EN ATTENDANT LE PRINTEMPS

88957_300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

Un rayon de soleil, un filet d’air moins frais et voilà que le printemps nous titille déjà et quand on parle de printemps on pense à ces poètes qui savent dire la douceur de vivre et temps paisible qui bientôt va revenir. J’ai donc choisi aujourd’hui de vous apporter le temps du renouveau qu’ils ont écrit tous les deux dans leurs vers. « Il suffirait d’un coup d’épaule pour enfoncer le temps » (François Migeot) et pourquoi pas se retrouver déjà sous les cerisiers en fleurs et même « si le temps est gris aujourd’hui, il faut l’égayer d’une écharpe légère » et le tour est joué, François Migeot et Marcelle Pâques bousculent le temps de ce reste d’hiver pour nous conduire vite, vite, au temps du renouveau, au printemps qui pointe déjà là-bas juste derrière l’horizon de leurs vers fleuris.

 

ad0bd5d22565f272ddb680db3c0d7af3.jpgDERRIÈRE LES YEUX 

François MIGEOT (1949 - ...)

Quel joli objet que ce recueil de poésie, édité par une toute petite maison haut-doubienne, l’Atelier du Grand Tétras, où François Migeot dessine des poèmes qui marient leurs formes à celles des aquarelles et des encres de Marianne K. Leroux, pour animer l’âme de ses vers et l’esprit de ses textes.

L’ombre et la lumière, le jour et la nuit, l’aube et le crépuscule, le soleil et les nuages, … François Migeot invente un monde en vers dans une ambiance douce, fraîche, sereine où le temps coule comme un ruisseau argentin sur les plateaux du Jura.

Tandis que l’ombre

Accoudée à l’appui

Suit des yeux le cortège

Et que l’air

Tournoyant au dehors

Gonfle la toile du devenir

photo.-f.migeot.jpgUn temps que le poète écoule à travers le calendrier, égrenant les jours, les mois au rythme de ses vers comme les fleurs qui se fanent, dispersent leurs pétales au creux des massifs dans des jardins bourdonnants, bordés de rues animées par le pépiement d’enfants insouciants et innocents.

 Il suffirait d’un coup d’épaule

Pour enfoncer le temps

Le temps qui s’enfuit et qui efface les ans

Mais comment l’année

Ranimera

Le ciel ?

Le temps qui s’efface, le temps qui emporte la vie, le temps de la mort.

Tandis que les morts

Malgré les murs

Malgré les tombes

Descendent au brouillard de la terre

Les nuages sur les cimes

Sont les cendres du soir

 

ob_bd1c38_pourquoipas.jpgPOURQUOI PAS ?

Marcelle PÂQUES

Je me souviens quand Marcelle avait publié son précédent recueil, « Bientôt les jonquilles », après l’avoir lu, j’avais écrit « C’était Pâques, les jonquilles fleurissaient déjà depuis quelques semaines, Marcelle, Marcelle… Pâques évidemment, déversa sur mon bureau une brassée du soleil des fleurs de son « jardin d’étoiles ». Ces mots-fleurs, ces mots-soleils inondèrent mon gîte d’un courant d’air frais » . Et la semaine dernière une nouvelle brassée de fraîcheur a parfumé ma boîte aux lettres, « Pourquoi pas ? » Après tout, quand on aime on ne compte pas ! J’ai reçu ce bouquet avec grand plaisir et j’ai dès les premières lignes constaté que Marcelle n’avait rien perdu de sa joie de vivre et son optimisme contagieux :

«Le temps est gris aujourd’hui

Il faut l’égayer d’une écharpe légère

Une écharpe de pensées soleil

Puisée dans tes yeux clairs. »

Elle a trempé sa plume dans l’encre de ses yeux, comme dirait Cabrel, pour peindre le ciel gris, d’un été maussade et nous laisser :

« Comme un chat heureux sous le soleil »

Mais dans ce recueil Marcelle, laisse aussi percer des sentiments moins gais, elle apparaît, lassée, déçue et même un peu désespérée par nombre de nos contemporains qui se complaisent dans la bêtise, la méchanceté, l’intolérance et toute une panoplie de travers qui perturbe la vie en bonne société.

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« Certains prêchent l’ouverture, l’accueil, la tolérance

Mais il reste entre eux ne supportant pas la différence »

Et ces « certains », elle les nomme, les désigne ils sont comme :

« Le con ….

Coincé dans sa vie, comme un petit pois

Dans son bocal

Le con s’ennuie…

Alors il s’amuse à faire le mal. »

Mais « le con » n’aura jamais raison de Marcelle, elle a tout prévu :

« Le temps qu’il me reste à vivre…

Me laisser porter par la volupté

De vivre. »

Commentaires

  • Eh oui, notre Marcelle est tombée dans le chaudron de l'optimisme :)

  • Un grand MERCI pour cette superbe note de lecture !
    Comment ne pas être optimiste après cela :-)

  • Coucou les filles !

    Marcelle j'étais à la foire le samedi et lundi j'étais en bonne compagnie comme tu le sais.

    bisous à vous deux.

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