• William Burroughs, A man within

    Un docu de 2010 qui développe différents particularismes de l'écrivain qui ont nourri son oeuvre: l'homosexualité, l'usage des drogues, le goût des armes, ses rapports avec le mouvement PUNK, le shotgun art etc.
    Avec les témoignages de John Waters, Laurie Anderson, Peter Weller, David Cronengerg, Patti Smith ou Iggy Pop.

    A revoir sur le site d'Arte:

    http://www.arte.tv/guide/fr/047048-000/william-s-burroughs

    La chanson qui clôt le docu:


     

  • Le chercheur d'or / Arthur H


    "Arthur H reprend du service. A 47 ans, le fils de Jacques Higelin ressent encore le besoin de se mettre en danger. Il a imaginé un suivi en live de l'enregistrement de son nouvel album sur Internet. Pour découvrir en avant-première ce disque au nom tenu secret, l'artiste parisien d'origine nous donne rendez-vous à Montréal. C'est plus précisément au Centre Phi qu'il a élu résidence à compter du mercredi 29 janvier jusqu'au 2 février. En direct, seront diffusées entre 20 heures et minuit, et ce pendant cinq jours consécutifs, des images captées en studio."


    http://phi-centre.com/fr/evenements/id/phiarthurh

  • SCIENCES: Incident au CERN avant la mise en fonction de l’accélérateur de parties de cul géant


    Paysages-corporels-photographe-Bodyscapes-corps-2.jpg

    L’accélérateur de parties de cul géant du CERN (Centre Européen de Recherche Nuclérotique) peut contenir jusqu’à 180 personnes dans un espace de la forme d’un vagin agrandi 1000 fois et baigné dans un environnement audiovisuel adapté. Pour simplifier, disons que l’extrême densité des corps soumis à un champ érotique intense doit entraîner les rapprochements qui vont provoquer les conditions de la première copulation humaine (le fameux Big Gang Bang). L’expérience effectuée sur un échantillon composé de représentants de toutes les ethnies et disparités sexuelles entend entre autres révéler les effets du métissage et découvrir le gène du désir : le nuclérotic. Hélas, le jour même de sa mise en circulation, l’accélérateur a été mis à l’arrêt à la suite d’un incident.

    Par crainte que le pourcentage, faible, de transsexuels présents dans le panel ne fausse les résultats, ne dérègle les détecteurs en produisant des interférences dans les calculs binaires, un scientifique de renom a avancé que le transsexuel n’était pas présent à la naissance de l’humanité. Un autre s’est vigoureusement opposé à son confrère en déclarant que, même si aucune empreinte fossile ne peut l’attester, cela ne signifiait pas qu’il n’y en avait pas eu. Il a précisé que, ne possédant pas de charge sexuelle, les female to male et male to female  serviraient de révélateur de tendances chez les membres des deux groupes de base et permettraient l’apparition de nouvelles pratiques sexuelles. Les deux savants, entre lesquels le différend couvait depuis des mois, en sont venus aux mains et l’un d’eux a, lors du pugilat, empoigné méchamment le levier de mode d’arrêt du système en pensant arracher le pénis de son contradicteur, le condamnant (le système !) pour de nombreuses semaines au silence.

    Tous les cobayes se sont ensuite rhabillés et se sont rendus au Boxon du X pour assouvir les pulsions stimulées par l’état de tension induit par l’ingénieux système expérimental. Cette boîte, ouverte dans les environs en prévision du bug, est l’œuvre d’un scientifique, licencié du CERN pour pratiques empiriques déviantes, bien avisé qui dès, le lendemain, a communiqué sur le Net les résultats de ses travaux qu’on peut dès à présent lire à cette adresse : www.bigpartouze.eu/résultats/05011111-les-chiffres-mais-surtout-les-vidéos

    Enfin, on ne s’étonnera pas d’apprendre que ce regrettable épisode a mis les communautés érotique et scientifique, réunies pour la circonstance, dans un émoi profond qui laissera des traces.  

  • Le cha(n)t sauvage du PRINCE MIIAOU

    Maud-Elisa Mandeau sort un quatrième album, Where is the Queen?

    lpm4.jpg


    Le Prince Miiaou, griffée, par Christian Losson, sur Liberation.fr

    http://next.liberation.fr/musique/2014/01/26/le-prince-miiaou-griffee_975621

    Le site 

    http://www.alteregofilms.be/

  • Une femme à Bombay

    topshotsvalerie-trierweiler-the-ex-partner-of-french_1779236_528x397.jpg

    Elle marche, au milieu d’un essaim de journalistes et d'officiels, sacrifiant à des gestes (cette main qui vient embrasser l'ovale d’un visage) de  tendresse maternelle, un rien appuyés, un rien distraits, envers des enfants sous-alimentés. Tenir debout, elle qui, il y a peu, s’est effondrée sous le poids des révélations exposées au grand jour. Faire usage de ses mains, de sa chevelure, pour donner le change, mais les sourcils arqués, les traits du visage tendus, à l’affût. A Bombay, en semi-voyage officiel, pour  lutter contre la faim, et aussi contre la fin de sa liaison avec un homme, par ailleurs président d’un état éloigné. Pâle sous le masque du maquillage, mais les lèvres suivant la ligne d’un continuel sourire. Les yeux un peu traqués d’une femme fauve aux abois. Avec un directeur de cabinet omniprésent qui l’isole des questions indiscrètes des journalistes, ses confrères, auxquels elle ne peut, entre parole retenue et regard d’aveu, répondre comme elle se confierait à des proches. Une dernière fois bâillonnée.  On la devine pétrie d’émotions antagonistes, mais soulagée de pouvoir mettre sa peine au service des autres, la transmuant sur la scène d’une action de bienfaisance. En ayant fait un trait déjà sur sa vie d’avant, le dégoût dépassé (cette pâte alimentaire dont elle ne reprendra pas une seconde bouchée); sinon elle ne pourrait pas se trouver là, surexposée, jouant sa vie de femme bientôt échappée de la notoriété.

    Paradoxalement, elle n’est jamais apparue aussi Première dame de France qu’en ce jour où elle ne l’est plus. Et femme de président, qu’elle a cessé d’être. Femme seule, sans référence à autrui, plus jamais dans cette fonction de compagne et de représentante d'une nation, cette double imposture. Jamais aussi son corps, son visage n’auront été aussi présents à l’image. Déjà ailleurs, déjà sauvée de la médiatisation extrême dont elle a eu à souffrir, à laquelle elle n’a jamais pu se faire. Avec la hâte de se retrouver peut-être moins observatrice du monde, plus dans le secours permanent, plus dans l'attention à soi, plus dans le don sans contrepartie d'elle-même. Dans le miroir des jours et des actions à venir.

     E.A. 

  • LES VILLES

    Dans cette ville, tous les citoyens couraient. Ils passaient vite devant vous, jamais un de ses habitants n’était au repos, les plus lents marchaient d’un pas pressé, mais on les sentait en faute, prêts à reprendre l’allure autorisée. Les trottoirs étaient le lieu d’un invraisemblable va-et-vient et il se produisait aux carrefours, aux points de jonction des rues, des bousculades, des télescopages sans fin de personnes. Autant d’accidents produisant des chutes, suivies d’enlèvements par des brancardiers qui, eux-mêmes, détalaient à pied, car cette ville ne comprenait pas de véhicules. Mais tout participait du même mouvement, du même ballet, orchestré par un démiurge de la mobilité.
    Maintenant, me dit mon guide, je vais vous montrer une autre ville, et nous regagnâmes notre voiture en courant.

    Nous embarquâmes dans sa jeep et, au bout d’une petite heure de route, nous parvînmes dans la ville des gens qui suent. Il ne faisait pas plus chaud dans cette ville que la précédente et tous les gens suaient. Si la sueur peut être désirable chez une jeune et belle personne, elle est moins ragoûtante chez des gens moins bien conservés, d’un certain âge d’autant plus qu’on la voyait couler sur la peau, et tremper les vêtements. On la devinait pénétrant les chairs jusqu’à l'os, y creusant des nappes sous dermiques. On ne les voyait pas boire et je me demandai si, à tant transpirer sans s’hydrater en contrepartie, ils n’allaient pas vite fondre, se diluer dans la ville...

     

    silva-ville.jpg

    Je fus heureux de quitter rapidement cette cité qui me donnait déjà des gouttes au front.

    Dans cette autre, tout le monde riait, apparemment sans raison, et à gorge déployée, de telle sorte que l’endroit était fort bruyant quoique ne respirant pas forcément le bonheur. À la longue, un fou-rire nerveux me prit et nous quittâmes, mon guide et moi, la ville sur un rire inextinguible qui mit plusieurs kilomètres avant de se calmer.

    Nous débouchâmes logiquement dans la ville des gens qui pleurent. Là aussi, ce n’était qu’eaux sur les visages, mais liquide fait des larmes versées que les résidents tentaient d’éponger avec des serviettes de toutes sortes dont la ville faisait, semblait-il, un commerce juteux.  C’est sur quelques pleurs vite essuyés que nous quittâmes l’endroit sans regret.

    Puis vint la ville du sexe : que de coïts dont nous fûmes les témoins ! Je dus, en partant, refréner les envies de mon guide, mis en appétit par ce qu’il avait vu. Nous vîmes encore la ville des gens qui jouent du cornet à piston (quelle fanfare !), ceux qui jouent du chapeau (quelle pantomine !) et ceux qui se toisent (quelle pédanterie !), ceux qui se taisent (quel silence!), ceux qui se tweetent (quel désert !). Puis ce fut la ville des malentendus où j’eus toutes les peines à me faire entendre de mon guide qui voulait rester alors que je ne demandais qu’à rallier avant la fin du jour la ville des gens qui dînent et, à la nuit tombée, la ville des gens dorment comme d'ordinaires citadins dans une cité mouroir banale où tout le monde rêve à défaut de vivre. 

    Vieira-da-Silva-Paris-1951.jpg

    Les peintures reproduites ci-dessus sont de Maria Elena Vieira da Silva: "Ville au bord de l'eau" et "Paris"

  • FAUVE ≠ / De ceux


    http://fauvecorp.com/

  • VU AU CINE DE MA RUE : UN KECHICHE (A)MATEUR INGRESQUE ET CONFORMISTE DE JEUNES ET BELLES NYMPHETTES DANS "LA VIE D'ADELE"

    P.Leuckx.jpgpar Philippe LEUCKX

     

    Certains critiques français ont l'art de se pousser du bourrichon quand ils ont des chances de palme à Cannes. L'on a vu le déferlement critique - et forcément avec le recul exagéré - quand il s'est agi de couronner "Entre les murs", il y a quelques années, du Begaudeau critiquable (j'ai consacré en son temps un articulet le mettant en parallèle avec les outils autrement pédagogiques d'une Sallenave). Rebelote, cette année, avec "La vie d'Adèle", dont les comptes rendus dithyrambiques frisent le délire.

    Qu'en est-il?

    Trois heures de film. Des scènes (érotico-)pornographiques filmées en plans-Ozu (caméra immobile) durant de longues minutes (trois séquences de ce type) où le spectateur suit, avec gêne, comme s'il était dans la pièce des ébats, les entrejeux, les entre-jambes vibratiles, les rauques et cris de jouissance qui vont avec, les positions acrobatiques où deux jeunes filles très belles s'essayent à des pliures de corps, entre foetus , chiffre 69 et expositions de chairs blanches et dont la pilosité a été retouchée comme au bon vieux temps des Gervex faussement pervers, des Ingres de bazar, des Laurens et autres peintres pompiers du pubis dégagé pour faire "salon". Kechiche a-t-il seulement pensé que des scènes de masturbation féminine datent de longtemps au cinéma : a-t-il vu "Identificazione di una donna" du maître Antonioni? C'est vrai : c'était en 1982. A Cannes. Aussi! Sans remonter aux audaces d'un Bertolucci (motte de beurre du "Dernier tango à Paris", il y a quarante-deux ans!), les critiques seraient-ils à ce point ignorants des films qui ont marqué les esprits? Non, mille fois non, Kechiche n'est pas un inventeur, un novateur. Il s'inspire et copie.

    En matière de salon, le portrait des artistes du film est d'une convention pas possible : l'adaptation "bleue" d'une bande dessinée par Kechiche, d'une créatrice forcément aux cheveux marginaux, produisant des nus, forcément, des entre-jambes, forcément...avec des scènes "à faire" de rencontres où ces précieux se gaussent de la convention et tombent dans les pires chausse-trappe des stéréotypes : que de piercings, que d'avis affligeants dans ce monde de l'art représenté par notre cinéaste, jamais en reste pour portraiturer à la hâte des groupes montrés mille fois sous les mêmes dehors (scène cliché de l'expo, de la rencontre dans le jardin de banlieue, le petit atelier poussif, le verre de mousseux ou de champe, les "j'adore ce bleu", ...)

     

    la-vie-d-adele-chapitres-1-2-veritable-affiche-de-cinema-pliee-format-120x160-cm-de-abdellatif-kechiche-avec-lea-seydoux-adele-exarchopoulos-salim-kechiouche-aurelien-recoing-jeremie-laheurte-2013-962252445_ML.jpg

    Le conformisme est total aussi dans la description scolaire : les plans de couloirs et de visages de ragoteuses de service semblent provenir du travail - autrement inspiré - d'une Palme de Cannes (eh!oui), celle de Van Sant pour "Elephant". Même les travellings avant ou arrière  ont été "plagiés"... Revoyez les scènes autrement mises en scène par l'Américain de Portland, autrement moins complaisant en matière érotique (il suffit de penser aux ébats de quelques secondes dans la douche des deux criminels, en comparaison le spectateur de 2014 doit "se taper" douze minutes de gesticulations physiologiques...)

    Conventionnelle aussi cette manière de présenter des hommes falots ou ridicules ou faiblards ou  maladroits ou sans corps..Mais voyons : la thèse est là : matons les beaux corps de jeunes femmes!

    La complaisance, enfin, dans la manière de montrer la bave, la morve, la dégoûtante façon de manger les spaghettis, bouche ouverte sur des aliments concassés, avalés avec trépidance etc. Une manie qui procure agacement et, forcément, nombre de répétitions!

    Même le prof de français d'Adèle et le portrait de ses élèves qui récitent des extraits de Marivaux (passage obligé: La vie de Marianne! encore) manquent de naturel!

    Reste le portrait sensible d'Adèle, qui se cherche, éprouve les deux sexes, aime, le dit, le crie, le vit, campée par une actrice extraordinaire de légèreté, de vibration et de charisme. Adèle Exarchopoulos est une comédienne dont on reparlera. Le jeu mutin de Léa Seydoux dans le rôle d'Emma, qui plisse les yeux, les ferme, joue du bleu de ses cheveux et de son corps dansant donne un bon équilibre à ce duo de lesbiennes, montrées du doigt, et qui expérimentent la vie, tout simplement. D'autres comédiens sortent du film négligés : à l'instar de Salim Kechiouche,qui tire son épingle du jeu, mais est sous-exploité : un rôle de comparse (Mais bon Kechiche n'est pas Morel! Ni Téchiné!)

    Fallait-il trois heures de film pour évoquer cet amour qui décline, pour camper une école....?

    Problématique : l'écoulement du temps. Quand, à la fin du film, Adèle est devenue institutrice, et que, apparemment trois années se sont déroulées (puisqu'on a un indice : l'âge de l'enfant de la nouvelle compagne d'Emma, Lise), on n'a pas senti ce passage du temps.

    Dommage.

    Dans son désir de coller à des réalités, le cinéaste a péché par complaisance : ah! ces ingrédients faciles des téléréalités les plus convoquées : allez un peu de marge, allez un peu d'esbroufe côté pattes en l'air, allez quelques méchantes langues (au lycée), allez quelques parents conventionnels à mort...et la soupe est assurée de dégoter les plus vifs commentaires d'une intelligentsia critique "à la pointe" de la modernité!

     

  • Mes avis

    votreavis3.jpgSollicité pour donner mon avis, je le donnai avec l’espèce de désinvolture qui me caractérise et qui, je veux le croire, est la qualité qui a motivé mon recrutement. À mesure que j’en délivrais, maintenant dans un cadre professionnel, mes avis se sont étoffés en s’appuyant sur des critères d’ordre scientifique. On ne les écoutait plus comme avant, on leur prêtait désormais une oreille attentive, scrupuleuse et non plus amusée. A tel point qu’ils furent reçus avec de plus en plus de solennité, et je pesais alors chaque mot de mon argumentaire, devenant en quelque sorte, le temps de mon examen, un expert de l’objet à critiquer.

    Peu à peu, je compris que mes avis ne se distinguaient plus des autres avis et qu’ils avaient perdu la spontanéité qui, aux yeux de mes employeurs, avaient fait leur singularité. Je fus poliment remercié, autrement dit licencié.

    Désormais je ne donne plus mes avis sur rien. Je me contente de m’aviser en secret, en mon for intérieur, de quantité de sujets sans importance, sans jamais dépasser mon domaine de compétence, fort restreint comme on le sait désormais, en me demandant toutefois si je ne le fais pas trop haut, trop fort, car je ne demande pas à retrouver un emploi de sitôt.     

  • EXTENSION DU DOMAINE DE L'ASPIRINE

    domaine de l’aspirine

      

    domaine de l’aspirine

    où meurent les migraines

    où planent les têtes

    sur un océan de blancheur

     

    des visions sombres

    plongent dans le néant

    des compressions violentes

    se répandent en écume

     

    à l'entrée une pharmacienne

    en blouse de travail

    sur une poitrine généreuse

    fait perdre la tête aux hommes

     

    aspirine-105746699-48863_371x268.jpg

     

    Un champ d’aspirines

     

    Il habitait en bordure d’un champ d’aspirines. Quand il avait mal à la tête, il n’avait qu’à tendre la main pour en glaner une et la jeter dans l’étang calme d’un verre. L’agriculteur n’y voyait que de l'effervescence.

     

    canstock5276751.jpg

     

    Beau comme...

    Beau comme un cachet d’aspirine, c’était le seul homme que les femmes consentaient à avaler quand elles avaient la migraine...

     

    aspirine2.jpg


  • Il est mort le soleil

    • Il est mort le soleil, paroles de Pierre Delanoë et musique d'Hubert Giraud, qui devient la référence de Nicoletta dont elle fait un standard en 1968 grâce à son exceptionnelle interprétation. Cette œuvre sera adaptée et interprétée par Ray Charles sous le titre The Sun Died et notamment reprise par Tom Jones [Wikipedia]

    114154159.jpg


  • Une étoile sur le divan

    fauteuil-design-etoile-de-mer-rouge-mobiliernitro-mobilier-879954324_ML.jpgJe reçois dans la galaxie à droite en sortant de la Voie Lactée, sur une planète neuve où j’ai mon cabinet qui donne sur le vide sidéral. Malgré cette situation à l’écart, je jouis d’une rayonnante réputation ; depuis quelques années-lumières, j’attire de la belle matière. Toutes les étoiles (sur le déclin ou au zénith) font le déplacement pour me consulter.

    Une petite étoile en fin de vie m’inquiète, elle oublie de se lever, elle dort toute la journée, elle a des pertes de mémoire fabuleuses. L’autre jour, elle avait oublié la date du Big Bang, ne se rappelait plus la scène primitive...

    La planète de mes descendants, depuis longtemps disparue, dépendait de son système: c’est là qu’est né mon saint patron dans une ville appelée Vienne. Je rassemble toute ma science pour la sauver d’un désordre de particules inévitable qui touche les astres à bout de course et qui les fait voir rouge en même temps qu'ils se rabougrissent. Mais tous mes efforts ne suffiront pas.

    Par éclairs elle se rappelle le temps de sa splendeur, quand elle était bien entourée, ou entrevoit sa fin proche vers laquelle elle se dirige tout droit comme dans un mur.

    J’espère seulement qu’elle ne s’éteindra pas sur mon divan : quelle urne assez grande pourrait contenir toutes ses cendres? 

     

  • APPARITIONS MARIALES : MYTHE OU REALITE? de Louis MATHOUX

    Mathoux2-C-web-MATHOUX-ApparitionsmDF0FFB.jpgPartant d’une phrase de Saint Paul, « Discernez la valeur de toute chose », Louis Mathoux, journaliste et historien, s’emploie à discerner le vrai du faux à propos des  apparitions de la Vierge Marie. Il s’est attaché à l’étude de dix-neuf sites, de Guadalupe (sur le lieu de Mexico, en 1531) à Medjugorje (en Bosnie Herzégovine, 1981) en passant par Lourdes (1858), Beauraing (1932) et Banneux (1933) ou Fatima (1917), pour ne parler que de quelques-unes. Avec, pour chacune, un traitement égal: énoncé des faits, brève analyse et réflexion.

    En préambule à son travail, il s'est posé une question centrale: « Parmi les nombreuses questions que suscitent ces phénomènes censés émaner de l’Au-delà, il en est une qui éclipse toutes les autres : constituent-ils d’authentiques épiphanies ou ne sont-ils que le produit de manipulations (in)consciemment exercées par l’esprit humain sur soi-même et autrui ?»

    Et Louis Mathoux réalise ce tour de force de demeurer historien tout en nous relatant les événements à la façon d’un conteur ou d’un romancier. A chaque étude de cas, si l’on peut dire, l’auteur nous plonge dans un contexte historique précis avec nombre de détails sur les témoins ou supposés tels des apparitions.

    A mesure que le lecteur progresse dans le livre, nonobstant l’époque ou la localisation des faits, il est amené à constater un même modus operandi. A savoir, des constantes dans chaque récit. Ainsi, il s’agit souvent de très jeunes filles qui, seules ou par petits groupes, voient la Vierge qui semble multiplier dès lors ses visites jusqu’à ce que l’apparition devienne publique et soit comme attestée un nombre important personnes.

    Les apparitions ont principalement eu lieu en France, Belgique, Italie, Allemagne ou Etats-Unis, donc dans des pays « à l’identité catholique bien enracinée ».

    Comme le fait remarquer Mathoux dans ses conclusions, «  la Vierge ne se rendrait donc généralement visible que là où préexiste une tradition de dévotion mariale bien établie. »

    L’auteur tire d’autres conclusions parmi lesquelles le fait que la Visiteuse tient parfois des propos haineux qui tiennent du délire et le plus souvent des discours à connotation politique ciblée.
    « Dans une perspective historique de confrontation entre les « bons » réactionnaires chrétiens de droite et les « mauvais » révolutionnaires athées de gauche, l’intervention de Marie dans les affaires de ce monde impliquerait donc sa lutte victorieuse contre les idéaux humanistes véhiculés par la Révolution », note l’auteur . Et de poursuivre malicieusement : «  Est-il vraiment nécessaire de faire remarquer qu’une idéologie basée de la sorte sur l’embrigadement de la Vierge dans les milices réactionnaires cadre mal à première vue avec la prescience contemporaine d’un Dieu « apolitique » ?

    L’auteur signale aussi qu’on pourrait aisément faire des événements une lecture psychanalytique et sociologique : « Tout se passe comme si, frappés de peur devant les menaces de rupture brutale qui pèsent sur la stabilité sociétale, les hommes n’avaient d’autre choix que de se tourner vers celle qui symbolise par définition même la douceur et la sécurité du sein maternel. »

    Toutefois, et c’est ce qui fait aussi le prix de cet ouvrage clair et bien documenté, Louis Mathoux, même s’il met en cause le caractère surnaturel de presque tous les faits relatés, n’interdit pas d’y croire comme il ne cherche pas à substituer un quelconque discours (psycho)logique à ce qui se passe dans le cœur du croyant

    Éric Allard

    images?q=tbn:ANd9GcShlJVRTs30oQ-fqvCC9GBAFFZna9vWeJAqEFD7OW3iTJLx-GuNLe livre sur le site des Editions MOLS:

    http://www.editions-mols.eu/publication.php?id_pub=146

    Un article dans L'Avenir dans lequel Louis Mathoux parle de l'écriture du livre:

    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20131106_00385354

    Le site de Louis MATHOUX:

    http://www.mathoux.net/

     

  • COMME UN FILM NOIR

    billamboz.jpegpar Denis Billamboz

    Drogués en Ecosse, tueur fou à Belfast, ces deux romans baignent chacun dans une ambiance morbide, cruelle, cynique où l’espoir n’est guère permis. Deux textes qui mettent en scène une jeunesse totalement désemparée qui ne trouve une raison de vivre que dans des situations extrêmes où la violence sert de règle du jeu, où la mort brutale semble inéluctable. Deux textes certes différents mais deux textes qui montrent toute la misère sociale qui a pu, qui peut encore, régner dans certains quartiers en Grande Bretagne comme dans de nombreux autres pays dits développés.

     

    meme-les-chiens-jon-mcgregor.jpgMême les chiens

    Jon McGregor (1976 - ….)

    Comme une bande annonce de film, une série de morceaux d’histoires qui se chevauchent, se succèdent, se mélangent, pour reconstituer la vie d’une bande de jeunes qui se sont retrouvés dans la marge, au pays des drogués. Leur vie quotidienne qui consiste à chercher de quoi payer la prochaine dose, à se procurer cette dose, à se l’administrer et à chercher de quoi payer la suivante, à se la procurer, à se l’administrer, et toujours recommencer le cycle jusqu’à être obligés de trouver un coin pour poser leur maigre bagage et dormir un peu, le moins exposé possible à la violence qui est de règle dans ce milieu. Seul compte l’effet produit par la came, décoller, planer, planer toujours plus haut jusqu’à tutoyer les étoiles avec le risque de ne jamais redescendre.

    Et Robert qui ne se droguait pas est mort, il a peut-être été assassiné, Danny qui a trouvé le corps, panique et court partout dans la ville pour trouver les autres tout en revivant son parcours d’enfant égaré dans le monde de la dope. Une succession de flashs montre ces personnages en quête de leur dose, leur parcours individuel, leur histoire, les drogues toujours plus dures, les doses toujours plus fortes, l’ascension infernale qui les fera descendre toujours plus bas comme Robert que l’on voit à travers le hublot pendant que les médecins légistes dissèquent son corps pour expliquer son décès.

    AVT_Jon-McGregor_2882.jpegUn texte explosé mais très construit qui montre à coup d’images, de flashs, de saillies, d’éclairs ses jeunes toujours en mouvement, en quête… dans une écriture expérimentale qui évoque la pensée confuse, déstructurée, inachevée, inaboutie, fulgurante des gens sous l’empire de la drogue. Des phrases avortées, sorties de mémoires défaillantes, d’esprits perturbés, pour raconter le parcours de ces drogués : les parents qui crient, les enfants placés, les chambres qui changent sans cesse, les séparations, la tentation, la marge, la dépendance, l’extase toujours plus intense, l’explosion en vol…

    Ce récit inspire une profonde pitié pour ces jeunes qui sont condamnés à voler toujours plus haut, à jouir toujours plus fort, à courir éternellement à la quête de cette substance magique qui ne les laissera jamais en paix. Pitié, oui pitié mais aussi, pourquoi pas, un peu de tendresse pour ces paumés  que la vie n’a pas épargnés, souvent innocents, faibles, sans défense, toujours défoncés. Jusqu’où avait-il le choix ?

     

    2070741176.08.LZZZZZZZ.jpg

    Le Trépasseur

    Eoin McNamee (1961 - ….)

    Ce roman est avant tout une chronique de Belfast dans les années soixante, quand la lutte entre les deux communautés religieuses et les divers factions, milices, groupuscules, etc…, manipulés par des forces extérieures, étaient à son paroxysme, que les assassinats, exécutions et autres violences étaient monnaie courante et que la terreur était quotidienne et banale. Quand Victor Kelly, un fils de catholique, maltraité par ses camarades de classe protestants qui le traitaient de « taig » - catholique –, fasciné par le cinéma, surtout par les films évoquant le gangster Dillinger, voulait se faire passer pour plus protestant que les extrémistes protestants et, avec quelques seconds couteaux, avait constitué un petit groupe pour intimider, menacer, corriger, estropier, torturer, assassiner, exécuter tous ceux qui n’étaient pas fidèles à leur cause. Il se croyait investi d’une mission divine pour éliminer les catholiques. Et ces meurtres perpétrés au couteau, arme des puristes contrairement à l’arme à feu qui n’est que l’outil du pleutre et du faible, génèrent la  peur dans le milieu, dans les institutions qui essaient de maintenir un semblant d’ordre, et dans la presse qui préfère ne pas voir. Seuls deux journalistes essaient encore de comprendre qui tue de cette façon, pour quoi et pour qui ?

    Eoin%2BMcNamee%2Bpic%2B2.jpgMcNamee a trempé sa plume dans le sang pour écrire ce roman râpeux comme un whiskey trop jeune, trouble comme un petit matin brumeux sur Belfast, cynique comme un couteau qui découpe sans tuer.  Un roman mis en scène comme un film, qui se réclame du cinéma noir américain du début de l’autre siècle mais qui évoque aussi les « Entre-morts » ces bandits d’Edimbourg qui, à une autre époque, n’hésitaient pas à fabriquer des cadavres pour alimenter les laboratoires londoniens.

    « C’était comme un truc qu’on voit dans les films », le tableau de la vie ordinaire d’une ville baignée dans la terreur quotidienne où grouillent toutes sortes de forces parallèles plus irrégulières les unes que les autres, où la violence est la seule loi, où le sadisme devient une échelle de valeur. Une descente vers les enfers, une banalisation de la violence et quelques questions qui resteront à jamais sans réponses : qui est responsable, qui est coupable, qui n’a pas voulu voir ? En attendant, la terreur engendre la terreur, les familles explosent, les classes sociales se décomposent et la société se délite.

     

  • Les TROPIQUES de MAISSIAT

     

    Maissiat604-tt-width-400-height-400-crop-1.jpg



    http://maissiat.com/site/ 

  • TROIS POÈMES MORTELS

    « Rien ne sert de mourir, il faut mourir à point » Jules Renard

      

    L’anniversaire

     

    je ne veux pas que tu souffres

    quand j’aurai un an de plus

    ou même dix ou même cent

     

    je ne veux pas que tu souffles

    les bougies de mon anniversaire

    qu’elle soit de cire ou d’encens 

     

    je veux que tu vives à ton goût

    sans l’odeur d’os sous ma peau

    même si au fond tu t’en fous

     

    de la différence des ans

    voici un revolver tout neuf

    il suffira de t’en servir

     

    quand tu en auras assez

    de mes gémissements

    je te demande seulement

     

    de m’enterrer avec mon complet blanc

    celui que je portais en tant que parrain

    lors de ta première communion

     

     

     

    Comme tu verras


    je n’ai presque rien changé

    j’ai juste déplacé la chaise

    de la cuisine au grenier

     

    j’ai même éteint la télé

    qui repassait un vieux numéro

    de notre feuilleton préféré

     

    j’ai tapé ton nom trente fois

    sur un clavier histoire

    de faire fonctionner mes doigts

     

    j’ai tout remis en place

    pour ceux qui viendraient après

    libre à eux de tout chambouler

     

    j’ai bien accroché la corde

    avec un clou et un marteau

    j’ai bien fait mon nœud pour une fois

     

    je n’ai presque touché à rien

    comme tu verras juste je suis 

    descendu pour t’écrire ça

     

     

    L’atelier du fauve


    dans l’atelier du fauve

    j’ai essayé tous les félins

    l’un après l’autre

     

    puma jaguar lion léopard lynx

     

    quand je suis arrivé au tigre

    j’ai su que cette fourrure

    ces yeux ces dents ces griffes

     

    c’était ton cadeau pour moi

     

    E.A.

     

    patte-de-tigre.jpg

     

  • KING CRULE présenté par Hitchcock

    "Archy Marshall, son vrai nom à l’état civil: 19 printemps fêtés le jour de sortie de ce premier album longuement attendu, une tête à écumer les pubs pourris du quartier depuis ses 14 ans et une gouaille de jeune désœuvré qui traîne sur les parkings Tesco le dimanche en jetant des cailloux sur les pare-brise des bagnoles qui passent. On ne s’étonnera pas alors d’entendre sur 6 Feet Beneath the Moon la rage blasée d’un gamin énervé par l’Angleterre 2.0, par les aléas de la postadolescence comme par sa condition de gosse dépressif."

    Ondine Benetier (Les Inrocks)

    king-krule-a-lizard-state-hitchcock-video-neo-boto.jpg





    http://kingkrule.co.uk/

  • FOLLE IDOLE (à propos de l'expo Warhol à Mons), par Thierry RIES

    Elle s'est abattue sur la cité.  S'exhibe, placarde ses stars et starlettes , cingle ses rouges, pétarade son cocktail relevé de mauves et d' oranges. 

    Fleurs et fruits sur les faces automnales de la petite cité en chantier. Terre promise d'une langueur à suçoter.

    Voici la déferlante que l'on attendait. Passionnément. A la folie. Qui oserait dire  pas du tout, se dresser contre l'aliénation collective?

     

    Folle idole. War-Oil.


    Nous observons les files qui battent le tarmac, un peu navré d'être noir. Comme nous il rêverait volontiers d'un lifting fluo. Après tout, pourquoi ne serait-il pas fou, lui aussi? Tout repeindre, racler l'ancien continent, le goudron qui colle à nos plumes.

    L'on s'amasse. Ça ruisselle, ça inonde. La pente glisse de jeunisme. Un dieu s'impose, nouveau comme une évidence.

     Renouant avec leurs fiévreux avants, les provinciaux  replongent nostalgiques dans une époque aux promesses criardes. Jeunesse déchirée comme deux Vietnam défoliés, dans une course au pétrole raréfié, ne soufflant ici que par les dimanches sans voitures.

    Serait-ce l'oubli momentané de l'Europe nouvelle? Une promesse en chasse une autre. 

    On se hisse dans la cour du temple. Le spectacle est à la mesure de ma curiosité. Derrière, la foule nous pousse. Fébrile. Quelle jouvence!

    Nous sommes dans le tout cytise, sautant aux nues sur des grappes ayant contracté la jaunisse, et autres psoriasis trop colorisés.

     

     Folle idole. War-Oil.

     

    Elle peut encore provoquer, elle redescend les combles des septante glorieuses, pour une rééducation de l'oeil en passe d'être terni.

    Du neuf, si neuf que l'art post-nouveau ne pourra plus que persuader. Récupérer.  Techniciser.

    Que ne ferait-on pour devenir?

     

    Au temple blanc, nous n'osons dire mot, à peine penser autrement, étonnés de la psychose collective. Rires en catimini. Il est de bon ton d'adorer l'étoile ressuscitée.

    Quelque part sur le vieux continent, une génération a rejoint ses flowers powers, nouvelles fleurs de Back aux rires de mondanités d'un temps à rebours.

    l’élixir est si bigarré, qu'il parviendrait presque à masquer à l'équipe jouant à quinze, ses vareuses provinciales, égarées dans la mêlée des grandes gloires.


    L’artiste avait finalement vu juste, l'on n'a pu arrêter les fac similés,  la pandémie d'une armée de macro-processeurs répliqués en masses irrattrapables  par le grand télécopieur du nouveau millénaire. L'idole avait perçu les vents favorables, elle s'en est repue à  grands coups de tirages. La mort elle-même ne pourrait étrangler tout ce bleu pétant, renvoyant aux cieux d'augustes augures, chavirant dans l'ivresse du nombril la panacée organisée.

     

    Folle idole. War oil.

     

    Du veau d'or au vaudou,  tous vautrés. 

    Nos boussoles affolées, extases argentiques, nostalgiques de lointains deltas. 

    Et voici que nous gravissons à nouveau la montagne blanche,  BAMacool, vers  les évangiles de la septième décennie. Et l'oubli de nos arthrites laissées aux porte-manteaux contre quelques ivresses de plus.


    On est prêt à toute débauche des sens, unifiés.
    Pourvu que l'on puisse glisser dans le bain des foules, sur le pont reliant aujourd'hui à hier, dans un délire insouciant de facilités.

    No sorry, So easy.


    L'idole s'expose à bien des bouches bées.

    Des dieux sont tombés sur la tête. Ils ont atterri, mortels immortels, cognitifs, systémiques, pavloviens.
    Dans un Contre la montre hyper tendance. Contre quatre décennies du Verseau. Contre un continent outre, un contingent ivre d'airs conditionnés.

     

     Folle idole.  War-Oil.


    Dans une autre salle, les vidéos s'auto congratulent; nous assistons amusés au ballet composé. Teintes atrophiées, narcisses voguant sur leurs côtes flottantes.

    Un art prédigéré  aux chairs préemballées. "Subliminés ", conditionnés, entre tics et tocs, se serrant en file indienne comme les immigrants du temps d'Ellis island, les visiteurs me semblent des filets d'américain préparé. Et je ris seul, participant à la divaguation globale.

    Je sors  en sueurs, retombé contre mon enfance,  je revois les écrans de feu ma folle fool, mon illusionniste Amérique.

    L'on ne peut que quitter, les yeux débordent. La foule retrouve les pierres grises de la ville, autrefois griseries, maintenant grises mines.

     

    War-oil. Folle idole

     

    warhol.jpg

    http://www.bam.mons.be/events/andy-warhol-life-death-and-beauty 

    Thierry RIES sur Arts & Lettres

    http://artsrtlettres.ning.com/profile/ThierryRies

  • Philosophie: Proust par Mauro Carbone

    Remarquable émission à propos de Proust, animée par Raphaël Enthoven, tant sur la forme (filmée en un seul plan séquence de 25 min) que sur le fond: le temps chronologique & le temps à l'état pur, la transformation d'un homme en écrivain, la contradiction entre la survivance et le néant... 
    Avec l'analyse de 2 photos à la lumière de l'oeuvre proustienne: celle de Lewis Payne (relevée par Barthes dans La Chambre claire) et celle de Richard Drew, The Falling Man, sur un homme tombant d'une des "tours du 11 septembre".

    A (re)voir sur Arte.tv

    http://www.arte.tv/fr/proust-mauro-carbone-est-l-invite-de-raphael-enthoven-dans-philosophie/7750094.html

    Richard-Drew-Falling-Man-WTC.jpg

  • Pour en finir avec Dieudonné


  • HOMMAGE AUX PASSEURS DE POÉSIE, par Philippe Leuckx


    P.Leuckx.jpgHOMMAGE AUX PASSEURS DE POÉSIE

    (ébauche n°3)

    par Philippe LEUCKX


    Pas un seul jour ne se passe pour moi en poésie sans penser à mes amis poètes qui ont tant œuvré pour la faire connaître dans les revues, les journaux, les anthologies, les éditions et les rencontres...

    1. 1994-2000

    Quand j'ai commencé très tardivement - à près de quarante ans - dans le petit monde de la poésie belge, j'ai eu la chance comme beaucoup d'autres d'être épaulé, soutenu, commenté par des critiques qui passaient le plus clair de leur temps dans les poèmes des autres : Roger Foulon, Marcel Hennart, Frédéric Kiesel, Renée Lemaitre, Luc Norin, Jacques-Gérard Linze, Emile Kesteman, France Bastia, Louis Sarot, Michel Voiturier, Françoise Lison (tous trois au "Courrier de l'Escaut"), qui oeuvraient dans des lieux propices à la poésie : "Le Spantole", "La Revue générale", Les apéritifs des poètes (malheureusement disparus), "Nos Lettres", "La Cité"(hélas disparue, avec les articles de G. Bergé et de L.Noullez) , "Le Journal des poètes", "Le Soir", "La Libre Belgique", "Le Mensuel poétique" (défunt), "Dixformes-Informes" (revue tenue alors à bout de bras par Philippe Brahy), "regArt" (27 numéros jusqu'à la disparition de Mimy Kinet , où lisaient Claude Donnay, Pierre Schroven, Hélène Dorion, Christophe Papon, ...), "Ecrits vains" (Eric Dejaeger les mua, avec Paul Guiot, en "Microbe"), de grandes figures (Haulot, Verhesen...) transmettaient leurs ferveurs (Maison internationale de poésie, Biennales, Le Cormier...), de précieuses maisons d'éditions accueillaient de jeunes écrivains (L'arbre à paroles, Le Taillis pré, Unimuse, Tétras Lyre, Talus d'approche, L'atelier de l'agneau, Les Eperonniers et la collection FEUX - dirigée par Liliane Wouters -, les anthologies (de Joiret, Namur, Wouters chez divers éditeurs : Taillis pré...) qui s'ajoutaient à celle de 1976, copieuse, chez Jacques Antoine.
    A l'Association des Ecrivains Belges, dans le Grenier d'Ombret à Amay, à l'Eden de Charleroi, au Grenier Jane Tony ( au Zavel, au Sirtaki ou ailleurs), les livres et les poètes circulent.
    En voici quelques souvenirs, quelques éclats :
    *
    Philippe Mathy, Anne Bonhomme, Gneviève Bergé, en décembre 1994 à Amay. Philippe présentait mon premier livre et Geneviève celui d'Anne, "Urbi".
    *
    A l'initiative des fondateurs de l'Arbre à paroles, Francis Tessa et Francis Chenot, et à celle de Monique Dorsel, nous nous sommes retrouvés, en septembre 1994, au Théâtre-Poème pour fêter le poète emblématique de "Marginales" et du "Vin noir de Cahors", Albert Ayguesparse, alors âgé de nonante-quatre ans. Jacques De Decker et Jean-Luc Wauthier se sont entretenus avec l'ancêtre notoire et chacun de nous y alla d'un petit fragment des "Œuvres poétiques".
    *
    L'incontournable André Romus adoubait, par ses lectures (dans "Le journal des poètes") et ses présentations (à Amay) de jeunes écrivains : Logist, Saenen, Delaive, Donnay, Massaut...
    Avec ferveur, légèreté, sans aucune naïveté et du peps!
    *
    Mimy Kinet, "mère-poésie, faisait pareil avec d'autres, qu'elle lançait, encourageait, soutenait : Marc Dugardin, Pierre Schroven, Claude Donnay, Aki Roukas, Hubert Antoine...lui doivent beaucoup. Dommage qu'elle reçut elle-même, alors, si peu de crédit critique (et de récompenses!), à l'instar de l'admirable Falaise, pour une œuvre aigüe, hypersensible, unique.
    Son "Discours du muet" (ça ne s'invente pas, en matière de négligence critique dont elle fut VICTIME) reste une œuvre parmi les plus belles de ces années-là : 1994).
    *
    "Sources", à Namur, était un foyer très vivant, par les volumes imposants des revues, par l'équipe réunie autour d'Eric Brogniet : que de découvertes en poésie étrangère traduite!
    *
    En Hainaut, "Remue-Méninges", animée par Pierre Schroven, Salvatore Gucciardo et Eric Allard ou l'éphémère "L'arbre à plumes" (J. Merckx).
    *
    Alors, "La revue nouvelle" consacrait quelques pages à la poésie (notes et articles de Colette Nys, L. Noullez...)
    *
    A Anvers, "Archipel" d'Alain Germoz, dans des numéros soignés, tissait des ponts entre poésie francophone et poètes étrangers traduits.



    2. 2001-2014

    Les passeurs d'aujourd'hui, nous les connaissons et le monde de la poésie a quelque peu changé, comme le monde de l'édition. De nouveaux éditeurs (Maelström, La lettre volée, Le Coudrier, Esperluète, Les Carnets du Dessert de Lune...) sont venus relayer le travail des poètes.
    Tant de revues disparues, parfois après tant d'années d'aides et de services !
    Mais les nouveaux médias, de jeunes figures sont apparues, avec de nouveaux atouts : les blogs, les sites, les recours aux radios, les réseaux...
    *
    Mélanie Godin est une forcenée de l'activisme poétique. Aux commandes de plusieurs émissions radiophoniques qui donnent une nouvelle résonance, un autre écho aux productions d'aujourd'hui (sonaLitté , poésie à l'écoute sur radio panik), nouvelle recrue des "Midis de la poésie" (à la suite de Michel Ducobu), elle apporte, en outre, dans "Les carnets et les instants", ses regards critiques sur la poésie.
    Sa force : ne se revendiquer d'aucune chapelle, puisque, n'étant pas auteur, ni critique associée à une maison d'édition, elle échappe aux réflexes d'ascenseur de réputation!
    *
    David Giannoni, chez Maelström et à l'Arbre à paroles, chaussée de Wavre, au 364, a ouvert boutique de poésie et lieux d'échanges.
    Ca bouillonne : prix Gros Sel, promotion de petits éditeurs rassemblés dans un étroit passage, bourré de recueils de poésies francophones et traduites, fête de poésie en mai, rencontres multiples...
    Il s'est entouré de jeunes auteurs et artistes : Pottel, Wauters, Tholomé, Schroven, aptes à insuffler un nouvel air à un genre jugé parfois moribond, guère relayé par les médias, la POESIE, jugée hors du temps, hors du coup par les marchands littéraires qui préfèrent vendre des produits facilement accessibles dans toute l 'essence du terme, calibrés...
    *
    Le renouvellement poétique passe aussi par des démarches orales. Des poètes comme Théophile de Giraud, Vincent Tholomé ou encore Dominique Massaut privilégient le travail gestuel, oral de mise en pratique de la langue poétique, lors de performances improvisées, expressives...
    *
    D'autres éditeurs et/ou anthologistes ne sont pas en reste : le travail de sape d'un Yves Namur pour dégotter depuis le milieu des années 90 de nouvelles figures poétiques. Au Taillis Pré, à l'Académie Royale de Littérature, à la Bourse Spes, au "Journal des poètes", dans les jurys, il met en évidence de jeunes auteurs nés au détour des années 2002/2009 : Fabien Abrassart, Otto Ganz, Antoine Wauters, et plus récemment, Maxime Coton et Eric Piette ou encore Fadhani, Pascal Leclercq.
    *
    Le Cormier poursuit une activité née dans l'après-guerre. A Fernand Verhesen ont succédé Soucy, Jones, Leroy.
    Parmi les créations poétiques de cette maison exigeante : Corinne Hoex, Hubert Antoine, Luc Dellisse, Eric Bogniet, Nunez-Tollin...

    *
    Le Coudrier, depuis 2001, dirigé par Joëlle Billy a mis en évidence sinon révélé
    de nouvelles voix : Jean-Michel Aubevert, Antoine Wauters, Ben Arès, Véronique Wautier, Anne Bonhomme, Anne-Marie Derèse, Piet Lincken, Dominique Massaut, Tristan Sautier, Claude Donnay, ...
    *
    Esperluète accorde au graphisme et à l'illustration d'ouvrages poétiques un intérêt égal à celui des textes : Christine van Acker, Pascal Leclercq, Colette Nys, Françoise Lison parmi bien d'autres...

    *
    Jean-Louis Massot, Ardéchois et Belge, lance des éditions empreintes de recherche, d'inventive poésie : des auteurs comme Guivarch, Blondiau, Pittau,
    Garnier, Autin-Grenier, e.a. ont, grâce à lui, une belle lisibilité.
    *
    Récemment, une maison d'édition spécialisée dans la (re)découverte des littératures slaves, M.E.O., sous l'égide de Gérard Adam, s'est lancée dans la publication de poètes belges (Lincken, Forget, Baba, Coran, Magnès, Thomassettie...)
    *
    L'arbre à paroles - quinquagénaire - offre aujourd'hui, à côté des collections classiques, une nouvelle piste de création, IF, sous la houlette d'Antoine Wauters, qui révèle ou redécouvre des auteurs comme Ioanid ou Logist.
    Parmi les poètes : Pierre Dancot, Claude Donnay...
    *
    Depuis 1990, Marie-Clotilde Roose anime, à Tournai, après divers lieux bruxellois, "Le Cercle de la Rotonde", qui accueille tout ce que la Belgique francophone a de poètes! A raison de deux ou trois auteurs par soirée! Plusieurs anthologies (dont l'une chez Memor) rendent compte de ce travail constant.
    *
    Tant de revuistes, regroupés ou seuls aux commandes, dans des revues qui ont confirmé : Paul Mathieu, Patrice Breno, à "Taversées"; Claude Donnay, Gérard Paris, Agnès Doyen pour "Bleu d'encre"; Eric Allard et son blog "Les Belles Phrases"; Pierre-Yves Soucy pour la belle revue "L'Etrangère" qui a donné voix à des Belges et à des écrivains étrangers (je pense à Rannou); l'équipe du "Journal des poètes" (la plus ancienne revue) : Jean-Luc Wauthier, Marc Dugardin, Lucien Noullez, Philippe Mathy, Paul Roland, Gaspard Hons...; Joseph Bodson tient les rênes de " Reflets/Wallonie-Bruxelles"...; "Les Elytres du Hanneton", longtemps gérés par l'insatiable de nos Lettres, Emile Kesteman...
    *
    De jeunes revues sont nées : sous les auspices de Logist, Norac, Colaux, Delaive (Le Fram), ou de Wauters, Ben Arès et Besschops (Matière à poésie)... et hélas mortes, après de louables services.
    *
    Parmi les nouveaux éditeurs apparus depuis 2000 : "Les Déjeuners sur l'herbe" à Merlin (Hainaut picard), sous la direction de François VanDorpe et de son épouse Pascale, avec un lieu d'échanges (dans une ferme restaurée), un site de promotion des livres d'ici et d'ailleurs (Le Saule-Tétard), des rencontres autour des livres (soignés : les maîtres de maison sont graphistes et/ou artistes et musiciens...) : Paul André, Jacky Legge, Michel Voiturier, Marianne Kirsch, Danielle Gerard...
    *
    En Picardie aussi, "Le front aux vitres" (Philippe Mathy et Véronique Esprit) accueille poètes, peintres (expositions aux cimaises de la maison des hôtes, à Brunehaut) : Vandycke, Di Gregorio, les amis-poètes (Dugardin, Namur, Wauthier, Nys, Lison, Imberechts...)
    *
    Passage de relais au Tétras Lyre, au riche catalogue depuis 1989 : à Marc Imberechts, Dacos et Jean-Marc Simar a succédé une équipe de très jeunes (autour du poète/cinéaste hainuyer Maxime Coton, toujours le benjamin des poètes belges de renom, né en 1986!) : toujours autant de talent pour allier recherche graphique et création poétique. Pierre Warrant, Corinne Hoex...

    *
    Poème 2 a sans doute moins d'obédience que l'ex-Théâtre Poème, peut-être parce que la diffusion de l'organe est moins systématique que celle du "Mensuel"!
    *
    Les Maisons connues de la poésie (Bruxelles - Amay - Namur) et les Marchés de la poésie et du livre (Namur - Tournailapage...) ont offert d'autres possibilités d'échanges et de découvertes.
    Des traces.
    Un souvenir? Début des années 2000, était-ce 2004? ou 2005? Nous nous sommes retrouvés à Namur, en rang d'oignons sur des sièges de fortune, pour faire fête au plus grand poète vivant, le petit Schmitz. Jacques Izoard, Karel Logist, Lucien Noullez, le grand Wauthier et moi-même...

    *
    Un autre?
    Un hommage improvisé au grand Hennart à l'occasion de l'avant-dernière publication chez Rougerie. Dans une demeure privée à Bruxelles (Madame André). Vers 2004. Lucien Noullez, Colette Nys et d'autres étaient là pour le présenter, le questionner. Et l'on avait admiré une fois de plus les ressorts comiques, humains et pétillants d'intelligence de Marcel, poète aujourd'hui bien négligé.

    3. Où va la poésie?
    A défendre? Dans un contexte si difficile?
    Et comment?
    La diffusion, l'écho, le public ont changé, certes.
    Des structures éditoriales ont encore la possibilité - sur fonds propres et/ou fonds de l'ARLLFB - de publier quelques livres de poésie par an (cas du Coudrier, Tétras Lyre, Le Taillis pré, Le Cormier, Esperluète). Ou plus , mais guère , une douzaine, à l'Arbre à paroles. Les tirages restent, par rapport à la prose, confidentiels (entre 100 et 500 ex.la plupart du temps).
    Le nombre restreint de revues de création et de critique poétiques ne favorise pas totalement l'éclosion et la défense de nouvelles voix :
    on peut compter, après quelques disparitions récentes (Le Fram - Matière à poésie/ Langue vive - revue L'arbre à paroles), sur "L'Etrangère", "Le journal des poètes", "Bleu d'encre", "Traversées" (plus de 65 n°), Le Non-Dit, qui fête ses 25 ans d'existence, L'Inédit Nouveau...et la question de la survie de ces revues tenues à bout de talent, de générosité, d'investissement personnel par des poètes que l'âge fragilise (Paul Van Melle, Jean Dumortier...)

     

     

  • AIMIEZ-VOUS SAGAN?

    P.Leuckx.jpgpar Philippe LEUCKX

     




     

     

     Depuis le "Petit rapporteur" et  le fameux épisode - culte - concocté par Desproges, investissant sans vergogne l'univers d'une Françoise Sagan, comme les médias ne l'avaient jamais montrée : enjouée, vive, simple, répondant aux questions du journaliste comme si elle faisait ses courses dans son quartier, ne préjugeant jamais des intentions "comiques" de son interlocuteur,  l'oeuvre du petit prodige des années cinquante - fêté par Mauriac et tant d'autres - m'est apparue sous un autre jour. On ne pressentait pas ce naturel, quand la presse mettait en exergue la facilité, l’effet mode, la superficialité de ses personnages et de son monde, quand les faits divers consignaient lamentablement des événements qui n'avaient vraiment rien à voir avec la littérature. Son accident de voiture de 1957 prenait toute une une des journaux d'alors et l'on oubliait - un peu vite tout de même - le Prix des Critiques (si convoité, si exigeant) décerné - et c'était la première fois de son palmarès - à un premier livre, écrit par une jeune fille de 19 ans au moment de la parution de "Bonjour tristesse", chez Julliard, en 1954.

    sagan_komp.jpg

    Le cas Sagan faisait couler les encres et les opinions, et les idées toutes faites. Desproges, en une petite dizaine de minutes, mettait à mal la fausse réputation pour révéler, dans ce mythe Sagan, la véritable nature, gentille, prévenante, humble, d'une romancière d'une petite quarantaine d'années, entrée dans Le Larousse universel dès les années soixante, femme de lettres dont on parlait depuis 21 ans - déjà - avec une kyrielle de poncifs : "petit monstre", "petite musique", "univers frelaté", "monde facile et bourgeois", "Côte d'azur" etc. D'un coup de balai, Desproges renversait le mythe pour ne s'intéresser qu'à la robe de Sagan (référence littéraire à la romanesque "Robe mauve de Valentine" de l'auteur!), qu'à la manière dont elle entretenait le vêtement, après lui avoir demandé ce qu'elle pensait des photos du beau-frère du journaliste! Les réponses de la romancière ("Réponses", oeuvre de 1974, donnait le change saganien à toute une série de propositions des journalistes et critiques) étaient époustouflantes de naturel, proprement renversantes. Desproges, en une brève incursion chez une "star" littéraire, réussissait le coup de maître de ramener l'écrivaine à la lumière des projecteurs sans escompter en rien sur les ressources de l'oeuvre, déjà copieuse, ni des événements périphériques d'une vie parfois agitée sinon aventureuse dans l'acception grégaire d'alors.

    L'auteur qui, par la suite, prouvera qu'elle n'était pas seulement romancière, dramaturge, scénariste mais encore mémorialiste de ses grandes rencontres (T.Williams, JP. Sartre..) ou plus biographe acide et fidèle d'elle-même (suffit-il de lire ce qu'elle dit de soi dans cet étonnant portrait-charge qu'est "Derrière l'épaule", dernière oeuvre de l'écrivaine, en 1998),  reçut un véritable appel d'air critique, qui fit que l'on regarda l'auteur, son univers avec une bien autre acuité et aussi des révérences utiles et bienvenues. 

    3752057-exclusif-comment-sarkozy-a-aide-sagan.jpg

    Aujourd'hui, dix ans après sa mort, l'oeuvre a ses fans, l'auteur ses émules. Parmi eux : Philippe Besson, Alain Souchon, et d'autres.

    Aimiez-vous Sagan? Oui.

    Nous l'aimons. En dépit de tout ce qui vient, malencontreusement, brouiller l'oeuvre : les rumeurs, les méconnaissances critiques, les ragots d'une sous-presse toujours avide de sensations et de méfaits, ignorante de la littérature - ce qui est un comble pour une romancière, cultivée, connaissant l'oeuvre des vrais auteurs!

    ----------------------------------------

    L'interview de Sagan par Desproges

    http://www.youtube.com/watch?v=_iUbFxKkGEU

  • Dix chansons sur les lèvres

    64PINK.jpg

    64PINK.jpg

     

    Bonus

    images?q=tbn:ANd9GcQ1Vxa_zvwXoCZyOXkj0Gd8xVhUbLXsm1eSCANM0wJlElrOPBu_-g

  • LES PLACES

    2966843-studio-de-portrait-sur-fond-isole-d-39-une-jeune-femme-belle-caucasian-par-un-metre-ruban.jpgJ’ai exercé de nombreux métiers dans ma vie et celui d’arpenteur de lèvres ne fut pas le moins curieux.

    C’était dans la ville de *** à l’initiative d’un architecte qui avait pour projet de construire une grand-place aux proportions de la bouche féminine. C’est ainsi que j’investiguai avec un mètre ruban et un pied à coulisses en plastique souple aux branches recouvertes d’une gaine rétractable (pour les besoin de l’hygiène) pour mesurer le diamètre de cinq cents bouches précisément au moment où elle est la plus large, c’est-à-dire quand elle bâille. Ainsi je travaillai surtout en soirée, après le travail des dames préalablement contactées par téléphone pour accord, suivant une liste fournie par l’administration communale.

    Je me souviens encore de la moyenne, elle fut de 5,6 cm, et l’architecte réalisait son œuvre à l’échelle 2000/1.  Les forts en arithmétique auront calculé que la place, appelée ironiquement Place du Jeu de bâille ou encore Place du Cri chic (en raison des dépenses occasionnées), mesure 112 mètres de diamètre. Elle est bien sûr ornée de façades en formes de lèvres et de dents...

    Evidemment il se trouva des bouches qui faisaient le diamètre d’un pouce et d’autres qui eussent aisément embrassé le périmètre d’un poing.

    Plus tard, alors que j’exerçais un autre métier, l’architecte auquel on avait commandé cette fois une petite place dans le bas de la ville me contacta pour une autre série de mesures. Quand on sait que le lieu devait s’appeler Place du Plaisir, on devinera où je dus opérer cette fois, sur un panel qui, pour être moins disposé au départ, se montra vite plus enthousiaste au moment des mesures. Même si je pratiquais toujours en fin de journée, ce n’était plus expressément pour attendre le bâillement par effet de fatigue naturelle, de l’orifice en question. 

    Je peux seulement dire à l’attention des quelques esprits scientifiques qui liront ces lignes qu’il n’y a pas corrélation entre les mesures. 
    Dernièrement, j’ai appris, alors que je suis à la retraite de ma dernière activité, que l’architecte envisage de construire un square minuscule dans le cul de la ville pour rehausser socialement les bas-fonds. Dans un mail qu’il m’a adressé, il me demande, en forme de clin d'oeil, si je possède toujours l’instrument utilisé lors de mes précédents sondages. Des citadines, m’écrit-il, qui fréquentent régulièrement l’un ou l’autre endroit, aujourd’hui d’un âge certain, lui en parlent encore avec des yeux ronds, pleins de malice. 

  • Les jou(t)es

    comedia-del-arte-2-masque-de-venise-commedia-dell-arte-trif.jpgC’étaient deux joues qui s’ennuyaient ferme dans un visage sans charme, de chaque côté d’un nez sérieux comme une pipe. Alors, l’une saisit le t du front et l’autre, pour ce faire, s’étendit jusqu’au menton. S’ensuivit un match avec ce que les joues trouvèrent sous la main (poils, boules de tabac fumantes, lames à raser oubliées) par-delà le filet (de morve) du nez, un premier temps ahuri, amusé ensuite. Bientôt la face eut l’aspect d’un terrain battu par un troupeau d’éléphants. Tout crevassé, le faciès faisait peine à voir et même horreur. Le propriétaire du visage envisagea un atelier plasticine qui convint un temps puis montra ses limites, celles d’un crâne tout décharné qui, par définition, n’avait plus que les os sans la peau. Cela tombait bien, le tenancier de la tête était mort de chagrin. 

  • Comment fabriquer une bonne info SUDPRESSE?

    sudpresse_capture.jpgSous l'emprise de la drogue, un livreur de pizza pique avec une fourchette le pénis d'un masturbateur en série oeuvrant topless dans un train qui effectue un tonneau.


    Un bébé aide sa maman à mettre au monde sa petite sœur avant de la donner au chien d’une famille sans enfant.

     

    Une femme enceinte de 7 mois nage à côté d’un requin blanc sans se rendre compte que c’était un avion de Ryan Air dans la neige et qu’en réalité elle faisait du ski sur la piste de décollage de Brussels South Charleroi Airport.


    Signalée disparue par sa famille depuis une semaine, elle se réveille nue le 1er janvier dans les toilettes d’un magasin Sports Direct afin d’être rhabillée gratuitement.

     

    Un grand-père de 80 ans est condamné à 80 coups de fouet pour avoir mis le feu à son ex-compagne sans avoir dispersé les cendres à l’endroit recommandé.

     

    Elle poignarde son futur-mari parce qu’il a pris un selfie de lui avec un écureuil lors d’une sauterie en forêt.

     

    Soupçonné d’avoir mangé la langue et le cœur d’une nonagénaire, le chien est emmené chez le vétérinaire puis relâché.

     

    Battu par sa femme durant le réveillon de Noël, un homme tabasse sa mère pendant la nuit de la Saint Sylvestre et casse deux boules du sapin.

     

    Une pince retrouvée dans le ventre d’une patiente après césarienne dénonce le crabe de chirurgien.

     

    Une prof d’espagnol jugée trop sexy par les parents de ses élèves se met au flamand pour rassurer les familles.

     

    Une surveillante tourne avec le préfet de discipline une vidéo porno dans la cour de l’école pour faire la promotion de l’établissement. 

     

    Elle essaye de cacher une pipe de marijuana dans son vagin ; elle se défend face aux policiers qui veulent aussi fumer en disant que ce n’est pas une pipe.

     

    Il invite deux filles chez lui après une soirée. Au matin, il reconnaît ses propres filles et il s’enroule d’un cordon d’une lampe Ikéa autour du cou. La fille cadette se réveille à temps pour sauver son père...

     

    Une femme retrouvée noyée dans un bassin du Château de Versailles : le fantôme de Louis XIV est suspecté d’autant plus qu’on l’a vu rôder en maillot de bain aux alentours du Petit Trianon.

     

    Des plantations de Cannabis explosent en Wallonie : touché par de nombreuses retombées de fumée, l’Elysette a dû être évacué.

     

    Brèves garanties à base d’infos Sudpresse vraies

    Voir ici: http://www.sudinfo.be/12/actualite/faits-divers

     

    Quelques NOUVELLES EN TROIS LIGNES de Félix FÉNEON

    (publiées dans Le Matin de 1905 à 1906):

    http://asl.univ-montp3.fr/e54slm/FeneonNouvellesEn3lignes.pdf

  • OUVREZ LE GAZ... d'Éric DEJAEGER

    728849278.jpg

    OUVREZ LE GAZ TRENTE MINUTES AVANT DE CRAQUER L’ALLUMETTE est le titre du nouveau recueil d'Éric DEJAEGER à paraître mi-janvier chez Gros Textes.

    Il s’agit d’une cinquantaine de poèmes, tous illustrés par Pierre Soletti, avec un avant-propos de Jean L’Anselme.

    Cinquante pleines pages recto imprimées en numérique sur papier 120 g colour impression, au format 13,5 x 20 cm à l’italienne, tiré à 110 exemplaires numérotés et portant le numéro d’ISBN  978-2-35082-239-6.

    Prix : 13 € (+ 2 € de port)

    On peut le commander dès à présent à:

    Gros Textes

    Fontfourane

    05380 Châteauroux-les-Alpes

    (Chèques à l’ordre de Gros Textes)

    Le blog de GROS TEXTES

    http://grostextes.over-blog.com/

    Pour la Belgique (ou si vous désirez recevoir un exemplaire dédicacé), vu que nous n’avons plus de chèques, contactez Éric DEJAEGER: il vous enverra l’IBAN et le BIC de Gros Textes pour un virement bancaire.

    http://courttoujours.hautetfort.com/

     

  • MICROBE sur son 81 + 1 STERNBERG inédit

    3758036365.jpgLe 81e numéro du Microbe vient de paraître et est donc disponible.

    Ce numéro a été préparé par Frédérick Houdaer.

    Un excellent numéro qui fait la part belle à quatre auteurs à découvrir avec des textes et un univers singuliers. Plus un texte du maître d'oeuvre relatif au traitement de la poésie à la télévision à l'époque d'Aspostrophe (mais y a-t-il eu changement depuis?)  

    Au sommaire :

    Simon Allonneau

    Fabienne Bergery

    Katia Bouchoueva

    Heptanes Fraxion 

    &

    Frédérick Houdaer.

    Voir le blog de Frédérick Houdaer:

    http://houdaer.hautetfort.com/


    1043030068.jpgLe Mi(ni)crobe 42, Le voyageur de commerce, est une nouvelle inédite de Jacques Sternberg écrite en 1948. Où il est question d'un voyageur de commerce et d'un reflet dans la vitre du train... 

    Pour tous renseignements sur la revue, contacter Éric Dejaeger via son blog:

    http://courttoujours.hautetfort.com/

  • JEUNESSE PERDUE

    images?q=tbn:ANd9GcQ8ZQRh5vCHHCb0oOMtYL07fF9qsYa379z4wfNeuWrnBJVWnBxm1wpar Denis BILLAMBOZ 

    Ces deux livres illustrent bien le désarroi de la jeunesse maghrébine, sans avenir dans les pays du Maghreb et mal acceptée en Europe où elle vient grossir des banlieues déjà surpeuplées par des populations miséreuses, soumises à toutes les turpitudes qui peuvent gangrener ces quartiers interlopes. Deux contextes très différents mais in fine toujours ce même problème d’un jeunesse qui ne peut pas vivre dans son pays d’origine et qui croit au mirage de la fuite vers l’autre rive de la Méditerranée. Et, à chaque fois, la cruelle désillusion… le paradis rêvé n’est qu’un autre enfer.


    Rue des voleurs

    Mathias Enard (1972 - ….)

    enard.jpg

    En lisant ce livre, j’ai assez vite imaginé que l’auteur s’est jeté avec frénésie sur son clavier pour écrire dans l’urgence – le livre évoque les élections présidentielles de 2012 et a été achevé d’imprimé en août de la même année – toutes les craintes que les événements, explosant alors partout sur la planète, lui inspiraient. Pour exprimer tout ce qu’il pensait, tout ce qu’il craignait, tout ce qu’il voulait apporter au débat, il n’a pas, comme la plupart des journalistes « plongé au cœur du problème », non, lui, il est tout simplement entré dans le ventre du sujet, jusqu’au fond des tripes, pour en extirper la genèse des événements qui ont agité le monde musulman et inquiété l’Europe lors de ce fameux « Printemps arabe ».

    Pour ce faire, il a choisi la forme romanesque mais il n’a pas voulu écrire un roman pour écrire une belle histoire, non, à mon avis, il a choisi de raconter l’histoire d’un jeune Marocain pour pouvoir promener son héros là où il avait des choses à dire pour alimenter le débat, pour expliquer, pour essayer de comprendre cet embrasement. Ainsi Lakhdar, le jeune Marocain, est présenté comme un jeune Maghrébin ordinaire s’ennuyant ferme dans un pays où il n’aura jamais de travail, où il ne pourra pas courtiser les filles qu’il veut mais n’ayant pas pour autant envie de quitter Tanger, sa ville, la ville qu’il aime. Mais un beau jour, il est surpris par son père tout nu avec la cousine qu’il adore, il est renié et chassé par la famille, l’auteur l’emmène alors dans un vaste périple où il va rencontrer la misère, le vagabondage, les recruteurs islamistes, la violence, la brutalité, la perversion de la révolution, une belle touriste espagnole, la luxure, un employeur qui l’exploite, le travail harassant, l’ennui, le désespoir, l’envie de fuir et finalement la fuite. Ayant compris qu’il n’avait aucun avenir au Maroc - « Les Islamistes sont de vieux conservateurs qui nous volent notre religion alors qu’elle devrait appartenir à nous. Ils ne proposent qu’interdictions et répression. La gauche arabe, ce sont de vieux syndicalistes qui sont toujours en retard d’une grève. » -, contrairement à son ami qui a choisi la voix de l’intégrisme, il part pour l’Europe voir l’autre face du problème : l’émigration, la vie sans papiers, la cavale, l’exploitation, les tentatives malheureuses pour entrer au pays des rêves, les ports interlopes, les quartiers sordides, la survie, la drogue, le trafic,…, la solitude, l’errance, la nostalgie, le racisme, le rejet.

    arton1796-28599.gifCe livre émouvant montre le problème arabe vu à travers les yeux d’un gamin de vingt ans peu instruit découvrant le monde en lisant des polars, des poésies arabes anciennes, des textes religieux, et en se frottant aux événements, attentat de Marrakech,… , qu’il ne comprend pas toujours très bien. Mais peu à peu, sans renier sa religion, le jeune homme comprend que la violence n’est pas une solution et qu’elle ne va pas dans le sens de la foi telle qu’il la conçoit même s’il est plus humaniste que pratiquant. A travers l’odyssée de Lakhdar/Ibn Batouta, Mathias Enard a voulu nous faire comprendre toute la difficulté rencontrée par les jeunes arabes pour pouvoir conquérir la liberté dont il rêve tant sans se faire voler leur révolte par des forces encore plus réactionnaires que celles qu’ils combattent.

    En conduisant Lakhdar/Ibn Batouta à travers toutes les misères qu’un jeune Maghrébin peut rencontrer, l’auteur cherche aussi  à nous faire comprendre que ce n’est pas en rejetant ces populations désespérées qu’on résoudra les problèmes qui gangrènent nos banlieues et nos quartiers dits sensibles et que la menace islamiste ne sera pas vaincue par la haine et la violence. Il faudra que nous comprenions une bonne fois pour toutes que les équilibres planétaires sont définitivement rompus et qu’il faut impérativement en construire d’autres pour que notre monde ne court pas à la catastrophe symbolisée par la mort, les morts, qui hante de très nombreuses pages de ce récit.

    Les longues phrases de Mathias Enard ne ralentissent jamais le récit, au contraire, elle l’accélère sans cesse, lui apporte du rythme, elles coulent, elles roulent, elles charrient un vocabulaire jeune, tonique, imagé qui donne de la vie et de la consistance aux personnages. Un texte qui entraîne le lecteur dans une folle odyssée de la misère pour lui faire comprendre qu’il y a urgence à agir si nous ne voulons pas voir des hordes de Lakhdar déferler sur toutes les rives de la Méditerrannée. « Les médias ici semblaient fabriquer le Royaume de la haine, du mensonge, de la mauvaise foi. Les Espagnols auraient dû faire leur Printemps arabe, commencer à s’immoler par le feu, tout aurait peut-être été différent ».

     

    Boualem_Sansal_1211.jpgLe village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller

    Boualem Sansal (1949 - ….)

    « Mon Dieu, qui me dira qui est mon père ? » Malrich (Malek  Ulrich), après  Rachel (Rachid Helmut), cherche une réponse acceptable à cette question si brûlante pour de nombreux Allemands encore aujourd’hui. Mais eux sont nés d’un père allemand et d’une mère algérienne, en Kabylie, dans un douar perdu, ignoré de tous sauf des quelques habitants qui y vivent encore.

    A partir d’un fait réel, Sansal construit l’histoire de ces deux Algériens émigrés en France, l’un ayant réussi de brillantes études et l’autre traînant dans la ZUSS cherchant à occuper son trop plein de temps libre, qui sont brutalement confrontés à une vérité abominable et insupportable : leur père est en fait un tortionnaire nazi planqué au fond de la Kabylie pour échapper aux divers justiciers qui pourraient le rechercher.

    Après le suicide de Rachel, son frère aîné, Malrich découvre le journal que celui-ci a laissé et par lequel il prend connaissance des activités de son père pendant la guerre dans les camps de concentration nazis. Rachel a découvert la vérité lorsqu’il est retourné au bled sur la tombe de ses parents assassinés par les islamistes. Et depuis cette découverte, il n’a eu de cesse de reconstituer le parcours de son père pour savoir, comprendre, pardonner, expier et mériter ainsi une forme de rédemption familiale.

    Malrich, confronté aux problèmes des « quartiers sensibles » comme on les appelle pudiquement maintenant et de la montée de l’islamisme voit dans le comportement des extrémistes religieux des similitudes très concrètes avec le comportement des nazis qu’il étudie dans les livres pour comprendre ce que son père a fait et pourquoi.

    2013-sansal.jpg?itok=LX7N7_6ZSansal a trouvé là un argument très intéressant pour construire son livre et il a habilement manœuvré ses personnages pour pouvoir traiter simultanément des questions aussi brûlantes que la shoah, les problèmes des cités et la montée de l’islamisme. Mais, hélas, il n’a pas su tirer la quintessence de cette situation et il se cantonne dans des généralités qui sont désormais trop connues pour en faire un livre vraiment important sur le sujet. Et, bien qu’il exagère sans doute quelque peu dans le parallèle qu’il dresse entre et le nazisme et l’islamisme, il manifeste, toutefois, un courage réel en dénonçant violemment les exactions des extrémistes religieux en Algérie et dans les banlieues. Hosseini et Khadra que j’ai lus récemment sur des sujets concernant Kaboul et Bagdad, n’ont pas manifesté le même courage et sont restés beaucoup plus en retrait même s’ils ne vivent pas en Algérie comme Sansal.

    Au-delà de ce parallèle intéressant bien qu’un peu scabreux, Sansal aborde un problème essentiel : celui de la culpabilité des enfants des criminels de guerre et même si Malrich pense que « nous ne sommes pas responsables, ni comptables des crimes de nos parents », « comment vivre avec ce poids sur la conscience ? » Et Rachel pousse encore plus loin la réflexion en posant la question qui n’a toujours pas de réponse aujourd’hui : « Je voulais trouver la clé, la magie par laquelle des hommes sains de corps et d’esprit comme mon père ont accepté de se dépouiller de leur humanité et de se transformer en machines en machines de mort ». Et cette question malgré les efforts de quelques grands écrivains restent toujours d’actualité ; comment tout un peuple a-t-il pu ignorer ou supporter l’ignominie portée à un tel degré et même y participer ?

  • Un monde de sérénité

    Pour son cadeau de Nouvel An, à minuit pile, il reçut une boîte de boules Quies. Des roses, des jaunes, des mauves... en mousse, comme il en voulait depuis longtemps. Immédiatement il les essaya et les trouva seyantes, apportant une touche colorée de part et d’autre de sa chevelure. Et efficaces tout de suite contre les déflagrations causées par les feux d’artifice déchirant le ciel. Elles lui plurent tant qu’il les garda toute l’année, une année de grand silence, comme il en avait toujours rêvé.  

    anti-ronflement-boule-quies-620x200.jpg