LOLITA / NABOKOV / GAINSBOURG

71aWuQNxYZL.jpgLe roman de Nabokov sort en 1955 à Paris (après avoir été refusé par les éditeurs américains). Vladimir Nabokov est âgé de 56 ans, il vit alors aux Etats-Unis depuis 1940 et écrit en anglais depuis 1941.

Le livre fait d'abord scandale mais finira par être reconnu comme un des plus grands romans du XXème siècle. Le prénom Lolita est désormais synonyme de nymphette. Il est notamment cité par Marilyn Monroe dans My Heart Belongs to Daddy (dans le film Le milliardaire de Georges Cukor avec Yves Montand en 1960) et dans des chansons de Serge Gainsbourg dont l’imaginaire a été marqué par ce roman dont on retrouve des traces dans Histoire de Melody Nelson.

Le roman a été adapté deux fois au cinéma, en 1962, par Stanley Kubrick avec James Mason (Humbert Humbert) et Sue Lyon (Dolorès Haze, dite Lolita) et en 1997 par Adrian Lyne avec Jeremy Irons et Mélanie Griffith.

À noter qu'une nouvelle traduction en français de Lolita est le fait de Maurice Couturier pour l'édition de La Pléiade de 2002 (qu'il a d'ailleurs coordonnée). Il s'est basé sur les corrections effectuées par Nabokov à partir de la première traduction française de E.H. Kahane et de la version russe écrite ensuite par l'auteur.   

 

Perdue : Dolorès Haze. Signalement :
Bouche « éclatante », cheveux « noisette » ;
Age : cinq mille trois cents jours (presque quinze ans !)
Profession : « néant » (ou bien « starlette »).

 

Où va-t-on te chercher, Dolorès quel tapis
Magique vers quel astre t’emporte ?
Et quelle marque a-t-elle – Antilope ? Okapi ? –
La voiture qui vibre à ta porte ?

 

Qui est ton nouveau dieu ! Ce chansonnier bâtard,
Pince-guitare au bar Rimatane ?
Ah, les beaux soirs d’antan quand nous restions si tard
Enlacés près du feu, ma Gitane ?

 

Ce maudit würlitzer, Lolita, me rend fou !
Avec qui danses-tu, ma caillette ?
Toi et lui en blue jeans et maillot plein de trous,
Et moi, seul dans mon coin, qui vous guette.

 

Mac Fatum, vieux babouin, est bienheureux, ma foi !
Avec sa femme enfant il voyage,
Et la farfouille au frais, dans les parcs où la loi
Protège tout animal sauvage.

 

Lolita ! Ses yeux gris demeuraient grands ouverts
Lorsque je baisais sa bouche close.
Dites, connaissez-vous le parfum « soleils verts » ?
Tiens, vous êtes français, je suppose ?

 

L’autre soir, un air froid d’opéra m’alita.
Son fêlé – bien fol est qui s’y fie !
Il neige. Le décor s’écroule, Lolita !
Lolita, qu’ai-je fait de ta vie ?

 

C’est fini, je me meurs, ma Lolita, ma Lo !
Oui je meurs de remords et de haine,
Mais ce gros poing velu je le lève à nouveau,
A tes pieds, de nouveau, je me traîne.

 

Hé, l’agent ! Les voilà – rasant cette lueur
De vitrine que l’orage écrase ;
Socquettes blanches : c’est elle ! Mon pauvre coeur !
C’est bien elle, c’est Dolorès Haze.

 

Sergent rendez-la moi, ma Lolita, ma Lo
Aux yeux si cruels, aux lèvres si douces.
Lolita : tout au plus quarante et un kilos,
Ma Lo : haute de soixantes pouces.

 

Ma voiture épuisée est en piteux état,
La dernière étape est la plus dure.
Dans l’herbe d’un fossé je mourrai, Lolita,
Et tout le reste est littérature.

 

Traduction : Eric Kahane

Serge Gainsbourg lisant le poème Lolita 

La début du roman lu par Jeremy Irons

Marilyn Monroe dans Le milliardaire (1960)

Lana Del Rey, 2011

Katty Perry, 2009

La Finlandaise Johann Kurkela, 2010 ("Adieu, Dolores Haze")

Noir Désir,  1992

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Bande annonce du film de Kubrick

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Bande annonce du film d'Adrian Lyne

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Vladimir NABOKOV à Apostrophes

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