RÉMINISCENCES de NATHALIE FICOT

couv11189673.jpgInspirations profondes

   Le premier recueil de poèmes de Nathalie Ficot (paru en 1999) est semblable au Petit Théâtre, le poème qui l’ouvre. Mille échos y tintent, il est plein d'inspirations profondes, d’odeurs et de parfums, de peurs et de voeux qu’elle met en relation, à l’instar des correspondances baudelairiennes. Un Petit Théâtre qui met en scène et fait jouer des sentiments bien ancrés au cœur de la poétesse car ils la fondent et constituent le moteur de son écriture.

   Ce qu’elle craint plus que tout, comprend-on, c’est de dilapider ce fonds : l’amour qu’on nous porte comme celui qu’on porte à autrui, l’innocence face au monde pour garder intact le besoin de le transformer selon nos espoirs, de même que la capacité de former des rêves plus grands peut-être que le monde.

   Mais d’abord, écrit-elle :

Ce Théâtre a une âme,

Ecoutez-la chanter ! 

   Et on l’entend chanter avec les mots liberté, paix et amour au long des quarante-sept poèmes qui composent Réminiscences. Des poèmes à formes fixes et qui se déclinent même, avec bonheur, en alexandrins. Nathalie a le sens du rythme et on devine que, si elle s’en tient encore aux contraintes classiques, elle ne va pas manquer de lâcher la bride de la métrique et de l'usage de la rime.

   Les tendres paroles qu’elle adresse à Sarah, « la petite fille assise sur [son] lit, qui [la] regarde écrire les choses de la vie », on peut penser qu’elle se les adresse à elle-même :

Ne grandis pas trop vite, reste dans ton cocon,

Protège-toi contre les méchants, les amers.

Je sais que, simplement, de ta voix au doux ton

Tu les adouciras, petit bout de guerrière.

   Tout le recueil aspire à se souvenir des belles choses. Il milite pour une résistance aux forces d’effacement (de nos songes et de nos serments) et pour une reconnexion aux sensations et valeurs qui nous ont éveillé au monde, qui dès lors nous ont constitués en tant qu’entité morale mais qu’on finit trop souvent pas laisser se fondre dans les flots de l’amertume et de l’indifférence.

   Le poème se clôt sur un bel éloge de l’amitié, qui serait partage inconditionnel et soutien réciproque, à laquelle elle redonne une saine vigueur. Voilà un recueil qui nous réconcilie avec les forces vives de notre être, celles qui font à jamais battre nos coeurs.

Éric Allard

 

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