• Romans-promenades

    Ce promoteur eut l’idée de transformer un parc d’attraction ordinaire en vaste terrain de lecture, en parcours promenade où chaque station du périple racontait dans un décor approprié le chapitre d’un livre.

    Il y avait le parcours Montagne magique, le parcours Odyssée, le parcours Voyage au bout de la nuit, le parcours Recherche du temps perdu... Les lecteurs du Château croisaient les lecteurs d’Absalon Absalon, silencieusement, comme des dormeurs poussant un songe.

    Pour les grands romans, une semaine était nécessaire. Mais avec la mise sur le devant de la scène de nouveaux auteurs à succès, le promoteur dut faire place aux romans des auteurs de best-sellers et c’est à ce moment-là que le tableau s’assombrit. Les lecteurs du Quatuor d’Alexandrie ou Guerre et paix s’en prirent aux lecteurs de Et si c’était vous ou Ensemble c’est tout et on dut baliser plus sérieusement les itinéraires afin que les files ne se croisent pas. Malgré tout, des noms d’oiseaux se perdaient par-dessus les clôtures. Pour les gens pressés, on organisa pendant le temps de midi des circuits poésie et même des courses de haies-ku.

    Les grands auteurs furent momentanément abandonnés quand le parc perdit ses grands arbres et devint un désert, un immense terrain vague à perte de vue, dévasté, abandonné, où des lecteurs sans livres errent encore en fin de journée sur les traces d’une allée jadis aimée leur rappelant les pages d’écriture d’une anthologie disparue.     

     


  • La faute à la photo

    J’ai une photo des Alpes et une photo d’aphte (comme une montagne) dans ma bouche (comme un gouffre).

    J’ai une photo des Caraïbes et une photo de Johnny Depp.

    J’ai une photo d’une idylle avec une Vanessa divine.

    J'ai une photo de vache et une radio (avec des crachotements) des poumons du ruminant.

    J’ai une photo de Dupond et Dupont (mais aussi de Maigret et Maigros), une photo des frères Bogdanov (mais aussi des Curie – elle irradie) et une photo pourrie des frères Dardenne (je hais les César).

    J’ai une photo de gros chat et une photo de petite mouche (grossie dix fois).

    J’ai une photo de moi (un peu mitée) et une photo de toit (avec des fuites).

    J’ai une photo de cave et une photo d’imbécile (dans sa cave).

    J’ai une photo de moi (un peu floutée) dans un cadre en toi et une photo de mon ego coupée à hauteur du nombril qui me fait hurler de rire (ça fait mâle).

    J’ai une photo gauche et une photo droite (je ne photographie pas au centre).

    J’ai une photo de glace (on voit à travers) et une photo de miroir (avec tes reflets).

    J’ai une photo de bonhomme de neige dur et une photo de dame blanche qui coule (c’est dégueulasse).

    J’ai une photo de tram (sur le flanc hors des rails) et une photo de bus (en grève au dépôt).

    J’ai une photo d’auto. J’ai une photo d’auto. J’AI UNE PHOTO D’AUTO.

    (Ai-je fait une faute en photographiant mon foutre?)

  • L'amoureuse

    Dans la pièce aux lettres d’amour, l’amoureuse se glisse et dérange tous les mots à double consonne. Elle se couche sur les heures sans sommeil et rêve d’une fabrique d'armoires à chaussures. Sur un chat botté elle tire sans sommation et s’effondre car, du phare où on la voit se dévêtir pour dormir, nulle mer ne souffre de brise plus légère qu’un souffle quand, à l'aube d’une correspondance, le facteur dépose sur la vague une simple manière de dire. 

  • Jean-Louis Trintignant

    46 ans après Un homme, une femme, Jean-Louis Trintignant à l'affiche d'une nouvelle Palme d'or: Amour de Michael Haneke

    Jean-Louis Trintignant, un portrait du comédien filmé chez lui en Provence par son ami de 50 ans, Serge Korber (France 2012, 76 min). Avec les interventions de Marin Karmitz, Michael Haneke, Claude Lelouch, Costa-Gavras...

    En vision sur Arte.tv:

    http://videos.arte.tv/fr/videos/jean_louis_trintignant-6665736.html


    Bande-annonce d'Amour 

  • Quelques poèmes de Boris Vian & une vidéo

    Le fond de mon coeur

                                                      A moi

    Je vais être sincère - une fois n'est pas coutume -

    Voilà:

    Je serai content quand on dira

    Au téléphone - s'il y en a encore

    Quand on dira

    V comme Vian...

     

    J'ai de la veine que mon nom ne commence pas par Q

    Parce que Q comme Vian, ça me vexerait.



    Qu'y a-t-il

                                                          A Jacques Prévence

    Premièrement:

    il y a beaucoup de mérite à épouser une femme plus jeune que soi

    Il y a beaucoup de mérite à épouser une femme

    Il y a beaucoup de mérite 

    Sans compter les emmerdements.


    Deuxièmement:

    Il y a beaucoup de mérite à épouser une femme plus vieille que soi

    Il y a beaucoup de mérite à épouser une femme 

    Il y a beaucoup de mérite à épouser

    Il y a beaucoup de mérite

    Sans compter qu'il y a des emmerdements.

     

    Troisièmement:

    Il y a beaucoup d'emmerdements

    Sans compter le mérite d'épouser une femme.

     

    La vie, c'est comme une dent

    La vie, c'est comme une dent

    D'abord on n'y a pas pensé

    On s'est contenté de mâcher

    Et puis ça se gâte soudain

    ça vous fait mal et on y tient

    Et on la soigne et les soucis

    Et pour qu'on soit vraiment guéri

    Il faut vous l'arracher, la vie
     


    Tout a été dit cent fois

    Tout a été dit cent fois

    Et beaucoup mieux que par moi

    Aussi quand j'écris des vers

    C'est que ça m'amuse

    C'est que ça m'amuse

    C'est que ça m'amuse et je vous chie au nez.

     

    Je veux une vie en forme d'arête

    Je veux une vie en forme d'arête

    Sur une assiette bleue

    Je veux une vie en forme de chose

    Au fond d'un machin tout seul

    Je veux une vie en forme de sable dans des mains

    En forme de pain vert ou de cruche

    En forme de savate molle

    En forme de farifondaine

    De ramoneur ou de lilas

    De terre plaine de cailloux

    De coiffeur sauvage ou d'édredon fou

    Je veux une vie en forme de toi

    Et je l'ai, mais ça ne me suffit pas encore

    Je ne suis jamais content

     

    Pourquoi que je vis

    Pourquoi que je vis

    Pourquoi que je vis

    Pour la jambe jaune

    D'une femme blonde

    Appuyée au mur

    Sous le plein soleil

    Pour la voile ronde

    D'un pointu du port

    Pour l'ombre des stores

    Le café glacé

    Qu'on boit dans un tube

    Pour toucher le sable

    Voir le fond de l'eau

    Qui devient si bleu

    Qui descend si bas

    Avec les poissons

    Les calmes poissons

    Ils paissent le fond

    Volent au-dessus

    Des algues cheveux

    Comme zoiseaux lents

    Comme zoiseaux bleus

    Pourquoi que je vis

    Parce que c'est joli 

     

    Je voudrais pas crever (dit par Jean-Louis Trintignant) 

    http://www.borisvian.org/

     

     

  • TROU COMMUN : L'UNIVERS AU NOIR DE DAVID BESSCHOPS

    369422_1424082850_695073978_q.jpgpar Philippe LEUCKX

    Noir, c'est noir. Une couverture, chez Argol, qui fait scintiller les lettres blanches du patronyme et du prénom, car pour le reste, le noir domine. Titre en rouge! Et effigie de l'auteur, comme une trace à la véronique sur un drap!(1)

    De l'auteur belge, Liégeois né en 1976, quelques plaquettes à l'écriture nerveuse et originale nous avaient alerté : il y a là une voix étrange, tissée de pur langage littéraire, où les figures de style s'engendrent, constituent la seule trame du texte. Il n'y a que les mots, pourrait-on dire. Les thèmes, les tons viennent par dessus, dans un beau désordre, mais selon une logique implacable. Ainsi, avait-on pu goûter les charmes vénéneux de "Azabache"(Ed. boumboumtralala), de "Russie Passagère" (Tétras Lyre) ou encore de "Lieux Langue Folle" (Maelström, bookleg), ce dernier, par apologue, disant assez bien ce que le texte peut bien vouloir signifier pour l'auteur. La folie par dessus, et comment!

    images?q=tbn:ANd9GcRoV07PjneH07EmdMRXsqJNjmPxZ5niq3WMsIsja9H9GUI12uVpLe voilà donc à la croisée des destins, puisqu'il s'agit ici d'un premier roman - après des poèmes -, étrange tissage de poésie et de noirceur, de langue crue et d'obscénités tous terrains.

    Difficile de résumer ce livre, innervé en tout petits chapitres d'une page et quelque. Pourquoi? Parce que de nombreuses voix s'entrecroisent : celles des père et mère, celle des enfants, sept en tout, mais qu'il faut fouiller pour bien les identifier, car, pas de codes facilement identifiables. Besschops recrée le romanesque, le genre narratif, en lui instillant les atouts qu'il délègue au poétique. Pas de phrase naturellement claire! On est dans le trou! On voit à peine se placer le personnage qu'il laisse place à d'autres figures.

    C'est un monde d'en-bas. Un trou. Une langue qui a dépecé les matières.

    Quelles matières?

    Une interprétation filiale, familiale, sur fond d'enfance trouée, peut donner quelques balises. Le narrateur - aussi mobile qu'une chèvre au piquet - a six ans, a des frères, a un père. Un zizi, des bandes dessinées. Il dit d'emblée : "J'aime le langage qui fait ventre". Voilà de la littérature-calembour de bout en bout. Enfin, je me fais comprendre.

    Barthes eût dit, face à ce texte-magma : "par où commencer?", comme il se posait la question pour deviner les intentions scripturales du Proust de 1909! Ici, la matière d'enfance suinte de tous côtés.

    Oui, il y a des enfants, très vite "au trou des choses"...Oui, il y a une mère et ses grossesses Oui, le père et un frère "à l'enfance brindezingue". Des hôpitaux. Des incestes.

    Difficile d'y voir clair! Pourquoi, parce qu'on est en pleine langue, dans le réseau des mots, des images, dans la suie de leurs traces. Une langue très méta! Les phrases renvoient aux phrases. Les réalités naissent des figures. Et l'on n'en sort (puisqu'il faut bien sortir!) qu'avec, en l'oreille, la surprise stylistique de haut vol. Ecoutez cette langue folle de Besschops : "J'installe ma crise dans nos meubles", "Je retire les draps du lit souvent bateau"," Par le carreau je quête inlassablement un sursaut d'humanité"...

    En fait d'humanité et d'humaine compréhension, on est forcément "dans le trou" : démence d'un frère, copulations multiples, comparaisons de verrats, boissons pour mâles, et j'en passe.

    Le style! Voyez-vous ça! Des phrases qui se donnent un mot, deux. Qui forniquent des ellipses à n'en plus voir le bout! Qui se mangent la queue! Les narrateurs s'en donnent à foutre-joie dans cet univers déjanté, glauque, interlope, un espace d'égout, puisque le mot tombe vers la fin...

    Sortir des égouts, après quoi? Après avoir appris qu'on est père, époux d'une "lionne, le père, le belge, qu'on a "serré férocement l'émoi dans l'oeuf", on peut écouter "un cochon dans (la) salle de bains". C'est un...métaphorique. Oui, si j'ai bien lu.

    Mais, il faut le dire, ces sauts de narrateur et ces sautes de style n'alignent pas forcément clarté et repères!

    Les dernières pages déclinent des évidences qui nous ramèneraient bien aux premières - pour les relire de conserve - : "les mots s'arrêtent à moi" ou "J'écoute les remords suinter à ma place"...

    Besschops, passé au roman comme on passe par des officines ou des chambres d'hôpital véreux, avec purges, médicaments, onguents, bouillies, pansements qui suintent, a conservé une langue folle. Voici donc le premier métaroman belge à décrypter - cet articulet vous en aura dévoilé les recoins, quant à en savoir plus, lisez et relisez ce Besschops de bazar! Ce gars-là, élevé au petit lait d'Eugène Savitzkaya - première manière, l'izoardienne, a bouffé du Choukri, débecqueté du Fassbinder, s'est trempé dans "Porcile" de PPP...Et le voilà! Un monstre! Mais ne le laissez pas traîner n'importe où! Certain(e)s ne pourraient pas...comprendre! Je parle de son livre!

    Au fond "Carmen" (Le Coudrier), son premier livre, en 2006, était sage! Mais, grands dieux de la prose, où va-t-il nous mener?

    Avec COTON - dans un autre registre, oh que oui!, BESSCHOPS est une grande voix de demain! Pour sûr! J'en donne mes langues aux chats que je n'ai point!

    Quant à la découpe de son écriture, je ne vois qu'un exemple en littérature belge : la spécialiste du "coupé court", de l'ellipse, du langage parlé redoré du blason "Jules Renard", notre BEATRIX BECK de "La Décharge", de "Stella Corfou"...

    de "La lilliputienne"...Mr Besschops, une question : avez-vous lu Madame Beck? Rien que le patronyme devrait vous aller comme un ....on...guent!

    En tout cas, il a lu COUNARD (cf. "Le laitier...")

    (1) D. Besschops, Trou commun, Ed. Argol, 2010, 112 p., 18 euros.

    Pour commander:

    http://www.argol-editions.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=63


     

  • LETTRE D'UN MUSICIEN REFORMATEUR ENERVE SUR LE POINT DE RENDRE SA CARTE DE PARTI

    Monsieur le Président du MMR (Mouvement Musical Réformateur),

    J'ai une carte de parti et j'avoue qu'en tant que chef d'orchestre (depuis 9 ans chef d’un grand orchestre après 12 ans passés à la tête d’un orchestre de bal et 5 ans à faire l’homme-orchestre et à m’administrer moi-même en plus de mon chien qui à ses heures joue du haut-aboie), on ne voit qu'une chose : augmentation des sonotones dans le public, mauvaise qualité des cordes de violon, craquement du bois des clarinettes et réduction drastique du diamètre du pavillon (aux dimensions d’un trou de souris) des saxophones altos...

    Je signale en passant que votre prédécesseur a été pendant quatre ans ministre des Fines Anches !!! Je signale encore l’augmentation des cotisations musicale de 12 à 20 % pour ceux qui n’entendent rien !!!!! Et le son du tuba qui descend toujours plus plus bas !!!!!!!!!! Je m’exclame, oui, mais restera-t-il assez de points ?!!!!!!!!!!!!!!!!!

    On a certes obsevé le relèvement du taux de risques de chute sur les peaux de batterie décollées de la grosse caisse et les cordes tendues n’importe où par des violoncellistes du Front de Gauche, je reconnais là l’avancée sociale.  

    Le poste qui me donne le plus de mal est le poste des percussions : augmentation de la TVA sur les cymbalums, montée des prix des lames de xylophone et poussée scandaleuse des charges sur les baguettes. Et ce, toujours avec les musiciens réformateurs au pouvoir !

    Ce sont toujours les mêmes qui jouent et les autres qui se la tapotent.

    Je suis musicien libéral démocrate depuis mes trois ans (avant, j’étais guitariste socialiste pop, le temps de faire toutes mes dents, et je suis né brailleur communiste comme tout le monde). Sans parler des onglets d’ukulélé qui font toujours défaut chez le vendeur d’instruments. Sans parler de l’augmentation du prix de la matière première musicale : le la(vent) à 5€ l’harmonique, et le sol(air) à 10€ !, et de la diminution du prix d’entrée dans les salles suite aux actions de grève répétées des transporteurs de son et des gardiens de l’auditorium suite à l’obligation de jouer en plein air les jours pairs du calendrier...

    Régimes différents pour les chefs d’orchestre suivant qu’ils font jouer du Mozart, de l’adaptation symphonique de Moby voire l’Opéra de quat’sous.

    Décès coup sur coup de grandes figures de la Musique contemporaine : Xénakis, Summer, Charden, Houston, quelques Gibb... Heureusement il nous reste Boulez, Gossip, Gaga, Stone, Farmer et 50 Cent - mais que fait-on encore aujourd’hui avec moins d’un euro ?

    Je ne crois plus à Sainte Cécile depuis longtemps mais parfois je me demande si je ne vais pas remettre les pieds à l’orgue et me faire nommé chef de la Chapelle musicale Princesse Erika par Benoît Lutgen.

    Faites attention, Monsieur le Président, que le mouvement de grogne ne gagne tous les domaines de l’activité musicale y compris les groupes punks revival, le DirHoopoverphonic et les musiciens du Sex Pistols Orchestra...

    Je suis musical démocrate mais pas cochon joueur pour les cornets à piston de la fanfare gouvernementale, je préviens

    De l’action, et la fin des notes salées, c’est ce que l’ensemble des chefs d’orchestre libéraux demandent. Si, comme je l'entends, vous voulez que la Musique et votre serviteur continuent à compter dans le décompte des bulletins de vote.

    Bien musicalement à vous et à votre grande famille de mélanomes, je voulais dire de mélomanes à fleur de peau.

    Eric Guitar Klaxon

     

  • Mallaurig de Gauthier Hiernaux chez CIé

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    EXTRAIT:

    "Vous allez me mettre le réchauffement climatique sur le dos aussi ? me rétorqua-t-il, l’air réellement choqué. Dès que vous dépassez un certain seuil de conneries, c’est de la faute des autres, mais quand on atteint les limites de l’envisageable, quand on ne peut plus passer le bâton merdeux à son voisin, on se tourne vers le méchant démon ! C’est votre problème, les gars, vous n’assurez pas ! Bon, pour la grande peste de la fin du Moyen-âge, les sept plaies d’Egypte ou le dernier tsunami en 2004, je conviens qu’il est difficile de trouver un responsable ! Mais dès que vous pouvez coller cette étiquette sur le front d’un type, on y va à la super glu !"

    TOUT SAVOIR sur Gauthier Hiernaux, Mallaurig avec une interview de l'auteur par l'éditeur sur le site de Cactus Inébranlable éditions

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/catalogue/mallaurig-gauthier-hiernaux.html




  • 40 auteurs de La Belgique sauvage à Paris & Saint Malo

    576285_3901527985516_1498685888_33301652_938198314_n.jpg"A la veille du départ vers Saint-Malo de 40 auteurs belges francophones, invités d'honneur du Festival Etonnants voyageurs (du 26 au 28 mai 2012), le Centre Wallonie-Bruxelles propose une fête en leur présence. 


    André StasNoël Godin et Jean-Pierre Verheggen, Éric Dejaeger, Jean-Philippe Querton, Théophile de Giraud... vous feront découvrir laBelgique sauvage : mémorable bataille d'aphorismes, séquences absurdes et irrésistibles, célébration de nos Fous littéraires. 

    La Compagnie PMVV le Grain de sable livre des extraits du spectacle Soyez belges envers les animaux, tableau tendre et cruel d'un pays peint par ses écrivains. 

    Des lectures et des chansons de Jean-Luc Debattice complètent encore le tableau. 

    Enfin, les Anj'ôleurs, cupidons contemporains, susurrent les textes les plus doux de notre littérature à nos chastes oreilles. "

    Lieu : Centre Wallonie Bruxelles, 46 rue quincampoix - Paris 

    Le 25 mai à 19 h.

    Le programme, tous les auteurs belges présents à Saint Malo:

    http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?page=themes2012&id_mot=3373

  • Soap & Skin 2x

    Déjà repérée ici en 2009, Soap & Skin revient avec un nouvel album: Narrow

    http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2009/07/10/sun-songs-12-the-sun-soap-skin.html

    Thanatos

    Voyage, voyage revisité

    Pour les nostalgiques des années 80 & de Desireless

    http://www.youtube.com/watch?v=KiUvwxa9lbI

    Soap & Skin 

    http://soapandskin.com/


     

     

  • Soap & skin

    Ma peau ressemble à la tienne. Au milieu de nulle part, elle appelle. Elle repère. Elle se repore. Elle tend ses filets. Elle a soif de rien, de petites choses. Elle se baignerait volontiers dans le vin si l’air était aux raisins, dans le bain si l'air était balnéaire, dans un refrain si l'air était à la chanson. En attendant le savon.

  • La main de fer de l'éditeur

    Cet éditeur dirige ses auteurs d’une main de fer. Quand un écrivain faiblit - dans les ventes -, on met ses livres au pilon devant lui, histoire de le mettre face à ses responsabilités. Suivant les prix recueillis en fin d’année, l’auteur choisira entre la lecture à voix haute d'un Anna Gavalda traduit en javanais et l'écoute en boucle de La Javanaise chantée en Claude français par un Yann Moix magnolias foreverisé, une semaine intensive d'atelier d'écriture sur le thème du rose dans l'oeuvre d'Éric-Emmanuel Schmitt ou un cycle de conférences sur le point de suspension et l'infini dans la trilogie allemande de Céline, deux cent pages de Beigbeder à recopier ou une semaine au Spa avec Amélie Nothomb. Après deux années sans prix, l'auteur   obtient un bon pour dix séances de mussothérapie et il est dirigé vers la filiale commerciale de l’entreprise...

     

  • L'amour le long de la voie ferrée

    Des femmes couchées avec des hommes du rail font l’amour le long de la voie ferrée. Dans le train qui me mène vers toi, je n’ai d’yeux que pour le paysage. Vaches, meules, champs, bois. Dans un texto, tu dis que la gare est détruite, que toutes les voies sont minées, que si le train s’arrête en vaste campagne, tu le feras exploser. Je consulte mon guide du chemin de fer et je constate que je me suis trompé de ligne. 

  • Les enfants du Grand Jardin / Carine-Laure Desguin

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    Les mots des fées 

    D'abord, ça raconte quoi, Les enfants du Grand Jardin ?

    Le narrateur s’appelle Vérone (« de nom et de prénom ») : c’est « un p’tit gars », haut comme un quart de guirlande de Noël et qui donc clignote. Il parle « la langue qui espère tout, celle qui chante et qui n’est pas de bois ». Il va raconter l’histoire de deux fées, Nicole et Marianne, qui « sont deux en une » et qui, elles, « clignotent tout le temps ».

    Elles vont « expliquer tout ce qu’ils doivent savoir de la terre et des étoiles et des autres planètes » à une trentaine d’enfants appelés, en général, les « têtes à trous » et, en particulier, de noms de villes : Bruxelles, Berlin, Venise...

    Elles vont expliquer en veillant à ne jamais affecter la capacité d’étonnement des enfants car « tout savoir est une erreur ou, pire encore, une faute ».

    Certaines têtes sont pour ainsi dire distraites et rêvent « de voltiger au-dessus des murs de briques dans l’urbain du quotidien des visages sans nom et des sourires sans papier. »  

    Elles vont « partir prospecter par-dessus les murs qui cognent au bout de la forêt qui pique et des rivières qui noient ». Deux d’entre elles, Oran et Jérusalem, y réussiront et partiront « piroguer » au-delà du grand jardin... Quand elles reviendront, les fées avec les enfants tireront des leçons de leur escapade.

    Puis, il s’agit se laisser mener par le bout des mots en gardant un œil sur le fil du récit qui va serpenter, sortir des sentiers battus mais nous conduira au terme du conte sans qu’on ait trop dévié du droit chemin.  

    Les enfants du Grand Jardin, c’est un hymne à l’enfance et au langage, au langage de l’enfance. Quand la raison n’a pas encore posé sa marque sur les mots. Les vocables s'assemblent en chants magnétiques suivant leur charge affective et les courants d'assonance. Le jardin est ce lieu par excellence des chimères, le terrain de jeux d’êtres en devenir qui n’ont pas encore découvert le monde mais sont déjà, de par leur (gé)nom(e), des voyages en puissance.

    Avec des accents de poésie surréaliste, des échos ionesciens du théâtre de l’absurde, sans oublier le goût du merveilleux de Lewis Carroll, Carine-Laure Desguin mène « la course folle de paroles en paraboles » et il faut s’accrocher car on va de surprises en inventions langagières. CLD a, pour filer la métaphore jardinière, le parler fleuri des parterres non encore quadrillés par des allées. Elle tire des joies de ses joutes verbales et nous fait participer à la fête. Mais qu’on ne s’y méprenne pas: sous ce déluge d’images à caractère fantasque couvent de la douleur, des frayeurs et du mal d'amour, à commencer par l'inquiétude de Vérone relative à ses origines... 

    Les formules heureuses et poétiques sont nombreuses, de telle sorte qu’on peut faire de ce livre une lecture en continu ou en détail.

    « Les visages d’où je viens n’ont pas gagné des feux importants. »

     « Les hiers sont tout petits. Les demains sont immenses... »

     « Les mots cassés ne vivent pas longtemps. »

     « J’améthyste sans tristesse les pierres qui précisent les précieuses. »

    « Désirez des désirs kilométriques ! »

    ...

    À la fin, le narrateur s’exclame : « C’est fort de granules de maragogype, une histoire pareille ! Pourriez-vous la répéter au complet du pardessus et de l’imperméable du futur ? »

    Pas sûr car les têtes sans trous ont caché le manteau du répétiteur dans la "grande hutte" bien que, là, tout de suite, le soleil qui s’écoule du « sucre de fraises » donne à l’inspiratif présent des airs de grand jardin. 

    E.A.

    Pour commander - sur le site de Chloé des Lys:

    http://www.editionschloedeslys.be/product.php?id_product=668

    Le blog de Carine-Laure:

    http://carinelauredesguin.over-blog.com/

  • Le martyre du lecteur

    Comme il lisait plusieurs livres en même temps, un jour, ce qui devait arriver arriva : deux romans qui présentaient un caractère commun se retrouvèrent côte à côte sur sa table de chevet... Un polar scandinave et un ouvrage de science-fiction russe dont l’action se passait à la frontière fusionnèrent page à page pour donner un seul livre. Le lecteur ne s’étant pas aperçu de l’amalgame ne comprit rien à l’intrigue tarabiscotée mais il ne s’en formalisa pas. Ni du volume de l’ouvrage hybride. C’était son quotidien, il était habitué à souffrir le martyre pendant des centaines et des centaines de pages.     

  • Passation de mouchoir

    Au ministère du chagrin, la passation de mouchoir s'est faite dans la dignité, le lot de kleenex à disposition ayant été épuisé en une semaine par l'équipe sortante.

  • Russian Red

    Everyday, everynight



  • Olivier Bouleau

    Publiés chez un éditeur bûcheron (aux pattes velues et à la tête dans les ramures), mes livres de bois sous mon nom d’auteur Olivier Bouleau présentent des caractères charpentés : ils sentent le sapin, ils flottent dans le bain (et peuvent supporter une savonnette), ils ont l’âge de leurs cernes (et un regard forestier), on les brûle après lecture (on peut conserver leurs cendres) ou en on fait des planches (pour supporter des livres papier, parbleu), ils sont vendus à la stère (pour les romans) ou en copeaux (pour les aphorismes), on coupe leurs pages à la hache... Ma dernière plaquette vient de sortir de terre aux éditions de L'Arbre: Le charme du hêtre. Elle prendra racine dans vos yeux. Un carnet de feuilles vouées à s’envoler au premier vent littéraire.     

     

     

  • Trait pour trait

    Alors qu’il était occupé à terminer une énième nature morte, le peintre entendit : « T’as mal copié ! » Regardant d’où venait protestation, il vit qu’elle émanait sans erreur d’un... cruchon. Sa première réaction fut une réaction de mépris. Qu’un compotier parle, à la rigueur une cafetière ou une pomme ronde et lisse, pourquoi pas. Mais un cruchon !

    Enfin, comme le peintre avait été éduqué dans les belles manières (cézanniennes), il se retint de répondre vivement et se contenta de dire : « Je fais de mon mieux, je trouve plutôt l’image ressemblante. – C’est parce que tu me connais mal ! » Cette fois, c’en était trop. Notre peintre laissa éclater sa colère et traita le cruchon de tous les noms de cruches. Celui-ci, ayant pris de l’assurance, lui rétorqua : « Et toi, peintre du dimanche, griffonneur de mes deux, tu n’es qu’un pâle imitateur ! » Sans réfléchir, le peintre se saisit de l’objet parlant et le jeta par terre. De tous ses éclats, une centaine de voix s’éleva à l’unisson : « Salaud de pestiféré de ta race, tu ne l’emporteras pas au paradis des gribouilleurs ! » Et tous de se ruer sur lui pour le couper à tous les endroits du corps en même temps.

    Pendant qu’il perdait un sang abondant, notre artiste eut droit à son portrait mourant réalisé à une vitesse prodigieuse par tous les morceaux de cruchon. Voilà ce que c’est de peindre, firent tous les (dé)bris d’une seule voix. Le peintre dut bien reconnaître qu’il avait été un piètre peintre et qu’il valait mieux qu’il meure en connaissant la vérité. Il désira mourir de toutes ses forces et son souhait fut exaucé. Cela ne reconstitua toutefois pas le cruchon qui n’eut jamais l’image à laquelle il avait voué sa vie de cruchon.

  • Janiva Magness 3x

    That's what love will make you do

    Weeds like us

    The devil is an angel too


    http://janivamagness.com/

  • L'imbroglio balkanique

    images?q=tbn:ANd9GcTTqm_Lr-OxfcpXXMJg4jR_uXgz3sYg5j1WMW0Rz1zCVqzAJQvxQwpar Denis BILLAMBOZ

    Deux ouvrages pour évoquer encore le drame balkanique qu’on ne peut décemment oublier, alors témoignons encore. Katunaric, le Croate, a choisi l’ellipse, l’allusion, la métaphore, … dans un recueil de quatre nouvelles où les femmes pourraient être les Balkans violentés, torturés, par des bourreaux pervers. Alors que Vukovic a choisi le témoignage direct, cru, à chaud, pour essayer de démontrer que l’opinion publique est trop souvent victime de manipulations savamment orchestrées par l’un ou l’autre, selon les circonstances, des belligérants en présence. Dans les deux cas, il restera de ces lectures que décidément l’histoire des Balkans est un imbroglio que même les Balkaniques ont bien du mal à comprendre.


    images?q=tbn:ANd9GcRc14BBjduwhDyb5C-3Lbmn2rx-dh53Jbj94EVtBx936tlP14E5Le baume du tigre

    Drazen Katunaric (1954 - ….)

    Katunaric propose un recueil de quatre nouvelles qui évoquent toutes les relations d’un ou plusieurs, homme avec une femme pour satisfaire un besoin charnel urgent ou une attirance particulièrement forte. Un jeune Croate séjournant en Chine pour un colloque, veut profiter de l’occasion pour s’offrir une jeune prostituée chinoise mais la démarche n’est aussi facile qu’il le croit. Un autre Croate réside au Maroc où il gagne sa vie sur les champs pétrolifères et voudrait passer le réveillon de l’an 2000 avec une femme qu’il finit par trouver en la personne d’une superbe noire qui ne lui laissera pas que le souvenir d’une belle nuit d’amour. Robert et Stanko voyagent en Inde avec les médiocres moyens qu’ils ont pu réunir et quand ils séjournent chez les tziganes on leur propose d’épouser une belle jeune fille du clan mais ils n’ont pas les moyens de la payer. La fille les manipulera de façon à gâcher la dernière chance que le chef de clan leur avait offerte. Et, pour terminer, un riche commerçant se fait très pressant auprès de la belle Miranda qu’il veut emmener avec lui loin, très loin, mais la belle aime son mari et l’affaire n’est pas facile à concrétiser.

    Quatre histoires d’amour impossible, ou presque, tant les intrigues sont  compliquées, presque aussi inextricables que la situation dans les Balkans, et échappent à l’entendement des hommes. Dans ces aventures, ces femmes pourraient symboliser les Balkans que les puissances veulent s’offrir sans se préoccuper de l’avis des intéressés. Une ode à la femme exploitée en même temps qu’une parabole sur le sort de ce pays qui ne connaitra jamais la paix, la liberté et la sérénité comme ces hommes en besoin d’amour, ou de soulager leur trop plein de désir, qui croient parvenir aisément à leurs fins mais qui rencontrent des obstacles qu’ils n’envisageaient pas a priori.

    L’expression d’un certain désespoir et d’un réel pessimisme dans la possibilité de vivre en harmonie sur ce bout de terre et plus généralement un regard plus que perplexe sur la capacité des hommes à vivre leur condition en dehors des conflits, des aléas malencontreux et autres arias.

    Quatre nouvelles construites comme quatre véritables petits romans dans un style très élaboré, riche, pour faire vivre quatre intrigues à la mécanique très sophistiquée mais parfaitement huilée.

     


    images?q=tbn:ANd9GcQZEzDcpaVCfEV_MbqtV0BBEEAd2OyeEEJHPR6BKpuVIIELi7BcqgL’assassinat de Sarajevo

    Zelko Vukovic (1956 - ….)


    Ce livre peu paraître un empilage de témoignages, de réflexions, d’analyses à chaud, jetés en urgence sur le papier pour faire savoir ce qui se passe exactement à Sarajevo pendant cette horrible guerre, tout ce que l’opinion mondiale ne sait pas et n’a pas compris. Un livre qui pourrait paraître bâclé mais il fallait faire vite, très vite, avant d’oublier, avant de relativiser les faits, avant que l’opinion  tourne son attention sur une autre catastrophe. Zeljko Vukovic, journaliste bosniaque, a pu rester à Sarajevo de mai à décembre 1992 et formuler ce témoignage dès 1993. Il a voulu nous dire ce qu’il a vu, ce qu’il a ressenti, ce qu’il en a déduit, un regard impartial, sans voyeurisme, réaliste, implacable, sans concession pour les trois parties en présence. Car, Vukovic se voulait Bosniaque et rien d‘autre ! « … si j’avais défendu un camp, quel qu’il soit, je ne serais pas aujourd’hui un pauvre émigrant, mais l’écrivain célèbre d’un peuple. »

    Il accuse sans détour les leaders des trois communautés en présence d’avoir voulu la guerre en espérant en tirer un profit immédiat pour leur parti nationaliste respectif au détriment de tous les autres Bosniaques qui ne se reconnaissaient pas dans ces partis. Et c’est ainsi que, le 28 mai 1992, les Serbes attaquent Sarajevo pour anéantir la ville et éliminer les habitants en semant la terreur. Les Musulmans se défendent en jouant les martyrs et font tout pour en avoir assez afin d’émouvoir l’opinion publique, quitte à en faire eux-mêmes dans leurs propres rangs.

    Et la machine guerrière s’emballe, les extrémistes les plus belliqueux et les plus barbares s’emparent du pouvoir pour déverser leur haine, leur violence et leur sauvagerie sur les populations les plus innocentes. Alors, « A Sarajevo, on assassine, on fait perdre la raison, on rend fou, on affame, on épuise. » Le cortège habituel des conflits inter ethniques se forme : la mort, les disparitions, la trahison, les fractures entre amis, l’obligation de choisir, l’enrôlement pour de l’argent, la manipulation même en tuant les siens, l’accaparement du pouvoir par les faibles, la dispersion des élites remplacées par des médiocres sans scrupules et le recours à des mercenaires pas plus scrupuleux, et même carrément pervers, qui ne pensent qu’à satisfaire leur fantasme de tueurs sanguinaires. Mais il faut aussi penser à tous les dégâts psychologiques, à la destruction du patrimoine, d’une culture, d’une histoire et même de la flore et de la faune. C’est une ville qu’on assassine, c’est un peuple qu’on anéantit.

    Ce conflit a pris de telles proportions dans la sauvagerie, on ne peut même plus parler de bestialité, les animaux ne se commettent jamais dans de tels carnages avec un tel cynisme. Car le cynisme est devenu un argument de promotion et de valorisation, tous les repères sont effacés, détruits, écrasés sous les bombes. Les intellectuels étrangers n’ont rien compris, en s’apitoyant sur le sort de l’une ou l’autre communauté, ils n’ont fait que renforcer l’envie de guerre de celle qu’il défendait en lui donnant une bonne raison de faire massacrer les siens pour pouvoir porter la tête haute quand le conflit cesserait. Et, Vukovic, ne manque pas d’égratigner B.-H. Lévy qui s’est largement investi pour défendre le sort des Musulmans.

    Encore un livre qui nous ramène au cœur du conflit balkanique qui dure, avec plus ou moins d’intensité, depuis des siècles maintenant, mais un livre qui plonge au cœur de l’horreur qui explose sous les yeux de l’auteur, un témoignage qui vient relayer ce que nous avions déjà appris depuis longtemps avec Andric, notamment, et que Drascovitch, Jergovic, Scepanovic et bien d‘autres nous ont plus récemment rappelé. Mais, cette ville martyr mérite bien, elle aussi, que nous cultivions, à son endroit, un devoir de mémoire, d’autant plus que la plaie n’est pas définitivement refermée et que l’inflammation peut reprendre vigueur très vite.

    « Quand les Croates envoient les Musulmans se battre contre les Serbes, c’est de la stratégie. Quand ils informent ensuite les Serbes qu’ils ont envoyé les Musulmans combattre, c’est de la tactique. Quand, enfin, ils décrochent leur téléphone pour avertir l’Europe et le monde que les Serbes massacrent les Musulmans, c’est de la politique. » Et, si la Bosnie n’était finalement qu’un leurre, un fantasme, un rêve de paix ?

  • Une lente croissance

    À la naissance, cet enfant avait deux pieds mais rien d’autre. On le trouvait mal fini et un peu court. Sans ressemblance encore avec l’un ou l’autre parent. Mais, durant l’enfance, des jambes lui poussèrent et, naturellement, à l’adolescence, un sexe bien tourné. À vingt ans, lui vint un tronc ; à trente, des bras attenants suivis quelques années plus tard par une paire de mains de la plus belle peau. Enfin, entre trente et quarante ans, une tête germa sur ce corps presque complet. Mais à laquelle continua à faire défaut une bouche, un nez et deux yeux, tous éléments qu’il acquit normalement durant la soixantaine. Il ne s’en inquiétait pas, ayant compris très tôt (son cerveau était dans ses pieds) qu’il aurait pour mourir un corps entièrement constitué et pour le grand bal de l’Ossuaire - qui se tenait chaque année à l’entrée du cimetière - un squelette tout à fait présentable.  

     

  • MICROBE 71, c'est parti!

    782870360.jpgAU SOMMAIRE:

    Éric ALLARD - MARC BONETTO - Michel BOURçON - Morgan BRINI - Théophile DE GIRAUD - Éric DEJAEGER - Virginie HOLAIND - Josiane HUBERT - Carmelo MARCHETTA - Louis MATHOUX - Tom NISSE - Jany PINEAU - Alain SAGAULT - Pierre TREFOIS - Michel VOITURIER. Les illustrations sont de Alexandra BOUGE

    Le 34ème (MINI)CROBE est signé John ELLYTON et 

    2103196828.jpg

    intitulé KAOPLANAZYL




    Pour le n°72, Eric DEJAEGER a lancé un appel à textes.

    Intéressé(e) par l'un ou/et l'autre numéro, consulter le site d'Éric: COURT, TOUJOURS!

    http://courttoujours.hautetfort.com/ 

  • Amour, délice et Norge

    Ce jeudi 10 mai à 20 h 

    Maison des écrivains. 150 Chaussée de Wavre. 1050 Bruxelles

    Rencontre-débat « Amour, délice et Norge » par Jean-Luc Wauthier. Récitant: Jean-Luc De Meyer
    Coup de cœur: Luc Baba

    Amour, délice et Norge : le jeu de mots peut paraître facile, nous rappelant la bonne vieille règle grammaticale des noms à double genre. Il n'est cependant pas superficiel.
    Amour, vertu et valeur suprêmes pour Norge: amour de la poésie, certes, mais aussi amour intense et jubilant de la vie. On modifie une seule lettre, et voici que surgit l'humour et l'amour de l'humour.

    Car Norge habite un pays où ses voisins s'appellent Magritte et La Fontaine. De Magritte, il a le regard candide qui rend cocasse le réel; comme Magritte, il sait que « toute chose visible cache autre chose de visible »- quand le monstre n'est pas un monstre, qu'une girafe n'est pas un pommier ou qu'un roi diurne est en réalité, la nuit venue, une poutrelle.

    Mais l'auteur de « Joie aux âmes » n'a pas le pessimisme existentiel de Magritte. Son voisin de cœur et de chambre, c'est La Fontaine. Comme pour le fabuliste, ceux et celles qui ont voulu « faire du Norge » se sont cassé les dents; le travail poétique de Norge n'est en effet réductible qu'à lui-même; comme La Fontaine, il est à la fois constamment imité et définitivement inimitable. Comme le La Fontaine du « Héron» par exemple, il semble commencer un récit pour l'achever par un autre: son texte poétique est une surprise perpétuelle- Norge, Secrétaire perpétuel de l'inattendu. Enfin, comme La Fontaine, les délices qui émanent de sa plume détestent les cuistres et les pédants ceux qui, tel Victor, ont les idées « pesantes, égales, épaisses ».

    Merci à Jean-Luc De Meyer, fidèle suzerain de l'OULIPO et poète en belle humeur, de prêter sa voix et son talent au célébrant de la langue verte et des oignons en fleurs.

    En introduction, J-L. Wauthier présentera son coup de cœur pour le poète Luc Baba.

    P.A.F : 5€ - 3€ (étudiants, enseignants, demandeurs d’emploi, seniors)

    Parking "Tulipe" à proximité.
    Transports: Bus 38/95/71 - Métros Trône/Porte de Namur - Gare du Luxembourg

                02 511 91 22       www.mipah.be

  • Troubler le futur - le FiEstival Maelström ReEvolution

    maelstrÖm reEvolution fiEstival #6
    Mercredi 9 > Dimanche 13 mai 2012

    Troubler le Futur

    Une Fête, un Festival d’Arts Littéraires, Visuels, Théâtraux, Poétiques et Musicaux
    The Gurdjieff Folk Instruments Ensemble (AM), Andrea Allulli (IT), Antonio Bertoli (IT), Carlo Vitale (IT), Mariano Bellopede (IT), David Santori (IT), Pierre Guéry (FR), Sophie de Tillesse (BE), Laurence Vielle (BE), Vincent Tholomé (BE), Abdelhak Tikerouine (MA), Anna Ciborowska (PL), Cezariusz Gadzina (PL) et le Gitan de Bramapan (BP)...

    ESPACE SENGHOR

    Chaussée de Wavre 366
    1040 Bruxelles
    infos et renseignements:             02 230 31 40      
    info@senghor.be
    www.senghor.be

    Tout le programme:

    http://fiestival.net/programme-du-fiestival.html

    Toutes les vidéos: 

    http://www.youtube.com/playlist?list=UUJa44FQGbNakwwU5UbYWzZA&feature=plcp


     

  • Deux poèmes dans le goût de Max Jacob

    À la gare 

    La pluie. Elle ne peut pas faire de mal. Mais tous les couteaux ne sont pas aiguisés. Du rémouleur le soleil connaît un rayon. J’ai un train à prendre pendant l’éclaircie. Ou l’averse. L'accompagnateur montre patte blanche. Ce n’est pas lui qui a retardé le voyageur lambda. A moins que du haut de son nuage effilé comme un ciseau d’ébéniste le ministre des transports ne démonte tout le réseau. Le chef de gare est sur les rails.


    Dieu sait quand

    L’alphabet. C’est tout ce que j’avais à part mon envie de mourir. Mais il était temps de partir pour l’école où j’avais de maussades études à faire. En passant devant le cimetière, j’y déposai un mot, que je reprendrais à l’issue des cours. A midi, mon mot était mort et enterré. Restait l’avenir sur un plateau d'ossements. Le fossoyeur me mit dehors en riant. N’empêche, je reviendrai Dieu sait quand (avec mon scalpel et ma malette de paléopathologue) inspecter le squelette de l'institutrice.           


  • Un homme normal

    ?format=jpg&size=x250L’homme pour qui j’ai voté se retrouve sous les feux de l’actualité, il prend l’avion, un véhicule pour se retrouver à chanter à minuit passé l’hymne national sur une scène devant un parterre nombreux et enthousiaste.

    Quel étrange pouvoir possède l’électeur !

    Versera-t-il sur mon compte en banque en remerciement du geste que j’ai eu pour lui dans l’isoloir ? Je ne suis pas naïf, je sais qu’il ne le fera pas aujourd’hui ni demain mais d’ici la fin de semaine car c’est un homme qui a un agenda, des priorités à respecter et, comme tout le monde, sûrement mille et un imprévus.

     

  • Barbara 81 - Regarde!