TES LÈVRES, L'HIVER

TAKE FIVE (IV)

L’usage d’une seule métaphore

attristerait mortellement

la neige.

François Jacqmin

img-20202310d0e.jpg?v=11

 

Pour sortir

dans l’hiver

et marcher sur la neige

je chausse mes poèmes

de cinq vers.

 

 

Dans la blancheur

absconse

de janvier

me souviendrai-je

de la texture de tes lèvres ?

 

*

 

Mon passé s’évanouit

sous la neige.

D’un seul cristal de glace

solidifier

tout l’avenir…

  

*

 

La chute de neige

n’éteint pas le feu.

Chaque flocon qui tombe

entretient le tison

de l’hiver.

 

 

La couverture de poudreuse

suffit à ta peau

pour se protéger

de mes baisers

frileux.

 

*

 

Quand il te faut parler

à l’hiver

avant toute parole

exerces-tu tes lèvres

aux gerçures?

 

*

 

L’arbre insensible

au gel

ne voit pas

l’oiseau de neige

qui grésille sur la branche.

 

*

 

Sur ta peau si pâle

j’imagine des luges

arrêtées à tes seins

incapables d’imaginer

un vertige plus grand.

  

*

 

Derrière les paroles embuées

tes lèvres, l'hiver

donnent à espérer

le sauna

d’un baiser.

 

*

 

Le regret de la neige

ne dure pas.

Comme toutes les amours

il laisse place

à la fonte des espérances.

 

*

  

Sur le verglas

flambant neuf

du jour

j’ai brûlé

un feu rouge.

 

 

Les commentaires sont fermés.