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  • dans le lit

    couchez les mots

    dans le lit du poème

    pour qu'ils fassent de beaux vers

     

     

     

     

  • Anna Karina, muse de Godard et Gainsbourg

    Ma ligne de chance, extrait de Pierrot le fou (1965) de Godard, sur une musique d'Antoine Duhamel.

    Ne dis rien, avec Serge Gainsbourg, extrait de la comédie musicale Anna (1967).

    Une version salle de bain sympa, par Zoé K:

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/anna+karina+/video/x88yul_ne-dis-rien-par-zen-k-gainsbourg-an_music

     

  • grossier merle

    le poème qui passe

    la langue

    aux mots d'oiseau

    est un grossier merle

     

     

  • L'enterrement du parti socialiste / Stéphane Guillon

    Le billet du 10 juin de Stéphane Guillon (sur France Inter)

    Voir / écouter les autres chroniques:

    http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/lhumeurde/archives.php

  • tout chiffonné

    la fille naturelle
    du roi des Belges
    a coloré de couleurs criardes
    le poème
    après l’avoir tout chiffonné

    elle a cru
    à tort
    que la parole royale
    en serait affectée

     

     

     

    http://www.delphineboel.com/

  • Le Mépris / Jean-Luc Godard

    Une chanson à ajouter à la série des cigarettes. Interprétée par Mélanie Pain, extrait de son album solo (2009), sur un montage d'images du Mépris de J-L Godard (1963), tiré d'un roman de Moravia, avec une B.B. brune.

    En prime, les gros mots de Brigitte.

     

    "Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs" (André Bazin)

    Le Mépris: générique dit + la fameuse scène entre B.B. (jamais aussi bien filmée - à la photo, Raoul Coutard) et Piccoli, sur une musique signée  Georges Delerue:

    http://www.youtube.com/watch?v=v_m85eoa-8s

     

  • La danse de Bande à part

    Ah les voix off dans les films de Godard ou Truffaut...

    .

    Sur les mêmes images, la voix de Mélanie Pain du collectif Nouvelle Vague (2006) dans Dance with me, une reprise de The Lords of the New Church.

    Écouter et voir la version originale (1985):

    http://www.youtube.com/watch?v=4ysnkkrhlK4





  • La voix off

    Dans les films, ce que je préfère, c’est la voix off. Dans la vie aussi, je voudrais qu’il y ait des voix off qui commentent ce que je vis, qui prennent de la distance avec les choses vues, ressenties. Qui donnent de l’épaisseur, de la perspective, une bouffée d’espace entre le visible et moi.  

    Mais les voix off, c’est bon uniquement pour le cinéma.  

    Dans la vie, il faut se contenter de ce qui se dit devant vous, par la voix de votre interlocuteur ou de la pensée qui prend la forme de mots vagues pendant que l’instant vous dicte sa vérité. Oui, la voix off est faite pour les rêveurs et les non contents du quotidien qui ne cesseront jamais d’aspirer à une douce mélopée venant combler l’intervalle entre voix in et  images.

     

  • Le Louvre en courant

    Bande à part de J-L Godard (1964), avec Sami Frey, Claude Brasseur et Anna Karina. La visite du musée en 9'43'' résumée en 40'' de cinéma.

    Michael Pitt, Eva Green et Louis Garrel dans Innocents ( The dreamers - 2003), de Bernardo Bertolucci. Les protagonistes de l'action, qui se passe en mai 68, battent le record des compères de Bande à part. Un hommage à Godard dont Bertolucci fut l'assistant dans les années 60.

  • le poème parle

    le poème parle

    à la chèvre et au chou

    à la cuiller et au chat

    au chien et à la vipère

    à la caillasse

    et au pied de cochon

    à l’airelle et à l’ortolan

    à la tasse dans l’évier

    à la chair frissonnante

    et au feu qui gronde

    au coeur du glacier

    et à la queue de cerise

     

    quand ça lui chante

    le poème

    parle aussi

    pour ne rien dire

    du temps qui passe

    entre les pans de chemise

  • La Belle-mère dure n°10

    Au bout de dix numéros et une traque impitoyable, La Belle-mère dure court toujours.

     

    Au sommaire de ce #10:

    Dr House revisited + Librairie Nouvelle, par Éric Dejaeger

    Aphorisques & périls, par André Stas

    Place Royale + Ce n'est pas Darwin, c'est Dieu qui a créé le monde, par Didier de Lannoy

    Loup y es-tu chébran, par Claude Romashov

    Petite précision... Ou lettre ouverte à la douce Viviane M., par Rober Serrano

    Dégommons-les, par John F. Ellyton

    ... et un fond d'écran particulièrement soigné.

     

    Autant de bonnes raisons pour y aller voir:

    http://storage.canalblog.com/19/96/471513/40506314.pdf

     

  • la collision

    on a mis

    au frais

    dans des glaçons

    les restes de mots

    retrouvés

    à la suite

    de la collision frontale

    survenue cette nuit

    à trois heures du mat’vin

    sur la quatre bandes

    du bureau

    d’un auteur allumé

    entre un poème décapotable

    et un poids lourd de l’édition

     

    il ne reste rien

    du roman

    de 850 pages

    complètement

    calciné

     

    le poème

    a juste perdu

    son titre

    et

    l'usage de la langue

  • Sous l'eau

    Fervent de plongée sous-marine, il faisait tout sous l’eau. Sa naissance, son baptême, sa communion solennelle eurent lieu dans ces conditions. Son premier baiser, ses coïts, son mariage, sa longue maladie aussi. Et son emmerrement. Hélas, malgré les efforts de ses proches, sa crémation ne put se faire selon ses dernières volontés.

    On attacha alors son cadavre à un récif corallien et, d’après le témoignage d’un de ses amis plongeurs, son squelette ondulerait toujours parmi les algues et les poissons multicolores.       

     

     

    De la même eau:

    # Stéphane Mifsud a battu à Hyères le record du monde d'apnée statique en 11 minutes et 35 secondes

    http://www.newsnours.com/2009/06/video-stephane-mifsud-record-du-monde-d-apnee.html

     

    # (re)voir aussi la dernière pub de Spa Barisart

    http://www.youtube.com/watch?v=aljwQFHZCaQ&eurl=http%3A%2F%2Fwww%2Ewikio%2Efr%2Fvideo%2F1154024&feature=player_embedded

       

  • Ils ont voté / Léo Ferré

    Léo Ferré, en 69, dans la version originale de la chanson, conspuait les Français qui, appelés aux urnes en juin 1968 après les événements du mois de mai, votèrent majoritairement pour le retour à l'ordre incarné par la figure du Général de Gaulle.

    Dans cet enregistrement public, "le jour de gloire" final est remplacé par "Et Madonna" ...

    Magouille blues / François Béranger (1974)

     

     

  • Mes candidates à la Chambre

    À l’approche des élections, je placarde les affiches des candidates (je sais, la parité n’est pas respectée) à la Chambre les plus sexy. Non seulement à ma fenêtre mais aussi sur les murs de ma mansarde, de la salle de bain et des waters. Le placardage couvre le spectre politique d’un extrême à l’autre. En matière de femmes politiques et, pour tout dire, de femmes tout court, je ne suis pas regardant sur les opinions.

    À chaque QG de campagne de parti, je suis toujours bien accueilli. On m’offre des lots d’affiches, d’autant plus que je m’engage à en distribuer à mes amis et connaissances. Bien que je n’aie ni amis ni connaissances. Je pourrai de la sorte rafraîchir le visage d’une candidate dès que le papier affectera une pliure, un jaunissement, une éraflure, un premier signe de vieillissement. Le beau visage restera intact pour la législature à venir. Le jour des élections, je panache au risque de voir mon bulletin déclaré nul. Ainsi, de retour du bureau de vote, je peux regarder chacune des élues à mon parlement personnel bien en face.

  • Redresseur de flore

    La flore est menacée, des espèces disparaissent toutes les secondes, principalement celles vivant en milieu urbain où se concentrent les pics de corruption. Des espèces d’hommes politiques intègres, des combattants des droits de la pomme, des exploitants du flou de Bruxelles. Le redresseur de flore, d’ascendance baba au rhum, redresse la flore menacée, il libère sur les contrées touchées un gaz à effet de vert qui brouille les autres couleurs et donne du redressage une idée morale. Le redresseur éradique les comportements et techniques à la base de la déprédation de la nature : les canettes qu’on jette sur la chaussée si elles ne sont pas de thé vert, les panneaux électoraux s’ils ne sont pas solaires, les véhicules non électrisés, les maisons proactives, les mauvais trieurs et les ampoules qui laissent à éclairer. Chez lui, le redresseur de flore s’économise, il fume comme un beau page de l’herbe de pâturage et il boit de l’essence de colza sous des pales d’éoliennes. Il n’a rien à se reprocher même s’il cherche beaucoup ; pour sûr qu’il gagnera - fort tard - le paradis des écologistes le Jour du Développement durable.

  • HOME de Yann Arthus-Bertrand

    Home est présenté simultanément dans 181 pays et visible pendant 10 jours sur Youtube:  http://www.youtube.com/homeprojectfr

    Qui osera critiquer « Home », 1er film de Yann Arthus-Bertrand ? (sur Rue89.com):

    http://www.rue89.com/la-bande-du-cine/2009/06/04/qui-osera-critiquer-home-1er-film-de-yann-arthus-bertrand


     

     

  • Chansons enfumées (II): Ferré - Leprest - Y. Simon

    Les Gauloises bleues, Yves Simon (1972)

    On fumait des Gauloises bleues
    Qu'on coupait souvent en deux
    Les beaux jours
    Les petites femmes de Paris montaient sur nos balcons
    Voir si les fleurs du mal poussaient encore en cette saison

    ...

    Sur un beau montage photo

     

    La Gitane, Allain Leprest (musique de R. Galliano, 1995)

    Je la voyais danser, danser
    La gitane sur le paquet
    Des cigarettes de papa
    Elle avait une robe en papier
    Les yeux bleus comme la fumée
    Et la peau couleur de tabac

    ...

    En public en 2000

     

    Quand je fumerai autre chose que des Celtiques, Léo Ferré (1977)

    Quand je fumerai autre chose que des Celtiques

    Je veux être drapé de noir et de raison
    Battre de l'aile au bord de l'enfer démocrate
    Et cracher sur Trotski, sur Lénine et Socrate
    Et qu'on dise de moi "Mon Dieu, qu'il était con !"

    Quand je fumerai autre chose que des Celtiques

    "Il n'aimait rien de ce que l'on nous fait aimer
    Et marchait seul devant, le poing dans l'utopique
    Il croyait que l'amour c'est comme la musique
    Alors que votre amour s'est immatriculé"

     

    ...

    http://www.wat.tv/video/leo-ferre-quand-je-fumerai-vrnq_wsdo_.html


     



     

  • La cigarette / Francis Ponge

    Rendons d'abord l'atmosphère à la fois brumeuse et sèche, échevelée, où la cigarette est toujours posée de tra­vers depuis que continûment elle la crée.

    Puis sa personne: une petite torche beaucoup moins lu­mineuse que parfumée, d'où se détachent et choient selon un rythme à déterminer un nombre calculable de petites masses de cendres.

    Sa passion enfin: ce bouton embrasé, desquamant en pellicules argentées, qu'un manchon immédiat formé des plus récentes entoure.

     

     

    Le parti pris des choses, 1942

  • La cigarette / Jules Laforgue

    Oui, ce monde est bien plat ; quant à l'autre, sornettes.
    Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
    Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
    Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.

    Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes,
    Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord,
    Me plonge en une extase infinie et m'endort
    Comme aux parfums mourants de mille cassolettes.

    Et j'entre au paradis, fleuri de rêves clairs
    Où l'on voit se mêler en valses fantastiques
    Des éléphants en rut à des chœurs de moustiques.

    Et puis, quand je m'éveille en songeant à mes vers,
    Je contemple, le cœur plein d'une douce joie,
    Mon cher pouce rôti comme une cuisse d'oie.

     

    Le sanglot de la terre, 1901

  • David Carradine dans KILL BILL de Quentin Tarentino (2003-4)

    "L'acteur américain David Carradine a été retrouvé pendu et nu, mercredi, dans sa suite d'un hôtel à Bangkok, ont annoncé jeudi des médias thailandais citant la police locale. La thèse du suicide semble être privilégiée par les autorités." (Agence Belga, 4.06, 16h18) Il avait 72 ans.

    La mort de Bill dans le film de Tarentino avec un D.C magistral et une inoubliable Uma Thurman.

    Une des chansons du film, interprétée par Shivaree

    Sa carrière cinématographique:

    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/david-carradine-1936-2009/

  • Poèmes jetables (1)

    ma cigarette

    tu ne l’auras pas

    ma cigarette

    car c’est d’elle

    que je tire

    tout mon feu

     

    derrière sa fumée

    je cacherai mes larmes

    quand tu m’auras quittée

    même si je ne fume pas

    et que tu n’aimes que moi

  • Streets of London / Ralph McTell

    La chanson date de 1969. Un choix d'Éric Dejaeger.

    Le site de Ralph McTell:

    http://www.mctell.co.uk/

  • Le café

    Quand il voyait une jolie femme dans la rue, il n’avait de cesse de l’inviter à prendre un café. Même s’il lui arrivait de coucher avec elle, c’était le café pris en sa compagnie dont il se souvenait avec émotion. Parfois même il se rappelait uniquement du café. Mais la femme n’avait pas été complètement inutile, non. Elle avait servi à fixer le souvenir.

  • Les loups sont entrés dans Paris / Serge Reggiani

    Paroles d'Albert Vidalie, musique de Louis Bessières.

    La version originale date de 1967.

  • Profession reporter / Michelangelo Antonioni

    Ce week-end, Philippe Leuckx a publié sur Facebook un article intitulé: "Peut-être le plus beau plan de l'histoire du cinéma: la fin de "Profession reporter" de M.A." C'est aussi mon avis. Outre son aspect technigue, ce plan sans dialogue, probablement en son direct, interrroge le visible, ce qu'il cache (on ne voit pas derrière soi), la mort donc qui sous-tend toute prise de vue. Le personnage incarné par Jack Nicholson est vivant au début du plan et mort à la fin. Dans l'intervalle, il a été assassiné et on n'a rien vu: on a été leurré. 

    Voici le commentaire de Ph. Leuckx et ce plan-séquence d'anthologie:

    "Au cinéma, on a rarement synthétisé à ce point tous les tenants et aboutissants d'une existence humaine.
    Le spectateur assiste EN DIRECT et avec la progression d'une caméra-ludion à la vie même qui se déroule sous ses yeux : la caméra part d'une chambre, ouvre l'espace de grilles qui donnent sur une place d'un village espagnol.
    Une jeune femme tue le temps dans la poussière de l'été; un enfant joue; un vieillard assis contre le mur d'une arène regarde; une voiture d'auto-école traverse en tous sens l'espace...
    Pendant ce temps, quelqu'un meurt dans une chambre...
    Le temps de tout montrer, la caméra revient à son point de départ. Le plan a duré 7 minutes.
    Prouesse technique, certes, magie du cinéma dans cette perception du temps vécu, ressenti...
    Tourné en 1972-1973, après les aléas d'une coproduction inachevée (Techniquement douce ne sera jamais réalisé), le film sort en mai 1975 à Cannes.
    Interprété par Jack Nicholson et Maria Schneider (fille de Daniel Gélin), c'est une oeuvre saisissante sur le destin d'un journaliste qui a décidé de changer d'identité."


     

     

     

  • Couleur chair

    Un jour, il apprit que les femmes nues poussent dans le ciel nocturne. Un soir de pleine lune, il se posta avec son chevalet au bord de la nuit et dessina les contours de la première femme venue. La lune lui apporta la couleur chair. L’aube emporta l’apparition avant qu’il n’ait pu mettre la dernière touche.