LES REVERS DE DANCOT

leuckx-photo.jpgpar Philippe LEUCKX

 

 

 

 

 

15232121_1356364664429539_530338227326555598_n.jpg?oh=ee4a59e3c9c1cb104238006401f6eeee&oe=58F59EE0

Comme il y a du linge de corps, il y a des poèmes de corps, pleins de peaux, de sens, de caresses, d'aveux physiques. Le grand garçon, avec un cœur gros comme ça, n'en finit plus de faire bouillir sa cuve à poèmes, sous son crâne chauve.

Voilà donc des textes où "ta peau à l'éphémère", où "tes lèvres", "rien que les ombres tuméfiées de l'enfance", "des larmes allaitées des tristesses de l'enfance" brillent, sans une once de cérébralité, mais gorgées à plein de sensualité jamais voyeuse, qui tremble dans les mots d'un vrai poète, qui ne sait pas "comment vivre en hiver", fragile au bout de ses longues jambes, qui ne sait guère "essuyer tes larmes".dancotpierre.jpg

J'aime beaucoup ces poèmes "d'une infinie tendresse", de "peaux tendres", et ces "cendres un peu froides sur le bout de tes doigts".

L'ami sait dire qui "se réveillent d'un amour usé", "qui se donnent en silence".

La langue, ici, calque au plus près les mouvements des corps, des cœurs, des sens, "sur les bords de la nuit", puisque "Ecrire est un baiser infini sur notre ignorance".

Ce sixième livre ne répète pas les autres, mais enfile des évidences, celles qu'on porte sans gants, sur sa peau, à caresser l'absence ou la présence de l'autre.

Qui reconnaît sans gêne sans honte ses faiblesses l'écrit avec une timidité d'ado qui se cherche, tout entier dans la beauté des gestes qu'il n'a pas encore blessés d'habitude et de lourdeur.

Un beau livre, frémissant, nu comme un corps désiré près de soi.

Pierre Dancot, Les revers de la nuit, Éléments de langage, 2016, 48p., 12€. Beaux dessins couleurs de Florence Mathieu

Le livre sur le site de l'éditeur

Commentaires

  • Séduite par ce langage...

Les commentaires sont fermés.