POÉSIES DE FEMMES - " On se voudrait exempt de la douleur " nous dit SIMONE MOLINA

images?q=tbn:ANd9GcRG7Cz-fY2z0_Bag_Ym8nYCgijg_wVG3TB6cknm2TdNSh7nPhYnzwpar Philippe LEUCKX

 

 

 

 

 

 

58145-w200.jpgLes vers de Simone MOLINA dans Voile blanche sur fond d’écran (Ed. La tête à l’envers, 72p., 14€) servent la compassion humaine : c’est une voix qui entend « au bord du désastre » les tumultes, les plaintes, « le meurtre » fait à l’Homme.

Pour pacifier cette douleur ressentie au plus nu, elle « écoute le bruissement du monde ». Et même « se souvenir » prend l’accent d’un partage.

Simone Molina rameute les derniers souffles, les visages perdus.

« J’ai mené deux vies

cousues ensemble

pour retenir l’éclatement des jours »

dit-elle. L’éclat(ement) des blessures, des jours, des peines ; la lucide lecture du monde (« les hommes sont sauvages »).

 

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Le livre sur le site des Éditions La tête à l'envers

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toutes-les-femmes-e1492596009971.jpgLa voix discrète de Montaha Gharib, poète libanaise s’exprime dans un livre en hommage à Toutes les femmes meurent pour un poème (Ed. Bleu d’encre, 54p., 10€).

« Manger la nuit », « respire la liberté », « lapider les arbitraires », « la joie chaude d’un instant » : la poète écrit sans doute pour « piloter son âme », recoudre cet amour dilué dans l’oubli, dans le trop grand silence du monde.

Les images sont une sorte de concorde retrouvée, une forme d’apaisement, une réponse à l’exil. Et un détour lucide aussi sur soi et les autres :

« Affamée je grignote les miettes que tu me jettes »

« Ta voix bruisse »

« J'embrasse l'ombre de tes bras »

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Le recueil sur le site de Bleu d'Encre 

 

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60750-h200.jpgConjoindre à deux « voix », « deux voies » la sculpture et la parole poétique, c’est le désir de Frédérique Thomas dans L’entaille (Ed. la tête à l’envers, 112p., 16,50€).

Des photos de sculptures féminines (bustes, corps, nus, sans mains, aux mains botériennes etc.) dans des jardins, groupées, où se lisent un attachement au mouvement (capillaire, des bras, des mains), une simplification volontaire, où l’élémentaire fait surgir la plasticité des formes, où le grisé de l’envol ; d’une mère avec son enfant suscite bien sûr une lecture libératrice d’un monde où il est possible de « s’élever ».

Les textes épousent l’art sculptural (« reprendre des corps à l’ombre amère », la description de bouts de nature (« un bras de rivière, un bras caressant vos jambes sans chercher à les retenir »), le « vertige d’avoir été jetée dans l’air ».

F. Thomas réussit à dire « chaque pulsation du temps » pour échapper au néant, à la mort du monde.

« Retrouver la présence est le seul horizon du désir » pourrait servir d’apologue à l’ensemble des textes et des œuvres révélés.

On sent, dans ce beau livre, l’entaille des burins, ciseaux et autres outils verbaux. L’intime entaille comme présence au monde des formes.

Focillon eût sans doute beaucoup aimé ces jeux de formes, cette « Vie des formes » dont il célébra la pression des mains.

L'ouvrage sur le site des Éditions La tête à l'envers

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Quelques sculptures remarquables de Frédérique Thomas

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