• À LA LETTRE de Murièle MODÉLY, éditions Mi(ni)crobe

    85092414.jpgAinsi soi dit

    M.M. (ré)invente un langage en partant de riens : soleil, salive, index (sale ?). Et qui dit langage dit (vite) mots pour désigner les autres (objets ou personnes) dont soi. Ainsi soi dit. Et qui dit mots dit parole, cri, voix, oreille, retour sur l’enfance, c’est ainsi. Sans oublier la lettre-liberté qui permet au sens de s’évader des mots-prisons. Pour que le récit, le passé, morcelé, se recompose à la façon bric-à-brac, petite musique concrète, d’une fille unique, hyperconnectée, qui a tout remis en place, pour en occuper une. C’est cela, sans doute, écrire, sans savoir au bout du conte qui, où, quand, comment, pourquoi on est, on naît. « Ca commence toujours pareil... »

     

    e   x   t   r   a   i   t 

    je suis une fille de mon temps

    j’ai deux ordis bleus

    un smartphone long bouclé

    une playstation galbée

    une chute d’ipad

    à en faire baver

    plus d'un

     

    (ok je ne vous refais par le coup

    du je ne connais pas plus d’un

    -  je l’écris tout de même)

     

    une  fille de son temps

    avec un sacré réseau

    le genre populaire qu’on siffle

    avec les pouces en l’air

     

    qu’y puis-je ?

    ----

    Mi(ni)crobe #38 (le dessin est signé Maxime Dujardin)

    À commander auprèsd'Éric Dejaeger via son blog

    http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

    Le blog de Murièle: L'oeil bande

    http://l-oeil-bande.blogspot.fr/

     

  • Un bon MICROBE pour l'hiver

    3676897688.jpgLe 75e numéro du Microbe est prêt !

    Au sommaire :
    S
    amantha Barendson
    A
    nna de Sandre
    C
    athy Garcia
    I
    sabelle Guilloteau
    V
    irginie Holaind
    S
    abine Huynh
    P
    errine Le Querrec
    M
    urièle Modély
    E
    mmanuelle Pagano
    C
    atherine Peintre
    J
    any Pineau

    C
    écile Portier
    C
    éline Renoux

    Khun San
    M
    arlène Tissot
    J
    asmine Viguier

    Illustrations : Sabine Danzé

    Pour s'abonner à la Microbe, voir le blog d'Éric DejaegerCourt, toujours !

    Un numéro spécial filles (les meilleures sont là!) concocté par Jany Pineau. 

    Le rouge et le blanc, le froid, la vue, le visage, l'écriture, le (sou)rire sont des thèmes qui se répondent, tracent des correspondances entre les différents textes sensibles, forcément sensibles qui se jouent sur un fil ténu entre désir de séduction et peur de se dévoiler, entre surface et profondeur, repli et envol...

    Un beau numéro, qu’il fait bon lire. 


  • Et pourtant ils ont été primés !

    images?q=tbn:ANd9GcThg_y7eWRrHW8xmSnukiA3FgzNZQRd2z25OlmMNOH_SG_Xbm2wfqEAOYYpar Denis BILLAMBOZ

    Non, pas un coup de gueule, simplement une constatation, il semblerait qu’à partir du moment où un écrivain a un nom connu, qu’il est reconnu, il peut se permettre n’importe quoi, son éditeur le suivra toujours. J’avais un excellent a priori sur ces deux écrivains et pourtant j’ai été profondément déçu par ces deux livres qui semblent bâclés, écrits à la va-vite pour répondre à l’attente des éditeurs qui doivent mettre quelque chose sur le marché pour que l’image de leurs auteurs fétiches ne s’altère pas trop et reste bien présente dans la mémoire des consommateurs friands de nouveautés littéraires. Finalement le lecteur obtient ce qu’il recherche : un livre tout neuf que son voisin n’a peut-être même pas lu, peu importe sa qualité.

     

    images?q=tbn:ANd9GcS8IxY1xiFC8dNNRR8N7Dw5Gs_dTaTJqR2tRbwhd_Ff2OZKffO_3r6NNZELa porte des enfersimages?q=tbn:ANd9GcQRRW9t7laBodSTXUkpaudlo43GJOlVMdy13Ze7ZdjOZCYMdJ3V2ntmIQ

    Laurent Gaudé (1972 - ….)

    Tout auréolé du prix Goncourt qu'il a reçu en 2004, je m’attendais à ce que Laurent Gaudé nous livre un grand texte, au moins un bon roman bien écrit. Eh bien non ! J’ai été bien déçu par cette lecture, l’auteur s’est aventuré sur un terrain où manifestement il ne peut pas rivaliser avec les spécialistes du genre.

    Filippo, ce jeune garçon abattu par une balle perdue pour tout le monde sauf pour lui, en 1980, alors que son père l’houspillait pour qu’il marche plus vite car ils étaient en retard sur le chemin de l’école, mitonne sa vengeance en préparant des cafés dont il est devenu le maître incontesté à Naples.

    Cette histoire se déroule, en effet, en deux temps : en 1980 quand Filippo est abattu lors d’un règlement de compte entre mafieux alors qu’il n’avait que six ans et en 2002, après qu’il soit revenu des Enfers pour exécuter la vengeance demandée par la mère et que le père n’a jamais pu exécuter.

    Ainsi, Gaudé nous promène entre ces deux temps, ces deux instants où la vie d’une famille bascule dans le deuil le plus cruel ou dans une autre vie encore possible. Et, pour que la vengeance que le père n’a pas pu offrir à sa femme, soit concrétisée, il nous emmène sur un terrain fantastique, là où le monde des vivants et le monde des morts se rejoignent car « On n’est pas mort ou vivant. En aucune manière…  C’est infiniment plus compliqué. Tout se confond et se superpose…. »

    Lors de son errance endeuillée, le père a rencontré une troupe étrange et haute en couleurs : un vieux travlo du port persécuté par les gamins du quartier, un vieux professeur maso mais initié, un curé, tout aussi vieux, renié par le Vatican parce qu’il accueille les putes et les clodos du secteur et le patron du bistrot où ils se retrouvent régulièrement. Et cette petite troupe avinée, décatie, improbable, va explorer la limite qui existe entre le monde des vivants et le monde des morts car ces deux mondes sont poreux et communiquent entre eux. Ils veulent extirper le fiston tué par erreur du monde des morts pour qu’il puisse exercer la vendetta que le père n’a pas été capable de mener à bien.

    Et finalement ce roman n’est nullement convaincant, la descente aux Enfers est assez calamiteuse et la fin et absolument interminable d’autant plus que tout est assez prévisible. Même l’écriture n’est pas à la hauteur d’un auteur plusieurs fois labellisé. Il reste cette exploration entre le monde des vivants et le monde des morts, entre la justice de Dieu et la justice des hommes,

    « Il y a plusieurs portes d’entrée pour accéder aux Enfers. »

     

    images?q=tbn:ANd9GcSlNHsTdPRGAD7hOP_vUbq5hpsL0x7zzIsPfnyKyiHkvXymcTLpdQ7YEkUyLa vie d’un homme inconnuimages?q=tbn:ANd9GcQm68JihvJcY2-AonTMhqqBnDCOcYiRmbF_xoCPuKicQLStVjt-lEABuQ

    AndreÏ Makine (1957 - ….)

    Encore un écrivain à la haute renommée, « goncourisé », adulé, dont les livres sont présentés en piles vertigineuses jusque dans les supermarchés, qui me laisse pantois, déçu, insatisfait. Je n’ai pas compris le projet littéraire de Makine dans ce livre, il avait la possibilité, à mon avis qui se veut fort humble, d’écrire deux histoires d’amour parallèles, une histoire du temps de la guerre et des années soviétiques qui viendrait plonger en abyme dans une histoire plus actuelle, située à la fin de l’époque soviétique, au moment où la Russie devenait un autre pays. L’auteur a fait un autre choix, c’est lui qui écrit le livre, mais comme c’est moi qui l’ai lu, je vais dire comment je l’ai reçu.

    Un vieil écrivain d’origine russe à « l’audience modeste », pas à la hauteur du talent qu’il pense avoir, souffre parce que la jeune femme qui partageait sa vie, le plaque pour un autre plus jeune. La difficulté de faire éditer son dernier ouvrage et la souffrance de la séparation l’incitent à rejoindre la Russie et son amour de jeunesse mais il ne retrouve qu’une pâle imitation du pays qu’il vient de quitter. « La Russie a copié ces modes occidentales et maintenant s’amuse à les pasticher ». Il se retrouve entre un monde qui n’est plus le sien et un autre qui ne l’a jamais réellement été. Les Russes ont transformé leur pays en celui qu’ils ont fantasmé pendant des décennies. Ils ont construit leur « far west » à eux. Sur le sol des grands auteurs du XIX° siècle, même la littérature est devenue un vulgaire produit de consommation.

    Il, le héros, l’auteur peut-être, arrive à Saint Petersbourg au moment du trois centième anniversaire de sa fondation par Pierre le Grand. Il y retrouve son ancienne amie, mariée, richissime et peu empressée de renouer avec lui. Dans son appartement il rencontre un vétéran du siège de Leningrad qui s’est muré dans le silence mais qui rompt celui-ci pour lui raconter sa vie pendant le siège, la libération, les quelques jours d’un doux bonheur et les nouvelles atrocités imposées par les soviétiques : la déportation, le goulag, l’errance, …. L’errance avec le théâtre, le chant, la musique, qui ont toujours été ses compagnons de route : sous les balles allemandes, au goulag, dans les asiles psychiatriques, contre la peur, contre la mort,… jusqu’à ce qu’il élève ces disciplines au niveau d’une science à l’usage des plus défavorisés (handicapés, débiles, rebus de la guerre, déchets de la dictature).

    Un simple prétexte littéraire pour raconter des généralités désormais très banales sur le siège de Leningrad, sur la période soviétique, sur le goulag, … Aujourd’hui on connait tout ça parfaitement,  Soljenitsyne, Axionov, Chalamov et bien d’autres sont passés par là depuis longtemps. On a l’impression que Makine a fait un remplissage débordant d’émotivité puérile qui ne peut plus que faire vibrer le pathos de lecteurs hyperémotifs.

    J’attendais une mise en abyme de l’histoire du couple de vétérans dans celle de Choutov, le héros, et de sa petite amie. Hélas l’auteur a fait un autre choix…. Le vétéran a retrouvé son amie après la guerre comme le héros a retrouvé la sienne après l’exode mais la vie n’a pas réussi à réunir durablement ces deux couples. Le bonheur n’est pas de ce monde. Le vent de l’histoire, l’hystérie humaine, l’exagération slave ont soufflé sur ce texte, le pire est toujours le moins grave, rien n’est épargné au lecteur, tout se devine trop facilement tellement on connait ces histoires dans toute leur atrocité et leur abomination, hélas tellement banalisées aujourd’hui. Et la morale reste toujours la même : la vie n’épargne jamais le faible, le pauvre, le démuni, le juste qui est toujours tabassé par le fort, le riche, le dictateur.

    Un livre très sombre, désespéré, une lecture décevante, mais une lueur tout de même : personne jamais ne pourra faire taire le chant du plus humble des hommes qui pourra toujours l’opposer à l’oppression, à la peur, au malheur, à la mort.

     

     

  • Roberto JUARROZ: Poésie verticale


    images?q=tbn:ANd9GcSChY1NK6jbT0saMTMtpOrpSBZiZkJwhWiXdx5ONYaR9UacI19l7oGJ8ZA« La poésie verticale est un travail interminable." R.J.

    Roberto Juarroz (né le 5 octobre 1925 à Coronel Dorrego dans la province de Buenos Aires, Argentine - mort le 31 mars 1995 à Buenos Aires) était un poète argentin, considéré comme un des poètes majeurs de ce temps, dont l’œuvre est rassemblée sous le titre unique de Poesía vertical.

     

    POÉSIE VERTICALE

     

    Uné écriture qui supporte l’intempérie,

    qui puisse se lire sous le soleil et la pluie,

    sous la nuit ou le cri,

    sous le temps dénudé.

     

    Une écriture qui supporte l’infini,

    les crevasses qui s’étoilent comme le pollen,

    la lecture sans pitié des dieux,

    la lecture illettrée du désert.

     

    Une écriture qui résiste

    à l’intempérie totale.

    Une écriture qui puisse se lire

    jusque dans la mort.

     

    -----

     

    Pour lire ce que j'aime lire

    je devrais l'écrire.

    Mais je ne sais pas l'écrire.

    Personne ne sait l'écrire.

     

    S'agirait-il d'une écriture perdue

    ou peut-être d'une écriture du futur?

     

    Il se peut que j'aime lire

    ce qui ne peut s'écrire.

    Ou simplement ce qui ne peut se lire

    bien que cela s'écrive.


    -----

      

    Il dessinait partout des fenêtres.

    Sur les murs trop hauts,

    sur les murs trop bas,

    sur les parois obtuses, dans les coins,

    dans l'air et jusque sur les plafonds.

    Il dessinait des fenêtres comme s'il dessinait des oiseaux.

    Sur le sol, sur les nuits,

    sur les regards tangiblement sourds,

    sur les environs de la mort,

    sur les tombes, les arbres.

     

    Il dessinait des fenêtres jusque sur les portes.

    Mais jamais il ne dessina une porte.

    Il ne voulait ni entrer ni sortir.

    Il savait que cela ne se peut.

    Il voulait seulement voir: voir.

     

    Il dessinait des fenêtres.

    Partout.

     

    -----

     

    Il n'y a pas de silence.

     

    Penser n'est pas silence,

    une chose n'est pas silence,

    la mort n'est pas silence.

     

    Etre n'est pas silence.

     

    Aux alentours de ces faits

    il n'y a que lambeaux de nostalgie:

     

    la nostalgie du silence

    qui peut-être un jour exista.

    Ou peut-être n'exista jamais

    et peut-être devons-nous le créer?

     


    images?q=tbn:ANd9GcRnJna1dQ6PtnsEJmetQvwWXNFxaEJtwWrJWqd9gPor9C5WUW9V7hKFJXY

     

    Il ne suffit pas de lever les mains.

    Ni de les abaisser

    ou de dissimuler ces deux gestes

    sous les embarras intermédiaires.

     

    Aucun geste n'est suffisant,

    même s'il s'immobilise comme un défi.

     

    Reste une seule solution possible:

    ouvrir les mains

    comme si elles étaient des feuilles.

     

    --

     

    Tandis que tu fais une chose ou l’autre,

    quelqu’un est en train de mourir.

     

    Tandis que tu brosses tes souliers,

    tandis que tu cèdes à la haine,

    tandis que tu écris une lettre prolixe

    à ton amour unique ou non unique.

     

    Et même si tu pouvais ne rien faire,

    quelqu’un serait en train de mourir,

    essayant en vain de rassembler tous les coins,

    essayant en vain de ne pas regarder fixement le mur.

     

    Et même si tu étais en train de mourir,

    quelqu’un de plus serait en train de mourir,

    en dépit de ton désir légitime

    de mourir un bref instant en exclusivité.

     

    C’est pourquoi si l’on t’interroge sur le monde,

    réponds simplement : quelqu’un est en train de mourir.

     

    ---

     

    Je pense qu’en ce moment

    personne peut-être ne pense à moi dans l’univers,

    que moi seul je me pense,

    et si maintenant je mourais,

    personne ni moi ne me penserait.

     

    Et ici commence l’abîme,

    comme lorsque je m’endors.

    Je suis mon propre soutien et me l’ôte.

     

    Je contribue à tapisser d’absence toute chose.

    C’est pour cela peut-être

    que penser à un homme

    revient à le sauver.

     

    --

     

    On dirait parfois

    que nous sommes au centre de la fête.

    Cependant

    au centre de la fête il n'y a personne.

    Au centre de la fête c'est le vide.

     

    Mais au centre du vide il y a une autre fête.

     

    --

     

    Etre.

    Et rien de plus.

    Jusqu'à ce que se forme un puits en-dessous.

     

     

    Ne pas être.

    Et rien de plus.

    Jusqu'à ce que se forme un puits au-dessus.

     

    Ensuite,

    entre ces deux puits,

    le vent s'arrêtera un instant.



    ---

     

    Taire quelques poèmes,

    ne les pas traduire du silence

    ne les pas vêtir de leurs figures

    ne les pas pouvoir formuler, même :

     

    qu'ils se concentrent tels oiseaux immobiles les laisser

    en la branche enterrée.

     

    Seul ainsi naîtront d'autres poèmes

    Seul ainsi le sang se fraie passage

    Seul ainsi la vision qui nous incendie

    se multipliera comme les pains.

     

    Les poèmes non-dits

    nous prouvent que le miracle est toujours jeune.

    Et, à la fin, lorsque tout s'enmutera

    il se peut que ces poèmes

    fassent surgir quand même un autre poème.

     

     FRAGMENTS VERTICAUX

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    Le silence est-il la ponctuation de la voix ou la voix est-elle la ponctuation du silence ?

       L’unique rédemption du parcours est de ne pas arriver.

    Pour trouver un paradis, il faut avoir été expulsé d’un autre paradis. En revanche, pour rencontrer un enfer, aucun préalable n’est requis.

       Un jour les oiseaux finiront, mais il restera toujours un épouvantail. Peut-être un vol restera aussi.

    L’espoir a perdu ses racines. Seule l’attente peut prendre sa place. Peut-être l’attente est-elle une manière plus pure de la foi. La poésie est un approfondissement de l’attente.

        Le science allonge la vie. Mais comment raccourcir la mort ?

    Écrire est une tâche profondément circonspecte, fervemment intime, quasiment furtive. Peut-être devrait-on se cacher pour écrire.

        Il se spécialisa dans les escaliers descendants. Il finit par tomber vers le haut.

    Avant de pouvoir dormir, il faudrait d’abord savoir se réveiller.

        Combien nous aimerions une porte que personne n’aurait à ouvrir.

     

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  • Nouveautés aux éditions du Cygne

    images?q=tbn:ANd9GcS-WT3TAQJ_bVWlygqK2BFFshWeQyNSMQZ2wutTKzslrmKDT0E5GUzEhoWrLES YEUX DE L'HORIZON de Denis EMORINE, 56 pages, 10 €

    L'amour, l'amitié et la mort, qui parfois se confondent, sont le fil conducteur de ce recueil. C'est sur le ton de la confidence que Denis Emorine évoque la mort d'un père toujours présent dans la mémoire, et la disparition d'êtres proches qui le laisse inconsolable. Il semble que sa vie se morcelle un peu plus lorsque celle des êtres aimés s'interrompt à jamais. 

     


    images?q=tbn:ANd9GcSOqUMo1nukEztSdybBnrPGcu-PEFl3XozmOltb6QfAoM-uaPSDK1uYRzIUNE BARQUE POUR DEMAIN de Julien ESTIVAL, 113 pages, 13 €

    Que tout finisse un jour, peut-être demain
    qui sait ? ce voyage dans l'aire respirable
    faut-il le croire vraiment ou le casser aux gages
    quand tout, même la nuit, aspire à répéter en nous 
    qui allons dans le vent mémoire du jour
    sentiment du monde, indomptable soupçon
    que sur l'autre rive la vie pourrait tourner
    ses feuillets inutiles ?


    images?q=tbn:ANd9GcSmoQQ3E9pyzEOOYZfo7OeWb84e7FAq_dHZe6dqGn3l6uXDa3ZQ1j5v8wDESTIN D'UN ANGE suivi de LA FOURCHE de Jean-Jacques MARIMBERT, 94 pages, 12 €

    Destin d'un ange : voix d'une femme dont le nouveau-né a été trouvé mort. Elle traverse sa vie, s'adresse au médecin, à l'avocat, au juge, à sa fille, à une amie. Nature, montagne, isolement, drames cachés de l'enfance, violence et bonheur, elle fait surgir l'intime où gît l'innommable et l'amour de la vie.
    La Fourche : soliloque d'une vieille femme de la campagne, rumination d'un crime d'enfant, d'une hallucination, d'une explosion du désir. Se mêlent son enfance et sa journée à l'hospice, son amour d'un homme et sa haine de sa voisine de chambre.

     

    http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-catalogue-litterature.html

  • Dieu

    images?q=tbn:ANd9GcTjootHKt0kWMvC8hTjYray--ajUWdGMALTBHbdrWX1xBDiuszG7Utc5z9Z

    "Que Dieu est gros !",

    me dit cette femme 
    qui le voit pour la première fois.

    "Comme il mange
    et comme il boit
    et comme il pète fort !"

    "Mais ce n’est pas Dieu, Madame",
    lui dis-je pour la ramener à la raison:
    "C’est Depardieu !"


  • J'AURAIS DÛ PRENDRE DES PHOTOS d'Yves ARTUFEL

    artufel.jpgextrait:

     

     

    Je me souviens très bien                                                     

    de ces soirs très tard

    où pensant toucher l’éternité,

    on se dit qu’on va fleurir enfin

    et puis tout à coup

    on se sent pleuvoir

    et on a le regard

    imbécilement profond.

     

     

      

    70 pages au format 10 x 20 cm, 6 € 

    couverture de Marion Zylberman

    Voir les autres nouveautés sur le blog de GROS TEXTES:

    http://grostextes.over-blog.com/

     

     

  • TROPIQUE DU SURICATE de Pierre TRÉFOIS

    Trefois.jpgProphète de la guerre des nerfs ou sentinelle de l’imbroglio, je vis et fomente mes coups de semonce à l’emporte-pièce. Cela me donne au moins le sentiment qu’urgence équivaut à bien-fondé et que les petites parties (six milliards de Surmoiopiacés) constituent, à leur manière, un Grand Tout (la ruche humaine). On se parodie comme on peut – plus besoin de grimaces dans le miroir en miettes ni de se marcher sur la queue pour se penser sosie du rattus norvegicus.

    J’habite à la campagne, loin du vallon natal, dans la garrigue où les lucioles croient éclairer le monde entier avec une rigueur assez typiquement pascalienne.

    Longtemps j’ai été trotskyste les nuits de pleine lune, adepte ataraxique de la permanence de la Révolution et autres caroles des astres. Longtemps je me suis bardé d’aphorismes dont l’élégie renvoyait dos à dos timoniers du Ciel radieux et déclarations d’amour rupestre.

    Pas une semaine ne passait sans son lot d’appels aux zombis – enjolivés de solos de guitare à tombeau ouvert.

    Je vibrais sur pilotis ; je n’amortissais pas mes chutes.

    Le rouge m’inséminait.

    Les suricates de ma fratrie m’ont exclu pour cause d’activisme en chambre, aggravé de tendances ironiques rédhibitoires – on ne badine pas avec la lutte des classes, les pendules du Hasard dialectique ou les flux et ressacs des marées prolétariennes.

    Quant à mes filles, elles se sont mises en tête d’aller piquer les moustiques dans les contrées à forte densité de nuits blanches. D’où leur départ sur la pointe des pieds, en danseuses, pour « ailleurs » selon leur propre terme. Je n’ai plus le courage de dénaturer leurs dires, surtout s’ils se condensent en un seul adverbe.

    J’ai bien envisagé d’apprivoiser un héron dans mon lavabo mais j’ai battu en retraite : à quoi bon me lancer dans une énième aventure romantique et cendrée, vouée à faire pâle figure sur mon échiquier collatéral ?

    Les circonstances, qui donnent aux êtres la hargne de s’extasier et le velouté de leurs retombées, sont donc idéales pour le recueillement et l’exploration de cet Autrui, accessoirement nommé « moi-même », qui squatte ma carcasse. Gnoti séauton : on connaît cette séculaire chanson, sans jamais l’entonner à cœur-joie. Au contraire : je suis comme ce joueur de balalaïka qui déchiffre lesVariations Goldberg sur une partition en italique, sans penser plus loin que le bout de son imago, quoique…

     

    *

    Le manque perpétuel

    Si je tombe à court

    de poésie,

    je contemple

    ma femme,

    mon chat

    ou mon jardin.

    Le manque se mue

    alors en plénitude,

    vu que ma femme

    s’est taillée

    en emportant

    le chat

    et le jardin.

     

    90 pages au format 10 x 15 cm, 7 €

    http://grostextes.over-blog.com/

    http://rionsdesoleil.chez-alice.fr/GT-Editions.htm

  • Les lumières de Noël


    Joyeux Noël / Nicolas Martel

    Joyeux Noël / Barbara

  • Vous aimez la Wallonie et ses musées insolites? Vous aimerez ce jeu.

    165644576.jpgVous aimez la Wallonie et ses musées insolites ? -PAXP-deijE.gif

          Voici un jeu proposé par Éric Dejaeger sur son blog consistant à relier les musées à leur ville ou village d'adoption. 

         Voici les cinq premiers de chaque sorte (listes non exhaustives).

    A vous de faire les liaisons! -PAXP-deijE.gif


    MUSÉES:

     01 – Musée de l’œil 02 – Musée de l’excrément 03 – Musée du baiser 04 – Musée du bilinguisme national 05. – Musée dela mamelle...

    VILLES ou VILLAGES: 

    Bende – Celles – Cominnes – Crupet – Feschaux...

    A lire dans son intégralité ici:

    http://courttoujours.hautetfort.com/ 


  • Quelques coups de coeur... de Philippe Leuckx

    images?q=tbn:ANd9GcTT-id5CRSHLWkXL2hcXeWijqsURPRSPbXuTlwb9AwwRTEWNKPC0EflEVYpar Philippe Leuckx


    1. UN LIVRE D'ART

    images?q=tbn:ANd9GcQ45U1aBEOYZEnKuQrjzgfiIBaVw9auTS8Fsrh8QYdJ-IyA1lmryNG1FrsDOMINIQUE PERY par Patricia Zimmerman (Ed. Le livre d’art, 2012, 144 p., 30 €)

    Ou la rencontre entre un peintre français et une artiste brainoise.

    Ou la lecture par l’une des peintures de l’autre.

    Le volume, très riche, retrace un parcours, des évolutions, une œuvre.

    Ce peintre né à Charleville en 1958 a aujourd’hui,  avec cette belle monographie,  l’opportunité de mieux se faire connaître et de donner à  découvrir à un plus large public l’ensemble des œuvres, par ailleurs très souvent exposées en France et ailleurs.

    Patricia, qui l’a rencontré, qui apprécie les œuvres figuratives, qui a suivi le travail de l’artiste français sur la durée, est peut-être la mieux placée pour évoquer ces toiles où la femme trouve mille et une expressions. Non que ce soit la seule obsession d’un univers graphique, mais il y a une profusion de portraits, d’effigies, de visions de femmes, d’odalisques modernes, de dessins, de figures.

    Des vierges, des hommages à la femme, la sienne, des peintures d’obédience expressionniste ou cubiste, des représentations ouvertement naïves ou volontairement simplifiées, guignant du côté des images d’Epinal, des vues fortement colorées, des espaces pastel ou à la vertu chagallienne, des espèces de figurations songeuses…Dominique Péry étale ici ses vertus, ses diversités et les reproductions qui complètent l’analyse de la sculptrice-poète brainoise, sont d’une très belle définition.

    Voilà un ouvrage qui plaira aux amateurs d’art figuratif, bien loin d’être une simple survivance, non l’œil de Péry nous rappelle que de grands figuratifs d’aujourd’hui ont, à côté des autres explorations de la modernité, leur place.


    ******

    2. QUELQUES RECUEILS

    images?q=tbn:ANd9GcQ8jzm4XyX0TS2gm96z_2nfjmJaKXiNWXMXByLUKsv5N4TlAbqc0IXS46APierre DANCOT voit paraître à L’Arbre à paroles un quatrième recueil : « Les obsessions fondamentales ». Ce recueil de 40 pages remue de fait les « obsessions » dont Dancot avait déjà fait part dans « Les enfances froides » (Tétras Lyre). Crânes, « enfances refusées », volonté de silence, « nous gouvernerons nos peurs » : les vers ciselés, non par une préciosité qui voudrait s’afficher, mais bien par une nécessité métaphysique, proposent de très belles images neuves :

    Il reste un peu de tes lèvres entre l’hiver

    Quelque chose de trouble entre toi et ces lunes

    assises

    Le vent s’écroule à nos pieds

    Un enfant passe entre nous

    http://maisondelapoesie.com/index.php?page=nouveautes


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    images?q=tbn:ANd9GcTZT1Rv5QNodzsypbEzcSf6i_z5mSROifA7Ry57JleG2ZKGZVeP3Un_MwLuc BABA propose un deuxième recueil poétique chez Maelström, le bookleg 95 a pour titre « La timidité du monde ».

    L’inventif style de l’auteur de « Tango du nord de l’âme » (Ed. Meo) se retrouve ici avec des images à couper le souffle. Ici, pas de lecteur pressé de comprendre, mais gourmand de déguster chaque poème (il y en a 55 brefs), chaque vers pour dégotter des aphorismes, des atmosphères poétiques, des vers bien noirs de lucidité. Quant à la « timidité » du titre, elle se niche sans doute, mis à part dans l’un des derniers poèmes, dans ce regard au couteau qui décèle dans la réalité observée cette opacité de réserve. Luc Baba, romancier, vient de signer un très bon livre de poèmes. Voici un vrai poète, sur lequel on pourra compter.

    http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=294&FamigliaID=0      



  • 4 ANS de blog!

     

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    4 ANS

    + de 330 000 visites

    1985 notes variées (textes perso, d'auteurs invités, interviews, coups de coeur, nouveautés  chanson...)

    dont 150 chroniques littéraires & cinématographiques du samedi signées Denis BILLAMBOZ ou Philippe LEUCKX (dont c'est justement l'anniversaire aujourd'hui)

    images?q=tbn:ANd9GcThg_y7eWRrHW8xmSnukiA3FgzNZQRd2z25OlmMNOH_SG_Xbm2wfqEAOYYUn grand merci à tous!images?q=tbn:ANd9GcS9ZbTESunW6_AzhBSeOgjHO3qznY89twzyCZiv2nifHA4WtM362aIAx3g

    Éric

    images?q=tbn:ANd9GcQkIzOfnhJrKP9B9d1RH3wBbPWjlXIF1897zjAjC2gSwf2iHQto5Wlf8A


     


  • Après la fin du monde

    images?q=tbn:ANd9GcRhbgbfhy1Xeb6raWY5ZWDVOgTOjMaWRmEJK1HTPrFdTMIyYa9FL_j8jY8La dernière heure du jour de la fin du monde, cet homme se rendit au bordel et choisit la plus fameuse donzelle du cheptel. D’une grâce à couper le souffle, d’une peau à ravir, et des traits d’une finesse... Le temps n’était plus au décompte de ses beautés. Mais au plaisir vif à prendre. Il le retint toutefois pour qu'il tombât pile avec l’arrêt de l'univers. Il déchargea explosivement au moment où le monde rendait son dernier soupir. Puis la jeune femme empocha l’argent d’une vie laissé sur la table de nuit et vécut dans l’aisance le début de la nouvelle ère.

     


     


     

  • ALERTE ÉPUISEMENT et autres communiqués de fin du monde

    ALERTE ÉPUISEMENT: Le Ministère de la Santé et du Travail met en garde les Témoins de Jéhovah contre le danger de surmenage en cette journée classée rouge pour les sectes.

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    L'ONU a décrété à l'unanimité moins une voix (celle de la Palestine pour laquelle c'est toute l'année la fin du monde) le 21 décembre JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FIN DU MONDE. 

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    DERNIÈRE MINUTE: Plus que 60 secondes...

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  • Embarquement immédiat à bord de vaisseaux-voix

    Amnésia / Dead can dance

     


    Avril was a passenger / Red light romance

     

    Wait / M83

     

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  • LES TRENTE PITEUSES... interrogations d'avant la fin du monde.

    Johnny Halliday et Gérard Depardieu se marieront-ils en Belgique (légalement à Walibi) ou en Suisse (illégalement chez Nestlé) ? Dans combien d’années s’aimeront-ils d’amour après ce mariage de raison en terre d’exil fiscal?

     

    Marion Cotillard refera-t-elle piaf piaf dans les petits mouchoirs de son mari?

     

    Marion Cotillard et François Cluzet participeront-ils aux Jeux Paralympiques du cinéma hollywoodien ?

     

    Spécial Seventies : Lou Deprijk et Plastic Bertrand replaneront-ils ensemble?

     

    Fred et Omar au téléphone se feront-ils passer pour Saint Nicolas et le Père Fouettard afin de connaître l'identité de la  mère du fils du Père Noël? 

     

    Accessoirement, Laeticia adoptera-t-elle Julie Depardieu ?

     

    Mireille Mathieu lavera-t-elle en personne les Pussy Riot avec du savon de Marseille empoisonné ?

     

    Spécial Seventies : Yves Saint Laurent a-t-il rêvé d'habiller (et, accessoirement, de monter) Yves Saint Martin tandis que Pierre Bergé aidait (peut-être) Freddy Head à se désaper?

     

    Éric-Emmanuel Schmitt acceptera-t-il de reprendre le poste de ministre de la culture bruxelloise après l’assassinat de Fadila par des déçus du socialisme culturel ?

     

    Après La marinière et le mixer, Arnaud Montebourg tournera-t-il dans le futur clip de Metallica Mittal ?

     

    Elio Di Rupo sera-t-il enfin reconnu par la Gauche comme un des leurres... du socialisme?

     

    Paul Mc Cartney et Ringo Starr formeront-ils ACSA avec Agnetha et Anni-Frid?

     

    Spécial Nineties : Liane Foly finira-t-elle par s’imiter (et, accessoirement, s’immoler par le jeu) ?

     

    Dans l’adaptation de L’été 80 par Ardisson et Lumières, Angot jouera-t-elle Duras et Beigbeder, Yann Andréa?

     

    Accessoirement, dans Je vous aime, qui fera le je et qui fera le vous ?


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    Rudy Demotte demandera-t-il l’exil politique à la France pour fuir Jean-Claude Marcourt ?

     

    Les armes automatiques seront-elles toujours balancées par des mares de sang ?  

     

    Michel Drucker obtiendra-t-il le prix Marcel Proust pour l’ensemble de son œuvre autobiovisuelle ?

     

    Emily Hoyos militera-t-elle au(x) sein(s) de Femen Belgique avec Karine Lalieux ?

     

    Ringo Starr donnera-t-il un r au profit de la Recherche pop musicale et Keith Richards lèguera-t-il son s à une plantation de cannabis ?

     

    Jean-Michel Javaux acceptera-t-il sans contreparti(e) la présidence de la centrale de Tihange ?

     

    Richard Miller vaincra-t-il les partis méchants?

     

    Marc Dutroux choisira-t-il l’aile gauche ou l’aile droite des caves du couvent des Clarisses pour accomplir sa réinsertion ? Et, accessoirement, créera-t-il le Parti des enfants avant ou après les Législatives ?

     

    Olivier Deleuze sortira-t-il du bois tout nu ou avec un pagne?

     

    Spécial Sixties : Godard a-t-il penser tourner le roman de Tolstoï avec Anna Karina dans le rôle d’Anna Karénine ?

     

    Spécial Sixties : Antonioni a-t-il eu le souffle coupé quand il a vu Vitti ? Accessoirement, l’aurait-t-il plutôt vue dans À bout de souffle ou Le deuxième souffle ?

     

    Spécial Seventies : Dans une rémission des Carpentiers, Lama-Dona se referont-ils une virginité dans une chanson des Carpenters ? Sans parler de Lama-Delon qui sert encore à voir...

     

    Combien de fois recapitalisera-t-on Belfius en 2012 ? Et, accessoirement, combien demandera Depardieu pour assurer la présidence de la branche Obélus de Belfius ?

     

    Chirac se souviendra-t-il de Chirac, Copé de Fillon, Belmondo de Delon, Delon de Romy, ma mère de moi et, accessoirement, moi de Laura Antonelli  - dans Malicia ?

     

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  • Les prophètes de la chanson apocalyptique

    Robert Charlebois, 1968

    Gérard Palaprat, 1971

    Nino Ferrer, 1993

    Gérard Manset, 2004

    Cali, 2008

    Sanseverino, 2012

     

  • Trois micro-fictions

    Le palais des glaces

    Dans ce palais des glaces, les reflets se battent tout le jour. Au soir, la technicienne de surface recueille sur les miroirs les nombreux morts. Parfois un survivant lui renvoie l’image un peu pâle d’une femme sans éclat.


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    Le repas eidétique

    L’avantage avec le repas éidétique fait d’idées de velouté, de crustacé, de salade verte, de viande rouge et de dessert, c’est que lorsqu’on le régurgite on n’a que l’idée de vomi.


     

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    Le musée secoué

    À force de secouer le musée, les images des tableaux finirent par s’effilocher, se tordre, se délayer, prendre mille formes disparates: Rembrandt, Velasquez, Poussin, Le Tintoret... gagnèrent au fond à devenir abstraits.

     

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  • LA CHANSON DU DRH et 3 chansons enragées

    Florent Marchet et Arnaud Cathrine, tiré de leur roman musical, Frère Animalimages?q=tbn:ANd9GcTAlT9WqhOt-0PIZBjF36CuiUkwMqoWdxfwKNtZQIcIpQP5pK4Euz6Hl1A

    L'iditenté / Noir désir & Les têtes raides

    Communiste / Cyril Mokaiesh

    A tout moment la rue / Eiffel

     

  • Poète d'entreprise

    Je suis poète d’entreprise. Je fais les PME et les multinationales. Je chante les beautés de l’outil et du produit, de la direction et du personnel. J’y mets les formes, tantôt en vers, tantôt en prose, tantôt gueulant mon œuvre à la secrétaire sur son pécé, pour réveiller la souris, tantôt la susurrant à l’ouvrier à la chaîne, pour ne pas couvrir le bruit de la machine. Faisant l’éloge du communisme béat ou du capitalisme fou suivant que je suis dans une aile ou l’autre du bâtiment, en présence du chef du personnel ou du délégué syndical en chef ; parlant l’Onfray à l’athée, le Bobin au catho, le petit Lénine au coco... Je fais marcher l’économie, du moins je fais fonctionner ses rouages avec la graisse des mots, c’est beau. Je suis poète d’entreprise et bientôt attaché de cabinet : dans l’antre secret, je chanterai, tel un poète cubiste, toutes les facettes du ministre mâle ou femelle. Rien ne m’arrêtera! Un jour j’entrerai au comité d’entreprise de la Poésie Limited Company et ça chiera dans les maisons de la poésie.

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    J’édicterai mes lois aux poètes en place, j’instaurerai le travail de nuit, le prolongement de l’âge de l’entrée en roman, je réglementerai l’usage du papier et du clavier, l’emploi des lieux et du temps, je réintroduirai la précarité dans l’exercice du métier. Terminé,  les poèmes écrits sur un coin de table ou sous la table, les stupéfiants et autres aides à la création, les muses indélicates, débraillées, en petite tenue – je réintroduirai l’uniforme chez les muses ! Terminé, les mouvements de rêve, les résidences d’auteur à l’étranger, on travaillera sur place, à la cave ou au grenier. Plus de poètes affalés dans les escaliers, s’exhibant nus sur les toits pour attirer l’attention de la critique sur les conditions de vie en centre fermé. Tous au même régime et terminé, la poésie libre, individualisée, indisciplinée. Stages d’entreprise et système de suivi-évaluation, journées de formation en atelier d’écriture, vente à la criée sur les marchés de la poésie, contrôle journalier de la production, ça va chier dans les maisons de la poésie ! 

  • L'aventure de l'édition

    images?q=tbn:ANd9GcThg_y7eWRrHW8xmSnukiA3FgzNZQRd2z25OlmMNOH_SG_Xbm2wfqEAOYYpar Denis BILLAMBOZ

    Quand je me suis interrogé sur ce qu’est un bon roman, je vous ai avertis que je reparlerais de ce sujet et plus spécialement de la partie concernant l’édition. Eh bien, aujourd’hui, je vous emmène dans les coulisses des deux grandes maisons d’édition qui règlent une bonne partie de la vie littéraire française. Bruno Migdal qui a été stagiaire dans une maison sise rue des Saints-Pères à Paris, raconte comment il était chargé d’éconduire les écrivains qui n’avaient que leur supposé talent à faire valoir ; Dominique Charnay a, lui, choisi, de publier les lettres des auteurs amateurs qui essayaient de convaincre Raymond Queneau de publier leur chef d’œuvre. Ce courrier vaut réellement son pesant de bons mots et il mettra sans doute un peu de baume sur la plaie des auteurs restés inconnus malgré le talent qu’ils pensaient avoir.

     

    images?q=tbn:ANd9GcSlOl7nGo-a4ywoQ2WDS_s-exGWO1__nOsLQd0UieEZ-wltPGnfH7mCwwPetits bonheurs de l’édition

    Bruno Migdal (1958 - ….)

    « Les gens lisent, donc se sentent naturellement en droit d’écrire : imagine-t-on un simple mélomane frapper à la porte d’un orchestre ? » Et pourtant quel lecteur assidu n’a pas rêvé un jour de voir son nom sur un livre, même un tout petit, et n’a pas osé écrire un petit poème, un recueil, une nouvelle, un récit et parfois carrément un roman. Et ces lignes, pourquoi ne pas les envoyer à un éditeur qui publie certainement des choses pires que celles qu’il a écrites ?

    Avant de succomber à cette tentation, je vous conseille cependant de lire ce petit opuscule écrit par un quadragénaire, passionné de lecture, un peu las de son travail de cadre administratif, qui a décidé d’entreprendre des études littéraires. Dans le cadre de cette formation, il a dû suivre un stage qu’il effectua dans une vénérable maison d’édition de la rue des Saints-Pères à Paris. Il découvrit ainsi les rouages et les mœurs d’une grande maison d’édition et toute la perversité du système.

    Cette maison, comme toutes les autres, reçoit des montagnes de manuscrits (les gens ne lisent plus mais écrivent de plus en plus) évidemment tous plus mauvais les uns que les autres mais, cependant, les lit tous, enfin, les fait lire par des stagiaires chargés d’adresser ensuite la lettre de refus. Sauf une fois par an, les bonnes années seulement, quand un manuscrit est transmis au comité de lecture. Parfois le stagiaire est amené à formuler un avis sur le texte d’un auteur de la maison, un poulain de l’écurie, et là, patatras, il n’est pas rare qu’il se rende compte que le manuscrit en question n’est pas meilleur, parfois même plus mauvais, que ceux qu’il est chargé d’éconduire chaque jour.

    Un petit livre frais, pétillant, malicieux, ironique, un peu impertinent qui déridera tous les auteurs éconduits et les rassurera quand à leur supposé talent. Le refus de l’éditeur n’est pas un critère de médiocrité, il faut juste, pour être édité, avoir quelque chose de plus que du talent : un nom, une image, un parcours, une recommandation (aléatoire), de la jeunesse, …, bref quelque chose sur quoi l’éditeur peut construire un projet rentable. Pour nous en convaincre, le stagiaire nous confesse qu’il s’est fait, lui aussi, évincer bien peu élégamment.

    Ce stagiaire écrit fort bien, il aurait cependant pu faire l’effort de publier autre chose qu’un journal de stage ne nécessitant pas un grand effort de construction.

     

    images?q=tbn:ANd9GcQjUtfDwfixN-P5Zl_6NuIwZsPCbjeHKhHh4UP0qUE2iQv0aiqte1L4325UCher Monsieur Queneau

    Dominique Charnay (1953 - ….)

    « Inconnus ils étaient, inconnus ils sont restés. » Et les lettres que ces « écriverons » ont  adressées, avec leur manuscrit, à Raymond Queneau alors qu’il était chef du comité de lecture chez Gallimard, entre 1947 et 1974, ont été conservées, l’auteur en publie certaines qui montrent combien ces « écriverons » étaient attachés au fait d’être publiés et plus encore d’être publiés chez Gallimard, dans la fameuse collection blanche si possible.

    A travers ces lettres, c’est toute l’humanité qui défile avec tous ses petits et gros travers que ces écrivains du dimanche n’hésitent pas à utiliser pour attirer l’attention du maître sur leur prétendu talent, ou même leur absence de talent, peu importe l’essentiel est d’exister grâce au livre. Le livre avait encore un réel prestige, ce n’était pas encore qu’une marchandise ou qu’un outil de promotion.

    « Queneau restait étranger à la dérision sarcastique de l’intellectuel souverain. » et Claude Roy, son collègue, témoigne qu’il a joué le jeu. « Impitoyable aux fausses valeurs, refusant de perdre du temps en politesses, dédaigneux des stratégies littéraires et mondanités, Queneau, … lisait avec vigilance et sympathie les manuscrits des jeunes écrivains. Il les aidait de ses analyses parfois sévères, toujours généreuses et amicalement utiles. »

    Et pourtant, les courriers n’invitaient pas forcément à la réponse, ni même à la lecture tout simplement. Je n’ai pas résisté au plaisir de vous citer quelques extraits qui montrent bien que tous ces candidats à l’édition  étaient souvent plus pathétiques que talentueux. Il y a  :

    -         celui qui fait du chantage après deux lettres défavorables, il écrit sous un faux nom : « J’ai l’ennui de vous aviser que mon ami qu’on soignait pour dépression nerveuse depuis trois ans et qui vous a envoyé deux de ses manuscrits fin novembre dernier, a tenté, ce qui semblerait bien possible, de se suicider. »

    -         celui qui flatte bassement : « … et veuillez agréer mes plus vives félicitations pour l’originalité, le brillant de votre œuvre que je lis naturellement avec le plus raffiné plaisir. »

    -         celle qui tente sa chance, qui essaie de séduire :  « Bien malheureusement, je suis toute en intention, comme l’enfer, sous des aspects plus souriants ! (Genre aimable blonde, vous voyez ça ?) »

    -         celui qui est sûr de son talent :  « Sans être du métier, je crois qu’on peut vendre ça comme des petits pains »

    -         celui qui ne manque pas d’une certaine prétention : « Tous les préjugés sont dans la nature, personnellement j’ai celui de penser que vous seriez heureux de me connaître si vous aviez lu mes textes. »

    -         celui qui est convaincu qu’il y a un truc pour réussir, qu’il y a du favoritisme : « S’il y a un secret, j’aimerais le connaître afin de prendre le départ avec je ne dis pas les poulains mais les canassons de l’écurie Gallimard. »

    -         celui qui fait de l’humour mais avec un certain sarcasme : «  Implorer Dieu le Pèère, Gallimard ses confrèères, Ou bien l’Eternité ? »

    -         celui qui laisse entendre qu’il a des relations : « … mon ascendance aïeulienne coïncidant avec celle d’Agathe Godard, dont le roman Pousse avec ton pain a l’honneur des Editions Gallimard, vous comprendrez peut-être cette audace. »

    -         celui qui fait de l’humour mais avec cynisme : «  Pour l’enterrement de mon « Clavecin », j’ai bien reçu de M. Gallimard les couronnes. Plus curieux d’autopsie que de pompes funèbres, puis-je espérer connaître du médecin les causes du décès ? »

    -         celui qui n’hésite pas à manier la menace : « … je veux prendre le pouvoir, faire arrêter Jean Paul Sartre, faire enfermer Juliette Gréco dans un hôpital psychiatrique, .. . Je veux faire fermer la maison Gallimard,… »

    -         celui qui glisse sur le terrain politique : « Les gens de gauche, c’est-à-dire la plupart des gens de lettres, maintenant que la gauche est démesurée, aimeront mieux lire un adversaire déclaré plutôt qu’un de ces gauchards de bonne famille qui s’épuisent à se faire passer pour aussi à gauche que les autres. »

    -         celui qui joue les indignés : « c’est absolument stupide et incroyablement sinistre, révoltant, écœurant et même ignoble qu’aucun lecteur de la NRF ne se soit intéressé à mon livre. »

    -         celui qui est de mauvaise humeur, qui donne des leçons : «  Vous êtes probablement fort occupé, mais sachez que ce n’est pas une excuse valable et votre non-réponse serait regardée comme une fuite facile. »

    Et, il y en a bien d’autres : des roués, des têtus, des persévérants, des perfides, des pathétiques et certains qui essaient de faire valoir des recommandations plus ou moins véraces, et d’autres encore.

    Le besoin d’être reconnu, ou simplement connu, conduit ces écrivains sans avenir à se rendre  ridicule, agaçant, navrant, …. Tout leur est bon pour se faire croire à eux-mêmes qu’ils peuvent exister dans un milieu auquel ils n’ont pas accès. Ecrivain c’est un vrai métier comme Queneau le rappelle « Oui, un écrivain, c’est quelqu’un qui se rend compte qu’on n’écrit pas seulement pour se faire plaisir à soi-même, quelqu’un qui a conscience de ne pas être seul. »

    Comme nous aurions aimé lire les réponses qu’il a faites à ces pauvres déçus de la plume.

     

     

  • Poétesses & romancières

    Au concours de Miss Poésie, les romancières font le pied de grue.

     

     

    La femme de maison de la poésie ne fait pas que laver les vers.



    La poétesse est muse sous son poème.



    Siffler une poétesse dans un salon du livre peut vous coûter cher : l’achat de tous ses recueils. Réjouissez-vous à l'idée que vous auriez pu siffler une romancière.



    La femme de plume pèse son poids de mots.


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  • Alors, quoi de boeuf?

    - Alors, quoi de bœuf ?images?q=tbn:ANd9GcTcS2QtJGnd162iaVm6s28jSQkwsJt8ZRMOPb_7FmgOlKfj91jGTvlo8Fs

    - Ça vache!

    - A part yak?

     

    Quand il fait veau et quand zébu, génisse un peu, j’ai la goutte de lait aux naseaux. Mais tant va l’autruche au taureau qu’au puffin elle fait un œuf.

     

  • Les Gros Sel-isés 2012 en photo

    Philippe Leuckx, Prix Gros Sel du jury

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    Eric Piette, Prix Gros Sel du public

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     Photos de Jacques Coutoux

    Prix Gros Sel 2013, c'est parti!  http://www.facebook.com/prixgrossel?notif_t=page_name_change

  • En a(p)né(e) avec Dominique: 4 titres & 2 interviews

    Rendez-nous la lumière

    Vers le bleu

    Mainstream (nouvelle version)

    Manset

    Dominique A dans Franche Connexion (interview)

    Entretien sur Rue 89

    http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2012/11/07/culture/concert-dominique-a-majuscule/

    Site de Dominique A 

    http://www.dominiquea.com/

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  • LES TEMPS et autres poèmes

    Les temps

    On ne rend pas toujours les temps

    avec toutes les minutes complètes


    Des dizaines de secondes se perdent

    sur le chemin de la mémoire

     

    Les passants qui les ramassent

    en font péniblement des colliers d’heures


     

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    L'épaule du sable

    L’épaule du sable

    se tient à distance de la mer

     

    Sur elle s’écoulent

    les chevelures des femmes

    que j’accompagne

    pendant la marée


    Celle qui va noyer sa nudité

    dans la mer

    pendant qu'elle marche

    la dune avale ses courbes


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    Dans mon sommeil

    Ma mère se retourne dans son sommeil

    et réveille l’étoile endormie

    au fond du rêve de mon père

     

    Quand je nais il est vingt-et-une heures

    et toute la lumière à disparu 

     

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  • L'écrivain manchot

    Lors des salons littéraires, l’écrivain manchot est lésé; il ne peut dédicacer à tour de bras comme ses collègues entiers.


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    L’écrivain manchot glisse sur la banquise ses textes de glace voués à se fondre dans le bouillonnement numérique.

     

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    L’écrivain manchot peut toujours écrire avec ses pieds (à moins qu’il ne soit cul-de-jatte).


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  • Friedrich Nietzsche et le gangnam style

    images?q=tbn:ANd9GcQ4HvNIhAJo9_nx7uXxZeEIP_a3mfgmjE7ftMb6_pJ6eNsxru2iB-X_0QFriedrich Nietzsche est venu tardivement au gangnam style. Mais dès lors qu'il découvrit cette danse orientale se ri/uant sur un mode chevalin des rythmes occidentaux, on ne put plus l'en défaire. A telle enseigne que Curt Paul Janz dans la remarquable biographie (en 3 tomes) qu’il lui a consacré parle à ce propos d’une véritable addiction qui aurait précédé son baiser à un cheval et en aurait même été l’apothéose. Nietzsche souffrait de schizophrénie et pensait à ce moment qu’on tournait une vidéo. Son biographe (qui prépare Une vie de Patrick Bruel en 25 feuillets) cite de nombreux témoignages selon lesquels on aurait vu dans diverses villes d'Italie ou de Suisse le philosophe se déhancher de manière outrancière au son de son ipad.

    images?q=tbn:ANd9GcSV4Lh8JgQ2a7BOPJM8GKy_vjZGQfJIfyXvwymKG6gHNCzLw9faqztgokJ6Bernard-Henry Lévy réfute puissamment ces témoignages dans son nouveau livre La guerre sur le dance floor en citant abondamment l’ouvrage de Jean-François Botul: De l’influence de Psy (et de la psychomania) sur la philosophie postmoderne à la veille de la fin du monde. Selon Botul (qui risque bien avec cet ouvrage de remporter le prix du plus long titre de l’année), Nietzsche doit sa découverte de la techno au tragique Alors on danse qui lui donnera la matière pour écrire Le Crépuscule des idoles dans lequel on peut lire : « Rien n'est beau, il n'y a que Stromae qui soit beau : sur cette naïveté repose toute esthétique, c'est sa première vérité. »

    Evidemment, on ne connaîtra sans doute jamais la vérité sur cette question sensible, les travaux des chercheurs se poursuivront cependant... 

    [source WIKIPÉDIA]

  • Yves NAMUR, La Tristesse du figuier


    images?q=tbn:ANd9GcS9ZbTESunW6_AzhBSeOgjHO3qznY89twzyCZiv2nifHA4WtM362aIAx3gpar Philippe LEUCKX

    Depuis trente-huit ans, depuis des débuts très prometteurs et de suite récompensés (un Prix Jeunes Poètes, le premier Prix Lockem), Yves Namur, aujourd’hui à soixante ans, est un poète fêté, justement fêté. Le poète belge, par ailleurs académicien, a obtenu de nombreux lauriers. Le dernier en date, le quinzième (oui, vous avez bien lu), est peut-être pour son auteur le plus prestigieux puisque décerné par un aréopage de poètes pairs, le très fameux Prix Mallarmé (qui a,  il y a quelques années, mis à l’honneur un autre grand poète belge, André Schmitz). Les membres de l’Académie Mallarmé, qui lui offrent cette dernière récompense pour « La Tristesse du figuier », ont réussi un beau coup. C’est ce livre de Namur qu’il fallait couronner. Non qu’il faille sous-estimer ses autres livres de poésie, il en est de très beaux (je pense notamment à « Les ennuagements du cœur » ou « Une parole dans les failles » ou encore l’excellent « Demeures du silence »), mais « La Tristesse » va peut-être encore plus loin dans la simplicité et dans l’acuité de ce qui doit être perçu.

    images?q=tbn:ANd9GcTTcMQEvZK2e5J4aF0aoyaN7bisE9EE5GaTl1pM_7aJ-d1W85IB88qQxM4jEn transférant dès le premier texte sa longue tristesse sur le tronc de l’arbre, Yves Namur sait qu’il s’agit en poésie de mettre une belle distance entre soi et le monde, entre le monde senti et celui partagé, entre la plaie vive et le temps de l’écrire et de la donner à lire.

    Dans de longues laisses, à la fois simples et patientes, l’auteur ne manque jamais de se dire tout en plaçant son propos à d’autres altitudes que sa seule personne. Puisque le poème peut élever et poser la voix plus haut, à la juste mesure de son accueil par l’autre.

    N’ayant jamais eu peur d’utiliser le vocable à plus d’une reprise comme l’on couture maille après maille la texture d’un poème, le poète coud d’un verset l’autre les réalités parfois très distantes les unes des autres. En effet, quoi de commun entre cet arbre, cette colline et « ce serviteur des ombres », quoi de commun et d’apparemment conciliable dans cette tentative chaque fois relancée « d’écrire un poème » si c’est pour « disperser aux quatre coins d’un champ »  « des choses compliquées » ou « tout l’amour qu’on met toujours au-dessus de l’amour » ? Il n’est de réponse que dans la simple démarche d’accueillir toute matière  poétique sans l’encombrer de préciosités ni de barrières ni de feintes ni encore de discours prédigéré… Il suffit de décliner le regard et de le retranscrire au plus juste : il y faut, du silence, de la patience, des blancs comme pour mesurer les tranches, les strates de l’écriture qui va d’un cœur l’autre, qui rejoint les préoccupations particulières de tout vivant. Ecrire, pour s’accomplir. Certes.

    images?q=tbn:ANd9GcSaeARps52F2Bfc7-022vRg15QWpN6cZxilvt5hrRRAT_fCrEaWnocD_hdKMais parfois les mots sont si fragiles à côté des denses réalités, si violentes au corps, au cœur de l’homme brisé, mutilé, réduit à la portion congrue de l’objet comme il le fut au plus noir des camps de la mort.

    Mais le poème veille. Puisqu’il y faut dans l’urgence puiser ce que le livre, la page, l’image peuvent sauver de toute cette boue infligée à l’humanité.

    L’on comprend dès lors l’intense tristesse, comme d’un deuil qui perdure ; l’on saisit mieux, mieux que dans d’autres livres de l’auteur, cette nécessaire implication par le poème dans l’engagement à l’adresse des mondes souffrants.

    L’éloge de la fatigue opérante, de l’ombre soucieuse, de la langue qui soit autre chose qu’une décorative présence, du rêve de vivre enfin autre chose, tout cet éloge  vibre « dans un poème » comme « le vrai silence », parce qu’enfin, vocables posés, le poète est arrivé à retrancher de sa poésie toutes les scories que l’on retrouve si souvent dans tant de livres de poésie pour éveiller le lecteur à un nouveau devoir de lire le poème comme une tâche d’être :

    « J’ai marché sur la langue des sans-voix

    Et sur la langue des sans-couronnes,… »

    Mais tant de blessures consignées, tant de paroles récrites dans la peau, ce sont des poèmes de vérité. Non la retranscription de choses évanescentes. Le registre des peines s’élabore sous nos yeux et nous sortons du livre, aussi tristes, puisqu’il faut y lire comme le travail répété de nos propres faiblesses, au bout du compte, au fil des mots. De l’autre.

    L’écriture poétique trouve ici le terrain propice d’une exploration de soi et des altérités que l’histoire, le passé, la confrontation exposent à notre vigilance.

    Est-il besoin de rappeler que « La Tristesse » est un beau livre ?

    Yves NAMUR, La Tristesse du figuier, Lettres Vives, 2012, 104 p., 18€

    http://www.editions-lettresvives.com/

  • Le serial killer des jours fériés

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    à la Saint Nicolas

    je tue le Père Fouettard

    (et une triclée d'enfants sages)

     

    à la Noël

    le Petit Jésus

    (et les Rois Mages)

     

    au Carnaval

    des gilles en série

    (et une poignée de confettis)

     

    à Pâques

    les poules dans l’oeuf

    (et les Cloches de Rome)


    le 21 juillet

    le Roi

    (et ses ministres)

     

    à Halloween

    c'est relâche 

    (je suis allergique aux citrouilles)

     

    on m’appelle

    le serial killer des jours de fête

     

    à mon anniversaire

    je me tuerai

    (moi et personne d'autre)

     

     







    l