Poésie

  • René CHAR (1907-1988): poèmes & citations

    Commune présence

    Tu es pressé d'écrire,
    Comme si tu étais en retard sur la vie.
    S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
    Hâte-toi.
    Hâte-toi de transmettre
    Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
    Effectivement tu es en retard sur la vie,
    La vie inexprimable,
    La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
    Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
    Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
    Au bout de combats sans merci.
    Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
    Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
    Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
    En t'inclinant.
    Si tu veux rire,
    Offre ta soumission,
    Jamais tes armes.
    Tu as été créé pour des moments peu communs.
    Modifie-toi, disparais sans regret
    Au gré de la rigueur suave.
    Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
    Sans interruption,
    Sans égarement.

    Essaime la poussière
    Nul ne décèlera votre union.

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    Allégeance

    Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?

    Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

    Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.

    Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?

     

    René CHAR lisant son poème Allégeance (cliquer sur la photo):

    http://www.arcane-17.com/rubrique,rene-char,1134464.html

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    Si tu cries, le monde se tait: il s'éloigne avec ton propre monde.

    Il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps.


    Source : Citations de René Char - Dicocitations ™ - citationSi tu cries, le monde se tait: il s'éloigne avec ton propre monde.

    Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie. Telle est la voie sacrée.

    Il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps.

    Avec ceux que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence.

    Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

    Je ris merveilleusement avec toi. Voilà la chance unique.

    L'eau est lourde à un jour de la source.

    L'éternité n'est guère plus longue que la vie.

    L'homme est capable de faire ce qu'il est incapable d'imaginer.

    Le fruit est aveugle. C'est l'arbre qui voit.

    Le réel quelquefois désaltère l'espérance. C'est pourquoi contre toute attente l'espérance survit.

    Ne t'attarde pas à l'ornière des résultats.

    Prend-on la vie autrement que par les épines?

    Le poète se reconnaît à la quantité de pages insignifiantes qu'il n'écrit pas.

    Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir.


    Je ris merveilleusement avec toi. Voilà la chance unique.


    Source : Citations de René Char - Ses 89 citations - Dicocitations ™ - citation

    Avec ceux que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence.


    Source : Citations de René Char - Dicocitations ™ - citation

  • Coeurs absents de Mohamed El Jerroudi

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    Préface de Jean BOTQUIN - 13 x 20 cm - 56 pages - 10 €

    Mohamed EL JERROUDI est né au Maroc à Béni Sidel (RIF) en 1950. Il séjourne actuellement à Tétouan. Professeur de français, de 1972 à 2010. Il mène une vie très active, dès 1976, dans le domaine des arts plastiques et littéraires (conférences, écrits et poèmes dans la presse marocaine,...). Poète marocain de langue française, il publia un premier recueil en 1998 Le silence décrit (La croisée des Chemins, Casablanca). Poète majeur mais atypique, il ne fait partie d’aucune école. Profondément épris de liberté, il exprime une pensée universelle ouverte à tous ceux qui placent l’être humain et ses valeurs au-dessus des particularismes du monde.

    L’encre de Mohamed El Jerroudi est brûlante, elle dessine des mots, fait danser l’âme, raconte « comment le temps nous dévore et nous déshabille devant la mort », mais aussi , avant l’inéluctable, célèbre la vie et la beauté.
    Livre de silence, de recueillement Cœurs Absents évoque dans un langage fluide comme un sang vivant, une spiritualité berbère étrange, émouvante, proche de la terre et du ciel.

    Jean Botquin

    Le site des éditions du Cygne

    http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-catalogue-litterature.html

    Le blog de Mohamed El Jerroudi (avec une belle citation de René Magritte en page d'accueil)

    http://poesiesansfrontieres.blog50.com/