TOUTES LES FEMMES MEURENT POUR UN POÈME de MONTAHA GHARIB

toutes-les-femmes-e1492596009971.jpgLa promesse de l'aube

Le premier poème du recueil s’ouvre un présage, une prédiction faite par une voyante.

Ton destin est prédit

Tes poèmes sont ton seul bagage

Tes peintures ton rivage

La promesse de bonheur est promesse d’aube, de lumière. Alors que la nuit est le lieu de l'insomnie, l'asile de la peine.

Ton visage est pétri de lumière

Les étoiles d’un regard

Nourrissent tes yeux

Le jour s’incarne dans un corps, un visage.13592315_985100261588832_4115430061096756108_n.jpg?oh=47bbf66df8237370cc0f2801690af4c7&oe=59B4785D

Toi, mon aurore

Je t’étreins secrètement dans la pénombre 

Ce qui n’est encore que rêve enténébré, peu à peu, se révèle au jour, réveille des espoirs enfouis.  

Tu fleuris mes espoirs

Tu rafraîchis ma mémoire 

Le passé n’est plus vain, le futur n’est plus voilé, indistinct, muet.

Libéré du souci du temps, des heures, du poids de soi, de notre âme flagellée, le présent roi nous rajeunit de mille ans.

Il défige le temps, rafraîchit la mémoire.

Tout peut s’inverser à nouveau, l’aube engloutir la pénombre...

Le poème, c’est la caresse, l’espoir, la lumière, le lieu où s’engrange, se recueillent ces particules de lumière, ces réserves de mots et de mémoire, ces témoignages où le temps coïncide avec l’espoir.

Il y a du bruit au cœur du silence

Le silence chante

Entre silence (qui) chante et voix (qui) bruisse, dans la joie chaude d’un instant, une caresse qui adoucirait / la dureté de l’éloignement, voici  un recueil où se laisse lire l’agonie de l’attente comme les délivrances du jour.

Avec le poème comme emblème, comme porte-espoir, imprègne-instant, besace et concentré de lumière, on laisse derrière soi la nuit pour aller au-devant du jour, le cœur neuf, rempli d’amour.

Les belles et suggestives illustrations en clair-obscur de Claude Donnay (avec lequel la poétesse libanaise a écrit un précédent recueil, Horizons), accompagnant les poèmes, leur faisant écho, rendent bien compte de l’attente et du mouvement, des soubresauts de l’âme en proie aux affres et bonheurs de l’amour.

Éric Allard

Le livre sur le site de Bleu d'Encre Éditions

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