Les belles peintures

  • CHRISTEL BOUCHAT

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    Christel Bouchat croque depuis plusieurs années nos gloires nationales (Poelvoorde, Stromae, Efira, Damiens... ) souvent coiffées d’un chapeau melon en hommage à son peintre favori, René Magritte, un autre célèbre Belge, ce qui dénote un souci de faire entrer dans un cadre donné les objets de ses dilections comme celui d'introduire dans un assemblage donné un élément à la fois rassembleur et marquant l'étrangeté.
    Ce sont des portraits saisissants de ressemblance qu’elle réalise parfois en une nuit d’insomnie. Mais ils ne visent pas qu'à la ressemblance. Ils sont animés d’une force expressive qui, pourrait-on dire, dépasse, submerge leur image. Ils disent aussi la force du peintre aussi bien que celle du modèle, ce qui les relie dans un même élan vital, dans une même visée vers la beauté.

    Dans tout essai de classement, la singularité survient, elle prend le pas sur le cadre, elle fait diverger de la voie centrale, prendre des lignes de fuite… Et c'est ce qui s’est passé, Christel a ressenti le besoin de prendre la tangente de ses premiers travaux en créant une nouvelle série où elle associe à des visages féminins des éléments divers : abeilles, oiseaux, poissons, ciels, paysages de montagne... Bestiaire en relation avec la nature. Sans toutefois faire dans l’attendu et en instaurant dans ses crossover sensibles de neuves correspondances entre les éléments mis en présence. Le ciel est présent, ancré à la terre. Le regard est rêveur, introspectif, absent ou dissimulé. La chevelure, lieu mouvant de toutes les métamorphoses, crée le lien entre le haut et le bas, le ciel et la terre. 

    En intégrant à ses portraits des éléments extérieurs, elle interroge  le lien entre apparence et intériorité, surface et profondeur, fond et forme. Sans quoi le travail du peintre se limiterait à de l’illustration, du purement figuratif. Elle ouvre au spectateur de ses toiles le spectre des possibles. 
    Très vite, Christel s’est engagée dans des voies neuves, ne se contentant pas d’exploiter un filon, aussi prolifique et bienvenu soit-il. Christel Bouchat est en perpétuelle recherche d’images et de questionnement, et ses travaux donnent lieu à des trouvailles qui laissent présager un futur créatif hautement prometteur, à suivre absolument…
     

    Éric Allard 

     

    Quelques poèmes inspirés par des toiles de Christel

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    Onirique

     

    Ses cheveux sont des poissons:

    Daurades, plies, tanches...

    Et fruits de mer divers.

    Cependant que dans ses nuits plongent

    Le vin profus du rêve

    Rouge comme le sang des joues

    Quand l'azur des veines

    Peint de bleu de Prusse

    Ses cieux.

     

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    Le corps-beau

     

    Ses cheveux

    En bataille de corbeaux

    Lui font une crête de plumes.

    Plus bas, c’est la forêt

    De conifères

    Qui suit la ligne des seins.

    La neige de sa peau

    Laisse voir en transparence

    Le monde.

    Ce mélange de ténèbre et de lumière

    Cette dépendance de la femme

    Quand elle unit le noir au blanc

    Dans un même paysage.

    Ce qui est limpide

    Se trouble au premier regard.

    Des corps beaux s’amusent, se protègent

    Se querellent et s’aiment

    Jusqu’à la fonte

    Des nuits.

     

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    L'abelle

     

    Femme aux cheveux de miel

    Ton visage à jamais sauvegardé

    Demeure dans l’œil du soleil.

    Mèches rebelles

    Qui parfument ton nez

    Et tes joues.

    Fragrances parfaites…

    Dans ton ciel les abeilles travaillent

    À la reconquête des roses.

    Elles font de ton poil

    Un repaire de vivres

    Pour l’hiver.

    Une ruche où l’air

    À la saveur des baisers…

     

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    Sans titre

     

    Les épicéas qui se dressent

    En crête

    Sur ta tête

    Dissimulent ton visage…

    D’un bras levé

    Tu empêches le regard

    Tout mouvement vers toi.

    Peut-être que tu pleures…

    Que des larmes donnent

    À tes regrets, tes retraits

    Une substance.

    Ne reste qu’à lire

    Dans les lignes de ta main

    Les traits imaginaires

    De ton insondable beauté.

     

     

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    La merle

     

    La tête de l’oiseau

    A pris le pas

    Sur ton front, tes yeux.

    Nul ne saura le pourquoi

    De ce croisement

    Sous l’égide de la montagne

    D’une femme avec un merle

    Sinon l’amertume d’être soi

    Jusque dans les apparences

    Jusque dans les sommets de l’être...

    La bouche veut prononcer le nom

    Quand le bec ferme le sens.

    Le désir se nourrit

    D’un espace infini

    De chair comme neige.

    Un seul œil noir

    Prolonge la voie de la forêt.

    Sans cri la vie se meurt.

    Seule les lèvres demeurent…

    L’esprit

    Inscrit dans le tableau

    Son programme d’envol.

     

     

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    Christel Bouchat exposera du 16 juin au 29 juin 2016 à la Galerie Garance de Mont-sur-Marchienne (rue Paul Pastur, n°52)

    Le vernissage aura lieu le samedi 18 juin 2016 entre 18 heures et 23 heures.

    La page événement du vernissage sur Facebook

    Les Belges de Christel Bouchat s'exposent à Paris, un article de Thomas Leodet pour L'Avenir.

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  • SALVATORE GUCCIARDO par Anita NARDON (éd. Art in Belgium)

    i66454476._szw270h3500_.jpgUne peinture des confins ardente et apaisée

    En 2002, paraissait un livre d’art d’une belle facture, au format très maniable, avec un texte d'Anita Nardon sensible et en retrait dans le sens où, tout en embrassant toutes les virtualités et réalités de l'oeuvre, elle avance des hypothèses sans jamais théoriser. 

    Ce texte fournit ainsi tous les éléments pour entrer sans forcer le regard et l’entendement du lecteur dans l’univers de ce peintre singulier et immédiatement reconnaissable : paysagiste de l’infini, portraitiste de l’humaine et douloureuse condition. Elle écrit justement que "Salvatore Gucciardo a l'âme d'un chercheur et la nature d'un philosophe."

    D’abord, les éléments biographiques : ce Sicilien, né en 47 à Siculiana, est de Charleroi depuis 1955 où « il vit et se sent chez lui, totalement ». Omniprésent sur la scène picturale, mais aussi revuistique, depuis 1975, l'époque où Aubin Pasque le fait entrer dans le groupe "Fantasmagie" (groupe fondé en 1958), il fut soutenu jusqu’au bout par Stephane Rey/Thomas Owen.

    Il fut entre autres l'ami de Marcel Delmotte et de Jean Ransy. En 1984, Roland Villeneuve l'invite à exposer au Louvre des Antiquaires à Paris (ce ne sera pas la seule fois où il sera invité à exposer à Paris) en compagnie de peintres de renommée internationale, notamment Leonor Fini et, en 1989, il l'intègre dans son remarquable "Dictionnaire du Diable". Gucciardo figure aussi dans plusieurs dictionnaires et livre d'art regroupant des artistes belges et internationaux.

    Les titres, expos (plus de 50 expos individuelles à l'époque de la parution du livre) et récompenses (depuis, il recevra à Paris en 2007 le Prix Européen des Arts Leopold Sedar Senghor pour l'ensemble de son oeuvre), comme l'écrit Nardon, « ne lui montent pas à la tête", il regarde sereinement sa palette et la surface à peindre » avec le seul souci de poursuivre un travail inlassable « vers les astres de paix ». 

    Vingt reproductions (la plupart en couleurs) permettent d'éprouver au fil de la lecture les mots de la critique d'art et de contempler les étendues d'une « géographie onirique » de plus en plus lumineuse - entre les feux d’ocre et les bleus d’eaux – et tournée vers l'aube, exprimant effectivement un sentiment général d'harmonie, un nocturne apaisement comme après un jour de cataclysme. Un monde d’équilibre stable et de formes parfaites comme seuls les astres habilités à naviguer, dans leur course céleste, entre diverses forces gravitationnelles peuvent en donner une belle image. De celles qui peuplent l’imaginaire habité du peintre.

    David Lynch a, un jour, déclaré qu’il y a au fond de l’homme plus d'espace que de matière. Ce beau livre en fournit une remarquable illustration.

    Éric Allard

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    Le site de Salvatare Gucciardo

    http://www.salvatoregucciardo.be/

    Salvatore Gucciardo sur le site de l'AREAW

    http://areaw.org/gucciardo-salvatore/

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  • FRAGMENTS ÉTOILÉS D'UNE ICONOGRAPHIE, étude sur l'oeuvre picturale de Salvatore GUCCIARDO

    par Éric Allard

     

    En corps

     

    Tu es un frère,

    On peut s’entendre

    Guillevic (Cercle)

     

       Dans les tableaux de Salvatore Gucciardo, on trouve de nombreux  corps, tant célestes qu’humains. Corps glorieux ou corps en géhenne, parfois mêlés en un magma de chair, tous membres confondus. Corps taillés, cuirassés, prothétisés, pour affronter les dangers de la vie (extra)terrestre...   

       Le corps humain fait souvent « corps » avec un corps céleste qui l’auréole, le protège, le guide ou l’accompagne. Corps humain et corps céleste sont frères car satellites du même soleil, enfants du même « atome primitif ». Ils vont de conserve, unissant leurs orbes, associant leurs sorts, se reflétant, s’imageant dans un même réseau de mots et de figures. La Terre, telle que nous la présente le poeintre, respire, souffle, souffre, se meut et meurt comme un corps organique.

       Ce qui est rond se répond dans la grande famille des cercles : tête, ventre, œil, sein, cul, planète, étoile ... dans une sorte d’inaccomplissement circulaire condamné à se répéter, à se recycler. La spirale, cette courbe fuyante, devient dans La spirale de la vie (huile, 40 x60) demeure du cercle, bulle abritant un site idéal, oeil captant une vision. La muse étoilée (huile, 60x50) évoque une madone aux sphères - qui l’enrobent, l’enrôlent, l’enroulent, l’enserrent dans leurs anneaux. C’est une image exemplaire, presqu’une icône de la plénitude selon Gucciardo, une « muse astrale » comme on en rencontre d’autres dans les oeuvres du peintre. Quand les courbes sont coupées ou « approchées » par des droites, c’est qu’il y a menace, obstacle à éviter. Dans de nombreux dessins de l’artiste et, particulièrement, dans sa série abstraite récente, droites et courbes, triangles et disques s’assemblent en des compositions géométriques dégagées de toute présence de vie.

       Un peu à l’instar des corps sans organes d’Artaud-Deleuze, le corps gucciardien est un corps délivré de ses fonctions organiques, ouvert à  la réflexion, à la spiritualité. C’est un corps parfois enceint, mûrissant dans le ventre ou le cerveau un enfant de chair ou de pensée. On ne marche pas plus qu’on n’use de ses mains, de ses bras dans le monde gucciardien. On vole, mais sans ailes, mû suivant le mode de déplacement des planètes. Comme notamment dans La traversée flamboyante (huile, 100 x 120) où on voit une créature propulsée par une boule de matière.Les visages ornant ces corps ne visent pas, en général, à reproduire une physionomie, ils s’assimilent à des masques exprimant une émotion. Ceux qui les portent (re)jouent l’épopée de l’existence sur un théâtre à l’échelle cosmique.  

       Un chemin figure régulièrement dans un espace du tableau. Peu importe qu’on le foule ou non, c’est un chemin mental, fait de lacets, à l’issue incertaine mais baignée de lumière derrière une paire de collines. L’important est qu’il fasse signe, qu’il fasse sens, indique une direction ; qu’il éclaire et qu’il élève.

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    Le jugement dernier 120 x 166 - huile

     

    Les belles endormies

     

    Voie lactée ô soeur lumineuse
    Des blancs ruisseaux de Chanaan
    Et des corps blancs des amoureuses

    Apollinaire (Alcools)

       

       Si on ne voit pas les corps satisfaire des besoins physiologiques, on les voit cependant dormir. Ou plutôt sommeiller. Dans des décors typiques du peintre, de songeuses endormies méditent toutes nues.

       Dans Le souffle du silence (huile, 55x73), la feuille qui s’étale au premier plan en se dorant au soleil rappelle la pose alanguie d’un corps de femme, plus exactement d’un corps de sirène avec son pédoncule caudal, dans un réseau de nervures suggérant l’ossature humaine. À ces grandes courbes répondent, au second plan, celles que forment les monts pyramidaux. Le corps rond d’un soleil dominant prodigue une lumière qui traverse la surface translucide de la feuille...

       Cette composition n’est pas sans évoquer celle de La souche divine (huile, 35x60) ou un corps féminin, vu de dos, s’expose face à un astre déclinant et sous un éclairage crépusculaire où seule l’étendue de la chair tranche par sa blancheur - comme un vestige de la lumière du jour qu’elle aurait emmagasinée et rendrait à la faveur du soir. La femme regarde au loin en direction du couchant...

        Dans La chair intacte (huile, 24x50), on trouve un dispositif semblable. Une femme à la musculature prononcée fait ici face au spectateur. Elle ferme les yeux, comme par discrétion, pour ne pas croiser notre regard, nous empêcher de l’observer sans retenue. Notons aussi qu’elle est sur le chemin, dans une pose malhabile, comme « en plan », en plante, pataude et placide, rivée à son rêve, ayant été dépouillée de tout sauf de sa chair, comme nous laisse à penser le titre du tableau. La chair intacte mais la chair seule. Seule avec sa chair...    

        On pourrait citer aussi Le rêve exquis (huile, 50x60) ou L’harmonie sereine (huile, 30x40) qui cadre à mi-corps une femme ici éveillée, casquée et légèrement parée, guerrière assurément, conquérante et pensive, examinant le terrain parcouru et le territoire encore à prendre. Et d’autres toiles encore...

       Mais la plus emblématique figure du genre est peut-être celle mise en scène dans Le sommeil ardent (huile, 60x50), toile dans laquelle une femme nue, paupières closes, la tête posée sur un genou, d’un sommeil animé, on le suppose, d’une vive activité cérébrale occupe toute la place ou presque de la composition. Nue, cependant qu’elle donne à voir ce que le spectateur veut voir (l’astre fait écho à l’aréole d’un sein tandis que le chemin, signale, par effet de symétrie, une route entre les cuisses) elle peut à loisir nourrir ses songes - qu’elle dérobe de la sorte à la vue. Le spectateur, possiblement engagé sur la voie d’autres rêveries, ne peut se figurer le caractère des visions du modèle. Jeu sur le voir et non voir ; le peintre en tant que peintre ne montre que ce qu’il veut qu’on fixe dans l’instant, renvoyant plus que tout autre artiste à l’invisible, aux projections temporelles (souvenirs et anticipations), aux intérieurs non éclairés qui renferment les secrets et mystères constituant la psyché humaine.

       Le temps est une pensée, une rêverie du soir, écrit Jankélévitch. N’est-ce pas aussi le moment du jour où, dans l’occultisme, le corps astral se manifeste ?

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     Le sommeil lumineux 50 x 60 - huile

     

    Car né

     

    Le terrestre le cède chez moi à la pensée cosmique. (...)

    J’occupe un point reculé, originel de la Création, à partir duquel je présuppose des formules propres à l’homme, à l’animal, au végétal, au minéral et aux éléments, à l’ensemble des forces cycliques. 

    Paul Klee (Journal)

     

       La naissance du ciel, La naissance de la mer, La naissance d’une étoile, La naissance du monde... Autant de titres de tableaux qui pointent une interrogation constante chez le peintre. Et dont on retrouve le thème, puissamment traité, dans Lyrisme cosmique, le recueil du poète Gucciardo.

       Si le soir est le « moment » du temps, l’espace intersidéral est par excellence son lieu. Le voyage dans le Cosmos vise un retour à des âges passés de l’homme et, par voie de conséquence, à l’origine de l’Univers, à cet instant zéro ou réside la vérité du temps, où tout explose et s’ordonne déjà. Je voyage dans la constellation / pour embrasser / l’éclat du monde, écrit Salvatore Gucciardo. Mais ce n’est pas dans un but morbide, rétrograde, pour rester figé là, mais bien pour se relier à la « source de vie », savoir de quelle lumière on est fait afin d’y puiser matière à éclairer les ténèbres à venir, et rejouer le sort de l’humanité.

        On pourrait en guise de conclusion définir le lieu gucciardien comme étant l’ensemble des points situés à mi-distance du rêve et du réel. C’est un espace de contemplation au sens où Émile Bernard entendait le mot contempler - requérant une opération de l’âme. Le lieu (enchanté, inconnu, vivant...) gucciardien fait de la lumière un objet de culte et des formes figurées les forces à l’œuvre dans l’être. Il est le champ du présent et du possible dans lequel le chemin constitue, on peut le penser, une échappée vers l’extérieur, une voie d’ouverture sur notre monde. 

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     L'exaltation réelle 70 x 90 - huile

     

    731617184.jpgCet article est paru dans le numéro spécial de Pages insulaires de Jean-Michel Bongiraud de juin 2012 consacré à Salvatore Gucciardo

    Le site de Salvatore Gucciardo:

    http://www.salvatoregucciardo.be/

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  • 2 concertos de Vivaldi

    Henri Demarquette et Claire-Lise Démettre interprètent le concerto pour deux violoncelles en sol mineur de Vivaldi.
    Orchestre de Chambre de la Nouvelle Europe / Direction Nicolas Krauze
    Festival 1001 Notes 2010 (Solignac)



    images?q=tbn:ANd9GcQ7kFP4NyUjlcyW-ngAqe6V_tcK_DAIdghIeVdlbKSkKUkB6I1UrC1rBTs" S'il y a un génie du lieu, et du temps absolument singulier de ce lieu, c'et lui. Deux ou trois accords, et on est immédiatement sur place, dans la lagune, entre ciel et eau, dans la préparation des navires, en bateau. Tout évoque ici le bois profilé et rapide, le violon volant, le lent détour flottant suspendu, les cordes, les cordages, une sorte d'artisanat enflammé tenu par l'archet, la main, les doigts, l'oreille infaillible, et puis gouge, varlope, copeaux, coques bondissantes, éclats."

    Philippe Sollers, Dictionnaire amoureux de Venise


    Un documentaire sur l'enregistrement à Parme pour Virgin Classic de

    La Stravaganza (concerto n°9 en fa majeur RV 284) par Europa galante sous la direction de Fabio Bondi 

  • Venise des peintres (V): Giovanni Bellini (1430-1516)

    Madone et l'enfant avec deux Saintes

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    La Vierge à l'enfant, vers 1488

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    Vierge et l'enfant avec Saint Jean-Baptiste et un Saint, 979 x 700 cm

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    La Madone de la prairie, 686 x 541 cm, 1505, Galerie dell''Accademia de Venise.

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     Madonna degli Alberetti, 74 x 58 cm, 1487

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    "Ses tableaux  "sacrés" sont les plus réfléchis du monde. La geste chrétienne s'y déploie dans toutes ses dimensions: annonciation, naissance, transfiguration, passion, mort, déposition."

    On a l'impression que Bellini peint comme il prie. Ses toiles sont des conversations qu'on voit. On ne connaît pas la vraie langue que parlent les personnages, elle est cachée, ineffable, pleinement révélée, pourtant, par les attitudes, les expressions, la couleur. "

    "Vierges à l'enfant: c'est l'obsession de Bellini, il n'arrête pas de peindre des variations sur ce thème. La Vierge est toujours la même et toujours une autre, le garçon, vu et multiple, est dans toutes les positions possibles entre ses bras. La plus célèbe présentation est la Madonna degli alberetti (aujourd'hui à l'Accademia). Bleu, rouge, vert tendre, chair. Elle a un curieux mouvement de recul par rapport à son fils, elle le regarde avec une curiosité inquiète (il y a de quoi). Lui est nu, debout, décidé, blond, un pied posé sur l'autre, déjà sûr de lui et dominateur. Sa petite main gauche effleure la grande maindroite de sa jeune mère. Il regarde à travers vous, audessus de vous, plus loin que vous. Les deux arbres,  à droite et à gauche du store vert et rouge qui isolent les deux personnages, semblent s'élancer dans une joie finement érectile. Le tableau est stupéfiant d'étrangeté (comme tous les autres, d'ailleurs)."

    La Vierge la plus étonnante (tristesse, sérénité, profondeur) est pour moi celle où elle est entourée de Catherine et de Madeleine en prière, l'Enfant-Jésus étant déjà emporté dans les yeux du ciel, le tout sur font brun, couleurs fauves, bois brûlé, atmosphère d'extase. L'appropriation que Bellini fait de l'histoire christique est inouïe. Tout est actuel, italien, ici, maintenant, pas de Palestine à l'horizon, aucune revendication de Saint-Sépulcre, pas la moindre croisade en perspective. Des jeunes mères et leurs bambins au paradis, ça suffit."

    Philippe Sollers, Dictionnaire amoureux, Plon.


    Venise, autour de Giovanni Bellini

    http://www.aparences.net/ecoles/la-peinture-venitienne/venise-autour-de-giovanni-bellini/

     

  • Venise des peintres (IV): Canaletto

    Canaletto (Antonio Canal, dit), Le Grand Canal et l'entrée au Cannaregio, huile sur toile, 46 X 78,4 cm, supplied by Royal Collection Trust - © HM Queen Elizabeth II 2012   

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  • Venise des peintres (III): Guardi

    Francesco Guardi, Le Canale di Cannaregio, avec le Palazzo Surian-Bellotto, l'ambassade de France, 49,5 x 77,5 cm, huile sur toile, The Frick Collection, New York - © The Frick Collection

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  • Venise des peintres (II): Monet

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    Venise, Le palais des Doges
    Claude MONET 1908
    Brooklyn Museum, New York, USA


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    Venise, Le Grand Canal
    Claude MONET 1908
    Fine Arts Museum, San Francisco, California, USA

  • Venise des peintres (I): Turner

    William Turner, Sur le chemin du bal (San Martino), 1846, huile sur toile, 61,6 x 92,4 cm, Tate, legs du peintre à la nation, 1856.

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