SAC À MALICE / Éric ALLARD

  • POETWEETS, APHORISMES & AUTRES ROSSIGNOLADES

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    Je suis un fou du rangement.

    Quand j'ai trié tous mes rêves

    par catégories de songes

    je m'attaque à mon passé

    souvenir après souvenir.

     

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    Rejeté par la brume & le brouillard

    j'ai donné ma lande

    au chat de bruyère

    avant de disparaître

    dans le sillage d'une grue.

     

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    J'ai jeté à la mer

    le vieil homme

    avant de lui lancer

    un souvenir d'enfance

    en guise de bouée.

     

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    La métaphore de la porte sitôt close, l'image sort de son cadre.  

     

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    Je te veux

    autant que tu me détestes

    mais l'espace

    qui me sépare de toi

    a raison de ma paresse.

      

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    Les yeux fermés, pro-visionner.

     

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    Prends mes pieds sur ta pomme !

    Prends mes doigts sur ta poire !

    Prends mes lèvres sur ta figue !

    &

    emporte-les dans les arbres fruitiers !

     

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    L'étoile du verger est un astre fruitier. 

     

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    J'ai couvert de feuilles

    ton corps nu.

    J'ai écrit mon désir.

    J'ai écrit mon regret.

    Puis j'ai soufflé très fort

    pour me rappeler ta beauté.

     

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    Sur chacune de tes taches de son

    je pose

    un baiser sonore

      

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    J'ai marqué tes seins d'une croix.

    Chaque nuit les soldats de Dieu

    de mes mains

    viennent implorer leur pardon.

     

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     Je n'ai pas de chambre avec les écrivaines, pas plus que de place dans leurs livres.

     

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    Va sans crainte

    dans la maison des ténèbres

    décrocher au plafond de lumière

    l'invisible terreur !

    Va voir puis éteins !

     

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    Les fleurs nyctalopes voient elles les bouquets de fantômes ?

     

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    Lèvres de ta rivière

    Lèvres du ciel nuages

    Lèvres autour de ta voix

    Lèvres de ton mont secret

    Lèvres de la nuit, bordures du rêve

     

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    Lèvres doux pétales

    Lèvres près du coeur

    Lèvres des yeux paupières

    Lèvres de la rivière qui lèche

    Lèvres de la voix langue

    Pour quel baiser

     

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    L'oiseau du baiser finit toujours par s'envoler de son nid de lèvres.

     

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    Ma hache à ta hanche

    t'arrache un bouquet de viande

    que je hume tel un damné.

    Ainsi débute l'histoire de la violence,

    mon amour.

     

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    Quoi dire après avoir lu sur tes lèvres le mot silence ?

     

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    Rallumer le désir

    au feu des grandes amours.

    Brûler vif

    puis vivre de ses cendres

    sans éteindre la mèche du souvenir.

     

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  • MES EXPOSITIONS

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    À l’exposition des pêcheurs de perles, il y a une huître béante.

    À l’exposition des moqueurs de merles, j’entends un oiseau farceur.

    À l’exposition des enseignants entrepreneurs, il y a une inspectrice entreprenante.

    À l’exposition des Artistes Anonymes, il y a un tableau ivre.

    À l’exposition des migrants carnivores, il y a une feuille de chou contestataire.

    À l’exposition des grenouilles de bénitier, il y a un imam impur.

    À l’exposition des belles langues, il y a beaucoup de lèvres gercées.

    À l’exposition des cartes postales de manège, il y a le facteur Cheval.

    À l’exposition des Femmes onanistes prévoyantes, il y a une nonne munie d'un cierge.

    À l’exposition des Palais du peuple, il y a une langue rouge bien pendue.

     

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    À l’exposition des langues de vipère, une couleuvre pipelette me tient la jambe.

    À l’exposition des rats de bibliothèque, j’ai droit au chat pitre.

    À l’exposition des portes de prison propres, il y a un raton laveur.

    À l’exposition des raies culières, il y a un plug en forme de salière.

    À l’exposition des mini-parcs et nains de jardins, il y a une allée portative.

    À l’exposition des mots d’enfants, il y a toujours un éditeur de littérature jeunesse.

    À l’exposition des seins en forme de poire Mouille Bouche, il y a une paire de rognons à pleurer.

    À l’exposition de l’Internationale des amis des nazis, il y a un buste national de Théo Francken.

    À l’exposition des femmes de chef d’état français, il y a une Brigitte Barjot.

    À l’exposition des états de santé de Donald Trump, il y a la grippe nord-coréenne.

     

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    À l'exposition des ventres mous, il manque une panse de baleine.

    À l’exposition des SDF, il n’y pas de toit.

    À l’exposition des hommes et femmes politiques de l’année, il y a des cartes de parti par terre et un chantier des idées désaffecté.

    À l’exposition des Petits-Salés, il y a un Obèse en sucre d'orge. 

    À l’exposition des sages prédictions, j’ai un mauvais présage.

    À l’exposition des ouragans baptisés, il y a un tourbillon de prénoms.

    À l’exposition des vieilles charrues, je viens en carrosse d’or.

    À l’exposition des arrières trains à l’arrêt, il y a un cul-de-jatte express.

    À l’exposition des voyants dans le marc de café turc, il y a un lecteur de tarot abstème.

    À l’exposition des blancs de poulet, il y a un os de flic black.

     

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    À l’exposition des aphorismes anarchistes, il y a un seul mot d’ordre.

    À l’exposition des marchands de tapis persans, il y a un revendeur de vieilles carpettes.

    À l’exposition des crayons personnalisés, il y a une mine antipersonnel.

    À l’exposition des reines de beauté en fourrure, il y a une princesse à poil sous sa burqa.

    À l’exposition des momies de mamies, il y a une statue de l’enfance.

    À l’exposition des bambini qui pissent, il y a une nonna qui pète.

    À l’exposition des travaux de bourreau lourds, il y a une hache plantée dans une tête de mort.

    À l’exposition des sextoys de religieuses, il y a un crucifix sous préservatif.

    À l’exposition des certificats médicaux de complaisance, il y a un médecin placé sous monitoring.

    À l’exposition des embarras d’érection, il y a pourtant un con plaisant.

     

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    À l’exposition des salles d’attente de médecin, il y a un salon de l’ambulance. 

    À l’exposition des fruits rouges, il y a des fraises toutes faites.

    À l’exposition des fonds de noix, il y une amande honorable.

    À l’exposition de points de discussion, il y a un plan de table.

    À l’exposition des points Godwin, je perds toute ligne de conduite.

    À l’exposition des boîtes aux lettres de motivation, il y a une caisse pleine de cartes de chômage.

    À l’exposition des cols de Cygne, je bois avec un bec verseur.

    À l'exposition des bureaux de vote, j'ai des trouble de l'élection. 

    À l’exposition des centres de beauté simiesques, il y a un singe savon.

    À l’exposition des pompes funèbres, il y a un siphon à cadavres.

     

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    À l’exposition des organes de presse, il y a un tord-boyaux et un tir aux canards.

    À l’exposition des Maisons de la poésie, il y a toujours un futur académicien.

    À l’exposition des maisons de passe, il y a une mère passerelle.

    À l’exposition des sacristains confinés, il y un enfant de chœur la bouche pleine.

    À l’exposition des ateliers d’écriture dans le vent, il y a une feuille volante.

    À l’exposition des tables des matières, il y a un tabouret sommaire.

    À l’exposition des atomes crochus, il y a un électron libre.

    À l’exposition des selles d’écuyères, je vois un ver solitaire en forme de fer à cheval.

    À l’exposition des Saint Christophe, j'ai retrouvé la foi du charbonnier !

    À l’exposition des fils de merde, j’ai rencontré une fille de joie.

     

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    À l’exposition des chiens de prairie, il y a un arbre à chats.

    À l’exposition des mille et une nuits blanches, je compte un jour noir sans fin.

    À l’exposition des toiles de Picasso, il y a un bidet de Duchamp.

    À l’exposition des ready-mades de Duchamp, il y a le grand rire de Picasso.

    À l’exposition des haute contre, il y a une basse continue.

    À l’exposition des marches triomphales, il y a un air de pipeau.

    À l’exposition de mes bourrelets, j’ai les traits tirés.

    À l’exposition des cartes à pointe, il y a un valet de pique.

    À l’exposition des gâteaux de désert, il y a des dunes de crème fraîche.

    À l’exposition des marches de manœuvre, il y une piste de course.  

     

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    À l’exposition des calculs bordés de nouilles, j’ai des limites de pâtes à ne pas dépasser.

    À l’exposition des courses de manchots bipolaires, je pratique la marche nordique.

    À l’exposition des seins de glace, je bande comme un phoque.   

    À l’exposition des points de vente, il y a un plan comptable.

    À l’exposition des crachats de Gilles, il y a quelques confettis englués.

    À l’exposition des Catherinettes, il y a des vits âgés.

    À l’exposition des araignées au plafond, il y un moustique écrasé.

    À l’exposition des masques de guerre, il y a le carnaval diplomatique.

    À l’exposition des fêtes des pères, j’ai dragué une mère célibataire.

     

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    À l’exposition des brouettes espagnoles, j’ai testé la position du maçon missionnaire.

    À l’exposition des noms d’oiseaux, il y a un pied-de-nez de grue.

    À l’exposition des lames de fond, il y a un fer de lance.

    À l’exposition des minutes de silence, il y a l’espace d’un instant.

    À l’exposition des entrejambes de rêve, il y a l’origine du monde

    À l’exposition des cœurs sur la main, il y a beaucoup de sang.

    À l’exposition des talons d’Achille, il y a les sabots d’Hélène.

    À l’exposition des capitaines d’industrie, il manque un général de campagne.

    À l’exposition des avocats du diable, il y a le jugement de Dieu.

    À l’exposition des éminences grises, il y a de gros bonnets.

     

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    À l’exposition des têtes de nœuds, il y a l'enfileur des anneaux.

    À l’exposition des poires d’angoisse, il y a la pomme de discorde.

    À l’exposition des produits contre la pluie, je multiplie les impers.

    À l’exposition des déjeuners de soleil, le démon de midi montrera-t-il le bout de sa queue ?

    À l’exposition des paroles d’évangile, il y a un Nom de dieu.

    À l’exposition des cornes de brame, il y a un cerf-volant.

    À l’exposition des carreaux cassés, j’ai le cœur brisé.

    À l’exposition des larmes de crocodile, je reçois un faux bouquet de pleurs

    À l’exposition des grands ducs, il y a Le Petit Prince.

    À l’exposition des soleils de plomb, j’ai une étincelle de génie.

     

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    À l’exposition de mes expositions, j’ai fait étalage de mes chimères.   

     

    E.A.

  • CRÉATION D'UNE TASK FORCE EN VUE D'ÉRADIQUER L'USAGE DE "TASK FORCE"

    29976883_M.jpgLa Commission de Lutte contre les Expressions Nazes, en accord avec le ministère de la Marine (d’où est issu le concept), signale dans un communiqué de presse qu'elle vient de créer une task force,  constituée des meilleurs linguistes francophones, afin d’éradiquer l’expression anglo-saxonne des nombreux supports médiatiques où elle a trouvé refuge cet été et qui s’est propagée dans le langage courant comme une onde de forme dans le mouvement New Age (pour donner une idée vague de la vitesse de propagation).

    Les pleins pouvoirs, licites et illicites, seront donnés à cette task force pour parvenir à ses fins, précise le communiqué.
    Toute personne ayant été à prise à employer l’expression sera contrainte d’écrire ou de répéter (au choix) task force jusqu’à ce que dégoût s’ensuive. Le dégoût devra être acté par une task force formée de médecins huissiers.

    Ce message et son auteur s’autodétruiront donc au terme d’une période fixée en secret par la task force mais qui ne devrait pas excéder dix jours.  

     

  • CINQ ASTUCES POUR SE DÉBARRASSER DES POLITICIENS AVEC DES RÉPULSIFS NATURELS

    ob_1d7c43_211-300x169.jpgMême l’été, les politiques sont en campagne. Sur les plages, sur les places de marché, sur les pixels des écrans… Si vous aussi vous êtes incommodés par leur présence constante, leur verbiage permanent, leurs solutions miracles, leurs alliances précaires, leurs faux serments, leurs anathèmes à l’adversaire du moment… voici , plutôt qu’utiliser un spray anti-politiques commun,  aux effets plus nuisibles que la cause, cinq répulsifs naturels pour vous en débarrasser sans mal.

     

    Astuce n°1

    Affichez-vous anarchiste, tendance explosive. Ou nihiliste tendance suicidaire. Ou poète, tendance lourde, insistez pour leur lire votre dernier recueil de poésie (en entier). Invoquez votre dernière tentative d’en finir, votre dernière crise d’angoisse, votre maladie orpheline, votre handicap majeur et invalidant à 100 %. Précisez bien qu’il vous sera impossible, même en chaise roulante, même assisté d’une bonne âme du parti, de vous rendre aux urnes, d’écrire une procuration (même en vers), de déposer des tracts, de coller des affichettes même avec une colle de section forte. Ajoutez que vous ne croyez en rien, de religieux ou de laïque.

    Il ne sera pas utile d’invoquer le nombre de SDF dans votre quartier, le taux de corruption dans la profession, le nombre de chômeurs sans revenus, de fermetures d’entreprise, du risque fascisant chez les élus du centre droit, du retard des trains et de la difficulté d’obtenir du réseau dans les tunnels autoroutiers lors des encombrements (laissez cela aux nombreux commentateurs de réseaux sociaux et autres faiseurs d’opinion facebookiens) pour les en dissuader.

     

    Astuce n°2

    Disposez dans votre maison des petites coupelles remplies de vinaigre blanc . Ou d’ammoniaque. Ou d’huile de sardine. Ou des canettes de Cara Pils entamées. Ou des cendriers remplis de vieux mégots. Imprégnez-en vos tissus. L’odeur de la pauvreté les fera fuir.

    Astuce n°3

    Fleurissez votre intérieur d’orties, de fleurs de bardane ou de cactus, coiffez-vous d’une large fleur de tournesol, ceignez votre tour de tête d’une couronne d’épines, ornez votre cou d’un collier de clous de girofle, votre cheville d’un bracelet électronique à ultra-sons, insistez pour leur montrer votre plug anal inamovible, ils vous croiront fou, déséquilibré, sans assise mentale et donc imperméable à leur discours électoral.

     

    Astuce n°4

    Finissez toutes vos phrases (ou commencez-les) par Jésus revient, Mao revient ou Friedman revient. Même si le politique harceleur est de tendance jésuite, maoïste et friedmanien, il n’appréciera guère d’être opposé à un plus extrémiste que lui et, face à votre jusqu'au-boutisme supposé, qu’il prendra pour de l’intempérance voire de la mauvaise volonté (le politiques peut se montrer subtil), il finira par se dire que le jeu n’en vaut pas la chandelle, qu’il ne tirera aucune affiliation de votre part, pas plus qu’un vote ou un relais favorable dans l’opinion, et il passera à l’édification d’une âme moins retorse.  

     

    Astuce n°5
    Rendez-vous invisible en vous couvrant de miroirs. Pendant que le politique sera en train de se mirer, de se contempler sous son meilleur jour (s'il fait soleil), il ne pensera pas à recruter, à faire son marché de voix, et vous aurez la paix. Le temps qu’il découvre l’arnaque, vous aurez eu le temps de courir (si vous êtes entraînés à la course aux strapontins) et de le semer. Sinon, il ne vous restera plus qu’à préparer la rentrée politique, les prochaines élections en sa compagnie pour vous faire pardonner de l'avoir mis face à son reflet.

     

     

  • MAMAN SONGE

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    Maman ment

    Mentalement maman me ment

    Si maman me ment je mens à maman

    Maman songe au mensonge comme je songe à maman

    Si maman ment ment-elle aussi sur ma naissance

    Si maman ment suis-je même né suis-je même là

    Naître c’est mentir et maman sait que je mens

    En mentant je nais différemment de la façon dont je suis né de maman

    Si maman ment mon songe dit vrai sur ce que maman sait

    Maman se tait tant que je songe au mensonge de maman

    Mais après maman mentira-t-elle encore au sujet de mon corps né

    Maman sait que je songe au mensonge quand elle le fait

    Maman quand elle le fait pense-t-elle à refaire ma naissance de même

    Ma maman ment-elle quand elle se dit ma maman

    Maman quand elle se tait ment-elle sur son silence

    Maman quand elle se sait s’essaie-t-elle au mensonge

    L’essai de maman pour me faire réussit de temps à autre

    L’essai de maman pour me faire réussir échoue sur la cendre

    Quand je suis celui qui sait qu’il est né maman réussit l’essai

    Quand je sais celui que je suis maman réussit aussi l’essai

    Quand maman sait je suis rassuré sur le fait que je suis né

    Quand maman ment je doute à nouveau de mes sens

    Maman dans la mer se sale pour que l’eau la laisse sur le sable

    Je souffle le silence et la soif qui sauvent de la sécheresse des sons sans sens

    Je souffle l’essence et le saumon qui sauvent de la mousse des savons  

    Je soulage le sexe des sciences qui souffrent de l’absence de raison

    Je change le sexe des souris aux semelles de sauge et de soufre

    Je change le chanvre des champs du songe dans la chambre chauve

    Je chante dans le safran des saisons des chansons sur le soleil sauf

    Je mens à maman quand elle me demande si je vis si je vais si je sais si je sens si je saigne

    Je mens mentalement à maman depuis que je suis né sans savoir si je suis sourd ou sans sirène

    Maman sent dans son ventre qui je suis avant que je naisse

    Maman me sait dans son centre comme à la circonférence de ses sens

    Maman signe son cercle avec son sang comme je désigne son sein dans un souffle comme je sarcle son sexe avec mon stipe

    Maman saigne et je signe son crime de mon inexistence

    Maman saigne et je me signe ainsi soit-il de son existence

    Maman sent quand je saigne quand je songe au singe que je suis au singe qu’elle est dans l’espèce de stigmate qui nous place dans l’espace des signes

    Maman sent si je nais si je vais si je vis si je sais si je mens si je chie si je pense si je suis si je fuis le fait que maman m’a fait tel que je suis mentant à maman comme à moi-même sur le fruit de mes mensonges sur le fruit de ses entrailles qui poursuit son cycle selon le songe menti de sa maman

     

  • LEXIQUE DE BASE POUR ÉCRIVAIN.E DE LITTÉRATURE PRIME JEUNESSE

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    BABA CACA DADA FAFA GAGA HAHA KAKA LALA MAMA NANA PAPA RARA SASA TATA VAVA XAXA ZAZA

    BOBO COCO DODO FOFO GOGO HOHO JOJO KOKO LOLO MOMO NONO POPO RORO SOSO TOTO VOVO WOWO XOXO ZOZO

    BEBE CECE DEDE FEFE GEGE HEHE JEJE KEKE LELE MEME NENE PEPE RERE SESE TETE VEVE WEWE XEXE ZEZE

    BIBI CICI DIDI FIFI GIGI HIHI JIJI LILI MIMI NINI PIPI QIQI RIRI SISI TITI VIVI WIWI XIXI ZIZI

    BUBU CUCU DUDU FUFU HUHU JUJU KUKU MUMU NUNU PUPU RURU SUSU TUTU VUVU WUWU XUXU ZUZU

     

    Les cinq premiers momots que tu distingues te donneront le début de ton récit.

  • AMOUR DE LOCOS

    Fantaisie ferroviaire

     

    Je n’ai jamais voulu croire à la rencontre de deux locomotives.

    Marcel Lecomte

     

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    Des locomotives à vapeur

    Qui s’accouplent sur les rails

    Ce n’est jamais anodin

     

    Cela fait un boucan d’enfer

    Et plein de voyageurs

    À balayer des voies

     

    Dans un nuage de fumées

    À concurrencer au moins

    Dix mille fumeurs de joints

     

    Avec un ministre des Transports mécontent

    Voire très en colère

    Voire mis en dispo sur le champ

     

    Et des milliers de retardataires

    Obligés de lire en attendant

    Autant de romans de gare

     

    Car ce n’est pas permis

    De s’accoupler sur les rails

    Quand on est loco

     

    On peut le faire avec des wagons

    Tant qu’on veut

    Sans que ça choque

     

    Ou bien en dehors des voies

    Dans la froideur du dépôt

    Là où personne ne vous voit

     

    A l’abri des regards, on peut y aller à fond

    Bouillaver, ramoner, queuter 

    La loco de son cœur

     

    Du moment qu’on n’écaille pas

    Sa peinture ni ne déboîte

    Le marche-pied

     

    Car que serait une loco 

    Qu’on ne saurait plus monter

    Ni enfourner

     

  • CINQ POÈMES TRISTES de MARCEL THIEU

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    Un homme

    S’est

    Jeté

    Sous

    Le

    Train

    De voyelles

    A E I Oh

    Dit la femme

    Quelle belle

    Tête

    Il

    Avait

    En la voyant rouler

    Sur le ballast...

    Hue !

    Dit le paysan

    À son cheval

    Un instant

    À

    L’arrêt

    Un fer

              en

                     l'air

    On n’a pas que ça

                       à

                  lire

    !

      

    *

     

     

    J’ai perdu

    Mon titre

    De transport

    Ou bien

    Je l’ai égaré

    Vais-je sauter

    Du train

    Ou bien

    Tuer 

    Le receveur?

     

    *

     

    Suis-je triste

    Ou bien

    Désespéré ?

    Dit le pinson

    Qui peine

    À retrouver

    Son chant

    Dans le

    Poème

    Éclat

    É

     

    *

     

    Dans la nuit

    Mon rêve est tombé

    Si bas

    Que 

    Pour le

    Relever

    J'ai dû 

    Demander de l'air

    Au vent 

    Qui balayait

    Ma

    Vie

    Depuis

    Que

    J'étais né

     

    +

     

    - Je suis

    MO

           R

               T

    Mais je vous écris

    EncORe….

     

    - Merde

    Merde

    Merde

    Merde Merde Merde Merde Merde Merde Merde

    On ne sera donc

    Ja

    Mais dé

    Bar    

                  rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

    A

    Ss

    EZ

    De

    LUI !

     

     +++

     

    Marcel Thieu a peu écrit et c’est tant mieux. Il écrivait des poèmes très tristes qu’heureusement aucun éditeur n’a lus. Sinon, ému par leur ton et par leur forme, il les aurait publiés.

    Après avoir écrit ces cinq poèmes restés trop longtemps inédits, il s’est pendu. On n’a pas retrouvé la corde ni le corps. Cette nuit-là, il y avait du vent qui a dispersé les cendres. Car sa veuve a tout brûlé en mettant le feu à son bureau. À ses dires, ce sont les plus beaux poèmes de son aimé.

    Connaissant mon goût pour les poèmes très tristes aux formes innovantes, elle me les a envoyés pour que je les dépose sur le net. Ses dernières volontés accomplies, elle a tenu à disparaître aussi... dans un endroit de rêve avec les petites économies de Marcel.

    Le titre est un compromis entre la proposition de sa veuve (Tristesse) et la mienne (Cinq poèmes).  

     

  • COLLE EN SCOTCH

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    Elle a un stock de scotch et lui, un stick de colle.

    Lui habite à Philadelphie et elle à Las Palmas de Gran Canaria.

    Un océan les sépare et beaucoup de vent marin.

    Un beau matin, ils décident de se rejoindre...

     

    Ils unissent leurs moyens pour jeter un pont entre les USA et les Canaries.

     

    Depuis qu’ils sont à la colle, d’un côté de l’Atlantique à l’autre

    Quand ils sont en pétard, près de se découdre

    Elle lui reproche d’avoir fait plus que lui pour se rencontrer

    Elle avec tout son stock de scotch et lui avec son simple stick de colle.

     

  • LA MODIFICATION

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    Travail littéraire de rentrée

     
    1°) Chercher l'erreur. Consolidez-la par un exemple.

    2°) Trouvez dans le texte de la ministre les mots marquant la condescendance, plus que la condoléance, et relevant du mode communicationnel et compassionnel. Illustrez chacun de vos propos d'un exemple, argumentez.

    3°) Jugez dans la deuxième phrase de l'hommagiste de la pertinence des termes semblait et sans doute qui laissent à penser que l'écrivain préférait le plaisir du partage à l'appétit de découvertes et d'expériences. Pensez-vous de même que l'artiste doit privilégier le partage, l'altruisme au repli sur soi du travail de création? Citez trois dangers qui menacent l'artiste égoïste, coupé du monde, du sens du partage, de l'empathie pour les démunis, du souci de faire profiter ses contemporains de ses acquis et compétences...

    4°) Voici d'autres ouvrages de Michel Butor pour approfondir votre connaissance de son oeuvre: Massage de Pilan, L'emploi du vent, 50 nuances de Degrés, AutoMobile...

    5°) Soulignez en quoi la ministre et tout le gouvernement se fichent comme de leur première lecture de l'oeuvre de Michel Butor.

     

    Lire par ailleurs l'excellent papier de Johan Faerber sur MICHEL BUTOR, Voyageur du Nouveau Roman, sur le site de la foisonnante revue DIAKRITIK

     

  • RIMBAUD À l'épreuve de L'ESPERLUETTE & d'autres fantaisies postmodernes

    Il faut absolument être postmoderne

    Rimbaud & co

     Il y a une nouvelle innocence, une nouvelle forme de candeur, une manière moderne de s'étonner que tout ne soit pas encore tout à fait moderne, complètement moderne, moderne à cent pour cent, et plus si affinités.

    Philippe Muray, Exorcismes spirituels IV

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    ORNIÈRES

     

    À droite l’aube d’été

    éveille

    les feuilles & les vapeurs

    & les bruits de ce coin

    du parc,

    et les talus de gauche

    tiennent dans leur ombre

    violette

    les mille rapides ornières de la route humide.

    Défilé de féeries.

    En effet :

    des chars chargés d’animaux

    de bois doré, de mâts &

    de toiles bariolées,

    au grand galop de vingt chevaux

    de cirque tachetés, & les enfants

    & les hommes sur leurs bêtes les plus étonnantes ;

    - vingt véhicules, bossés, pavoisés

    & fleuris comme des carrosses anciens

    ou de contes,

    pleins d’enfants attifés

    pour une pastorale suburbaine.

    - Même des cercueils sous leur dais de nuit

    dressant

    les panaches d’ébène,

    filant au trot des grandes juments

    bleues & noires.

     

     

    BOTTOM

     

    La réalité étant trop épineuse

    pour mon grand caractère, -

    je me trouvai néanmoins chez Madame,

    en gros oiseau gris bleu

    s’essorant vers les moulures du plafond

    & traînant l’aile

    dans les ombres de la soirée.

    Je fus, au pied du baldaquin

    supportant

    Ses bijoux adorés & ses chefs d’œuvre physiques,

    un gros ours gencives violettes

    & au poil chenu

    de chagrin,

    les yeux aux cristaux & aux argents

    des consolés.


    Tout se fit ombre & aquarium

    ardent.

    Au matin, -

    aube de juin batailleuse, -

    je courus aux champs, âne,

    claironnant & brandissant

    mon grief jusqu’à

    ce que

    les Sabines de la banlieue

    vinrent

    se jeter à mon poitrail.

     

     

    DIMANCHE

     

    Les calculs de côté,

    l’inévitable descente

    du ciel,

    & la visite des souvenirs

    & la séance des rythmes occupent

    la demeure,

    la tête & les monde de l’esprit.


    - Un cheval détale sur le turf suburbain,

    & le long des cultures & des boisements,

    percé par la peste carbonique.

    Une misérable femme de drame,

    quelque part dans le monde,

    soupire après des abandons improbables.

    Les desperadoes languissent

    après l’orage,

    l’ivresse & les blessures. De petits

    enfants étouffent

    des malédictions le long des rivières. –

     

    Reprenons l’étude au

    bruit

    de l’œuvre dévorante qui

    se rassemble & remonte

    dans les masses.

     

    Trois textes de prose poétique tirés d’Illuminations (1873-1875)

    Ornières

    Bottom

    Dimanche

    Les seules fantaisies que je me suis autorisées sont, hormis les et remplacés par des &, des coupes dans les phrases pour leur mise en vers. Mais quand c'est du Rimbaud (notamment) ou un texte riche, se suffisant à lui-même, le texte transcende tous les mauvais traitements et rejette, pourrait-on, dire, toutes fioritures et autres effets poétiques superflus.

    Quand il s'agit de prose banale comme celle de faits divers (voir les LES POÈMES DE SUD PRESSE), le même traitement, forcément ironique, théorisé par Jean Cohen dans Structure du langage poétique, apporte un semblant de poésie, rehausse illusoirement le texte.

     

    Quelques sites sur Rimbaud et son oeuvre poétique

    Arthur Rimbaud: site comprenant tous les textes de Rimbaud en français et en anglais.

    Arthur Rimbaud, le poète: le site d'Alain Bardel avec cette citation de Char en épigraphe: "Rimbaud, le poète, cela suffit, cela est infini"

    Une trentaine de textes Rimbaud sur Les Grands classiques

    Un cinquantaine de textes de Rimbaud sur Poètes.com

    La lettre du voyant à Paul Demeny, datée du 15 mai 1871 où il écrit notamment ceci:

    Racine est le pur, le fort, le grand. — On eût soufflé sur ses rimes, brouillé ses hémistiches, que le Divin Sot serait aujourd’hui aussi ignoré que le premier venu auteur d’Origines. — Après Racine, le jeu moisit. Il a duré deux mille ans ! (...)

    En Grèce, ai-je dit, vers et lyres rhytment l’Action. . Après, musique et rimes sont jeux, délassements. L’étude de ce passé charme les curieux : plusieurs s’éjouissent à renouveler ces antiquités : — c’est pour eux. (...)

    Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. (...)

    Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé ! (...)

    En attendant, demandons aux poètes du nouveau, — idées et formes. 

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  • CENT MALICES

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    1) Enlever un bébé panda à sa mère pendant qu’elle se fait photographier

    2) Piquer un fard à un reporter sans paupière, piquer un phare à une camionneuse allumée

    3) Caresser les cinq doigts de pied d’une unijambiste sans la faire tomber de rire

    4) Casser le col du Tourmalet avant le sommet, former un papillon avec les derniers lacets

    5) Dissoudre une montagne de sucre dans un café long

    6) Décrocher le clocher de l’église et l’éloigner de la vue du clergé local

    7) Découper comme un saucisson un minaret en tranches fines 

    8) Souffler les septante bougies en tissu du bikini dans une résidence pour pin-ups âgées.

    9) Ecarter les grilles du barbecue pour sauver les jeunes brochettes d'un enfumage certain

    10) Bourrer de colle les urnes d’un bureau de vote dont on est le président à vie

    11) Arrêter une araignée blanche en bleu de carabe dans son travail de fourmi rouge

    12) Exhiber sa mie quand elle coupe le pain bis en tenue d'Eve

    13) Réprimer un cri bref dans un sanglot interminable

    14) Faire mine d’avoir été encorné par la corne de brume pour faire rugir de plaisir les associations de défense des nuages

    15) Relier son orteil droit à  son oreille gauche avec un long cheveu clair, mesurer la blondeur parcourue

    16) Faire durer une minute de silence plus d’une journée lors de la mort d’un horloger suisse

    17) Enumérer cent noms de mimes morts

    18) Faire commettre une faute de nain à un mini président

    19) Prendre de la mescaline avec Michaux, de l’opium avec Cocteau, de l’Oulipo avec Queneau, de l’eau de toilettres avec Musso

    20) Snober la rentrée littéraire en ne publiant rien

    21) Élever un nègre avec des livres de Marc L. pour qu’il vous rapporte gros

    22) Crever l’œil à un borgne avant qu’il ne vous voie

    23) Clouer un marteau sur le dos d’une chaise à porteur

    24) Ecluser trois ou quatre biefs puis penser à canaliser

    25) Suivre l’arrondi d’un sein, d’une ou deux lèvres de pierre, sans tourner amoureux

     

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    26) Faire la file indienne pour voir un film de western

    27) Favoriser la réinsertion d’un taureau assassin de torero en filet de bœuf bien tendre

    28) Démarquer son désaccord pendant la remise des brouilles et autres fâcheries

    29) Achever de mâcher le chewing-gum de sa collègue préférée

    30) Couvrir de la viande crue de lait, d’œufs et de crème pour atteindre, par dégoût et des couleuvres, au véganisme parfait

    31) Fatiguer le voisin avec de vraies histoires de voisinage

    32) Retourner à l’amour après un long détour par l’amitié et réciproquement

    33) Couper le jeu du partenaire avec du pique et verser le sang de son cœur

    34) Tamponner hygiéniquement son courrier du coeur

    35) Dissimuler un condom à l’effigie du patron dans le sac à main de sa secrétaire

    36) Passer sa langue sur les bords de la rivière où s’est baignée la naïade

    37) Déplacer subrepticement dans une librairie les livres d’Artaud, Michaux, Frénaud, Péret, Ponge, Picabia… sur la table des best-sellers.

    38) Compter à rebours les bourgs du comté

    39) Jouer du violon sur le toit, dévaler la pente de la mélodie

    40) Donner à voir à son miroir des mètres cubes de masques et satrapes

    41) Profiter d’un séjour en cosmothérapie de son ange gardien pour se loger une balade céleste dans la tête.

    42) Noircir son passé de façon à le rendre complètement opaque

    43) Faire des aréoles de sein de nonne avec des auréoles de sainte

    44) Bloquer l’été avec un morceau de glace, l’hiver avec un tas de soleil même si le barrage ne tiendra pas longtemps

    45) Faire porter le chapeau chaud d’Amélie à un pic à glace

    46) Hypothérapier son jockey, hydrothérapier son maître-nageur, aromathérapier son fade conjoint

    47) Embellir son pedigree par amour d’une esthéticienne sociale

    48) Scandaliser une beauté ordinaire en lui montrant les affres resplendissants de la laideur

    49) Marcher funèbrement d’un pas joyeux, courir se jeter dans la tombe de ses rêves

    50) Adopter un bébé requin pour qu’il se fasse les crocodiles nains de l'étang

     

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    51) Malmener la mer parce qu’on ne sait pas nager

    52) Montrer la ville du visage dans l’air de la campagne

    53) Rire noir jaune rouge le jour de la Fête nationale belge

    54) Boire de l’essence de jeune fille le jour de ses noces de d’or

    55) Perdre tout le bénéfice de trente-trois ans d'une vie palestinienne irréprochable dans une crise de foi ridicule

    56) Balancer le nom du traître le jour de la Saint Judas

    57) Nommer ministre de la Campagne un homme de paille

    58) Faire transhumance dans les pâturages du sens

    59) Mettre en jeu son sens des affaires dans une entreprise de farce et attrapes

    60) Blanchir sa nuit jusqu’à la rendre plus claire que l’aube.

    61) Réaliser une pipe plus vraie que nature morte

    62) Caresser un tremble, souffler sur ses feuilles

    63) Souffler sur ses peurs, attiser quelques haines

    64) Apprendre le langage des cygnes à un canard boiteux

    65) Punir les crimes de sphère en période d’extension linéaire

    66) Autoriser le port du masque en dehors du carnaval

    67) Autoriser le port du poil dans l’administration des aisselles

    68) Carboniser la neige en grillant l’hiver

    69) Couper les livres à un bibliophage

    70) Doucher son conjoint après lui avoir enfilé un maillot de l’équipe nationale de football (ou, à défaut, un maillot jaune)

    71) Arrondir ses fonds de noix

    72) Couper l’aube à un incendie de lumière naturelle

    73) Tarifer ses sourires en période de grande tristesse.

    74) Louper son train en cherchant à grossir la gare sur Google Maps

    75) Faire tourner son nombril autour de la terre

     

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    76) Accuser son partenaire de toutes les vis puis serrer très fort

    77) Stériliser en douceur son père pour éviter toute nouvelle fratrie

    78) Pouffer de mourir

    79) Défaire de vieux os pour avoir la moelle, l’argent de la moelle et le sourire mortifère

    80) Changer l’eau en huile, multiplier les peintres aux Noces de la Fiac

    81) Peindre avec les nains des fresques gigantesques

    82) Réclamer la tête du bourreau lors d'une décollation

    83) Orgasmiser le tourisme sexuel dans une région érogène

    84) Paulocoelhiser ses aphorismes pour les rendre likables par le plus grand nombre sur les reseaux sociaux

    85) Etudier le mode de non fonctionnement d’un cerveau d’enseignant pendant les vacances scolaires 

    86) Décapsuler une bière avec un ouvre-cercueil

    87) Saler le prolétariat bien maigre pour le faire grignoter par le patronat

    88) Promulguer à grand renfort de publications la régulation des naissances de livres: un par an et par famille d'écrivants (pour commencer)

    89) Stopper un auteur d’aphorismes à succès avant qu’il ne se lance dans le roman de gare

    90) Entonner des chants d'éolienne révolutionnaires à des panneaux photovoltaïques conformes 

    91) Etoffer son vocabulaire patronal en accédant à un poste à verbosité réduite

    92) Épouser une noble et belle cause, lui faire une ribambelle de mioches braillards et ingrats

    93) Faire régulièrement ses exercices aux barres chocolatées sans perdre de poids

    94) Offrir à sa chef de bureau l’agrafeuse en forme de gode de ses rêves

    95) Philosopher avec un photographe des idées, photographier le philosophe des images en train de prendre un selfie

    96) Décliner une invitation à un vernissage sous le prétexte qu’on aura bouffé avant

    97) Boucler un tour de bouche avec la langue en un millième de seconde

    98) Donner sa langue au chien de fusil pour qu’elle porte loin

    99) Arrêter d’un seul bon mot l’enfer des listes en cours

    100) Fermer le sac à malice avec de la bave de limace

     E.A. 

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  • LE PEUPLE

    "Le malheur en tout ceci, c’est qu’il n’y a pas de peuple, au sens touchant où vous l’entendez..."

    Céline, letttre à Elie Faure, juillet 1935.

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    Le peuple a sa maison

    Son palais son ciel de sang son grand soir

    Son droit de voter et de roupiller

    Dans la nuit de rêve de son choix

     

    Le peuple a sa raison

    Son tri son centre de tir sa guillotine

    Son droit de parader et de crever

    Dans le champ de bataille de son choix

     

    Le peuple a sa mission

    Son destin son sens des racines son avenir tracé

    Son droit de router et de se dorer

    Dans l’hôtel all in de son choix

     

    Le peuple a sa chance

    Son jeu ses matchs et tiercés sa loterie

    Son droit de tourner roulette et de perdre

    Dans le casino en ligne de son choix

     

    Le peuple a sa panse

    Son foie ses faims de joie sa bière nationale

    Son droit de désirer bâfrer et lamper

    Dans le restoroute de son choix

     

    Le peuple a sa monnaie unique

    Son fric son blé d’or ses flocons d’avoine

    Son droit de banquer et de dépenser

    Dans l'enfer fiscal de son choix

     

    Le peuple a son spectacle permanent

    Ses journaux ses écrans de vie sa poudre aux yeux

    Son droit de s’enténébrer et de s’abîmer

    Dans les caves de la culture de son choix

     

    Le peuple a son clergé

    Ses prophètes et martyrs ses porte-voix assourdissants

    Son droit de servir toutes les grand-messes

    Dans tous les petits partis de son choix

     

    E.A.

  • LA VIE HEUREUSE

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    Seul

    dans le songe

     

    découvert

    tout à fait

     

    sans un mot

    pour la nuit

     

    condamné

    à l’aube

     

    je m’avance

    vers la foule

     

    de tes lèvres

    tôt levées

     

      

    Dans ta bouche

    je trouve

     

    entre les dents

    et les gencives

     

    sur ta langue

    à demi-broyée

     

    conjuguée à tous les verbes

    de ta salive

     

    de quoi vivre

    un dernier jour

     

    la vie heureuse

    du chewing-gum

      

  • LE POINT

    « Qui aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher du mal contraire  aurait trouvé le point. C’est le mouvement perpétuel.» Blaise Pascal 

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    Le point A. Le point là. Ou ailleurs. Le point sépare. Il compte. Les points de suspension. Le point manque. Le point marque. L’arrêt et le départ. C’est une frontière. Entre passé et futur. De l’action. Du raisonnement. De l’insensé. Le point songe. L’instant. Le devenir. Il sombre. Le point. Mais il revient. Il réveille. Il allonge. Le récit. L’histoire. Le contexte. Le point double. Le point triple. Le point forme. Des i, des j. Il construit. Des lignes et des surfaces. Le point presse. Les mots, les lettres. Dans un coin de page. Au milieu. Sur les bords. Le point répare. Le point de côté. Le point pointe. Les virgules. Les exclamations. Les interrogations. Il questionne. Les non-points. Les nombres-points. Il illumine. Il idolâtre. Il illusionne. Le point monte. En puissance. Comme un soleil. Le point chaud. Puis descend. En vrille. Le point stagne. Au fond du puits. La point bas. Le point de rupture. Le point quotidien. Le point T. Il creuse. La terre du texte. Agrandit l’écart. Le restreint. L’efface. Il accentue. Il seconde. Les minutes et les heures. Il annonce. Il dénonce. La fin. Le recommencement. Le point à faire. Le point fait. Le point faible. Le point pointe. Le rond-point et l’infini. Le degré nul. Le degré zéro. La température de fusion. Le point critique. Ce qui s’écrit mal. Ou sans rythme. Sans blanc. Le point tricote. Un point à l’endroit. Un point à l’envers. Le point file. Au point d’eau. Le point fuite. Il s’évade. Il lève l’ancre. Le point port. Le point s’éloigne. On ne peut plus le voir. A peine un cercle. Dans le noir. Un évidement. Dans le rien. Une tache claire. Une cache invisible. Une marque de livre. Un signe d'absence. Un au revoir. Un plus jamais. Un tout ce qu’on voudra. Un tout ce qui n'est plus. Le point de non retour. Le point mort. Le point mort. Le point mort. Le point mort. Le point.  

     

  • TOUTES LES PEINES DU MONDE

    epic-top.jpgUn éléphant perdu, ça doit bien se voir. Même un vieil éléphant, un éléphant tout gris dans une ville beige.

    Le portail était ouvert, pour la première fois depuis cinquante ans, et il a dû penser qu’une telle occasion ne se présenterait plus. Vous pensez bien, depuis le temps qu’il attendait…

    Dans la rue environnante, on a vu un homme en queue-de-pie avec un papillon, une femme à poil avec une pelote de laine, une enclume avec un marteau, un casse-noisettes sur un sac d’os, un astronaute à roulettes sur une planche de surf, un chat de syndicaliste avec un  griffon rouge, un marchand ambulant de porcelaines, une chienne en dessous de cuir avec son maître menotté, une armoire à glace avec un mauvais reflet, une carte de parti jetée dans le caniveau, un gérant de McDonald's avec un paquet de grosses frites, un entraîneur de foot avec une balle de tennis, un chef de gare dans un train à l’heure, un phoque borgne en équilibre sur un énorme œil de verre, une manifestation de gentillesse, un montreur d’ours en peluche avec un apiculteur en guêpière, un clown nain dans la main auguste d’un géant, un au revoir labial aux condoms anglais, un vallée en forme de coeur, une brocante d'escaliers tournants, une pluie silencieuse sur une chair en chaleur, un soleil tapageur dans un bain d’eau douce, un politicien sans mandat comme une âme en peine, un tord-boyaux sur une selle de vélo, une bicyclette après une reprise de volée, un chauffeur de salle dans une chambre froide, un pied-à-coulisse dans un talon aiguille, une borne millimétrique, une diva sans voix, un ananas de reine, un zozoo avec de drôles d’oiseaux, un défilé de mode avec des majorettes étiques, une paire d’yeux bleus à travers un niqab, un perroquet rose répétant un poème lettriste, des Gilles de Binche lançant des grenades en plastique…

    Tout cela, on l’a bien vu mais l’éléphant perdu, non. À croire qu’il était passé totalement inaperçu.
    Toute une vie s’en est allée avec l’éléphant : ses barrissements, quelle vacarme!, ses yeux alentis, quels regards !, ses battements de pattes, quel pétard !, ses battements d’oreilles, quel éventail !, ses coups de trompe, quelle vacherie !, ses crachats, quelle doucherie !, ses défenses, cher ivoire ! ,.... ses souvenirs, belle mémoire !

    Enfin, las de mes diverses interpellations de passants hagards pour retrouver sa trace, un enfant qui jouait sur le trottoir me demanda sans quitter ses billes de verre des yeux : c’est quoi, un éléphant ? Et j’eus toute les peines du monde pour lui expliquer...

    E.A.

  • LES HAUTS MOTS

    - Sale butte

    - Fils de mont !

    - Mont de brin!

    - Crétin des Alpes!

    - Espèce de promontoire !

    - Belvédère de mes fesses!

    - Eminence de mes deux!

    - Gourde de côte !

    - Lécheur de contrefort !

    - Conne de colline !

    - Putain de piton ! 

    - Pine de puy ! 

    - Tête d’éperon !

    - Trou de Ballon d’Alsace ! 

    - Foutre de calotte glaciaire !

    - Face de crête !

    - Enculeur de faîte !

    - Peigne-col !

    - Trou d’haut !

    - Pointe-à-Pitre !

    - Sac d’Aiguilles du midi !

    - Défrisé du dessus !

    - Mou du culmen ! 

    - Mouche du dôme !

    - Pinacle à pédoncule !

    - Dégénéré du sommet !

    - Arrêtons de culminer, voulez-vous?

    - Oui, approfondissons!

    - Crevasse!

    - Cervelle d'abysse!

    - Cul-de-basse-fosse!

    - Oubliette de pouacre!

    - Précipice de malheur!

    - Cavité d'opérette!

    - Trou de souffleur!

    - Tronche de crabe des profondeurs! 

    - ...

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  • LA BANDE-RÔLE

    zouave.jpgZOUAVE 1 - Je suis le zouave 1

    ZOUAVE 2 – Je suis le zouave 2

    ZOUAVE 3 – Faut que ça s’arrête !

    ZOUAVE 4 – Je suis le zouave 4.

    ZOUAVE 3 – Cela ne peut pas continuer à l’infini !

    AUTRES ZOUAVES – D’accord, on arrête le défilé des zouaves !

    METTEUR EN SCÈNE – Tous en scène !

    ZOUAVE 1 - Je suis L’Impolitesse !

    ZOUAVE 2 - Je suis La Mer !

    ZOUAVE 3 - Je suis La Banderole.

    METTEUR EN SCÈNE - Bande-rôle en deux mots. On n’a pas entendu le trait d’union.

    ZOUAVE 4 - Je suis La-Plage-À-Midi.

    METTEUR EN SCÈNE -  Zouave 5 ! Où est le zouave 5 ?

    ZOUAVE 3 - C’est moi, j’ai dit qu’il fallait que ça s’arrête. Je savais pas, moi.

    METTEUR EN SCÈNE - Ce n’est pas grave, on fera avec qui on a.

    Allez, moteur, ou plutôt rideau. Enfin, action !

    ZOUAVE 1 (au zouave 2) - Je l’avais dit qu’on allait au devant des ennuis avec un metteur en scène de cinéma.

    ZOUAVE 2 - Metteur en scène de cinéma, faut voir ! Et dire que j’ai quitté un stand up qui marchait du tonnerre…

    ZOUAVE 1 (mauvaise langue) - Qui tournait en rond, plutôt.

    ZOUAVE 3 - Faut que ça s’arrête, ces messes basses !

    METTEUR EN SCÉNE - Où est l’Acte 1 ?

    ZOUAVE 4 - C’est moi.

    METTEUR EN SCÈNE - Non, vous, c’est l’Acte 4.

    ZOUAVE 3 - Mais qui va faire L’Entr’acte ?

    METTEUR EN SCÈNE – Personne pour faire L’Entracte.
    Tous les actes sont en place ? On peut commencer.

    ZOUAVE 1 - Je suis L’Impolitesse, je rencontre La Mer.

    ZOUAVE 2 - Je suis La Mer… Bafouée.

    ZOUAVE 1 - Merde à Ta Mere !

    ZOUAVE 2 - Qu’est-ce que je vous disais !

    ZOUAVE 3 - Je suis La Plage et je dis que vous êtes un grossier merle.

    METTEUR EN SCÈNE - Mer-le en deux mots. Ou en un, je m’en fous.

    ZOUAVE 1 - C’est moi, L’Impolitesse !

    METTEUR EN SCÈNE - Vous, je vous tiens à l’œil. Et la bande-rôle, qu’est-ce qu’elle f...abrique, la banderole?

    ZOUAVE 3 - Bande-rôle en deux mots.

    METTEUR EN SCÈNE - Chacun son rôle, d’accord ? C’est moi, le metteur en scène.

    ZOUAVE 4 - J’étais parti m’accrocher à l’avion.

    METTEUR EN SCÈNE - Mais l’avion est minuscule! Certes, l’important, c’est la bande-rôle…Toute la figuration est bien inscrite. Et mon nom bien en grand. A côté de celui de notre sponsor.

    ZOUAVE 3 - Oui, tout est là, patron.

    METTEUR EN SCÈNE -  La bande-rôle défile au-dessus de la plage à midi. Mais on ne peut pas la voir, à midi, c’est impossible de regarder le ciel à cette heure, où est l’auteur ?

    ZOUAVE 3, passé assistant - Il n’y a pas d’Auteur!

    METTEUR EN SCÈNE - Le metteur en scène est roi, et l’auteur, c’est moi. Zouave 4, tu joueras le zouave au couchant. Je reprends : la bande-rôle passe. On voit le nom du metteur en scène-auteur...

    ZOUAVE 3 - On ne voit pas le titre, patron ! L’avion est trop loin ou trop petit.

    METTEUR EN SCÈNE - Il n’y a pas de titre. C’est une pièce sans titre. Je l’ai voulue sans titre. C'est une pièce de série. Et arrêtez de me bassiner, j’ai un film publicitaire à tourner !

    ZOUAVE 1 - Tu penses qu’on sera payés pour notre prestation ?

    ZOUAVE 2 - On a quand même dû se priver pour être ici. Moi, je retourne à mon stand up.

    ZOUAVE 1 – Ou plutôt, sit in.

    ZOUAVE 3 - Si je me mettais à la mise en scène...

    ZOUAVE 4 - Et je fais quoi, moi, avec ma bande-rôle?

     

  • L'AUTOBUS

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    Prenons un autobus et examinons son intérieur.

    Questionnons son identité profonde d’autobus.
    Sortons le chauffeur, le contrôleur, le directeur de l’entreprise publique d’autobus

    Et tous les sièges passagers.
    Passons-les en revue avant le jour du trafic national

    Puis cherchons la graine d’autobus

    Dans le dénominateur commun du transport.

     

    Ouvrons un roi un groin de roi n’importe lequel un roi

    Des porcs épics des pics épeiches des pêcheurs de truites saumonées

    Un vivant un mort vivant un prince appelé à devenir roi ou reine

    Si l’idée de changer de sexe lui dit

    Eliminons toute trace de chef de cabinet de taches de sperme de touche papy

    De reine mère de roi pépère de vieux débris royaux

    De couronne de galette de gazette des rois des fois que

    Puis cherchons la graine de roi

    Celle qui a fait germer tout l’arbre généalogique

    Et qui menace l’équilibre de la noblesse de tomber

    Dans la précarité la plus profonde

     

    Ouvrons un soleil

    Un soleil académique avec ses rayons qui plombent

    Son noyau dur à la dent son hyperactivité monstre

    Un soleil de fortune un soleil de caniveau

    Un soleil pour estivantes ménopausées à la peau tachetée de jaune

    Un soleil pour parasols à infra-rouge un soleil de merchandising

    Un soleil de cour européenne à Bruxelles à midi

    Ouvrons-le et prenons avec un thermomètre à mercure

    Sa température faciale nord anale centre tir au cul bourré d’hélium 

    Comptons le nombre d’années-lumière le séparant de l’extinction

    Puis cherchons la graine de sun le grain de lumière

    Celle qui fait germer les tournesols dans le sens des aiguilles d’une bombe.

     

    Ouvrons un président n’importe lequel

    Un président de l’AIB de l’AEB de la CGSP de la STIB de la Société Générale de Belgique

    Un président de cour d’assises un président de sauveurs de l’humanité un président du fleuve Congo un président des éclusiers de la Sambre-et-Meuse.

    Un président des abeilles un président des fourmis rouges un président des toreros en mal de queue de grands d’Espagne

    Un président de l’association des présidents

    Ouvrons-le découpons-le en morceaux réduisons-le en miettes d’administrateurs

    Ne ménageons pas notre plaisir rions trions pour le bien de la planète

    Puis cherchons la graine de président

    Celle qui donne aussi les Premiers ministres et la ribambelle des ministres sous-ministres secrétaires d’état petits chef de bureau ou d’atelier

     

    Ouvrons une école en deux en quatre en deux puissances cinq six sept

    Classe après classe bulletin après bulletin circulaire après circulaire

    Fichons-y un courant d’air du feu de Dieu ou d’Allah ou de Benyamin Netanyahou

    Soufflons tous les cours de religion et de morale laïque et de petits riens

    Autrement dit brûlons livres de messe et cahiers de prière avec leurs confesseurs au milieu

    Comme dans la chanson d’église gommons tant qu’on peut Henri Dès et la littérature Petits Suisses la littérature à dire la littérature de gestes indigeste la littérature de revue lettres haut levées sens dessus dessous la littérature petite tresse attirée par le grand poil 

    Refermons vite de peur que des miasmes de savoir institutionnalisé ne s’échappent dans la basse-cour du petit peuple.
    Cherchons la graine de la science (et accessoirement la graine de silence, chut on marche sur des bruits étouffés)

    Celle qui fait les gorges chaudes universitaires

    Et les rumeurs incendiaires des coulisses des pompes académiques

     

    Ouvrons la femme Ouvrons la misère Ouvrons la pauvre morte à toutes les dissections

    Ouvrons son sexe aux splendeurs du coeur

    Ouvrons les serrures du temps toutes les vannes du souvenir

    Et cherchons les graines premières les graines séminales

    Les graines du derrière et la graine du Levant

    Les graines de guerre les graines de sang

    Les graines à grandir et les graines à raboter le plancher

    Les graines spatiales et les graines sous-marines

    Les graines de meubles et les graines de sable

    Les graines d’amis et les graines d’assassins.
    Passons tout cela au tamis à la broyeuse au concasseur au blender

    Et filons tant que tout est poussière

    À la première supérette venue

    Acheter une bouteille d’eau bien plate et privatisée (une belle bouteille blanche et belle au logo vide)

    Mourons bouchés étouffés la bouche au goulot la tête prise dans le tuyau d’échappement

    De l’autobus en grève pour cause d’école présidentielle fermée par arrêté d’un roi soleil  

  • UN POÈME RISOTTO

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    Des Pâques à la kippa

    Sur un crâne d'oeuf

    Bien garni

      

    Et Zappa à la mandoline

    Qui râpe de la Mozzarella

    Dans un vase de Chine

     

    Des haricots princesse

    À la sauce moutarde qui monte

    Au nez du prince petit pois au raifort

     

    Marre reine sur son trente-et-un

    De roi d’étang épousseté

    De sa poussière de trente carpettes

     

    Du vent dans les sandales

    D’un Mandala tout dérangé

    Sur le chemin perdu de l’éveil

     

    Ma plume acide assise sur une punaise

    En chaise porteuse renversée

    Par un couple de marteaux piqueurs

     

    Et tous les cui-cui du zoo d’Anvers

    Qui font boui-boui près du porc

    Au groin-groin qui pousse au péché de mer

     

    Faire fi-fi du fric pour faire rebelle

    À la noix écrivain gaucho qu’on hue hisse

    À la place de l’académicien argentin à cheval

     

    Bla-bla et Belles lettres en carrosse

    Qu’on trempe porte dans le vain du sommeil

    Pour rivaliser (fenêtre) avec le royal rêve

     

    Pendant que des nuages tombent

          Des cimetières de pluie, de pattes et de pages femelles

          Dans un livre d’huîtres, d’ail et de rivières

     

    Tout ça pour faire semblant d’avoir

    Ecrit un poème risotto qui (peut-être) servira

    D’âme-son (et lumière) au prochain Téléappât 

     

  • PREMIER SALON INTERNATIONAL "MAUVAISE SANTÉ, VIE DE MERDE & MAL VIVRE ENSEMBLE"

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    Le premier Salon international Mauvaise Santé, Vie merdique et mal vivre ensemble se tiendra le week-end prochain à Courval

     

    PROGRAMME DES CONFÉRENCES DU SAMEDI 21 MARS

     

    10 h 30 : L’ivressologie, pour mieux comprendre et étudier votre dépendance au jour le jour

    Par Marie JÉBU et  Jean GEBOIRÉ-TOUJOUR (alcooliques bien connus)

     

    11h30 : Bien manger tout en se laissant grossir…

    Par Yvette de LABALÈNE (dresseuse de cétacés) et Maud ISOIJE (esthéticienne à charge)

     

    12h00 : déjeuner au McDo & dégustation de M&M’s Pierre McDolini

     

    13h00 : Troubles de la sexualité, comment mieux les cibler pour les amplifier ?

    Par Guillaume TELLFLESCH (tireur à l’arc sous la coupe de Cupidon dans les régions pubiennes)

     

    14h00 : Comment évacuer ses selles dans le respect de l’environnement ? 

    Par Raymond LÉTRON (auteur de Mes selles, mon bourrin et moi aux éditions du Cabinet d’Aisance) et Mirabelle LACHIASSE (auteur de Mon transit intestinal ne me procure plus autant de plaisir que celui de mes treize ans, aux éditions en ligne Jaidumalavecmoncul.com, elle a aussi une page Facebook)

     

    15 h00 : L’importance du bien-être de nos moustiques pour avoir des piqûres saines jusqu’en décembre (au moins)

    Par Charles PICQUÉ et Laurette KIPIC (politiciens à gratter) et une nuée de moustiques

      

    PROGRAMME DES CONFÉRENCES DU DIMANCHE 22 MARS

     

    10h30 : Poussées de priapisme chez l’électeur lambda quand il aperçoit une politicienne mannequin dans les magazines ou sur les affiches électorales de sa commune

    Par Caroline POLIFICHET et Miracula ATIRVOI (consultantes de nuit de nombreux politiciens en vue)

     

    11h30 : Introduction au Fist Fucking, présentation Power Poing et pénétrations

    Par Michel LEFION et E-MANUELLE (coachs en dilatations d’anus et bras long)*

    *En fait, des pseudos qui cachent des spécialistes de l’enculage en règle sur la place publique

     

    12h00 : Déjeuner au Quick &  dégustation de chapeaux de curé Mgr Leonard

     

    13h00 : Le mal-être au travail et la façon de s’en sortir par le haut en se faisant Seppuku sur la terrasse du lieu d’emmerdement.

    Par Marguerite MISHIMA (Harakirithérapeute & alpiniste)

     

    14h00 : Ma traversée du libéralisme sauvage et ma découverte du socialisme mou 

    Par Serge KUDEQUERRE (financier déguisé en défenseur des très riches et des montagnes Sainte-Défaite) et Guy-Alain ATHOMA (tenancier d’une billetterie de cartes rouges dans la région de Liège donnant accès à divers désavantages sociaux)

     

    15h00 : Extension du domaine de la Maison Communale à la Station-service ou Comment se faire Total  voir quand on est un homme public ?

    Par Charles-Jean PERTOLU, auteur d’un recueil de plaisanteries fumeuses à distribuer (pour commencer) au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

    Il sera en dédicaces à la rentrée des classes dans toutes les toilettes des stations-services du royaume.

     

    16h00 : Les thérapies dures qui vous casseront définitivement

    Par Benoîte BRISEFER (diplômée en cassage de Pierre – les plus durs - et autres prénoms à caractère minéral)

     

    17h30 : Comment, lorsqu’on est SDF, ne pas dépasser son quota de nuits ?

    Avec les témoignages de JEAN-LUC (à titre posthume), de JEAN-TRUC et JEAN-MACHIN-CHOSE, de JEAN-MAXIME P. & JEANNE-STEPHANIE S. (un couple de Sans Déontologie fixe qui a trouvé refuge à l’Hôtel de Ville de Namur)

     

    19h00 : Y-a-t-il une vie merdique après la vie merdique, et le cycle infernal s’arrêtera-t-il un jour ?

    Le week-end se terminera par une conférence infralucide donnée par Jacques-André LAHAUT et Marie-Mireille ZONBI DE LODELA, célèbres voyants dans les cartes de crédit et auteurs du best-seller : Quand j’étais mort

    Le débat de fin de séance répondra à la question : Peut-on avoir vécu sept vies sans avoir au moins été une fois un homme politique pourri?

    Il sera réanimé par Pascal VREBOS qui, lui aussi, a eu sept vies…

     

    Un fameux week-end rasoir en perspective!

     

  • JE N'AI PAS L'ESPRIT GRÉGAIRE

          Je n’ai pas l’esprit grégaire

    On ne me verra pas au salon

    Quand il y a des invités

    Venus pour lire l’annuaire

    Ou au balcon

    Quand il y a du monde dans la rue

    Ou à la cave

    Où il y a de l’anamour et du vin

    Ou au grenier

    Où il y a pis que pendre

    Ou sur le toit

    Où il y a le couvreur et mes tuiles

    Ou à la pêche au gros

    Où les lignes s'alignent en points de suspension

    Ou dans le lit5369525130_bcd545ba17_b.jpg

    Où il y a ma femme

    À son amant déchaînée

    Où à la table de la cuisine

    Où il y a ma tasse

    Et mon café préféré

    Ou à l'iPhone

    Où il y a ma maîtresse

    Avec ses chaînes de sms

    Ou à l’école

    Où il y a du savoir enseigné empilés en sachets

    Ou dans la politique

    Où l'on s'indigne sur commande et par couleurs

    Ou dans la police

    Où il y a de la politique

    Ou dans le sport

    Où il faut savoir supporter 

    Ou à la montagne

    Où il faut se faire l'alpiniste

    Et son piolet

    Ou dans le train

    Où il y a le contrôleur armé d'un composteur

    Et des bandes passantes insultantes

    Pour le navetteur, ce con d’usager

    Ou à la poste

    Où il y a des facteurs en mobylettres

    Qui foncent de porte en porte

    Pour devancer le courriel 

    Ou à la piscine

    Où les maillots ne tiennent qu'à une élastique

    Ou à la boulangerie

    Où il y a des mies sur la peau nue de la boulangère

    Et mes yeux comme des éclairs

    Dans la crème pâtissière de ses boules de Berlin

    (Mais où vais-je rouler là mes vers imparfaits?)

    Ou sur le Marché de l'art

    Où on peut tomber sur un Koons

    (et ça fait mal au portefeuille)

    Ou au théâtre 

    Où il arrive qu'on me lise, oui, oui

    (parmi d'autres par mégarde)

    Ou au cinéma 

    Où on se regarde regarder

    Ou au Carnaval de Binche

    Où il n'y a pas de femmes gilles

    Ou au cimetière 

    Où il y a des feuilles mortes

    Ou à la morgue incendiée

    Où ça sent le brûlé 

    Ou à la caserne de pompiers

    Où il n'y a plus une goutte d'alcool

    Ou à la banque alimentaire

    Où l'on braque des briques de beurre bio

    Ou à la bibliothèque

    Où ça empeste l'étude

    Et la mort-aux-rats-de-bibliothèque

    Ou sur le Marché de l'édition

    Où ça pue l'écriture

    Et la course aux prix

    Ou à ma table de travail

    Où ça manque de muse 

    Et de chocolat

    Ou à la librairie

    Où il y a des e-lecteurs et encore du papier

    Comme au Salon du Livre

    Et de L'Ecran Parfumé

    Aux essences d'incunables 

    Ou d'encre de Chine fraîche 

    Où plonger sa plume solitaire

    En mal d'ailes numériques surnuméraires

     

    ------------------------------------

    La photo, L'esprit grégaire (Pont de la Tournelle/Quai d'Orléans, Paris) est de Sokleine

    lien vers sa galerie sur Flickr

  • LES POÈMES de SUDPRESSE

    51VgJ3cN2NL._SY300_.jpgDans Structure du langage poétique (Flammarion, 1966), Jean Cohen montre que mettre en vers libre un entrefilet de journal, cela ne suffit pas pour faire de la poésie.

    Hier, sur la Nationale sept 
    Une automobile 
    Roulant à cent à l'heure s'est jetée 
    Sur un platane 
    Ses quatre occupants ont été 
    Tués. 

    Il s'en explique comme suit:

    « Evidemment, ce n'est pas de la poésie. Ce qui montre bien que le procédé à lui tout seul, sans le secours des autres figures, est incapable d'en fabriquer. Mais, affirmons le, ce n'est déjà plus de la prose. Les mots s'animent, le courant passe, comme si la phrase, par la seule vertu de son découpage aberrant, était près de se réveiller de son sommeil prosaïque. » 

    Il faut reconnaître que cela y ressemble et, même, ne diffère que très peu, sinon d'une certaine poésie, de certains poèmes cherchant à brouiller la frontière entre prose et poésie.

    Nous ne procéderons pas cette fois à l'exercice inverse qui consisterait à mettre en poésie de la prose au risque de constater la disparition de toute poésie.

    Les article sont tirés d'un site de SudPresse et couvre la période de ce début d'été 2014. Aucune modification autre que la mise en vers et en strophes (ou parfois l'introduction du marqueur poétique & en place du "et" d'origine) n'a été opérée au sein des articles. 

    E.A.

     

    MISE EN VERS D'ARTICLES

    de 

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    POÈME 1

     

    Vendredi vers 1h30 du matin,

    Ginny Griffith 

    a décidé d’en finir

    avec une araignée  

     

    Prenant son briquet,

    cette habitante de Hutchinson (Kansas)

    met le feu à des serviettes de toilette

    et balance le tout

    dans la tanière de la bête.

    La méthode a été radicale

    puisqu’un incendie s’est déclaré

    dans l’habitation.

     

    Il a fallu cinq camions de pompiers

    pour le maîtriser.

    Les pompiers ont prévenu la police

    qu’il y avait eu plusieurs départs de feu

    et donc

    qu’il pouvait s’agir d’un incendie criminel.

     

     

    *****************

     POÈME 2

     

    Vendredi,

    une professeur de l’école libre

    du Touquet,

    dans l’implantation de la Marlière,

    a décidé,

    sans l’aval de sa direction,

     

    soulignons-le,

     

    de coller,

    sur le pull d’enfants âgés de 4 à 5 ans,

    un papier

    sur lequel était spécifié

    que les parents avaient encore

    des factures impayées.

     

     

    ****************

    POÈME 3

     

    Le drame s’est joué à Motta Visconti près de Milan (Italie)

    samedi soir.

    Carlo Lissi a fait des galipettes

    avec son épouse sur le canapé familial

    tandis que les enfants dormaient

    dans la chambre.

    Puis il a pris un couteau dans la cuisine

    &

    a poignardé

    à de nombreuses reprises,

    finissant par l’égorger.

    Ensuite, il s’est rendu

    auprès de ses enfants

    &

    les a tués.

     

    Le père de famille s’est lavé

    & changé,

    puis il a rejoint

    un café

    pour assister

    au match Italie-Angleterre à la Coupe du Monde.

    En rentrant, il a appelé la police,

    expliquant qu’il venait

    de découvrir

    les trois cadavres.

     

     

    ****************

     POÈME 4

     

    Dimanche

    peu avant 11 heures du matin,

    Trois hommes encagoulés

     & munis d’armes de poing

    ont fait irruption

    dans le commerce

    en présence d’une soixantaine de clients.

     

    Les auteurs n’ont pas hésité

    à tirer un coup de feu en l’air

    & à faire coucher les victimes

    au sol

    afin de se faire remettre

    le contenu de la première caisse.

     

    Les truands ont pris la fuite

    à bord d’une Opel Astra

    conduite par un quatrième complice

    qui les attendait

    à l’extérieur du magasin.

     

     

    ************************

     POÈME 5

     

    La scène se déroule

    dimanche dernier.

    Alors qu’il se balade dans les rues d’Omaha,

    dans le Nebraska (Etats-Unis),

    en début de soirée, Tom White découvre sur le banc

     deux célébrités.

     

    À droite, le chanteur des Beatles Paul McCartney,

    en représentation dans la région ;

    à gauche, Warren Buffett,

    un homme d’affaires américain de la région

    & quatrième plus grosse fortune du monde.

     

    En tout, les deux hommes forment

    une fortune de plus de 60 milliards de dollars…

    Tom ne s’est donc pas privé d’immortaliser le moment

    en prenant un selfie devant le banc

    où les deux hommes étaient assis. 

     

     

    ********************

     POÈME 6

     

    En rentrant du travail hier,

    vers 18 heures,

    l’homme avait déjà bu

    quelques verres.

     

    Il se dispute avec son épouse

    à cause d’une machine à coudre

    & d’un tas de linge

    qui traîne au rez-de-chaussée.

     

    Plus tard dans la soirée,

    l’homme part avec ses filles

    pour faire un tour de voiture.

    En revenant, vers 23 heures,

    il monte dans la chambre et trouve sa femme

     

    «  tranquillement installée au lit

     en train de lire un bouquin  »

    alors qu’elle ne lui a toujours pas préparé ses tartines

    pour le lendemain.

    Ni une ni deux, l’homme attrape

    son épouse par les cheveux

    et la projette contre le mur.

     

    Il s’empare ensuite de son ordinateur portable

    & lui lance à la figure.

    L’épouse reste inconsciente

    jusqu’à minuit et, à son réveil, le menace

    de porter plainte.

     

    ****************

     POÈME 7

     

    Ashik Gaval, un Indien de 17 ans,

    avait depuis plus d’un an et demi

    des douleurs dans la bouche.

    L’adolescent avait tellement mal

    qu’il s’est décidé à quitter son village

    pour rejoindre la métropole la plus proche, Mumbai,

    en espérant trouver un médecin

    lui permettant de trouver la cause de son problème.

     

    Les médecins à l’hôpital JJ de Mumbai

    ont alors découvert une étonnante malformation :

    il souffrait en fait d’un « odontome complexe »,

    qui a causé la formation de multiples dents

    à partir d’une seule gencive.

     

    L’adolescent a donc dû être opéré

    et au moment où la gencive a été coupée,

    toutes les dents sont tombées

    les unes après les autres…

    Les dentistes en ont retrouvé 232 !

    Les médecins pensent même

    qu’il s’agit d’un record du monde…

     

     

    ****************

     POÈME 8

     

    Le certificat médical

    a donné la puce à l’oreille

    aux gardiens de prison.

    Selon ce document,

    André Silva de Jesus (35 ans)

    ne pouvait pas être passé

    aux rayons X

    car il est porteur d’un pacemaker.

     

    Ils l’ont donc fouillé

    avant de le laisser

    entrer dans l'établissement.

     

    Ils ont découvert dans son anus :

    deux téléphones portables,

    deux batteries,

    une pince,

    cinq clous,

    huit lames de scie,

    cinq clous et quelques autres babioles.

     

    Les gardiens de la prison de Ribeiro das Neves

     ont appelé

     leurs collègues de la police militaire

     pour immortaliser ce record.

     

    On ignore

    à quel détenu était destiné

    cette boîte à outils.

     

     

    **********************

    POÈME 9

     

    Dans la nuit du 21 au 22 mai dernier,

    le corps massacré d’un homme

    de 82 ans

    a été retrouvé dans son salon,

    avenue du Maréchal Foch à Longwy.

     

    Son épouse,

    Gezala, âgée de 71 ans

    errait, hagarde, devant la maison,

    couverte de sang et de lambeaux de peau.

     

    Gezala aurait assommé son mari à l’aide

    d’un pilon à épices,

    avant de lui arracher le cœur,

    le nez

    et les parties génitales.

     

    Comble de l’horreur :

    elle a cuisiné

    l’ensemble des restes de son mari

    avant de les jeter aux ordures.

    Elle ne les aurait toutefois

    pas consommé.

     

      

    **********************

     POÈME 10

     

    Lundi dernier

    Cet ouvrier de 54 ans

    affecté au magasin

    – il chargeait et déchargeait les camions –

    a pris son service

    le plus normalement

    du monde.

     

    Il était 6h30 lundi

    lorsqu’il est arrivé sur le site Browning

    appartenant à la FN.

    Là, il a déposé son sac

    avec son repas de midi

    à son poste,

    puis il s’est changé

    pour endosser

    sa tenue de travail.

     

    Comme chaque matin,

    il a échangé quelques mots

    avec ses collègues

    avant de se diriger vers le magasin

    où il a pris une arme de chasse

    et les munitions qui vont avec.

     

    Il est ensuite sorti de l’atelier

    en passant par le volet du quai de chargement.

     

    Un itinéraire qui a intrigué

    une de collègues.

    Cette dernière se dirigeait vers le volet pour vérifier

    que tout allait bien

    lorsqu’une détonation a retenti.

    Le quinquagénaire venait de mettre un terme

    à ses jours

    sur le parking réservé aux camions.

     

     

    ********************

     POÈME 11

     

    Devan Serpa (29 ans)

    qui rêve de faire carrière

    comme modèle et comme comédienne


    a été arrêtée par la police de Morgan City.

     

    Elle est suspectée

    d’avoir tiré à plusieurs reprises

    dans les rues de cette ville de Louisiane

     le 27 juin dernier.

     

    Deux véhicules avaient été endommagés.

    Une balle avait pénétré

    dans une maison,

    mais sans faire de victime.

     

    Alors qu’elle est au poste

    pour la prise d’empreinte,

    la photo d’identité judiciaire et la consultation de ses antécédents,

    Devan Serpa a dévoilé ses parties intimes

    au policier présent.

     

    Il l’a donc arrêtée à nouveau,

    pour obscénité cette fois.

    Depuis lors, elle croupit en prison. 

    et va pouvoir enrichir

    son book avec une nouvelle photo…

    celle de l’identité judiciaire.

     

     

    *********************

     POÈME 12

     

    Anne Doubler (30 ans)

    a été surprise en fâcheuse posture

    par son mari,

    rentré plus tôt

    avec leur fils âgé de 4 ans.

    La mère de famille a été arrêtée

    pour des faits présumés

    de pédophilie.

     

    En arrivant chez lui,

    cet habitant de Sioux Falls (Dakota du Sud)

    a découvert sa femme

    complètement nue…

    avec trois jeunes garçons dans la même tenue.

    Deux sont âgés de sept ans

    & le troisième

    a dix ans.

     

    Le mari a immédiatement

    prévenu la police.

     

     

    *********************

     POÈME 13

     

    La technologie

    était en test

    lors de la dernière Coupe des Confédérations :

    elle est encore balbutiante

    pour cette Coupe du monde

    mais les douze stades du Mondial 2014 au Brésil

     

    seront équipés

     

    de la technologie vidéo Goal-Control 4-D,

    qui doit permettre

    de savoir en temps réel

    si un ballon

    a franchi ou pas

    la ligne de but.

     

     

    *********************

     POÈME 14

     

    Lundi dernier,

    alors qu’il rejoignait

    son domicile,

     

    Anthony,

    un Bizétois de 21 ans

    s’est fait aborder par deux jeunes

     

    à vélo

    qui lui ont demandé

    une cigarette.

     

    Le jeune homme

    n’avait même pas

    encore eu le temps de répondre

     

    quand 6 autres jeunes

    ont approché de lui

    pour l’agresser sans raison.

     

     

    ********************

     POÈME 15

     

    Cette nuit vers 3h du matin,

    un camion a heurté la berme centrale

    de la E19,

     

    à hauteur de Nivelles (direction Bruxelles),

    renversant sur la route

     

    une importante quantité

    du gravier

    qu’il transportait.

     

    Le trafic est ce matin

    fortement perturbé :

    plus de 2 heures perdues

     

    dans des bouchons

    d'une vingtaine de kilomètres.

     

     

    ********************

     POÈME 16

     

    « Envoyez-nous au septième ciel ! »,

    c’est le message

    que David et Laurent

    ont voulu transmettre

    à nos Diables

    rouges.

     

    Et on peut dire

    qu’ils y ont mis les formes :

    les deux Liégeois membres

    du Skydive de Spa

    ont sauté dans le vide

    à 4.200 mètres d’altitude

     

    pour déployer

    un drapeau de la Belgique

    dans les airs !

     

     

    *********************

     POÈME 17

    Su Liyu  était en train

    de travailler  dans un champ.

    Lorsqu’une branche d’arbre

    gêne son passage,

    elle la repousse mais

    celle-ci vient s’enfoncer

    dans sa nuque.

     

    À 70 ans,

    elle marche

    10km

    jusqu'à l'hôpital

    avec une branche d'arbre

    enfoncée

    dans la nuque.

     

     

    ********************

     POÈME 18

     

    Le meurtrier cannibale

    était venu rendre visite

    à son ex-compagne

    et lui avait donné

    de l’argent

    pour qu'elle sorte 

    s'acheter de l'alcool

     

    A son retour,

    elle a hurlé

    en découvrant son nouveau compagnon,

    Mbuyiselo Manona, 62 ans,

    baignant dans son sang

    et son «ex» attablé en train

    de découper le cœur de la victime.

     

    Ce sont des voisins

    au comble de l’affolement et de l’horreur

    qui ont donné l’alerte et prévenu les policiers.

     «Sur place, ils ont trouvé le suspect,

    un Zimbabwéen, occupé

    à manger un cœur humain

    avec un couteau et une fourchette»

     

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  • TRENTE-ET-UN PETITS PLAISIRS IMAGINAIRES mais non pas inimaginables

     pour Véronique Janzyk 

    1.     Marcher sur des œufs. Et découvrir que celui qui ne casse pas contient un poussin ou un chaton noir.

    2.    Rouler sur l’or des jaunes d’œufs pendant dix secondes baveuses à souhait.

    3.    Féminiser son intérieur (de bureau) : un tapis de souris nathalié, une étagère tatianesque, un pot à stylo ayliné, un taille-crayon sandrastique, une corbeille à courrier christinée, un écran isabelle, un buvard laurencien, un sous-main azizasque , un presse-papier élodique…

    4.    Coucher du doigt un paysage de son enfance.

    5.    Saupoudrer les pierres tombales de son cimetière préféré de carrés de chocolat blancs.

    6.    Marauder des mariages sur l’arbre généalogique du voisin.

    7.    Soustraire à des littoraux sans pin des plages entières de parasols. 

    8.    Laisser pourrir sa mémoire hors d’état de se souvenir.

    9.    Ecluser son sas sans l’aval er.

    10. Recouvrir de fleurs sauvages le dos nu d’une inconnue.

    11.   Recouvrer la raison au seuil du sommeil pour ne pas dormir idiot, défaire un rêve (sans envergure), mansarder ses nuits.

    12. Pisser chaque fois qu’on a prié (et réciproquement), plier en quatre son tapis de prières dans un coin de la chambre des tortures.

    13. Emprunter, le temps d’une série de Fourier, les nombres de la numérothèque pour chiffrer ses gains à la tombola sensuelle.

    14.Bondager une étoile naine avec des cordes de lumière.

    15.Donner de l’aube au moulin des journaliers, du vent aux éoliennes des écoliers, de l’atome-fiction aux centrales des politicons.

    16. Joconder Mona Lisa jusqu’au plaisir pictural de Leonardo.

    17. Warholiser tant qu’il fait moire ses photos de stores sans créer de jalousie.

    18. Se faire plus chatte qu’angora, plus sagouin que butor, plus casoar que caïman et plus girafon qu’éléphanteau.

    19. Pendre son café à une cuiller le temps d’un sucre lent.

    20. Gommer une gamme après l’autre sur la branche-portée de l’oiseau lyre.

    21. Briser la glace sans toucher à un poil d’ours de la banquise.

    22. D’un coup sobre de sabre, ôter la nuit au jour, la couverture de nuages au ciel, tout ce qui empêche les déesses de se faire entièrement voir.

    23. Casser du sucre sur une montagne de sel, tourner de l’œil sur une montagne de cils.

    24. Combattre une poule avec une plume d’oie blanche, un poulpe avec une patte de crabe fantôme.

    25. Relever de la pluie tombée avec un manche de parapluie.

    26. Faire exploser un cœur de pierre contre un mur de sable.

    27. Enterrer une nature morte le jour d’un vernissage, arracher l’étoile du peintre.

    28. Donner un os à ronger à la populace de ses nerfs, touiller ses gènes dans un bol de spores.

    29.Trahir la peau de l’aimé(e) d’un baiser avant de l’envoyer à la caresse.

    30.  Achever son œuf d’un son vibrant, mettre un terme bruyant à l’omelette de l’existence.

    31. Regarder à travers un anneau de livres la ronde du monde. 

     

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      Photo de Daniel Charneux

  • LA SUCRERIE

    les-alternatives-au-sucre-blanc-o15760.jpgLa sucrerie abonde. La sucrerie à l’œil. La sucrerie dans le fond. La sucrerie en tête. La sucrerie Freud. La sucrerie sourde. La sucrerie coule. La sucrerie rire. La sucrerie file. La sucrerie en neige. La sucrerie source. La sucrerie carton-pâte à tartiner. La sucrerie plume. La sucrerie poil. La sucrerie pile. La sucrerie farce. La sucrerie batterie de cuisine. La sucrerie plate. La sucrerie plate. La sucrerie plate. La sucrerie sunlight. La sucrerie en état de mort céréale. La sucrerie cubique. La sucrerie fauve. La sucrerie riz au lait. La sucrerie Rihanna. La sucrerie sur les os. La sucrerie dans le sang. La sucrerie en filet. La sucrerie cire. La sucrerie noire. La sucrerie Warhol. La sucrerie par pudeur. La sucrerie vaginale. La sucrerie du crabe. La sucrerie nucléaire. La sucrerie de l’information. La sucrerie nappe de brouillard & dentelles de brume. La sucrerie belge. La sucrerie maladie. La sucrerie Koons. La sucrerie je-ne-vous-dis-pas. La sucrerie comment. La sucrerie molle. La sucrerie dominatrice. La sucrerie accidentelle. La sucrerie orientable. La sucrerie du dedans. La sucrerie Onfray. La sucrerie tombe à retardement. La sucrerie qui. La sucrerie quoi. La sucrerie qu’est-ce. La sucrerie criée. La sucrerie serrurerie. La sucrerie virelangue. La sucrerie en coton tige. La sucrerie dure à cuivre. La sucrerie sans sel. La sucrerie au beurre berbère. La sucrerie qui rampe dans le vin. La sucrerie ras des goûts. La sucrerie vague. L’image de la sucrerie dans le miroir déformant de la pâtisserie fine. La sucrerie renversée. La sucrerie sur le ventre du philosophe à lunettes. La sucrerie en grains de rêve dans la maison du psychanalyste à collier de barbe. La sucrerie par bonheur. La sucrerie au cul de la chienne. La sucrerie à dos de chat mot. La sucrerie de Vinci. La sucrerie à bout de force. La sucrerie qu’on tire. La sucrerie à la farine. La sucrerie morte au bout du rouleau à tapisserie. La sucrerie nègre. La sucrerie alphabétique. La sucrerie X. La sucrerie mathématique. La sucrerie voûte plantaire. La sucrerie carte postale. La sucrerie penchée. La sucrerie au maître queux. La sucrerie blanche. La sucrerie qui forme des numéros au falzar. La sucrerie textile. La sucrerie moule à huîtres. La sucrerie discrète. La sucrerie abonde. La sucrerie dans le fond à droite. La sucrerie en tête de gondole de Vénus. La sucrerie qui recommence à fondre. La sucrerie blonde.

     

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  • LE PIPI BLEU et autres coquineries

    Le pipi bleu

    Quand elle découvrit qu’elle faisait pipi bleu, elle pensa à tout le bénéfice qu’elle pouvait tirer de cette opportunité. Après l’annonce qu’elle fit paraître dans le journal local pour pratiquer l’ondinisme, nombreux furent les candidats qui se pressèrent sous elle. Mais quand son urine quitta la teinte azur, elle perdit tous ses clients et dut penser à gagner sa vie comme toutes celles qui font pipi jaune.

     

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    Les cuisses de Constance

    Il en avait souvent entendu parler et, quand enfin il put contempler les cuisses de Constance, il dut bien se l’avouer : elles différaient bien peu des cuisses de Garance ou d’Hortense voire même de celles de Philomène, leur dame de compagnie, toutes cuisses sur lesquelles on se répand trop vite en coulées d’impatience, en particules de tendresse…

     

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    L’allumette

    Il avait une bite fine comme une allumette. L’idéal pour la Fée clochette mais, à défaut, il la mettait dans les narines des filles, à la jointure de leurs doigts de pied, dans le creux de leurs oreilles… C’était de mille applications étonnant beaucoup la gent féminine qui, de toutes manières, continuait d’user des grosses pour les entrées conventionnelles.

     

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    Une solide réputation

    Dans le métier, Maguy Star avait acquis une solide réputation. Elle avait débuté jeune, s’était faite toute seule. Et puis, du jour au lendemain, le ras-le-bol, le burn-out. Fini les gang bang, fist fucking, bondage, bukkake, gokkun, cum shot et autres creampie. Micheline Pousse (de son vrai nom) ne voulait plus entendre parler de ces mots anglais ou japonais et milita activement pour la francisation des expressions étrangères dans la porno sphère. C'est à elle aussi qu'on doit le retour en force d'expressions anciennes comme (la mythologique) faire pleurer le cyclope ou (les religieuses) faire mousser le créateur ou prendre l’hostie à la chapelle mais aussi (les légumineuses) défriser la chicorée ou piquer l’ail dans le gigot ou encore, façon intermittent du spectre large, prendre l’entrée des artistes. 

     

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    La vendeuse d’épices

    C’était une vendeuse d’épices un peu magicienne sur le marché matinal. Suite à une rupture des relations commerciales entre l’Est et l’Ouest, la route des Indes fut coupée. Par un tour de force dont elle avait le secret, elle dévia l’ancienne voie vers  quelques coins ombragés de son corps où, depuis, tous les marchands et   marchandes du royaume viennent avec plaisir s’approvisionner.  

     

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    Photos de Lee Miller par Man Ray

  • Moi, président d'un bureau de vote... (air connu)

    Moi, président d’un bureau de vote, l’électeur pourra faire usage de l’isoloir à sa guise, après s’être écarté du tumulte de la campagne, inviter parents & amis pour un barbecue (le matériel sera fourni, un buffet froid sera dressé), le visionnage d’un match de foot, une partie de belotes ou de Candy Crush Saga.

     

    Moi, président d’un bureau de vote, l’électeur pourra colorer, griffonner, raturer, graffiter le bulletin de vote puis l’exposer ensuite à la vue de tous dans le lieu abritant le bureau de vote, en exemple de sa créativité d’artiste-de- bureau-électoral.

     

    Moi, président d'un bureau de vote, j'inviterai tous les écrivains du quartier à une séance de dédicaces et à un atelier d'écriture sur le thème de la civilité & du bien-fondé de l'écriture pour tous.

     

    Moi, président d’un bureau de vote, je favoriserai tous les échanges entre l’assesseur et l’électeur, entre le secrétaire et l’assesseur, entre l'assesseure et le secrétaire..., entre la présidente de parti  soucieuse à tout prix du bien de son parti & le ci-devant président du bureau de vote.

     

    Moi, président d’un bureau de vote, je ferai la chasse aux certificats médicaux de complaisance avec des médecins policiers armés de seringues gonflées à bloc d’un sérum aux vertus ultra civiques.

     

    Moi, président d’un bureau de vote, le bureau deviendra un lieu festif d’indifférenciation des sexes, des classes et des âges, un lieu hautement convivial d’accueil & de partage.

     

    Moi, président d’un bureau de vote, les Roms, les Coms, les Pom pom girls… pourront y séjourner la matinée, manifester, revendiquer, défendre leurs droits à la sédentarisation, à l’émancipation des peuples et des soutiens-gorge, à la reconnaissance sans limite des minorités réprimées, encorsetées par une Europe capitaliste & bureaucratique.

     

    Moi, président d’un bureau de vote, j’accueillerai toutes les couleurs de la terre et du ciel, les valeurs matérialistes et spiritualistes, tous les signes d’affirmation religieuse ou laïque, sans distinction de couleurs de peau ou de volumes de chair.

    Moi, président d’un bureau de vote, j’accorderai le droit de vote aux girafes, aux extra-terrestres, aux deux pandas nationaux, aux taureaux maltraités d’Espagne et de la ferme bio locale, et aux fourmis rouges (pas aux moustiques, mon ouverture à la cause animalière à ses limites).

    Moi, président d’un bureau de vote électoral, je me réserverai le droit de passer le dimanche matin en compagnie de la présidente du bureau de dépouillement à la simili plage en bordure de canal de ma ville donnant sur le nouveau palais mayoral (inauguré la veille au soir) en accordant tout pouvoir à mon secrétaire de bureau avide de mener sa population à la baguette jusqu’à quatorze heures tapantes.

     

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  • BARRÉ

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    le diffuseur sur mon téléphone portable

    le mot l’expression la phrase entière sur ma page

    le chiffre barré la main barrée la clope barrée

    la liberté barrée

    la parole tue la vie tue le livre tu

     

    la tasse l'iPad l’auto le lotto barrés

    l’animal barré le piéton le conducteur l’aviateur barrés

    tous les panneaux d’interdiction

     

    la croix pour tout dire

    pas celle du christ bien trop droite

    la croix bien barrée

    la croix en forme de croix de Saint André

    moi écartelé entre un monde d’aspirations

    moi bien frustré

    encarté empagé emmuré encollé encordé

    mal accordé avec soi-même

    et ce qui est autorisé permis encouragé

     

    sans foi sans loi 

    sans toi sans toi

    sans toi

  • EXTENSION DU DOMAINE DE L'ASPIRINE

    domaine de l’aspirine

      

    domaine de l’aspirine

    où meurent les migraines

    où planent les têtes

    sur un océan de blancheur

     

    des visions sombres

    plongent dans le néant

    des compressions violentes

    se répandent en écume

     

    à l'entrée une pharmacienne

    en blouse de travail

    sur une poitrine généreuse

    fait perdre la tête aux hommes

     

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    Un champ d’aspirines

     

    Il habitait en bordure d’un champ d’aspirines. Quand il avait mal à la tête, il n’avait qu’à tendre la main pour en glaner une et la jeter dans l’étang calme d’un verre. L’agriculteur n’y voyait que de l'effervescence.

     

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    Beau comme...

    Beau comme un cachet d’aspirine, c’était le seul homme que les femmes consentaient à avaler quand elles avaient la migraine...

     

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  • L'insoutenable gravité des pommes

     

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    C’est le bazar dans mon verger !

    Des grandes nèfles et de petites mûres font le poirier pour qu’on reluque leur prune.

    Quand on secoue le cocotier, il y a bientôt des poils de noix partout.

    Des gilles figues bourrés comme tout un olivier se consolent des oranges envolées en regardant en boucle Les fraises sauvages.

    Des grenades explosent dans ma bouche en des explosions de saveurs, faisant de mon palais comme un repère de goyaves.

    (Voilà ce qui arrive quand on litchi trop le bruit, me dit le maître du tonnerre dans un ramboutan.)

    La bouche en fruits secs (et les yeux en amandes), je me grille une dernière cacahuète.

    Immanquablement, à la datte du 11 septembre, la vermine attaque mes courgettes jumelles.

    Des pompiers se font la courte échelle pour éteindre l’incendie de chocolat dans le cacaoyer. En descendant, ils se ramassent une pêche en glissant sur une peau de banane.

    Tout l’automne, je me fais du marron pour mes châtaignes : chaud devant, me crie un soldat du fruit rouge comme une tomate flambée devant le chapeau melon de Newton.

    Les cerises ne font pas de quartiers quand on les maque à des bigarreaux : elles s’envoient en l’air avec des griottes...

    Si après tout ça vous ne croyez pas à la théorie de la compote...