassal félon, le chef du clan des Maichi fait appel à la puissance du voisin chinois qui lui fournit des armes modernes pour assurer une victoire aisée et un prestige certain auprès des autres seigneurs.

    A cette occasion, le Chinois incite le chef du clan vainqueur à planter des pavots dont il achètera, lui-même, la production,  ce qui apportera une grande richesse à celui qui en assurera la culture. Après plusieurs échauffourées, guerres et autres amabilités entre voisins, tous les clans disposent des graines de pavot et se lancent dans la culture spéculative sans retenue jusqu’au jour où la carence en céréales vivrières crée une dure famine. Seul le clan Maichi qui a semé de l’orge, tire profit de cette calamité pour augmenter encore ses richesses en vendant son orge à des prix mirobolants et en installant une forme d’autorité sur les autres clans. Le pays entre alors dans l’ère de l’économie de marché, l’idiot construit une véritable ville commerciale à la frontière du pays des Han. « C’était la première fois, dans l’histoire des chefs de clan, que l’on transformait une forteresse en marché. »

    Mais cette ouverture deviendra rapidement néfaste aux populations car les blancs et les rouges qui s’opposent en Chine, exporteront vite leur conflit sur la terre tibétaine pour le plus grand tort de cette civilisation des chefs de clan qui connaîtra alors un déclin inéluctable.

    Ce vaste récit, à la fois roman picaresque et rocambolesque, conte épique mais aussi parabole sur le pouvoir et son exercice, la puissance et la gloire, le déclin et la déchéance, est prétexte à brosser un vaste portrait de ce Tibet particulièrement méconnu, loin de Lhassa et de son pouvoir, bien différent de l’imagerie habituelle, plus proche de la Chine. Mais, l’auteur, même s’il est Tibétain, est aussi un bon Chinois récompensé par le plus grand prix littéraire de son pays, le prix Mao Dun, et, donc, sa version n’est pas forcément la plus objective mais c’est un regard qu’il ne faudrait tout de même pas oublier.

    Ce récit a aussi le mérite de démontrer comment une culture hautement spéculative a pu, en s’appuyant sur la cupidité des hommes, conduire une civilisation vers son déclin en lui inculquant la gangrène que véhicule l’économie de marché, à l’image des drogues et maladies vénériennes qui envahissent les villes nouvelles dévolues au commerce. Les bordels s’installent aux côtés des auberges, des banques et autres échoppes et répandent la syphilis dans les populations corrompues. L’enrichissement brutal de ce pays, resté jusque là dans les nimbes médiévales, va inéluctablement attirer le regard du puissant voisin qui, en manipulant les chefs de guerre frontaliers, va trouver, là, une excellente porte pour entrer dans ce territoire qu’il revendique depuis un certain temps déjà.

    L’idiot qui narre cette saga familiale, l’aventure de tout un peuple, la déchéance d’une civilisation, la fin d’une époque, n’est peut-être finalement pas si idiot que ça. Car, s’il n’a pas forcément l’intelligence de son frère aîné, il a des intuitions souvent très opportunes, un bon sens bienvenu, et il sait user à bon escient de la ruse et de l’astuce qu’il oppose à la force brutale des autres. « Je savais, à présent, quand je devais surprendre ceux qui me méprisaient en ayant l’air d’être la personne la plus intelligente du monde. Puis, quand je leur avais fait assez peur pour qu’ils me traitent comme un garçon intelligent, j’agissais à nouveau stupidement. » Et, c’est un intéressant discours sur le pouvoir et son exercice, l’intelligence et l’intuition, la stratégie et le hasard, que nous propose Alai à travers ce texte qui pourrait paraître un peu primaire à certains, d’autant plus, qu’en ce qui me concerne, je n’ai lu qu’une version traduite de l’américain. Les risques de déperditions et de transformations ne sont tout de même pas nuls en passant du chinois à l’américain et de celui-ci au français.

    J’ai eu l’impression, par moments, d’entendre comme des roulements de tambour venus du côté de chez Gunther Grass, mais ce n’est peut-être qu’une impression, « … même les gens intelligents sont quelquefois stupides. »

     

    images?q=tbn:ANd9GcQjCqiVe3WjzdhAzzLOu_lxDs2bn2uVY4UoyW5WDuxdiCFJHAvqQwLa petite cabane des poissons sauteurs

    Chiew-Siah Tei ( ?  - ….)

    Jeune Malaisienne de la colonie chinoise, Chiew-Siah Tei, désormais exilée en Ecosse, semble avoir voulu écrire un livre initiatique pour remonter un arbre généalogique qui pourrait être le sien et faire revivre des ancêtres qui auraient exploité un vaste domaine agricole dans le sud de la Chine jusqu’au début du siècle dernier.

    Elle commence son histoire avec la naissance, en 1875, de Mingzhi qui comble de joie son grand-père, le maître absolu du domaine, qui a désormais un héritier pour assurer la continuité du lignage et combler les ancêtres qui veillent sur le sort de la famille. Mais, cette naissance irrite au plus haut point la seconde épouse du fils aîné qui elle aussi attend un enfant qui ne sera que le second. Les clivages se manifestent rapidement. Le fils second devient le bras droit du père car le fils aîné vit dans la débauche et ne s’occupe pas du domaine, l’épouse seconde est très jalouse de l’épouse première du fils aîné, et, on devine rapidement que les deux nouveaux nés seront rivaux toute leur vie.

    Le fils aîné impose la culture du pavot qui satisfera son opiomanie mais désole le fils second qui ressent de forts scrupules à cultiver ce poison. Mingzhi suit des études brillantes que son frère n’arrive pas à assimiler en sombrant vite dans la facilité et la débauche. Mais ces destinées qui semblent toutes tracées sont bousculées par l’arrivée des étrangers, Japonais et Européens, qui espèrent bien se partager le gâteau chinois malgré la violence de la résistance des Boxers qui bouleversent l’ordre établi.

    Ce roman qui se voulait certainement la tragédie d’une famille confrontée à la disparition d’une civilisation ancestrale et à l’irruption brutale d’une Chine nouvelle agressée par des peuples étrangers, n’est pour finir qu’un vague mélodrame de second ordre où tout est bien trop prévisible. On dirait que l’auteur a voulu écrire un roman chinois pour retrouver ses racines mais qu’il n’a pas pu échapper à sa culture anglo-saxonne qui se ressent trop dans ce très long texte. Il aborde bien, tout au long de son récit, des thèmes importants : le choc des cultures chinoises et européennes, la disparition de la Chine traditionnelle, la place des femmes et des filles dans la société chinoise, toutes les tares de l’ancien régime : corruption, népotisme, favoritisme, …, l’introduction des cultures spéculatives, etc… mais tout ça nous le connaissons bien depuis longtemps, au moins depuis que Pearl Buck, Lao She, Pa KIn et bien d ‘autres  l’ont écrit avec beaucoup plus de talent.

    Mais, Chiew-Siah a peut-être trouvé l’ancêtre, auréolé de toutes les qualités et ouvert au monde extérieur, qui aurait installé sa famille en Malaisie pour échapper à la violence des siens rejetant ses amis européens et lui-même par là-même. Cet ancêtre visionnaire qui aurait créé la Chine de la diaspora qui allait pousser la porte des marchés européens et transporter la richesse ancestrale dans le Sud-est asiatique.

     

     

  • Dresseur d'oreilles

    Toutes les oreilles ne sont pas obéissantes, ça s’entend. Il faut commencer par les faire tenir droites sur une chaise d'église avec deux épingles à prière et une attache nonne. Montée des sons sur l’échelle des décibels en progression logarithmique (et que ça suive).

    Ensuite, le travail du dompteur. Il peut durer des mois. Mais le jour de la représentation, sur la piste sonore, toutes les oreilles sont fières, à l’écoute, attentives. Et le dresseur est prêt, propre sur lui, lavé de l’intérieur, avec tous ses sons dans la main, celle qui ne tient pas le fouet qui claque et qui siffle.

    Le numéro peut débuter. Il sera applaudi dans le silence. Seulement d’un claquement de mains mimé. Car les oreilles, après leur numéro, ne supportent plus aucun bruit. Un seul d’entre eux peut les faire tomber (ça serait con). 

  • FIÈVRES de Denys-Louis COLAUX

    Sur des photographies de Philippe BROUSSEAU, de superbes textes en prose de Denys-Louis COLAUX

    Sanction Immédiate - Les Impassibilités de la Passeuse - La Belle dormante - Coco Baronne - La Belle Ailée

    L'apparition bleue - La Belle Hélène - La Considérable Gifle - La Porteuse d'Yeux - La Sylphide - La Hurleuse - La Nouvelle Squaw - La Vapeur de la Passion - L'En Allée - Le Cri Rouge

    LA DORMANTE 

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    Là-bas, une femme qui dort n’est jamais une femme qui dort. C’est une femme qui écoute le granit, la pierre, la cathédrale encore dispersée. C’est une femme qui recueille le gémissement du temps, qui en capte les flux pulsés par un cœur qu’elle est la seule à percevoir. Là-bas, une femme qui dort est une femme qui s’étend dans le bain tiède de sa beauté et, sans se séparer d’elle, la répand comme une rumeur. Là-bas, une femme qui dort est une femme qui se méfie du lait qu’il faut brasser dans le café de la nuit. Là-bas, une femme qui dort est une femme qui, pour noyer les indices, verse du porto dans la nuit. Là-bas, une femme qui dort est une femme qui dort là-haut, qui écrase son bout filtre au cendrier des soleils mouillés. Là-bas, une femme qui dort capture au lasso de sa langue le baiser rouge de la fraise. C’est une femme, là-bas, quand elle dort, qui lessive les suaires de ses fantômes favoris et écaille le tain au miroir bleu de ses phantasmes. Là-bas, une femme qui dort tient une lampe allumée, une lanterne qu’elle balance et qui hèle les épaves des caravelles. Là-bas, une femme qui dort est une femme qui lit à l’écran clair de ses paupières. Là-bas, une femme qui dort est une femme qui dompte l’animal noir de son sommeil. C’est, là-bas, une femme nichée dans la sciure de sa forêt, dans l’ouate de son ciel, dans les étincelles de son jour suspendu. C’est, là-bas, une méfiante eau qui dort dans le trouble de sa navigation. Une femme qui blanchit la feuille noire de son rêve, tend la main vers le commutateur du réel, traverse un dimanche de nef et de solitude. Là-bas, une femme qui dort n’est jamais une femme qui dort.

    Mais aussi NEUF CORPS CELESTES, LIVRET ROCOCO et ALBUM BAROQUE: des poèmes ou chansons sur des photographies de Philippe Brousseau

    A lire et à voir ici:

    http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/

  • Jean Ferrat à l'honneur

    Lettre de Philippe TORRETON à Jean Ferrat

     http://blogs.mediapart.fr/blog/netmamou/240412/lettre-de-philippe-torreton-jean-ferrat

    Une chanson pour Jean Ferrat, texte de Denys-Louis COLAUX

    http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/archive/2012/04/24/une-chanson-pour-jean-ferrat.html

    Sur le site de D.-L. Colaux, lire aussi une biographie de Jean Ferrat et une présentation et une interview d'un de ses paroliers, Guy THOMAS

    http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/

    Ma France

    J'arrive où je suis étranger (texte d'Aragon)

  • Les accidents de lecture

    Après avoir publié sur toutes sortes de supports : peau,  parchemin, ardoise, tablette d’argile, coffre-fort, bambou, papyrus, carton recyclé, pvc, voile, sable, vague, la maison d’édition de cet éditeur multimedia trouva enfin le succès en imprimant des textes sur des carrosseries de véhicules - en mouvement. 

    Suite à une vente mortelle, le nombre de tués au bord des autoroutes augmenta considérablement : les lecteurs qui s’étaient amassés sur la bande d’arrêt d’urgence pour pouvoir lire vite et à l’œil des quantités énormes de littérature. C’est depuis ce temps que la lecture sur e-road a été institutionnalisée par la Sécurité Routièreelle occasionne désormais beaucoup moins d’accidents de lecture.

  • DOISNEAU 1912/2012

    images?q=tbn:ANd9GcRTXlMzgsSLy7n9sf_i0xby-k7Zo1r0PrFDYkt46a5wZ53GC1zmmApar Philippe Leuckx




    Deux ans après la belle exposition de CENT PHOTOGRAPHIES de Doisneau au Musée Cartier-Bresson, deux années après la parution du beau volume "PARIS", voici que s'amorce une nouvelle avancée dans la (re)découverte du très grand photographe de Gentilly/Montrouge et du monde.

    On a si souvent réduit l'impact de son oeuvre, tant dénaturé la complexité, si mal perçu l'étonnante vitalité d'une oeuvre nombreuse, très variée, bien plus plurivoque que les discours stéréotypés à son adresse. Que de poncifs à l'oeuvre dans son analyse : du style photo populaire, sentimentale, baignant dans les approches de l'enfance et des banlieues...

    Au moins, l'acuité des "cent photographies" montrées a dévoilé une partie des facettes de l'auteur.

    images?q=tbn:ANd9GcS6ZsVRZVbnTKfPkECx_H8MQngXeTLI7xnpe3ShPeKFUDNuWDS8Mais subsiste toujours le frein de la mémoire : les reproches des photos faussement improvisées, les procès d'intention (au sujet des figurants du "Baiser de l'Hôtel de Ville")...

    Il aura fallu près de dix-huit années au-delà de son départ , un 1er Avril 1994, pour prendre - enfin - la juste mesure d'une oeuvre que ses deux filles - sur base du classement minutieux de leur père Robert - sont en train de mieux faire connaître. Nous n'avons jamais aujourd'hui accès qu'à une faible partie d'une masse de plus de quatre cent mille clichés. Combien? Il y a eu une quarantaine de volumes depuis l'édition en 1949 de "La Banlieue de Paris", chez Hoëbeke, surtout. De beaux livres, conjointement assurés par l'oeil de l'artiste et la plume d'écrivains (Cavanna, Pennac...)...

    Comme pour l'oeuvre pessoenne, le monde de la photodoisneau est à découvrir. Par pans entiers.

    Dans l'attente - et 2012 prévoit toute une série d'hommages à Paris, à Tokyo, ici même à Stavelot -, retournons à ces oeuvres uniques : "Le Réverbère", "La poterne des peupliers", "Anita", "Picasso et ses pains", "Le nez au carreau", "Les glaneurs de charbon", ses portraits de Colette, Marais....

    Une lumineuse composition préside à l'esthétique de la "photodoisneau" (comme on dit cinémaozu), non pas un système clos, non pas une série de reprises, non pas une pratique sans concertation : non, un luminisme à tous égards personnel, dans la volonté de jouer du contre-jour et des arêtes splendides des lignes de fuite et d'ombre indécise, une magistrale mise en place des lieux et des gens.

    Des clichés inoubliables : "Les enfants de la Place Hébert", "L'instruction scolaire rue Fontaine", et, par dessus tout "Les enfants de Salkhazanoff"(Paris 1950).

  • Bien des choses

    BIEN DES CHOSES de François MOREL

    au Petit théâtre de la Ruelle

    Joué par Jacques Delmeire, Salvatore Vullo.

    Dans une mise en scène d'Emmanuel Guillaume

    Vendredi, samedi soir et dimanche après-midi.

    Plus d'infos & des vidéos sur le blog des MOLIÈRES & MOCASSSINS

    http://molmoc.blogspot.com/

     

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  • Supplique à Mireille Mathieu

    par François Morel

  • Le parti d'en rire

    par Francis Blanche et Pierre Dac

    http://pierredac.free.fr/

  • LES SAINTS PATRONS

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    Ne dormez pas sur vos deux oreillers

       S’ils sont faits de pierres et de bruits!

    Ne galvaudez pas vos souvenirs vos regrets

        S’ils sont faits de sable et de silence!

    Priez Sainte Aube Sainte Nuit

    Et le saint patron de l’Insomnie!

     

    Ne sortez pas seul sous la pluie!

        L’eau fait des rides sur les visages

    Ne déchirez pas vos mains aux tempêtes!

        Les doigts ploient sous le vent

    Priez Saint Soleil Saint Nuage

    Et le saint patron de la Météorologie!

     

    Ne marchez pas nus dans la sainte journée

          Tant que les icônes n’ont pas été décrochées!

    Ne graffitez pas les murs de mots doux

          Tant que les grammairiens sont au travail!

    Priez Saint Mot Sainte Virgule

    Et le saint patron de la Terminologie!

     

    Ne caressez pas d’épaules étrangères!

        Il y a des peaux comme des patinoires

    Ne frappez pas d’anathème les miroirs!

         Il y des glaces sans tain et sans crème fraîche

    Priez Saint Corps Sainte Chair

    Et le saint patron de l’Emberlificoterie!

     

    Ne soufflez pas dans le nez du voisin

         S’il a sa bouche donnant sur vos lèvres!

    N’écoutez pas à sa bouche tordue

         Le chant chaotique des ses dents!

    Fichez-vous de Saint Moi Sainte Folie

    Et du saint patron de la Psychiatrie!

     

    REPRENEZ COURAGE !

     

  • On achève bien les psy

    Ce jour-là, le psy n’était pas à ça, à écouter attentivement, à prendre des notes, à proposer de pâles interprétations, à donner des conseils. Non, il n’avait qu’une envie, que son patient termine la séance et parte. Mais non, son patient ne s’arrêta pas et il était si épuisé qu’il n’eut pas la force de l’arrêter, de trouver les arguments, de faire preuve d’autorité. Il l’écouta entre deux sommes peut-être mais il l’écouta pendant des jours, des mois, des années, et il finit par mourir. Enfin, le patient sortit après lui avoir fermé les yeux, la porte de son cabinet et appelé les services chargés du décès des psy fatigués de leur métier... 

  • La fin de la phrase

    Cette phrase ne s’arrêterait donc jamais ! Il avait commencé à lire avec elle, sans épuiser au fil des ans sa longueur. Il eut le temps de connaître plusieurs amours et de faire trois enfants. Depuis sa retraite de professeur de Lettres, ses forces déclinent et il se demande s'il pourra un jour la terminer. Par mesure de précaution, il a résumé ses quelque soixante ans de lecture à son premier petit-fils qui, il le souhaite, connaîtra la fin de la phrase. 

  • Dans les rues

    Rue de la Préméditation, il prémédita. Rue de l’Armement, il arma son arme. Rue du Tir, il tira. Rue du Crime, il tua. Rue du Palais de Justice, il prit pour vingt ans. Rue de la Libération, il fut libéré. Mais rue de l’Accident, il se fit écrasé par un tram qui sortait de la rue du Vicinal. Rue de l'Hôpital, il mourut. Rue du Cimetière, il fut enterré à côté de sa victime, comme, rue du Testament, il l’avait demandé. 

  • L'homme de ménage

    Dès que sa compagne était partie au travail, cet homme revêtait son tablier de ménage et appelait des femmes pour leur servir à manger des plats de sa composition, laver, repasser, réparer leurs effets. Quand sa compagne rentrait, les convives rentrées chez elles, elle le trouvait affalé sur le canapé, devant la télévision, comme s’il n’avait rien fait de sa journée. 

  • Têtes de turc

    images?q=tbn:ANd9GcTYoFvu79c_eePKLF4eGg6_gJ7RLEFmuOeHUv4GO2dlCHgAxx5Vpar Denis BILLAMBOZ

    Ils ne sont certainement pas à l’origine de l’expression mais ils ne sont pas, non plus, les meilleurs amis du pouvoir en place dont ils dénoncent tous les excès. Dans les écrits présentés ci-dessous, ils nous montrent un monde plein de malheurs et de misères sur fond d’un pays qui ne connait que la répression pour guider le peuple vers une société meilleure mais surtout pour s’assurer que le pouvoir ne changera pas de mains et restera dans celles de ceux qui en profitent largement. Et, pour oser dénoncer ces abus dans un état policier comme la Turquie, à l’époque où ces deux auteurs ont écrit, il fallait avoir un caractère bien trempé, du tempérament et du courage : en trois mots avoir, selon l’expression consacrée, une véritable tête de Turc.

     

    images?q=tbn:ANd9GcTlTC6wkZZXqJwH80g26WXyD3lmX9mKsVOvtaRJXa4uRdPsHUB_Les oiseaux de bois

    Asli Erdogan (1967 - ….)

    Cinq nouvelles, cinq histoires de femmes, des dérives à la limite du monde fantastique et du monde réel défini par le carcan d’un pouvoir autoritaire et policier qui ne connait que la force et la violence répressive. Asli Erdogan possède à merveille le sens de la nouvelle qu’elle traduit avec son écriture dense mais délicate et pleine de sensibilité.

    Elle nous emmène dans un sanatorium allemand ou trois femmes indigènes et trois étrangères soignent leur maladie pulmonaire en essayant de croire qu’elles peuvent encore exister et séduire même si la mort s’approche inexorablement. Cette mort qui n’en finit pas de prendre la femme de cet homme, un peu veule, qui sillonne la ville dans un taxi pour ne pas assister à la décrépitude de son épouse. Déchéance que connaîtra sans doute cette autre épouse enceinte qui se néglige un peu, mais qui se démène pour apercevoir quelques minutes encore son mari qu’on emmène ailleurs. Ailleurs, là où semble être cette folle géniale et candide qui tombe dans tous les pièges de la société et qui devient une proie facile pour ceux qui sont chargés de la répression.

    Des récits qui mettent en scène des innocentes victimes d’un monde cruel où apparaissent toujours en toile de fond des pouvoirs autoritaires et barbares, notamment en Turquie à cette époque. Des histoires où la maladie, la mort, la violence humaine apparaissent comme une fatalité, comme « une tragédie que l’on se transmettait de génération en génération ». La mort fascine particulièrement l’auteur qui semble se complaire dans la description de la décrépitude morbide des femmes pulmonaires ou en phase terminale d’un cancer, du petit chat écrasé ou du chien agonisant.

    L’image de la vie au moment où elle bascule vers le néant, où la réalité semble s’évanouir, où l’imaginaire peut être encore la vie. « Et j’ai pensé que toutes ces choses – les guerres, les prisons, les femmes battues, etc. – n’étaient qu’hallucinations. Donc, ce n’était pas le monde qui était en cause, mais mon imagination débridée. »

     

    images?q=tbn:ANd9GcSw8BRf2zYQwCEQh2hIjvTWTeL1P_gSbnAPig2mJtS_sBAseRzpUne saison de solitude

    Livaneli ( 1946 - ….)

    Sami, réfugié politique turc en Suède, accepte que son ami écrive son histoire, son exil, les raison de son exil, mais exige de pouvoir relire le manuscrit avant la publication du livre. En relisant la prose de celui-ci, Sami constate qu’il a, en bon écrivain, ajouté certains détails, modifié certains passage pour que le livre soit accessible à tous les lecteurs et donc commercialisable. Il constate également qu’il y a un certain nombre de choses qu’il n’a pas dites, et même qu’il n’a pas pu dire, à son ami, il souhaite donc apporter quelques modifications ou précisions à la version originale de son histoire. Ainsi, après avoir apporté tous les compléments et précisions qu’il souhaitait intégrer dans le manuscrit, il constate que sa part est aussi importante que celle de l’auteur. Ils décident donc de publier un ouvrage à deux voix : celle de la vie un peu romancée d’un exilé turc en Suède et celle de cet exilé, lui-même, qui apporte sa version et ses impressions personnelles.

    Dans ce roman à deux voix Sami, réfugié politique, essaie de s’intégrer en Suède en apprenant la langue pour trouver un emploi et pouvoir construire une nouvelle vie mais il est victime de malaises que les médecins prennent pour de l’hypocondrie. Il finit tout de même par se faire hospitaliser et dans l’établissement où il est soigné, il rencontre un ancien ministre turc, en fin de vie, connu pour sa cruauté, à qui il a eu affaire quand il était encore au pays. Alors, sa vie bascule et les questions se bousculent dans son esprit, la vengeance devient possible, est-elle nécessaire ? Il en parle avec ses amis activistes en exil qui se divisent sur la question. Progressivement les relations entre la victime et le tortionnaire s’organisent, s’intensifient, s’étoffent, la compassion s’installe, le pardon serait-il possible ?

    Ce livre original décrit, évidemment, le statut et les conditions de vie des réfugiés politiques, quelles que soient leurs origines, la difficulté qu’ils ont à se faire accepter, l’impossibilité d’oublier le pays qui les a meurtris mais aussi façonnés, les problèmes quasi insolubles pour construire un avenir possible avec une famille. Mais, il voudrait surtout nous proposer une réflexion sur la vengeance en remontant l’histoire de Sami jusqu’au moment où son sort a basculé, et en cheminant jusqu’au jour où le hasard a réuni ces deux êtres que tout oppose, dans les mêmes affres de l’exil, là où la compassion peut faire comprendre et accepter plus facilement un possible pardon. « … La nostalgie peut-elle se montrer plus forte que la haine ? Le sentiment d’appartenance peut-il se révéler supérieur à la haine ? Peut-on oublier la haine ? » A quoi peut servir la vengeance ? La vengeance calmera-t-elle les séquelles de la torture qui altèrent la frontière entre le réel et l’imaginaire, qui bouscule la perception entre ce qui n’est qu’hallucination et phobie et ce qui est souvenir et mémoire. Pourra-t-elle passer par delà la frontière qui sépare le dit du non dit, ce qu’on peut dire de ce qu’on ne peut pas dire, et permettre à Sami de raconter son histoire pour construire son avenir ?

    Avec son chat Sami pourra sans doute dépasser tout ce qu’il a subi, peut-être comprendre que la culpabilité peut aussi être affaire de circonstance et que la victime ne saura jamais ce qu’elle aurait fait à la place du tortionnaire. Mais ceci est une autre histoire … « Tu étais gibier ou chasseur. Chat ou lapin. Assassin ou victime. » Ainsi en a décidé le sort et peut-être aussi ceux qui ont pris le pouvoir.    

     

  • Petites histoires pleines d'importance de Guillaume Siaudeau

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    Petites histoires pleines d'importance
    (Courts textes en prose)
    Collection Le Chat de Poe
    Livre numérique / Format pdf / 60 pages
    6,95 $ canadiens (environ 5 euros...)
    Illustration de couverture : Marieve Gagnon


    4ème de couverture : 
    Voici quelques petites histoires pleines d'importance.  Celles sans importance ont refusé d'être de la partie. Des historiettes découpées à même le tissu du quotidien.  Des fruits doux et acides à cueillir et à manger, un verre à la main, au pied d’un arbre, pendant que le Soleil et la Lune se mâtinent au-dessus des saisons. Ces brèves évocations, peu banales, sont vraies, au sens que l’art donne au mot vérité.  Vibrantes, d’une poésie et d’une humanité profondes.  Trop pudiques pour se dire autrement.

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    Le blog de Guillaume Siaudeau

    http://lameduseetlerenard.blogspot.com/

  • En douce

    J’écris en douce, en catimini. On ne m’entend pas faire. Jamais un mot plus haut que l’autre, un pet de souris, un crissement d’écran, un tapotement de clavier. Mes mots coulent comme de l’eau. Des textes soyeux, lissés, léchés. Pour amoindrir les chocs toujours susceptibles de se produire, j’œuvre dans un bureau capitonné de cuir, de coton, de velours où nul être n’est jamais entré, nul texte n’est jamais sorti. J’ai téléchargé à toute fin d’émoussement un filtre qui m’assure un anonymat complet, un repli certain. Ce serait dommage de donner des textes si parfaits sur un plan sonore à des commentaires tapageurs, à une critique braillarde, possiblement piquante, toute en rugosités et jugements pointus, forcément bruyante. 

  • Un nuage

    Par temps lourd, elle lui apparaissait dans la masse nébuleuse sous la forme d’un nuage aux contours suggestifs. Toute sa beauté offerte, à la limite de l’indécence, car sous le blanc ouaté on pouvait deviner tous ses reliefs. Mais inatteignables, lointains comme le sommet d’une montagne. Un jour de grand soleil, elle lui apparut sous la forme d’un cumulo-nimbus, esseulé dans le ciel bleu. Mais était-il possible que personne d’autre ne voie ce qu’il voyait ? Cette fois, son corps n’était pas opalescent mais d’une couleur chair, comme si elle lui était apparue nue, dans l’impudente fraîcheur de sa peau humide. Bien vite elle se résolut en pluie mais il eut la prescience d’esprit de saisir un verre et de recueillir une partie de son écoulement. Et il avala avec volupté l’eau au goût à peine prononcé de varech.

  • TRANCHES DE SAVOIR

    images?q=tbn:ANd9GcR018YVSKQ_1Krn4_SzejXzz5QRCr0BYJDB4EXeqELSO8SHHPm_aApar Henri MICHAUX (1954)


    Comme on détesterait moins les hommes s’ils ne portaient pas tous figure.

     

     

    A huit ans, je rêvais encore d’être agréé comme plante.

     

    Attention au bourgeonnement ! Ecrire plutôt pour court-circuiter.

     

     

    Faites pondre le coq, la poule parlera.

     

     

    Les oreilles dans l’homme sont mal défendues. On dirait que les voisins n’ont pas été prévus.

     

     

    Taciturne en montagne, bavard en plaine.

     

     

    Ma vie : traîner un landau sous l’eau. Les nés-fatigués me comprendront.

     

     

    Tout n’est pas dur chez le crocodile. Les poumons sont spongieux, et il rêve sur la rive.

     

    Délire d’oiseau n’intéresse pas l’arbre.

     

     

    Qui cache son fou, meurt sans voix.

     

    Le phallus, en ce siècle, est doctrinaire.

     

     

    Chaudron de pensées  se prenant pour homme.

     

    Qui chante en prison mettra, quand on le lui demandera, son frère en prison.

     

     

    Qui laisse une trace, laisse une plaie.

     

     

    Qui a rejeté ses démons vous importune avec ses anges.

     

    Le cœur du sensible souffre trop pour aimer.

     

     

    C’est ce qui n’est pas homme autour de lui  qui rend l’homme humain. Plus sur terre il y a d’hommes, plus il y a d’exaspération.

     

     

    Ne faites pas le fier. Respirer c’est déjà être consentant. D’autres concessions suivront, toutes emmanchées l’une à l’autre. En voici une. Suffit, arrêtons-la.

     

  • Chansons d'avril: Simon & Garfunkel, Voulzy, Fitzgerald & Amstrong...

    April come she will / Simon & Garfunkel

    La fille d'avril / Laurent Voulzy

    April in Paris / Amstrong & Fitzgzerald

    En avril à Paris / Charles Trenet

    http://www.youtube.com/watch?v=NL2ygc14YX8

    Chanson d'avril (Bizet) / Giuseppe Di Stefano

    http://www.youtube.com/watch?v=NWiWGyV21Tg

    April / Deep Purple

    http://www.youtube.com/watch?v=6EvfpBGjYkY&feature=fvwrel

  • BAGLIN "ENTRE LES LIGNES" - Ed. La Table Ronde


    images?q=tbn:ANd9GcRTXlMzgsSLy7n9sf_i0xby-k7Zo1r0PrFDYkt46a5wZ53GC1zmmApar Philippe LEUCKX

    Un fou de chemin de fer, de voies, de chemins de fer électriques perfectionnés...Sans doute, au sens d'une passion irrépressible, qui vous vient d'enfance.

    Une manière de raconter la vie de ses proches, son frère, ses parents, les amis de ceux-ci toujours par le biais d'une gare, d'une barrière à surveiller, de locos à soigner, de voies...

    Michel Baglin, que les récents "Chemins d'encre" (2009) et "L'alcool des vents" (2010) font connaître pour son "métier d'écrire" et son lyrisme où il "rend grâce" à tous ses domaines de prédilection, est le type d'auteur à nouer entre les époques des aiguillages inédits.

    Le voilà bien entrepris quand il songe à se donner, passé la cinquantaine, de petites gares et des lignes comme étapes d'une initiation qui remonte loin.images?q=tbn:ANd9GcQURW6fhTZehQBlkBBjnj218iYv33KgUJdsVDL_GZhOfJ901v6U

    Ce qu'on retire de cette lecture de "Entre les lignes", tout à la fois référence aux vapeurs, aux caténaires, aux rails, et aussi à l'écriture même de ce récit fervent, c'est un bout d'histoire familière, époque bénie où les gens aimaient encore se retrouver pour un petit verre de blanc, casser la croûte ensemble, rire franchement entre deux plats. Un peu le monde d'Hardellet, des zincs, de la banlieue féconde.

    Les lieux défilent à la vitesse des trains : le petit Parisien que fut Baglin a fait la connaissance de la province, du sud, et ses souvenirs sont riches : les années cinquante pourvoyeuses d'expériences, sensibles aux codes. Ainsi, cet épisode où un machiniste se fait tancer par un jeune petit chef pour excès de fumée en pleine gare, alors que son expérience n'est plus à prouver, qui prend une amende mais évite, grâce à sa réputation, le blâme!

    Tant d'autres épisodes seraient à citer. Du reste, l'écriture fluide, nerveuse relaie bien le mouvement des trains, c'est le sens du voyage, c'est le goût des ailleurs qui nous happe.

    Ce beau récit initiatique reconstitue non seulement une époque, il explicite une conscience littéraire, née littéralement "entre les lignes" de chemin de fer!

     

     

  • Hannah Cohen

    The crying game

  • Les cartes

    Il aimait les cartes géographiques. Il les possédait toutes : celle de son quartier, de sa ville, de son pays, de la planète, du monde. Mais celle qu’il préférait, c’était celle de son propre corps, à l’échelle 1/1, qu’il emportait partout avec lui. Pour se retrouver dans le noir. 

  • La gorge sensible

    Quand il toucha la gorge sensible de cette femme, des paroles et des pleurs en jaillirent, tant et tant et sans discontinuer qu’il ne lui resta plus, pour arrêter l’hémorragie, qu’à lui couper le cou. 

  • La chambre conjugale

    Dans la chambre conjugale, Monsieur dort sur le parquet et Madame au plafond, cela a toujours été ainsi. Les photos de leurs rejetons qui ornent les murs de la chambre peuvent se regarder d’en haut comme d’en bas. En fait, les mômes sont hybrides, la partie supérieure identique à la partie inférieure, ça permet de les appréhender aussi bien dans un sens que dans l’autre. La marmaille possède aussi d’autres avantages comme une double paire de bras et une double paire de jambes mais une seule tête,  située au milieu du corps. Et pas d’aile pour s’envoler, contrairement à plusieurs de leurs copains, ce qui les contrarie grandement et les conduit à visiter un psychoptère douze fois par jour. Comme on l’aura compris, ils sont aussi à l’aise en contrée escarpée qu’en pays plat. Pour tout dire, Monsieur Cancrelat et Madame Araignée se sont accouplés une seule fois, par accident, lors du grand courant d’air du mois dernier.

  • Le discours de Stockholm

    Par crainte d’être pris au dépourvu le moment venu, cet écrivain anxieux ne travailla toute sa vie qu’un seul texte : son discours de Stockholm. Son absence d’œuvre par ailleurs n’attira, comme on s’en doute, jamais l’attention du jury du Nobel. 

  • Les éditions Rose Bonbon

    Depuis qu’il écrit sous la bannière des éditions Rose bonbon, cet écrivain jadis obscur a acquis une légèreté compromettante que peu de ses semblables lui passent ; ce qui l’oblige à replonger régulièrement aux éditions des Grands Fonds pour prouver qu’il n’a rien perdu de son abyssale noirceur.