Bad romance

  • TROIS POÈMES À CROQUER

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    Fraise

     

    Le mot fraise

    À lui seul

    Crée une île rouge

     

    Avec tes lèvres

    Pour unique radeau

    Cheminer sur l’eau

     

    Abattre la pirate

    Qui est en toi

    Pour gagner ta bouche

     

    Hisser le drapeau blanc

    D’un baiser 

    Lent comme un abordage

     

     

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    Manger

     

     Tu veux me manger

    Tu ne dis pas quand

    Ni dans quel restaurant

     

    Je vais te faire grossir

    J’ai beaucoup de calories

    Et la viande trop blanche

     

    A force de manque de soleil

    J’ai de la graisse

    Et je manque de grâce

     

    Sinon dans mes rêves

    Mes désirs de ballerine

    Enfouis dans mes cerfs-volants

     

    Aurai-je le temps de goûter tes lèvres 

    Je risque de passer bien vite

    De ton palais à ton œsophage

     

    Tu veux me manger

    Mais as-tu faim vraiment

    Ou c’est pour passer le temps

     

    Allez, je m’habitue à l’idée

    De m'étaler dans ton assiette

    A côté d’une belle serviette

     

    D’une table bien rangée

    Et j’imagine - tu es si délicate -

    D’un portrait de moi en pied 

     

    Tu veux me manger

    Tu ne dis pas quand 

    J’attends tes dents !

     

     

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    Les solidarités monstrueuses

     

    On a dû te dire

    Que la solidarité est sérieuse

    Entre gens de bonne compagnie

     

    Quand tu es entrée

    Dans la chambre aux plaisirs

    Un sourire au bord des lèvres

     

    Quel bonheur de lire Sade

    Entre les jambes d’une bayadère   

    Sans savoir rien de son trépas !

     

    On a dû te dire

    Que la solidarité est monstrueuse

    Entre gens de mauvaise compagnie

     

    Quand tu es sortie  

    De la chambre aux horreurs

    Un filet de sang au bord des lèvres

     

    Mais on va dans la vie

    Sans apprendre ce genre de choses

    Qu’aucune école n’en saigne

     

    Si bien que la mort vous cueille

    Toujours au seuil de l’innocence 

    Avec des rêves à peine ouverts

     

     

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  • Une femme à Bombay

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    Elle marche, au milieu d’un essaim de journalistes et d'officiels, sacrifiant à des gestes (cette main qui vient embrasser l'ovale d’un visage) de  tendresse maternelle, un rien appuyés, un rien distraits, envers des enfants sous-alimentés. Tenir debout, elle qui, il y a peu, s’est effondrée sous le poids des révélations exposées au grand jour. Faire usage de ses mains, de sa chevelure, pour donner le change, mais les sourcils arqués, les traits du visage tendus, à l’affût. A Bombay, en semi-voyage officiel, pour  lutter contre la faim, et aussi contre la fin de sa liaison avec un homme, par ailleurs président d’un état éloigné. Pâle sous le masque du maquillage, mais les lèvres suivant la ligne d’un continuel sourire. Les yeux un peu traqués d’une femme fauve aux abois. Avec un directeur de cabinet omniprésent qui l’isole des questions indiscrètes des journalistes, ses confrères, auxquels elle ne peut, entre parole retenue et regard d’aveu, répondre comme elle se confierait à des proches. Une dernière fois bâillonnée.  On la devine pétrie d’émotions antagonistes, mais soulagée de pouvoir mettre sa peine au service des autres, la transmuant sur la scène d’une action de bienfaisance. En ayant fait un trait déjà sur sa vie d’avant, le dégoût dépassé (cette pâte alimentaire dont elle ne reprendra pas une seconde bouchée); sinon elle ne pourrait pas se trouver là, surexposée, jouant sa vie de femme bientôt échappée de la notoriété.

    Paradoxalement, elle n’est jamais apparue aussi Première dame de France qu’en ce jour où elle ne l’est plus. Et femme de président, qu’elle a cessé d’être. Femme seule, sans référence à autrui, plus jamais dans cette fonction de compagne et de représentante d'une nation, cette double imposture. Jamais aussi son corps, son visage n’auront été aussi présents à l’image. Déjà ailleurs, déjà sauvée de la médiatisation extrême dont elle a eu à souffrir, à laquelle elle n’a jamais pu se faire. Avec la hâte de se retrouver peut-être moins observatrice du monde, plus dans le secours permanent, plus dans l'attention à soi, plus dans le don sans contrepartie d'elle-même. Dans le miroir des jours et des actions à venir.

     E.A. 

  • Permis de tuer

    images?q=tbn:ANd9GcSIbEXGheKsOPknXK4a8olyDGZ0IyQKVfdWILELzDI5liDEvIEk0MtpMvkgElle m’avait dit que je pourrais la tuer quand je ne l’aimerais plus.

    Mais j’hésitais entre la tuer froidement ou la laisser mourir à petit feu.

    D’autant plus qu’il n’y avait plus de bois à chauffer depuis longtemps.

    Alors je continuais à l’aimer pour faire durer sa vie.

    Je lui offrais ce que mon cœur allait rechercher dans la poubelle des sentiments.

    A force elle n’était plus dupe et faisait semblant de croire à mon histoire.

    Un jour c’est elle qui me tendit la corde pour me pendre.

    Comme je ne voulais pas en finir, elle m’enfonça son plus beau couteau dans le ventre.

    Pendant que le sang coulait, je lui dis mon amour pour elle.

    Pendant qu’elle me tuait, elle n’avait jamais été aussi désirable.

  • boa boa

    Tu me disais boa

    fais moi boa boa.

    Je ne comprenais pas

    je sortais la langue

    et je m’enroulais

    autour de toi...

    Mais noooooooan criais-tu

    la bouche tordue

    par les chaleurs de la nuit

    fais moi boa boare

    J’ai trop soaf

    de toi.

  • deux trois idées poire

     

    du fer dans les épinards

    du plomb dans l’elle

    je rouille sur l’or

    marre de la mer

    et de ses nappes

    de peste rose

     

    les pieds en emmenthal

    je compte mes peines

    sur le bout des mes joies 

    puis je plonge

    dans mes pensées

    deux trois idées poire

    histoire de tuer dans l’œuf

    toute velléité d’existence

    &

    de boire

    sans mot d’arrêt d’action

    à tous les verres solitaires

  • Le temps dur

    j’ai le temps dur

    pour les souvenirs de toi

    qui font des trous

    dans ma mémoire

     

    pour contrer cela

    je me suis construit

    des présents inaltérables

    en matériau anti futur

     

    seulement parfois

    quand le vent est au passé

    l’air d’hier me ramène

    des espèces de bonheur

     

    en forme de fleurs fanées

  • Les sentiments

    j’ai ton cœur

    en point de mire

    mais où ai-je laissé

    mes munitions ?

    dans tes yeux

    ou sur tes lèvres,

    entre tes jambes

    ou sur tes seins ?

    je n’ai pas le temps

    de les retrouver

    alors j’utiliserai

    une toute dernière fois

    mes sentiments

     

     

  • on s'est

    on s’est frottés

    on s’est marqués

    on s’est marrés

    on s’est mariés

     

    on s’est lavés

    on était sale

    on s’est jetés

    on s’est fait mal

     

    on s’est repris

    on s’est lancés

    on a été loin

    on était bien

     

    on s’est tournés

    on s’est tordus

    on s’est torchés

    on s’est traités

     

    on s’est trouvés

    on s’est trompés

    on sait qu’on s’est

    perdus puis rien

  • TON NOM

    je caresse ton nom avec ma souris

    avant de lire ton mail

    ton nom c’est ta peau

    je le suce je le lèche je le dis

    lettre après lettre

    puis je l’avale le digère longtemps

    ton nom passe dans mon sang

    je suis ton nom je suis toi

    pour la première fois je m’aime

    à travers toi 

    je lis ton mail

    tu me dis que c’est fini

    finifinifinifinifinifinifinifinifinifini

    que je suis un con

    un nullard élevé au rang d’un zéro

    puis tu m’écris que tu m’aimes

    et toi tu m’aimes encore me demandes-tu

    trop tard j'écris en gommant

    ton nom avec ma souris :

    j’ai ton non en moi

  • morte sur un coin de table

    morte sur un coin de table

    tu souris encore

     

    à l’idée du vin qu’on a bu

    à l’idée de nos fous-rires

     

    de nos silences

    de nos déveines

     

    de nos manques d’amour

    de nos ventres creux

     

    morte sur un coin de table

    tu reviens à la vie

     

    quand on annonce le repas

    et mille caresses au menu

     

  • l'histoire va

    l’histoire va

    son cours

    et tu pleures

    sur l’amour

    qui se dissout

    dans le moût

    de nos existences

    prendre garde

    au ciel

    qu’il ne sème

    ses graines

    de pluie

    dans nos draps

    fuir dans les nuages

    avant que la terre

    ne tremble

    prendre l’air

    à bras-le-cœur

    puis mourir

    doucement

    dans tes bras

    marre

    en attendant

    de l’amour

    sans tes bas



  • TES CRÈMES

    Tu étais la crème

    dans mon café

    le ciel bleu

    sur mon nuage

    la petite neige

    sur l’écran gelé

    de mes idées noires

     

    Tu as filé

    avec mon café

    sans nuage

    et ma télé vapeurs

    brûlante de tes images

    Je ne saurai jamais

    où tu es allée

    et c’est tant mieux

     

    Quand j’aurai revendu

    toutes tes crèmes de beauté

    à une star du porno soft

    ou à un curé un peu snob

    j’aurai assez de blé

    pour tenir

    avec tes crèmes solaires

    à l’abri des u. v.

    jusqu’à la mort de la planète

    en me rappelant à jamais

    l’été de mes lèvres nues

    dans la glace fondue

    de tes parties crémeuses


     

  • après tout

    ah la nuit

    si elle t’avait connue plus tôt

    au sortir du jour

    quand tu avais encore

    tes bonnes joues

    et tes lèvres glissantes

    et des couleurs à donner

    à chaque forme

    à chaque langue

     

    pas un homme

    pas une femme

    pas un chien

    pas une herbe folle

    pas le moindre frisson

    ne t’aurait oubliée

    après tout

    le monde aurait il été différent

    et moi moins malheureux qu’hier 

     

  • tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    mort

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    tout le temps

    ...

     

    en écho au texte de co errante:

    http://ledemotoir.blogspot.com/2010/01/pas-le-temps.html

  • La chanson

    je t’ai acheté une guitare et un onglet

    tu n’en as pas voulu

    je t’ai acheté un crayon et un cahier à portées

    tu n’en as pas voulu

    je t’ai acheté une belle voix voilée

    tu n’en as pas voulu

    alors

    alors

    alors

    le crayon et le cahier à portées

    ils ont fait un bon feu

    la belle voix voilée

    je l’ai donnée à l’église

    pour les messes de mariage

    ou de funérailles c’est pareil

    la guitare

    je l’ai déposée dans le métro

    l’onglet

    je l’ai gardé pour me gratter

    puis j’ai lancé cinq six phrases

    sur un air d’une tristesse rare

    devant mon chat qui bâillait

    j’ai été bien bête de penser

    qu’à part Obispo, Goldman ou Bruel

    t’en avais quelque chose à battre

    de la chanson la la la



     


     

  • PAS PLUS MAL

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    J’ai piqué une tête

    Dans ta piscine

    Mais tu l’avais vidée

    C'était pas plus mal

    Juste avant que

    Je me déshabille

    Je me suis fendu le crâne

    Sur toute la longueur

    C'était pas plus mal

    Car déjà il présentait une entaille

    Un vice de forme à la naissance

    J’ai baigné dans mon sang

    Un bon quart d’heure

    C’était pas plus mal

    Quand j'en suis ressorti

    J’étais exsangue

    Tu étais hilare

    Ça faisait plaisir à voir

    Bon j’ai trépassé  

    Sans trop de souffrances

    C’était pas plus mal

    Après une vie de labeur

    Et deux ou trois bonheurs

    Y compris celui

    Pas si mal

    De t’avoir rencontrée

    Tu aurais pu au moins

    Rendre mon corps à ma femme

    Après tout il est vrai

    C’était pas plus mal

    Que tu le laisses pourrir

    Au soleil

    Le reste de la journée 

  • JE ME SOUVIENS DE TOI

    Je me souviens de toi

    de ta peau nue blanche

    sur les draps roides

    filant entre mes doigts.

     

    Je me souviens de toi

    travailleuse à la chaîne

    faisant et refaisant

    les mêmes tes caresses.

     

    Je me souviens de toi

    de tes folles paroles

    que je buvais comme ivre

    au livre de ta bouche.

     

    Je me souviens de toi

    des étoiles si pâles

    éclatant dans la nuit

    sur le bord de tes lèvres.

     

    Je me souviens de toi

    divaguant comme vague

    dans la vaste tempête

    pour le bonheur des mers.

     

    Je me souviens de toi

    avec un couteau droit

    m’arrachant toutes les chairs

    et le cœur et le foie

     

    en riant dans le sang

    en riant dans le sang.

     

  • Partie

    tu es partie avec

    mon eau de toilette, mes gants de boxe

    ma poésie, mes vers à deux sous

    mes sels de bain, ma baignoire-sabot

    mon chat, l’autel que je t’avais dédié

    ma tasse à thé vert, toutes mes couleurs

    mon café en grains, mon poster de Johnny

    mon sucre semoule, mes boules de billard

    mes moules à gâteau, mon Paris-Brest congelé

    mon plus beau souvenir de toi, la photo de toi bébé

    mon enfance et ma vieillesse réunies, mes mies de pain

    mon livre de chevet, ma petite lampe de bureau

    mon dernier rêve, mes petites cuillers en argent

    mon boulot d’amoureux transi, mon soleil d’hiver

    mon calibre 45, ma canne en ivoire à pommeau en bois de chevreuil

    ma canette de bière brune, mon écorce de bouleau marquée de tes initiales

    mon saucisson préféré, ma collection de terres cuites

    mes autos miniatures, ma panoplie de pirate

    ma boîte à bricolage, ma chaîne du foot

    ma télé et sa couche de poussière d’au moins un centimètre

    mon dentifrice blancheur, mon gobelet en plastique

    ma gourde à whisky, l’idée que je me faisais de l’amour

    tu m’as laissé il est vrai un billet dans lequel tu disais

    je ne t’ai pas tout pris je t’ai laissé une corde et un crochet

  • Les effets de l'amour

    Je t’envoie

    des tonnes d’amour

    que tu entreposes

    à la porte de ton cœur

    Le grand vent des sentiments

    les disperse

    aux quatre coins

    de la ville

     

    Parfois une vagabonde

    aux yeux clairs

    en trouve un fragment

    qu’elle me rapporte

    et que je recompose

    à la lumière de sa nudité

    avec les morceaux de tendresse

    que tu m’as laissés

     

    Puis je la renvoie à ton adresse

    pour lui montrer

    les effets de l’amour

    sur une peau étrangère

     

    Généralement tu ponces

    avec un gant spécial

    la bien-aimée

    avant de la renvoyer à la rue

     

  • (FEMME) TOUTE FAITE

    1/ en vers


    je t’ai faite

    avec une tête

    deux bras

    une jambe

    (mais une grosse)

    trois seins

    (mais petits)

    un corps

    aux divines proportions

    et un nombril en or

    (il faut ce qu’il faut)

    et même un cœur

    (avec des flèches)

    plus tout

    (peau mains lèvres sexe)

    ce qui permet d’aimer

    à tort et à travers

    puis je t’ai couchée

    sur le papier

    et j’ai attendu

    attendu

    et attendu encore

    tu ne m’aimais toujours pas

    j’ai fait appel à un expert

    j’ai téléphoné partout

    j’ai consulté internet

    j’ai même lancé

    un appel à témoins

    enfin

    j’ai compris

    ce qui n’allait pas

    j’avais utilisé une feuille

    de papier à cigarette

    et je t’avais fumée

    trop content

    d’avoir enfin réalisé

    la femme de mes rêves

    tu m’as quand même

    c’est vrai

    donné un brin de plaisir


    2/ en prose

    Je t’ai faite avec une tête, deux bras, une jambe (mais une grosse), trois seins (mais petits), un corps aux divines proportions plus un nombril en or (il faut ce qu’il faut) et même un cœur (avec des flèches) et tout (peau mains lèvres sexe) ce qui permet d’aimer à tort et à travers. Puis je t’ai couchée sur le papier et j’ai attendu, attendu et attendu encore : tu ne m’aimais toujours pas. J’ai fait appel à un expert, j’ai téléphoné partout, j’ai consulté internet, j’ai même lancé un appel à témoins. Enfin j’ai compris ce qui n’allait pas : j’avais utilisé une feuille de papier à cigarette et je t’avais fumée, trop content d’avoir enfin réalisé la femme de mes rêves. Tu m’as quand même, c’est vrai, donné un brin de plaisir.

     


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    Deux histoires de poupée

    Oskar Kokoshka:

    http://enformedepoire.blogspot.com/2008/05/la-poupe-doskar-kokoschka.html

    Hans Bellmer:

    http://arts.fluctuat.net/hans-bellmer.html

     

  • les restes de l'été

     

    je n’ai pas trop aimé

    comment tu m’as annoncé

    que tu ne m’aimais plus

     

    tu aurais pu attendre

    que l’automne ait enterré

    les restes de l’été

     

    j’aurais aimé

    que tu prennes des pincettes

    pour m’arracher le cœur

     

    mais c’était sans doute

    trop te demander

    au moment où tu brûlais

     

    d’un nouvel amour

    qui t’a laissé les chairs

    et l’âme bien noires

     

     

  • pour finir

    je veux porter à la ceinture

    toutes les armes du monde

    et tirer à vue

    quant tu ouvriras

    la bouche pour

    je veux te tuer

    avant que tu n'écartes

    les lèvres pour

    je veux te réduire en poussière

    avant que tu remues

    la langue pour

    me dire que tu m’aimes

    alors il sera trop

    beaucoup trop difficile

    de le faire

    même si tu as tort

    et que je suis juste

    bon à la casse

    mais qui sait si

    pour finir en cruauté

    je ne me pendrai pas

    à ton cou

  • La faute

    J’ai tué mon bel

    amour

    une nuit trop

    noire

    bon voyage

    et ne reviens plus

    hanter mes jours avec

    tes lèvres bien trop

    rouges

    et tes seins trop

    blancs

    les deux couleurs dont j’ai

    horreur

     


    Une dernière fois

    ta peau bien trop

    blanche

    s’est colorée de

    rouge

    tu aurais pu

    avant de partir

    m’épargner au moins

    cette faute de

    goût

     

     

     

     

  • Poèmes jetables (2): les pétales

    au matin

    j'ai collé

    les pétales

    d'une violette

     

    autour d'un point

    de beauté

    qui gisait là

    sur ta peau

     

    tout le jour

    ta chair

    m'a suivi

    en pensée

  • Poèmes jetables (1)

    ma cigarette

    tu ne l’auras pas

    ma cigarette

    car c’est d’elle

    que je tire

    tout mon feu

     

    derrière sa fumée

    je cacherai mes larmes

    quand tu m’auras quittée

    même si je ne fume pas

    et que tu n’aimes que moi