LES BEAUX FILMS - Page 2

  • 2012 Centenaire d'ANTONIONI

    images?q=tbn:ANd9GcSrUEZnlGyDQBpEwZdHbpgLA_iSxnX8rot3rBkoEkt-3zbT1Wgppar Philippe Leuckx

    Formé à l'école du réalisme poétique, Michelangelo Antonioni a gardé de son expérience d'assistanat pour Carné le sens inouï d'un réel à   scruter au-delà des contingences jusqu'à rendre tangible le moindre mouvement d'un corps, d'un coeur.

    Rompu à l'apprentissage néo-réaliste des grandes années (1942-1948), dont il fut sans doute avec Visconti l'un des précurseurs, GENTE DEL PO étant l'exact contemporain de OSSESSIONE, Antonioni flaire et restitue le réel. Il y a chez ce maître de l'approche tactile, féline, tout en douceur, la volonté de montrer ce que la pauvre habitude du cinéma de consommation courante a négligé, occulté derrière sa masse de poncifs. Michelangelo inaugure en1950 une nouvelle forme de cinéma. CRONACA DI UN AMORE porte bien son titre. La chronique, le cinéaste va sans cesse l'explorer, dans des strates de la société italienne. Est-ce l'heure de"chroniquer" cette bourgeoisie turinoise ou milanaise, alors que les réalités sociales du temps sont chômage, restriction...? A trente-huit ans, le maître consigne déjà ses territoires. Il faut, selon lui, forer dans l'âme humaine, inaugurer un cinéma du sentiment. Dès 1950, ce cinématographe-là signe déjà l'ère de sa modernité.

    Or, rien n'est plus fluctuant et fragile que cette exploration lente, incisive.

    A celles et ceux qui depuis toujours ont suivi fidèlement l'oeuvre - de 1950 à 2004 -, faut-il rappeler que le parcours du cinéaste ferrarais a été semé des pires contraintes? Que de projets mûris et cependant abandonnés, faute aux producteurs le plus souvent! Combien d'histoires dont ces derniers nous ont privés! Je pense surtout à TECHNIQUEMENT DOUCE, dont il faut relire, comme seule trace, l'intense scénario. Je pense aux récits de "QUEL BOWLING SUR LE TIBRE".


     

    Le cinéma d'Antonioni?  Ce sont d'emblée des images inoubliables, parce que composées par le génie d'un véritable imagier au sens le plus noble du terme: le cinéma n'est pas roman mais fluidité d'images puisées au réel et recomposées choralement ( à l'aide de sons, de visages, de paroles, de mouvements). On l'oublie trop souvent, pour ne songer qu'à l'aspect littéraire, forcément littéraire des histoires à raconter. Rien n'est plus étranger à l'auteur de L'AVVENTURA que cette redevance romanesque.

    Antonioni redéfinit le cinématographe, en filtrant le réel, en épuisant la durée, en relayant par celle-ci la multiplicité du réel à découvrir.

    Images d'une direction d'acteur impeccable : n'ont jamais été meilleurs les Ferzetti,  Maria Schneider, Daniela Silverio, Christine Boisson, Tomas Millian, Sophie Marceau...

    Images d'une féline Furneaux, d'une Rossi-Drago discrète et sensible, d'une Valentina Cortese dans l'univers pavésien des Amiche.

    Images de la blondeur de la Vitti, dont on ne dira jamais assez l'intelligente beauté du moindre geste, les inflexions d'une voix sensible jusqu'au tourment.

    Images d'un bateau qui défile lentement, traversant la fenêtre d'une cabane du DESERTO ROSSO.



     

    Images des rencontres insolites - hasard, imprévu de la vie, concours de circonstances - de LA NOTTE, de BLOW UP...comme la vie en déroule.

    Toute la partie espagnole de PROFESSION REPORTER serait à mentionner tant le cinéaste relaie frémissants le blanc crayeux des canicules, les ombres des arènes, des places, les attentes estivales, le chaud des riens explorés, un mur, une fenêtre grillagée...

    Tout IDENTIFICAZIONE DI UNA DONNA !

    Et que dire de l'épisode ferrarais de PAR-DELA LES NUAGES? L'hôtel, la chambre, la séquence d'amour tissée d'une lumière chaude.

    Les images antonioniennes tremblent, rayonnent, quoique d'une netteté photographique éblouissante. Paradoxe? Non.

    Il faut cadrer ainsi le réel pour mieux le scruter.

    L'oeil du spectateur est ainsi enjoint à suspendre le plan, c'est-à-dire le réel.






     

  • VU AU CINE DE MA RUE "HABEMUS PAPAM" de Nanni MORETTI


    369422_1424082850_695073978_n.jpgpar Philippe Leuckx

    Autant "Il Caimano" m'avait paru quelconque et finalement trop peu satirique dans le cadre du sujet donné (dénoncer Berlusconi et son régime) , autant sa dernière réalisation me fait renouer avec le cinéma de l'auteur de "La Chambredu fils".

    Le sujet tient en quelques lignes. Il faut élire un nouveau pape. Après quelques tours de scrutin blancs (et de fumée noire au-dessus des appartements), le cardinal Melvil est élu. Mais, catastrophe, au moment où il doit apparaître au balcon, la foule nombreuse surla Place Saint-Pierre entend un cri d'horreur.

    Il faut dépêcher un psychanalyste (joué avec brio par le cinéaste lui-même)  pour "soigner" le nouveau Pape appelé à régner et qui ne veut pas de la nouvelle fonction...

    La mise en scène cerne avec lenteur, humour, réalisme les préparatifs  du vote dans la Chapelle Sixtine, les déambulations et activités des cardinaux électeurs dans le palais, les mille et une surprises dans un Vatican plus vrai que nature.

    Dans le rôle du nouveau pape, un Michel Piccoli magistral, lourd, à la diction étouffée par la dépression qui s'est emparée de lui, à peine le vote connu. Le comédien est admirable de bout en bout, il donne créance, poids et humanité à un Pontife dépassé par l'ampleur de la tâche.

    Il ne faudrait pas  croire que l'oeuvre de Moretti ne joue que de la gravité, elle multiplie les scènes cocasses, légèrement satiriques, dévoile les facettes très quotidiennes de personnages souvent vus de loin, avec moult clichés. Ici, le cinéaste de la Sacherproduction a dégraissé les poncifs pour ne s'intéresser qu'au souverain, débordé...

    On retrouve le talent de celui qui, jadis, tourna "La messe est finie", sur le destin d'un prêtre de la périphérie. Les couleurs, la sûreté de la mise en place des micro-événements, l'utilisation exemplaire des décors somptueux, couloirs, stucs, lambris, lourdes tentures, cours et jardins font de "Habemus papam" une réflexion vivante, concrète, philosophique sur une Cité souvent trop caricaturée. Même les Gardes Suisses participent de la vision nouvelle qu'en a le réalisateur à la voix de stentor!

    Rome, la ville, en sort aussi grandie, par ses échappées, les escapades...nous n'en dirons pas plus, puisque, film et fiction faisant, "Habemus Papam" est aussi un suspense urbain!

    A voir et à revoir!

    P.L.


     

  • LA PIEL QUE HABITO de Pedro ALMODOVAR

    images?q=tbn:ANd9GcQACcDBkT36H5TOJgPYsb7-P9ygAGEpubAFl-stQGf6GWpbKMcQDans un avenir proche, un chirurgien esthétique, le Dr Robert Ledgard, cherche à optimiser la peau humaine contre les attaques extérieures (les coups, le feu). Il travaille sur un modèle  à disposition, une femme parfaite appelée Vera Cruz, qu’on voit évoluer dans un justaucorps couleur chair. Une recluse dont il prend soin, qu’il observe, admire à distance via un système de caméra surveillance. L’homme vit dans une grande propriété avec sa mère qui assure l'intendance. Survient un personnage grotesque déguisé, à la faveur du carnaval, en tigre et qui se révèle être le demi-frère du médecin, fou comme lui, aux dires de leur mère. Il viole la prisonnière mais le médecin, son demi-frère donc, en voulant défendre sa créature, le tue puis profite aussi un peu plus tard pour la première fois des faveurs de sa protégée. Un come back nous en apprend davantage sur cette histoire, qui en sont les protagonistes.

    Le médecin avait une femme qui est morte des suites de brûlures survenues lors d'un accident de voiture. Il avait une fille instable psychiquement , qui se fera violenter par un jeune homme travaillant dans un atelier de couture, à la faveur d’une fête, dans un manoir aux allures de Jardin d’Eden... Le savant kidnappe cet homme et expérimente sur lui ses techniques, son projet. Il lui donne un visage et un corps complet de femme. Pendant le meilleur moment du film, on voit le nouvel être prendre possession de son nouveau corps, presqu’admiratif à l’idée de renaître dans la peau d’un(e) autre et dans un environnement protecteur. Vera pratique le yoga, regarde la télé, en s’entourant de peluches censées la protéger, la réchauffer, comme celles de Louise Bourgeois citée dans le fim. Tout est alors feutré, doux, calme, lent. Mais ce n’est qu’une parade, la femme se revoit en photo comme elle fut avant et fuit avec succès cette fois (après une première tentative qui a échoué) la compagnie de son créateur. Après l’avoir tué, elle rejoint l’atelier de sa mère où elle n’a pour se rappeler à elle que le souvenir d’une robe qu’elle voulait habiller.

    Histoire extraordinaire, à mille lieues des récits-vérité calqués sur le réel, loin de tout « fait de société » même si aujourd’hui cela fait penser aux problématiques liées au transgenre et à la transgenèse. Ce film, parfois théâtral, marque longtemps, imprègne de ses images léchées, de son rythme soyeux, de son univers onirique et de ses couleurs étudiées, glaciales et réconfortantes à la fois, le tout aiguisé, enveloppé par la musique d’Alberto Iglesias. Un cinéma qui s'appuie sur nos peurs les plus enfouies, sur nos pulsions secrètes, quand tout se joue ou se rejoue dans le milieu familial, où l’enfermement avec soi-même et ses merveilleuses obsessions domine. Au-delà de tout. Magistral !   

    Avec Antonio Banderas (Ledgard), Elena Alaya (Vera), Marisa Paredes (la mère), Jan Cornet (Vicente, le "futur" Vera). Adaptation libre de « Mygale » de Thierry Jonquet (Ed. Gallimard)

    E.A.




  • Moreau-Mastroiani par Antonioni et Angelopoulos

    La scène finale de La Notte (1960) d'Antonioni quand la femme jouée par Moreau lit une lettre ancienne de l'homme joué par Mastroiani dont il ne se rappelle pas...

    Trois minutes de Théo Angelopoulos, en mémoire de Marcello Mastroiani (2007)

  • Agnès Varda de-ci de-là

    images?q=tbn:ANd9GcTLySLw3WoAH1CXzpYK5luspVMUzeWZ9TnQpeY7lFLQDIRHOkNatA"Agnès de ci de là Varda est une série de chroniques, filmées par Agnès Varda avec une petite caméra au cours des deux dernières années à l’occasion de ses voyages, et commentées par elle.


    La cinéaste a longé des fleuves inconnus, filmé des élagueurs d’amendoeiras à Copacabana, exploré des lieux oubliés comme les Watts Towers à Los Angeles ou une friche artistique sur une terrasse à Saint-Pétersbourg…
    Son projet ? Filmer la vie et l’art contemporain là où il se trouve (musées, expositions, biennales), en donnant la parole à des artistes comme Soulages, Boltanski, Messager, Barcelo, Pierrick Sorin ou bien à d’autres comme Monsieur Bouton de Lyon, ou Kikie Crêvecoeur de Bruxelles.
    Croisés en route, Manuel de Oliveira improvise une danse au Portugal et Carlos Reygadas évoque ses parties de foot au Mexique…
    Des carnets de voyages dans lesquels Agnès Varda se livre entre deux entretiens, avant d’assembler, de façon originale, sa récolte d’images et d’impressions. Un cinéma plein de fantaisie, d’humour et de talent, de-ci de-là."

    Le cinquième épisode est diffusé ce vendredi soir sur Arte à 22h 25.

    http://www.arte.tv/fr/4309394,CmC=4265808.html

    Agnès Varda est née en 1928 à Ixelles. Elle tient aussi un blog qui annonce "des infos, des surprises, des photos, des bêtises".

    http://agnesvarda.blogspot.com/

  • Revu "Bubu" de Mauro Bolognini, par Philippe Leuckx

    images?q=tbn:ANd9GcTPUGMTtdmT1AfCMdiujNyLGpJoGzfD2xv4bGSFjITr2kdYtXOn9AFilm de 1970/1971, jamais distribué en France, tiré d'un roman de Charles-Louis Philippe, "Bubu de Montparnasse", librement adapté et transposé de Paris à une ville qui combine des décors réels de Turin, Rome, Milan, "Bubu" est l'une des oeuvres charnières de la deuxième grande époque créatrice de l'auteur qui va de 1969 à 1976, période durant laquelle il multiplia les grandes oeuvres : de "Metello" 1970 à "L'Héritage" 1976. D'un prix de Cannes à un autre prix de Cannes, pour deux de ses interprètes : Ottavio Piccolo et Dominique Sanda. En passant par "Un merveilleux automne", "Per le antiche scale", "La grande bourgeoise", "Libera mio amore".

    Dans sa première phase créatrice, Bolognini avait entre autres adapté des oeuvres de  Brancati, Moravia,  Svevo et Pasolini (auteur de plusieurs scénari) : "Les garçons", "ça s'est passé à Rome", "La viaccia", "Le bel Antonio", "Senilità", "La corruption", "Agostino"...

    "Bubu" relate le parcours hyperréaliste de trois personnages dans une ville populeuse : Berta, blanchisseuse, Gino, boulanger qui deviendra maquereau et pousse sa femme à embrasser la condition de prostituée, un étudiant enfin qui tombe amoureux de Berta...Piero va tout faire pour l'extirper de ce milieu vénal. Gino Martone vole, violente Berta, se retrouve en prison...

    De la scène liminaire - scène à la blanchisserie, séquence fabuleuse de justesse descriptive -,  à la fin, aux bords de la rivière, on suit de très près les protagonistes englués dans la misère, dans la crasse de taudis aux murs écaillés, dans le rejet systématique des prostituées syphillitiques, qu'on soigne en hôpital avec le mercure.

    Le travail de mise en scène de Mauro Bolognini tire ses atouts d'une attention extrême aux costumes plus vrais que nature, aux décors réels ou reconstitués avec les palissades, les murs jaunes et sales...

    Les couleurs rendent hommage aux toiles impressionnistes et la virée à la guinguette relaie cette atmosphère de fête juste avant la tragédie...

    L'interprétation d'Ottavia Piccolo (rôle de Berta) et de Massimo Ranieri (l'étudiant), vibrante, sensible, ajoute aux qualités plastiques de l'ensemble.

    Bolognini soigne ses cadrages comme de vrais tableaux et l'on ne peut oublier toutes les séquences qui mettent en valeur le dénuement de l'héroïne malade. Un naturalisme zolien anime ces scènes ainsi que celles où les prostituées cherchent le client, grimées comme au carnaval. Ce qui annonce le travail sur les masques dans "Per le antiche scale" et "L'héritage"...

    L'art de Bolognini - oeil d'architecte et coeur sensible - magnifie la plastique des couleurs, des robes, des visages et des corps. La crudité des dialogues, le prosaïsme de certains personnages attisent la noirceur du constat : il ne faisait pas bon vivre dans ces miasmes de quartier, entre les assommoirs et la rue, et ces escaliers de désolation.

    Au tout début du film, le spectateur est anéanti par la vision tournoyante d'un immeuble à galeries, laid à souhait, qui décrit mieux qu'un chapitre entier, les dérisoires logements populaires, un ancêtre d'achélème.

    Fabuleuse réussite sociale, psychologique, "Bubu" est sans doute l'un des fleurons de l'art d'un cinéaste qu'il faut placer aux côtés de De Sica, Antonioni,Comencini,  Scola, Amelio, Pasolini, comme l'un des meilleurs imagiers (au sens le plus noble) et l'un des meilleurs moralistes d'un cinéma doué autant pour la critique sociale que pour l'émotion.

    NB Si vous souhaitez en savoir plus sur l'auteur, lisez l'entretien de Jean Gilli avec Mauro Bolognini, repris dans le volume 10/18 "Le cinéma italien", n°1278, 1978, pp.78-118. En outre, une belle étude de Bruno Duval (dans La revue du cinéma - Image et Son n°317 de mai 1977) montre l'importance esthétique de l'auteur et son travail plastique

    Philippe Leuckx

     

    Le film complet (en V.O.)

    http://www.youtube.com/watch?v=QumeusNwlMU&feature=results_video&playnext=1&list=PLA866CA27B62156BC

  • Melancholia de Lars von Trier, par Géraldine Muller

    Un excellent film que Melancholia de Lars Von Trier.

    Melancholia est le nom de cette planète qui s'approche dangereusement de la terre. Melancholia caractérise ainsi ce dénouement apocalyptique qui est annoncé dès le début du film.

    Melancholia, c'est aussi une profonde mélancolie, présente chez les deux héroïnes, Justine et Claire. La structure de ce film repose sur un dyptique: deux épisodes, le premier correspondant aux noces de Justine (et à sa dépression) et le second,  à l'impuissance de Claire devant la chronique d'une fin annoncée -dyptique sous-tendu donc par la confrontation de deux "planètes" intérieures, celle de chaque soeur.

    Dans l'épisode correspondant au mariage de Justine, la vanité des hommes est à mon sens très bien décrite: quête de pouvoir, d'argent, domination, difficultés des relations humaines... Mais on sent que tout cela va disparaître comme un feu de paille car les choses changent, insidieusement: on ne voit plus certaines étoiles dans le ciel; la nuit est  singulièrement bleue comme cette planète Melancholia qui est désormais aussi visible dans le ciel que la lune.

    Les paroles et les rires sonnent faux... Tout n'est que masque social durant ce mariage et en une seule soirée, la promesse de bonheur est consommée. Justine perd tout, son mari et sa carrière de directrice artistique qu'elle avait conquise en épousant Michaël.

    Le caractère dépressif de Justine s'accentue, non pas parce qu'elle perd l'apparence sociale du bonheur (d'une certaine manière, il s'agit pour elle d'une délivrance), mais parce qu'elle éprouve la nostalgie d'un bonheur, d'un paradis qu'elle ne peut trouver justement sur la terre. Comme elle dit à son mari, juste avant la nuit de noces qui n'aura pas lieu, "j'ai besoin d'un moment": un moment pour faire un tour dans le jardin, s'agenouiller dans l'herbe, regarder le ciel, rencontrer quelqu'un d'autre, un moment pour être libre, loin des conventions du couple et des relations...

    Le second épisode correspond aux lendemains de la fête: de la foule des invités, on passe à des scènes intimistes où le quotidien se vit entre Justine et Claire, le mari et le fils de cette dernière.

    La planète Melancholia s'approche de plus en plus de la terre. Au début, on ne veut pas y croire; on essaie de se convaincre au téléscope qu'elle s'éloigne.

    Mais il faut bien s'y résoudre: les chevaux hennissent, les insectes s'affolent dans l'herbe, les feuillages s'agitent, il tombe des gouttes de neige et de pluie par grand soleil.

    Et pourtant, les choses les plus simples du quotidien, demeurent, elles, imperturbables: les fauteuils, la nappe du petit-déjeuner, les tranches de pain blond, les fruits dans la corbeille attendent sur la terrasse... Claire veut vivre comme si tout était normal; prolonger le désir de vivre, jusqu'au bout.  Mais lorqu'elle est confrontée à la cruelle réalité et qu'à nouveau le voile des illusions tombe, elle qui semblait si forte et si "normale" (par rapport à sa soeur) est à son tour traversée par l'angoisse du Néant et de la Solitude. La mélancolie de Claire consistera à vouloir éloigner encore un peu la Mort en buvant un verre de vin rouge sur la terrasse et en écoutant la 9ème Symphonie de Beethoven, avec les siens.

    En revanche, sa soeur Justine n'éprouve plus aucune crainte lorsque la planète bleue est sur le point de heurter la terre car elle a expérimenté, avec sa lucidité de mortelle, toute la solitude et la fragilité de la condition humaine. Elle contemple ce jour nouveau, devenu bleu avant l'ultime obscurité... Elle écoute le silence... Et elle aide son neveu à construire la cabane magique qui le protègera de toute peur...

    Ce film peut sembler très pessimiste; il l'est, mais il est aussi optimiste car profondément humaniste: cette tragédie de la disparition, qui concerne le Vivant, est vécue de manière intime. Elle nous enseigne comment regarder le Destin, et quelle attitude -la plus sage pour nous- il nous convient d'adopter quand des événements ne dépendant pas de notre volonté surviennent.  Préparer son petit déjeuner le matin même de la collision entre la Terre et Mélancholia, puis fuir au village pour parler à d'autres tout aussi impuissants du funèbre phénomène, ou s'allonger parmi les fougères, les fleurs d'eau et se laisser bercer par ce qui est, dans l'instant?  Laisser venir le Destin et composer un cercle humain d'acceptation dans la cabane magique.

    Un très beau film, donc sur le plan à la fois esthétique et mystique.

    Géraldine Muller

    Les blogs de Géraldine

  • Mauvais sang

    La magie de la radio (Reggiani + Bowie), la course en Lavant...


  • La Girardot on l'aimait bien, par Philippe Leuckx

      LA GIRARDOT ON  L'AIMAIT BIEN              

     La Girardot, comme on disait la Magnani. D'immenses actrices populaires. Elle était née en 1931 et était de la génération des Fabian, Aimée, Magali Noël, Belmondo. Juste après celle d'Arnoul, Aubry, Robin, Courcel.

    Deux prix de Conservatoire. Cinq années à la Comédie Française où elle excellait. Des prix d'interprétation à la pelle, depuis la Mostra de Venise de 1965. Une carrière qui commença au cinéma vers 1955 pour s'arrêter en 2007.

     Depuis "Maigret tend un piège", Annie Girardot a laissé une empreinte profonde dans notre rapport au cinéma. De grands rôles sont venus former une image indéfectible  : le regard qu'elle avait dans "Rocco et ses frères" ou celui qu'elle voulait cacher dans "Vivre pour vivre". Tant de films qu'elle portait à bout de bras, vaillante, unique. Nous gardons en mémoire et en vrac "Les Camarades", "Le bateau d'Emile", "Erotissimo",  "La vieille fille", "Tendre poulet", "Mourir d'aimer",  "Jambon d'Ardenne"...

    Girardot, c'était une voix, légèrement écaillée par la cigarette. C'était une silhouette presque inaltérable, qui la faisait, à sa grande époque, paraître beaucoup plus jeune. C'était un talent écorché, vif, à la réplique rapide, au bonheur de partager.

    Avec Jeanne Moreau, elle fut la grande actrice des années 60, 70 et 80, dans un style différent, moins intellectuel. Certes, elle n'eut pas que de bons films, mais c'est le lot d'une carrière de 160 films. Elle promenait sa dégaine un peu désabusée, les longues cigarettes au bout d'un visage sculpté dans une beauté fragile, comme dans ces images de "Trois chambres  à Manhattan" de Marcel Carné (1965).

    Inoubliable.

    Nous l'aimions tous parce qu'elle ne voulait pas être une icône inaccessible, mais tout simplement elle-même, avec la palette de tous les sentiments.

     Philippe Leuckx

    Maigret tend un piège de Jen Delannoy (1957)

    Rocco et ses frères de Luchino Visconti (1960)

    Trois chambres à Manhattan de Marcel Carné (1965): une scène sans dialogue

    http://www.youtube.com/watch?v=uSaTpJ7tJEc&feature=autoplay&list=QL&index=1&playnext=2

    Vivre pour vivre de Claude Lelouch (1967)

    Erotissimo de Gérard Pirès (1969)
     



  • Fenêtres au cinéma (II), par Philippe Leuckx

    II

    Fenêtre du cinéma d'antan. De studio. Disons Billancourt. Ou Joinville.

     Ou encore Franstudio à Saint-Maurice. Ou des studios de la Victorine à Nice.

    Fenêtre aux gros flocons reconstitués pour dire "à gros sabots" : il neige, comme l'expérimente encore en 1947 Henri-Georges Clouzot dans le fameux "Quai des orfèvres", ou comme s'en moque Truffaut lorsqu'il fait dégringoler devant la fenêtre les gouttes d'eau artificielles, vraie rampe de pluie de "La nuit américaine".

    Les codes étaient acceptés par un public non averti comme aujourd'hui de toutes les ficelles du cinéma. Codes esthétiques d'un autre temps du cinéma.

    Fenêtre pour prendre l'air, coudre un peu d'extérieur, de vie à des scènes de décors et de carton-pâte.

    Ainsi dans la trilogie de Pagnol, la fenêtre qui découvre le bateau qui part, au petit matin, sur le port des séparations.

    Dans l'admirable "Le jour se lève", Carné multiplie aussi bien les fenêtres d'ouverture (sur la petite place faubourienne, sur les badauds massés, sur la police qui menace d'envahir la chambre du reclus...) que  les nombreux codes de clôture : les escaliers en colimaçon, entre autres. François (joué par un Gabin fébrile, aux yeux aussi vifs que sa langue de banlieue d'alors) guette cette fenêtre, harangue de celle-ci la foule massée au pied de l'immeuble...La fenêtre sert également à "faire fondre" personnage etr spectateur dans la lumière du passé en une série de flashes-back.

    C'est de la fenêtre que Clara (jouée par Arletty) voit revenir l'infect montreur de chiens (un Jules Berry hallucinant de goujaterie et de noirceur - dans ces codes d'avant-guerre, il fallait toujours un mauvais destin, une figure du mal).

    C'est enfin de la fenêtre que provient la dernière lumière du jour qui se lève, lorsque François préfère mettre fin à ses jours, barricadé dans sa pauvre conscience.

     

    Carné avait déjà, un an aupravant, en 1938, montré en très gros plan les amoureux Gabin et Morgan collés à la fenêtre du "Quai des brumes".

    La fenêtre ainsi rapprochée du spectateur est comme une adresse sensible au spectateur, un miroir assez saisissant de nos émotions les plus intimes. Les grands réalisateurs l'ont compris, qui redessinent sans cesse l'écran des fenêtres comme pour redoubler le grand écran de leur expression artistique.

    Dans ce qu'il faut sans doute appeler l'un des plus beaux films français (avec un couple de légende : Gabin, Arnoul), "Des gens sans importance" (1955) , Henri Verneuil se sert de la fenêtre d'une petite auberge isolée en pleine campagne française pour montrer l'impatience de Clo (petite serveuse amoureuse de Jean) en un surplomb sur le camion de Jean. La fenêtre, la cabine d'un poids lourd, les encadrements de porte qui s'ouvre sur le ciel...tels sont les moyens par lesquels le cinéaste naturaliste, très marqué par Carné et le néoréalisme des années 40, accentue ouverture et fermeture, dans une fiction où peu à peu les antihéros s'engluent...comme pris dans les pires trivialités de l'existence.

    Philippe Leuckx

     

  • Fenêtres au cinéma (I), par Philippe Leuckx

    FENÊTRES AU CINÉMA
    Petites notes de travail signifiant 

    I

    Sans doute l'une des plus belles ouvertures cinématographiques : l'incipit de "Una giornata particolare" d'Ettore Scola (Italie, 1977). Le plan inaugural, à la grue, s'approche d'une façade de l'immeuble de Viale XX Aprile, d'une fenêtre, d'un personnage, l'Antonietta jouée par Sophia Loren. La traversée de la fenêtre immisce le spectateur dans l'aire confinée d'une cuisine de condominio, un matin blême.


    Fenêtre de cinéma? Le redoublement signifiant de l'oeil scrutateur, de l'écran qui ordonne le réel, de notre perception phénoménologique de la frontalité cinématographique. Il faut bien mettre de la profondeur dans cette toile. Le travelling avant ne fait que tripler l'effet souhaité : pénétration de l'oeil dans la matière. 

    Chez Antonioni, la fenêtre est contrainte, obstacle , symbole de l'incommunicabilité chère à l'auteur. Ainsi, dans "Identificazione di una donna (Italie, 1982), le personnage joué par Daniela Silverio attend, scrute derrière une fenêtre à l'étage. L'homme aimé est en bas. L'acte de voyeurisme, le thème de l'amour blessé jouent de ce "tranchant" de la fenêtre, qui aiguise non seulement la perspective visuelle mais encore attise notre sentiment contraint.

    Le même Antonioni, dans "Profession : reporter" (1975), a voulu, d'une caméra-ludion, traverser la fenêtre comme un acte insensé de possession/dépossession. Un homme meurt à lui-même ou va mourir et la caméra s'en détache pour aller scruter ailleurs d'autres réels.



     

    Fulgurance de l'oeil-voyeur-acteur. C'est nous qui avançons dans cette démarche. Notre pouls. Notre vie. Tout est en jeu. La participation du spectateur se donne de nouvelles armes de perception.

    Une très belle séquence de "Tokyo Monogatari" (Voyage à Tokyo) d'Ozu (Japon, 1953) joue de la temporalité générationnelle par le biais de la fenêtre. La grand-mère et  son petit-fils se promènent sur un talus de l'autre côté de la vitre : le grand-père regarde, par une fenêtre qu'on devine et c'est le moyen pour Ozu de suggérer l'intense mélancolie des départs (voyage et/ou mort) par un seul plan de séparation.

    De nombreuses séquences de "Persona" (Bergman, Suède, 1966) ouvrent ou ferment des fenêtres. L'enfant triste, égaré du "Silence" du même réalisateur (Suède, 1964) suit le mouvement des wagons d'une fenêtre de train aussi triste que lui.

    La dernière séquence de "Stalker" de Tarkovski (URSS, 1979) se passe dans une cuisine, qui s'ouvre sur une fenêtre blafarde. Les bruits du dehors (ferrailles de train...) tirent réalité de cette pauvre ouverture vers l'extérieur. Tarkovski, dans cette scène où le verre bouge sur la table par télékinésie, redouble aussi l'aspect vitreux, clos de ce cinéma de l'enfermement, où une petite fille contrainte exerce une neuve liberté sur le plat d'une table où sa seule force fait avancer les verres.



    De Sica, par pudeur, dans l'une des premières qéquences de "Ladri di biciclette " (Italie, 1948), referme une fenêtre sur la pauvreté de l'appartement de Val Melaina. Le spectateur extérieur ne peut pas tout voir. Plusieurs autres scènes du film (commissariat, découverte du pauvre garni du voleur épileptique...) mettent en avant des fenêtres.

     "Babel" d'Inaritu (Mexique)  dénonce la vanité du monde moderne par le biais d'une ultime fenêtre, toute de verre, ouverte sur une ville artificielle, insondable.



    (à suivre)

    Philippe Leuckx

     

     

     

  • Charlotte Gainsbourg / L'un part, l'autre reste

    Musique: Frédéric Botton ; paroles: Nathalie Rheims


    La version de Sylvie Vartan:

    http://www.youtube.com/watch?v=U25yJoCq5KA&feature=related

  • Palmes d'or en musique (II)

    The Mission de Roland Joffé, 1986 (musique: Ennio Morricone)

    La leçon de piano de Jane Campion, 1993 (musique: Michael Nyman)

    Pulp fiction de Quentin Tarentino, 1994 (musique: Chuck Berry)

    Underground d'Emir Kusturica, 1995 (musique: Goran Bregovic)

    Dancer in the dark de Lars von Trier, 2000 (musique: Bjork)

  • Palmes d'or en musique (I)

    Le troisième homme de Carol Reed (1949)

    Anton Karas

    Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy (1964) (musique: Michel Legrand)

    Un homme et une femme de Claude Lelouch (1966) (musique: Francis Lai & Pierre Barouh)

    Samba Saravah

    Apocalypse now de Francis Ford Coppola (1979) (musique: The Doors)

    Paris, Texas de Wim Wenders (1984) (musique: Ry Cooder)


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    Le site du festival de Cannes:

    http://www.festival-cannes.com/

  • Éric ROHMER (1920-2010)

    Une année qui commence mal pour le monde artistique.
    Après Vic Chestnutt, Lhasa, hier Mano Solo, c'est aujourd'hui un des plus grands réalisateurs français, assimilé à La Nouvelle Vague, qui nous quitte: Éric Rohmer. On le croyait immortel tant il a chanté le charme des amours adolescentes mais aussi, comme aurait dit Truffaut, les  salades de l'amour. Il était sans doute le plus littéraire des cinéastes.

    Du "Signe du Lion" en 1959 à "Les amours d'Astrée et de Céladon" en 2007 en passant par "Ma nuit chez Maud", "La Femme de l'aviateur", "Les Nuits de la Pleine Lune" ou "Le Genou de Claire" sans parler  de ses courts-métrages, il a marqué près de 50 ans de l'histoire du cinéma.

    Voici un extrait d'un de ses films: "L'amour l'après-midi" en 1972.

     

    Le roman de Rohmer

    http://www.liberation.fr/culture/0101613227-le-roman-de-rohmer

    Entretien aux Inrocks en 2007

    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1263230880/article/eric-rohmer-le-dernier-entretien/

  • GAINSBOURG (vie héroïque), bande annonce

    Un film de Joann Sfar avec Eric Elmosnino (Gainsbourg), Laetitia Casta (Bardot), Lucy Gordon (Birkin), Yolande Moreau, Lou Doillon, Philippe Katerine (Vian), Mylène Jampanoï (Bambou), Sara Forestier (France Gall), Anna Mouglalis (Gréco)... Sortie le 20 janvier.




    En savoir plus:

    Le film


    La bande-son

    http://www.musiqueradio.com/article_news8756_serge-gainsbourg--vie-heroique-filmee-par-joann-sfar.php

    L'affiche du film crée la polémique

    http://www.lexpress.fr/culture/cinema/joann-sfar-censurer-l-affiche-du-film-gainsbourg-est-une-insulte_829608.html


     


     

  • Le mystère Picasso / H.-G. CLouzot (1956)

    Un extrait du film de Henri-Georges Clouzot

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Myst%C3%A8re_Picasso

  • Nick Cave et Les ailes du désir

    Le film de Wim Wenders avec Bruno Ganz et Solveig Dommartin, d'après un scénario de Wenders et de Peter Handke, est sorti en 1987.

    La bande-annonce

     

    Nick Cave est à Berlin de 1984 à 1989, Wenders le filme en concert.

    Le film est en noir et blanc quand il est perçu par les anges, en couleur quand les anges se sont incarnés en humains.

  • L'homme du Picardie

    Christian Barbier était L'homme du Picardie.

    L'homme du Picardie fut diffusé sur l'ORTF a partir de décembre 1968, il compta 40 épisodes. 

     

    Le générique

    Un court extrait


  • Blue Velvet (1986) de David Lynch + Marilyn Monroe

    Dans le livre, Marilyn dernières séances de Michel Schneider (Folio), on peut lire: "Le cinéaste David Lynch, qui songea longtemps à un film sur les derniers mois de la vie de Marilyn, posséderait une sorte de relique: un morceau du tissu sur lequel elle aurait posé pour le fameux calendrier nu photographié pa Tom Kelley. Cet objet a peut-être inspiré au cinéaste le thème de son film Blue Velvet."

     

    Les chansons de Blue Velvet

    1. In dreams par Roy Orbison (1963)

    2. Blue Velvet par Bobby Vinton (1963)

     

    Marilyn photographiée par Tom Kelley

     

    À propos de Marilyn Monroe, voir aussi le beau roman de Daniel Charneux (Luce Wilquin, prix Plisnier 2007), Norma roman, où il met en scène la star vivant aujourd'hui incognito quelque part dans le désert de Mojave.

    http://www.gensheureux.be/site/category/mes-romans/norma

     

     

     

     

     

     

  • Le voyage dans la lune / Georges Méliès

    Non, les commentaires ne sont dits par Soeur Emmanuelle...

     

  • La femme d'à côté / François Truffaut (1981)

    La femme d'à côté est l'avant-dernier film sorti du vivant de son auteur.

    L'utilisation de la musique dans le film (signée Georges Delerue) est entièrement soumise aux instants où se manifeste le retour du refoulé, la résurgence incontrôlable des passions passées. Elle se fait entendre douze fois dans le récit.

    Un extrait de l'analyse du film qu'on peut lire entièrement ici:

    http://cineclubdecaen.com/realisat/truffaut/femmedacote.htm

     

     

  • Le Mépris / Jean-Luc Godard

    Une chanson à ajouter à la série des cigarettes. Interprétée par Mélanie Pain, extrait de son album solo (2009), sur un montage d'images du Mépris de J-L Godard (1963), tiré d'un roman de Moravia, avec une B.B. brune.

    En prime, les gros mots de Brigitte.

     

    "Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs" (André Bazin)

    Le Mépris: générique dit + la fameuse scène entre B.B. (jamais aussi bien filmée - à la photo, Raoul Coutard) et Piccoli, sur une musique signée  Georges Delerue:

    http://www.youtube.com/watch?v=v_m85eoa-8s

     

  • La danse de Bande à part

    Ah les voix off dans les films de Godard ou Truffaut...

    .

    Sur les mêmes images, la voix de Mélanie Pain du collectif Nouvelle Vague (2006) dans Dance with me, une reprise de The Lords of the New Church.

    Écouter et voir la version originale (1985):

    http://www.youtube.com/watch?v=4ysnkkrhlK4





  • Le Louvre en courant

    Bande à part de J-L Godard (1964), avec Sami Frey, Claude Brasseur et Anna Karina. La visite du musée en 9'43'' résumée en 40'' de cinéma.

    Michael Pitt, Eva Green et Louis Garrel dans Innocents ( The dreamers - 2003), de Bernardo Bertolucci. Les protagonistes de l'action, qui se passe en mai 68, battent le record des compères de Bande à part. Un hommage à Godard dont Bertolucci fut l'assistant dans les années 60.

  • HOME de Yann Arthus-Bertrand

    Home est présenté simultanément dans 181 pays et visible pendant 10 jours sur Youtube:  http://www.youtube.com/homeprojectfr

    Qui osera critiquer « Home », 1er film de Yann Arthus-Bertrand ? (sur Rue89.com):

    http://www.rue89.com/la-bande-du-cine/2009/06/04/qui-osera-critiquer-home-1er-film-de-yann-arthus-bertrand


     

     

  • David Carradine dans KILL BILL de Quentin Tarentino (2003-4)

    "L'acteur américain David Carradine a été retrouvé pendu et nu, mercredi, dans sa suite d'un hôtel à Bangkok, ont annoncé jeudi des médias thailandais citant la police locale. La thèse du suicide semble être privilégiée par les autorités." (Agence Belga, 4.06, 16h18) Il avait 72 ans.

    La mort de Bill dans le film de Tarentino avec un D.C magistral et une inoubliable Uma Thurman.

    Une des chansons du film, interprétée par Shivaree

    Sa carrière cinématographique:

    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/david-carradine-1936-2009/

  • Profession reporter / Michelangelo Antonioni

    Ce week-end, Philippe Leuckx a publié sur Facebook un article intitulé: "Peut-être le plus beau plan de l'histoire du cinéma: la fin de "Profession reporter" de M.A." C'est aussi mon avis. Outre son aspect technigue, ce plan sans dialogue, probablement en son direct, interrroge le visible, ce qu'il cache (on ne voit pas derrière soi), la mort donc qui sous-tend toute prise de vue. Le personnage incarné par Jack Nicholson est vivant au début du plan et mort à la fin. Dans l'intervalle, il a été assassiné et on n'a rien vu: on a été leurré. 

    Voici le commentaire de Ph. Leuckx et ce plan-séquence d'anthologie:

    "Au cinéma, on a rarement synthétisé à ce point tous les tenants et aboutissants d'une existence humaine.
    Le spectateur assiste EN DIRECT et avec la progression d'une caméra-ludion à la vie même qui se déroule sous ses yeux : la caméra part d'une chambre, ouvre l'espace de grilles qui donnent sur une place d'un village espagnol.
    Une jeune femme tue le temps dans la poussière de l'été; un enfant joue; un vieillard assis contre le mur d'une arène regarde; une voiture d'auto-école traverse en tous sens l'espace...
    Pendant ce temps, quelqu'un meurt dans une chambre...
    Le temps de tout montrer, la caméra revient à son point de départ. Le plan a duré 7 minutes.
    Prouesse technique, certes, magie du cinéma dans cette perception du temps vécu, ressenti...
    Tourné en 1972-1973, après les aléas d'une coproduction inachevée (Techniquement douce ne sera jamais réalisé), le film sort en mai 1975 à Cannes.
    Interprété par Jack Nicholson et Maria Schneider (fille de Daniel Gélin), c'est une oeuvre saisissante sur le destin d'un journaliste qui a décidé de changer d'identité."


     

     

     

  • Le ruban blanc / Michael Haneke

    Un extrait de la Palme d'Or

  • Le mari de la coiffeuse

     

    Deux extraits du délicieux film (1990) de Patice Leconte avec l'inoubliable danse arabe du mari de la coiffeuse...

    La répétition (version espagnole)

    L'enfant subjugué