GRANDE OURSE de ROMAIN VERGER

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003630036.jpgRomain Verger nous conte ici de bien étranges histoires. D'une part, celle d'Arcas , homme préhistorique qui se retrouve seul, abandonné, sa famille, sa tribu, ont disparu. Il essaie de survivre, niché dans sa grotte, se nourrissant des quelques réserves encore existantes... Et puis un jour, il ne reste plus rien, rien qu'un ventre qui appelle, une faim qui l'affaiblit. Autour de lui, un univers de glace et de neige, rien à manger, pas âme qui vive... De dépit, il s'en va, se dit que marcher lui fera le plus grand bien, part vers l'inconnu...
Puis arrive l'histoire de Mâchefer, homme de notre temps, anorexique, qui réduit jour après jour ses portions de calories et s'en fait un point d'honneur. Vie triste d'un gardien de Musée, qui partage un pavillon coupé en deux avec Ana, la propriétaire, étrange bonne femme, il poursuit son chemin sans plaisir, attendant patiemment le point de non retour, que sa maladie gagne, qu'il ne lui reste que la peau et les os...

Ces deux êtres, à des dizaines de milliers d'années, vont connaître un drôle de destin. Les maux qui les rongent, la faim et la solitude pour Arcas, la volonté de ne plus manger et, aussi, une certaine solitude pour Mâchefer, montrent des similitudes fortes. Comme si Mâchefer descendait de la lignée d'Arcas, comme si ces deux hommes se fondaient l'un en l'autre, et souhaitaient ne laisser derrière eux qu'un petit amas presque insignifiant... Mais la vie est toute autre, et les êtres qui croiseront leurs vies respectives, afin de les sauver, leur feront perdre pied, la folie n'est pas loin, l'irréel, le fantastique prennent le pas sur la raison de ces deux hommes perdus.rv-012-72.jpg

L'écriture de M. Verger est très fine, précise et éloquente, le jeu du rêve et de la réalité très troublant, les descriptions parfois peu ragoutantes ajoutent une part de lourdeur, quelque chose qu'on a du mal à digérer, comme une bouillie trop épaisse, et ramènent ces deux hommes à un état primaire, dans leurs états d'âme, dans leurs pulsions, dans leurs priorités...
Un sentiment d'oppression grandissant au fil des pages, le même ressenti lors de la lecture de "Zones sensibles" du même auteur.

Le livre sur le site de Quidam Editeur

 

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