Les Belles Phrases
Textes courts, poésie et chanson, plaisirs de lecture... Un blog d'Éric ALLARD
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N O U V E A U : LES CHRONIQUEURS LIVRES DU SAMEDI
Chaque samedi, Philippe LEUCKX et Denis BILLAMBOZ se relaieront pour vous proposer leurs lectures. Vous pourrez retrouver toutes leurs chroniques dans la liste des CATÉGORIES.
DENIS BILLAMBOZ
62 ans, il habite Besançon. Lecteur impénitent et curieux de toutes les littératures, il livre ses chroniques sur divers blogs et sur Critiquestlibres.com
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PHILIPPE LEUCKX
54 ans, poète, écrivain et critique belge, il a publié une trentaine de plaquettes et livres. Il écrit dans plusieurs revues francophones.
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AVIS AUX LECTEURS
Si vous rencontrez des « belles phrases », par leur forme ou leur sens, des phrases qui vous séduisent, des phrases possédant une singularité, un style (même si c'est de n'en avoir pas - « Le style, écrivait Jules Renard, c'est l'oubli de tous les styles), constituant un paragraphe, un passage que vous avez envie de faire partager, elles prendront place sur ce blog, avec vos coordonnées.
BLOGS AMIS
Repères
« Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore.» GUSTAVE FLAUBERT /-/-/-/ "Le vers est partout dans la langue où il y a rythme." STÉPHANE MALLARMÉ /-/-/-/ « Le seul endroit où je peux réellement me poser est un endroit imaginaire : c'est le langage. » MAHMOUD DARWICH /-/-/-/ "Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul." FERNANDO PESSOA /-/-/-/ "Plus j'interviens physiquement dans la langue, plus j'ai la sensation de vivre." PIERRE GUYOTAT /-/-/-/ "Pourquoi certain écrit-il? Parce qu'il n'a pas assez de caractère pour ne pas écrire." KARL KRAUS /-/-/-/ "Je crois profondément que le désir d'écrire vient comme une nécessité en soi et que le verbe "écrire", comme "respirer", s'entend d'abord comme intransitif." CATHERINE MILLET /-/-/-/ "Quelle que soit l'importance de ce qu'on vit, et on peut vivre des choses formidables, la vie ne serait pas achevée si on n'écrivait pas." PIERRE MERTENS
L'Histoire du poème
Le poème est né, au bas mot (Obama?), il y a quinze milliards d'années, c'est-à-dire bien avant le Big Bang. (Mais ça, même les frères Bogdanov l'ignorent). Une théorie tend d'ailleurs à démontrer qu'il serait à l'origine de l'univers. Depuis, on s'en doute, le poème a connu mille métamorphoses et autant de péripéties, dont ce blog rendra compte, parmi les plus récentes et les plus extraordinaires.//// Plus gaiement, c'est un Art poétique déguisé, un questionnement saugrenu sur les limites du genre poétique, une folle tentative de l'épuiser.
PORTRAITS CROISÉS
Si, au fil de vos lectures, vous croisez des portraits de personnages - masculins, féminins ou transgenres -, ne manquez pas de les relever et de me les adresser.De préférence des portraits « amoureux ».
Nouveaux métiers
Les révolutions (industrielle, socialiste, numérique) passent, la Crise, les guerres perdurent et des métiers trépassent. Heureusement d'autres professions apparaissent qui nourrissent l'homme à défaut de toujours l'émanciper. Pour l'avenir de nos bourses, soyons attentifs à ces nouveaux métiers qui feront le Grand Bazar de demain.
Partage
« L'impossibilité où nous sommes de dire la vérité, quand même nous la sentons, nous fait parler en poètes, raconter les aventures de notre esprit et vérifier qu'elles sont comprises pas d'autres aventuriers, communiquer notre sentiment et le voir partagé par d'autres êtres sentants. » Jacques RANCIÈRE
Le roman d'un blogueur
Le roman d'un blogueur est un feuilleton qui sera posté à raison d'un épisode par semaine.
MINI MAL
Du mini mal car il faut - parfois - éviter les mots qui plombent les dits courts et garder les grands maux pour la fin.

08-03-2010

La femme de la nuit

La femme de la nuit vit dans le ventre de l’éléphant de mer.

La femme de la nuit joue à la corde avec les comètes et se chauffe au gaz de nébuleuses.

La femme de la nuit a peur de toutes les sortes de lumière.

La femme de la nuit se terre entre les airs quand elle est à l’opéra.

La femme de la nuit remue les oreilles dans l’eau chaude du bruit.

La femme de la nuit opère à ciel ouvert le mauvais esprit des grands arbres.

La femme de la nuit fait mine de ne pas voir la reine de couleur dans le jeu pâlichon du roi.

La femme de la nuit a sa vérité accrochée en trompe l’oeil autour de son  cou blanc comme neige.

La femme de la nuit porte bonheur aux bananes et aux concombres pendant l'hiver. 

La femme de la nuit a des aventures glaciales avec des ours mal léchés sur fond de banquise melliflue. 

La femme de la nuit roule mes yeux dans son sucre semoule.

La femme de la nuit plonge sa salière mouillée dans le désert de ma petite enfance. 

La femme de la nuit a des doigts de souvenirs soignés.

La femme de la nuit dort dans le lit des rivières avec des poissons-lune et des étoiles tentaculaires.  

La femme de la nuit se repose sur les étoiles piquantes de la constellation. 

La femme de la nuit sait se conduire pour aller à la pêche aux gros mots.

La femme de la nuit n’a pas sa langue dans la poche revolver d’un tireur de mots.

La femme de la nuit se nourrit exclusivement de papillons en forme de feuilles de mûrier.

La femme de la nuit a les seins troués par où on boit son coeur à la paille.

La femme de la nuit ne fait pas d’auréoles sur la sainte famille noctambule.

La femme de la nuit a des dents de lait à croquer un mangeur de rêve.

La femme de la nuit fond dans la bouche du jour.

Personne ne connaît la femme de la nuit comme le faiseur d’ombres.

 


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08-03-2010, 14:07:41 Éric Allard
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19-02-2010

PAN !

J’ai couvert le dos d’Eglantine

De fleurs aux effluves salines,

Mis le feu à son animal.

Ma caresse le fut, furtive

Et sa colère, fugitive...

Rien au fond que de très normâle !

 

J’aime jouer à la bataille,

Bien me cacher dans sa broussaille.

Mais qui parlerait de saucisse

A dû manger avec tristesse

Du gras de cuisse de papesse

Dans un grand silence sans son.

 

Quoi, on me jetterait la pierre

Jusqu’au fin fond de l’Angleterre?

Vite, qu’on m’apporte un miroir,

Que je leur défonce la fraise

À grand coup d’images par treize

Et qu’on n’me dise pas bonsoir !

 

Fée qui jamais ne sommeille

Frappe le jour, masque la nuit

D’un coup de carabine, pan.

Les ténèbres lèvent le camp !

Sans lunettes, qu’est-ce, le ciel ?

Une feuille d’acier trempé

Parmi les nuages? Et l’oeil

Pour les percer, de déclarer :

Mes mots sont balles d’un fusil

Dont la poudre est de poésie.

 

 

 

Exercice d'écriture sous contrainte réalisé sur le site Critlib.com il y a quelques années


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19-02-2010, 12:16:23 Éric Allard
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19-11-2009

Cônes et cylindres

Cônes de dune

et cylindres du temps

sur la poitrine du couchant

Deux oranges de vin

Piétinent

un vin de table

 

Une main de sable

est prise

dans les filets du vent

 

Une cerise à chaque oreille

coiffé d’oreillers blancs

je lutte contre le sommeil

je fais un tapage  

à faire bouillir la nuit

sur le gril de l’aube

 

De l’autre côté du soleil

je chante à tue-tête

pour faire enrager la lune

 

 


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19-11-2009, 11:12:24 Éric Allard
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03-11-2009

Débordements

Débordements de vinyls, de plages, de sable. 

Débordement du vent.

Débordements de trains, de trams, de transes.

Débordement du temps.

Débordements de feuilles, de mots, de lettres.

Débordement d’écriture.

Débordement d’oiseaux de fer, de plomb dans l’aile.

Débordement de ciel.

Débordement de poissons de papier, de fleur de sel.

Débordement de mer.

Débordements de rues, de villes, de continents.

Débordement de terre.

Débordements de colère, de pleurs, de rires.

Débordement d'émotion.

Débordements de lune, de rêves, d'étoiles.

Débordement de nuit.

Débordements de peaux, de poils, de veines.

Débordement de sang.

Débordement de vie.

Débordement d’espoir par le trou d’un sourire.   

 

 

D’après des photos de Romain Laurent :

http://www.actuphoto.com/11454-romain-laurent-tas.html

http://www.romain-laurent.com/

 


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03-11-2009, 13:56:40 Éric Allard
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01-11-2009

Mourir moins vite (ou Les beautés extravagantes du verbe)

mourir moins vite

en courant au-devant des nuits

en battant les trottoirs de la vie

à la recherche d’un peu de poudre

à enflammer les visages

 

mourir moins vite

en fonçant dans les murs blancs

en remuant ciel et mer

pour une peau de dauphin grise

comme dent de requin

 

mourir moins vite

en longeant les rives du tendre

en forçant les images à dire

les mots qu’elles contiennent

les pauvretés extravagantes du verbe

 

mourir moins vite

en marchant dans la boue des matins

en tordant les cous et les cuisses

qui dérangent le bel ordonnancement

des jambes à venir  

 

mourir moins vite

en collant sa bouche aux sexes

en martelant les mêmes lèvres

aux quatre coins d’un corps

qui tient à distance des os

 


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01-11-2009, 13:21:05 Éric Allard
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26-10-2009

La foire au vin (ou Les pensées courbes)

une coulée de lait dans ses cheveux roux

désigne la vache rouge perdue dans le pré

par un viticulteur doux dingue d’un cépage

 

visage d’ange

bouche à vin 

guitare sèche

 

les notes rauques de la machine à traire

marchent sur les touches d’un accord

lisse comme un crâne de chauve 

 

mer morte

mine de perles

huîtres à foison

 

qu’elle est belle sa tignasse  

sous les flots de sang de la machine à extraire

les pensées courbes d’un cheveu raide  

 

 


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26-10-2009, 11:28:12 Éric Allard
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03-10-2009

bouge bouche mouth

Fantaisie sur la vidéo d'un titre de Wax Taylor

 

bouge bouche mouth

bouche rouge sans yeux

dents mains ongles ou

pas l’un sans l’autre jusqu’au bout

pâles épaules par derrière

sourires étirés sourds

muets qui parlent pauvre

doigts qui bouchent la bouche

                                    mais où

jouent les muscles du couple

joues joies joutes palpées

menton menteur nez nié

dents mains blanches ou

pas l’un sans l’autre jusqu’au doute

bouche rouge sans cible

bouche mouth ose les morsures

combien de dents poussent

les mots sur tes lèvres livres

rides de son sampling de souffles

rêves de sens qui tournent courts

pour           quoi           mais où

quoi faire ou bien quoi foutre

bouche mouth bouge  

tour des roues pour tomber raide

ou pas l’un sans l’autre jusqu’au trou

bouche red mouth rouge

mais où courent les baisers

 

 


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03-10-2009, 18:58:31 Éric Allard
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02-10-2009

Peine perdue

Mes yeux lèchent ta peau

Peau de sel peau de gel

Paupières gercées

 

Tes lèvres au loin

Comme un feu allumé 

Sur la banquise des jours

 

La caresse espérée

Navigue en eaux froides

Comme une lame au bord du crime  

 

Sur le sable de ton corps

Je construirai un esquif

Pour fendre les eaux marines

 

Tes lèvres si loin

Comme une faim attisée

Par le festin d’un baiser

 

Tu parles et c’est bien

Mes tympans tètent tes mots

Mots de rien mots sans rime

 

Si j’ouvre la bouche

C’est pour dire

Combien de peine j’ai

 

Mes yeux lèchent ta peau

Peau de miel peau de ciel

Paupières fermées

 


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02-10-2009, 13:09:14 Éric Allard
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01-10-2009

Mes frasques

Pas de veine pas d’artère

J’ai piqué les fruits du hasard

À hauteur de la pulpe

Et me suis fait une destinée

En forme de pure hirondelle

 

Rouge comme une écrevisse

J’ai crevé l’oeil sale du soleil

Dans la nuit son jus jaune

A fait de l’ombre à la lune

Jusqu’au matin pleureur

 

Pas avare de cruautés

J’ai planté la fourchette

De la femme trop aimée  

Dans la main du sable

Et de l’eau de mer a jailli

 

Dans l’élan de la promenade

J’ai mutilé deux saules

Leurs larmes que j’ai bues

M’ont donné la nausée

Et j’ai pris l’air voleur  

 

Enfin pour pouvoir dormir

Tout nu dans la sève

J’ai achevé à la hache

Un grand séquoia malade

Qui pourrissait dans mes rêves

 

On m’a tout reproché

Mes crimes mes cris mes écrits

Il fallait pourtant que je laisse

Une trace de mes frasques

Pour me délivrer de ma peine


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01-10-2009, 12:52:16 Éric Allard
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21-09-2009

Femmes araignées

Araignée du matin, câlin.

Une fille éparpillée là

dans la soie des charmes

déchire sa toile

et fait à la fleur de l’étoile

qui a pris son rêve

sentir sa chair parfumée.

 

Araignée du midi, désir.

Belle Mygale égarée

dans la forêt du jour.

Malédiction des signes

qui plongent dans l’air

un réseau débridé de lignes

dessinant un arc-en-ciel.

 

Araignée de quatre heures, pleurs

entre les platanes verts.

Taches de thé blanches.

La femme répudiée

porte au creux du ventre

la croix blême irradiée

de l’Epeire diadème.

 

Araignée du soir, ombrage.

Volets fermés pâles.

Rideaux ouverts  noirs

sur le désert de l’amour.

La Tégénaire sort pour voir

où va l’eau des songes

avec la Veuve Noire.

 

La femme à ma porte

n’a rien d’autre sur elle

qu’une Tarentule

comme un caresse mortelle.

La vie est mal araignée

avec ses filles distendues

aux quatre coins du globe.

 


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21-09-2009, 12:19:56 Éric Allard
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09-04-2009

Mes possessions, inventaire libre

J'ai un père à la moutarde et une mère au picalili.

J'ai un frère à moustache et une soeur à roulettes.

J'ai un fils serre-feuilles et une fille porte-plume.

J'ai eu quatre grands-parents comme tout le monde.

J'ai deux bras blancs qui jaunissent au lavage et une langue étirable à merci.

J'ai une bosse qui me pousse au printemps et une cravache à faire pousser droit les fleurs.

J'ai un air lourd quand le temps est à l'orage.

J'ai une barbe à papa rousse et un ami revolver à la retraite.

J'ai un emploi vacant et une douzaine d'employés de rechange.

J'ai le bout du nez rose quand on me tire les oreilles.

J'ai la main dans le sac de sons et le doigt sur la couture du gonfalon.

J'ai mal à la tête, aux reins et aux jambes quand j'ai couru pour avoir de l'eau ou des idées.

J'ai un corbeau blanc.

J'ai un bouton noir.

J'ai deux grains de beauté qui ne donneront jamais de fruits.

J'ai un piano à cordes nouées.

J'ai un quart de guitare.

J'ai un fleuve en mille morceaux.

J'ai un numéro de cirque avec téléphone.

J'avais un cercueil portable avec écran incorporé avant qu'on me le vole.

J'ai une tombe en forme d'oeuf.

J'ai du fil à coudre les boutons de manchette en chocolat.

J'ai un mariage en réserve.

J'ai des désirs sous le manteau qui me donnent des démangeaisons.

J'ai trois pommes, deux poires et une cerise sur le gâteau de mon arbre généalogique.

J'ai uniquement une vie de rêve et cinq ou six chambres noires pour la soustraire aux regards.


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09-04-2009, 11:07:52 Éric Allard
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25-03-2009

Sac de plumes

Sac de plumes

Et bonnets de bain.

 

Dans vos piscines cossues

Je cracherai mes mots vilains.

Oui je règlerai mes comptes

Avec les eaux de la terre

Les mappemondes en verre

Et les livres marins

Avant la fin du monde

Et l’essorement des reins

 

Sac de plumes

Et bonnets de bain.

 

Dans vos paysages sales

J’inscrirai mes lieux pouilleux.

Oui, je réglerai ma montre

Sur l’heure du lendemain.

J’enfermerai la lune

Dans un morceau de pain

Je verserai mon urine

Dans un pichet de vin.

 

Sac de plumes

Et bonnets de bain.

                                   

 


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25-03-2009, 14:02:18 Éric Allard
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Les textes pour lesquels le nom de l'auteur n'est pas signalé sont de moi. Les textes d'auteurs invités sont répertoriés dans les catégories: "Les belles phrases", "Les beaux vers" ou "Les beaux haïkus". Éric ALLARD
Penchants retors / Éric Allard
Aux éditions GROS TEXTES. 100 textes courts qui sont autant de contes brefs sur les aventures d'un narrateur imaginaire en phase avec son époque. Illustration de couverture: Salvatore Gucciardo
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LES PETITS ABRIS DE LA CHANSON
« Écrire des chansons, ce n'est pas une activité prestigieuse. Vous ne construisez pas des cathédrales, vous construisez de petits abris." /=/=/ "Je n'ai jamais fait de grande distinction entre ce qu'on appelle la poésie et la chanson." LEONARD COHEN /=/=/=/ "Je sais que je ne serai jamais seul/Avec toutes ces chansons dans mon sang" CHARLIE FINK (Noah & the Whale dans "Love of an Orchestra") /=/=/=/ "Il est plus acceptable de faire du rock sans prétention littéraire que de faire de la mauvaise chanson à prétention littéraire" SERGE GAINSBOURG à Denise Glaser (1964)
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"L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art." Robert FILLIOU ///// "Art: Continuation de la vie par d'autres moyens." Gérard GENETTE
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