DIERF DUMÈNE

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Dierf Dumène est né à l'Arcahaie le 2 décembre 1995,ville ayant une grande portée historique pour avoir organisé le congrès de 1803 qui allait donner naissance à la création du bicolore haïtien.

Poète,écrivain,nouvelliste,il est aussi secrétaire général d'une association ayant pour but d'accompagner les enfants démunis d'Haïti.

Auteur de plusieurs recueils de nouvelles inédits.

 

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L'écho du silence

 

Tant de souffrances et de malheurs
Tant de douleurs et de haines
Et surtout tant de plaisirs
Que me rappelle la sveltesse de ton corps
Plaisirs immortellement mortels
Plaisirs moraux sans scrupule
Qui s'érigent en maître-point-final
Dans une boîte Nietzschéenne

Le soleil en un seul pas
Va se noyer au fin fond
De la mer des Caraïbes
Ainsi la musique continue
Sa randonnée sous la voix lancinante
Des oiseaux migrateurs perchés
Aux branches mortes du bougainvillier
En ivresse

Mais ma muse n'est que cette voix lointaine
Qui ne se lasse de se métamorphoser
En une mélodie 
Pour chanter ma Mort
Me réveiller de mon sommeil 
Avec les cordes d'une guitare sinistre

Des voix-jumelles dans l'écho 
Du silence
J'écris ma vie à l'encre rouge
Au regard d'un passé qui me hante
Alors que je caresse le présent

 

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Matin cadavérique

 

Matin cadavérique
Le soleil se dissimule
Entre les jambes 
D'une masse de nuages
Les arbres ne dansent
Ni ne bavardent plus
Le vent s'immobilise
Regardant le temps
Qui s'en va tristement
Le flirt dure des éternités

Des larmes coulent
Goutte à goutte
Et se métamorphosent
En un vaste torrent 
Qui inonde
Dévaste
Le champ de mes espoirs

Dans le silence
Qui habite le nécropole
Je la vois défiler 
En compagnie de mille et une âmes
Exprimant ses regrets
Sa mélancolie
Son ras-le-bol

La nature m'a trahi
Demain
Dès l'aube
Je prends mon envol

 

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Poème à ma bien-aimée

 

Mille fois j'ai hélé ton nom
Depuis ma fenêtre mi-close
Au faîte du mont Sinaï
Et cette brise 
Encore cette brise d'hiver
Me pinça de ces droits d'acier

Mille fois j'ai suivi tes pas 
Dans le désert aride 
De mes nuits fantasmagoriques
Ma chambre n'en finit pas de te tendre la main

Mille fois je t'ai fait l'amour
Devant l'autre face cachée de la mer
Et une lune sans pudeur
Était jalouse de ta peau d'ébène

Et depuis,j'ai du mal à me débarrasser 
De mon humble avarice
Tant ce corps frêle a grand faim
De tes étreintes charnelles

Si un jour j'aurais franchi
La grande porte bien avant toi
Sache que j'ai la passion 
Du petit prince mal-pensant
Au royaume des mages d'orient

 

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Cataclysme

 

Ma ville s'écroule sur un tas de pierres brûlées
Que je porte en moi
Elle me consume et je l'aime
D'un coeur d'enfer

Ô terre pourquoi t'énerves-tu
Ô terre pourquoi bois-tu le sang
De ma chair d'un seul trait

Et puis de la poussière sur le boulevard
Un tourbillonnement de poussière
Voile la face du midi
Dans l'intersection où les baraques 
S'évertuent à marquer
Le dernier pas d'une danse funeste

Comme pour enlever les cicatrices 
Du jour de l'an sur les visages 
Masqués des gosses du bitume
Des mains se rejoignent 
À l'angle des rues Pavé 
Tandis que la terre dans sa course affolée
Va et vient sous ma couche de béton

Ma vie est faite de l'ombre d'espoir
Je rêve les yeux grands ouverts
Des rêves de singeries
Des rêves de conneries
Des rêves qui semblent être réels
Je ne rêve plus sinon je meurs
Eh bien je me rêve car je ne suis rien
Qu'un fragment de rien du tout
Si je vis c'est pour pleurer les autres

 

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La lueur du jour

 

Si je dois partir
Je partirai avant minuit
Telle une âme meurtrie
Vagabondant bras dessus
Dessous
En quête d'autre contrée
D'autre source
Où s'abreuver à satiété

Si je dois partir
J'irai demander aux Tout-Puissants
Pourquoi défèquent-ils 
Dans les lits de nos enfants
Endeuillés
Pourquoi égorgent-ils nos femmes
Pour se les offrir en holocauste
Comme s'ils n'en ont pas assez
De nos malheurs
De nos cris inlassables

Si je dois partir
J'irai aux tréfonds de l'abîme
M'armer de toutes les armes
De la cruauté 
Pour devenir
Aussi cruel que les Ange-Charbons
Privés d'émancipation et de gloire

Enfin,si je dois partir
J'irai nulle part 
Seul,je resterai 
Des heures durant 
Les yeux rivés 
Sur les montagnes 
En attendant point à l'horizon
Le soleil de l'aube
Quitte à me perdre dans sa lueur jaunâtre

 

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