VIRGIN ROAD de FLANNERY HILL (Ed. Stock)

pexels-photo-90633.jpeg

Tableaux vivants

Dans Virgin road, une narratrice prénommée Fanny se déplace de ville en ville dans l’Amérique profonde. Elle soupçonne d’être suivie ou l’est réellement, on ne le sait pas bien tout au long du récit qu’elle fait de son périple où se mêlent tout à la fois description des lieux traversés et méditations fantasmatiques sur les scènes qu’elle va jouer. Une fois sur son lieu de résidence, souvent des motels, en périphérie des villes, elle ne sort que secrètement, masquée ou méconnaissable, pour se réfugier dans une salle de cinéma qui diffuse de vieux films ou acheter quelques produits de pure nécessité...

En soirée, elle participe à des spectacles vivants, publics ou privés, qui lui font rejouer des tableaux américains (Bellow, Currin, Goeffroy, Hopper, Salle...) des scénes de crime, souvent dans le plus simple appareil. Soft ou bien hard, elle est donc souvent nue, offerte aux regards de spectateurs souvent plus concupiscents qu’animés de considérations esthétiques. Là, elle réussit à s'extraire du présent et à pénétrer en elle, revisitant des épisodes de sa vie réelle ou imaginaire. Quand elle reprend c'est esprits, c'est pour voir en chacun des spectateurs un possible meurtrier. Son angoisse augmente au fil de son déplacement mais elle s’est promis d’aller au bout de sa tournée, d’honorer toutes les dates de son agenda…EmilyBinghamWEB.jpg

C’est narré dans une prose fluide mais tendue, qui détaille plus les états d’âme de l'héroïne que ce qu’elle observe et finit par ne plus voir. Elle se déplace en somnambule automate, en vengeresse de plus en plus décidée... 

Flannery Hill a écrit trois courts romans qui scannent l’Amérique des grands espaces à la façon d’un Sam Shepard mâtiné de Stephen King, lit-on en quatrième de couverture. Ce roman-ci est le premier traduit en français, par les soins de Nancy McEwan.

Editions Stock, collection La cosmopolite, 168 pages, 18 €

Le site des Éditions Stock

 

Les commentaires sont fermés.