POÈMES DU SANG QUI BAT

Le sang engendre des fantômes

Carlos Edmundo de Ory (Aérolithes 

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LE SANG QUI BAT

 

Le sang qui bat

bout

dans mes déveines

 

Le sang qui bat

blesse

les cœurs cadenassés

 

Le sang qui bat

taille

des roses de chair

 

Le sang qui bat

lance

des lames de lumière

 

Le sang qui bat

rit

comme l’éléphant pleure 

 

Le sang qui bat

guette

la néfaste bactérie

 

Le sang qui bat

rate

les sentiments rances

 

Le sanq qui bat

gare

à la voie fermée !

 

Le sang qui bat

you

and me for ever?

 

Le sang qui bat

tonne

comme l’orage éclair

 

Le sang qui bat

fouille

les fonds de langue

 

Le sang qui bat

bouche

les artères fémorales 

 

Le sang qui bat

lustre

le cuir des coeurs

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LA COUPURE

 

Avec la bouteille brisée

du songe

j’ai coupé

la racine

de ton regard

 

À partir de là

tu m’as vu trouble

légèrement rosé

comme si j’avais bu

à ta source

 

Il me restait

à taillader ta chair

en un endroit précis

pour échapper

au sentiment d’étanchéité

 

Du sang a coulé

de tes yeux

à mes mains

et j’ai ramassé

tes pupilles

 

Il me restait

à décrire

le crime

avec le tranchant

de ma plume

 

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L’IMAGE TEMPLE

 

Couchées

à demi-nues

dans la lumière

de l’aube

tes lèvres

 

Ont léché

le sang

de mes nuits

s’écoulant

entre tes rêves

 

l'image temple

du regard

que des prêtres

en soutane

contemplent

 

Et l’âme du miroir

brisé

s’ouvrant

sur l’autel

de tes hanches

 

D’où fuit

à jet continu

le sang

d’un vitrail

en feu

 

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Les photogrammes sont tirés du film d'Alain Robbe-Grillet,

Glissements progressifs du plaisir (1974), avec Anicée Alvina.

 

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