ANASPHASIOS & MALEUXIS suivi de UNE CRITIQUE MI-FIGUE MI-RASOIR


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Anasphasios et Maleuxis

Anasphasios était le plus grand écrivain de Carnavalus quand le jeune et beau Maleuxis le mit au défi de le battre. Un ring fut rapidement installé sur un des nombreux kiosques de la ville. Le maire lui-même donna le coup d’envoi de la joute. 

Lors de la première épreuve d’écriture, Anasphasios qui avait relu ses classiques l’emporta haut la main sous les applaudissements du public acquis à sa cause. À la deuxième, il fut mis en difficulté par la fougue verbale, les calembours puissants de son jeune rival. À la troisième, il chuta et à la quatrième, il s’avoua vaincu avant la fin de l’épreuve, jeta tous ses bouquins en guise d’éponge et remit les lauriers de premier écrivain de Carnavalus à Maleuxis qui trône maintenant au firmament littéraire de la ville et est lu de tous ses concitoyens.

Quant à Anasphasios à la grise chevelure qui a longtemps été nègre du maire, il a défié celui-ci dans le but de lui prendre la mairie. Il peut déjà compter sur la voix de Maleuxis auquel, en contrepartie, il a promis une statue (et de nombreuses bourses) à la hauteur de son talent sur la principale place de la ville qui porte déjà son nom.

 

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Une critique mi-figue mi-rasoir

Dans De près ou de loin, l’auteur d’Au-delà du bien et d’Avant le mal explore à nouveau les lignes sinueuses de la morale. Moins anguleux que dans Les Parallèles du Droit mais plus carré que dans Perpendiculairement parlant, l’essai de fiction géométrique de Paul-Jean Evrard loué par Badiou lui-même joue avec l’obscur de notre raison sans laisser de côté notre sensibilité la plus aiguë. Entre le pragmatisme de Hume et la grâce pascalienne, De près ou de loin monadise notre rapport  à l’espace cartésien inféodé au temps bergsonien quand l’orage de l’alètheia gronde sur les plaines de l’étant heideggerien.  

C’est, pour tout dire, pompant comme une réunion de gauchistes imbibés de Cuba libre qui se piqueraient de croiser Lénine et Lobatchevski sans avoir compris ni Marx ni Euclide. Ni les classiques de la Littérature Jeunesse Révolutionnaire qui comprennent  quelques génies en herbe.

Mais comme l’éditeur apporte son labrador à toiletter chez la femme de mon frère en laissant chaque fois un gros pourboire, j’ajouterai que De près ou de loin est une somme ontologique qui infuse dans l’esprit du lecteur brouillé par des considérations facebookiennes indigestes un subtil mélange de froide phénoménologie husserlienne, de nombrilisme rousseauiste et de bling-bling hégélien propice, il va sans dire, à la lecture sans prise de tête d’Anna Gavalda et autre littérature coulante.

 

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