TOUJOURS AUSSI JOLIE de CARINE-LAURE DESGUIN

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Une ville, un amour

De retour à Charleroi après dix ans passés à New-York, Virginia, qui occupe un appartement situé place Buisset, croit revoir son ancien amour, Marcus, sur une des photos prises par elle la veille à la gare de Charleroi-Sud.

Mais Marcus est mort, peu avant son départ, et enterré. L’obsession de Marcus est-elle le signe qu’il ne serait pas décédé ou bien qu’il demeure indéfectiblement vivant en elle ?
Elle rencontre bientôt Serge B., le bibliothécaire de la Bibliothèque M. Yourcenar, témoin de leurs amours passées… qui va répondre à ses interrogations.

La vie prend de ces tournants parfois, comme c'est étrange. Virginia ressent en elle de grands remous et elle pressent, comme si des milliers d'antennes plantées dans son corps faisaient écho avec l'univers en entier, que des changements surviendront bientôt dans sa vie. Un nouvel amour? Qui sait? Après tout, être fidèle à un fantôme comporte des avantages mais aussi, hélas, des inconvénients. Parfois, le soir, la solitude est écrasante. Elle se dit que finalement, ces photos insolites viennent pimenter son destin, que rien n'arrive par hasard, que ce hasard n'existe pas, qu'il n'est que le reflet de nos pensées. "

Cela se passe au printemps 2016, pendant la transformation de la Ville Basse, fort bien rendue, quand un vaste projet architectural reconfigure tout un quartier, éliminant par ailleurs le bâtiment ayant abrité le fameux Cabaret-Vert où s’est arrêté Rimbaud, dans son périple de 1870, pour savourer un jambon-beurre. 

Le chantier du futur centre commercial creuse un gouffre qui génère son lot d'amertumes, suite aux démolitions, et d'incertitudes, quant à l’avenir de la cité. 

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Carine-Laure Desguin est coutumière dans ses fictions de ces ambiances citadines, de ces portraits de villes, de ces histoires d’amour improbables autant qu’idylliques, du conflit entre marginaux et notables, entre défenseurs de la modernité (des idées, des comportements) et tenants du passéisme.

Ici, le lieu participe de l’état d’entre-deux où est plongée l’héroïne de l’histoire. On peut penser que l’amoureux disparu, qu’elle croit revoir, est le Charleroi d’hier qui se meurt. La question, le suspens réel consiste alors à savoir si la ville, elle, renaîtra de ses cendres au sein des nouvelles constructions, et si la greffe va prendre? Il est certain que cette interrogation ne trouvera pas aussi vite réponse que celle concernant, dans la fiction, l’existence de Marcus et la reprise de l'amour... Mais c’est aussi ce qui donne à ce récit bien mené valeur de métaphore pour l’avenir de Charleroi ou de toute autre ville soumise à un semblable réaménagement urbain.

Éric Allard 

 

Le livre sur le site d'Edilivre + extrait

Le blog de CARINE-LAURE DESGUIN

CABARET-VERT par ABLAZE sur un texte de Carine-Laure Desguin et une partition musicale d'Ernest Hembersin 

 

Commentaires

  • Je viens de le lire moi aussi, se lit d'une traite ravie, tant d"élan et de vigueur dans ces personnages intenses et tout d'une pièce (même les gros bourges qui sont d'une pièce aussi, une pièce montée... :) )

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