BIEN-ÊTRE MINÉRAL de NICOLAS LANDROCK

29554510langage-des-pierres-jpeg.jpegReprendre pierre

Dans Bien-être minéral, Nicolas Landrock, nom de plume ou non, dont c’est le premier ouvrage, nous balade dans le temps et les espaces, dans les remous de la pensée en proie aux affres de la démence comme de la plus vive intelligence, mais aussi de Stonehenge aux Montagnes rocheuses en passant par la Muraille de Chine ou les mines d’extraction de pierres précieuses de la Tanzanie en un prodigieux tourbillon de plus de 600 pages.

Pierre Pays, le héros, d’origine française, s’éprend dans son enfance anglaise (son père, collaborateur, meurt pendant la seconde guerre mondiale sous le feu de résistants et sa mère qui a donné son père aux résistants obtient de quitter la France occupée pour rejoindre Londres où elle sera l’amante d’un ambassadeur mexicain hanté par Frida Kahlo) d’une pierre, objet transitionnel dont il ne se déprendra jamais. Tout le long du livre et de la vie, il recherchera à travers une inlassable recherche cette pierre prim(ordi)ale, comme une madeleine, comme l’Agate de Pyrrus ou la pierre philosophale des alchimistes.

Malgré des passages volontiers obscurs, traduisant les plongées de Pierre Pays dans les affres de la folie et d’une cruauté plus fantasmée que vécue, aux accents tour à tour païens, sadiens ou masochistes, le récit recèle de rares fulgurances et des moments d’apaisement d’une extrême beauté, comme lorsque l’homme à bout de forces retrouve la fameuse pierre perdue.

Sur plus de cent pages, Landrock passe en revue tous les types de pierres et minéraux, de l’ambre au topaze en passant par l’améthyste, l’aigue-marine, le cristal, l’obsidienne, le quartz, la pierre de lune, les jades… Il cite Caillois, le poète des pierres, les paysages minéraux d’Yves Tanguy, et tous les stigmates et bienfaits que les pierres peuvent procurer sur ou dans le corps humain.

Livre entre l’essai, poésie et l’autofiction qui compare les différents bien-êtres auquel se livre l’homme depuis des siècles pour fuir sa nature proprement humaine, il questionne les neurosciences comme les contre-vérités scientifiques aussi bien que le chamanisme dans la quête du cerveau humain à déchiffrer l’indéchiffrable en vue d’un sens qui le transcende autant qu’il le détruit psychologiquement en modifiant sa propre espèce dans sa volonté de la croiser avec d’autres, qu’elles soient minérales, végétales ou animales.

Le livre est paru aux toutes nouvelles Editions de la Plante (sans encore d’espace ni de visuel sur le Net) dans une tradition de l’espagnol (Mexique) par Anna Della Pietra qui n’est autre, nous apprend l'éditeur, que la mère de l’écrivain.

Éric Allard

Pierre Pays, Bien-être minéral, Éditions de la plante, Paris, 640 pages.

Écrire un commentaire

Optionnel