LE DILETTANTE OUVRE SON CATALOGUE 2017

arton117866-225x300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

Avec deux ouvrages sortis le 18 janvier 2017, Le Dilettante a ouvert son catalogue pour cette nouvelle année littéraire. Bill D’Isère propose un roman reconstituant le fameux enlèvement d’un transport de fonds dans la région lyonnaise en 2011 en s’intéressant principalement à la personnalité et au parcours de celui qui aurait pu être l’auteur de cet impressionnant détournement. Hélène Couturier quant à elle évoque la condition des femmes toujours amoureuses de leur mari qui cherchent un peu de fantaisie ailleurs.

 

9782842638894FS.gifTEDDY LE KOSOVAR

Bill D’ISÈRE

Le Dilettante

Lire c’est s’exposer à d’étranges coïncidences. Ainsi, devant effectué un voyage en train assez long, je m’étais muni d’un livre assez copieux, un livre qui relate le vol d’un véhicule de transport de fonds dans la région lyonnaise en 2010, et, en rentrant chez moi, j’apprends que ce jour même, un autre véhicule de la même société transportant cette fois de l’or industriel a été braqué près de Lyon lui aussi. Etonnant non ? J’étais coincé entre l’actualité qui tournait, ce jour, autour du vol de l’or et ma lecture qui me ramenait à la disparition d’un véhicule rempli de billets de banques.

Bill d’Isère qui n’est pas Bill mais est bien d’Isère, réinvente à sa façon l’affaire du vol de ce véhicule de transport de fonds commis par un employé de la société délestée « un beau jour d’automne 2010 ». La victime ayant purgé sa peine, nous devons éviter d’évoquer tout ce qui pourrait permettre de la reconnaître. Bill consacre peu de pages au déroulement des faits qui sont bien connus maintenant et qu’il est facile de retrouver à travers des livres, films et sites Internet… le sujet a fait couler beaucoup d’encre et de salive et généré une petite montagne d’octets sur les fameux réseaux dits sociaux. Bill concentre principalement son texte sur la personnalité et la parcours de ce jeune homme issu de l’immigration qui, un jour sans raisons apparentes, bascule dans la délinquance, grande par le montant du forfait, plutôt banale par les moyens mis en œuvre.288.jpg

La première préoccupation de l’auteur a été de transformer son héros en le dotant d’une nouvelle identité, d’un arbre généalogique plus exotique et d’une jeunesse chaotique. Ainsi, le voleur devient Mirosh pour sa mère, Michel pour l’état civil français et Teddy pour la presse et le grand public. Il serait le fruit de l’escapade de sa mère à Cuba. Elle vivait dans l’Albanie très fermée d’Hojda, elle eut la chance de pouvoir participer à un transport présidentiel à Cuba où la douceur des îles, les flèches du soleil, le sang chaud des autochtones l’invitèrent à laisser une large place à la gaudriole. Elle revint donc de Cuba avec une petite graine bien plantée au plus profond de son être. Elle comprit que son avenir en Albanie était très compromis, elle imagina alors un stratagème audacieux pour fuir le pays dans un conteneur de chemises. Arrivée en France, elle fut accueillie comme réfugiée et bientôt mère d’un joyeux bambin qu’elle éleva du mieux qu’elle put jusqu’à ce qu’elle rencontre un nouveau conjoint qui voulait faire le bonheur du gamin contre sa volonté. Commence alors un long cheminement qui conduit directement le môme aux premiers larcins, au chantier de rééducation puis à mille petits boulots tous moins lucratifs les uns que les autres, qu’il dégote surtout grâce tout ce qu’il a appris quand il fréquentait l’école des gitans en quête de quoi vivoter.

Et puis il trouve enfin un job stable, payé régulièrement : convoyeur de fonds, il travaille consciencieusement jusqu’au jour où définitivement saturé par le comportement des patrons, des riches, de ceux qui ceux qui donnent les ordres et les punitions, il décide de se venger de toutes les humiliations subies en se barrant avec le camion plein de beaux billets de banque. La suite vous la connaissez, le grain de sable qui fait capoter le plan le plus efficace tellement il est simple, la reddition, le jugement, l’appel, la taule sans remise de peine ou presque, la libération mais pas la liberté car dehors les flics le traquent sans cesse, ils veulent trouver les quelques millions qui manquent dans le camion et qu’ils croient qu’il a planqués. Mais Bill, il ne tombe pas dans le piège de la reconstitution, il invente une fin grandiose au nez et à la barbe de tous les flics de France.

Bill d’Isère a repeint cette histoire très médiatisée aux couleurs de Frédéric Dard dans une ambiance à la Guyard, j’ai pensé à son roman : « Soudure » où les malfrats, comme ceux de Bill sont surtout des victimes du système (le fameux système qui ronge tout le monde et que tous les politiciens veulent changer avant chaque élection) qui profite uniquement à ceux qui possèdent déjà trop pour être tranquilles comme les policiers qui auraient bien pu étouffer les quelques millions qui se sont évaporés avant que la camion soit officiellement retrouvé mais ça c’est Bill qui nous le glisse en douce, entre les lignes, nous on ne sait rien.

Le livre sur le site du Dilettante 

 

9782842638795.jpgIL ÉTAIT COMBIEN DE FOIS

Hélène COUTURIER

Le Dilettante

« Combien de fois tu m’as trompé ? » La question est brutale, elle cingle comme un coup de fouet, Mathilde ne l’attendait pas, elle n’a même pas l’intention d’y répondre mais Jo s’acharne, revient à la charge, alors elle ment, comme elle l’a toujours fait, avant de comprendre que son mari essaie de lui faire endosser la responsabilité de leur séparation qu’il va lui annoncer. Elle n’avait pas envie de cette rupture, elle avait trouvé un équilibre entre son mari et ses amants, elle était même restée fidèle pendant huit ans avant de trouver sa vie un peu monotone se lassant de la rigueur de son mari alors qu’elle aime la fête, la nuit, les rencontres imprévues, les émotions fortes.

Jo veut des comptes qu’elle ne peut même pas lui fournir, elle ne compte pas, elle pourrait tout juste lui raconter ses errances dans les calle barcelonaises, dans le quartier des pakis, des dealers et des prostituées. Et, ce soir, pour éviter de lui répondre, elle part pour une nouvelle odyssée dans ce quartier de la marge où réside son fournisseur, où elle pourrait trouver un homme pour finir la nuit.Couturier.jpg

Le plume d’Hélène Couturier court aussi vite que les escarpins de son héroïne sur l’asphalte de Barcelone quand elle part en bordée dans les quartiers interlopes à la recherche de stimulants aptes à lui fournir l’énergie et l’excitation nécessaires pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Mais ce soir, son odyssée n’est qu’une vaine errance, elle réalise alors que son mari lui manque, qu’elle s’en passera difficilement, qu’elle n’est plus la belle jeune femme qu’elle a été, que son potentiel de séduction a diminué et qu’il diminuera encore sérieusement dans les années à venir. Jo voulait des comptes, elle n’avait qu’un conte à lui offrir.

Ce conte c’est l’histoire de bien des femmes de cinquante ans qui ont été de belles filles, de belles jeunes femmes, des épouses qui ont séduit des hommes élégants, plein de charme, qui ont élevé un ou deux enfants et qui, vers la quarantaine, s’ennuie auprès d’un mari qui essaie de faire carrière et

qui commence à lorgner vers des femmes plus jeunes. Alors maintenant que le sexe ne conduit que très rarement à la procréation, il peut offrir divers plaisirs avec d’autres hommes, pas forcément toujours les mêmes, pas forcément des amants attitrés, seulement des hommes charmants, attentifs, attentionnés qui n’ont nullement envie de s’attacher à une femme, mais seulement envie de passer de bons moments avec des femmes indépendantes, autonomes, sensuelles, cultivées et très peu encombrantes Des femmes juste pour le plaisir qui cherchent des hommes juste pour le plaisir.

Ces femmes ne veulent pas pour autant laisser leur amour en déshérence, elles veulent juste séparer le plaisir sexuel de leur vie sentimentale, elles aiment leur homme et leur famille, elles aiment leur job et la vie qu’elle mène, elles voudraient juste que leur homme ne les enferme pas dans le sempiternel dilemme :

« Trop de morale pas de sexe

Trop de sexe pas de morale ».

Un livre qui intéressera bien des femmes mais aussi des hommes, tous ceux qui cherchent à faire la part du sexe dans la vie et dans l’amour et surtout ce que le sexe peut apporter pour sortir de la monotonie qui s’installe progressivement dans presque tous les couples.

Le livre sur le site du Dilettante

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