Cactus Inébranlable éditions

  • Pour commencer 2017: BONNES NOUVELLES DE BELGIQUE

    arton117866-225x300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

    À l’occasion de la rentrée de janvier, Cactus inébranlable a sérieusement dynamisé sa nouvelle collection « Nouvelles » lancée en 2016, en publiant trois nouveaux recueils. J’ai déjà évoqué celui de Lorenzo Cecchi, je vous présenterai donc aujourd’hui ceux d’Anne-Michèle Hamesse, Ma voisine a hurlé toute la nuit, et celui proposé par Jean-Phippe Querton, T’as des nouvelles de JPé ?

     

    113716423.jpgMA VOISINE A HURLÉ TOUTE LA NUIT

    Anne-Michèle HAMESSE

    Cactus Inébranlable

    Je suis sûr qu’Anne-Michèle Hamesse ne m’en voudra pas, si je dis que dès les premières lignes de ce recueil, ma mémoire m’a proposé le nom de celles que j’appelais il y a une ou deux décennie « mes chères vieilles anglaises » (vieilles elles ne l’étaient peut-être pas plus que moi) quand j’ai traversé, dans mes lectures, une période britannique. Ainsi, des noms ont ressurgi dans ma tête : Barbara Pym, Mary Wesley, Muriel Spark, Elizabeth Taylor… avec des souvenirs de lecture très agréables. L’air de rien, derrière un texte bien lécher, elles possédaient la férocité ces braves dames, elles savaient insidieusement distiller le venin, elles connaissaient à merveille le petit monde qu’elles mettaient sur le grill qui leur servait de scène. Elles avaient l’œil infaillible et la plume impitoyable, j’ai retrouvé un peu ces caractéristique dans les nouvelles d’Anne-Michèle quand elle dresse le portrait sans concession de dames plus toute jeunes, pas toujours gâtées par la vie, parfois un peu dans leur petit monde, ailleurs… qui ont des problèmes à régler avec leur entourage, leur histoire, le sort qui leur a été réservé.amh.jpg?fx=r_550_550

    Ces héroïnes sont surtout des femmes qui ne peuvent plus supporter la vie qu’elles mènent, elles sont arrivées à un point où il faut qu’il se passe quelque chose, qu’elles prennent leur vie en mains pour remettre leur existence dans le bon sens. Mais, même si elles prennent des décisions irrémédiables, brutales, diaboliques, dignes de Barbey d’Aurevilly, leur férocité se brise souvent les dents sur la carapace des aléas. Ainsi, la petite sœur toujours méprisées n’aura pas la vengeance qu’elle serrait dans sa poche, elle a trop attendu. Trop tôt, trop tard, à contre temps, ailleurs, dans un autre monde,…, elles ratent toujours leur objectif. Ainsi va la vie, c’est le hasard qui tient les cartes dans ses mains, les rêves restent souvent dans le monde fantastique où la magie peut tout changer, mais hélas s’éteignent au réveil.

    Anne-Michèle Hamesse voudrait-elle nous faire comprendre qu’il est inutile d’essayer de se rebeller contre le sort qui nous est infligé et que nous devrions tout simplement le subir pour mieux le supporter ? Il est sûr qu’à la lecture de ces nouvelles, on comprend vite qu’elle n’a pas une confiance illimitée en l’humanité qui distille la méchanceté à flots généreux. Elle croit plus dans le sort qui sait coincer le grain de sable diabolique qui dérèglera la machine de n’importe quelle histoire, de n’importe quelle existence.

    Avec son style limpide, académique, précis, appuyé sur des phrases plutôt courtes même si elles sont suffisamment longues pour être souples et agréables à lire, l’auteure livre dans ce recueil une dizaine de nouvelles qui démontre ses talents de conteuse. Elle sait très bien raconter les pires histoires, créer des personnages diaboliques, sans jamais sombrer dans la vulgarité ou l’approximatif. En toute innocence, elle peut laisser supposer les pires horreurs comme savais si bien le faire mes « vieilles anglaises ». Il y a aussi dans ses textes très souvent une dimension charnelle qui confère une plus grande véracité aux histoires racontées et une plus grande réalité aux personnages mis en scène. J’ajouterai que j’ai détecté quelques zeugmes du plus bel effet, judicieusement placés comme pour donner encore plus de nerf au texte.

    Le livre sur le site du Cactus Inébranlable

     

    couverture-t-as-des-nouvelles-de-jpe.jpg?fx=r_550_550T’AS DES NOUVELLES DE JPé ?

    Jean-Philippe QUERTON

    Cactus inébranlable

    Jean Philippe Querton, JPé, a fait le ménage de son bureau, vidé les tiroirs, délesté les étagères de toute la paperasse qui les encombrait, nettoyé le plan de travail de tout ce qu’il avait laissé s’accumuler au fil des ans passés à lire et à écrire. De cette tâche harassante, il a récupéré une pile de papiers en plus ou moins bon état dont il a extirpé des bouts de texte, des ébauches de texte, des idées de texte griffonnées sur des morceaux de papiers très divers, des bribes de textes et même des textes attendant juste une opportunité pour se glisser dans un recueil personnel ou collectif. Après une sélection minutieuse, il a retiré de cet amas de paperasses vingt-neuf textes plus un (le dernier étant peut-être celui qui a été écrit juste avant la publication de ce recueil quelques jours seulement après la mort de Léonard Cohen) qu’il a transformés en vingt-neuf nouvelles plus une qui constituent ce recueil.

    Je connaissais le JPé jongleur de mots, aphoriste averti et talentueux, amateur de la formule fulgurante, comme il le dit lui-même : « Je suis un dénoyauteur de mots, un dépiauteur de phrases, un désosseur de langage, un décortiqueur de sens. Je dépouille, je dépapillote, je dévêts… Détrousseur, dépeceur, spolieur ». Mais dans ce texte, j’ai découvert un JPé que je ne connaissais pas, le JPé conteur, celui qui sait à merveille raconter des histoires, les histoires qu’il a pour la circonstance transformées en nouvelles. Ces nouvelles récupérées lors de sa séance de tri sont évidemment très différentes. « Ce sont des textes écrits dans contextes bien différents, dans des moments particuliers de la vie et si certains transpirent la souffrance, l’amertume, d’autres font état d’un goût pour l’absurde qui plonge ses racines dans une forme de rejet des conventions et une insouciance bienfaisante ».Querton.jpg

    « Il y en a qui relèvent du burlesque, d’autres sont bien noires et sans doute que certaines évoqueront une forme particulière de romantisme, sans noyer le lecteur dans l’eau de rose ». Je dois dire que ce recueil m’a ému car entre les lignes de ces nouvelles, j’ai vu un homme face à la vie, à ses doutes, à ses certitudes, un homme parfois fort, parfois fragile recherchant le réconfort dans le cocon familial ou au cœur de sa tribu, ceux qui l’ont édité beaucoup moins nombreux que ceux qu’il a édités. Même ses coups de gueule, ses colères, sa répulsion à l’endroit de l’argent et de tous les pouvoirs, surtout religieux, qui abusent de la crédulité des foules, contiennent une humanité émouvante. Mais j’ai retrouvé aussi le JPé gouailleur, insolent, impertinent, incapable de retenir le bon mot, la formule qui percute. Je dois avouer que certains textes m’ont franchement fait marrer comme celui dans lequel un gamin admire ses parents pour avoir, en 1968, eu la géniale idée de virer les pavés de la plage.

    Sans flagornerie ni fausse-pudeur, JPé dessine ainsi, à travers une trentaine de textes pas très longs, le portrait d’un homme amoureux des lettres, des mots, des beaux textes, défenseur de toutes les causes pouvant rendre sa dignité à l’humanité souvent bousculée par des pouvoirs abusifs et cupides. Parfois, il se livre à nu, d’autres fois, il se cache derrière des personnages issus tout droit de son imagination mais toujours on retrouve ce fin lettré un peu bougon amoureux des lettres et surtout des hommes sans oublier les femmes évidemment.

    « Le rêve, la vie imaginée, construite comme un roman. Je suis l’écrivain de ma propre existence. J’ai les pleins pouvoirs et je veux décider de tout ».

    Le livre sur le site du Cactus Inébranlable

  • RENTRÉE LITTÉRAIRE 2016: CACTUS SORT SES PIQUANTS

    arton117866-225x300.jpgpar DENIS BILLAMBOZ

    La rentrée littéraire ne concerne pas que les romanciers, les auteurs de textes courts, aphorismes et autres formes de jongleries avec le langage et les mots ont aussi fait la leur. Et, en la matière, le grand spécialiste, c’est désormais le célère Cactus inébranlable qui a publié pas moins de sept recueils simultanément pour cette rentrée, non pas parce que c’est la rentrée littéraire pour les médias mais surtout parce que c’est son métier et aussi sa vocation et sa passion de faire connaître ces auteurs talentueux et trop méconnus. Je vous propose aujourd’hui une première livraison de trois recueils qui m’ont certes diverti mais qui m’ont surtout enchanté. Les maîtres du langage ne sont pas morts !

     

    couverture-l-esprit-fera-peur.jpg?fx=r_550_550MICKOMIX

    L’ESPRIT FERA PEUR!

    Cactus inébranlable

    Mick c’est évidemment Mickaël mais omix ce n’est certainement pas Serré, alors c’est peut-être komix ou alors comix comme les fameux dessins que Wikipédia définit comme : « Le terme (qui) sert à désigner la bande dessinée underground américaine. Il a été forgé en remplaçant par un « x » les deux dernières lettres du mot « comics » (« bande dessinée » en anglais) afin de souligner l'importance de la sexualité dans ce courant de la bande dessinée ». Alors, on pourrait supposer que Mick c’est Mickaël qui décoche les « Faux adages et vraies maximes » annoncés par le sous-titre de ce recueil et que komix c’est Serré celui qui tient le crayon qui dessine les jolies illustrations, un peu polissonnes, qui agrémentent les pages de cet opus.

    Mickomix, d’après le titre cherche à effrayer le lecteur en lui décochant des adages totalement bidon :

    « Con pétant. Con sentant »

    Et des maximes qui ne sont pas toujours totalement fausses :

    « C’est quand on s’éteint qu’on voit la lumière au bout du couloir ».

    Mais tout cela n’est qu’humour et espièglerie, l’essentiel reste que Mickomix est un expert en blague en tout genre, qu’il manipule les mots, l’aphorisme et l’assonance dont il joue comme certains du pipeau. Il se définit lui-même, selon l’éditeur, comme « … artiste athée, mais créant ».a-mons-2017.jpg?fx=r_550_550

    Mick flingue les mal pensants qui pourrissent la vie des honnêtes citoyens :

    « C’est dans les bas-fonds

    d’investissement que nagent les

    requins de la finance ».

    pendant que Komix, lui, se régale en diffusant des aphorismes coquins, sulfureux et même un peu paillards :

    « Non passoire chéri, j’ai mal aux trous »

    « Le cul d’une vieille pute est à la porté de toutes les bourses »

    Voilà, un recueil qui fera passer un bon moment à tous ceux qui ne sont pas coincés et qui comprennent l’humour même quand il est un peu gaillard ou quand il s’en prend aux trop bien pensants qui ne pensent qu’à eux et bien peu aux plus démunis. L’auteur a présente lui-même le menu du jour proposé aux lecteurs :

    « Aphorismes, vrai faussaire

    à faux adages, vraies maximes

    à faux-fuyants, vrais poltrons

    apophtegmes, toi-même !

    & autres petites pensées éparses »

    C’est clair comme le menu d’un restaurant bardé d’étoiles mais c’est beaucoup plus drôle. Alors, on restera sur cette fameuse conclusion assénée par l’auteur :

    « Les gros porcs sont tous des gros ongulés. »

    Ca c’est bien vrai !

    Le livre sur le site de l'éditeur

    Le blog de Mickomix 

     

    couverture-l-armes-24082016.jpg?fx=r_550_550Jacky LEGGE

    (L’)ARMES À FEU ET À SANG

    Cactus inébranlable

    Si le sous-titre apposé par l’auteur : « Réflexions sans importance, sauf quelques-unes » me semble un acte de modestie très exagéré, je suis par contre beaucoup plus interpellé par le premier mot du titre qui, à mon sens, contient déjà à lui seul l’essentiel du recueil. En effet, le jeu de mot sur « (L’)Armes » dévoile les intentions de l’auteur en suggérant les larmes que l’usage des armes provoque bien trop souvent hélas. Dès le titre Jacky Legge nous laisse entrevoir le message de paix qu’il voudrait adresser à tous ceux qui font usage des armes pour toute sorte de raisons plus mauvaise les unes que les autres.

    « Il y a trop d’armes lourdes entre des mains légères, soupira le Parrain »

    « En temps de guerre, la Mort coupe les épis de blé vert »

    L’éditeur nous raconte que l’auteur est un « explorateur littéraire passionné par les cimetières », il a donc rencontré au cours des ses promenades de nombreuses tombes de jeunes militaires morts pour défendre des causes qu’ils ne comprenaient pas toujours.

    « La guerre est le cancer de l’humanité ; il est sans rémission. »

    « Les permissions n’ont pas de sens pour les orphelins de guerre »

    Sous l’humour et la causticité de ses « réflexions sans importance » se dissimule mal sa compassion pour les innocentes victimes qui n’ont jamais rien demandé.b57515ce-7960-11e3-a7e8-0bcd47b1af90_original.jpg?maxwidth=756&scale=both

    « Toute sa vie, la veuve pleura le temps trop bref qui sépara la déclaration d’amour de la déclaration de guerre » (cette réflexion n’est pas qu’une formule littéraire, j’ai connu cette situation dans ma famille).

    « La guerre est un cirque où les fauves ont dévoré les clowns. »

    « La guerre, c’est toujours le massacre du printemps. »

    Ce recueil n’est pas qu’un plaidoyer contre la guerre, c’est aussi un bel exercice littéraire dans lequel Jacky Legge dévoile un réel talent et un esprit très affuté. Certaines de ses réflexions sont, en plus d’être très pertinentes, très drôles.

    « L’odeur de compote provoquait des nausées à Guillaume Tell et à son fils »

    « L’héroïne est une arme blanche redoutable »

    « Seuls les Inuits restèrent indifférents à la Guerre froide »

    Je ne saurais clore ce propos sans évoquer les illustrations de Priscilla Beccarri qui agrémentent le recueil, des dessins qui collent bien au texte, des victimes innocentes des armes assassines.

    J’ai gardé cette réflexion pour la fin, elle m’a bien fait rire, je la trouve très drôle.

    « Un franc-tireur, c’est pas cher.

    Un sous-marin, non plus. »

    La violence est à la portée de tous !

    Le livre sur le site de l'éditeur

     

    couverture-les-hamsters....jpg?fx=r_550_550Francesco PITTAU

    LES HAMSTERS DE L'AGACEMENT

    Cactus inébranlable

    Francesco Pittau, c’est un peu « Tête-Dure » le héros éponyme de ce roman que j’ai tellement aimé, un gamin taciturne, rêveur, imaginatif et débrouillard qui est devenu un adulte poète amer et acide qui supporte mal la stupidité, la bêtise et même la connerie de ses congénères. Il a peut-être la tête toujours aussi dure mais ce que ce recueil révèle c’est surtout qu’il a la dent dure envers ses collègues manieurs de plume qu’il maltraite volontiers, dénonçant tous ces « écriveurs » sans talent qui déversent leur mot sur le papier en espérant envahir les rayonnages des librairies.

    « Il y a beaucoup trop de poètes géniaux et pas assez de boulangers capables de faire une bonne brioche aux raisins. »

    Il n’a aucune pitié pour ces sans talent ambitieux, il les classe avec ceux qu’il affectionne particulièrement : les cons, les cons qui occupent une place de choix dans son recueil.FRANCESCO-PITTAU.jpg

    « Il y en a qui ont des têtes de cons, puis il y en a qui ont des têtes d’écrivains… et c’est souvent les mêmes. »

    « Les cons disent qu’on est toujours le con de quelqu’un, en espérant ainsi échapper au diagnostic. Bien sûr qu’un moment d’inattention peut toucher n’importe qui, mais y en a pour qui c’est l’abonnement 24 heures sur 24. »

    Il a une idée bien précise pour traiter ces dévoreurs de papier :

    « Un coup de pied au cul, une baffe dans la tronche, une torsion des oreilles, un arrachement du nez, un genou dans les couilles… et tout ça pour son bien ! »

    Si Pittau décoche des flèches empoisonnées à tous les cons qu’ils écrivent ou non, lui, il ne risque pas la vindicte de ses collègues de plume, lui, il écrit des aphorismes comme Verlaine écrivait des vers, c’est un poète, un vrai :

    « La nuit collait au visage comme une seconde peau et les étoiles s‘incrustaient au fond des orbites, vives brûlantes, pareilles à des rêves inachevés. »

    « Sur son pain de rêve, il déposa une cuillère de confiture de nuit avant de prendre une gorgée de matin de soleil inattendu. »

    Il s’inscrit comme beaucoup d’auteurs réunis chez Cactus Inébranlable dans la droite ligne des surréalistes belges. Il manie avec adresse l’absurdité, le burlesque, l’ironie pour énoncer des vérités évidentes, la fatalité fatale, l’ironie désarmante, l’imbécilité imbécile, … :

    « Il pissait comme vache qui pleut »

    « Quand tu montes une descente et que tu descends une montée, il est bien possible que tu commences à comprendre le sens de l’existence. »

    « Il faut bien admettre que la civilisation du Canada Dry et de la Tourtel est en train de remporter la manche. »

    « Depuis qu’une loi reconnaît les animaux comme des êtres doués de sensibilité, on les zigouillera dorénavant à coups de boules de coco et on les égorgera à la fraise tagada. »

    « Si l’ironie pouvait se contracter comme la grippe, le monde irait mieux. »

    Un recueil copieux, désopilant, une leçon de bon sens mais aussi quelques moments de pure poésie qui confirment que « Tête-Dure » n’est pas une réussite isolée, l’auteur a un talent fou. Et pour vous en convaincre, je vous offre quelques vers pour la route.

    « Le petit matin

    Se pendait au rideau

    Avec ses doigts dorés

    Avant de pousser ses

    Cris de soleil et d’azur

    Comme une bouche de bébé. »

    Tout savoir sur le livre sur le site de l'éditeur

    Le site du Cactus Inébranlable

  • ÇA PIQUE!

    88957_300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

    Tout le monde le sait depuis toujours, les cactus, ça piquent et c’est sans doute pour cette raison que Jean Philippe Querton a ainsi baptisé, un mot qu’il ne doit pas beaucoup apprécier, sa petite maison d’édition qui publie principalement des livres qui grattouillent, qui chatouillent, qui démangent, qui dérangent, … Pour ma chronique de cette quinzaine, j’ai décidé de rendre hommage à cette petite maison courageuse et engagée qui a fait de la littérature un art de vivre, et de bien vivre, en défendant la liberté sous toutes ses formes, surtout celle de dire ce que l’on pense quand on a envie de le penser. A tout seigneur tout honneur, je vous propose donc un titre du maître des lieux, Jean Philippe Querton lui-même et un autre d’un des flibustiers qui fait partie de sa joyeuse troupe : Georges Elliautou.

     

    squelettes-couverture-26082014.jpg?fx=r_550_550SQUELETTES AU HARAS

    Jean Philippe QUERTON (1960 - ….)

    Je sors encore tout ébouriffé de ce recueil d’aphorismes, avec Querton ça décoiffe, il dit les choses comme elles sont ou comme il les pense sans détours, sans fausse pudeur, sans circonvolutions inutiles et superfétatoires. Il traque l’absurdité, jongle avec les incongruités vocabularistiques et les occurrences littéraires étonnantes ou désopilantes. Anarchiste gourmet, amateur de bon vin comme des belles filles et des bons mots, Il empile les aphorismes, les calembours, les idées saugrenues pour dénoncer la bêtise ambiante, le bon sens oublié, pour le simple plaisir de faire des bons mots, pour narguer le bourgeois bien pensant, pour épater ses amis… J’ai souri, j’ai pouffé, j’ai ri, je me suis délecté, j’ai trouvé ce recueil bien trop petit, je suis arrivé à la fin bien trop vite. J’avais encore envie de déguster, de me régaler, de me marrer…

    Mais je me console en me disant que la collection créée par Jean-Philippe Querton, « Les p’tits cactus », dans sa propre maison « Cactus inébranlables éditions » me fournira encore de jolis textes jubilatoires et d’autres bons mots. L’auteur-éditeur a en effet regroupé au sein de sa maison un équipage capable d’affronter n’importe quel temps. « Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire limité et expéditif, mais ils ne voient et ne connaissent la nation et le monde que déformés au travers de leur frénésie. Leur entreprise ne peut conduire qu'à un désastre national… ». Euh, non Mon Général, vous vous trompez de troupe, celle de Querton n’a rien à voir avec ce quarteron de généraux, ce ne sont que des joyeux drilles qui ne pensent qu’à vivre et à bien vivre en faisant rire les autres pour leur rendre la vie plus agréable !2c68a58d-d4f8-4d33-9198-1121774ae027_original.jpg?maxheight=380&maxwidth=568&scale=both&format=jpg

    Faites comme moi, en zigzaguant entre les squelettes (les illustrations sont judicieusement choisies), cette cure de bonne humeur, buvez à la source de jouvence - « pour ce que rire est le propre de l’homme » disait le poète - et dégustez les épisodes loufoques du « conte à la con », avant de vous recueillir devant l’épitaphe du maître des lieux :

    « Dans le fond de mon verre de Chimay bleue, traîne une certitude : celle qu’un jour, il y en aura une dernière.

    Alors, pour éviter de boire l’ultime, je me précipite vers la suivante.

    Et ça marche.

    La preuve ! »

     

    ssds-couverture-18082014.jpg?fx=r_550_550SANS ME SOUCIER DE DESCENDRE DU SINGE

    Georges ELLIAUTOU

    Ce recueil d’aphorismes est comme ce livre que l’auteur glisse dans son recueil, il « descend de son rayon, s’approche de la fenêtre, ouvre ses pages, respire le grand air de la vie », de la vie avec toutes ses contradictions, ses contraintes, ses aberrations, ses stupidités, ses turpitudes, … tous ses travers que l’auteur dénonce à coups de mots, de bons mots. Les aphorismes d’Elliautou ne sont pas obus qui explosent et détruisent, non, ils sont plus insidieux, plus subtiles, ils piquent, griffent, infectent, polluent, insinuent, dénoncent toute la connerie de notre bonne société, Ils sont comme un bon verre de Bergerac : ils sont chics, leur robe brille et scintille sous le soleil, leur arôme est fin et subtile mais attention ils peuvent empoisonner, ou au moins faire tourner la tête. Et, quand ont les boit, il faut les déguster, ils peuvent séduire, flatter, tout en râpant un peu les joues juste pour se faire mériter. Celui que ne se méfiera pas tombera alors dans leurs rets où il restera prisonnier pendant un certain temps.arton12-123x150.jpg

    « La page vierge s’offrit au poète », il la prit pour dénoncer les bondieuseries qui voilent « la femme pour violer sa liberté », les militaires qui « dès la fin de la guerre … préparèrent la suivante », les couples conventionnels qui « se marièrent un jour de suie » et les despotes qui « très sournoisement … rayèrent la liberté des tablettes ». Il abusa aussi de son obligeance servitude pour commettre quelques exploits rhétoriques, quelques calembours sur tout et n’importe quoi, ou presque, et une petite gâterie sous forme de brèves de comptoir.

    Et avec lui chantons « jusqu’à plus soif des chansons à boire » !

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  • ASSORTIMENT DE PALABRES POUR CUL BIEN CROTTÉ

    5f6034c6-e0fc-11e3-9861-5a72a6fd8fe4_web_scale_0.154321_0.154321__.jpg.h380.jpgpar Philippe LEUCKX

    Lecture de trois parutions du CACTUS INÉBRANLABLE :"GRAND CRU BIEN COTÉ" d'Eric DEJAEGER (poète), "CES PALABRES QUI CACHENT L'APHORISME" de Paul GUIOT (musicien, chanteur, poète) et un collectif : "ASSORTIMENT DE CRUDITÉS" - recueil de nouvelles érotiques de seize auteurs cactus dont Eric Allard, Jean-Philippe Querton, Gauthier Hiernaux, Massimo Bortolini...

     

    grand-cru-couverture-1.jpg?fx=r_550_5501. PREMIÈRE APPROCHE. Une question de code.

    Ces gens-là ont été élevés au petit lait de Prévert et de ses épigones. Ils jouent du signifiant comme d'autres du violon, sans fausse note, avec un humour rosse, un détournement notoire d'expressions, d'idiomes, de titres, de langues, de proverbes...C'est à celui qui rédigera la meilleure contrepèterie, à celui qui fera des tours dans sa langue comme on chiffonne du papier,...

    Dans le genre, je te la joue signifiant zéro (cf. Barthes, le degré zéro de l'écriture), les codes ici mis à l'œuvre rejoignent sans cesse les verheggenades exposées en pleine lumière, après "Paroles" de Prévert ("cet enfant fou qui feint de faire du feu près de feu son père"), après le non sense total de notre Devos national, enfin transfrontalier, après les "viens ici mon gégé" de Coppens (Bruno, pas celui de la Lucy), après toutes les blagues à deux balles (pour messieurs dames...)

    La trouvaille de Dejaeger est de se mesurer sans cesse avec les exploits préalables d'autres fauteurs de codes...Avant de se lancer, il vérifie si le signifiant n'est déjà pas entaché de web ou autre. A ce compte-là, il peut édifier de l'inédit, et en matière d'outrances cocasses, coquines, zébrées ou pas, il en connaît un chien! Seul ou en instance bipolaire (avec le Stas, autre jongleur impénitent des mêmes éditions), il récrit les bestiaires, les listes, les almanachs. Du genre : animaux-valises, propres dégénérescences ou créations composites straordinaires comme eût dit Zazie (pas celle qui chante, mais celle qui débite à tout bout de champ des grossièretés parisiennes!) : "animaux-valises cigognes" : lajumengoustermite ou le lézaragondin....

    Expressions idiomatiques renouvelées :

    "Deux secouristes ne s'embrassent pas : ils se font la bouche à bouche"

    Proverbe remanié :

    "Faute de vin de grive, on boit du vin de merle"

    Aphorismes affreux et sales :

    "Se taire rend muet

    et se terrer rend rat."

     

    ces-palabres-qui-cachent-l-aphorisme-cover-1-.jpg?fx=r_550_5502. PAROLES... PAROLES...

    Palabres, tout de suite, ça vous scie quelqu'un! ça vous le met en position littéraire! Palabrons, mon cher! Oh! que votre palabre est heureuse! Piochons à l'aise dans ces paroles d'un poète qui aime lui aussi prélever aux formules classiques, à la langue de Voltaire ("qui, bien sûr, (c'est moi qui ajoute), a le "sourcil" de la langue"), à la littérature appellation contrôlée (style Rilke et ses conseils à un jeune poète : ça devient : "Commence par acheter un carnet inspirale" ou "Marche toujours les pieds calés au fond de tes poches").

    La récriture "Qui ne dit mot se concentre", les calembours (monsieur madame) : "Tout terrien qui finit rien", hautement métaphysique!

    Et tout est à l'avenant d'une imagination que Guiot maîtrise jusqu'à l'usure ou l'os comme on voudra : "Quand Le Pen négocie, Marine marchande".

    Le précis d'écriture, manifeste cocasse et tellement vrai pour certain(e)s :

    "Ecrire pour faire impression. / Ecrire donne des chevaux blancs .(n'est-ce pas Jérôme Garcin?)/ Ecrire léguer son corps au silence.

    Des dialogues absurdes, aux belles chutes de mots :

    - Paul Guiot, vous venez de créer le label "Les Produits du Tiroir".

    - En effet...

    - Mais, au fond, dites-nous, les Produits du Tiroir, qu'est-ce?

    On pourrait citer toutes les pages, comme pour les listes effarantes de Dejaeger.

    Une dernière : "Les femmes commanches/ sont peu actives sur Facebook,/ en cause, leur statut squaw" Un jour de week-end de la femme, cette phrase porte loin son message.

     

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    3. DES NOUVELLES ÉROTIQUES et des illustrations osées d'un temps ancien (vieilles photos et autres dessins cochons)

    Pas piquées des vers, pour pasticher un titre récent, ces nouvelles, qui égratignent les pudibonds de toutes sortes, tous ceusses qui , à croire, n'ont jamais entendu parler de gland "violacé", ni frémi, ni à l'énoncé d'un rendez-vous épicé sous les draps, ni franchi le cap rose de tous les sé-vices! Bref, il y a là matière à délices, entre le croquignolet, le suave, le délicat, les parties de jambes parfois saignées, les menuets au lit, les surprises du chef, les métaphores du membre, hautes en couleurs et les auteurs féminins ne sont pas les plus coincées, queue du contraire! Bref, ça swingue, ça déménage les petites "culottes", ça fait fort côté notices biobibliographiques des énergumènes qui se sont livrés au jeu : ex Eric Dejaeger (1958-20**) a les cheveux plus longs que le membre viril ex Né en 1961, Massimo Bortolini...Tour à tour et tout à la fois cunnilinguiste, maître queux, couille molle... ex Isabelle Buisson aime écrire dans le domaine du désir... ex Jean-Philippe Querton est resté puceau en littérature jusqu'à l'âge de quarante-quatre ans...

    Les auteurs s'en sont donnés à corps, cœur, cri jouijoie...et Th.Roquet a troqué facilement ses enthousiasmes, forcément "meilleur qu'un Turc" quand il s'expose, pour des pages affriolantes... Citons Eric Allard, André Clette, Cathy Garcia, Sylvie Godefroid, Gauthier Hiernaux, Ziska Larouge, Hélène Dassavray, Guillaume Siaudeau, André Stas et Michel Thauvoye. Seize invites à ne pas quitter les couettes pour réveiller "ma déesse blonde", pour connaître "ivres de langueur" des moments de "jouissance en canon", "un chant qui rebondit sur les murs de la pièce"... La photo de couverture est bien chaste, vraiment dans l'esprit surréaliste comme chez Bunuel : le spectateur ne verra jamais la beauté dénudée de "Tristana"/Deneuve, puisqu'elle ouvre son peignoir, le dos au public! Les photos et illustrations intérieures, ben mon cochon, font la nique aux curés, aux bonnes sœurs et à la morale bien pensante (surtout ne jouis pas, fais-toi mal, souffre en silence)...

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    Sur la photo, de gauche à droite, Paul Guiot, Jean-Philippe Querton, Éric Dejaeger et André Stas.

    Le site des Cactus Inébranlable Editions

  • Un recueil de NOUVELLES ÉROTIQUES pour NOËL

    par Éric Allard – Massimo Bortolini – Styvie Bourgeois – Isabelle Buisson – André Clette – Hélène Dassavray – Éric Dejaeger – Cathy Garcia – Sylvie Godefroid – Gauthier Hiernaux – Ziska Larouge - Jean-Philippe Querton –  Thierry Roquet – Guillaume Siaudeau – André Stas - Michel Thauvoye

    Tout savoir sur l'ASSORTIMENT DE CRUDITÉS, le recueil paru chez CACTUS INÉBRANLABLE éditions et les 16 auteurs (présentation + photo + extrait de leur nouvelle) qui y ont contribué:

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/cat... 

    ou ici, vers la page Facebook consacrée au livre:

    https://www.facebook.com/pages/Assortiment-de-crudit%C3%A9s/675706475802843

    Ma nouvelle est intitulée Un vieux maître SM. C'est l'histoire d'un maître SM qui reçoit sa dernière soumise et révèle par ailleurs la possible origine de sa pratique. Un texte qui doit beaucoup à ma lecture de Tanizaki, Bataille ou Lamarche et à un film de Ferreri (pour un clin d'oeil): "La dernière femme"

    Il sera disponible dès lundi dans toutes les bonnes librairies au prix modique de 17 €

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  • Un privé à bas bilan / Éric Dejaeger + Promo d'été chez CIé

    Le dernier né d'Éric Dejaeger conte l'histoire d'un privé qui débute dans le métier. Très vite, il a deux enquêtes à mener dans des milieux pour le moins louches. Avec un handicap de taille: un priapisme chronique. Conclura-t-il ses diverses investigations? Un polar palpitant & tordant. Brautigan est en train de le lire, apprend-on de source bien informée, et il se régale.

    Ma lecture du roman: Un Loup dans la bergerie =)

    http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2013/06/06/un-prive-a-bas-bilan-eric-dejaeger-cactus-inebranlable-editi.html

    Le blog d'Éric (je vous recommande sa série des Street, une ville en état de poésie) =)

    http://courttoujours.hautetfort.com/

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    La promo d'été (jusqu'au 15 juillet) de Cactus Inébranlable éditions: 3 polars pour 28 € (au lieu de 45 €). Des polars différents, humoristiques & humains, déjantés & tendres, noir & or... signés Dejaeger, Querton, Ellyton, Hiernaux, Thauvoye, Bailly. 

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

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  • Dis, petite salope, raconte-moi tout... / Olivier BAILLY

    Enfer & Paradis

    Ce roman est-il un drame de la jalousie quand elle devient obsessionnelle, rapport d’un dérèglement mental ou métaphore d’un monde où la femme érigée en statue de fiel, en mangeuse d’hommes, met le mâle à ses pieds, en position de n’être jamais rassasié par elle ? Même et forcément si le mâle est gros, affecté d’un féroce appétit de vivre, d’en découdre avec l’existence, avec tout ce qu’elle offre – notamment en termes de rêves via la publicité et ses modes de consommation. Inévitablement on pense au Swann de Proust, à L’Enfer de Chabrol d’après un scénario de Henri-Georges Clouzot. Mais sur fond d’un monde déboussolé, abreuvé d’idées toutes faites.

    Ce gros-là, jamais nommé, ne fait pas régime, il ingère tout, plus dans la vitesse que dans la profusion. S’il s’est piqué dès l’adolescence d’une femme enfant (le prénom à lui seul, Vanessa, est tout un programme lolitesque, avec références à Gainsbourg – dans le titre et l’épigraphe - et Paradis), elle va ensuite mordre à l’hameçon, au-delà de ses espérances, donner tout d’elle, jusqu’à un enfant, mais ce ne sera pas assez, il ne voudra jamais le croire, croire en son étoile, car il est programmé pour le malheur (le bonheur est trop commun, trop partagé), d’où sa dépendance à elle comme objet transitionnel (le livre montre que la relation à ses parents n’a pas été satisfaisante), voué à disparaître. Et cette addiction est au-delà du sexuel, du textuel, et bien loin de l’amour, du moins tel qu’on nous le rabâche, idéal et altruiste, tourné vers l’autre, le bien être de l’autre...  

    Sur le chemin impossible entre lui et Vanessa, il y aura une fillette qui ne pourra jamais combler l’espace pris par sa mère dans le mental de son père et qui devra dégager. Pour qu’il aille au bout de son délire, de sa propre histoire. D’où l’idée qui ressort qu’on se choisirait très tôt un scénario de vie à tourner, à dérouler et que le fou serait le réalisateur tyrannique qu’aucun aléa de tournage ne ferait dévier de son projet.

    Ce qu’il sait faire de mieux, notre homme c’est vendre, des histoires pour « refiler une quelconque camelote », que ce soit par téléphone ou de vive voix, se servant de tous les éléments susceptibles de favoriser l’opération, et sans état d’âme.

    Dis, petite salope..., c’est une image fixe de femme prise à l’adolescence, innocente et salope en puissance, qui phagocyte toutes les histoires, les fait proliférer tel un cancer dans un organisme qui n’a plus d’autre raison d’être. Vanessa, elle, est privée de parole, tout ce qu’elle dit est tourné en mensonge, nié dans sa vérité par le film que se fait son mari.

    C’est aussi, on l’aura compris, une métaphore du romancier. Qui, sur l’objet sacré de la littérature, produit des histoires sans fin. Qui ne valent que pour son amour des mots et qui ne demandent qu’à être jugées sur leur style, sur leur façon de raconter. Si le lecteur adhère, c’est vendu-gagné.

    Tout alimente la parano du gars, et cela donne lieu à des scènes tragicomiques autant qu’épouvantables, auquel s’adresse un narrateur froid, distancié qui débiterait un acte d’accusation. Le lecteur, pris à parti au même titre est happé dans la chute de l’asocial. Les faits sont relatés sans répit, tout nous est donné à lire : les produits et les marques, les opinions comme les actions des personnages, tout va vite chez cet homme pressé d’en finir. Quand tout a été dit-perdu, quand on est à la rue avec l’inconscient, sans toit, sans toi, sans tu à qui s’adresser, on peut à nouveau parier sur un chiffre, une idée fixe. Tant qu’il y a de la vie, du verbe, de la folie.

     « Qu´on soit béni ou qu´on soit maudit, on ira

    Toutes les bonnes sœurs et tous les voleurs
    Toutes les brebis et tous les bandits
    On ira tous au paradis, même moi »

    Éric Allard

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  • GALOP DÉCÈS de John ELLYTON

    Galop décès est un pur polar avec tous les ingrédients qui vont avec: du rythme, des rebondissements, un peu de castagne, un peu de sexe, une pointe d'argot... un pur régal pour les amateurs du genre.
    Pour les autres, l'occasion de plonger dans dans un livre qui vous tiendra en haleine jusqu'à la dernière ligne.
     
    L'auteur, John F. Ellyton est une figure connue dans le monde de l'édition belge.
    D'abord libraire, il se lance dans l'édition et dirige pendant des années les éditions MÉMOR.
    Il ne manquait qu'une corde à l'arc de ce spécialiste du livre: devenir auteur.
    C'est chose faite et Cactus Inébranalable éditions est fière de l'accueillir pour cette première !


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  • L'homme à la Chimay bleue de Jean-Philippe Querton

    images?q=tbn:ANd9GcTMAzHl_m_4lk2NULz63toO4Mf8O11dYvdeEy4x1NahMgdi6vfgc2ra6-QBesoin de bleu

    « Ma décision était irrévocable, définitive et sans appel, je voulais me noyer dans la trappiste et en mourir. Une botte de radis en décida autrement. » 

    Un incipit en forme de programme qui sera respecté... à la lettre.
    Si certains choisissent d'en finir à l’aide d’une lame, d’une corde ou d’une arme de poing, le narrateur décide de mettre fin méthodiquement à ses jours par les moyens de la Chimay bleue, nectar ou poison suivant l'usage qu'on en fait. C’est dire l’ambivalence du projet, qui renvoie à la nature duelle du narrateur, partagé entre des pulsions de vie et de mort. Car l’homme le prouvera, il aime boire et manger – ses descriptions des mets simples auxquels son budget de fin de vie le restreint nous le prouvent à souhait. Sa description du plaisir de la « troisième Chimay » fera date...

    Après avoir appris par son médecin que ses jours étaient comptés, il cherche refuge à une centaine de km de chez lui dans un village situé au bord de l’Excuse – on notera la malice du nom. Là il jette son dévolu sur un bistrot où il compte bien accéder en paix à son trépas. 

    Mais l’apparition bientôt d’une serveuse de 16 ans qui tient une guinguette (à l’écart du village) le renvoie à un pan malheureux de son passé, la perte d’une enfant. Elle le fera, comme annoncé, renoncer à son plan funeste – du moins à le surseoir, après une succession d'épisodes très noirs. Mais le moment où le récit bascule, s'engage hors de la voie que notre amateur de trappiste s'est fixée, entraîne le roman dans une autre dimension.

    A partir de là et jusqu’à la fin, le récit qui s’en tient, rappelons-le aux faits (ce n’est ni un pensum ni un périple onirique), va donner lieu à diverses interprétations (si on a l’esprit un peu questionneur), et c’est de là qu’il tire sa vigueur et sa beauté sinon son universalité.
    Quelques possibles interprétations auxquelles le lecteur pourra revenir après lecture de l’ouvrage pour voir si elles correspondent ou non à son regard... Plus d’une fois le narrateur s’effondre, comme mort, sous l'emprise de l'alcool. Et à ses réveils, quand il reprend conscience, c’est souvent l’Ange, comme il l'appelle, qui l’accueille dans le monde réel.

    A cause de scrupules, par crainte des convenances ou de ses démons intérieurs, on peut penser qu'il va sacrifier sa chance de revivre, de se débarrasser dans le miroir du présent de l’image d’un passé qu’on devine lourd. A noter que presque rien n’est dit sur ce passé, ce qui donne aussi beaucoup de force à l’instant vécu, fragile, en butte aux bégaiements de son histoire.

    Mais la fin, malgré les apparences, n’est pas un constat d’échec : l'homme à la Chimay bleue a réalisé son projet, accompli son destin, nous poussant jusqu’à la dernière ligne encore à une remise en cause personnelle sur ce que nous appelons vivre et être heureux.      

    E.A.

    Le site de Jean-Philippe Querton:

    http://jeanphilippequerton.e-monsite.com/pages/romans/l-homme-a-la-chimay-bleue.html

    Le site de Cactus Inébranlable éditions

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

  • Mallaurig de Gauthier Hiernaux chez CIé

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    EXTRAIT:

    "Vous allez me mettre le réchauffement climatique sur le dos aussi ? me rétorqua-t-il, l’air réellement choqué. Dès que vous dépassez un certain seuil de conneries, c’est de la faute des autres, mais quand on atteint les limites de l’envisageable, quand on ne peut plus passer le bâton merdeux à son voisin, on se tourne vers le méchant démon ! C’est votre problème, les gars, vous n’assurez pas ! Bon, pour la grande peste de la fin du Moyen-âge, les sept plaies d’Egypte ou le dernier tsunami en 2004, je conviens qu’il est difficile de trouver un responsable ! Mais dès que vous pouvez coller cette étiquette sur le front d’un type, on y va à la super glu !"

    TOUT SAVOIR sur Gauthier Hiernaux, Mallaurig avec une interview de l'auteur par l'éditeur sur le site de Cactus Inébranlable éditions

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/catalogue/mallaurig-gauthier-hiernaux.html




  • Rencontre piquante à Lessines

    4098024593.2.jpgFêtez le premier jour du printemps avec Éric Dejaeger, Jean-Philippe Querton & Dominique Watrin, trois auteurs des Cactus Inébranlable éditions.

    Ils seront à la bibliothèque Louis Scutenaire de Lessines, mercredi 21 mars, à 19 h 30, pour une rencontre pas piquée des ver(re)s.

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/ 

  • L'homme à la Chimay bleue

    couverture-de-l-hcb.jpg?fx=r_550_550"C’est un roman qui a été publié en 2006, chez l’éditeur Chloé des Lys.

    L’ouvrage avait été bien accueilli, il avait suscité de la curiosité, de l’intérêt et de l’inquiétude chez ceux qui voyaient dans ce récit la volonté de son auteur de se suicider en buvant de la Chimay bleue jusqu’à en crever !

    Après avoir publié les titres suivants: Mijn vader is groot ou  Comment je suis devenu un con qui ne parle pas le néerlandais de Dominique Watrin, La saga Maigros d’Éric Dejaeger, Des capiteuses pensées de J-P Querton…

    Pour inaugurer l’année 2012 du Cactus Inébranlable, Jean-Philippe Querton réédite L’homme à la Chimay bleue dans un nouvel habillage beaucoup plus élégant, un look charmeur qui augure d’une ambiance bien noire.

    Ce titre est d’ailleurs le premier de la collection « Cactus Noir » !"

    Pour offrir une « fleur » à ceux qui souhaitent soutenir le Cactus, sachez que l’ouvrage est proposé à 12 € au lieu de 15 jusqu’à la fin février.

    Pour commander, envoyez un mail à cactus.inebranlable@gmail.com ou téléphonez au 0497/76.35.55


  • Dominique Watrin à 50 degrés Nord

    1045465446.jpgC'était jeudi 12 janvier, Dominique Watrin était l'invité de l'émission d'ARTE-Belgique, en compagnie de Guy Gilbert.

    Il a eu l'occasion de bien parler de son livre, MIJN VADER IS GROOT, qui pointe un fait de société belgo-belge mais, au-delà, il pose la question de l'apprentissage des langues modernes. Même si, avant tout, c'est un livre d'humour et de nostalgie.

    On peut revoir l'émission (D.W est le premier invité):

    http://www.rtbf.be/laune/programme-tv/detail_cinquante-degres-nord?uid=98595051668&idshedule=fc781eded6ffb829555cd8ac2eacfd21

    Commander sur le site de Cactus Inébranlable éditions:

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

    En vente avec les deux autres livres du catalogue:

    LA SAGA MAIGROS d'Éric DEJAEGER

    Les 100 aventures du flic le plus nul de Charleroi, donc de l'histoire du polar. Du jamais lu!

    DES CAPITEUSES PENSÉES de Jean-Philippe QUERTON

    Des centaines d'aphorismes piquants d'un maître du genre.

    La Louvière:  L'Écrivain Public, rue de Brouckère 45

    Ath: Librairie Littérath, grand-place  

    Mons:  Libraire Scientia, passage du Centre 9

    Tournai:  Librairie Decallone, grand-place 18 et Médialivres, rue du Cygne 19

     Ellezelles: Librairie des Collines, rue d'Audenarde

     Écaussinnes: Librairie Le Kiosque (Chez Maurice), rue Maurice Canon

     Namur: Librairie Agora, rue Cuvelier 55-57 et à la librairie "Point Virgule", rue Lelièvre, 1

     Charleroi: Librairie Molière, boulevard Tirou, 68

     Binche: Librairie de la Reine, grand-place, 9

      Wavre: Librairie Calligrammes, rue Charles Sambon, 7

    Liège: Théma Librairie, route du Condroz, 48 (Boncelles) et Librairie Pax, place Cockerill, 4

    Bastogne: Librairie Croisy, rue du Sablon, 131

     

  • LA SAGA MAIGROS d'Éric Dejaeger

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    M comme Maigros

    Gilles Deleuze débute son abécédaire par la lettre A comme animal. Tout en marquant son peu d’intérêt pour les animaux domestiques, il dit sa fascination pour certains animaux au mode de vie limité comme la tique dont les trois perceptions ou affects se résument à « chercher aveuglément la lumière au bout de la branche, sentir la présence chaude du mammifère qui s’approche, puis chercher la région la moins fournie en poil pour perforer la peau. » (B. Goetz) Tout cela est suffisant pour, dit Deleuze, constituer un monde.

    Le Maigros de Dejaeger m’a fait penser à la tique de Deleuze. Comme pour elle, son mode de vie se limite à peu de choses. Il est porté sur le sexe, sur l’alcool et il déploie toute son énergie à ne rien faire d’autre. Son port d’attache est le Lolotte’s Bar à Charleroi. Et cela suffit à créer un univers qui tourne autour de lui, dont il est, à force de statisme, l’involontaire pivot. 

    Au départ, écrit selon le mode du feuilleton (le roman moderne est né ainsi), et distribué par courriel deux fois la semaine à une centaine de privilégiés, La saga Maigros, dont certains ne manqueront pas de noter le parallèle avec les San Antonio, constitue bien sous sa forme livresque un roman, avec bien sûr ses épisodes mais plus que ça : ses cycles, ses courants internes et ses personnages (les piquantes Cunégonde O'Connell et Anemie Snot en tête) qui viennent au fil des chapitres grossir la planète maigrossesque en risquant chaque fois de perturber les habitudes de l’inspecteur falot. Mais que le futur lecteur se rassure, la morale sera sauve car le désolant policier ne déviera pas d’un iota de son mode de vie sédentaire.

    Il n’est pas anodin que celui qui réussira à le faire travailler comme jamais, c’est-à-dire exercer son métier de gardien de l’ordre public, est le père Maçuel, une espèce de gourou inspiré d’un personnage local haut en couleurs. Car sans doute là se joue quelque chose de plus dangereux que la canaille ordinaire, ce qu’au fond Maigros et lauteur (en un mot comme dans le livre), l’un, dans sa tare constitutionnelle, et l’autre, avec toute sa malice, savent bien. Le danger ne vient pas de la racaille, aussi vicieuse soit-elle, en général peu futée et pas politisée pour un pou, mais de ceux qui sont censés régler toutes les questions sécuritaires d’un coup de baguette magique, fût-elle répressive et/ou religieuse.

    image.jpg?w=620Maigros est un sacré représentant de l’ordre dans le sens où il ne résout aucune affaire, laisse en l’état l’ordre socialo-comique, pour autant que celui-ci n’altère pas sa tranquillité. Est-il une projection de la police telle que le citoyen lambda se la représente ou ce que devrait être pour l’auteur tout système répressif ?

    Mais qu’est-ce qui, malgré des aspects peu ragoûtants ou présentés comme tels, garde à Désiré Maigros son capital sympathie ? Parce qu'il n’a aucune prétention. Pas d’appât du gain, de surenchère dans l’avidité chez lui mais le seul souci de maintenir son statut. Une constance dans l’apathie, un surplace élevé au rang d’art du statu quo dans son métabolisme primaire.

    Comme d’habitude, chez Dejaeger, le récit alterne les divers genres (parfois moqués, pastichés) et mêle les saveurs littéraires comme le dialogue, la coupure de presse, la poésie, le polar, la littérature dialectale, le journal intime, les nouveaux supports électroniques (à signaler au passage la belle variété de la typographie), jouant avec maestria de l’art du conteur. Les quelques remarques précédentes ne devraient pas non plus faire croire qu’on va lire un pensum, un conte (im)moral quoiqu’il y ait certainement des pistes de réflexion à trouver derrière les aventures croquignolesques de cet épigone lointain de Maigret.

    Souvent on rit franchement  et on ressent même quelques émotions d’un autre ordre comme rarement on en tire d’un livre, c’est le côté rabelaisien de l’entreprise. Et cela, ça peut faire peur à votre entourage s’il n’est pas prévenu de l’objet de votre lecture. C’est dire si La Saga Maigros, à l’image de son antihéros, est un livre très physique à consommer avec gourmandise en n’ayant pas peur de se salir un peu l’âme et de se faire mal aux zygomatiques. Merci, Monsieur Dejaeger. 

    Éric Allard

    Pour commander

    =) via le blog de lauteur:

    http://courttoujours.hautetfort.com/

    =) via le site de Cactus Inébranlable éditions

    la-saga-maigros.html

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    (Re)lire l'interview Livres & vous d'Éric Dejaeger

    interview-livres-vous-eric-dejaeger1.html

     

  • La saga Maigros à Tournai-la-page

    276996_264955306872218_128207579_n.jpgCactus Inébranlable éditions sera présent à la foire du livre de Tournai ce week-end des 12 et 13 novembre 2011.

    Lieu: La Halle aux Draps, grand-place de Tournai.

    Vous pourrez y rencontrer Jean-Philippe Querton, l'éditeur, et Éric Dejaeger, l'auteur (dimanche après-midi) de La saga Maigros.

    Lire la lettre de Marc Bonetto à Éric à propos de La saga Maigros

    http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2011/11/03/c-est-pas-moi-qui-l-dit.html

    Abonnez-vous à la page Facebook de Cactus Inébranlable éditions

    http://www.facebook.com/groups/264955306872218/?ref=ts

    Le programme de TOURNAI-LA-PAGE

    http://www.lesamisdetournai.be/Tournai-la-Page-2011-Programme_a221.html

    Seront également présents les éditions Chloé des Lys avec, notamment, les livres de Carine-Laure DESGUIN, Jean-Philippe QUERTON, Christine BRUNET, Laurent ROMAN...

    Mais aussi, me souffle Philippe Leuckx (présent lui aussi avec ses livres chez ses différents éditeurs), Les Déjeuners sur l'herbe et ses nouveautés : Mmes Poncin et Bouret, M. Paul André; le Tétras Lyre, et ses nouveautés "La chambre", "Une barque"; Le Taillis Pré, et ses nouveaux : Pirotte, Daine...; Espace Livre : Aubevert, Horguelin, Demoulin (très beau "Même mort"!)...

     

  • Entourloupe au Turette (un épisode de La saga Maigros)

    Épisode 71 — ENTOURLOUPE AU TURETTE

     

    Dans les années 1970, Charleroi comptait trois cinémas pornographiques, tous situés dans le même quartier, dans de petites rues donnant sur le boulevard Jacques Bertrand, la gloire poético-musicale carolorégienne. Bien qu’il n’eût pas encore l’âge de fréquenter ces endroits – à l’époque, il fallait en théorie avoir vingt-et-un ans pour voir ce genre de films – le jeune Maigros s’y rendait régulièrement avec parrain Prosper : l’homme avait ses entrées dans tous les endroits interlopes de la ville. C’est ainsi que dès ses quinze ans, quand il quitta la puberté, il put admirer des chefs-d’œuvre comme Chattes au vallon, La coccinelle a monté Carlos, Carmina bourre Anna, Il était une fois dans ma vulve, Les grandes vadrouilles, Les Titans niquent et bien d’autres joyeusetés pornolubriques. C’est dans ces salles obscures, fréquentées par des hommes autant que par des couples libidineux, qu’il a découvert tout une série de positions, qu’il a perfectionné ses techniques de « p’lotâche » et de « doigtâche » quand Prosper venait avec deux amies et qu’il a joué à celui qui envoyait son sperme le plus loin, finissant par battre son oncle à son propre jeu.

     

    Trente ans plus tard, un seul de ces cinémas subsiste encore : Le Turette, dans la rue du même nom. Maigros y a toujours ses habitudes. Il s’y rend une ou deux fois par mois, à l’œil, seul ou flanqué de l’acolyte qui patrouille avec lui. Ce jour-là, il tourne avec Poireau.

     

    — On s’frait b’en une ’tète toile, ma grosse. Ça pourrait t’inspirer pour tes powésies...

     

    — Pourquoi pas ?

     

    Il se gare en double file rue Turette, juste en face du cinéma, rendant le passage fort délicat pour les autres automobilistes. Il prend la précaution d’allumer ses feux de détresse.

     

    — Salut, Bèlal. Y a du monde, aujourd’hui ?

     

    — Bonjour, Inspecteur. Bof, c’est pas la joie. Une dizaine de personnes.

     

    — Des femmes ?

     

    — J’sais pas trop, avec tout c’qui roule maint’nant !

     

    — On va voir ça. Aboule ta graisse, Poireau !

     

    Maigros jette un œil à « l’affiche » qui propose deux films en boucle : Bienvenue chez les chtouilles et Bitman erre aux bains. Les deux roussins pénètrent dans la salle. Le temps de laisser leurs yeux s’habituer à la pénombre, ils gagnent la rangée du haut et s’installent. Les sièges sont légèrement poisseux mais Maigros n’en a cure : il se sent un peu comme chez lui. L’odeur – ça pue le renfermé et la vieille sécrétion – ne le dérange pas non plus. Trois rangées plus bas, juste devant eux, un couple se tripatouille sans un regard pour l’écran. Lors d’une scène en extérieur jour, alors que la pénombre dans la salle est moins profonde, ils peuvent voir que la femme, qui paraît jeune, s’est dénudée jusqu’à la taille.

     

    — J’parie qu’d’ici, j’peux lui envoyer ma purée su’ l’dos, souffle Maigros à Poireau.

     

    — D’ac. Vingt-z-euro.

     

    L’inspecteur commence à s’astiquer. Au moment où il se sent prêt, il se lève, comme au bon vieux temps avec parrain Prosper. Tel un mortier de 35 milimètres, son sexe pointe vers le dos de la femelle en chaleur. Ça va partir quand soudain la salle se trouve plongée dans l’obscurité. Quelques cris d’étonnement se font entendre. Le projecteur vient de tomber en panne. Trois secondes et les lampes s’allument. Maigros a le réflexe de se rasseoir, sabre au clair. La jeune femme se tourne vers lui, imitée par son tripoteur.

     

    — Eh ! C’est Kevin Crayat, Chef ! crie Poireau. Le parricide ! Vite ! POLICE !

     

    Immédiatement, Kevin est debout. Il bouscule la blondasse et fonce vers la sortie.

     

    — Vite, Chef, on peut l’avoir ! reprend Poireau qui démarre à la suite du jeune homme.

     

    — T’OCCUPE, POIREAU ! R’VIENS ICI ! J’peux pas cavaler à s’cul la quette à l’air. Y m’faut deux minutes avant d’pouvoir rempaqu’ter. En attendant – Bougez pas, Madame ! Police ! – va examiner l’dos d’cette pétasse : ma bite à couper qu’tu m’dois vingt-z-euros !

    Épisode extrait de LA SAGA MAIGROS (Cactus Inébranlable éditions)

    Éric Dejaeger

     

    135495105.jpgSe procurer le livre:

    Commander en envoyant vos coordonnées à cactus.inebranlable@gmail.com ou par téléphone 0497/7635 55

     

    ou 0032 497 76 35 55

     Le livre est vendu 15 €.

    Les frais de port sont offerts pour la Belgique et réduits pour l'étranger durant le mois d'octobre.

    N'hésitez pas à nous contacter.

     Nous offrons aussi des conditions aux libraires.

     La saga Maigros est également disponible dans les points de vente suivants:

     L'Écrivain Public, rue de Brouckère 45 à La Louvière (Belgique)

     Libraire Scientia, passage du Centre 9 à Mons (Belgique)

    Polar & co, rue de la Coupe 36 à Mons (Belgique)

     Librairie Decallonne, grand-place 18 à Tournai (Belgique)

    Le blog d'Éric Dejaeger:

    http://courttoujours.hautetfort.com/

     

  • La Saga Maigros à Roisin

    Jean-Philippe Querton et Éric Dejaeger seront au SALON DU LIVRE de ROISIN

    pour présenter La Saga Maigros (Cactus Inébranlable éditions)

    ce dimanche 16 octobre, de 14 à 18 heures

    23 rue Émile Verhaeren - 7387 Roisin

  • LA SAGA MAIGROS sur VIVACITÉ

    135495105.jpgVendredi 7 octobre, Éric Dejaeger (l'auteur) et Jean-Philippe Querton (l'éditeur) seront les invités de l'émission Aller-retour sur Vivacité à 17 h 35.

    A écouter sur 92.3 Mhz ou en ligne ici:

    http://www.vivacite.be/index.htm

    Des premiers échos élogieux suite à la parution du bouquin:

    San-Antonio : "Le livre que Frédéric Dard n'a pas osé écrire."
    ... A. Nothomb : "Comment est-il possible d'écrire 220 pages sans un seul subjonctif imparfait ? Une horreur !"
    J.B. Pouy : "Dejaeger réinvente totalement l'art de l'intrigue policière. Chapeau !"
    G. Musso : "Il n'y a pas photo : c'est moi qui serai élu à l’Académie française, pas lui."
    G. Simenon : "Maigros est un personnage hors norme, même s'il se situe aux antipodes de mon commissaire Maigret."

    Avis à celles et ceux qui sont pressé(e)s de lire La saga Maigros, le livre est en vente à l'Écrivain Public à La Louvière, ainsi qu'à la librairie Scientia à Mons et à la librairie Molière de Charleroi.

    Pour les autres, on peut le commander via l'adresse mail: cactus.inebranlable@gmail.com

    Le livre est vendu au prix de 15 euros (frais d'envoi gratuit pour la Belgique durant le mois d'octobre)

    Pour commander chez l'éditeur:

    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

    ou chez l'auteur:

    http://courttoujours.hautetfort.com/

  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Maigros...

    Voici la fiche de présentation de Maigros, histoire de vous faire une idée du personnage avant de vous procurer le récit de 100 de ses pitoyables mais irrésistibles aventures...
    Le premier ouvrage des Cactus Inébranlable éditions. A paraître le 30 septembe 2011 au prix de 15 € (seulement).
    "Nom : Maigros
    ... ... Prénoms : Désiré Prosper Richard Ernest Ghislain
    Nationalité : Belgique
    Date de naissance : 17 décembre 1962
    Lieu de naissance : Dampremy (Charleroi)
    Taille : 1 m 72
    Poids : 117 kg
    Cheveux : bruns, grisonnants, avec calvitie occipitale
    Yeux : bruns
    Un con congénital, Désiré Maigros. Peu après sa naissance sur la table de la cuisine dans une maisonnette pas très proprette de la banlieue carolorégienne, la fée de la bêtise a certainement dû se pencher très longuement sur son espèce de berceau, un vieux bac en bois de feu la Brasserie des Alliés.
    Il a quatre ans quand il réussit à dire « papa » correctement – son géniteur va déserter la soue familiale deux ans plus tard suite à un matraquage maternel. À presque sept ans, il effectue ses premiers pas sans tenir la main de sa môman.
    Deux jours plus tard, s’essayant au sprint sur cinq mètres, il chute lourdement et se casse un bras.
    […] Il obtient son C.E.B. à presque vingt ans et son diplôme d’études secondaires à l’âge de trente-deux ans. Malgré ces avatars, il est heureux : sa mère, poivrote notoire du quartier dit Fond des Piges à Dampremy, l’a initié dès l’âge du biberon aux plaisirs de l’alcool et, quand il a commencé – tardivement, il est vrai – à gonfler de la zigounette, à ceux de l’inceste […]
    À trente-quatre ans, Maigros se retrouve seul. Grâce à son parrain Prosper qui a des accointances avec tous les milieux interlopes de Charleroi, depuis la plus petite pègre jusqu’à la Maison communale, il se fait engager là où les cons sont facilement acceptés : la police."

    Réservez votre ouvrage dès à présent et bénéficiez des frais d'envoi gratuits en Belgique. (offre valable jusqu'au 10 octobre)
    Le livre paraît le 30 septembre et coûte 15 €.
    En savoir plus ?
    http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

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