PORTO / POÈMES (inédits) de PHILIPPE LEUCKX

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I

Que je cède quelque barque

Posée là au pied de la ville

Et que de Calem

Je regarde un peu

Ce qu’il me reste de ciel

Pour grimper

Sans assaut

Au cœur

Comme un premier voyageur

Qui se serait trompé

De ruelle

Pour s’éblouir

 

 

II

Du port partent

Des ponts

À ne savoir qu’en faire

S’il faut monter

Descendre

Emprunter ces rues

De solitude

Revenir au belvédère

De Sao Bento

Ou plus loin encore

Vers quelque village

Où le blanc des maisons

Naît d’un poisson

Frit à même la rue

Dans l’odeur qu’exalte

Un brin de nostalgie

 

 

III

Mais que faire de ce socle

Qui porte toute la ville

Sur son triangle de fleuve

De fer et de petits caissons ?

L’œil se déprend

De quelque rectitude

Pour oser la pyramide

Et ne jamais revenir

De ces couleurs posées

A l’envi en désordre

Comme un dédale

De couleurs

Qu’ombre à peine

Le grand ciel

Tout autour

 

 

IV

On va vers son proche destin

Dans une rue du monde

Qui déboule en mots

On oublie quelque berge

Qui porte touristerie

À grandes gerbes

La rue monte vers toi

Marin d’il y a longtemps

Ta mère se signe

Avant d’entrer

Aux Clerijos

Sans se retourner

Elle va poser ses mains

Sur ce bois de Christ

Qui est un fût

Qui panse la misère

Des temps

Elle porte à ses lèvres

De veuve

Un doigt de porto blanc

 

 

V

Je regarde sans prendre

Je m’éblouis

D’un rien de présage

À la couleur des murs

Jetés sur mon chemin

Qui va là dans mon ombre ?

Tu es là sans porte

À peine sans clé

Comme un marin déchaussé

Qui ne prendrait plus

La mer

Tu vas vers la ruelle

D’ombre

Qui cueille les souffrants

 

 

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Commentaires

  • Merci, Philippe ! Nostalgie ... et espérance malgré tout.

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