• BUK YOU

     

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    333798162.jpgUn hommage à BUKOWSKI 

    par des écrivains fans

    du romancier et poète américains.

    Avec un poème-préface

    de Dan Fante

    Traduction des auteurs anglo-saxons

    par Éric Dejaeger

    160 pages- 14 €

    Le blog de GROS TEXTES

    (avec les nouvelles parutions): 

    http://grostextes.over-blog.com/

     

  • De DONEGAL à BÉTHUNE: 2 textes de Denis BILLAMBOZ

    Dona de Donegal

    Souvenir d’une soirée magique dans un tout petit pub de Donegal en Irlande où un trio chantait de magnifiques ballades irlandaises.

     

    C’était déjà soir

    Un soir presque noir

    Le vent fouettait

    L’averse cinglait

    Je repoussai l’huis

    Entrai dans le bruit

    Dans un océan

    De brouillard gluant

    Odeur amère

    De la bière

     

    Feu dans les cheveux

    Soleil dans les yeux

    La pinte en main

    D’une voix d’airain

    Du pub la diva

    Elle chantait Dona

    Un refrain d’Eire

    Un hymne fier

    De la légende

    Du pays d’Irlande

     

    Sous l’œil affamé

    Du martyr aimé

    Bénie par le Saint

    Patron  de l’Erin

    Chante la fille

    Que ta voix brille

    Dans les étoiles

    Lève le voile

    Sur la légende

    Qui court la lande

     

    Oh kiss me Dona

     

    Dona de Don’gal


     



    Histoire en béton

     

    Elle est en béton mon histoire, en béton et en bitume, c’était un riche gars de Béthune qui se vantait d’avoir fait fortune dans le béton mais personne n’aurait osé prétendre que Madame aurait trouvé bonne fortune sur le bitume. Ca non ! Jamais ! Certes ce n’était pas un grand amour tout juste l’alliance de la bonté et du béton mais surtout pas l’union du béton et du bitume, fût-il de Béthune, quoique ce n’était peut-être que la rencontre du bitume et de la bonté de Béthune. Les histoires d’amour en béton ça n’existe pas même à Béthune, pas plus sur le bitume que dans le béton.


     

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  • Salvatore GUCCIARDO expose à Charleroi

    1.55.jpgDu 24 OCTOBRE au 15 NOVEMBRE 2013, de 8h30 à 16h30 (entrée gratuite) la MAISON POUR ASSOCIATIONS de MARCHIENNE-AU-PONT (Route de Mons, 80) vous propose de découvrir les créations de Salvatore GUCCIARDO, peintre et poète sans frontière, autour d’une exposition intitulée FERVEUR ASTRALE.

    Le peintre expose une quarantaine de toiles récentes, agréablement mises en valeur dans un lieu habité par les luttes sociales passées et actuelles.

    L'exposition est parrainée par l’Amicale des Mineurs des Charbonnages de Wallonie, présidée par Monsieur Sergio Aliboni.

    LIENS UTILES

    L'article paru dans L'Avenir:

    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20131028_00381328

    Sur le blog de Derry Turla:

    http://fontaine-leveque.blogs.sudinfo.be/archive/2013/10/25/salvatore-gucciardo-a-la-mpa-84905.html

    Ferveur Astrale sur le site de la MPA

    http://www.mpa80.be/Ferveur-astrale-une-exposition-de.html

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    Toutes les photos du vernissage

    https://www.facebook.com/salvatore.gucciardo.940/media_set?set=a.10202046015053298.1274242783&type=3

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    Le site de Salvatore Gucciardo 

    http://www.salvatoregucciardo.be/

  • Extraits de LUMIÈRE NOMADE de Philippe LEUCKX

    41

    Si l'on déroge à la nuit, juste pour se sentir en écho de souffle, si l'on pose sa pauvreté et ses mots, si l'on demeure ainsi
    assis dans l'air qui tombe,
    on est là mains qui frôlent le temps et sa matière,
    on respire l'espace autour de soi
    comme un cœur délivré
    délesté de ses peurs.

     

     

    42

    On tourne autour du vent avec une âme d'enfant et un lasso de regards.
    Mais rien n'y fait, rien pour notre prise.
    Les pieds sont trop lourds et l'oiseau en nous manque d'ailes.
    On se replie sur un pli d'espace et l'on attend.

     

     

    43

    Je frôle la nuit comme on frôle la vie. La rue m'impose ses rites.
    Qui s'habille de noir sait jusqu'où s'épuise l'ombre.
    Je vais sous les portes et je me mêle aux suiveurs de fleuve.
    Les roses fanées, les rumeurs, les airs fauves, tout s'évente sous un ciel de vasque.
    Mais l'envie est plus forte et le destin devant.

     

     

    44

    Toutes les rues poussent leurs lampes.
    On espère voir quelques alvéoles de répit.
    On se serre sur des mots de hasard.
    Et la nuit vient déjà sur une phrase à peine nourrie de nous.

     

     

     

    45

    Il te faudra parler une langue du soir, ébruiter tes attaches, seriner quelques mots comme l'on s'adresse au passant attardé qui sème ses chemins.
    Il te faudra couvrir l'ombre et te satisfaire du peu, juste un peu de baume sur les terres désolées.

     

     

    46

    Mais parfois l'âme des blés me convoque
    m'intime les mots d'enfance et de grange
    me somme de revenir à plus de densité
    à l'heure où le lait chaud tombe
    dans les cruches
    et le fumet des fermes presse l'air des soirs.

     

     

    47

    On a beau rassembler les années en brassées et se les offrir en rappels sur des rides et des cheveux tout blancs, on est là sur le pas du temps
    à mordre l'impossible et à ranger l'imparable.

     

     

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    Leuckxok.jpgPhilippe LEUCKX est un écrivain et critique belge né à Havay.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Leuckx

    Dernières parutions:

    • D'enfances, 2012, Le Coudrier.
    • Métissage, (en collaboration), 2012, L'arbre à paroles.
    • Un piéton à Barcelone, 2012, Encres Vives (F).
    • Au plus près, 2012, Ed. du Cygne (F).
    • Déambulations romaines,(en collaboration), 2012, Ed. Didier Devillez.
    • Quelques mains de poèmes, 2012, L'arbre à paroles.
    • Dix fragments de terre commune, 2013, La Porte (F).
    • Momento nudo, (en collaboration), 2013, L'arbre à paroles.
  • LES ASIATIQUES AU FAR WEST

    billamboz.jpegpar Denis BILLAMBOZ

    Deux livres récents qui parlent tous les deux de l’implantation des communautés asiatiques en Amérique, l’un de Julie Otsuka qui raconte l’aventure des Japonaises qui sont venues rejoindre des maris qu’elles ne connaissaient pas encore sur la côte ouest des USA et l’autre de Brian Leung qui évoque la difficile implantation de la communauté chinoise qui a rejoint le Wyoming pour travailler dans les mines. Deux flots migratoires de l’Asie vers l’Amérique, deux épopées particulièrement douloureuses qui ont cependant donné naissance à deux communautés faisant désormais partie intégrante de la grande nation américaine.

     

    Julie-Otsuka-Certaines-navaient-jamais-vu-la-mer.pngCertaines n’avaient jamais vu la mer

    Julie Otsuka (1962 - ….)

     

    L’éditeur nous présente ce livre comme un roman mais, plus sérieusement, on pourrait parler d’un documentaire qui échappe cependant au genre grâce à l’adresse de l’auteur qui a su en utilisant la première personne du pluriel rassembler dans un même « nous » un ensemble d’expériences individuelles qui peut ainsi constituer la chronique, la vie, d’une communauté sans faire un catalogue fastidieux de ses heurs et malheurs. Ce mode narratif a aussi l’avantage de donner au texte une plus grande densité en évitant d’atomiser les émotions et les sentiments dans des histoires éparpillées.

    Ces histoires ainsi regroupées forment, malgré la grande diversité des cas, l’épopée, devenue légende, de la naissance d’une communauté nipponne aux Etats-Unis, une légende inscrite selon le cycle : émigration, accueil viril, accouplement brutal, grossesses aléatoires, naissances sans hygiène, mortalité infantile, élevage des enfants parce qu’il ne peut pas être question d’éducation dans de telles conditions. Les dénominateurs les plus communs de toutes les expériences sont la souffrance et l’humiliation avec parfois un oasis de quiétude et même de bonheur pour certaines.

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    Au début du XX° siècle ces jeunes Japonaises, mariées à des concitoyens émigrés aux Etats-Unis qu’elles ne connaissent pas encore, prennent le bateau pour la première fois. Elles sont pour la plupart vierges et ne savent rien de la vie qu’elles ont passée jusqu’alors auprès de leurs parents. Sur le bateau, elles ont déjà la nostalgie de ce qu’elles fuient et l’appréhension de découvrir les maris qu’elles ont choisis sur dossier. Les rencontres avec ces époux inconnu sont souvent brutales, rarement tendres et presque toujours violentes. Les maris dont elles attendaient une vie « à l’américaine » ne sont souvent que des journaliers qui suivent le rythme des travaux agricoles dans les plaines et vallées de la Californie en suivant la route qui conduit vers une autre ferme, un autre chantier, une autre galère. Certaines échappent aux travaux de la terre mais effectuent toujours des métiers peu nobles, difficiles, pénibles, ardus, épuisants, que les blanches ne veulent pas faire. Elles découvrent aussi les blancs, les patrons, les propriétaires, maîtres incontestés des terres, qu’elles doivent obéir sans contradiction et même parfois subir jusque dans leur chair.

    Stigmatisées, ces populations étrangères sont repoussées, humiliées, elles s’établissent dans des fermes perdues ou dans des quartiers miséreux, se regroupant en communautés embryons des quartiers japonais qui poussent rapidement sur la Côte Ouest. Et quand, après avoir dépensé des trésors de résignation, d’acceptation, de pugnacité, de persévérance, de souffrance et de douleurs, la communauté commence à assurer ses bases, ses fondations, un mode de vie acceptable, survient la guerre contre le mère-patrie qui génère une réaction brutale, une poussée de racisme, la suspicion, l’inquisition, la déportation, de nouvelles humiliations, de nouvelles souffrances, de nouveaux malheurs…

    Un hommage à cette communauté d’origine nipponne devenue américaine dans la souffrance et l’humiliation.

     


    20130601_171907.jpgSeuls le ciel et la terre

    Brian Leung ( ? - ….)

     

    Ce livre qui ressemble à un western, est avant tout, à mon avis, un grand livre d’amour qui est beaucoup trop pudique pour l’avouer, c’est l’histoire rituelle de l’amour impossible entre deux personnes issues de communautés différentes : la fille pionnière du Far West et le Chinois exilé loin de ses terres natales. Deux clans qui s’opposent de plus en plus violemment car les Blancs exploités revendiquant un meilleur salaire, la compagnie a fait venir, à leur grand dam et à leur colère, des Chinois prêts à travailler pour presque rien. Inéluctablement l’hostilité entre les deux communautés n’a fait que croître, les Blancs accusant les Asiatiques de leur voler leur emploi.

    1927, un peu plus de quarante ans après les émeutes de Rock Springs dans le Wyoming, Addie rentre à Dire Draw qu’elle a fui  en septembre 1885, après avoir essuyé un coup de feu dans le ventre de la part de l’un des insurgés blancs qu’elle n’a jamais pu identifier même si, au fond d’elle-même, elle sait qui c’est. Dans l’ancien camp des mineurs, elle est considérée comme une héroïne car elle a sauvé deux hommes lors de l’effondrement d’une galerie mais aussi avec circonspection à cause de sa relation avec les Chinois à l’époque du soulèvement. Elle, elle voudrait surtout rencontrer son mari qu’elle a abandonné après les émeutes, pour régler certain compte, et des Chinois survivants des insurrections pour évoquer ses amis disparus.

    Elle vivait dans le Kentucky avec un père alcoolique qu’elle n’a pas pu abandonner quand sa mère est partie et quand son frère a dû lui aussi prendre la route de l’ouest. Mais, après le décès de ce père incapable de les nourrir correctement, elle a accepté de rejoindre son frère sur une concession qu’il avait acquise dans le Wyoming mais ce bout de terrain était totalement inculte et ne pouvait pas faire vivre son propriétaire. C’est ainsi que son frère a rejoint la mine à Rock Springs et qu’elle est devenue, avec la complicité d’un Chinois, Wing, chasseur de gibier pour les mineurs.

    La vie qu’elle avait organisée avec son frère était bien misérable, elle leur permettait cependant de subsister dans une relative quiétude sur leur lopin inculte. Mais les événements allaient à nouveau lui être contraire, l’hostilité entre les mineurs blancs et chinois prenant de plus en plus d’acuité jusqu’à ce que l’émeute éclate et que les Blancs rasent le camp des Chinois, faisant de nombreuses victimes. Addie se trouva alors entre le fer et l’enclume car la relation amicale qu’elle avait développée avec son complice de chasse, prenait une forme de plus en plus sentimentale qui émouvait la communauté blanche et surtout le mari que son frère lui avait désigné et qu’elle avait épousé uniquement pour ne pas rester seule sur ce territoire hostile.

    ECH20242032_1.jpgCe texte dont les chapitres s’assemblent progressivement au cours de la lecture, reconstitue la vie d’Addie qui pourrait symboliser le peuple de pionniers qui a donné naissance à ce nouveau territoire : l’histoire du peuplement du Wyoming, l’odyssée des pionniers qui ont mené une vie de misère et de souffrance pour arracher leur survie à cette terre peu généreuse et l’aventure méconnue de la communauté chinoise qui a, à sa façon, participé, dans la douleur elle aussi, au peuplement de ce territoire. Mais, c’est avant tout, un grand livre sur la tolérance, le respect d’autrui et de la différence, Addie apparaissant toujours comme la médiatrice entre les deux clans qui s’affrontent, malgré l’impossibilité qui semble s’opposer à un rapprochement entre ces deux peuplades.

     Ainsi Brian Leung qui pourrait être un descendant de cette Addie et de l’un de ses amis chinois qu’il met en scène dans ce roman, nous propose un texte très romanesque, une sorte de Roméo et Juliette déguisés en pionnier du Far West, tout droit sortis des pages d’Harrison, de McGuane ou de n’importe quel autre auteur figurant parmi la cohorte des écrivains américains qu’on classe habituellement parmi « les écrivains des grands espaces » ou «  les écrivains du Montana ». Une liste sur laquelle il pourra désormais figurer sans risquer de souffrir la comparaison avec ceux qui y sont actuellement inscrits, tant il maitrise le souffle des grandes plaines dans les pages de son texte. 

  • Les mots pelés (19): Tombes d'écrivains et autres mouroirs littéraires...

    Cet éditeur ne publiait qu’un seul ouvrage de ses différents auteurs. Chaque sortie désolait toujours une poignée de lecteurs.

     

     

    Ce libraire prenait soin de délimiter le rayon poésie de sa boutique par des panneaux de danger. Plusieurs fois des lecteurs imprudents avaient été pris d'effroi en constatant l’endroit où ils avaient malencontreusement abouti et leur prise en charge avaient nécessité les soins d’un psychologue spécialisé dans les traumas littéraires. 

     

     

    Ma mère ne peut pas me voir en couverture d’un livre. C’est pourquoi je publie si peu ou alors sous des pseudonymes.

     

     

    Lors d’un atelier d’écriture particulièrement fécond, cet écrivain produisit deux milles textes sans la moindre importance.

     


    Afin d’échapper au harcèlement littéraire dont il est toujours l’objet à l'occasion des lectures qui ont lieu sur sa tombe, le squelette de Rimbaud aurait quitté le cimetière de Charleville pour une fosse commune au Harar. 

     

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    Un critique d’air a chroniqué férocement un texte de haute montagne. 

     

     

    Certaines personnes deviennent écrivain sur un coup de texte.

     

     

    Cet écrivain harcelé par son lectorat demanda l’asile à un organisateur de prix littéraires.

     

     

    Cet éditeur avait lancé, uniquement dans les pays avant-gardistes, une collection de livres ennuyeux à mourir à destination des candidats à l’euthanasie.


     

    Sur sa tombe, cet écrivain fit graver tout son roman. Faute d’avoir trouvé un éditeur de son vivant.

     

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    Cet animateur en burn-out, au cours d'un atelier d'écriture particulièrement meurtrier, tua trente-six non écrivains avant de se suicider. 



    Cet éditeur ne vendait que son catalogue et offrait les livres de ses auteurs.



    Ma mère ne supporte pas de me voir écrire. Alors, pour lui éviter cette peine, je me cache pendant toute l’année. Pour le Nouvel An, j’évite même de lui adresser mes vœux.



    Chaque fois que je sors un livre, je vais en déposer un sur la tombe du premier éditeur qui m’a refusé un manuscrit. 

     

     

    Ma sœur ne lit que les livres coloriés de mon petit frère. D’autre part, à cinq ans, on ne peut pas encore lire les grands livres de littérature pour ados que j’écris entre deux livres pour ma grand-mère.  

     

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    Cet auteur d’aphorismes à succès n’aspirait qu’à écrire des bons mots.



    Cet auteur de littérature Jeunesse ne fit pas de vieux livres.


    Les narines des poètes inspirés sont pleines de miasmes de muses.

     

     

    Chaque jour depuis mes cinq ans je recopie le livre de mon père sans jamais me résoudre à mettre le point final.


    C’est lors des lectures marathon qu’on regrette le plus les écrivains sans œuvre.

     

     

    J’aime les poétesses toutes lues qui m’offrent un dernier vers.

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  • PENCHANTS RETORS, la lecture de Carine-Laure DESGUIN

    Christopher-et-Eric-Allard-002.JPGLa lecture de mes Penchants retors assortie d'un dialogue imaginaire, par Carine-Laure DESGUIN.

    EXTRAIT:

    (...)

    « Penchants retors », une centaine de textes tous plus décalés les uns que les autres. Lorsque vous aurez ingurgité quelques unes de ces friandises, vous connaîtrez l’histoire de la majorette et du policier albinos, celle de ce paletot sur lequel sont cousues deux belles mains féminines, celle de ce peintre de narine….Et des dizaines d’autres histoires toutes aussi loufoques et décalées les unes que les autres.

    Eric Allard, avec ces historiettes de major, toutes dépoilées, mais cousues d’un humour cynique et d’un surréalisme constant, photographie les scènes de la vie dans un angle. ..comment dire….hypergéométrique à textes variables !

    (...)

    « Penchants retors », un livre que je vous conseille si vous sentez les stéréotypes de la vie vous envahir ! Soignez-vous, prenez quelques « éricallardises » !

    A découvrir dans son entièreté sur le blog de Carine-Laure:

    http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-118-pour-vous-j-ai-lu-et-commente-penchants-retors-de-eric-allard-120729450.html

  • La ville des psy

    Dans cette ville uniquement composée de psychologues et de psychiatres, le maire est un patient. Un malade mental, si vous voulez, tellement couru des psy qu’ils ont tous voté pour lui aux dernières élections. Le malade règne sur ses concitoyens psy, il se fait un plaisir de les faire lanterner dans la salle d’attente aux dimensions de la ville. Ils patientent au parc Jung, le long du fleuve Reich, au sommet de la tour Winnicott, au pied du monument consacré à Freud, sur la place Lacan.

    Enfin, le maire les reçoit dans le cabinet privé de sa résidence personnelle, il occupe le divan comme un trône. Quand il parle, les psy n’osent le déranger, se contentant d’opiner en prenant, au mieux, quelques notes dans un grand calepin relié de cuir. À la fin de la séance, ils lui confirment qu’il est bien le plus grand malade de la ville (même si beaucoup, en leur for intérieur, savent que tel ou tel collègue voire eux-mêmes sont beaucoup plus atteints). Le maire se réjouit toujours d’entendre leurs conclusions qui lui confirment son statut de psychotique profond, donc d’incurable. Il regagne d’un bon pas son bureau de maire à l’hôtel de Ville, après avoir salué sur la route quantité de thérapeutes aimables comme personne ne l’avait été avec lui avant son entrée en politique.

    Des psy qui l’appellent entre eux Schreber, du nom du célèbre patient président de Freud. Alors que, comme tout le monde, il s’appelle Miller.

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  • Jésus sur le divan

    Jésus sur le divan du psychanalyste change le trauma en mots.

    - Miracle, s’écrie le psy.

    - Attendez, dit Jésus, je n’ai pas terminé.

    - Mon Dieu, vous allez faire quoi ?

    - Changer la croyance en raison...

    - Et encore ?

    Jésus se lève et va décrocher le portrait de Freud qui orne le cabinet.

    Il lui tend à la place une photo d’Onfray.

    Jésus observe le thérapeute alarmé, puis abattu et, bientôt, en larmes.

    - Moi aussi, j’ai vécu ça chez moi, dit Jésus, c’est très difficile à vivre...

    Pourquoi pensez-vous que je suis venu vous consulter ?

     

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  • UNE CERISE POUR LA VEUVE MARIGOT de Claire MATHY (éd. Memory)

    Le gâteau de la vie

    Deux femmes aux deux extrémités du chemin de la vie, Cerise et Marie-Madeleine Marigot, se rencontrent aux Trois Soleils, un lieu transgénérationnel voué à la rétrospective comme à la reconstruction de soi. L’enfant, à la veille de ses six ans, ravive à l’occasion d’une noyade de laquelle elle échappe des souvenirs douloureux chez la femme âgée de septante ans et victime d’un récent AVC. Au début du récit, Marie-Marguerite s’exprime au moyen de nics-nacs alors que l’enfant orpheline peine, elle, à se nourrir. La veuve va peu à peu s’employer à la préserver des aléas de la vie.

    Gravitent autour d’eux des pensionnaires comme des membres du personnel soignant du complexe médical, les uns marqués d’un handicap, les autres de particularités pittoresques. Pour la plupart, des inadaptés de la vie et qui ont comme surnom des noms de personnages de conte ou de fiction : Geppetto, Quichotte, Pimprenelle... A leur façon ils vont nourrir le récit qui va conduire aux confidences de la septuagénaire.

    Repository?IDR=4410&IDQ=20Claire Mathy joue du contraste entre des teintes semblables assimilables, si on n’y regarde pas bien, à l’uniformité. Elle pointe le singulier dans ce qui a vocation à être confondu, à aller par deux ou plusieurs. Voir à ce sujet l’intervention des triplés du roman qui font la leçon aux fielleuses jumelles sur la nécessité à ne pas vivre en vase clos même si on est issu du même placenta.

    L’auteure a le sens de la fratrie et, par conséquent, celui de l’individualité. Au niveau de l’écriture, cela se marque par la précision du vocabulaire et la distinction des métaphores. Par l’onomastique aussi, qui donne des clés et des chemins de lecture. Et des phrases uniques, qu’elle soigne, comme pour leur donner toutes les chances de se débrouiller, de durer dans le maelström de la littérature.

    Les personnages sont peu ou prou des victimes de l’illusion d’innocence dont ils se sont un jour bercés. Pour leur subsistance, ils doivent recoller au réel, quitte à devoir employer les armes (le persiflage, la cruauté) de l’ennemi, de l’ogre et se défaire d’un indéfectible sentiment de culpabilité qui les rend responsables de leur propre malheur ou de celui de leurs proches.

    Comme dans la course des escargots initiée par Cerise, narrée dans un chapitre, Marie Madeleine s’éloigne peu d'une ligne tracée dès l’enfance. L’enfance, rappelée ou invoquée souvent à l'aube de la vieillesse, est le territoire par excellence où la libido se développe face aux interdits, au risque d’être refoulée à jamais par un surmoi trop puissant ou une bonne conscience coercitive.

    Le feu s’oppose à l’eau, synonyme de danger ultime pour les fillettes du récit, et c’est comme si l’eau, pourtant libératrice et régénératrice comme dans la scène ou Cerise et Marie s’ébrouent sous la pluie devait, au final et suivant la belle formule employée par l’auteure, toujours noyer le feu.

     Comme chez Jean de La Fontaine, cité régulièrement par une pensionnaire du home, on retrouve dans la prose de Mathy cette concision du langage, cette densité narrative qui réclame l’extrême attention du lecteur. Hormis dans les lettres de la veuve, où la langue se fait moins ténue, plus déliée...

    La narratrice, ergothérapeute, s’appelle Aurore Beauréel et sa fonction sera purement structurelle, celle de modérer et d’organiser les interventions des différents intervenants de l’histoire. Celle aussi d’accoucher une parole qui va donner le récit-miroir tendu au lecteur

    Claire Mathy a passé haut la main l’épreuve, souvent périlleuse, du second roman. En faisant (davantage que dans son premier livre) œuvre de fiction, en distribuant savamment les éléments de ce qui constitue déjà un univers romanesque, elle s’affirme comme écrivain et conteuse d’histoires. 

    Éric Allard

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    Pour commander:

    http://www.memory-press.be/index.php/books/show/359

  • Femme apparente + Pense-bête

    Femme apparente

    J’ai toujours une femme en bouche, ou au bord des lèvres, des yeux, des oreilles et, régulièrement, des amis, des connaissances me le font remarquer: « Cache ta femme, on la voit comme le nez au milieu du visage! ». Parfois, j’arrive à la placer dans la main (où elle passe la tête), au bout des phalanges (sur les ongles), dans le cou (où elle fait des pieds et des mains), elle ne tient pas en place (elle est constamment agitée) mais c’est vrai, toujours à la vue des autres. Jamais sous la chemise ou le pantalon. C’est indécent, à la fin ! C’est que j’aime exposer ma petite femme, moi. Je sais que ça en incommode certains, que ça provoque des envies, d’avoir la même, de faire comme moi, de jouer à la perdre et à la retrouver... Mais c’est qu’il a fallu du temps pour la réduire à cette dimension et la rendre docile, elle si grande et si infernale à l’origine et maintenant toute bonne, toute tendre, si douce et si fine qu’un jour, pour sûr, elle me glissera entre les doigts.

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    Pense-bête

    Cette femme mémo prêtait son corps, toute sa peau  pour qu’on prenne note. Elle faisait figure d’agenda épidermique. Et cela procurait des frissons suivant les endroits où la notule aboutissait. Dans l’élan, on notait n’importe quoi. Des tas de rendez-vous inutiles, des pense-bêtes incongrus. Interdiction formelle toutefois de s’attarder. Cependant on pouvait prendre tout le temps qu’on voulait pour effacer, nettoyer l’ardoise, la rendre tel un tableau luisant, un écran blanc immaculé sans une tache, sans un mot de trop. Sinon le doux repentir d’une caresse.

     

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  • Les couleurs du tendre

    La bleue est une petite brune pétillante et secrète qui se nourrit de grand air et d’eau pure. La rouge est une grande rousse à la peau mate qui raffole de viande saignante et de la chair des pastèques. La verte est végétarienne, elle peut rester des heures à contempler en silence son plat d’algues marines. La jaune sourit toujours, elle cultive un goût particulier pour les lychees, le riz cantonais et les bananes flambées. La mauve est si maigre que ses veines affleurent à la surface de sa peau. La peau de l’orange a un goût de soleil plongé dans de la grenadine.

    Dans mon agenda, afin de ne pas commettre d’impair, j’ai désigné chacune de mes amies par une couleur. Certaines semaines, je dois jongler avec les tons, en veillant à bien les étaler sur la palette de mon emploi du temps. Pourtant secrètement je rêve de les réunir toutes pour, dans le spectre de l’amour, après le feu d’artifice du désir, n’apparaisse que l’addition de toutes réunies dans le blanc immaculé symbolisant la lumière nuptiale. Ce blanc sur lequel tranche toutes les couleurs.

    in Penchants retors, Eric Allard, éd. Gros Textes, 2009

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  • Lundi, Mardi, par Denis Billamboz

    Lundi

     

     

    Jour de lune

    Sur la dune

    Soir de Brume

    Sur la lagune

     

    Bière brune

    Cigarette brune

    Pluie de thunes

    Langoureuse brune

     

    A chacun sa chacune

    A chacun son aucune

    Seul sur la lagune

    Seul sous la lune

     

    Va rêveur nocturne

     

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    Mardi

     

    Fille altière

    Peinture de guerre

    Arpente les artères

    A la recherche d’une bonne affaire

     

    Fille altière

    Craint le maître sévère

    Qu’elle vénère

    Pour qu’il la libère

     

    Fille altière

    Laisse Mars à sa guerre

    Rejoint Déméter

    Mère de la terre

     

    Fille soit fière

    De fuir ce monde délétère

     

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  • LA HONGRIE PROFONDE

    billamboz.jpegpar Denis BILLAMBOZ

     « L’affaire Eszter Solimosy » de Gyula Krùdy a été récemment réédité chez Albin Michel et j’ai eu l’occasion de le lire pendant les dernières vacances estivales. Cette lecture a fait remonter à ma mémoire un gros roman de Laszlo Németh, « Une possédée », que j’ai lu il y a quelques années seulement. J’ai donc pu faire le rapprochement entre ces deux textes, un récit-reportage et un roman, qui tous les deux évoquent très largement la Hongrie provinciale et campagnarde à la fin du dix-neuvième siècle pour Krùdy et dans la première partie du vingtième siècle pour Németh, un excellent documentaire historique, social, politique qui intéressera tous ceux qui aiment ce pays et son histoire mais aussi tous les lecteurs curieux de connaître la vie au cœur de l’Europe au cours de cette période allant des années 1870 aux années 1930, de la fin de l’Empire des Habsbourg aux premiers pas de la Hongrie indépendante.

     

    AVT_Gyula-Krdy_4268.jpegL’affaire Eszter Solimosy

    Gyula Krùdy (1878 – 1933


    Environ cinquante ans après les événements, au moment où Hitler accède au pouvoir, Gyula Krùdy écrit l’histoire de la disparition d’Eszter Solymosi, l’émotion qui en suivit et le procès qui conclut l’affaire, on pourrait y voir une forme d’avertissement comme on pourrait aussi considérer la réédition de ce texte comme une réplique à la montée actuelle de l’extrême droite en Hongrie, ce que la traductrice ne manque pas de souligner en évoquant : « l’opportunité de rééditer cet ouvrage au moment où la Hongrie secoue ses vieux démons ».

    L’affaire Eszter Solymosi prend corps en avril 1882, à Tiszaeszlàr, dans la vallée de la Tisza, elle « commença à intéresser les gens une fois qu’on eut perdu toute trace de la fillette ; il est vrai qu’après cela, on parla d’elle dans le monde entier car partout fut colportée la nouvelle calomnieuse selon laquelle le rituel religieux pour la Pâque juive exigeait d’ajouter le sang d’une jeune fille chrétienne à la farine du pain azyme ». Sous l’influence d’un foyer antisémitique ardent, une partie de la population accuse les Juifs d’avoir utilisé le sang d’Eszter pour la pratique de ce rituel. Le fils du bedeau de la synagogue confirme cette présomption par un témoignage accablant. Les passions se déchaînent, les antisémites font feux de tout bois, les Juifs, surtout étrangers, sont chargés de toutes les misères, incendies et empoisonnements de puits notamment, qui surviennent périodiquement. « Jamais il n’a été très bon d’être juif mais à cette époque là, être juif à Tiszaeszlàr, c’était pire que d’être chien. »

    En s’appuyant principalement sur la presse contemporaine des faits, Krùdy présente l’affaire sous deux angles : l’affaire telle qu’elle est vécue dans le déchaînement passionnel de l’époque et l’affaire telle qu’elle ressort de l’instruction et du jugement. Il se livre à reconstitution exhaustive de l’histoire mais aussi du contexte social, économique, politique et historique, avec les personnages qui l’animent. Il explore toutes les pistes possibles même les plus improbables : indices, racontars, affabulation, mauvaises intentions, préjugés, haines ancestrales, légendes, inventions… pour cerner au plus près possible la machination raciste montée contre une communauté mal acceptée. Il décortique le contexte de l’époque jusque dans ses moindres ramifications pour démonter l’enquête, bribe par bribe, pour en montrer toutes les failles et dénoncer les préjugés et partis pris. N’oublions pas que ce texte a été initialement publié dans un périodique, ce qui a une influence non négligeable sur la forme du roman actuel et sur le rythme de l’intrigue ralenti par la répétition et la reformulation de certains éléments du récit afin que le lecteur puisse resituer chaque épisode dans l’ensemble de l’histoire.

    Ce texte est aussi un excellent témoignage sur la Hongrie à la fin de l’époque des Habsbourg, juste après qu’elle a pris quelques distances avec Vienne, la vie des provinces éloignées, la misère d’une bonne partie de la population, le fonctionnement de la justice, le statut et le sort des Juifs dans un antisémitisme endémique et chronique débordant dans l’ensemble de l’Europe centrale qui aboutira à la Shoah. Ce texte pose aussi, indirectement, le problème de l’intégration de cette communauté présente depuis des siècles dans cette région en évitant soigneusement de se fondre dans la collectivité nationale même après l’affaire. Et Gyula Krùdy a bien flairé le danger : « On ne pouvait abandonner un tel foyer sans s’être assuré de l’avoir asphyxié pour ne pas risquer qu’il s’enflamme à nouveau au moindre coup de vent car, dans l’âme du peuple, il y avait encore assez de matériau inflammable ». C’était en 1931 et le feu brûlait déjà dans bien des âmes.

     

    270.jpgUne possédée

    Laszlo Németh (1901 – 1975)

     

    Une histoire toute simple, une histoire, hélas, très banale qui se déroule pendant la première moitié du XX° siècle, apparemment du moins, dans la campagne profonde hongroise, mais une histoire qu’ont connue de nombreuses jeunes filles et même certains jeunes gens, dans bien d’autres régions du globe et même encore à notre époque. Nelly, belle et jeune paysanne, fille unique d’une famille pauvre qui a déchu est contrainte par sa famille, son entourage et même les circonstances d’épouser Sandor, le riche héritier d’un vaste domaine, vantard, m’as-tu vu, qui poursuit des études dans la capitale pour devenir un fermier moderne.  Et, évidemment, ce mariage arrangé, contraint, va vite dégénérer dans la déliquescence malgré l’amour admiratif et possessif que le jeune homme porte à sa femme adorée.

    Pour raconter cette histoire, certes romanesque, mais surtout sociale qui dépeint à merveille le monde paysan hongrois, mal sorti de la féodalité, tel qu’il existait à cette époque, Làszlo Németh se glisse dans la peau de la jeune fille et écrit au féminin. Exercice qu’il réussit plutôt bien en livrant une véritable autopsie chirurgicale des sentiments et états d’âme de Nelly qui s’oppose de plus en plus à son mari au point de refuser l’amour physique, elle ne sait même pas si elle aurait pu l’apprécier avec un autre. Ce qui pose évidemment la question de l’éducation sexuelle des filles livrées en pâture à des maris souvent peu délicats. La femme doit s’offrir à son homme et est contrainte de subir sans jamais pouvoir choisir le moyen d’arriver au plaisir qu’elle n’atteindra de toute façon jamais. Le combat de Nelly est donc aussi un combat pour le choix de sa sexualité et de son exercice.

    Ce livre se veut très certainement un réquisitoire contre le sort réservé aux femmes obligées d’accepter les choix qui étaient faits pour elles et de s’y plier. C’est sans doute pour cette raison qu’il dresse le portrait d’une fille orgueilleuse, fière et de plus en plus intransigeante qui rend toute solution impossible par son refus catégorique de se soumettre à ce mari qu’elle n’a pas choisi et dont elle ne veut pas. Mais certainement qu’au-delà de la condition féminine, Németh a voulu évoquer le refus de toute contrainte, la liberté d’opinion et de choix. Une façon détournée de s’élever contre les régimes totalitaires de quelque soit sa nature.

    Un roman donc sans surprise dont le dénouement est très convenu mais surtout un texte démonstratif qui analyse un processus de dégradation inéluctable qui pourrait laisser aussi sous-entendre que la destinée est bien difficile à contourner et qu’on n’y échappe pas facilement. Un livre peut-être un peu trop long pour conduire cette démonstration mais une si belle écriture, classique, claire et fluide qu’elle en rend la lecture aisée et bien agréable.

     

  • Le psy peintre

    images?q=tbn:ANd9GcQEI0RqFfLiLppflFA6E_FflTjN_QuRiMHUQk04imMf5OgxVv11Pour se démarquer des autres psy, celui-ci prenait, lors de la première séance de débroussaillage de souvenirs, des croquis (dessins, fusains, pastels) de ses patients. Ensuite,  à l’heure des grands déballages, venait le temps du travail (aquarelles, huiles, acryliques) sur la toile face au modèle nu allongé sur le canapé. Enfin, arrivait la touche finale lorsque le patient désapé jusqu’au ça, tous les nœuds de langage dénoués, avait résolu son problème oedipien,. La thérapie terminée, transfert au placard et surmoi à nouveau en était de marche, le patient (ou plus souvent la patiente) s’en retournait avec un portrait dont il (ou elle) n’était pas peu fier : l’image enfin parfaite de lui-même qu’il avait inconsciemment désirée. Quant au peintre, il se mettait très vite à un nouveau projet, jamais guéri de son addiction à la peinture de la psyché. Un jour, oui, il ferait son autoportrait face à un beau miroir lacanien.

  • avant d'écrire

    avant d’écrire

    je demande mon chemin

    aux mots

     

    ils ont mal à la tête

    les mots

    à force de se faire apostropher

    et ils me disent

    c’est par cette phrase-là!

    m’sieur l’apprenti écrivain

    c’est par ce livre-là !

     

    je sens qu’ils se moquent

    je ne relève pas

    je me dis que d’ici un à dix ans

    ils se courberont sur mon passage

    ils me feront des salamalecs

    ils regretteront leurs marques d’ironie

    ils feront tout pour se faire cajoler

    par mes soins

    mais je resterai de bois

     

    je ne leur donnerai même pas

    une petite aspirine de la nouvelle génération

    à la limite du paracétamol

    de derrière les fardeaux

    ou de la grande camomille en infusion

    un comprimé qui fond sur la langue française

    sans faire de bulles

     

     quand je serai pharmacien

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  • L'homme collant

    images?q=tbn:ANd9GcQDF4F7oh_ffJQkFUQKu6fdMGaL8k3ogqrAfnVkjMpktLt-f3lCLwUn jour, cet homme observa qu’il adhérait abusivement aux choses. Aux dossiers de chaise, aux draps de lit, au gazon de sa pelouse, à l’acrylique de sa baignoire. Il ne paniqua pas et réagit en conséquence. Il se mit en quête d’un homo sapiens. Quitte à se lier, autant que ce soit à un être humain. Il ne se voyait pas coller une tortue, un puma ou une girafe malgré tout le respect qu’il avait pour ces animaux en voie de disparition. Pour tout dire, il ne se voyait pas disparaître aussi vite du cycle des espèces.

    Il se jeta gluement sur une collègue de bureau. Très vite il lui colla au cul, enfin, aux basques. Et cette femme ne put plus s’en débarrasser malgré les grands moyens mis en œuvre : treuil, pinces, menaces de harcèlement. On les voyait toujours par deux de telle sorte que la femme, pour couper court aux commérages, déclara qu’elle avait, pour le sauver d’une ruine affective certaine, renouer corps et âme avec son frère siamois qui était resté séparé, loin d’elle, depuis leur naissance. Ce qui lui attira la sympathie de tous même de ses plus tenaces ennemis dans l’entreprise. Même si cela n’alla pas sans mal, surtout aux débuts, pour la vie privée de cette femme mariée depuis vingt ans et mère de trois enfants.

    Enfin, toute la famille l’adopta, le mêlant à toutes ses activités (repos, repas, trépas, coït...) et, aux dernières nouvelles, l’homme collant a encore raffermi son attachement si bien que désormais on peut affirmer que rien ni personne ne pourront jamais décoller cette homme de cette femme. Ce sont des choses qui arrivent dans notre monde sans ruban ni colle forte.

  • 2ème SALON du LIVRE de CHARLEROI

    Le 2ème Salon du Livre de Charleroi se tiendra 

    à la Bibliothèque Marguerite Yourcenar de Marchienne-au-Pont

    le SAMEDI 12 OCTOBRE 2013 de 10 h à 18 h.

    J'y serai présent dans l'après-midi pour dédicacer mes recueils. La dédicace et l'entrée sont gratuites. Et il n'y a pas d'obligation d'achat. Venez y faire un tour!

     

    AUTEURS PRÉSENTS

     

    10h - 14h
    Brigitte Piret  - Bustin Alain - Roland Smout - Sandra Dulier - Pascal Feyaerts - Salvatore Gucciardo - Sylvie Chantal - Alexander Nobb - Cécile Royer - Sylvie Chantal - Antonino Scifo

     

     

    14h - 18h 

    Hugues Daye - Rolande Michel - Micheline Boland - Louis Delville - Eric Allard - Salvatore Gucciardo - Dich'oban - Charline Lembourg - Pascale Bernard - Claire Mathy - Carine Laure-Desguin - Louis Mathoux

     

    Georges Roland - Barbara Flamand - Alain Magerotte = 3 auteurs à découvrir : bernardiennes.wifeo.com 


     

    EDITEURS  

    Editions Memogrames (memogrames.skynetblogs.be)

     

    Giani Pierno, éditeur spécialisé dans le ludique  pour : Mémorisation du calcul - Mémorisation des décompositions des nombres de 2 à 10

    SH-Editions


     

    Des animations et des débats sont prévus tout le long de la journée ainsi qu'une lecture spectacle et un atelier photo

     


                                                           Débats 

    11h00 Bernard de Montgaillard : l’histoire mouvementée d’un grand Abbé d’Orval(éd.Weyrich) par Hugues Rogiers

    www.weyrich-edition.be

    www.orval.be



    15h00 L’intelligence du Caché : un regard lucide sur la Franc-Maçonnerie (éd. MdV) 
    par José Hubert

    www.mdv-editeur.fr


                                                                                                                                             

    17h00 Conscience athée (éd. Memogrames) par Noël Rixhon

             memogrames.skynetblogs.be
            www.atheeshumanistes.be                         

     

                                        Lecture spectacle 

     

    18h30 Chansons détournées  par  Le Faisan sur le Clocher (Murielle Leclercq, Cathy Nicolay, Elodie et Marcel Dagniaux 

     

    main.php?g2_view=core.DownloadItem&g2_itemId=737511&g2_serialNumber=2

    Espaces du BOURGEON (association de fait) Collaboration avec la Bibliothèque Mte Yourcenar et les Amis du Château

    Salles du château de Cartier

    Place Albert 1er, 38  - 6030 Marchienne

    Info : Serge budahazi - 071/86.56.27 ou bibliothequeyourcenar@gmail.com

    Carine-Laure Desguin, membre du comité Le Bourgeon carinelauredesguin@gmail.com

    www.bourgeon.be

     

    TOUT SAVOIR SUR la MANIFESTATION et toutes les ANIMATIONS ici:

    http://www.bourgeon.be/bourgeon.be/AGENDA_BOURGEON/Entrees/2013/7/28_09_ET_12_10_SALON_DES_AUTEURS%2C_DEBATS%2C_....html


  • Éric DEJAEGER à POLAR & CO

    "Éric DEJAEGER a publié plus de 30 livres.


    Il touche à tous les genres: la nouvelle, la poésie, l'aphorisme - qu'ils préfère appeler "irréflexion" -, le roman et... le polar.

    Son approche du roman noir est résolument iconoclaste, ses personnages sont généralement atteints de troubles comportementaux liés à l'alcoolisme ou au priapisme.

    Chez Cactus Inébranlable éditions, il a publié deux romans: La saga Maigros et Un privé à bas bilan où le priapique chronique tient le rôle principal.

    Tout cela est franchement étonnant et résolument drôle !

    Une rencontre avec l'auteur, c'est la garantie de passer un grand moment.

    Rendez-vous chez Polar & C°, rue de la Coupe à Mons, le mercredi 9 octobre à 18 heures.

    Y aura à boire et des chips.

    À volonté."

    La page Facebook de l'événement:

    https://www.facebook.com/events/161262364072365/

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    Le blog d'Éric Dejaeger

    Découvrez entre autres ses lapidaire irréflexions !

    http://courttoujours.hautetfort.com/

    Le site de Cactus Inébranlable éditions:

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

    Le site de la librairie Polar and Co:

    http://www.librairiepolar.com/

  • GRENIER JANE TONY, ce samedi 5 octobre


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    Avec Louis Mathoux

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    Les amis présents, avec, entre autres, mon épouse, Salvatore Gucciardo, Eric Dejaeger, Claude Miseur, John Ellyton, Paul Guiot, Carine-Laure Desguin, Carine Geerts et Pierre Nélis, Nathalie Delferrière, Joaquim Hock, Brigitte Dumont... 

    On voit aussi Piet Linkens et Stéphan Van Puyvelde, des éditions Novelas, qui se présentait le même jour. 

    Merci à tous!

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    L'after 

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    Les photos ci-dessus sont de Pierre Nélis et Paul Guiot.

    Voir aussi le petit reportage de Carine-Laure Desguin sur son blog:

    http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-eric-allard-au-grenier-jane-tony-120431192.html

    D'autres photos de la séance d'hier, par Marguerite Marie James:

    https://picasaweb.google.com/116341554877320775010/GrenierJaneTony051013?authuser=0&authkey=Gv1sRgCJi46fDW29eDSw&feat=directlink

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  • PASSER PAR LA NUIT de Danielle GÉRARD

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    Philippe LEUCKX



     

     


    Dans de longs poèmes où la nuit est le lieu du désir, la poétesse hainuyère rameute tous les symboles attachés à l’espace nocturne.

    Le lyrisme fait le reste : il importe de combler le manque, de vivre d’étoiles, de songes, d’inconnu.

    « Je vis la nuit s’avancer sur les cyprès »

    ou

    « N’avoir de désir

    Que pour le jour »

    ou encore

    « Qu’au signal de la nuit

    Se signent les interdits

    Les fables et prophéties »

    Le pays de nuit, de silence, ce « suaire », « toujours entre deux lumières » pousse l’auteur de « Baisers » (l’an dernier aux Déjeuners sur l’herbe) à révéler les « étoiles enfuies », à « saisir une parole non dite », à voir « les corps unis ».

    Et si « la nuit prend sur les visages/ Un air de rien », le lecteur se sent d’amble avec l’univers circonscrit, où il lui est loisible de croiser des « lampes qui vacillent » ou d’échapper « à la morsure des astres.

    Les poèmes, traditionnels, certes, mais pleins, denses, qui livrent de leur auteur une voix douce et tout à la fois aiguë, décrivent la nuit comme recours ou comme repoussoir ultime.

    Quelques belles images (« les lampes souillent la nuit ») offrent leur poids de réalité et nous guident vers ces chemins où l’amour, le désir, la nuit tissent leurs thèmes.

    PASSER PAR LA NUIT  de Danielle Gerard, Dricot, 2013. Prix de l’édition de la Société des Poètes français, 60 p., 12€.

     http://www.dricot.be/

  • La flamme de L'Ecrivain Inconnu et autres aphorismes

    Tous les jours, je ranime la flamme littéraire de L’Ecrivain Inconnu que je suis.



    Plus d’une fois ce critique annonça ma mort. Pour qu’enfin on me lise.



    Ma voisine a lu le titre d’un de mes livres tombés par mégarde à ses pieds pendant que je balayais son trottoir des restes de ma littérature. 



    Même mon chat ne me lit pas.



    Je revois sans cesse mon interview imaginaire à Bernard Pivot en espérant qu’elle sera parfaite pour quand il m’apostrophera sur Twitter.

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    Ma femme lit dans mes yeux. Et c’est bien suffisant, dit-elle.

     


     

    Cet écrivain en eut assez d’écrire ses livres sur le mur de la nuit. Il publie maintenant aux éditions de l’Aube des livres obscurs.



    A l’intensité de ma voix, mes proches savent si j’ai bien ou mal écrit. Quand j'ai une toute petite voix plusieurs jours de suite, ils n’ont pas à redouter la parution prochaine d’un nouveau livre.



    Plusieurs fois, la critique, la presse, tous ses lecteurs avaient espéré le décès de cet écrivain. Mais quand il apparut qu’il deviendrait un classique et qu’il survivrait à tous ses admirateurs, une grande dépression s’abattit sur le monde littéraire



    On ne parle pas assez des poètes qui tombent des nues en donnant de beaux poèmes éclatés.

     

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    Cet auteur était si content de lui qu’il écrivit un nouveau livre.



    Les lecteurs n’ont pas d’imagination. Alors qu’il pourraient prendre des milliards de milliards de chemins de lecture, il vont du début à la fin sans se douter de ce qu’ils ratent.



    J’ai trouvé l’amour de la littérature depuis longtemps.



    J'ai décidé d’arrêter ma carrière littéraire en pleine gloire : la vente de cent dix-sept exemplaires de mon dernier ouvrage.



    Même moi, je ne me lis pas.

     

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  • Peinture au kilo

    images?q=tbn:ANd9GcTT_LA9cW7EHpkf3dlPFAeWbdnPXlNOIhJpvasY46sTi8htiMWO_wCe peintre, pour masquer sa légèreté, surchargeait ses tableaux. Il commença par mettre des kilos de peinture. Puis il passa à des substances diverses qu’il mélangeait ou fixait à la matière : dentifrice, moutarde, coulis de tomate, navet, sperme, carotte, melon, concombre, rouge à lèvres... Et à des animaux : rat, rossignol, fennec, tigre, girafe. Quand il tenta de fixer un cachalot à l'aide de moyens techniques prodigieux, son galeriste péta un plomb de deux tonnes. D’autant plus, dit-il, que tu n’as jamais rien vendu ! Comment, en effet, envisager d’exposer une toile-lion dans son salon ou une tableau-rhinocéros dans le hall d’entrée d'une PME?

    Depuis, l’artiste, rendu humble, attache un clou, une punaise, un fil nylon à sa toile. Dernièrement, il a vendu au prix de deux euros une toile sans cadre figurant une épingle à cheveu au titre redondant : Ceci est une épingle à cheveu. Evidemment bien en dessous de la valeur réelle de la toile et de son châssis. Mais c’est un bon début, a déclaré à une vague connaissance son nouvel agent, un ancien vendeur de plumes d’autruche à la pièce.