• UN RÊVE DE BEYOGLU de DEMIR ÖZLÜ (Ed. Petra)

    leuckx-photo.jpgpar Philippe LEUCKX

     

     

     

     

     

    beyoglu_0.jpgCe natif d’Istanbul, alors en résidence à Berlin, relate dans ce récit entre rêve et réalité, un amour, un quartier, une enfance, une ville.

    L’imbrication de ces divers éléments nourrit la fiction. Un écrivain, installé en Allemagne, se remémore certains épisodes de sa vie au pays natal. Il laisse aller sa mémoire et son imaginative création de rêves, les uns plus inventifs et réalistes que les autres, pour brosser l’histoire d’une passion dont l’objet est la voisine stambouliote de l’auteur.

    Beyoglu, la Place de Tünel, la Corne d’Or, les rues pauvres et passantes, le tramway qui oblitère la vie du quartier, la rue des cinémas, Istiklâl, les brasseries, les passages Krepen et autres : tout restitue une Istanbul plus vraie que nature, et il est parfois difficile de limiter la zone réelle des toponymes du rêve.artist_97802.jpg

    De sa fenêtre, l’auteur suit les allées et venues des passants, des riverains, des commerçants : le Bosphore n’est pas loin, et il suit de l’autre côté, sur l’autre rive, les manœuvres de militaires.

    Le jour, il flâne, rencontre un confrère d’écriture dans un café qui lui prodigue quelques conseils et l’encourage.

    La vie suit son cours et le lecteur, d’amble, fonctionne au quart de tour pour épouser les formes sinueuses de la fiction dans un lacis de ruelles, de rues en pente, de passages salis, de tramways qui percutent le silence.

    Un grand auteur, certes, que ce Özlü, né en 1935, auteur entre autres de « «Hallucination à Berlin » (1987, Publisud en 1993), de « Canaux » (1991).

    C’est une découverte : style racé, sens aigu du réalisme, clins d’œil à certaines œuvres (la fenêtre de l’antihéros n’est pas sans faire penser à celle de « L’Etranger » de Camus qui observait les allées et venues un dimanche.)

    Un écrivain à suivre.

     

    Demir Özlü, Un rêve de Beyoglu, Ed. PETRA, coll. Voix d’ailleurs, 2009, 88p., 9€.

    Traduit du turc par Célin VURALER.

    Le livre sur le site des Editions Petra