• AU FESTIVAL DU FILM D'AMOUR DE MONS, une petite merveille: LA PUERTA ABIERTA de Marina SERESESKY

    leuckx-photo.jpgpar PHILIPPE LEUCKX

     

     

     

     

    La_Puerta_abierta.jpgDans un quartier populaire de prostituées, à Madrid, mère et fille - Antonia, Rosa - partagent un tout petit appartement qui donne sur une galerie intérieure. Comme elles, d'autres prostituées et travestis vivent là, dans une promiscuité qui frôle la violence. Lupita (travesti), une Russe, une "hyène" (toujours à l'affût de ce qui se passe), Paco, son mari, qui la trompe...

    Antonia, qui veut se faire appeler Maria Lujan, amoindrie par accident vit, sans s'entendre avec elle, avec sa fille Rosa qui s'adonne à la prostitution. Antonia laisse toujours la porte ouverte, au grand dam de sa fille.

    Un jour, une petite fille de sept ans, soudain orpheline, déboule dans leur vie. Normalement, la petite Lyuba a disparu.

    Au plus près de la vie quotidienne et dans un ton qui mêle rires et gravité, la cinéaste réussit un tour de force en proposant, sans une once de moralisme, une description juste de relations féminines, une présentation de la prostitution aujourd'hui et une leçon d'amour.

    L'attachement de la vieille Antonia pour la petite Lyuba nous vaut les plus belles scènes du film. Un intimisme de tous les instants, une mise en scène qui approche sans voyeurisme les personnages, un humour qui dose bien les réalités vécues, autant d'atouts d'une oeuvre qui traduit bien les difficultés du monde.

    La cinéaste dirige d'une main sûre toute cette petite troupe jusqu'aux enfants, Lyuba et Eduardito, compagnon d'infortune, qui vivent, ne jouent pas, cette histoire, dont on sort émus. Les comédiennes sont fabuleuses de justesse : Carmen Maci, Terele Pavez...

    Premier long-métrage d'une cinéaste, née en 1969.

    "La puerta abierta" de Marina Seresesky (Espagne, 2016, 84')

    Le film a été couronné du Grand Prix du Jury des Jeunes (compétition européenne ).

    Le Festival du Film d'Amour de Mons (le site) (jusqu'au 17 février)


  • AU FESTIVAL DU FILM D'AMOUR DE MONS, "NOCES" de Stephan STREKER

    leuckx-photo.jpgpar Philippe LEUCKX

     

     

     

     

    film.noces.f.jpgGlaçant portrait - d'après des faits réels - d'une jeune Pakistanaise qui tente d'échapper aux traditions de son pays. Intelligente, belle, rebelle, sensible. Ses tentatives d'émancipation seront vaines face au bloc familial qui la force au mariage. Selon sa famille, il est impensable que Zahira épouse un Belge. La tragédie se noue et impose sa violence. Comme toujours, la femme est sacrifiée et le poids de la tradition (mari imposé par Skype...) une insulte à la liberté. Le crime d'honneur enfin souille le beau visage d'une jeune femme écartelée entre l'amour des siens et la poursuite autonome de sa vie. L'arriération impose régression et repli.

    La mise en scène, très attentive aux ambiances nocturnes, dose et accélère la tension et jette le spectateur dans une nasse d'effroi et d'impuissance.

    La distribution est éblouissante : Lina El Arabi (Zahira), Zacharie Chassériaud, Sébastien Houbani (Amir) , Olivier Gourmet.

    Présenté à Toronto, Angoulême, le film de Streker a remporté diverses récompenses. 

    Le Festival du Film d'Amour de Mons (jusqu'au 17 février)